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Renforcer les échanges énergétiques entre la Tunisie et l’Algérie

25. Mai 2026 um 12:21

La discussion des moyens de renforcer l’intégration énergétique algéro-tunisienne et de satisfaire les besoins du réseau électrique tunisien durant l’été 2026 ont été au centre de la rencontre, le dimanche 24 mai 2026, à Alger, entre le PDG par intérim du groupe algérien Sonelgaz, Abdelhamid Rais, et le PDG de la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg), Faycel Tarifa.  

Selon un communiqué publié par Sonelgaz, et rapport par l’agence algérienne APS cette réunion a permis d’évaluer l’état actuel de la coopération bilatérale et d’explorer les pistes de son expansion, afin de relever les défis énergétiques actuels et d’améliorer la coordination entre les réseaux algérien et tunisien.

Les discussions ont porté sur les mécanismes de renforcement des échanges énergétiques, notamment dans les régions frontalières, afin de garantir un approvisionnement continu et de répondre aux besoins de la Tunisie lors des pics de consommation.

Par ailleurs, les deux parties ont évoqué le développement de la coopération technique et l’intensification des échanges d’expertise, ainsi que l’exploration de nouveaux projets de collaboration visant à élever le partenariat bilatéral à un niveau plus intégré.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leurs efforts conjoints et à renforcer le partenariat entre leurs entreprises, conformément aux transitions énergétiques et afin d’améliorer la stabilité et la sécurité du système régional d’électricité et de gaz.

Rappelons que l’Algérie est le principal fournisseur d’énergie de la Tunisie, couvrant la majorité de ses besoins en gaz naturel, notamment pour faire tourner ses centrales électriques et répondre à la demande intérieure, et une part significative de sa consommation d’électricité. Ce partenariat stratégique permet à Tunis de pallier le déclin de sa production nationale d’énergie, qui couvre moins de 50% de ses besoins, et d’assurer sa sécurité énergétique. 

En plus des importations directes, la Tunisie perçoit une redevance sur le transit du gazoduc qui achemine le gaz algérien vers l’Italie via son territoire.

Les réseaux électriques algérien et tunisien sont interconnectés, ce qui permet des transferts réguliers d’énergie pour sécuriser les deux pays et réduire les coûts. Lors des pics de demande ou des pannes techniques sur le réseau tunisien, l’Algérie augmente régulièrement ses volumes livrés pour garantir l’approvisionnement du pays voisin.

I. B.

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Les Tunisiens connaissent-ils les ressources de leur sous-sol ?

20. Mai 2026 um 08:52

Il paraît qu’en Tunisie, le pétrole coule sous les sables du Sud. Il paraît — car personne ne vous le dira officiellement. Ni Bourguiba ne l’a dit clairement. Ni Ben Ali. Ni la Troïka. Ni Nidaa. Ni Ennahdha. Ni Qalb Tounes. Ni Kais Saïed, le président qui parle de souveraineté nationale à longueur de discours, mais dont les gouvernements successifs depuis 2019 maintiennent les citoyens dans une ignorance souveraine sur l’état de leurs ressources nationales. (Photo : le champ gazier Nawara à Tataouine).

Moktar Lamari, Ph.D.

L’omerta a ses idéologues à gauche, à droite, au centre et au palais de Carthage. C’est le seul vrai consensus national : ne rien dire aux Tunisiens sur leur propre sous-sol.

Alors permettez-moi, chiffres à la main, de commettre ce que les cercles du pouvoir tunisien appellent une indiscrétion — et que les démocraties normales appellent simplement information publique.

Gouvernorat de Tataouine : le Koweït tunisien qu’on a décidé d’ignorer

Commençons par le Sud, cette Tunisie oubliée qui produit et qui souffre simultanément. Le gouvernorat de Tataouine concentre à lui seul 46% de la production nationale de pétrole brut et 27% du gaz naturel. En clair : presque la moitié du pétrole tunisien sort des terres d’une région qui n’a ni université digne de ce nom, ni hôpital équipé, ni autoroute. Voilà le paradoxe tunisien dans toute sa splendeur sarcastique.

Le champ Nawara — opéré conjointement par l’autrichien OMV et l’Etap (50% chacun) — a atteint son pic en 2022 à 1 milliard de mètres cubes (bcm) de gaz naturel, soit l’équivalent d’environ 1 000 millions de litres d’équivalent pétrole annuellement.

À un prix moyen de 5 dollars le million de BTU, Nawara représentait au pic environ 500 millions de dollars de valeur brute annuelle. Depuis, le champ s’effondre : -48% de production enregistrés en 2025 selon l’Onem. Nawara tousse. Et Tunis se tait.

Le champ onshore Sabria (Etap 55%, Serinus Energy 45%), le complexe Anaguid East (OMV/Etap, en développement), les concessions Jinane et Benefsej Sud — toutes arrêtées pour maintenance en septembre 2025 — complètent ce tableau sudiste.

Le gouvernorat de Kébili, voisin et également producteur, contribue au même ensemble géologique du bassin de Ghadames, sans que le citoyen de Douz ou de Matmata sache jamais combien de barils partent chaque matin de ses terres vers les ports méditerranéens.

Gouvernorat de Sfax et le Golfe de Gabès : l’offshore qu’on sous-exploite

En mer, le champ Ashtart (Etap 50%, Perenco 50%) peut produire jusqu’à 30 000 barils/jour, soit 4,8 millions de litres quotidiens. Valorisés à 72 dollars le baril — cours BMI 2026 — cela représente 2,16 millions de dollars par jour, soit 788 millions de dollars annuels à pleine capacité. Mais le champ a été arrêté entre juin et juillet 2025. Pour maintenance. Sans communiqué officiel. Sans transparence. Dans l’ombre, comme il se doit.

Le champ Didon (permis Zarat, Etap 100%) peut atteindre 20 000 barils/jour. Le champ Cercina (Etap 51%, Panoro UK 49%) produit 8 000 barils/jour.

Ensemble, le Golfe de Gabès représente l’un des derniers bastions offshore tunisiens — avec des infrastructures vieillissantes que ni le budget de l’État ni l’appétit des investisseurs étrangers ne suffisent à renouveler.

En juillet 2024, Tunis a décidé de ne pas renouveler les concessions des champs Rahmoura et Ashtart expirés, préférant l’opération directe par l’Etap. Résultat : des champs qui ne produisent plus rien, au nom de la souveraineté. C’est ce qu’on appelle, en économie politique, couper son nez pour faire peur à son visage.

Bizerte : une raffinerie de 1963 pour une Tunisie de 2026

Le gouvernorat de Bizerte abrite la seule raffinerie du pays, gérée par la Stir depuis 1963 — soit l’année où John Kennedy était encore vivant et où la Tunisie venait à peine d’enterrer le beylicat. Capacité nominale : 34 000 barils/jour, soit 5,4 millions de litres/jour. Taux d’utilisation réel en 2025 : 52,5% seulement. En 2023, production en chute de 26,4% suite à un arrêt dont les causes officielles restent, vous l’aurez deviné, non explicitées.

Pendant ce temps, la Tunisie importe 84 500 barils/jour de produits raffinés nets en 2026 — soit 13,4 millions de litres quotidiens achetés à l’Italie, à la Russie, à Malte, à la Bulgarie et à la Roumanie. Coût : environ 2,7 milliards de dollars par an. Ce que la Tunisie ne raffine pas chez elle, elle le paie à l’étranger. En toute souveraineté.

Et le projet de deuxième raffinerie à Skhira (2 milliards de dollars, 120 000 b/j initialement, avec QatarEnergy) ? Suspendu sine die. Le sous-sol libyen devait fournir le brut. La politique libyenne a fourni le chaos. Résultat : zéro.

Le Gazoduc Transmed : 370 km de tuyau dont le Tunisien ignore l’existence

Le pipeline Transmed — officiellement baptisé Enrico Mattei par l’Italie — traverse 370 kilomètres de territoire tunisien, de la frontière algérienne jusqu’à Cap Bon, avant de plonger sous la Méditerranée vers la Sicile. Capacité technique totale du réseau : 33 bcm/an.

La Tunisie perçoit en contrepartie du transit un droit en nature — du gaz algérien — qui constitue une part significative de ses importations énergétiques.

Car voici le comble : la Tunisie produit 1,0 bcm de gaz en 2026, mais en consomme 5,0 bcm. Elle importe donc 3,9 bcm, quasi exclusivement d’Algérie. À 5 dollars le MMBTU moyen, ces importations coûtent environ 600 millions de dollars annuellement. En 2035, BMI projette des importations de 5,5 bcm — la dépendance s’aggrave pendant que la production nationale s’effondre à 0,8 bcm. La Tunisie sera alors capable de couvrir à peine 12,6% de sa propre consommation gazière. Le reste : importé, facturé, payé en devises rares.

La production nationale : les chiffres qu’on ne cite jamais

Voici les données brutes, celles que ni le palais de Carthage, ni le ministère de l’Industrie, ni les partis d’opposition n’ont jamais eu la courtoisie d’expliquer au citoyen :

Pétrole brut 2024 : 30 200 barils/jour = 4,8 millions de litres/jour. Valeur au prix de 80,70 $/b : environ 890 millions de dollars annuels.

Pétrole brut 2026 (estimé) : 27 700 b/j = 4,4 millions de litres/jour. Valeur à 78 $/b : environ 789 millions de dollars annuels. Soit 100 millions de dollars de moins qu’en 2024, en deux ans seulement.

– Pétrole brut 2035 (projeté) : 22 500 b/j = 3,6 millions de litres/jour. Valeur à 70 $/b : environ 575 millions de dollars annuels. La trajectoire est univoque : vers le bas.

– Les réserves prouvées en pétrole : 410 millions de barils en 2026, tombant à 380 millions en 2035. Les réserves en gaz : 60 bcm aujourd’hui, 50 bcm en 2035. Chaque année, la Tunisie pompe sans remplacer. Elle mange son capital sans le renouveler. C’est ce qu’on appelle, en comptabilité nationale, manger les meubles.

L’omerta : pourquoi ce silence organisé ?

Posons la question frontale : pourquoi cette omerta systémique sur les ressources énergétiques tunisiennes ?

Premièrement, le secret protège les rentes. Quand le citoyen ne sait pas combien de barils partent de Tataouine, il ne peut pas calculer ce que l’État en tire, ce qui revient aux compagnies étrangères, et ce que l’Etap — dont les rapports financiers arrivent avec deux ans de retard — verse réellement au Trésor. L’opacité est la mère de toutes les rentes.

Deuxièmement, le silence évite les questions sociales. Quand les habitants de Tataouine — qui produisent 46% du pétrole national — réclament leur part du développement régional, la réponse officielle est le gaz lacrymogène, pas la transparence budgétaire. L’omerta évite d’avoir à justifier pourquoi la région qui pompe souffre pendant que la capitale consomme.

Troisièmement, les partis politiques sont tous complices. Ennahdha a gouverné sans publier un seul bilan énergétique accessible au grand public. La Troïka idem. Nidaa Tounes idem. Et Kais Saied, qui a concentré tous les pouvoirs depuis 2021, n’a pas fait produire par ses services aucun rapport national sur l’état des ressources énergétiques, aucune stratégie publiée, aucun débat parlementaire digne de ce nom— le parlement étant vidé de sa substance. L’omerta transcende les clivages politiques : c’est le seul vrai programme national.

Quatrièmement, le nouveau Code des Hydrocarbures attend toujours. En février 2025, le gouvernement a examiné un projet. Dix-huit mois plus tard, le texte n’est toujours pas soumis au Conseil des ministres. Pendant ce temps, les IOCs quittent le pays — Shell a abandonné Miskar et Hasdrubal en 2021-2022 — et les licences d’exploration tombent de 20 en 2021 à 15 en 2025. Le secteur se vide de ses investisseurs pendant qu’on réfléchit à la législation qui les attirerait.

Épilogue : omerta rime avec défiance

La Tunisie est à genoux économiquement. Son ratio dette/PIB dépasse 80%. L’accord FMI a été rejeté en avril 2025. La BCT maintient son taux directeur à 8% pour contenir l’inflation. Le dinar s’érode. Et pendant ce temps, le sous-sol tunisien continue de se vider à 27 700 barils/jour, sans stratégie de remplacement, sans transparence, sans débat national.

Le gouvernement ne fait rien pour mériter la confiance du citoyen. Et le citoyen, faute d’information, ne peut même pas formuler les bonnes questions. C’est la boucle parfaite de l’omerta d’État : un peuple qu’on appauvrit en secret, avec son propre pétrole.

Jusqu’à quand ? La réponse appartient aux Tunisiens — à condition qu’on leur donne enfin les chiffres pour décider.

* Economiste universitaire.

Source principale : BMI/Fitch Solutions, Tunisia Oil & Gas Report, May 2026, 91 pages, Fitch Solutions Group Limited, Londres, ISSN 2058-0762, copy deadline avril 2026.

Données complémentaires : Etap (Rapport annuel 2024), Onem, EIA, Opep Secondary

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Le ministère du Commerce renforce l’approvisionnement en bouteilles de gaz pour l’hiver

Von: walid
09. Dezember 2025 um 08:05
Le ministère du Commerce renforce l’approvisionnement en bouteilles de gaz pour l’hiver

Les autorités ont décidé, lors d’une réunion tenue lundi au ministère du Commerce et du Développement des exportations, de constituer un stock de sécurité dans les unités de remplissage de bouteilles de gaz afin d’assurer un approvisionnement continu du marché, sans interruption, a indiqué le département dans un communiqué. Présidée par le ministre Samir Abid, […]

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L’UE acte la fin des importations de gaz russe à partir de 2027

03. Dezember 2025 um 12:24

Bruxelles scelle un accord historique pour mettre un terme total aux importations de gaz russe. La mesure, longuement débattue, vise à assécher l’une des principales sources de revenus de Moscou tout en accélérant la transition énergétique européenne. L’échéance est fixée à l’automne 2027, malgré les résistances de certains États membres.

Tourner la page énergétique russe

Près de quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, eurodéputés et États membres sont parvenus à un accord interdisant toute forme d’importation de gaz russe – qu’il soit acheminé par gazoducs ou sous forme de GNL. Ursula von der Leyen a salué un « moment fondateur », assurant que l’Europe basculait vers « l’indépendance énergétique totale » vis-à-vis de Moscou.

L’échéance de l’automne 2027 résulte d’un compromis : le Parlement européen réclamait une interdiction plus rapide, quand plusieurs capitales voulaient plus de temps pour ajuster leurs systèmes d’approvisionnement.

Des ruptures de contrats encadrées

Pour le gaz transporté par gazoducs, les contrats de long terme ne pourront plus être prolongés après le 30 septembre 2027, avec une application maximale au 1er novembre 2027. Pour le GNL, la coupure des contrats longs interviendra dès le 1er janvier 2027.

Les contrats courts seront interdits dès avril 2026 pour le GNL et juin 2026 pour le gaz par gazoduc. Les entreprises pourront invoquer la « force majeure » pour justifier la rupture anticipée des engagements.

Moscou dénonce, Bruxelles assume

Le Kremlin a immédiatement réagi, accusant l’Union européenne de se « condamner » à recourir à une énergie « plus coûteuse ». Pour Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, la mesure affaiblira davantage l’équilibre économique européen.

À Bruxelles, le commissaire à l’énergie Dan Jorgensen a, au contraire, salué « la fin des manipulations et du chantage », affirmant que l’Europe « reste solidaire de l’Ukraine ».

Contourner les risques de veto

Afin d’éviter un blocage de la Hongrie et de la Slovaquie, Bruxelles a choisi la voie d’un texte législatif adopté à la majorité qualifiée, plutôt que celle de sanctions nécessitant l’unanimité.

Viktor Orban avait encore affirmé récemment qu’il continuerait d’importer des hydrocarbures russes. L’accord prévoit néanmoins une future proposition de la Commission pour mettre fin définitivement aux importations de pétrole russe en Hongrie et en Slovaquie d’ici fin 2027.

La part du gaz russe dans les importations européennes est passée de 45% en 2021 à 19% en 2024, grâce à une réduction massive des flux par gazoducs. Mais l’Europe est devenue plus dépendante du GNL, notamment américain (45% des importations) et toujours russe (20% en 2024).

En valeur totale, les importations de gaz russe représenteraient encore 15 milliards d’euros en 2025, preuve que la coupure à venir constitue un basculement stratégique majeur.

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Explosion à El Mourouj : La STEG écarte toute défaillance de son réseau

30. November 2025 um 10:34

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a apporté, ce dimanche, des précisions importantes à propos de l’explosion qui s’est produite la veille au soir dans la région du Mourouj (gouvernorat de Ben Arous). Contrairement aux informations relayées sur les réseaux sociaux, les premières investigations n’ont révélé aucune défaillance de la part du réseau externe.

Selon le communiqué de la société, les vérifications initiales confirment que ni les canalisations extérieures ni les compteurs de gaz n’ont été endommagés. Ces constats excluent la responsabilité du réseau de distribution. Les techniciens dépêchés sur place ont déterminé que la fuite à l’origine de l’explosion s’est produite à l’intérieur même de l’habitation sinistrée, au niveau de l’installation interne — et non sur un tuyau de gaz en domaine public, comme cela a été avancé en ligne.

La STEG précise que ses équipes techniques sont intervenues immédiatement après avoir été informées de l’incident, en coordination avec la protection civile et les forces de sécurité, afin de sécuriser la zone et maîtriser la situation.

Sensibilisation des usagers

L’entreprise annonce qu’un rapport technique détaillé sera publié ultérieurement, une fois l’ensemble des investigations finalisé et toutes les données vérifiées avec les différentes parties impliquées.

L’explosion relance, une fois encore, la question de la sécurité des installations domestiques et de la sensibilisation des usagers aux normes d’entretien des réseaux internes.

Lire aussi : Électricité en Tunisie : Un tarif moyen de 472 millimes/kWh, fortement dépendant du gaz naturel

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Approvisionnement hivernal : Les distributeurs assurent qu’aucune pénurie de gaz n’est à craindre

24. November 2025 um 09:44

Le secteur affirme être pleinement préparé pour l’hiver et garantit la stabilité des prix

Mohamed Mnif, président de la Chambre nationale des distributeurs de bouteilles de gaz domestique, a assuré lundi 24 novembre 2025 que l’approvisionnement en gaz sera garanti durant toute la saison hivernale. Intervenant sur les ondes de Mosaique FM, il a évoqué un secteur « totalement mobilisé » et prêt à éviter les perturbations constatées l’année précédente.

Production renforcée

Selon Mnif, les centres de remplissage ont nettement amélioré leurs capacités, permettant une augmentation du rythme de production avant l’entrée dans la période de froid. Les entreprises ont également consolidé leurs dispositifs logistiques pour éviter toute rupture d’approvisionnement, un point qui avait fortement fragilisé la distribution l’hiver dernier.

Il affirme que toutes les mesures anticipatives ont été prises : coordination renforcée entre distributeurs, plan de rotation intensifié des camions et suivi quotidien des stocks. Le président de la Chambre insiste sur le fait que « l’ensemble du réseau est prêt à répondre à la demande, même en cas de vagues de froid successives ».

Stabilité des prix confirmée

Mnif a également annoncé que le prix de la bouteille de gaz domestique restera inchangé, fixé à 8 800 millimes, sans aucune augmentation prévue. Une décision qui intervient dans un contexte de pression inflationniste, mais que les autorités et les distributeurs affirment pouvoir maintenir grâce au contrôle des coûts de production et aux mécanismes de compensation existants.

Cette stabilité tarifaire vise à rassurer les ménages, alors que le gaz domestique demeure un produit de première nécessité durant l’hiver, en particulier dans les régions intérieures.

Le secteur affirme avoir tiré les leçons des difficultés rencontrées l’année précédente, marquées par des files d’attente prolongées, des retards de distribution et une tension accrue sur les bouteilles disponibles. Cette année, les distributeurs misent sur une coordination plus serrée et un suivi en temps réel des besoins régionaux.

Mnif se dit confiant :

« Nous sommes prêts pour l’hiver et pour toute hausse de la consommation. Toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour garantir un approvisionnement continu. »

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Tunisie – La bouteille de gaz, symbole du contrat social

30. Oktober 2025 um 15:23

Après l’hiver 2024-2025 marqué par des perturbations d’approvisionnement dans plusieurs régions, la Tunisie consacre encore près de cinq milliards de dinars au soutien des hydrocarbures. Une stabilité précaire, financée à coups de subventions.

En janvier 2025, plusieurs gouvernorats du Nord-Ouest et du Centre ont connu de longues files d’attente devant les dépôts régionaux.
La forte hausse de la demande, combinée à des retards de livraison, a provoqué des ruptures temporaires.
Si les zones urbaines raccordées au réseau de gaz naturel ont été relativement épargnées, de nombreux foyers ruraux ont souffert de la rareté des bonbonnes, indispensables à la cuisson et au chauffage.

L’explication officielle évoquait « le retard d’un navire » et des « conditions climatiques ». Mais le malaise était plus profond : le pays ne parvenait plus à couvrir ses besoins quotidiens estimés entre 180 000 et 200 000 bouteilles, tombés à 150 000 au plus fort de la crise.
Un goulet d’étranglement logistique, plus qu’un problème financier, qui a mis en lumière la vulnérabilité d’un système de distribution aussi central que fragile.

Lire aussi:

«Tunisie : Manque de bonbonnes de gaz en dépit des préparatifs», 18 décembre 2024

Une subvention qui survit à tout

Le gouvernement a visiblement tiré la leçon. Dans le projet de loi de finances 2026, la subvention du gaz est maintenue, sanctuarisée même.
Selon les chiffres présentés par le ministère des Finances et diffusés par la Radio Nationale, le soutien global aux hydrocarbures atteindra 4 993 millions de dinars, soit 2,7 % du PIB et 7,9 % du budget de l’État.

Chaque bouteille de gaz coûte aujourd’hui 21,7 dinars à produire, dont 71 % sont pris en charge par le Trésor public.
En trois ans, cette proportion n’a pas bougé. L’État paie toujours environ 27 à 28 dinars de subvention par unité, dans un pays où le salaire minimum net dépasse à peine 460 dinars.
Le message est clair : le prix de la bonbonne est une ligne rouge.

Un effort budgétaire colossal

Les diapositives officielles du budget 2026 révèlent que les subventions totales atteindront 9 772 millions de dinars, soit 5,2 % du PIB et 15,4 % des dépenses de l’État.
Parmi elles, les hydrocarbures restent le premier poste (4 993 MD), devant les produits de base (4 079 MD) et le transport public (700 MD).

Autrement dit, la Tunisie dépense davantage pour le gaz et les carburants que pour la farine, l’huile ou le pain.
Une hiérarchie budgétaire qui en dit long : après la colère des ménages face aux pénuries de 2025, le gouvernement choisit de consolider le pilier énergétique plutôt que le panier alimentaire.
La bonbonne supplante le pain ; le feu prime sur la farine.

La stabilité à crédit

En apparence, la politique rassure. Mais elle maintient le pays dans une équation délicate : préserver la paix sociale par la subvention, assumer des pertes budgétaires récurrentes, tout en peinant à régler la question essentielle — celle de l’acheminement.

La crise de 2025 n’était pas une crise de budget, mais une crise de débit logistique.
Radès, Bizerte, Gabès : les trois centres de remplissage tournent à flux tendu, sans stock stratégique, avec une flotte de transport insuffisante et une dépendance totale aux importations de GPL.
Le PLF 2026 promet de “mieux contrôler la distribution”, mais aucun plan concret n’évoque le renforcement des capacités ou la création d’un stock tampon.

L’État paie donc pour que la bouteille reste pleine, pas pour qu’elle arrive à temps.
Et tant que cette équation perdurera, la stabilité restera une illusion budgétaire.

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Tunisie : Quand le gaz domestique s’arrête au bord de la route

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Tunisie : La paralysie du secteur énergétique fait chuter les exportations de 34%

24. Oktober 2025 um 20:24

Les exportations tunisiennes d’énergie ont reculé de 34% à fin septembre 2025, selon une note de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE). L’organisation tire la sonnette d’alarme sur une crise énergétique structurelle, marquée par l’effondrement de la production nationale de pétrole et de gaz, et une dépendance croissante aux importations.

Un effondrement de la production nationale

La note intitulée « Importations : les dessous d’un trend contrasté » dresse un constat préoccupant : la production quotidienne de pétrole est passée de 77 000 barils en 2010 à seulement 27 000 barils en 2025. Cette chute drastique traduit, selon l’IACE, « une dégradation pluriannuelle et continue » du secteur.

L’institut souligne que même les espoirs placés dans le champ gazier de Nawara, longtemps présenté comme une bouffée d’oxygène pour l’économie tunisienne, se sont « bien volatilisés ». Les chiffres le confirment : la production de pétrole de Nawara a reculé de 47%, passant de 54,2 Ktep à fin août 2024 à 28,7 Ktep en août 2025. La production de gaz naturel a elle aussi chuté de 25%, pour s’établir à 169 Ktep.

Un déficit commercial énergétique toujours lourd

Cette paralysie du secteur continue de peser lourdement sur le déficit commercial, dont la part liée à l’énergie représente désormais 48%. Sans la baisse des cours mondiaux, la situation aurait été encore plus critique. En effet, le prix moyen du baril de pétrole a diminué de 84 dollars à 72 dollars entre juin 2024 et juin 2025, soit une baisse de 15%, atténuant partiellement la facture énergétique.

Grâce à cet essoufflement des prix, les importations de produits énergétiques ont légèrement reculé de 11,8% à fin septembre 2025, alors qu’elles avaient bondi de 14,5% sur la même période un an plus tôt.

Une alerte sur la dépendance énergétique du pays

Pour l’IACE, ces indicateurs traduisent une crise systémique : chute des capacités de production, sous-investissement dans la prospection, lenteur des réformes et désengagement progressif des investisseurs étrangers. L’institut estime qu’un nouveau modèle énergétique s’impose, fondé sur la diversification des sources et le développement des énergies renouvelables.

« Sans une refonte profonde de la gouvernance du secteur, la Tunisie continuera à importer la majorité de ses besoins énergétiques », avertit le rapport.

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