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Tahar El Almi : disparition d’un économiste qui avait fait de l’analyse économique un espace de débat public

06. September 2026 um 19:24

Économiste, économètre, universitaire, enseignant-chercheur et chroniqueur, Tahar El Almi laisse une empreinte singulière dans le paysage économique tunisien. Pendant des années, il a fait de l’analyse économique un instrument de compréhension du pays et de ses mutations. Sa collaboration avec L’Économiste Maghrébin, qui aura donné lieu à 537 articles recensés dans ses archives, témoigne à elle seule de la place qu’il occupait dans le débat économique national.

La disparition de Tahar El Almi intervient alors que sa plume était encore active. Son dernier article retrouvé dans les archives de L’Économiste Maghrébin, publié le 3 septembre 2026, portait sur un sujet qui résumait parfaitement l’un de ses principaux centres d’intérêt : les relations entre politique monétaire internationale, financement de l’économie et souveraineté économique tunisienne. Intitulé « Ce que la politique monétaire européenne coûte à la Tunisie », le texte était signé par le « Dr Tahar El Almi, Économiste-Economètre Universitaire, Professeur Associé, Président-Fondateur de l’IAEF ».

Quelques jours seulement avant sa disparition, il continuait donc à faire ce qu’il avait fait pendant des décennies : observer l’économie, questionner ses mécanismes et surtout tenter de comprendre ce qu’ils signifiaient concrètement pour la Tunisie.

537 articles dans L’Économiste Maghrébin

Il est difficile de mesurer la contribution de Tahar El Almi au débat économique tunisien sans commencer par ce chiffre : 537 articles sont actuellement recensés sous sa signature dans les archives de L’Économiste Maghrébin. Ce nombre est considérable.

Il ne traduit pas seulement une longévité éditoriale. Il révèle une véritable continuité intellectuelle. Pendant des années, Tahar El Almi a accompagné les grandes évolutions de l’économie tunisienne à travers des analyses consacrées à l’inflation, au pouvoir d’achat, à la dette publique, à la politique monétaire, au financement de l’économie, au dinar, à la fiscalité, à l’investissement, aux entreprises, au système bancaire et aux marchés financiers.

Mais son regard ne s’arrêtait pas aux frontières tunisiennes. Le dollar, l’euro, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, l’OPEP, les marchés pétroliers, les tensions géopolitiques et les transformations de l’économie mondiale faisaient également partie de son champ d’analyse.

Son idée centrale était simple : la Tunisie étant une économie ouverte, aucun bouleversement international ne peut lui être totalement étranger.

 

Une formation entre Strasbourg et Tunis

Le parcours de Tahar El Almi est d’abord celui d’un universitaire. Les documents de référence consacrés à ses travaux le rattachent à l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg, en France, ainsi qu’à l’Université de Tunis, notamment à l’ISG-Tunis et à l’Institut des Hautes Études de Tunis (IHET).

La Friedrich-Ebert-Stiftung, qui a publié certains de ses travaux, le présente comme maître de conférences à l’Institut de Hautes Études de Tunis. D’autres sources le présentent plus tard comme ancien enseignant-chercheur à l’ISG-Tunis et comme professeur associé à l’IHET. Cette double dimension — universitaire et praticien de l’analyse économique — explique beaucoup de sa démarche.

Il possédait les outils de l’économiste et de l’économètre, mais cherchait constamment à les appliquer aux problèmes concrets de l’économie tunisienne. Il ne concevait pas l’économie comme une discipline enfermée dans les amphithéâtres. Pour lui, les modèles, les statistiques et les indicateurs devaient permettre de mieux comprendre la réalité.

 

L’économètre derrière le chroniqueur

C’est un aspect important de son parcours qu’il ne faut pas laisser dans l’ombre. Tahar El Almi était d’abord un économiste-économètre. Ses analyses reposaient sur une attention particulière portée aux données et aux mécanismes macroéconomiques. Cette formation se retrouvait dans ses travaux universitaires, mais aussi dans ses interventions publiques et ses chroniques.

Même lorsqu’il écrivait pour un lectorat non spécialisé, il cherchait généralement à remonter des chiffres vers les mécanismes qui les produisent. Une hausse de l’inflation n’était pas seulement une statistique. Elle signifiait une dégradation du pouvoir d’achat.

Une hausse des taux n’était pas seulement une décision de banque centrale. Elle pouvait se traduire par un crédit plus cher, un investissement retardé, une entreprise fragilisée ou une croissance ralentie. Une dette publique n’était pas simplement un ratio rapporté au PIB. Elle était aussi une question de stratégie, d’investissement et de capacité future de l’État. Cette façon de relier les grandeurs macroéconomiques aux réalités quotidiennes constituait l’une des marques de son écriture.

Les salaires réels : une contribution universitaire majeure

Parmi ses travaux les plus importants figure l’étude consacrée à l’évolution des salaires réels en Tunisie avant et après la révolution, sur la période 2005-2015, réalisée avec l’économiste Ezzedine Larbi. Publiée par la Friedrich-Ebert-Stiftung en 2016, cette étude compte 116 pages dans sa version complète. Son intérêt dépasse largement l’analyse statistique des rémunérations. Les auteurs cherchent à comprendre la situation du salariat tunisien, l’évolution des rémunérations et du pouvoir d’achat avant et après la révolution, mais également à réfléchir aux conditions d’une nouvelle politique salariale compatible avec les impératifs du développement économique et social.

Ce travail illustre parfaitement la démarche de Tahar El Almi : mettre l’économie au service de la compréhension des transformations sociales. Le salaire réel était ainsi considéré non seulement comme une variable économique, mais comme un révélateur de la situation des ménages et de l’évolution du modèle de développement.

 

Un enseignant qui a formé plusieurs générations

L’autre dimension de son héritage est pédagogique. Tahar El Almi n’a pas seulement produit des analyses et des publications. Il a également enseigné et encadré des étudiants. Des travaux universitaires conservés dans différentes bases montrent son implication dans l’encadrement de mémoires et de recherches à l’Institut des Hautes Études de Tunis. Un mémoire de master consacré au financement des PME, par exemple, a été réalisé sous sa direction.

La Bibliothèque nationale de Tunisie conserve par ailleurs la trace de plusieurs interventions universitaires auxquelles il a participé en 2020, notamment autour de la crédibilité des politiques économiques et sociales, de la crise pandémique et du sauvetage des entreprises. Son activité d’enseignant ne doit donc pas être considérée comme un simple épisode de son parcours. Elle constitue au contraire l’un des piliers de son héritage : transmettre les outils permettant de comprendre l’économie.

 

L’Institut Africain d’Économie Financière

Tahar El Almi avait également cherché à prolonger cette activité au-delà de l’université. Il était président-fondateur de l’Institut Africain d’Économie Financière (IAEF-ONG). Dans des documents plus anciens, cette structure apparaît également sous l’appellation d’Association Africaine d’Économie Financière (AAEF-ONG).

Cette initiative correspondait à une ambition qui traversait son parcours : développer la réflexion économique et financière dans une perspective africaine, créer des espaces d’échange et rapprocher l’analyse académique des réalités économiques. L’universitaire devenait ainsi également animateur de débat et promoteur de réflexion économique.

 

La crise du Covid : l’économiste face à l’urgence

La crise sanitaire de 2020 fut un moment particulièrement révélateur de sa conception de la politique économique. Alors que la pandémie paralysait une grande partie de l’économie mondiale, Tahar El Almi plaidait pour un plan de sauvetage de 25 milliards de dinars sur trois ans afin de soutenir l’activité et l’emploi.

Cette proposition illustrait une conviction qui allait traverser ses analyses ultérieures : dans une situation exceptionnelle, les pouvoirs publics doivent pouvoir sortir des cadres ordinaires. Il accordait une importance particulière à la préservation de l’entreprise et de l’appareil productif.

Car pour lui, sauver l’économie ne signifiait pas simplement soutenir la demande à court terme. Il fallait préserver les capacités de production, l’emploi et l’investissement qui permettent à une économie de repartir.

 

Une lecture critique de la fiscalité

La fiscalité a également occupé une place importante dans ses analyses. En octobre 2024, commentant le projet de loi de finances 2025, il estimait que certaines mesures risquaient d’augmenter la pression fiscale sur les ménages et les entreprises sans offrir de contreparties suffisantes en matière de croissance. Il insistait notamment sur le risque de voir une fiscalité excessive décourager l’investissement et peser sur le pouvoir d’achat.

Sa réflexion s’inscrivait ici dans une tradition économique ancienne qu’il aimait rappeler : l’impôt doit financer l’État sans détruire les incitations à produire et à investir. C’est aussi dans ce type d’analyse qu’apparaissait son intérêt pour Ibn Khaldoun, dont la réflexion sur la fiscalité constituait à ses yeux une référence toujours actuelle.

 

La dette : un problème, mais surtout une question de stratégie

La dette publique fut probablement l’un des thèmes auxquels il revint le plus souvent. Dans une analyse publiée en février 2026, intitulée « Dette publique : le mirage de la catastrophe, ou comment la peur coûte plus cher que les chiffres », il refusait de réduire la question de la dette à un simple ratio comptable.

Son raisonnement était que la dette ne devient véritablement dangereuse que lorsqu’elle accompagne une incapacité à investir et à produire de la croissance. Autrement dit, le problème n’était pas uniquement le niveau de la dette. Il était aussi dans la capacité du pays à utiliser ses ressources pour créer les conditions d’une croissance future. Cette approche résumait assez bien sa philosophie économique : l’austérité comptable ne peut constituer à elle seule une stratégie de développement.

 

La Banque centrale et les limites de l’orthodoxie monétaire

La politique monétaire constituait un autre de ses grands terrains de réflexion. Tahar El Almi s’est régulièrement interrogé sur le rôle de la Banque centrale de Tunisie, son indépendance, les taux d’intérêt et l’arbitrage entre inflation et croissance.

En 2024, il avait notamment consacré une analyse à l’indépendance de la Banque centrale, estimant que cette notion méritait d’être réexaminée à la lumière des difficultés économiques tunisiennes. Cette position était cohérente avec son approche générale : la politique monétaire ne peut être considérée indépendamment de la politique économique globale.

Lutter contre l’inflation est nécessaire.  Mais si cette lutte se traduit par une contraction excessive du crédit, de l’investissement et de l’activité, elle peut également avoir un coût économique et social. Il cherchait donc constamment à mettre en évidence les arbitrages.

 

L’entreprise au cœur de ses préoccupations

Dans ses dernières années, l’entreprise tunisienne occupa une place croissante dans ses analyses. En juin 2026, dans un long « Décryptage » intitulé « Quand produire devient un acte de résistance », il dénonçait les contraintes qui pèsent sur les entrepreneurs, la pression fiscale, la concurrence de l’économie informelle et les difficultés administratives.

Son diagnostic était alors particulièrement sévère. L’économie tunisienne ne peut pas espérer créer suffisamment d’emplois si les entreprises qui doivent produire, investir et embaucher sont progressivement fragilisées. Cette préoccupation prolongeait d’ailleurs ses travaux plus anciens sur l’investissement, la croissance et la politique économique.

Chez Tahar El Almi, l’entreprise n’était pas seulement un agent économique : elle était l’un des principaux lieux où se décide la capacité d’un pays à créer de la richesse et de l’emploi.

 

Une écriture qui mettait les chiffres à hauteur d’homme

C’est peut-être là que réside l’une des spécificités de son style. Dans une chronique de mai 2026 intitulée « Quand la stabilité ne suffit plus à raconter la vie des gens », il mettait en évidence le décalage entre l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques et le sentiment persistant de difficultés chez les ménages.

Cette préoccupation était ancienne. Pour lui, une économie ne pouvait pas être déclarée « stabilisée » uniquement parce que certains indicateurs étaient revenus dans une zone plus favorable. Il fallait encore que cette amélioration soit perceptible dans la vie quotidienne.

La baisse de l’inflation n’est pas nécessairement une amélioration du niveau de vie. Si les prix ont fortement augmenté auparavant, leur stabilisation à un niveau élevé ne signifie pas que les ménages retrouvent leur pouvoir d’achat. Cette distinction, fondamentale pour comprendre la réalité économique, était régulièrement présente dans ses analyses.

 

2010-2025 : le regard rétrospectif sur les occasions manquées

En janvier 2026, il revenait sur quinze années d’évolution économique dans une analyse intitulée « 2010-2025 — L’écho des occasions manquées, entre Washington, Bruxelles… et Tunis ». Son regard portait sur les choix monétaires américains et européens, mais aussi sur les difficultés tunisiennes.

Une fois encore, son propos dépassait la simple conjoncture. Il s’interrogeait sur la capacité de la Tunisie à investir, à innover, à monter en gamme, à réformer son État et à restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs. C’était une constante chez lui : chercher derrière la crise immédiate les causes structurelles qui la rendent possible.

 

L’international comme miroir de la Tunisie

L’un des mérites de ses chroniques aura été de montrer que la macroéconomie internationale n’est jamais très éloignée de la vie économique tunisienne. Lorsque la Fed modifie sa politique monétaire, cela peut modifier le coût du financement international.

Lorsque la BCE change de cap, cela affecte directement ou indirectement la Tunisie, notamment par le canal de l’euro, de la dette et des échanges. Lorsque le prix du pétrole varie, c’est toute l’équation énergétique tunisienne qui peut être bouleversée.

Lorsque le dollar se renforce, la facture de certaines importations augmente. Lorsque les marchés internationaux deviennent plus averses au risque, le financement des économies émergentes devient plus difficile. Cette pédagogie de l’interdépendance internationale était l’une des grandes qualités de son travail journalistique.

 

537 articles : une véritable chronique de l’économie tunisienne

Le chiffre des 537 articles prend ainsi toute sa signification. Ce n’est pas seulement une statistique éditoriale. C’est, en quelque sorte, une chronique parallèle de plusieurs décennies de l’économie tunisienne. À travers ses textes, on retrouve les grandes préoccupations économiques du pays :

  • les salaires et le pouvoir d’achat ;

  • l’inflation ;

  • la politique monétaire ;

  • la Banque centrale ;

  • la dette publique ;

  • le financement de l’État ;

  • la fiscalité ;

  • l’investissement ;

  • l’entreprise ;

  • l’emploi ;

  • les banques et les marchés financiers ;

  • le dinar ;

  • le dollar et l’euro ;

  • l’énergie ;

  • les relations avec les institutions financières internationales ;

  • et, plus largement, les rapports entre économie nationale et économie mondiale.

En 2021 déjà, L’Économiste Maghrébin le comptait officiellement parmi ses chroniqueurs, aux côtés de plusieurs grandes signatures du journal. Cette fidélité réciproque entre le journal et son chroniqueur aura donc constitué une véritable aventure éditoriale.

 

Jusqu’au bout de la plume

La dimension la plus émouvante de son parcours tient peut-être à la chronologie de ses dernières publications. En 2026 encore, Tahar El Almi publiait régulièrement. En janvier, il analysait les occasions manquées de la Tunisie.

En février, il revenait sur la dette publique. En mai, il s’interrogeait sur le décalage entre stabilité macroéconomique et réalité sociale. En juin, il défendait l’entreprise et la production. En juillet, il analysait l’OPEP et les transformations du marché pétrolier.

Et le 3 septembre 2026, dans ce qui apparaît comme sa dernière contribution sur les colonnes de L’Economiste Maghrébin, il écrivait encore sur la politique monétaire européenne et ses conséquences pour la Tunisie. Il aura donc, littéralement, écrit jusqu’aux derniers jours.

 

Un héritage qui dépasse les chiffres

Il serait pourtant réducteur de résumer Tahar El Almi à ses 537 articles. Son héritage est plus large. Il est universitaire, à travers son enseignement et ses travaux. Il est scientifique, à travers ses recherches en économie et en économétrie. Il est pédagogique, à travers les étudiants qu’il a accompagnés. Il est institutionnel, à travers l’Institut Africain d’Économie Financière. Il est enfin journalistique et citoyen, à travers plusieurs centaines de textes consacrés à l’économie tunisienne. Mais il est surtout intellectuel. Car Tahar El Almi avait une manière bien à lui de regarder l’économie. Il se méfiait des évidences. Il questionnait les orthodoxies. Il refusait les explications trop simples.

Et surtout, il rappelait régulièrement que derrière chaque taux, chaque ratio et chaque indicateur se trouvent des hommes et des femmes. Un taux d’inflation, c’est un pouvoir d’achat. Un taux d’intérêt, c’est un crédit plus ou moins accessible. Une dette, c’est une marge de manœuvre pour les générations futures. Une politique fiscale, c’est un arbitrage entre ressources publiques, entreprises et ménages. Une politique de change, c’est le prix des importations et la compétitivité des exportations. Une croissance, enfin, ce n’est pas seulement un chiffre : c’est la possibilité de créer des emplois et de donner des perspectives.

 

Une voix qui manquera à L’Économiste Maghrébin

Pour L’Économiste Maghrébin, sa disparition revêt une dimension particulière. Pendant des années, Tahar El Almi aura été l’une des signatures régulières du journal. 537 articles recensés : peu de chiffres résument aussi bien la profondeur d’une collaboration. Mais au-delà du volume, il y avait une fidélité intellectuelle. Il y avait le goût du débat. Le droit à la contradiction.

La volonté de comprendre les mécanismes économiques plutôt que de simplement commenter les chiffres. Et cette conviction, finalement très simple, que le rôle de l’économiste est aussi de participer au débat public.

Sa dernière contribution, publiée le 3 septembre, portait sur le coût de la politique monétaire européenne pour la Tunisie. Il y revenait sur la question de la dépendance financière et concluait, en substance, que la véritable souveraineté économique ne consiste pas seulement à pouvoir emprunter, mais à pouvoir vivre avec moins besoin d’emprunter.

Cette idée pourrait presque servir d’épitaphe intellectuelle. Réduire les dépendances. Restaurer la capacité de produire. Investir. Créer de la richesse. Préserver le pouvoir d’achat. Et surtout, retrouver la capacité de décider.

Tahar El Almi aura consacré une grande partie de son parcours à ces questions. Il laisse derrière lui des travaux, des étudiants, une institution, des analyses et, surtout, 537 articles qui continueront à témoigner de sa présence dans le débat économique tunisien.

Son œuvre restera ainsi une mémoire de l’économie tunisienne contemporaine : ses crises, ses espoirs, ses hésitations, ses occasions manquées, mais aussi ses possibilités. À travers ses écrits, Tahar El Almi continuera de dialoguer avec ceux qui chercheront à comprendre la Tunisie économique.

C’est sans doute la plus durable des formes de présence pour un universitaire et un économiste. Il disparaît, mais sa question demeure : quelle économie voulons-nous construire pour la Tunisie ?

Il manquera au site et au magazine de L’Economiste Maghrébin en particulier, mais surtout aux lecteurs et au débat public du pays.

Que sa mémoire demeure.

Hédi Mechri, Sahar Mechri et l’ensemble de la rédaction de L’Economiste Maghrébin présentent leurs condoléances les plus attristées à l’épouse, ses enfants et aux proches de Tahar El Almi. Et que son âme repose en paix!

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Etude | Le sommeil profond ralentit la progression de l’Alzheimer

06. September 2026 um 13:31

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Neurology, a mis en évidence un lien entre certains types d’activité électrique survenant durant le sommeil profond, un neuropeptide appelé orexine et la progression de la maladie d’Alzheimer.

Selon le site Science Alert, les chercheurs ont recruté 60 patients âgés de 60 ans et plus, récemment diagnostiqués avec une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer, et qui ne prenaient aucun médicament connu pour affecter l’activité des ondes cérébrales.

Les participants ont été surveillés tout au long de la nuit à l’aide d’appareils spécialisés dans l’étude du sommeil. Le lendemain matin, les chercheurs ont prélevé un échantillon de liquide céphalorachidien chez chaque participant ; ce liquide incolore entoure le cerveau et la moelle épinière et assure le transport de molécules vers et depuis le système nerveux. Une fois l’étude terminée, les chercheurs ont suivi les participants pendant trois ans afin d’observer l’évolution de leurs symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Les taux d’orexine

Dans les échantillons de liquide céphalorachidien, les chercheurs se sont concentrés sur la mesure des taux d’un messager chimique appelé orexine, qui joue un rôle essentiel dans la régulation du sommeil et de l’éveil.

Ainsi, par exemple, une carence en orexine dans le cerveau chez les personnes atteintes de narcolepsie de type 1 contribue à une somnolence excessive et à des épisodes soudains de faiblesse musculaire, connus sous le nom de perte de tonus musculaire.

Les scientifiques se demandent si l’orexine joue un rôle direct dans la maladie d’Alzheimer, d’autant plus qu’il existe déjà des médicaments ciblant ce neurotransmetteur.

De précédentes études de moindre envergure ont suggéré l’existence possible d’une anomalie des taux d’orexine chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Par ailleurs, des chercheurs ont émis l’hypothèse que les médicaments agissant sur l’orexine pourraient aider indirectement le cerveau à éliminer les protéines bêta-amyloïde et Tau — dont l’accumulation cérébrale est associée à la maladie d’Alzheimer —, en particulier chez les personnes souffrant de troubles du sommeil ; cette hypothèse s’appuie sur des expériences menées sur des animaux et des études observationnelles chez l’homme.

Apathie et dépression

Si cette hypothèse venait à être confirmée, ces médicaments pourraient contribuer à ralentir la progression de la maladie. Toutefois, la nature exacte du lien entre l’orexine et la maladie d’Alzheimer n’est pas encore totalement élucidée.

Les chercheurs ont indiqué qu’une élévation des taux d’orexine pourrait être associée à l’apparition de symptômes neuropsychiatriques chez les patients atteints de démence, notamment l’apathie, la dépression et l’anxiété.

Toutefois, peu d’études ont examiné le lien entre l’activité de l’orexine et le déclin cognitif ou la sévérité des symptômes neuropsychiatriques chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Afin d’obtenir des résultats plus précis, les chercheurs ont analysé les taux d’orexine dans des échantillons biologiques et les ont comparés aux données d’une étude du sommeil, laquelle a permis d’observer les fuseaux du sommeil et les oscillations lentes chez les participants durant la phase de sommeil sans mouvements oculaires rapides (NREM).

Dans un cerveau sain, ces deux signaux électriques reflètent une activité importante qui contribue à la consolidation des souvenirs et au maintien de la stabilité des réseaux neuronaux corticaux.

Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer souffrent souvent de troubles du sommeil ; leurs fuseaux du sommeil et leurs oscillations lentes ont tendance à refléter ce dysfonctionnement.

Les résultats ont montré qu’une élévation des taux d’orexine dans le liquide céphalorachidien était associée à une aggravation de la maladie au cours des trois années suivantes.

En revanche, le lien entre l’augmentation de l’orexine et la progression de la maladie était plus faible chez les participants présentant une activité relativement plus intense au niveau des fuseaux du sommeil et des oscillations lentes, ce qui suggère un effet protecteur potentiel de ces types d’activité cérébrale durant le sommeil profond.

Un simple point de départ

Il est également apparu que les signaux caractéristiques du sommeil sans mouvements oculaires rapides (sommeil NREM) étaient plus marqués chez les personnes présentant des taux d’orexine plus faibles dans le liquide céphalorachidien : les fuseaux du sommeil y étaient plus denses et les oscillations lentes avaient une durée plus longue.

Les chercheurs ont également observé que la concentration d’orexine était nettement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Bien que ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre le lien entre le sommeil et la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont souligné qu’ils ne constituent qu’un point de départ pour de futures études susceptibles d’aider à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à freiner la progression de la maladie.

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Tunisie – Médias : les inquiétudes du Conseil de presse

05. September 2026 um 18:00

Le Conseil de presse exige la libération de Mohamed Yousfi, interpellé dans la soirée du vendredi 4 septembre, et alerte sur un climat d’autocensure grandissant au sein de la profession.

 

Dans un communiqué publié samedi 5 courant, le Conseil de presse réclame la libération de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, interpellé vendredi soir alors qu’il se rendait à une émission radio consacrée à la crise de l’eau. L’instance dénonce un « indicateur dangereux » qui s’ajoute à une série de précédents plaçant journalistes et médias sous la menace de l’intimidation et de l’emprisonnement.

Le Conseil prend soin de ne pas contester le droit des autorités à enquêter, un principe relevant selon lui de l’État de droit. Mais il pose une distinction claire : ces procédures ne doivent pas devenir un moyen de contourner les protections légales des journalistes, ni un outil de pression professionnelle — une nuance qui évite à l’instance de se poser en opposant systématique à la justice tout en fixant une limite nette.

L’alerte porte surtout sur l’effet cumulatif de ces affaires : normalisation des poursuites, montée de l’autocensure, et à terme « assèchement » des sources d’information, donc une atteinte indirecte mais réelle au droit du public à une information fiable.

Le Conseil réclame en parallèle le respect du secret des sources et la création d’un organe de régulation médiatique réellement indépendant, suggérant que le vide institutionnel actuel favorise ce type de dérive.

Fait notable, le communiqué pointe du doigt directement les autorités en place comme responsables de la dégradation du paysage médiatique décrit en des termes très durs : « effondrement », « désertification », presse « sans questions ». Cette charge, inhabituelle dans sa frontalité, traduit une inquiétude qui dépasse le cas individuel de Mohamed Yousfi pour interroger la trajectoire d’ensemble du pluralisme en Tunisie, tout en saluant, en creux, les rédactions qui continuent de résister à cette pression.

A noter qu’avant le Conseil de presse, le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) avait dénoncé l’interpellation du journaliste, s’inquiétant même de son état de santé.

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Ariana : vaccination des chiens et chats contre la rage mardi à Mnihla

Von: tmps
06. September 2026 um 09:05

Le Commissariat régional au développement agricole d’Ariana (CRDA) organisera, mardi 8 septembre 2026, une tente vétérinaire pour la vaccination des chiens et des chats contre la rage, et ce devant le siège de la délégation de Mnihla, de 9h00 à 12h00.

Dans un communiqué publié samedi, le Commissariat a précisé que cette vaccination est obligatoire et gratuite, appelant les citoyens à accompagner leurs animaux de compagnie afin de faciliter le travail de l’équipe de vaccination.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la rage, de la limitation de ses risques et du renforcement de la campagne nationale de vaccination contre la rage pour la saison 2026/2027.

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JCC 2026 | Prolongation de l’appel à création pour l’affiche officielle

05. September 2026 um 23:01

Le délai de participation à l’appel à conception de l’affiche officielle de la 37e édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) a été prolongé.

C’est ce qu’indiquent le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et les Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) en précisant que le délai de réception des propositions est prolongé jusqu’au 10 septembre 2026 à 12h.

Tous les détails sont précisés dans le cahier des charges (voir)

Pour rappel, la 37e édition des Journées Cinématographiques de Carthag qui tiendra du 12 au 19 décembre 2026.

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