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Sabra Ben Fradj à JAMSALAM 2026 : L’art comme nécessité vitale

14. Juli 2026 um 19:45

L’artiste visuelle tunisienne Sabra Ben Fradj fait partie des quinze lauréats sélectionnés pour la résidence artistique panafricaine Jamsalam 2026. Du 15 au 30 juillet, huit femmes et sept hommes représentant autant de pays, se rencontreront à Al Maqam Tahanaout (Maroc) pour créer chacun une œuvre autour du thème : « Au nom de Toumaï, espoir de vie ». […]

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« Bakma » de Abdelhamid Bouchnak à la sélection officielle du Festival de Locarno : « Un film porté par la conviction et la persévérance »

14. Juli 2026 um 19:15

La sélection officielle de cette année met en lumière 103 premières mondiales, incluant des œuvres très attendues de réalisateurs renommés comme Hong Sangsoo et Denis Côté, en lice pour le prestigieux Léopard d’or. La Presse — Le réalisateur tunisien Abdelhamid Bouchnak a annoncé, hier, sur ses réseaux sociaux la sélection de son nouvel opus ‘‘Bakma’’ […]

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Festival international de Gabès : Saber Rebaï, Nordo et Amina Fakhet à l’affiche de la 41e édition

14. Juli 2026 um 18:12

La 41e édition du Festival international de Gabès se tiendra du 31 juillet au 24 août 2026 sous le slogan « Nous sommes nés de nouveau pour être ce que nous voulons être… ». Le comité d’organisation a dévoilé, lundi, la programmation officielle lors d’une conférence de presse organisée au Musée des Arts et Traditions populaires de Sidi Boulbaba à Gabès.

Cette nouvelle édition proposera une programmation éclectique mêlant musique, théâtre, spectacles pour enfants et créations internationales, avec la participation de plusieurs figures de la scène artistique tunisienne et arabe.

Un colloque sur les 70 ans de l’indépendance

Avant le lancement des soirées artistiques, le festival ouvrira un espace de réflexion avec un colloque intitulé « L’horizon de la modernisation en Tunisie entre les acquis de l’indépendance et les obstacles au progrès. Soixante-dix ans d’indépendance : pourquoi le projet de modernisation a-t-il reculé ? ».

Prévu les 29 et 30 juillet, cet événement réunira universitaires et spécialistes autour des enjeux de la modernisation en Tunisie, à l’occasion du 70e anniversaire de l’indépendance.

Une ouverture avec Salah Baccar

Les festivités débuteront le 31 juillet avec « Lawaëj Soufia », une création de Salah Baccar produite par l’Association du Festival international de Gabès.

La programmation alternera ensuite entre théâtre, musique et spectacles destinés à différents publics. Les amateurs de théâtre retrouveront notamment Jaafar Guesmi avec « PSY », Saber Oueslati avec « Papa Noël », « Weld El Talyani » de Sofiene Dahech, Lobna Sdiri et Noureddine Bouhajba, ainsi que Karim Gharbi avec « Visa ».

Les enfants auront également leur rendez-vous avec le spectacle de marionnettes « Khayal Jamil ».

Des têtes d’affiche tunisiennes et internationales

Le volet musical réunira plusieurs artistes très attendus, dont Nordo, Amina Fakhet, Yousra Mahnouch, Nour Chiba, Chirine Lajmi, Walid Al-Salahi, Young RZ et Kaso.

Le festival accueillera également des artistes étrangers avec le groupe algérien El Basta ainsi que Bilal Tacchini, annoncé comme invité international.

Le chanteur Saber Rebaï figurera parmi les principaux temps forts de cette édition avec un concert programmé le 21 août.

La 41e édition s’achèvera le 24 août avec un concert réunissant Rayen Youssef et Dorra Fourti, mettant un terme à près d’un mois d’animations culturelles destinées à faire rayonner la ville de Gabès et à promouvoir la diversité de la création artistique tunisienne.

Programme des soirées

  • 31 juillet : Lawaëj Soufia – Salah Baccar
  • 2 août : PSY – Jaafar Guesmi
  • 4 août : El Basta (Algérie)
  • 5 août : Papa Noël – Saber Oueslati
  • 6 août : Zarda – Najla Tounsia
  • 7 août : Walid Al-Salahi
  • 9 août : Weld El Talyani – Sofiene Dahech, Lobna Sdiri et Noureddine Bouhajba
  • 10 août : Kaso
  • 11 août : Khayal Jamil (théâtre de marionnettes)
  • 12 août : Nordo
  • 13 août : Ma Ydhhaknich – Yassine Salhi
  • 14 août : Chirine Lajmi
  • 15 août : Bilal Tacchini
  • 16 août : Al-Mahafel
  • 17 août : Yousra Mahnouch
  • 18 août : Visa – Karim Gharbi
  • 19 août : Amina Fakhet
  • 20 août : Nour Chiba
  • 21 août : Saber Rebaï
  • 22 août : Young RZ
  • 24 août : Rayen Youssef et Dorra Fourti

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Festival international de Sfax 2026 : Cheb Mami, Wael Jassar et Saber Rebai à l’affiche de la 46e édition

14. Juli 2026 um 14:52

Le Festival international de Sfax tiendra sa 46e édition du 21 juillet au 17 août 2026 au théâtre de plein air de Sfax. La programmation comprend 19 spectacles, dont quatre représentations d’artistes arabes, offrant un programme varié mêlant musique, cinéma, opéra et créations scéniques. Le festival s’ouvrira, le 21 juillet, avec un concert de la […]

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À Asilah, le monde s’écrit sur les murs

14. Juli 2026 um 13:24
Depuis 1978, Asilah prouve que la culture peut changer le destin d’une ville. Chaque été, son Moussem réunit des créateurs venus des quatre coins du monde, faisant de cette petite cité du nord du Maroc l’un des grands rendez-vous du…

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Gafsa-Kasserine : 88 % de la pistache nationale sous protection scientifique

14. Juli 2026 um 13:12

Un projet de recherche baptisé « PERDUR » a été lancé pour soutenir et développer la filière du pistachier en Tunisie, en mettant l’accent sur les gouvernorats de Gafsa et de Kasserine, qui assurent près de 88 % de la production nationale.

Financé par l’Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles (IRESA) et coordonné par l’Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT), il vise à renforcer la durabilité et la résilience de cette filière face aux défis climatiques et sanitaires.

Dans une déclaration accordée ce mardi 14 juillet à Mosaïque FM, la coordinatrice du projet et chercheuse à l’INRAT, Azza Chelli, a indiqué que PERDUR mise sur la valorisation et la préservation des ressources génétiques locales, reconnues pour leur adaptation aux changements climatiques. Le projet encourage également le développement et l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement afin d’améliorer la durabilité de la production.

Le programme prévoit aussi le diagnostic des principales maladies affectant le pistachier ainsi que la recherche de solutions pour les prévenir et les combattre. En parallèle, une évaluation globale des systèmes de production sera menée dans les régions de Gafsa et de Kasserine sous les angles environnemental, social et économique.

Cette démarche permettra d’identifier les modèles de production les plus durables et les plus résilients afin d’assurer le développement à long terme de la filière du pistachier en Tunisie.

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Djerba Music Land : l’électro qui fait tourner l’économie de Djerba 

14. Juli 2026 um 07:54

La 11e édition de DJERBA MUSIC LAND, programmée du 6 au 9 août 2026, confirme la montée en puissance d’un événement qui dépasse désormais largement le cadre du divertissement estival pour s’inscrire comme un acteur économique à part entière de la destination Djerba.

Derrière la programmation musicale, le festival s’est progressivement imposé comme un accélérateur de performance touristique, contribuant à la dynamique de remplissage en haute saison, à la diversification de la clientèle et à l’allongement de la durée de séjour sur l’île.

Un impact direct sur la chaîne de valeur touristique

Avec une capacité pouvant atteindre 3 500 participants par soirée, majoritairement issus d’un segment CSP++ local et international, DJERBA MUSIC LAND génère des retombées directes sur l’ensemble de la chaîne touristique : hôtellerie haut de gamme, restauration, transport, événementiel, commerce et services associés.

L’événement agit comme un stimulateur de consommation à forte valeur ajoutée, avec un effet mesurable sur les taux d’occupation, notamment sur les établissements d’hébergement touristique durant la période du festival.

Mohamed Jerad, directeur général de Tunisia Music Land, organisatrice de l’événement, explique que« dans le contexte de concurrence accrue entre destinations méditerranéennes, notre événement s’impose comme un facteur différenciant de performance touristique et économique avec un impact qui se forge et se renforce d’année en année au profit de la Tunisie en général et de Djerba en particulier ».

Une saisonnalité renforcée par une logique d’événementialisation

Organisé pour la troisième année consécutive sur la terrasse-jardin du Grand Casino Djerba, espace réaménagé à forte capacité d’accueil, le festival s’inscrit dans une stratégie d’optimisation des infrastructures existantes et de valorisation des lieux de loisirs symboliques de l’île. Cette configuration contribue à renforcer l’attractivité de la destination en période estivale, en consolidant un positionnement orienté vers l’économie de l’expérience.

Une montée en gamme et un positionnement méditerranéen

Depuis plusieurs éditions, DJERBA MUSIC LAND s’inscrit dans une stratégie de repositionnement haut de gamme, avec des investissements continus dans les infrastructures techniques (son, lumière, scénographie, écrans, lasers).

Cette montée en gamme vise à aligner l’événement sur des standards internationaux comparables à des destinations de référence du clubbing méditerranéen comme Ibiza ou Mykonos, renforçant ainsi la compétitivité touristique de Djerba sur les marchés régionaux et internationaux.

Un effet d’entraînement sur l’économie locale

Au-delà de la fréquentation immédiate, le festival génère un effet multiplicateur sur l’économie locale : emplois temporaires, prestations techniques, logistique, sécurité, production événementielle, mais aussi activité induite dans le commerce et les services. Le développement d’espaces annexes comme le DJERBA MUSIC LAND MARKET, introduit en 2025, contribue également à structurer une micro-économie événementielle autour de l’artisanat, du retail expérientiel et de la consommation sur site.

Un calendrier stratégique au cœur du pic estival

La 11e édition s’étalera sur quatre jours de forte intensité économique, avec une formule Day & Night incluant des beach parties (DML Off du 7 au 9 août, 14h–20h), optimisant ainsi la monétisation des différents créneaux horaires de consommation touristique.

Une programmation comme vecteur d’attractivité (et non finalité)

La dimension artistique, bien que centrale dans l’attractivité du dispositif, agit avant tout comme un levier d’acquisition de flux touristiques à forte valeur ajoutée. La programmation internationale inclut notamment Caiiro, Eno Napa, Da Capo, ainsi que Francis Mercier, aux côtés d’artistes tels que Solto, Hamza, Raffa Guido, Osfur, Cincity…

La scène locale contribue également à la consolidation de l’offre avec Mehdi Maghraoui, Guesmy, Hunter et Sarab, mettant en avant la contribution et le rayonnement des artistes et DJ locaux. Des formats hybrides comme Oriental Night Fever, porté par Al Disco Al Arabi et le concept The Luxury Theater de DJ Walou, complètent l’offre, en diversifiant les segments de consommation culturelle.

Un actif stratégique pour la destination Djerba

Au terme de plus d’une décennie d’évolution, DJERBA MUSIC LAND apparaît désormais comme un outil structurant de marketing régional, contribuant à la visibilité internationale de Djerba et à la consolidation de son positionnement sur le segment des destinations événementielles et touristiques à forte valeur ajoutée.

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Mortadha Ftiti à Dougga l Une soirée de rythme et d’émotion

14. Juli 2026 um 09:19

Dans le cadre de la 50e édition du Festival International de Dougga, le théâtre antique a accueilli, le 12 juillet 2026, une soirée mémorable marquée par une forte affluence et animée par le chanteur tunisien Mortadha Ftiti, qui a célébré, par la même occasion, les dix années de son parcours artistique.

Sur la scène de ce monument chargé d’histoire, sublimée par une mise en lumière soignée, Mortadha Ftiti a ouvert la soirée avec ‘‘Chedda w tezoul’’, avant d’enchaîner avec ‘‘Hkayetek fet’’, accompagnée d’une chorégraphie qui a insufflé énergie et dynamisme au spectacle.

La parfaite harmonie entre les musiciens, les danseurs et la mise en scène a donné naissance à un tableau visuel et musical captivant dès les premières notes.

Fidèle à son univers artistique, Mortadha Ftiti a une nouvelle fois mis en avant cette recherche d’une parole sincère et d’un rythme capable de créer un lien direct avec son public. Il l’a démontré à travers l’interprétation de ‘‘Baba’’, puis de ‘‘Ma samou klamou((, précédée d'un mawwal qui a permis au chanteur de mettre en valeur l’étendue de ses qualités vocales.

Au-delà de son propre répertoire, Mortadha Ftiti a tenu à satisfaire tous les goûts en consacrant une partie de la soirée au tarab en interprétant plusieurs classiques de l’inoubliable Abdel Halim Hafez et du chanteur Nour Mhanna, confirmant sa capacité à naviguer avec aisance entre différents univers musicaux.

Après cette parenthèse empreinte de nostalgie, l’artiste est revenu à ses plus grands succès. Le public a repris avec enthousiasme des titres devenus incontournables, parmi lesquels ‘‘Ya li bayaa’’, ‘‘Ma tebkiche’’, ‘‘Ya sahbi’’, ‘‘Gamra’’ et ‘‘Accident’’. La soirée a ensuite atteint son apogée avec un cocktail «Tounsi», qui a enchanté le public dans les gradins, entre déhanchements, chants et applaudissements.

Mortadha Ftiti a conclu son récital en interprétant ‘‘Maâlabalich’’ puis ‘‘Ya Leïl’’, et avant de quitter la scène, il a tenu à remercier chaleureusement les musiciens qui l’ont accompagné tout au long du spectacle, ainsi que le fidèle public de Dougga, dont l’enthousiasme a une nouvelle fois fait de cette soirée un moment fort de cette édition du Festival.

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Amel Bedoui explore la mémoire des femmes et les blessures de la filiation

14. Juli 2026 um 08:25

Un retour à Tunis, une mère entre la vie et la mort, une femme confrontée à son propre passé. Avec ‘‘En instance de deuil’’, son deuxième livre publié aux éditions Manchourat Ibn Al Arabi en avril 2026, Amel Bedoui signe un roman intime où le deuil devient le point de départ d’une quête de soi. La psychiatre et écrivaine tunisienne y interroge la mémoire familiale, le corps féminin et ces blessures silencieuses qui traversent les générations.

Djamal Guettala

Ines revient à Tunis pour accompagner sa mère Leïla, hospitalisée et plongée dans le coma. Elle croit retrouver une histoire familiale qu’elle connaît déjà, mais ce retour aux sources va bouleverser ses certitudes. Derrière les souvenirs, les silences et les non-dits, elle découvre une autre réalité : elle doit affronter sa propre histoire.

Médecin installée à Montréal, Ines appartient à une génération de Tunisiens de la diaspora qui vivent entre plusieurs appartenances. Son retour n’est pas seulement un voyage géographique. Il est une confrontation avec un passé qu’elle avait tenté de tenir à distance.

À travers ce personnage, Amel Bedoui raconte une expérience largement partagée : celle de ceux qui partent sans jamais totalement quitter leur pays d’origine, de ceux qui construisent une nouvelle vie tout en restant liés à une mémoire familiale.

Le corps féminin au cœur du récit

L’originalité d’‘‘En instance de deuil’’ réside dans la place centrale accordée au corps des femmes. Chez Amel Bedoui, le corps devient un lieu de mémoire, un espace où s’inscrivent les expériences, les blessures et les silences.

La romancière aborde des sujets longtemps restés difficiles à nommer : les tabous autour du corps féminin, les violences invisibles, les rapports complexes à l’intimité, mais aussi les traumatismes transmis d’une génération à l’autre.

Loin d’une approche provocatrice, l’autrice adopte un regard profondément humain. Elle donne une voix à des douleurs souvent enfermées dans la sphère privée et montre comment certaines blessures individuelles sont aussi le reflet de réalités sociales plus larges.

Le corps n’est donc pas seulement un objet de souffrance. Il devient aussi un espace de résistance et de reconquête de soi.

Le roman porte un titre associé à la perte, mais son véritable sujet est la transformation. La disparition possible de la mère oblige Ines à regarder sa propre vie autrement.

Comment aimer sa famille sans s’effacer ? Comment rester fidèle à ses origines sans renoncer à ses propres choix ? Ce sont les questions qui traversent le parcours de l’héroïne.

Ines n’est pas une figure idéale. Elle doute, elle se protège, elle porte ses contradictions. Cette complexité donne au personnage toute sa force. Amel Bedoui refuse les portraits simplifiés : son héroïne est une femme avec ses fragilités, ses blessures et ses tentatives de reconstruction.

Le roman raconte ainsi une émancipation progressive. Choisir sa propre trajectoire ne signifie pas abandonner les siens. C’est accepter de vivre pleinement sans rester prisonnier des attentes héritées.

Une famille racontée par plusieurs voix

La construction du récit repose sur une pluralité de voix. Autour d’Ines apparaissent Selim, son ancien amour, Doussa, son amie, ainsi que Tata Leïla et Tante Warda.

Cette narration multiple permet de dépasser le simple récit individuel. Le deuil devient une expérience familiale, liée aux histoires transmises, aux secrets gardés et aux blessures jamais totalement refermées.

Chaque personnage apporte un éclairage différent. Amel Bedoui ne cherche pas à désigner des responsables, mais à comprendre la complexité des relations humaines.

Les personnages féminins occupent une place essentielle. À travers elles se dessinent différentes façons de résister, de survivre et de chercher une forme de liberté.

Le regard de psychiatre d’Amel Bedoui imprègne son écriture. Elle observe avec précision les émotions enfouies, les mécanismes de défense et les fragilités intérieures.

Mais ‘‘En instance de deuil’’ n’est jamais une démonstration psychologique. La romancière privilégie la littérature, les silences, les souvenirs fragmentés et les détails du quotidien.

Son style, à la fois sobre et précis, évite le pathos. L’émotion naît des situations elles-mêmes, de ce qui est dit mais aussi de ce qui demeure caché.

Entre Tunis et Montréal, une quête d’équilibre

À travers Ines, Amel Bedoui explore également la question de l’exil intérieur.

Entre Tunis et Montréal, entre passé et avenir, l’héroïne cherche non pas à choisir un territoire contre un autre, mais à accepter toutes les dimensions de son identité.

Le roman rappelle qu’un départ n’est pas forcément un abandon et qu’aimer ses origines n’empêche pas de construire son propre chemin.

Avec ‘‘En instance de deuil’’, Amel Bedoui confirme une voix singulière dans la littérature tunisienne contemporaine. Elle choisit l’intime pour parler du collectif, l’histoire d’une femme pour questionner la mémoire des familles et la place des femmes dans la société.

C’est un roman sur la perte, mais surtout sur la capacité à renaître après les blessures.

Une histoire où une femme cesse progressivement de porter uniquement l’héritage des autres pour commencer enfin à écrire le sien.

Amel Bedoui est née en 1981 au Maroc. Psychiatre franco-tunisienne exerçant à Paris, elle est également musicienne et passionnée de littérature (arabe et française). ‘‘En instance de deuil’’ est son deuxième roman après ‘‘Sonate d’une âme perdue’’.

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Le Centre des Arts de Djerba | Fadhel Jaziri et l’épreuve de la mémoire

14. Juli 2026 um 07:27

Une visite qui serre le cœur : un an après la disparition de Fadhel Jaziri, nous avons voulu revenir au Centre des Arts de Djerba. Non par curiosité, mais par devoir de mémoire. Car certains lieux ne sont pas de simples bâtiments : ils sont les témoins d’une aventure humaine, intellectuelle et artistique. Ils incarnent une vision, une volonté, une espérance. (Photo : Centre des Arts de Djerba, situé entre Guellala et Sedouikech au sud-est de l’île, avec des espaces couverts de 7000 m2).

Abdelhamid Larguèche *

En parcourant aujourd’hui ce vaste ensemble, le silence s’impose. Les espaces conçus pour accueillir les artistes, les spectacles, les résidences de création et les rencontres internationales semblent suspendus dans une attente interminable. Le visiteur ne peut s’empêcher d’éprouver une profonde émotion devant ce qui apparaît comme une œuvre inachevée, ou plus exactement une œuvre privée de vie.

Cette visite est d’abord un hommage. Un hommage à celui qui rêva ce lieu pendant des années et qui ne put véritablement le voir vivre.

L’ultime rêve d’un créateur

Fadhel Jaziri n’était pas seulement un metteur en scène de génie. Il appartenait à cette génération de créateurs qui considéraient la culture comme une responsabilité nationale.

Ses spectacles ont profondément renouvelé le théâtre tunisien, ouvert des chemins nouveaux entre patrimoine et modernité, entre mémoire populaire et création contemporaine. Son œuvre a toujours dépassé la scène : elle portait une réflexion sur l’identité tunisienne, sur la liberté de création et sur la place de l’art dans la cité.

Le Centre des Arts de Djerba fut probablement son projet le plus ambitieux. Il y investit des années de travail, d’énergie, de persuasion et d’engagement personnel. Ce centre est le fruit de sa sueur, de ses combats et de son obstination. Il ne cherchait pas à ériger un monument à sa propre gloire, mais à offrir à la Tunisie un équipement culturel capable de dialoguer avec les plus grandes institutions artistiques de la Méditerranée.

Conférence de presse de Fadhel Jaziri, le 26 octobre 2022, à la Cité de la culture de Tunis, pour présenter son projet de Centre des Arts de Djerba.

Quand le rêve rencontre les controverses

Mais les grandes ambitions rencontrent souvent les grandes résistances. Avant même son ouverture, le Centre des Arts se trouva au cœur de controverses liées notamment à son implantation dans un périmètre relevant du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Des associations de la société civile exprimèrent leurs inquiétudes et engagèrent diverses actions, tandis que plusieurs procédures furent ouvertes.

Il n’appartient pas ici de revenir sur le fond de ces différends, qui relèvent des juridictions compétentes et des autorités concernées.
En revanche, nul ne peut ignorer le coût humain de cette longue période d’incertitude. Celui qui avait consacré une partie de sa vie à construire ce projet dut aussi consacrer une énergie considérable à le défendre.

L’histoire culturelle est souvent faite de ces paradoxes : les créateurs doivent parfois lutter davantage contre les obstacles administratifs que contre les difficultés de la création elle-même.

Après la disparition de l’homme, le silence des institutions

La disparition de Fadhel Jaziri aurait pu ouvrir un temps de rassemblement autour de son héritage. On pouvait espérer que son Centre devienne un lieu vivant, habité par les artistes, les chercheurs, les étudiants et le public. Un lieu où l’on poursuivrait son œuvre en lui donnant une dimension collective.

Force est pourtant de constater qu’un sentiment d’abandon s’installe. Un équipement culturel ne se résume pas à une architecture, aussi remarquable soit-elle. Sans programmation, sans gouvernance, sans moyens humains et financiers, un centre d’art cesse progressivement d’être un lieu de création pour devenir un simple bâtiment.
L’abandon est rarement spectaculaire. Il commence par quelques portes closes, quelques activités annulées, quelques budgets différés. Puis viennent le silence, le vieillissement des équipements et, finalement, l’oubli.

Le cas du Centre des Arts de Djerba dépasse largement le destin d’un établissement. Il pose une question fondamentale : quelle place la Tunisie accorde-t-elle à la culture ?

Depuis plusieurs décennies, notre pays inaugure des institutions culturelles avec enthousiasme, puis peine à assurer leur fonctionnement durable. Les annonces sont nombreuses ; les politiques publiques de long terme beaucoup moins. Or la culture ne peut vivre au rythme des seules cérémonies d’inauguration. Elle exige une vision, une continuité administrative, des financements stables et une volonté politique qui dépasse les alternances gouvernementales. Faute de cela, les bâtiments deviennent les monuments silencieux de promesses inachevées.

Fadhel Jaziri présentant son projet à l’ancienne cheffe de gouvernement Najla Bouden, le 23 juin 2023, en présence de la ministre des Affaires culturelles Hayet Ketat Guermazi.

Préserver un héritage national

Le Centre des Arts de Djerba n’appartient plus uniquement à son fondateur. Il appartient désormais à la mémoire culturelle de la Tunisie. Le faire vivre constituerait le plus bel hommage que la nation puisse rendre à Fadhel Jaziri. Ce serait reconnaître que les grandes œuvres ne meurent pas avec ceux qui les ont imaginées.

À l’inverse, laisser ce lieu s’enfoncer dans l’inactivité reviendrait à perdre bien davantage qu’un investissement matériel. Ce serait renoncer à une certaine idée de la culture comme bien commun.

L’avenir du Centre des Arts de Djerba concerne les pouvoirs publics, les collectivités locales, les institutions culturelles, les artistes et la société civile.

Il est encore temps d’imaginer une gouvernance renouvelée, respectueuse à la fois des exigences de protection du patrimoine mondial, des impératifs juridiques et de la vocation artistique du lieu. Il est encore temps de transformer une controverse en réussite collective. Car un pays se juge aussi à la manière dont il traite les œuvres de ses créateurs après leur disparition.

Pour que le silence ne soit pas le dernier mot

En quittant le Centre des Arts, une pensée s’impose. Les pierres attendent. Elles attendent les artistes, les étudiants, les musiciens, les metteurs en scène, les visiteurs. Elles attendent que l’intelligence, la beauté et la création reprennent possession de ces espaces.
Un an après la disparition de Fadhel Jaziri, il ne suffit plus d’évoquer son souvenir dans les discours commémoratifs. Le véritable hommage consiste à sauver son dernier grand rêve.

Laisser ce lieu s’éteindre serait une défaite pour la culture tunisienne. Le faire revivre serait, au contraire, une victoire de la mémoire sur l’oubli, de la création sur l’indifférence et de l’avenir sur le renoncement.

* Professeur émérite d’histoire, Conseiller en patrimoine. Ancien membre du Comité du Patrimoine Mondial à l’Unesco.

Un théâtre de plein air de 3000 places face à la mer.

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