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Empfangen — 25. September 2026 ⏭ Französischsprachig

Guerres des détroits : la Méditerranée, théâtre millénaire des rivalités de puissance

25. September 2026 um 16:26

Le contrôle d’un détroit a toujours valu une guerre. De l’Antiquité à nos jours, les grandes puissances se sont affrontées pour dominer ces passages stratégiques où se joue le commerce, et donc le pouvoir.

L’histoire récente en offre plusieurs illustrations frappantes. En 1967, la guerre des Six Jours a scellé, entre autres enjeux, le contrôle du canal de Suez, verrou entre mer Rouge et Méditerranée. Bien avant, en 1453, la chute de Constantinople consacrait la victoire ottomane sur l’Empire byzantin et livrait aux mains du sultan Mehmet II le détroit du Bosphore, porte d’entrée de la mer Noire. Plus loin encore dans le temps, en 711, le chef berbère Tariq ibn Ziyad menait ses troupes à la conquête de la péninsule ibérique en franchissant le détroit qui porte aujourd’hui son nom : Gibraltar.

Mais on oublie souvent l’une des toutes premières guerres de détroit de l’Histoire : les guerres puniques, qui opposèrent Carthage et Rome de 264 à 146 avant J.-C., jusqu’à la destruction totale de la cité punique.

Sicile, enjeu d’un affrontement séculaire

Menés d’abord par Hamilcar Barca, puis par son fils, le général Hannibal, les Carthaginois se sont battus pendant plus d’un siècle contre les légions romaines pour la maîtrise de la Sicile et de l’ancienne Syracuse. L’enjeu réel de ce conflit : le détroit de Sicile, ce bras de mer qui sépare Kélibia, au Cap Bon, de Marsala, en Sicile – à peine 145 kilomètres d’eau, mais un verrou vital entre les deux rives de la Méditerranée occidentale.

Une répétition de l’Histoire ?

Aujourd’hui encore, les détroits demeurent des points de friction géopolitique majeurs. La rivalité sino-américaine autour du canal de Panama, le blocage du détroit d’Ormuz entre Iraniens et Américains, ou celui de Bab el Mandeb par les Houthis du Yémen, semblent donner raison à Ibn Khaldoun. Selon la théorie du penseur et historien tunisien, l’Histoire ne serait qu’un éternel recommencement – les mêmes logiques de puissance se rejouant, siècle après siècle, sur les mêmes lignes de fracture maritimes.

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BCT : le gouverneur reconnaît que « survivre » ne suffit plus

25. September 2026 um 13:49

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, demande de passer d’une logique de résistance aux crises à une logique de création de richesse. Il insiste sur la nécessité d’accélérer les projets et les investissements, surtout dans le phosphate et les énergies renouvelables.

Cette déclaration a eu lieu lors d’une rencontre avec le Directeur Pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Ahmadou Moustapha Ndiaye, et le Directeur de la Société financière internationale (IFC) pour l’Afrique, Ary Naim. Des responsables de la BCT et une délégation de la Banque mondiale étaient également présents.

Nouri a rappelé que la Tunisie a respecté ses engagements et a su résister aux chocs climatiques et géopolitiques. Il a cependant estimé qu’il fallait maintenant changer d’approche. Il a évoqué les efforts faits pour maintenir un taux de change stable et un bon niveau de réserves en devises. Il a aussi jugé important de relancer l’investissement privé, un sujet suivi de près par la BCT. Il a salué la bonne coopération avec la Banque mondiale et son soutien constant, affirmant que la Tunisie possède un fort potentiel et de nombreux projets ambitieux, rapporte l’agence TAP.

Ahmadou Moustapha Ndiaye a de son côté affirmé l’engagement de la Banque mondiale à proposer des solutions complètes à ses pays membres, notamment pour développer les infrastructures et soutenir le secteur privé. Il a décrit le partenariat avec la Tunisie comme exemplaire, basé sur la réalisation de projets concrets et l’obtention de résultats.

Ary Naim a souligné le fort potentiel de la Tunisie et son souhait d’augmenter nettement les financements accordés au pays. Il a précisé que l’IFC prévoit de soutenir de grands projets d’infrastructure. Il a ajouté que l’institution veut aussi aider les entreprises tunisiennes à se développer à l’international, en facilitant leur accès au financement grâce à différents outils et mécanismes, selon la même source.

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Tunisie – Turquie : coopération automobile ou simple opération commerciale ?

25. September 2026 um 08:19

Nouvelle offensive commerciale turque en vue, et nouvelle occasion de s’interroger sur la position réelle de la Tunisie dans ce genre de partenariats. La Chambre de commerce et d’industrie de Tunis (CCIT) annonce, en collaboration avec l’Association des exportateurs de l’industrie automobile d’Uludağ (OİB), l’organisation de rencontres B2B le 5 octobre 2026 à Tunis, réunissant des entreprises tunisiennes et turques du secteur automobile et des pièces de rechange.

Sur le papier, l’initiative a tout de la bonne nouvelle : une délégation turque composée des spécialistes dans les filières du freinage, de la direction, de la  suspension, de la transmission, des  joints d’étanchéité, des filtres, des véhicules utilitaires et des engins de construction, vient à la rencontre des professionnels tunisiens, sous l’égide du ministère turc du Commerce. Mais à y regarder de plus près, le déséquilibre saute aux yeux avant même la première poignée de main.

Un rapport de force qui ne dit pas son nom

L’industrie automobile turque affiche des exportations dépassant 41,5 milliards de dollars en 2025, vers plus de 200 pays, et l’OİB représente à elle seule plus de 10 000 entreprises exportatrices.

Face à cette machine industrielle, la Tunisie se positionne essentiellement comme un terrain de chasse pour led importateurs, les distributeurs et les concessionnaires. Autrement dit, elle a plus un rôle d’acheteur que de partenaire industriel égal.

Un communiqué de la CCIT évoque pudiquement des « possibilités d’approvisionnement » et de « coopération ». Mais la logique de fond resterait celle d’un marché à conquérir pour des fabricants qui cherchent de nouveaux débouchés; pas celle d’un transfert de savoir-faire ou d’investissement productif local.

D’ailleurs, rien dans le document ne mentionne un projet d’implantation d’usine, de coentreprise, de transfert technologique ou d’engagement d’investissement turcs en Tunisie. On parle plutôt de rencontres, d’échanges, de mise en relation, le vocabulaire classique d’un salon commercial, pas d’un partenariat industriel structurant. Pour un secteur tunisien des pièces automobiles qui peine depuis des années à monter en gamme et à se positionner sur la chaîne de valeur régionale, ce type d’événement risque, une fois de plus, de se solder par des contrats d’importation plutôt que par une réelle intégration industrielle.

La question qui reste sans réponse

Combien de ces rencontres B2B, année après année, débouchent sur autre chose que des commandes ponctuelles ? La CCIT et les autorités tunisiennes gagneraient à préciser ce que le pays retire concrètement de ce type de mission – au-delà de l’accès facilité aux produits turcs – et si un cadre est prévu pour encourager la production ou la sous-traitance locale plutôt que la simple importation. Sans cela, cette « coopération » ressemble surtout à une opération de développement commercial turque, habillée en partenariat gagnant-gagnant.

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Marché immobilier tunisien : le grand flou

25. September 2026 um 07:49

Le verdict tombe une nouvelle fois, sans surprise ni sursaut : la Tunisie figure parmi les marchés immobiliers les moins transparents de la planète. Dans le Global Real Estate Transparency Index 2026, publié par Jones Lang LaSalle, le pays se classe 74e sur 88 pays et territoires évalués, avec un score de 4,31 sur 5. Un chiffre qui le range sans détour dans la catégorie la plus infamante de l’étude, celle des marchés « Opaques ».

Concrètement, cela veut dire qu’un investisseur qui cherche à comprendre le marché tunisien (prix, loyers, transactions, cadre réglementaire) se heurte à un mur d’informations manquantes, périmées ou tout simplement introuvables. Le plus désolant dans tout cela, c’est que nous n’apprenons rien de neuf sous le soleil tunisien. Car, année après année, le pays campe dans les profondeurs du classement pendant que ses voisins avancent.

Ce classement fait mal… Ainsi, à l’échelle du continent, la comparaison est cruelle. L’Afrique du Sud caracole en tête. C’est l’unique pays africain classé « Transparent », à la 29e place mondiale avec un score de 2,31. Le Kenya, Maurice et même le Maroc affichent un niveau « Semi-Transparent ». A contrario, la Tunisie, elle, se retrouve reléguée au 11e rang sur 19 marchés africains couverts, donc loin derrière des économies qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’être des modèles de gouvernance.

Pire : la Tunisie partage la case « Opaque » avec des pays comme l’Algérie, l’Éthiopie, l’Angola ou le Mozambique, c’est-à-dire des marchés qui ferment littéralement le classement mondial. Une comparaison qui interroge toutefois, pour un pays qui se targue régulièrement d’attirer investisseurs étrangers et touristes fortunés.

Le vrai problème : des fondamentaux aux abonnés absents

Le détail des sous-indicateurs achève de dresser un constat sévère. C’est sur les « Market Fundamentals », autrement dit « loyers, taux d’occupation, valeurs immobilières, évolution de l’offre et de la demande, etc.) que la Tunisie touche le fond, avec une 80e place mondiale. Autrement dit : même les données les plus basiques, celles qu’un acheteur ou un promoteur devrait pouvoir consulter en quelques clics ailleurs, restent quasiment invisibles ici.

Le pays ne s’en sort pas beaucoup mieux sur le cadre réglementaire (71e place) ni sur le suivi des performances d’investissement (79e rang mondial). Seule lueur – oui y a en une, même si elle est relative -, c’est la durabilité, où la Tunisie décroche son meilleur classement avec une 55e place mondiale. Un satisfecit maigre, donc, au regard du reste du tableau.

Le Royaume-Uni trône en tête du classement mondial avec un score de 1,24, suivi de la France, de l’Australie, des États-Unis et des Pays-Bas. Ce sont des marchés où la donnée est reine et où l’investisseur n’a pas à deviner ce qu’il achète. En Tunisie, c’est l’inverse : l’absence de données fiables et actualisées n’est pas un simple détail technique, c’est un frein structurel à l’attractivité du secteur, qui entretient une opacité dont certains acteurs, en interne, ont sans doute tout intérêt à préserver le flou.

Tant que l’accès à l’information immobilière restera un parcours du combattant, la Tunisie continuera de faire de la figuration en bas de classement, pendant que les autres pays africains, eux, avancent.

Voici les 19 marchés immobiliers africains considérés comme les plus transparents en 2026 :

  • Afrique du Sud (29e rang mondial)
  • Kenya (52e)
  • Maurice (56e)
  • Maroc (59e)
  • Egypte (61e)
  • Botswana (62e)
  • Nigeria (64e)
  • Zambie (65e)
  • Ghana (71e)
  • Rwanda (72e)
  • Tunisie (74e)
  • Tanzanie (75e)
  • Côte d’Ivoire (76e)
  • Algérie (77e)
  • Ouganda (78e)
  • Sénégal (79e)
  • Angola (82e)
  • Mozambique (85e)
  • Ethiopie (88e).

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