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Cybersécurité : l’alerte rouge sur la manipulation algorithmique

27. Juni 2026 um 21:22

« L’intelligence artificielle (IA) n’est plus un simple outil d’assistance, mais un véritable phénomène de manipulation cognitive et comportementale à l’échelle mondiale », estime l’expert en cybersécurité et en IA, Oussama Lahmar. De ce fait, il appelle à l’instauration de la « résistance cognitive » face aux algorithmes, soulignant l’urgence de combler le retard législatif tunisien en la matière, un constat récemment corroboré par l’UNESCO, rapporte l’agence TAP.

Lors de la présentation d’une étude intitulée « L’intelligence artificielle, la drogue numérique qui vole nos esprits », l’expert a mis en garde contre la transformation de l’IA d’un outil technique en un « guide invisible » orientant aussi bien rationnellement qu’émotionnellement les comportements humains.

Le véritable danger, selon lui, réside dans la fragilité structurelle de ces systèmes : les statistiques récentes en cybersécurité révèlent que 73 % des grands modèles de langage (LLM) sont vulnérables aux « injections d’instructions » (prompt injection). Cette faille permet d’orienter délibérément les résultats présentés à l’utilisateur, ouvrant la voie à de nouveaux crimes numériques et à la manipulation de l’opinion publique sans trace humaine visible.

Tout utilisateur est un livre ouvert

L’expert a détaillé un modèle de manipulation en quatre étapes observables : la fascination, l’attraction, la conviction et enfin la manipulation. Face à l’accumulation de données comportementales qui transforme chaque utilisateur en un « livre ouvert » pour les algorithmes, Lahmar a estimé que l’avenir divisera l’humanité en deux catégories : « ceux qui contrôlent la technologie et ceux qui sont contrôlés par elle ».

Pour y échapper, il a écarté l’option du rejet technologique, lui préférant le développement d’une pensée critique et d’une formation technique approfondie. Il a plaidé pour l’adoption d’une charte encadrant une utilisation consciente de l’IA, incluant des législations strictes pour protéger les données psychologiques des citoyens et les catégories vulnérables (les enfants et les personnes âgées) contre les diagnostics et les orientations algorithmiques arbitraires.

Cet appel à la régulation fait écho aux conclusions d’une étude de l’UNESCO sur l’écosystème de l’IA en Tunisie, dont les résultats préliminaires ont été présentés en décembre 2025.

Selon Hichem Besbes, expert en télécommunications ayant participé à ces travaux, la Tunisie accuse un retard législatif par rapport aux normes internationales. Le diagnostic souligne la nécessité impérative de renforcer le système national de protection et de stockage des données, tout en valorisant les compétences locales.

Le pays affiche néanmoins des points positifs, notamment un engouement croissant des étudiants pour les filières technologiques, une hausse du volume des publications scientifiques spécialisées et une amélioration de la connectivité Internet.

Pour accompagner cette transition et combler les lacunes, le bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb prévoit d’élaborer, dès cette année 2026, un ensemble de programmes en Tunisie, toujours selon la TAP.

Son directeur, Charaf Ahmimed, a indiqué que ces initiatives incluront des sessions de formation à l’intention des enseignants de la formation professionnelle et des jeunes diplômés, visant à développer leurs compétences pour un usage sûr, éthique et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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Prêts conditionnels de la BM pour sauver la STEG

27. Juni 2026 um 21:06

Les dettes de la STEG ont atteint 7,356 milliards de dinars au 23 juin 2026, tandis que ses créances impayées s’élèvent à 6,061 milliards. Pour enrayer cette spirale, l’entreprise sollicite deux prêts de la Banque mondiale, conditionnés à des réformes.

Auditionnés le 24 juin par l’ARP, des responsables de la STEG ont présenté deux accords de garantie : 384,8 millions d’euros (1,27 milliard de dinars) avec la BIRD, et 30 millions de dollars (87 millions de dinars) via le Fonds pour les technologies propres. Ces financements s’inscrivent dans un contrat-programme État-STEG (2024-2028) liant les décaissements à des résultats précis.

La situation financière de la STEG est critique : les tarifs appliqués ne couvrent pas les coûts de production. En 2025, l’électricité était vendue à 290,7 millimes/kWh contre un coût de 456,3 millimes. Le gaz, lui, était cédé à 647,4 dinars/tep pour un coût de 1 497,7 dinars. Plus de 95 % de l’électricité tunisienne dépend du gaz naturel, dont le coût représente 72 % de la production électrique.

Le contrat-programme fixe des objectifs ambitieux : 27 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2028 (35 % en 2030), une réduction de 23 % du coût d’approvisionnement, et 2,8 milliards de dollars d’investissements privés. Déjà, 500 MW de contrats renouvelables ont été signés et 262 MW mis en service en 2025-2026.

Les députés ont interrogé le gouvernement sur l’impact de ces emprunts sur la dette publique et la lutte contre les pertes énergétiques (19,7 %, dont une part due aux branchements illégaux). La commission des finances a décidé de poursuivre l’examen des textes en attendant le contrat-programme complet.

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La Chine mise sur le vert sans lâcher le charbon

27. Juni 2026 um 16:37

La Chine entend accorder davantage de place au charbon dans son prochain plan énergétique quinquennal (2026-2030), tout en maintenant ses ambitions de transition vers les énergies renouvelables. 

Ce nouvel arbitrage place clairement la sécurité énergétique au cœur de la stratégie nationale, dans un contexte marqué par des tensions sur les marchés mondiaux, des fluctuations de la demande et la nécessité de garantir l’approvisionnement industriel du pays.

Le plan quinquennal 2026-2030 réaffirme les objectifs climatiques de long terme de la Chine, notamment le pic des émissions de CO₂ avant 2030 et la neutralité carbone à l’horizon 2060. Il prévoit également la mise en place d’un système énergétique « propre, bas carbone, sûr et efficace » d’ici 2030, avec une montée en puissance continue des énergies non fossiles.

Le charbon reste un pilier de stabilité

Malgré cette trajectoire, le charbon conserve un rôle central dans la stratégie énergétique chinoise. Pékin insiste sur son importance pour la stabilité du réseau électrique et la sécurité d’approvisionnement. Les autorités mettent en avant une approche dite de « transformation optimisée » du charbon, plutôt qu’un retrait rapide, afin d’éviter des risques de pénurie ou de déséquilibre du système électrique.

Cette orientation s’inscrit dans une tendance déjà observée ces dernières années : la Chine continue de développer simultanément ses capacités renouvelables et ses infrastructures charbonnières, dans une logique de double sécurité. Le plan quinquennal insiste sur la nécessité de renforcer la résilience du système électrique, notamment par l’amélioration des capacités de stockage, des réseaux de transport et de la gestion de la demande… Cette architecture vise à réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures et à limiter les vulnérabilités liées aux chocs extérieurs.

Une tension persistante entre climat et sécurité

Ce nouveau cadrage illustre l’équilibre délicat auquel fait face Pékin : accélérer la transition énergétique tout en garantissant la stabilité économique et industrielle d’un pays encore fortement dépendant des combustibles fossiles. Si la Chine demeure le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables, elle continue parallèlement à autoriser de nouvelles capacités de production à base de charbon, dans une logique de flexibilité du système.

Le plan 2026-2030 confirme ainsi une approche pragmatique : la décarbonation progresse, mais elle reste subordonnée à l’impératif de sécurité énergétique et de stabilité du développement économique.

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Washington autorise un accès contrôlé au modèle d’IA Mythos 5 d’Anthropic

27. Juni 2026 um 15:52

Le gouvernement américain a décidé, vendredi 26 juin, de lever partiellement les restrictions imposées au modèle d’intelligence artificielle, Claude Mythos 5, développé par la société Anthropic. Il autorise sa mise à disposition auprès de plus de 100 institutions américaines, incluant de grandes entreprises privées et plusieurs agences gouvernementales.

Cette décision marque un infléchissement notable de la position de l’administration américaine, qui avait bloqué il y a deux semaines l’accès au modèle, invoquant des préoccupations liées à sa puissance et à ses usages potentiellement détournés.

Selon une lettre adressée à Anthropic, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a indiqué avoir estimé que « des garanties appropriées » étaient désormais en place pour permettre un accès contrôlé au modèle.

Dans le cadre de cet accord, les restrictions d’exportation sont assouplies : aucune licence ne sera désormais requise pour transférer ou utiliser le modèle Claude Mythos 5 au sein des entités listées en annexe, y compris leurs employés étrangers, ainsi que certains employés étrangers d’Anthropic.

Un contrôle renforcé mais un accès élargi

Le gouvernement précise toutefois que l’ouverture reste strictement encadrée et réservée à des partenaires identifiés comme « de confiance ». L’objectif affiché est de concilier innovation technologique et contrôle des risques liés aux modèles d’IA avancés.

Le modèle Mythos 5 avait été suspendu, ainsi que sa version allégée Fable 5, après des alertes émises par Amazon et d’autres acteurs technologiques concernant un risque de détournement à des fins malveillantes.

Cette décision intervient le jour même où le concurrent direct d’Anthropic, OpenAI, a annoncé le déploiement de son nouveau modèle GPT-5.6, accessible à un nombre limité de partenaires agréés par le gouvernement américain.

Cette synchronisation souligne l’intensification de la compétition entre les principaux acteurs de l’intelligence artificielle de pointe, dans un contexte où la régulation devient un facteur stratégique au même titre que la performance technique.

Vers une nouvelle gouvernance des modèles d’IA avancés

En arrière-plan, cette séquence illustre l’émergence d’un modèle de gouvernance hybride, dans lequel l’État américain intervient directement dans la diffusion des modèles les plus puissants, en coordination étroite avec les entreprises du secteur.

Anthropic s’est engagée à coopérer avec les autorités américaines sur les protocoles, les normes et les futures versions de ses modèles, renforçant ainsi l’idée d’un encadrement structurel de l’IA de pointe.

Cette évolution confirme que les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés ne sont plus seulement des produits technologiques, mais des actifs stratégiques soumis à des arbitrages politiques et sécuritaires.

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Agroalimentaire : la Tunisie accélère sa percée au Ghana

27. Juni 2026 um 13:11

Quatre entreprises exportatrices tunisiennes du secteur agroalimentaire ont mené une mission commerciale à Accra (Ghana). Selon un communiqué publié samedi par le Centre de promotion des exportations (CEPEX), cette opération « Door-to-Door » a permis d’établir des contacts d’affaires directs avec des importateurs, distributeurs et opérateurs économiques ghanéens.

La délégation tunisienne a présenté une offre comprenant de l’huile d’olive, des dattes et leurs dérivés, des pâtes alimentaires, du couscous, des biscuits, des boissons ainsi que des conserves de poisson et de légumes. Parallèlement aux rencontres B2B, les participants ont visité des enseignes de distribution moderne, des marchés de gros et des circuits traditionnels afin d’étudier les spécificités du marché local.

Cette mission s’inscrit dans la stratégie du CEPEX d’accompagner l’implantation des entreprises tunisiennes sur les marchés africains, le marché ghanéen du détail alimentaire étant estimé à 33,2 milliards de dollars.

Actuellement, le Ghana est le 11ᵉ client subsaharien de la Tunisie. Les exportations tunisiennes vers ce pays ont augmenté de 64 % au cours des cinq premiers mois de 2026. Selon les estimations, le potentiel d’exportation non exploité de la Tunisie vers le Ghana s’élève à plus de 20 millions de dollars. Ce gisement concerne l’agroalimentaire (conserves de sardines, pâtes, double concentré de tomate, margarine) et plusieurs produits industriels (conducteurs électriques, compteurs d’électricité, superphosphates et ciment).

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Une première en Méditerranée : la Tunisie lance à Djerba un bateau 100 % solaire

27. Juni 2026 um 13:10

La Tunisie franchit un cap majeur dans la transition énergétique et la protection des écosystèmes marins. Le 29 juin 2026, à Ajim sur l’île de Djerba, le WWF Afrique du Nord organisera une démonstration inédite : la première sortie en mer d’un petit bateau de pêche entièrement propulsé par un système électrique alimenté par énergie solaire.

Cette initiative s’inscrit dans un projet plus large intitulé « Décarboner la petite pêche en Tunisie : promouvoir les énergies propres pour des communautés côtières durables », financé par le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) du Royaume-Uni. Elle vise à accélérer l’adoption de solutions énergétiques propres dans le secteur de la pêche artisanale, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant les conditions de vie des pêcheurs.

La démonstration mettra en œuvre un dispositif intégré combinant trois éléments clés : un moteur de propulsion électrique adapté à la pêche côtière artisanale, une batterie rechargeable assurant l’autonomie des sorties en mer, et une station de recharge photovoltaïque alimentée par énergie solaire. Cette dernière sera mise à disposition des Groupements de Développement de la Pêche de Ghannouch (gouvernorat de Gabès) et d’Ajim (gouvernorat de Médenine).

Ajim a été choisie pour accueillir cette première expérimentation en raison de la vitalité de sa communauté de pêcheurs, de l’engagement des acteurs locaux dans la transition énergétique et d’un potentiel solaire particulièrement élevé.

Une avancée inédite pour la pêche artisanale tunisienne

Il s’agit de la première démonstration opérationnelle en Tunisie d’un système de propulsion électrique solaire appliqué à un bateau de pêche artisanale. Une innovation qui apporte la preuve concrète qu’une alternative fiable, durable et économiquement viable aux moteurs thermiques traditionnels est désormais possible.

Au-delà de la dimension nationale, ce projet place la Tunisie parmi les pays pionniers en Méditerranée dans la décarbonation de la petite pêche. Il ouvre la voie à de nouvelles approches conciliant protection des milieux marins, lutte contre le changement climatique et développement d’une économie bleue durable.

Les retombées attendues sont importantes. Sur le plan économique, la réduction des dépenses liées au carburant constitue un levier direct d’amélioration des revenus des pêcheurs. Sur le plan environnemental, le projet contribuera à la diminution des émissions de CO₂, à l’amélioration de la qualité de l’air dans les zones côtières et à la réduction de la pollution marine liée aux hydrocarbures.

Il permettra également de limiter les nuisances sonores sous-marines générées par les moteurs thermiques, un facteur souvent négligé mais crucial pour les écosystèmes marins. Enfin, l’initiative devrait renforcer la résilience économique des communautés côtières et offrir un modèle reproductible à l’échelle nationale et méditerranéenne.

Une étape structurante pour la transition énergétique du secteur

Déployé sur douze mois dans le golfe de Gabès, le projet vise à démontrer la viabilité technique et économique des technologies propres dans la pêche artisanale. Il ambitionne également de développer des mécanismes de financement innovants pour faciliter leur diffusion à plus grande échelle.

Parmi les principaux résultats attendus figurent l’équipement de huit embarcations de pêche avec des systèmes de propulsion électrique solaire, le renforcement des capacités de plus d’une centaine de pêcheurs et d’acteurs institutionnels, ainsi que la production d’études techniques et économiques accompagnées de recommandations politiques pour soutenir la stratégie nationale de transition énergétique du secteur.

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