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La Tunisie pourra-t-elle remédier à ses fragilités structurelles ?

25. Februar 2026 um 10:03

La dernière revue de Moody’s souligne plusieurs fragilités structurelles de la Tunisie : déficit budgétaire persistant, dépendance au financement interne et accès limité aux marchés financiers internationaux. Ces alertes indiquent des contraintes réelles, mais elles ne constituent pas une impasse. Elles pourraient même indiquer des opportunités qui ne demandent qu’à être exploitées.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le Plan national de Développement 2026‑2030 identifie plusieurs axes pour répondre à ces fragilités, en proposant une stratégie de long terme visant à stimuler l’investissement et à renforcer la compétitivité. Son impact dépendra cependant de l’exécution et de la cohérence des mesures mises en œuvre.

Les évaluations de Moody’s servent de baromètre de risque souverain. Elles mettent en avant l’importance d’une vision macroéconomique cohérente, d’une capacité d’exécution tangible et d’une stabilité réglementaire pour renforcer la confiance des investisseurs.

Certaines analyses indépendantes soulignent que la crédibilité économique repose sur des résultats mesurables plutôt que sur les intentions. Leur observation enrichit la lecture stratégique en rappelant que la réussite économique dépendra de la discipline dans la mise en œuvre.

La Tunisie présente un potentiel réel pour les IDE :

– opportunités sectorielles ciblées : transition énergétique, numérique et services innovants ;

– zones à fort potentiel de développement ;

– cadre progressif pour sécuriser les investissements.

Si les mesures du Plan sont exécutées de manière cohérente et transparente, ces opportunités pourraient transformer certaines vulnérabilités en avantages compétitifs durables.

Le succès du Plan dépend de la discipline budgétaire, de la cohérence des réformes et de la transparence. Les effets sur les marchés et sur l’économie réelle ne pourront être évalués qu’à travers la mise en œuvre concrète et mesurable des actions prioritaires.

Dans un contexte où les alertes de Moody’s sont aussi précises qu’inquiétantes, la question n’est plus de savoir si la Tunisie peut agir, mais si elle saura transformer ses vulnérabilités en opportunités tangibles avant que les marchés ne fixent eux-mêmes l’agenda.

* Ingénieur en informatique, cadre de banque.  

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IACE : corruption et informel pénalisent davantage les PME

Von: walid
26. Dezember 2025 um 11:11

Les grandes entreprises font face à des contraintes plus marquées en matière d’accès au financement, de formation de la main-d’œuvre et de réglementation du travail. Les PME, quant à elles, sont davantage confrontées à la corruption, à la concurrence du secteur informel et à certains obstacles administratifs, selon la première édition du Rapport National sur l’Entreprise en Tunisie (année 2025), publié, jeudi, par l’IACE.

Ces écarts reflètent des priorités différentes selon la taille des entreprises et suggèrent que des politiques de soutien ciblées pourraient être nécessaires pour répondre efficacement à leurs besoins spécifiques.

D’après le rapport, l’accès au financement est une priorité pour les grandes entreprises et les PME, bien que l’obstacle soit légèrement plus important pour les premières (45,4%) que pour les secondes (39,8%).

En ce qui concerne les autres principaux obstacles auxquels sont confrontés les entreprises, les PME se disent beaucoup plus touchées par la corruption (15,55 % contre 9,8% pour les grandes entreprises) et les pratiques informelles (8,8 % pour les PME, aucun obstacle pour les grandes entreprises), montrant une vulnérabilité plus marquée des PME face à ces défis, d’après l’Institut arabe des chefs d’entreprises qui se base une enquête menée par la Banque mondiale.

Par ailleurs, les grandes entreprises voient des obstacles plus importants liés à une main-d’oeuvre insuffisamment formée (7,4 %contre 5,15 % pour les PME) et à la réglementation du travail (9,6 % contre 2,15% ). Ces entreprises semblent ainsi faire face à des besoins plus complexes en termes de compétences et de gestion de la main-d’oeuvre.

Pour ce qui est de la politique et de la fiscalité, ces aspects sont perçus comme un obstacle par les deux types d’entreprises, mais les grandes entreprises expriment des préoccupations légèrement plus prononcées vis-à-vis de l’instabilité politique (11,8 % contre 10,6% et des taux d’imposition (5,2 % contre 2,35%).

Toutefois, les grandes entreprises ne perçoivent pratiquement aucun obstacle dans l’accès au foncier et à l’accès aux tribunaux, contrairement aux PME, qui notent quelques difficultés. Cependant, le transport est un obstacle plus important pour les grandes entreprises (1,6 % contre 0,75% ), probablement en raison de leurs besoins logistiques plus vastes.

Partant de ce constat, l’Institut arabe des chefs d’entreprises a recommandé de renforcer le soutien aux entreprises exportatrices, étant donné que plus de 13 % des entreprises ne réalisent aucun chiffre d’affaires à l’exportation, traduisant une intégration limitée aux marchés internationaux. “Il serait pertinent de leur proposer des formations spécialisées, des aides financières ciblées et un meilleur accès aux opportunités à l’étranger”.

Il s’agit encore de soutenir le secteur industriel, l’IACE indique à ce propos que le taux d’entreprises ayant un impôt nul dans ce secteur est trois fois supérieur à la moyenne générale, ce qui montre un potentiel sous-exploité. Des incitations fiscales et des programmes d’investissement pourraient stimuler la production locale et dynamiser ce secteur stratégique.

L’objectif est, aussi, de réduire l’inactivité dans le secteur des services qui concentre le plus grand nombre d’entreprises sans chiffre d’affaires. “Une étude approfondie des obstacles freinant leur activité permettrait d’identifier des leviers d’action adaptés pour relancer ces entreprises”.

L’Institut préconise de structurer davantage le commerce de gros, relevant que “l’absence de données fiables sur les bénéfices fiscaux et imposables de ce secteur souligne la nécessité d’améliorer la collecte et la transparence des informations comptables et fiscales”.

En outre, une transition numérique permettrait d’améliorer la transparence fiscale, d’optimiser la gestion comptable et de réduire les risques de pertes ou d’irrégularités, tout en renforçant la compétitivité globale des entreprises.

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