La principale centrale syndicale monte la pression. Le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a annoncé, dimanche 27 septembre, la préparation d’une marche nationale au cours du mois d’octobre, première étape d’une stratégie de mobilisation graduelle qui pourrait, selon ses propres termes, aller « jusqu’à la grève générale », et « au moment opportun », dit-il.
Cette annonce a été faite à l’ouverture d’une réunion régionale des bureaux exécutifs élargis des gouvernorats de Béja, Jendouba, Le Kef, Siliana et Zaghouan. Une réunion est prévue le 29 septembre entre l’UGTT et les organisations et associations ayant rejoint un cadre de coordination commun, afin de préparer officiellement l’annonce de la marche.
Le diagnostic de Selmi est sans détour : le pays traverse une crise faute de dialogue et de solutions aux difficultés actuelles. Il dénonce la fermeture des portes du dialogue sur les dossiers nationaux, sociaux et économiques, ainsi que sur les droits et libertés. Il faut rappeler que plusieurs secteurs ont déjà donné le ton ces dernières semaines, en l’occurrence banques, transport, mines, hydrocarbures, multipliant les mouvements de protestation.
Sur le fond, les revendications portent sur la dégradation des services publics (éducation, santé, transport), l’érosion du pouvoir d’achat et la hausse des prix. L’UGTT renouvelle également son opposition ferme à la cession des entreprises publiques et critique ouvertement les orientations inspirées, selon elle, des prescriptions du FMI en matière de réduction des subventions et des services sociaux.
La marche d’octobre sera un test. Pas seulement pour la mobilisation de la rue, mais pour mesurer jusqu’où l’UGTT est prête à aller. Et peut-être aussi mesurer sa capacité à mobiliser ses troupes.
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