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Industrie : une reprise portée par les mines et l’énergie, mais encore fragile

04. August 2026 um 15:56

Après deux années de recul, la production industrielle tunisienne renoue avec la croissance au premier trimestre 2026. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), l’indice global de la production industrielle progresse de 4,3 % en glissement annuel, après des baisses de 5,4 % au premier trimestre 2024 et de 2 % en 20255.

Cette amélioration est principalement portée par les industries extractives. La production minière bondit ainsi de 10,6 %, tandis que le secteur de l’énergie enregistre une hausse de 14,9 %, profitant d’un effet de rattrapage après plusieurs années de contre-performance.

En revanche, l’industrie manufacturière peine à retrouver un rythme soutenu. Sa progression se limite à 2 %, reflétant une reprise encore insuffisante pour tirer durablement la croissance.

Plusieurs branches restent en difficulté. Les industries chimiques accusent le plus fort recul (-11,3 % sur le trimestre et -22,2 % en mars sur un an), suivies des matériaux de construction (-9,6 %) et du textile-habillement-cuir (-5,8 %), toujours pénalisés par la faiblesse de l’investissement et de la demande.

À l’inverse, certaines activités affichent une dynamique plus favorable. Les industries agroalimentaires progressent de 15,1 %, tandis que les industries mécaniques et électriques gagnent 4 %. Ces performances confirment que le redressement de l’industrie tunisienne demeure sélectif, largement soutenu par les secteurs des mines et de l’énergie, alors qu’une partie importante du tissu manufacturier reste confrontée à des difficultés persistantes.

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550 % de hausse sur certains médicaments : l’UGTT alerte sur une menace pour l’accès aux soins !

04. August 2026 um 13:46

Le département de la protection sociale et du secteur informel de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a exprimé sa « profonde inquiétude » et condamné les récentes hausses importantes des prix de plusieurs médicaments essentiels. Et ce, tout en estimant qu’elles constituent une « atteinte directe au droit constitutionnel aux soins » et une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat des citoyens, notamment les catégories vulnérables, les travailleurs et les ménages à faibles revenus.

Dans un communiqué, l’organisation syndicale a affirmé que ces augmentations interviennent dans un contexte de « crise sociale aiguë » et de recul marqué du pouvoir d’achat des travailleurs et de l’ensemble des citoyens. Ce qui fragilise davantage l’accès aux soins et aux traitements.

L’UGTT a souligné que les données publiées montrent qu’il ne s’agit pas de simples ajustements progressifs, mais de hausses « exceptionnelles et sans précédent »D’ailleurs, elles dépassent dans certains cas 550 % pour des médicaments essentiels.

Dans ce contexte, le syndicat précise que cette situation traduit un transfert du coût des difficultés financières du système de santé vers les citoyens, en l’absence d’une réforme globale capable de garantir l’accès aux soins.

En outre, le département de la protection sociale et du secteur informel a alerté sur les conséquences sociales de ces augmentations. Lesquelles toucheraient particulièrement les populations les plus fragiles, notamment les travailleurs du secteur informel ne bénéficiant pas d’une couverture sociale. Il estime que le coût de la maladie risque ainsi de devenir un facteur supplémentaire de pauvreté et d’exclusion sociale.

De plus, l’organisation syndicale a également évoqué la situation des bénéficiaires de la gratuité des soins et des tarifs réduits. En effet, ces derniers rencontrent souvent des difficultés à obtenir leurs médicaments dans les établissements publics de santé confrontés à des contraintes financières importantes.

Pour l’UGTT, la santé et l’accès aux médicaments « ne doivent pas être considérés comme des marchandises soumises aux seules logiques du marché ou aux équilibres financiers », mais comme un droit constitutionnel et humain que l’État doit garantir. Elle estime que les difficultés de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ou de la Pharmacie centrale ne peuvent être résolues en faisant supporter leur coût aux patients. Mais elles nécessitent, note la centrale syndicale, une réforme participative du système de protection sociale, du financement et de la gouvernance du secteur.

Le syndicat appelle à l’abandon des décisions « unilatérales » et demande une révision immédiate de ces augmentations, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Il plaide également pour l’intégration des travailleurs du secteur informel dans un système de couverture sociale et sanitaire complet et équitable.

Parmi les mesures proposées figurent notamment le renforcement des ressources de la CNAM, le soutien à la Pharmacie centrale pour garantir la sécurité médicamenteuse nationale, ainsi que le développement de la production locale de médicaments, notamment les génériques, afin de réduire les coûts et la dépendance aux importations.

Enfin, l’UGTT soutient l’ouverture d’un dialogue social « sérieux et responsable » avec les organisations nationales et les différents acteurs du secteur. Et ce, afin d’élaborer des réformes durables garantissant l’accès de tous aux soins, conformément aux engagements internationaux de la Tunisie et aux objectifs de développement durable.

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