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Mehdi Bach Hamba prend les rênes de la SICAV SECURITY

09. Juni 2026 um 15:19

Mehdi Bach Hamba a été officiellement nommé directeur général de la société d’investissement à capital variable SICAV SECURITY. Il succède ainsi à Karim Abdelkefi.

Cette nomination découle d’une décision du conseil d’administration de SICAV SECURITY, qui s’est réuni le 29 mai 2025. L’information a été publiée sur le site du CMF le 8 juin 2026.

Parallèlement à l’arrivée de M. Bach Hamba à la direction générale, le conseil d’administration a également entériné la nomination de Hajer Gabsi au poste de présidente du conseil d’administration, en remplacement de Raouf Negra.

Le profil du nouveau dirigeant

Outre ses nouvelles fonctions au sein de la SICAV, Mehdi Bach Hamba occupe le poste de directeur général de la société UNION CAPITAL. Il prend également la présidence du comité de gestion réorganisé de la SICAV SECURITY, aux côtés de cadres issus d’UNION CAPITAL et de la salle des marchés de l’UBCI.

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Tunis El Manar brille à l’international grâce à la durabilité et la cybersécurité

09. Juni 2026 um 13:58

Deux enseignantes-chercheuses de l’Université de Tunis El Manar se sont distinguées à l’échelle internationale en 2026 pour leurs contributions respectives à l’innovation pédagogique et à la cybersécurité. L’institution universitaire tunisienne a officialisé l’annonce en saluant les parcours de la docteure Sawssen Turki et de la docteure Nihel Ben Youssef.

La docteure Sawssen Turki, qui exerce en tant que maître-assistant à l’Institut Supérieur des Technologies Médicales de Tunis, a obtenu le Prix Jean Demal de l’innovation pédagogique 2026. Cette récompense internationale vient couronner ses travaux académiques centrés sur l’intégration des concepts de développement durable et de durabilité au sein des programmes de formation des ingénieurs.

Dans un domaine différent, la docteure Nihel Ben Youssef, maître-assistant à l’Institut Supérieur d’Informatique, a été nommée finaliste du prix mondial Cybersecurity Woman of the Year 2026, dans la catégorie récompensant le volontariat. Cette nomination internationale met en avant ses activités bénévoles ainsi que son rôle dans le développement et la structuration de la communauté des professionnels de la cybersécurité.

Pour la direction de l’Université de Tunis El Manar, ces résultats individuels s’intègrent dans la politique globale de l’établissement. La gouvernance de l’université associe ces distinctions à ses objectifs d’employabilité des étudiants et d’impact sociétal, en conformité avec le quatrième Objectif de développement durable de l’ONU dédié à la qualité de l’éducation.

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Ridha Chkoundali : « La politique monétaire seule ne suffira pas face à l’inflation »

09. Juni 2026 um 13:09

Le taux d’inflation annuel en Tunisie est resté stable en mai 2026 à 5,5 %, un niveau identique à celui d’avril. Sur les cinq premiers mois de l’année, l’inflation atteint 5,2 %, en léger repli par rapport aux 5,7 % enregistrés sur la même période en 2025. Toutefois, cette stabilité masque une inversion de tendance : après une phase de ralentissement, l’inflation repart à la hausse, passant de 4,8 % en janvier 2026 à 5,5 % en mai, sous l’effet conjugué de tensions internes et externes.

 
Dans un post publié sur son compte officiel du réseau social Facebook, l’économiste Ridha Chkoundali souligne que le contexte inflationniste s’est modifié. Alors qu’en 2025 l’inflation avait reculé de 6 % en janvier à 5,4 % en mai, l’année 2026 enregistre une progression continue. Cette dynamique est alimentée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui laisse présager de nouvelles hausses des prix, notamment pour les produits alimentaires et agricoles. L’augmentation du prix de l’énergie et des engrais, ainsi que la dépendance aux importations d’ammoniac transitant par le détroit d’Ormuz, pèsent sur les coûts de production.

Les produits de première nécessité enregistrent des hausses sensibles en mai 2026 : les viandes progressent de 18,2 %, les fruits de 11 %, les poissons de 10,6 %, les légumes de 9 %. Les biens non alimentaires ne sont pas épargnés : les vêtements augmentent de 9,6 %, les chaussures de 9 %, les loisirs et la culture de 6,5 %. Les frais d’éducation préscolaire et primaire s’élèvent de 6,7 %, ceux du secondaire de 6,3 %. Les services hôteliers bondissent de 15,6 %, rendant particulièrement coûteux tout recours à ces prestations en période estivale.

L’analyse sur les cinq premiers mois cumulés, comparée à la même période de 2025, confirme une accélération des prix pour les viandes (de 13,8 % à 14,9 %), les fruits (de 13,9 % à 15,6 %), l’éducation préscolaire et primaire (de 4 % à 6,7 %) ainsi que les services hôteliers (de 8,5 % à 13,6 %). Ces évolutions indiquent une poursuite attendue de la hausse, à défaut de mesures correctrices.

Sur une période longue de onze ans, de mai 2015 à mai 2026, les prix ont augmenté de 96 % en moyenne. Un bien à dix dinars en 2015 en vaut désormais vingt. Cette hausse s’est accentuée lors des cinq dernières années (+41 %) par rapport à la période 2015-2021 (+39 %). Durant les cinq premières années, les ménages pouvaient recourir au crédit bancaire ou au paiement échelonné. Depuis 2021, avec la nouvelle loi sur les chèques et le resserrement de la politique monétaire, ces options sont devenues moins accessibles, rendant l’inflation plus douloureuse.

L’impact sur le pouvoir d’achat est particulièrement visible sur les produits de base. Le prix de la viande d’agneau, par exemple, a grimpé de 188 % en onze ans, passant de 27 dinars le kilo en mai 2015 à 40 dinars en mai 2021, puis à 65 dinars en mai 2026. Les fruits ont augmenté de 163 % sur la même période : un kilo d’abricots vendu 2,5 dinars en 2015 valait 4 dinars en 2021, contre environ 7 dinars en 2026.

Face à cette trajectoire ascendante, la Banque centrale de Tunisie observe une position prudente. Elle a renoncé à réduire son taux directeur et n’exclut pas de l’augmenter lors de ses prochaines réunions. L’économiste Ridha Chkoundali relativise cette approche : l’inflation actuelle ne provient pas d’une surchauffe de la consommation des ménages, mais d’une offre insuffisante, d’un climat des affaires peu incitatif à l’investissement, ainsi que des emprunts excessifs de l’État à des fins essentiellement consommatrices. Il s’y ajoute une inflation importée liée aux tensions géopolitiques, notamment pour les engrais.

L’analyse des données de mai 2026 fait apparaître plusieurs évolutions structurelles. La stabilité de l’inflation générale cache une résurgence de l’inflation alimentaire, plus pénalisante pour les ménages tunisiens, en particulier les classes moyennes et modestes, chez qui la part des dépenses alimentaires dépasse le poids de ce poste dans la statistique officielle. L’inflation reste avant tout portée par les coûts de production, la faiblesse de l’offre locale, les problèmes d’approvisionnement et les perturbations du commerce international. Les hausses des prix des viandes, des poissons, des fruits et des légumes ne relèvent plus seulement de facteurs saisonniers mais de causes structurelles : cherté des aliments pour bétail, réduction du cheptel, sécheresse, coût de l’irrigation et de la main-d’œuvre, ainsi que problèmes de distribution.

Par ailleurs, l’inflation des services s’accélère, avec des hausses du loyer (5,7 %), des loisirs (6,5 %), de l’éducation de base (6,7 %) et des services hôteliers (15,9 %). Ce phénomène est plus difficile à inverser, car les services sont sensibles aux salaires, aux coûts d’exploitation et à la fiscalité.

L’écart entre la hausse des prix (+96 % depuis 2015) et l’évolution des salaires, qui n’a pas suivi le même rythme, explique le sentiment de dégradation du pouvoir d’achat, bien au-delà de ce qu’indique un taux d’inflation officiel de 5,5 %.

Pour le second semestre de 2026, un risque supplémentaire apparaît. La poursuite du conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer trois chocs simultanés : hausse des prix du pétrole, renchérissement des engrais et de l’ammoniac, ainsi que l’augmentation mondiale des céréales et aliments pour bétail. Dans ce cas, l’inflation importée menacerait de l’emporter sur les facteurs internes.

Les indicateurs de mai 2026 indiquent ainsi non seulement un niveau d’inflation élevé, mais un changement de sa nature : retour à une tendance haussière après une année de baisse, concentration sur les produits alimentaires essentiels, ancrage accru de l’inflation des services, causes devenues structurelles, incapacité de la seule politique monétaire à y remédier et vulnérabilité aux tensions géopolitiques.

Au final, le défi pour les autorités tunisiennes ne consiste plus simplement à réduire l’inflation, mais à relancer la production et l’investissement pour améliorer l’offre locale. Faute de quoi l’inflation risque de s’installer durablement au-dessus de 5 %.

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Magasin Général dégage 5,27 millions de dinars de bénéfice

09. Juni 2026 um 12:06

Magasin Général a renoué avec les bénéfices en 2025, enregistrant un résultat net de 5,27 millions de dinars; contre une perte de 3,74 millions l’année précédente. La société est portée par une hausse de ses revenus et une baisse de ses charges financières.

La compagnie de grande distribution, qui compte un réseau de 104 points de vente à la fin de l’année 2025, soumettra ses indicateurs financiers à l’approbation de son Assemblée générale ordinaire prévue le 19 juin 2026.

Le chiffre d’affaires global de l’entreprise a progressé pour atteindre 1,199 milliard de dinars contre 1,079 milliard en 2024. Ce qui représente une augmentation de près de 120 millions de dinars. Les ventes de marchandises constituent l’essentiel de ces produits avec une contribution de 1,161 milliard de dinars sur la période.

De son côté, la performance opérationnelle affiche une dynamique similaire puisque le résultat d’exploitation s’est établi à 15,20 millions de dinars en 2025. Soit en hausse par rapport aux 10,16 millions enregistrés au cours de l’exercice précédent. Cette amélioration intervient malgré une augmentation des charges de personnel, passées de 84,22 millions de dinars à 93,92 millions de dinars. Et ce, sous l’effet notamment de la hausse des effectifs consécutive à l’entrée en vigueur de la loi portant interdiction de la sous-traitance.

Ainsi, le redressement financier s’explique principalement par l’allègement des charges financières nettes. Lesquelles ont chuté de 14,44 millions de dinars en 2024 à 5,10 millions de dinars en 2025. D’ailleurs, la direction attribue cette baisse de plus de 9 millions de dinars à la non-obtention de nouveaux crédits ainsi qu’à l’impact positif de l’augmentation de capital réalisée en 2023, qui a permis d’optimiser la trésorerie et de réduire les intérêts liés aux comptes courants et aux dépôts

Au bilan, les capitaux propres de la société s’élèvent à 87,98 millions de dinars après imputation du résultat, contre 82,27 millions de dinars fin 2024. Le total des actifs se stabilise à 710,16 millions de dinars. Tandis que le résultat de base par action repasse en territoire positif à 0,334 dinar; contre une valeur négative de 0,237 dinar un an plus tôt.

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Claude : l’IA qui a creusé un trou de 500 millions $ dans une entreprise

09. Juni 2026 um 10:58

Cinq cents millions de dollars. C’est le montant qu’une entreprise, dont l’identité n’a pas été divulguée, aurait découvert sur sa facture mensuelle après avoir déployé Claude sans aucune restriction d’usage auprès de ses équipes. L’information, révélée par un consultant spécialisé en intelligence artificielle, illustre avec une brutalité rare ce qui arrive lorsque des outils de calcul sont mis entre n’importe quelles mains sans contrôle budgétaire préalable.  

À l’origine du dérapage : une omission en apparence bénigne. Les responsables n’auraient défini aucun seuil maximal sur les accès accordés aux collaborateurs. Sans plafond, chaque salarié a pu solliciter le système à sa guise, sans limite de fréquence ni de volume.

Résultat : en trente jours, la note a atteint des proportions que beaucoup auraient jugées impossibles. L’ardoise se monterait à 1 demi-milliard de dollars.

Ce cas extrême traduit pourtant une dynamique bien documentée dans le secteur. Nombreuses sont les organisations qui encouragent actuellement leurs effectifs à recourir massivement à l’IA. Cette incitation s’est même dotée d’un terme technique : le tokenmaxxing, soit la course à la consommation maximale de jetons de calcul.

La pression exercée sur les employés les pousse à multiplier les requêtes, souvent sans réflexion sur leur pertinence ni sur leur coût.

Chefs d’entreprise, soyez prudents en souscrivant à une licence pour l’intégration de l’IA dans votre entreprise.

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ESG 2025 : Carthage Cement reste muette sur son empreinte carbone et sa consommation d’eau

09. Juni 2026 um 10:02

Carthage Cement, premier cimentier coté en Tunisie, a publié son rapport de durabilité 2025. Il s’agit de son premier exercice de reporting extra-financier. Le document couvre l’ensemble de ses sites. Il inclut la carrière et la cimenterie de Jebel Ressas, la centrale à béton de Bir El Kassaa, ainsi que le siège social. L’entreprise a établi ce rapport selon le guide ESG de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT).

 La consommation énergétique totale a atteint 5 304 115 gigajoules (GJ) en 2025. En effet, ce chiffre marque une baisse de 12,16 % par rapport aux 6 038 176 GJ enregistrés en 2024.

Cette diminution se décompose en deux postes. D’une part, la consommation thermique a baissé de 12,49 % (de 5 389 186 GJ à 4 716 235 GJ). D’autre part, la consommation électrique a reculé de 9,42 % (de 648 990 GJ à 587 881 GJ). Le mix énergétique repose sur quatre sources : le petcoke, le gaz naturel, le gasoil et l’électricité.

Par ailleurs, le volume extrait est passé de 4 623 626 tonnes en 2024 à 4 088 559 tonnes en 2025. Cela représente une baisse de 11,6 %. L’efficacité de production atteint 1,5 tonne de matières premières par tonne de ciment produite.

Cependant, le rapport ne publie aucune donnée chiffrée sur les émissions de CO₂. L’entreprise développe actuellement un système de mesure des gaz à effet de serre. Néanmoins, elle ne chiffre pas non plus les niveaux d’émissions de poussières (PM), d’oxydes d’azote (NOx) ni d’oxydes de soufre (SOx). La production de déchets atteint 361 tonnes en 2025. Ce total comprend 343 tonnes de déchets non dangereux et 18 tonnes de déchets dangereux. Ces derniers représentent 5 % du total. Actuellement, les déchets dangereux sont stockés en attendant des opérateurs autorisés. 

Pourtant, le rapport ne fournit aucune donnée sur la consommation ou le recyclage de l’eau. L’entreprise a identifié cet enjeu comme prioritaire pour sa feuille de route 2026-2028.

L’intégration des ex-sous-traitants fait bondir les effectifs

L’effectif total a progressé de 23 % en un an. Carthage Cement comptait 726 salariés en décembre 2024. Ce chiffre est passé à 892 en décembre 2025. Cette évolution s’explique principalement par l’intégration de 172 agents de sous-traitance. En effet, la loi n°9-2025 du 21 mai 2025 interdit désormais la sous-traitance de main-d’œuvre. À fin 2025, 889 salariés sur 892 bénéficient d’un CDI titularisé. Les trois derniers sont en période d’essai. Aucun contrat à temps partiel ni télétravail n’existe.

Le taux de rotation des effectifs bondit à 12,9 %. Ce taux était de 1,1 % en 2024. La hausse reflète les 176 entrées enregistrées sur l’exercice. Les départs se sont limités à 11 personnes. Le taux d’absentéisme atteint 2,12 % en 2025, contre 2,05 % en 2024. Le taux d’encadrage s’établit à 24,3 % en 2025, contre 30 % en 2024.

Les femmes restent très minoritaires

Elles représentent seulement 5,4 % de l’effectif total en 2025 (contre 6,2 % en 2024). Par catégorie professionnelle, elles constituent 16,1 % des cadres (35 sur 217), 0,5 % des agents de maîtrise (2 sur 403) et 2,6 % des agents d’exécution (7 sur 272). En revanche, les écarts de rémunération sont faibles. Le ratio de rémunération brute hommes/femmes s’établit à 1,003 pour les cadres et à 0,953 pour les agents d’exécution. La part des femmes managers atteint 21 %.

Sécurité et formation

Le taux de fréquence des accidents avec arrêt s’élève à 13,34 pour un million d’heures travaillées. Le taux de gravité atteint 172 jours perdus pour un million d’heures travaillées.

Aucune maladie professionnelle déclarée n’est recensée.

Par ailleurs, aucun jour de grève ni conflit n’a eu lieu en 2025. La couverture par des accords de négociation collective est de 100 %. L’entreprise a dispensé 8 206 heures de formation en 2025. Cela représente une moyenne de 9,2 heures par salarié. Le budget équivaut à 1 % de la masse salariale. Au total, 48 % des salariés ont bénéficié d’au moins une formation. La formation aux thèmes ESG a représenté 6 396 heures, soit 7,2 heures en moyenne par salarié. Le taux de promotions internes s’établit à 18 %.

Enfin, l’entreprise a accueilli 51 stagiaires. De plus, trois initiatives communautaires ont eu lieu en 2025. En février, Carthage Cement a distribué des paniers alimentaires à 15 familles de la zone de Morneg. En mars, elle a fait un don de vêtements à l’occasion de l’Aïd el-Fitr. Enfin, en septembre, elle a fourni des fournitures scolaires pour la rentrée 2025-2026.

Une gouvernance partiellement indépendante et féminisée à 33 %

Le Conseil d’administration compte neuf membres. Parmi eux, deux sont des administrateurs indépendants, soit 22 % du total. Un administrateur représente les actionnaires minoritaires. Les membres non exécutifs constituent 89 % du conseil, contre 11 % de membres exécutifs. Les fonctions de Président et de Directeur Général sont dissociées. Le Conseil s’est réuni à quatre reprises en 2025. La représentation féminine au sein du Conseil atteint 33 %. Dans les comités spécialisés, elle atteint 29 % en moyenne. Ces comités sont au nombre de quatre : Comité d’Audit, Comité Stratégique, Comité de Recrutement et de Rémunération et Comité de suivi des dossiers juridiques. Les taux de représentation féminine y sont respectivement de 33 %, 0 %, 33 % et 50 %.

La gouvernance ESG repose sur trois niveaux. Le premier niveau est le Conseil d’administration. Le second est un Comité ESG présidé par la Direction Générale. Le troisième regroupe les directions opérationnelles. Entre 2023 et 2025, plusieurs sessions de formation ont eu lieu. Elles ont concerné les membres du Comité ESG, les équipes Finance et les directions opérationnelles. De plus, une session de sensibilisation a eu lieu le 18 juin 2025 pour les membres du Conseil. La démarche de matérialité a mobilisé 111 parties prenantes. Ont été consultées 88 parties prenantes internes et 23 externes. Au final, cette consultation a abouti à neuf enjeux RSE critiques pour 2026-2028.

Une feuille de route 2026-2028 autour de cinq axes stratégiques

La stratégie ESG de Carthage Cement s’articule autour de cinq axes. Il s’agit de la décarbonation et de la performance environnementale. Vient ensuite le capital humain, la santé et la sécurité. Puis la gouvernance responsable et la conformité. L’entreprise inclut également les achats responsables et la chaîne de valeur durable. Enfin, elle ajoute l’ancrage territorial et la responsabilité sociétale. L’entreprise a formalisé cette stratégie en deux étapes. D’abord, elle a réalisé un diagnostic selon le référentiel ISO 26000. Ensuite, elle a mené une analyse d’impacts en ateliers. 24 enjeux potentiels ont été identifiés. Finalement, après consultation des parties prenantes, l’entreprise les a ramenés à neuf enjeux critiques.

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 Réalisateurs tunisiens, osez la littérature : le plaidoyer de Mariem Azizi

09. Juni 2026 um 08:24

Maîtresse assistante à l’ISLT en littérature française, critique de cinéma, notre invitée publie un ouvrage qui secoue l’adaptation littéraire là où ça fait mal avec ses propres armes conceptuelles : résistance, détour, extension.

Interview Mariem Azizi avec  autour de son ouvrage « Le discours de l’adaptation cinématographique de l’œuvre littéraire : résistance, détour et extension » paru aux éditions Latrach Édition.

Elle a toujours évolué à la croisée de deux arts. Étudiante en littérature française à La Manouba, Mariem Azizi était parallèlement membre du ciné-club et de l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC). Quand vient l’heure de choisir un sujet de thèse, l’évidence s’impose : l’adaptation cinématographique. Deux motivations la guident. L’une, personnelle : un appétit jamais rassasié pour les correspondances entre cinéma et littérature. L’autre, intellectuelle : un vide théorique abyssal. Certes, des travaux anglo-saxons existent, signés Robert Stam, Camilla Elliott ou Linda Hutcheon, mais la théorie de l’adaptation reste un champ mal balisé. C’est dans ce désert qu’elle plante son drapeau.

Fidélité ? Une impasse morale

L’apport central de son travail consiste à considérer l’adaptation comme un acte transformatif, non comme un exercice de reproduction évalué à l’aune de la fidélité. Car cette dernière relève de la réception, un jugement presque moral qui empêche de comprendre le phénomène. Mariem Azizi adopte une posture herméneutique radicale : analyser ce qui se produit quand deux langages, deux systèmes de signification se confrontent. D’un côté, la littérature, art de l’écrit qui a longtemps fourni au cinéma ses histoires. De l’autre, le cinéma, qui s’affirme comme un art autonome et refuse d’être réduit à sa fidélité à une œuvre source.

Pour rendre compte de ces dynamiques, elle élabore une typologie des transformations. Au menu : des bouleversements temporels, esthétiques, énonciatifs, comme la conversion du discours indirect rapporté en dialogue direct à l’écran. Mais l’essentiel est ailleurs. Elle identifie trois rapports entre le cinéma et le texte littéraire.

Ensuite le détour : le film contourne l’impossible en inventant ses propres stratégies pour dire autrement ce que la littérature formulait avec ses moyens. Enfin l’extension : le film s’affranchit, transgresse, prend son envol. C’est là que le cinéma montre son indépendance, par des métaphores visuelles sans équivalent dans le roman.

Un déplacement conceptuel majeur

Jusqu’ici, la théorie de l’adaptation se contentait de produire des définitions et des typologies, distinguant l’adaptation classique, l’adaptation indépendante et l’inspiration libre. Ces catégories sont utiles mais insuffisantes. La nouveauté signée Mariem Azizi est un coup de force conceptuel : définir l’adaptation comme un discours du film sur le roman. Cette perspective ouvre un niveau méta-langagier. L’intrigue cesse d’être le centre exclusif de l’attention. Elle devient le lieu de confrontation entre deux systèmes de signification.

Le cinéma ne raconte pas comme le roman

Pourquoi cette distinction est-elle fondamentale ? Parce que le cinéma est multimodal. Le son produit du sens. La musique raconte. L’image superpose plusieurs actions simultanées grâce à la profondeur de champ, ou alterne espaces et temporalités par le montage parallèle. Un plan montre une action, le suivant en montre une autre qui se déroule ailleurs au même moment. Ce fonctionnement n’a rien à voir avec le récit enchâssé du roman, où les histoires s’insèrent les unes dans les autres de façon séquentielle. L’adaptation met précisément en lumière cette spécificité. Elle produit un discours sur elle-même.

À travers cet ouvrage, Mariem Azizi plaide pour la reconnaissance académique de la théorie de l’adaptation. Elle ne réclame pas forcément un cursus complet, mais au moins des séminaires, une place institutionnelle comparable à celle de la théorie littéraire ou du cinéma. Ces deux disciplines sont reconnues. Pas la troisième. Ni dans le monde arabe, ni à l’international.

Pourtant, elle a introduit dès 2018 un cours sur l’adaptation dans le master de recherche en littérature. Le résultat est probant. À une époque où la lecture recule, l’introduction du film dans l’enseignement génère un regain de motivation spectaculaire chez les étudiants.

Le paradoxe tunisien

La Tunisie, pourtant, est un casse**-**tête. Le potentiel littéraire est immense. Mariem Azizi a lu des dizaines de romans tunisiens, en arabe comme en français. Plusieurs pourraient donner de très beaux films, y compris des œuvres historiques d’auteurs qu’on hésite aujourd’hui à nommer. Alors pourquoi si peu d’adaptations ?

Première raison, structurelle. Le système de financement tunisien valorise le scénario original. Pour être reconnu comme réalisateur et scénariste, il faut prouver qu’on invente sa propre fiction. Adapter un roman est alors perçu comme une facilité, voire une exploitation d’un matériau déjà visible.

Deuxième raison, psychologique. Les réalisateurs redoutent le jugement du public. Les lecteurs, souvent, préfèrent l’original à sa copie. Fausse peur, rétorque Mariem Azizi. L’histoire du cinéma regorge d’adaptations qui ont ravi les lecteurs et donné aux non-lecteurs l’envie de découvrir le livre.

Troisième raison, culturelle. La génération de Nouri Bouzid baignait dans la pensée et l’image philosophique. Une partie de la jeune génération actuelle, en revanche, tend à privilégier la technique. Or la littérature restitue au cinéma sa capacité à porter des questionnements profonds. Elle contraint le réalisateur à entrer dans l’intériorité des personnages, à trouver des équivalents visuels à ce qui, dans le roman, relève de la pensée pure.

Face à ce constat, Mariem Azizi passe à l’acte. Elle propose à l’Institut français un atelier consacré à l’adaptation de romans tunisiens d’expression française. Le succès est immédiat. Quatre romans sont transformés en scénarios. Pour elle, cette expérience prouve une double maturité, littéraire et cinématographique, ainsi qu’un besoin réel de rapprochement entre les deux univers.

Un appel aux réalisateurs

Notre invitée appelle aujourd’hui les réalisateurs tunisiens à se tourner vers leur propre littérature. Non pour en faire des copies, mais pour en proposer des interprétations neuves. Adapter un roman, c’est le revisiter à travers un imaginaire singulier, enraciné dans l’héritage culturel de chacun. Cette démarche enrichit l’œuvre originale et rapproche deux publics, celui qui lit et celui qui ne lit pas. Elle peut même donner à ce dernier l’envie de découvrir le livre. Mariem Azizi appelle cela le plaisir intertextuel du spectateur, ce désir de comparer, de se situer par rapport au texte source, qui naît naturellement de la rencontre avec l’adaptation.

Son vœu le plus cher est de voir émerger davantage d’adaptations de romans tunisiens pour observer concrètement ce que le langage cinématographique peut produire à partir de ces œuvres. La spécialiste en littérature française pense à certains textes mêlant réalisme et fable, y compris écologique, capables de toucher un public éloigné de la lecture. Car telle est, selon elle, la véritable vocation de l’adaptation : non seulement donner vie aux personnages à l’écran, mais aussi transmettre des actions, des émotions et des pensées intérieures par les moyens propres du cinéma, tout en incitant le spectateur à revenir au livre.

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