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Percée historique de l’extrême droite en Allemagne : Poutine et Trump s’en frottent les mains 

08. September 2026 um 09:19

La poussée de l’extrême droite record dans l’Est de l’Allemagne crée un séisme politique qui pourrait aussi faire les affaires du Kremlin et de Washington.

Analyse.

 

L’Allemagne s’est réveillée, lundi 7 septembre 2026, avec une gueule de bois carabinée. Bien qu’annoncée depuis des semaines dans les sondages, la victoire du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans les élections régionales en Saxe-Anhalt, l’un des länders les plus pauvres de l’ex-Allemagne de l’Est, a pris de cours la classe politique, y compris le flamboyant Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD en Saxe-Anhalt. Lequel revendique un « mandat très clair pour gouverner », mais reconnaît portant que son parti ne dispose pas de majorité.

Une victoire tronquée

Une victoire électorale, certes, mais pas encore les clés du pouvoir puisque l’AfD n’a pas remporté la majorité absolue des scrutins. Son score lui permet d’obtenir 39 sièges sur 83 au Parlement régional, soit 3 sièges de moins que les 42 nécessaires pour gouverner seule.

 

Lire aussi: Allemagne : l’extrême droite s’impose en Saxe-Anhalt avec 44 % des voix

 

A noter à ce propos que jusqu’ici tous les autres partis ont exclu de coopérer avec l’AfD, sauf le BSW, un petit mouvement de gauche dont certaines positions sur l’immigration ou la guerre en Ukraine se rapprochent de celles du parti d’extrême droite. Ce parti populiste, avec ses cinq députés, devrait jouer un rôle clé dans la séquence politique, puisque qu’il s’est dit prêt à coopérer avec l’AfD sans, pour le moment, accepter une coalition.

Faut-il rappeler enfin que contrairement à d’autres formations d’extrême droite en Europe, l’AfD n’a jamais cherché à se « dédiaboliser ». Son programme pour la Saxe-Anhalt propose notamment de supprimer le droit fondamental à l’asile, d’exclure des écoles les élèves handicapés et les enfants de réfugiés, de promouvoir « la famille traditionnelle, composée du père, de la mère et du plus grand nombre possible d’enfants », ou de réviser l’enseignement de l’histoire pour en finir avec le « masochisme national » et la « perpétuation d’une névrose » autour du nazisme.

La gifle

Mais c’est surtout le score historique de l’AfD lors de ces  élections régionales en Saxe-Anhalt qui résonne comme une véritable gifle pour la classe politique allemande. Selon les résultats encore provisoires, arrêtés à 3h21 le 7 septembre, le parti d’extrême droite a recueilli 43,8 % des suffrages, reléguant très loin derrière lui la CDU du chancelier Friedrich Merz, qui ne décroche que 17,2 %. Les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et la gauche radicale Die Linke ont recueilli respectivement 9,3 %, 8,9 % et 8,6 %. 5 % des scrutins sont allés à la gauche radicale anti-migrant du BSW. Tandis que les libéraux du FDP sont quant à eux éjectés du Parlement avec 2,6 % des voix.

En effet, le parti de l’extrême droite réalise la plus grande progression de l’histoire de la République fédérale allemande, avec un score en hausse de 23 points par rapport à 2021, traduisant ainsi l’ampleur du séisme politique qui confirme, scrutin après scrutin, l’enracinement de l’AfD dans cet ancien bastion de l’Allemagne de l’Est.

Autre indicateur de l’importance de ce scrutin régional : la mobilisation exceptionnelle des électeurs. Dans ce Lander de 2,1 millions d’habitants de l’ex-Allemagne de l’Est, quelque 1,7 million d’électeurs — soit environ 3 % du corps électoral allemand — se sont rendus aux urnes. Avec 77,8 % de participation, le scrutin enregistre une hausse spectaculaire de 17,5 points par rapport à 2021 et atteint ainsi le niveau de participation le plus élevé jamais enregistré en Saxe-Anhalt depuis la réunification allemande.

Friedrich Merz fragilisé

S’exprimant devant la presse à l’issue d’une réunion de la direction de la CDU, le chancelier Friedrich Merz a qualifié la défaite de son parti aux élections régionales de revers majeur.

« Nous sommes tous profondément choqués », a-t-il avoué, reconnaissant que le parti ne s’attendait pas à un tel résultat, « la plus lourde défaite électorale subie par la CDU depuis des décennies ». Il a par ailleurs appelé au respect des « valeurs de la Constitution ». Tout en soulignant que l’alternance politique faisait partie de la démocratie mais que certains principes ne pouvaient être remis en cause.

A noter que cette défaite de la CDU risque de fragiliser davantage Friedrich Merz, déjà fortement impopulaire, et sa grande coalition entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates du SPD. Celui-ci avait affirmé dès 2018 vouloir « diviser par deux » l’électorat du parti d’extrême droite. Mais en un an et demi, aucun des grands problèmes de l’Allemagne n’a été résolu : croissance économique faible, hausse de la dette publique…

Réactions

En Italie, le vice-Premier ministre, Matteo Salvini, a salué sur X la victoire du parti d’extrême droite. Il a déclaré que ce succès « met en lumière la forte demande de changement » et montre qu’« une autre Europe est possible ».

Pour sa part, le dirigeant de Vox en Espagne, Santiago Abascal, a qualifié ce résultat de « grande espérance pour l’Allemagne et pour l’Europe ».

En France, le député du Rassemblement national (RN), Jean-Philippe Tanguy, a déclaré sur BFMTV qu’il prenait « acte d’un vote populaire de ras-le-bol face à des partis du système qui ne gèrent pas l’immigration, l’économie, les prix de l’énergie ». Tout en rappelant que son parti avait rompu avec l’AfD. Le RN, qui est en quête de légitimité et de normalisation, a en effet pris ses distances avec le parti allemand à la radicalité assumée.

Pour Donald Tusk, Premier ministre polonais, « seuls les idiots ou les traîtres peuvent se réjouir du triomphe de l’AfD en Allemagne ». Même inquiétude côté français, via la voix du ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, pour qui « nous vivons avec ce résultat un moment grave en Europe », exhortant à « entendre avec humilité les colères, les inquiétudes, les peurs et y répondre ».

Au final, qui sont les véritables gagnants du scrutin de dimanche ? En premier lieu, Vladimir Poutine. Car voir l’extrême droite progresser dans la première puissance économique européenne ne peut que servir les intérêts du Kremlin, alors que l’AfD réclame la levée des sanctions contre Moscou, la fin du soutien militaire à Kiev et la reprise des achats de gaz russe.

Mais le président russe n’est pas le seul à pouvoir se réjouir de cette poussée. Donald Trump y trouve également son compte. Depuis son retour à la Maison Blanche, son camp dénonce régulièrement ce qu’il présente comme l’ostracisation des droites nationalistes européennes et défend l’AfD comme une force politique injustement exclue du pouvoir.

La percée électorale du parti allemand vient ainsi conforter un discours qui conteste ouvertement le cordon sanitaire imposé à l’extrême droite en Europe.

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Bardella-Farage : le pacte contre les traversées clandestines

05. September 2026 um 13:13

Jordan Bardella a promis qu’une victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle française de 2027 mettrait fin au rôle de la France comme point de départ des migrants cherchant à rejoindre le Royaume-Uni par la Manche.

S’exprimant à Birmingham, lors de la conférence annuelle de Reform UK, le président du RN a assuré qu’un gouvernement dirigé par Marine Le Pen ferait « tout son possible » pour que la France ne soit plus une « porte d’entrée » vers le Royaume-Uni pour l’immigration clandestine.

Les deux formations ont annoncé la signature d’un mémorandum d’entente visant à mettre un terme aux traversées de la Manche à bord de petites embarcations. Selon cet accord, si Reform UK arrive au pouvoir au Royaume-Uni et si le RN accède au pouvoir en France, les migrants arrivant clandestinement sur les côtes britanniques depuis la France pourraient être renvoyés vers la France, qui s’engagerait à organiser leur retour vers leur pays d’origine.

Le texte prévoit également une coopération accrue entre les deux pays ainsi qu’un mécanisme de partage des coûts liés à la sécurité des frontières.

Le pacte conclu à Birmingham dépasse ainsi la seule question migratoire. Il marque un rapprochement entre deux formations populistes de droite qui cherchent à transformer leur influence électorale en coopération politique transfrontalière.

Pour Nigel Farage comme pour Jordan Bardella, l’objectif est désormais de faire de la lutte contre l’immigration clandestine un axe majeur de leurs futures campagnes électorales.

Une promesse électorale pour 2027

Jordan Bardella a présenté cette perspective comme un engagement politique en vue de la présidentielle française de 2027. Le dirigeant du RN veut notamment renforcer le contrôle des frontières françaises et empêcher les départs de migrants depuis les côtes françaises. Cette position s’inscrit dans la stratégie du RN visant à faire de l’immigration l’un des thèmes centraux de la prochaine campagne présidentielle.

Le rapprochement entre les deux partis intervient alors que la France et le Royaume-Uni ont déjà renforcé leur coopération contre les traversées clandestines. En avril 2026, les deux pays ont conclu un nouvel accord destiné à accroître les moyens humains, technologiques et de renseignement consacrés à la surveillance des côtes françaises et à la lutte contre les passeurs. Le gouvernement britannique affirme que cette coopération a déjà empêché des dizaines de milliers de personnes de tenter la traversée…

Plus de 16 000 arrivées depuis le début de l’année

Malgré le renforcement de la coopération franco-britannique, les traversées se poursuivent. Selon les données citées par Reuters, plus de 16 000 personnes ont été détectées au Royaume-Uni après avoir traversé la Manche à bord de petites embarcations depuis le début de 2026. Le nombre d’arrivées est toutefois inférieur de plus de 40 % à celui enregistré sur la même période précédente.

Dans le même temps, le nombre moyen de migrants embarqués sur chaque bateau augmente, les passeurs adaptant leurs méthodes face au renforcement des contrôles…

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Lyon : la préfecture interdit un rassemblement anti-immigration

14. August 2026 um 12:00
La préfecture du Rhône a décidé d’empêcher une manifestation prévue dimanche. Il s’agit d’un mouvement lancé par des partis souverainistes identitaires européens. En bref La préfecture du Rhône interdit un rassemblement anti‑immigration. L’initiative « Save Europe Act » est portée…

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Paris : 34 masculinistes convoqués devant la justice

07. August 2026 um 10:38
Ils sont tous des utilisateurs d’un canal Telegram. Ils sont convoqués entre le 18 novembre et le 6 janvier devant le tribunal de Paris. En bref 34 utilisateurs d’un canal Telegram masculiniste sont convoqués devant le tribunal de Paris. 45…

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