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Les Tunisiens vivent avec seulement la moitié du volume d’eau considéré comme nécessaire !

05. August 2026 um 14:32

En Tunisie, chaque épisode pluvieux nourrit le même espoir : celui d’un répit durable pour les ressources hydriques. Pourtant, cet optimisme masque une réalité beaucoup plus profonde.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en ressources hydriques, estime que la crise de l’eau que traverse le pays n’est plus conjoncturelle. Elle est devenue structurelle, au croisement de la rareté naturelle, des choix économiques accumulés depuis plusieurs décennies et des effets désormais tangibles du changement climatique.

Une rareté historique aggravée par des choix économiques sous pression

La Tunisie reste, rappelle-t-il, un pays semi-aride où la pluviométrie moyenne ne dépasse pas 450 mm par an. Cette contrainte a façonné pendant des siècles les modes de vie, les techniques de collecte et les systèmes de stockage de l’eau. Des citernes antiques aux ouvrages aghlabides, toute l’histoire hydraulique du pays témoigne d’une culture de la rareté. Selon l’expert, l’erreur des dernières décennies a été de considérer cette rareté comme un problème dépassé.

Dans les années 1970 et 1980, l’amélioration des infrastructures et une demande encore modérée ont donné l’illusion d’une relative abondance. Mais à partir du début des années 1990, l’évolution du niveau de vie, l’urbanisation et surtout l’orientation économique vers des productions agricoles fortement consommatrices d’eau ont profondément modifié l’équation hydrique nationale.

Houcine Rhili estime que la Tunisie a progressivement transformé une partie de son territoire en plateforme de production destinée à l’exportation, notamment pour des cultures à faible valeur ajoutée mais à forte consommation d’eau comme la tomate, la pastèque, le melon, les légumes-feuilles ou encore certains fruits rouges. Il parle d’une « exportation d’eau virtuelle », c’est-à-dire d’une exportation indirecte de ressources hydriques incorporées dans les produits agricoles, sans contrepartie économique suffisante.

Cette stratégie apparaît d’autant plus problématique que le pays continue d’importer l’essentiel de ses produits alimentaires stratégiques. L’expert rappelle que la Tunisie dépend largement des importations pour les céréales, les aliments pour bétail et les huiles végétales. Ce qui accentue sa vulnérabilité extérieure tout en ayant déjà mobilisé d’importantes quantités d’eau sur son territoire.

À cette pression structurelle s’ajoute désormais le changement climatique. Depuis le milieu des années 1990, la fréquence des sécheresses s’est accrue et les précipitations sont devenues plus irrégulières. La Tunisie figure aujourd’hui parmi les pays en situation de stress hydrique sévère, une situation qui se traduit par des prélèvements d’eau souterraine supérieurs aux capacités naturelles de renouvellement.

Une ressource sous tension : agriculture, salinité et fracture territoriale

L’indicateur le plus révélateur reste le volume d’eau disponible par habitant. Selon les données avancées par Houcine Rhili, la Tunisie ne dispose plus que de 350 à 380 m³ d’eau par habitant et par an. Alors que les références internationales situent le seuil de sécurité entre 700 et 900 m³. Le pays se trouve donc à moins de la moitié du niveau considéré comme nécessaire pour assurer durablement les besoins de la population. Il souligne en outre que cette moyenne nationale masque de fortes inégalités territoriales, certaines régions disposant de volumes bien inférieurs.

L’agriculture demeure le principal consommateur d’eau avec environ 77 % des prélèvements nationaux. Cette concentration de la demande rend la question hydrique indissociable de la politique agricole et alimentaire. Pour l’expert, toute stratégie de sécurité hydrique devra nécessairement passer par une révision des systèmes de production, des choix culturaux et des mécanismes d’incitation économique.

La dégradation de la ressource commence déjà à produire des effets visibles sur la vie quotidienne. Dans plusieurs régions, les ménages se détournent de l’eau du robinet au profit de l’eau conditionnée ou achetée auprès de distributeurs privés. Houcine Rhili observe également une augmentation de la salinité dans certaines zones de l’intérieur et du Sud, où les nappes souterraines sont plus fortement sollicitées.

Mais les conséquences les plus préoccupantes sont peut-être d’ordre économique et social. Une disponibilité plus faible de l’eau réduit les rendements agricoles, renchérit la production et alimente la hausse des prix alimentaires. L’expert établit un lien direct entre la rareté hydrique, l’inflation alimentaire et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages.

Il évoque aussi l’émergence d’une « migration de l’eau ». Dans certaines zones rurales, des familles choisissent de quitter leur localité pour accéder à un approvisionnement plus stable, notamment pour leurs enfants. L’eau devient alors un facteur de mobilité résidentielle et, à terme, un enjeu d’aménagement du territoire.

Sortir de l’urgence permanente : vers une nouvelle gouvernance de l’eau

Pour Houcine Rhili, la question de l’eau dépasse désormais largement le cadre environnemental. Elle touche à la santé publique, à la cohésion sociale, à la sécurité alimentaire et à la stabilité économique. Il rappelle que l’accès à l’eau constitue un droit fondamental et que son insuffisance peut fragiliser durablement les conditions de vie.

L’expert se montre particulièrement critique à l’égard des politiques publiques conduites depuis près de trente ans. Selon lui, les autorités reconnaissent régulièrement les limites du modèle actuel, mais les orientations de fond ont peu évolué. Il estime que la Tunisie accuse un retard important dans la réforme de sa gouvernance de l’eau et dans l’adaptation de ses infrastructures aux nouvelles réalités climatiques.

Surtout, il insiste sur le fait qu’il n’existe pas de solution immédiate. Les investissements hydrauliques sont lourds, coûteux et s’inscrivent nécessairement dans le temps long. Réhabiliter les réseaux, moderniser les systèmes de distribution, réorganiser la gouvernance et développer les ressources non conventionnelles exigent des financements importants et une planification sur plusieurs années.

La première urgence serait donc, selon lui, de définir une vision nationale cohérente. Il plaide pour un dialogue national sur l’eau permettant de hiérarchiser les priorités, de coordonner les institutions concernées et de construire une stratégie à moyen et long terme. Sans cette clarification, prévient-il, les investissements risquent de rester fragmentés et insuffisants face à l’ampleur du défi.

En définitive, le diagnostic dressé par Houcine Rhili est sans ambiguïté : la Tunisie n’est plus confrontée à une simple succession d’années sèches, mais à une transformation durable de son régime hydrique. Dans ce contexte, la gestion de l’eau devient un enjeu stratégique comparable à celui de l’énergie. La capacité du pays à sécuriser cette ressource conditionnera non seulement la qualité de vie de sa population, mais aussi sa stabilité économique et son modèle de développement pour les décennies à venir.

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« Maraya Al-Founoun » : neuf jours pour faire vibrer Kalâa Kébira au rythme de la culture

05. August 2026 um 12:52

La ville de Kalâa Kébira, dans le gouvernorat de Sousse, se prépare à vivre au rythme des arts et de la création à l’occasion de la 11e édition du Festival d’été « Maraya Al-Founoun » (Miroirs des Arts), prévue du 14 au 22 août 2026.

Organisé par l’Association Ichrak pour la culture et les arts, avec le soutien du Commissariat régional des Affaires culturelles de Sousse, le festival propose une programmation pluridisciplinaire mêlant musique, théâtre, cinéma, arts plastiques, folklore international, poésie et rencontres littéraires. Une édition qui ambitionne de renforcer la vocation culturelle de Kalâa Kébira en faisant de la ville un espace ouvert aux différentes formes d’expression artistique.

Les festivités débuteront le vendredi 14 août avec une soirée musicale animée par le saxophoniste Seifeddine Maâyouf. Le lendemain, le public aura rendez-vous avec le théâtre à travers la pièce « Impasse », présentée par la troupe sfaxienne Tragédie.

Le dimanche 16 août, place aux cultures du monde avec la participation du Gujarat Folk Dance Group, qui proposera un spectacle inspiré du folklore indien, entre danses traditionnelles et richesse des costumes.

Le cinéma sera à l’honneur le lundi 17 août avec la projection du film « Sahbek Rajel » de Kais Chekir, une comédie mêlant action et romance.

La littérature et la poésie occuperont une place centrale le mardi 18 août avec « La nuit des rimes », une soirée poétique animée par la journaliste Aroussia Boumiza. Cette rencontre réunira plusieurs voix poétiques tunisiennes, dont Moncef Mezghanni, Omar Deghrir, Lotfi Mathlouthi et Fathi Nasri, ainsi que le poète jordanien Mohammad Noor Al-Gharabieh. L’accompagnement musical sera assuré par l’artiste irakien Mohammad Zaki Darwich.

Le jeudi 20 août, la scène accueillera une soirée dédiée aux sonorités orientales avec l’Ensemble d’Orient de Musique Arabe de Sousse.

Un festival entre création artistique et réflexion intellectuelle

Sous la direction d’Abdelhakim Belaïd, « Maraya Al-Founoun » poursuit également son engagement en faveur du débat culturel et intellectuel. Le vendredi 21 août sera consacré à la rencontre « Marayas du Livre », organisée en collaboration avec l’Association Sciences Patrimoine de Kalâa Kébira.

La clôture du festival sera marquée, le samedi 22 août, par un colloque scientifique autour du thème « L’avenir de la langue arabe parmi les langues du monde », organisé au siège de la municipalité sous la présidence d’Amira Ghenim.

Cette rencontre réunira plusieurs universitaires et personnalités culturelles, parmi lesquels l’ancien ministre des Affaires culturelles Walid Zidi, la romancière Amina Rmili, Samir Sehimi et Mohamed Kadhi, en présence également de la déléguée régionale des Affaires culturelles de Sousse, Jalila Ajbouni.

À l’ouverture du colloque, un hommage sera rendu au professeur de droit constitutionnel Sadok Belaïd, figure académique originaire de Kalâa Kébira, en présence de sa famille. Sa fille Sana Belaïd prendra notamment la parole lors de cette cérémonie.

La soirée de clôture se poursuivra avec un concert de la chanteuse Aya Daghnouj sur la scène en plein air de la Maison de la Culture.

Parallèlement aux spectacles et rencontres, le hall de la Maison de la Culture accueillera durant toute la période du festival une exposition collective d’arts plastiques réunissant les œuvres de Samir Ben Aleya, Sonia Khalifa, Lotfi Ben Salah, Firas Ben Aleya, Najib Bouguecha et Firas El Abed.

Avec cette programmation riche et variée, « Maraya Al-Founoun » confirme son ambition de faire de Kalâa Kébira un rendez-vous incontournable de la scène culturelle estivale tunisienne.

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18 600 touristes espagnols et de grandes chaînes hôtelières à l’assaut du soleil tunisien

05. August 2026 um 11:12

Le ministre du Tourisme, Sofiene Tekaya, a reçu mardi 4 août 2026, au siège du ministère, l’ambassadeur du Royaume d’Espagne en Tunisie afin de renforcer la coopération bilatérale dans le secteur touristique.

Les discussions ont porté sur le développement des investissements conjoints, l’avancement des projets touristiques et hôteliers en cours de réalisation, ainsi que sur l’implantation prochaine de grandes chaînes hôtelières espagnoles en Tunisie, annonce un communiqué du ministère du Tourisme.

La rencontre a également permis de faire le point sur les performances du marché touristique espagnol.

À fin juillet 2026, la Tunisie a accueilli 18.600 touristes espagnols. Soit une hausse de 6 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette progression traduit l’intérêt croissant des tour-opérateurs, agences de voyages et professionnels espagnols pour la destination tunisienne, dans un contexte marqué par une dynamique positive du secteur.

Les deux parties ont convenu de renforcer davantage le partenariat entre les professionnels des deux pays et de créer de nouvelles opportunités d’investissement. À cet effet, elles ont notamment évoqué la réouverture d’établissements hôteliers en difficulté ou actuellement fermés, afin de leur redonner une nouvelle dynamique économique.

Les échanges ont également porté sur le renforcement de la connectivité aérienne et des liaisons touristiques entre la Tunisie et l’Espagne. Cet axe vise à soutenir les flux touristiques et les échanges économiques entre les deux pays, tout en favorisant l’augmentation du nombre de visiteurs espagnols et la dynamisation des aéroports régionaux, précise le ministère du Tourisme.

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Samarra Badrouchi et Olfa Massaoud honorent la recherche tunisienne à Harvard

05. August 2026 um 09:11

L’Université de Tunis El Manar a annoncé que deux chercheuses tunisiennes ont obtenu avec distinction un Master of Medical Sciences in Clinical Investigation de la Harvard Medical School, à la suite de l’obtention de la très sélective bourse Hazem Ben Gacem.

Il s’agit de Samarra Badrouchi, enseignante-chercheuse à la Faculté de médecine de Tunis et assistante hospitalo-universitaire en néphrologie à l’hôpital universitaire Charles-Nicolle, ainsi que de Olfa Massaoud, chercheuse à l’Institut Pasteur de Tunis.

L’université précise également que Samarra Badrouchi s’est vu décerner la médaille d’or « Gordon Williams » de la promotion 2026, en reconnaissance de l’excellence de son parcours académique.

Dans son communiqué, l’Université de Tunis El Manar estime que cette distinction et ces performances scientifiques contribuent au rayonnement international de l’université ainsi qu’à la valorisation de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique tunisiens.

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