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Empfangen — 24. Juni 2026 Französischsprachig

Antonio Tajani: « Les start‑up sont l’avenir pour les jeunes »

24. Juni 2026 um 23:10

Le forum tuniso‑italien a eu lieu ce mercredi 24 juin 2026. Lors d’un point de presse, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a rappelé la profondeur des liens entre l’Italie et la Tunisie, évoquant Rome et Carthage comme symboles de plus de deux millénaires de proximité culturelle. Il a souligné la forte présence économique italienne en Tunisie  près de 1 000 entreprises actives ainsi que des échanges humains durables, une importante communauté italo‑tunisienne et une large diffusion de la langue italienne.

Malgré des difficultés logistiques, notamment portuaires, Antonio Tajani a estimé que les deux pays doivent poursuivre leur coopération politique et industrielle pour créer de la valeur ajoutée. Il a insisté sur la nécessité d’avancer dans plusieurs domaines : industrie, formation, innovation et transfert technologique, réaffirmant la disponibilité de l’Italie à accompagner la formation de la main‑d’œuvre tunisienne, y compris par des programmes en Italie.

Interrogé par L’Economiste Maghrébin, Antonio Tajani a estimé que « les start‑up sont l’avenir pour les jeunes » et qu’il faut les soutenir. Il a préconisé de promouvoir la coopération tuniso‑italienne pour encourager l’entrepreneuriat jeune, notamment par des allègements fiscaux ciblés et un soutien aux fonds de capital‑risque. L’objectif est de transmettre un message positif aux jeunes tout en renforçant la coopération industrielle et l’exportation du savoir‑faire. Les trois mots‑clés, a‑t‑il résumé, sont : innovation, formation et éducation.

À la question de la dette tunisienne transformée en investissement, Antonio Tajani a proposé d’explorer des mécanismes de transformation d’une partie de la dette en investissements productifs, évoquant un ordre de grandeur autour de 70 millions d’euros et la volonté de convertir ces engagements en projets structurants. Sur l’Afrique, il a présenté le continent comme une opportunité à saisir visant à transformer les matières premières sur place, créer des emplois et développer les économies régionales, en évitant tout rapport néocolonial.

Enfin, Tajani a rappelé la nécessité de préserver un partenariat stratégique stable entre l’Italie, la Tunisie et leurs alliés internationaux,

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Antonio Tajani à Tunis : Le partenariat italo‑tunisien au cœur du Forum économique

24. Juni 2026 um 20:30

Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani est arrivé aujourd’hui à Tunis pour le Forum d’affaires tuniso-italien aux côtés de la cheffe du gouvernement Sarra Zaaafrani Zenzri au siège de l’Utica.

Environ 600 participants et représentants tunisiens italiens entreprises, associations patronales et institutions ont participé au forum.

Antonio Tajani a souligné l’importance stratégique du Forum économique italo‑tunisien, organisé à un moment crucial pour les échanges bilatéraux. Malgré des difficultés logistiques liées au port, les entreprises italiennes et tunisiennes affichent une volonté forte de coopération.

Antonio Tajani a rappelé les plus de soixante ans d’histoire commune entre les deux pays, depuis l’Antiquité de Carthage jusqu’aux liens contemporains qui voient de nombreux Italiens s’installer en Tunisie et vice versa, ainsi qu’une large pratique de la langue italienne parmi les Tunisiens. Ces proximités humaines et culturelles, a‑t‑il dit, confirment que le lien italo‑tunisien demeure solide et porteur.
Sur le plan politique, il a appelé à travailler ensemble pour créer de la valeur ajoutée et surmonter collectivement les obstacles qui entravent le développement des partenariats.

Du point de vue économique, il a rappelé les capacités de la Tunisie et évoqué la nécessité de projeter ce partenariat vers l’avenir, en particulier en direction du continent africain, « un enjeu commun » riche en ressources et opportunités, malgré des défis sociaux persistants.

M. Tajani a proposé la mise en place de guides pratiques pour faciliter les relations commerciales bilatérales et a identifié plusieurs secteurs prioritaires : tourisme, agriculture, énergie, et technologies. Il a salué l’avancée du projet Elmed et sa transition vers la phase de réalisation, estimant que ce projet et les centres d’innovation inaugurés récemment constituent des leviers pour la coopération technologique et industrielle.

Trois mots‑clés doivent, selon lui, guider cette coopération : formation, transfert technologique et compétitivité. Le gouvernement italien se dit prêt à accompagner la Tunisie sur l’aspect formation, y compris par des programmes de formation en Italie, afin d’encourager les jeunes tunisiens et italiens et de préparer l’avenir commun.

Il a également évoqué la possibilité de transformer une partie de la dette tunisienne en investissements (à hauteur de 70 millions d’euros évoqués) pour financer des projets structurants et créer des opportunités durables. Il a enfin rappelé que le sport, au‑delà de ses valeurs sociales, représente un secteur économique et d’investissement pertinent pour la Tunisie.

En conclusion, le ministre a réaffirmé la volonté d’établir un partenariat solide et durable entre l’Italie et la Tunisie, centré sur l’innovation, l’énergie et la formation, et tourné vers l’exploration des opportunités en Afrique et sur les marchés régionaux.

Antonio Tajani a clôturé sa visite par la découverte d’une rétrospective photographique sur les 70 ans de relations diplomatiques entre l’Italie et la Tunisie. L’exposition retrace sept décennies d’échanges politiques, économiques et humains entre les deux pays.

Plusieurs accords sont prévus  lors du forum : Ice signe avec Cepex pour l’échange d’informations et l’organisation conjointe d’événements visant à attirer des investissements ; Cdp, Sace et Simest concluront un partenariat avec la Chambre tuniso‑italienne de commerce et d’industrie pour soutenir l’internationalisation des entreprises en Tunisie ; la Ctici et l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (Ubci) annonceront la création d’un desk Italie au sein de la banque. Comites Tunisie et Utica lanceront un recensement des compétences et des parcours de formation des jeunes italo‑tunisiens résidant en Tunisie pour faciliter leur insertion sur les marchés du travail tunisien et italien..

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Sarra Zaafrani Zenzri: « Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement »

24. Juni 2026 um 18:38

La cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a inauguré aujourd’hui le Forum économique tuniso‑italien, en présence d’Antonio Tajani et d’une importante délégation italienne.

Coïncidant avec le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, ce rendez‑vous, organisé par l’UTICA, l’APII et l’Agence italienne pour le commerce, met en lumière une coopération en pleine diversification : énergie (projet ELMED), agriculture et eau (initiative TANIT), industrie et numérique. La Tunisie, qui achève son plan de développement 2026‑2030, mise sur la modernisation du cadre d’investissement, la digitalisation et la montée en valeur ajoutée des filières pour attirer des investissements qualitatifs et conforter son rôle de plateforme entre l’Europe et l’Afrique.

Elle rappelle que les relations tuniso‑italiennes reposent sur des liens historiques profonds, une proximité géographique et des affinités culturelles en Méditerranée. Elles ont connu récemment un essor qualitatif, avec une diversification tangible des échanges dans des secteurs clés : économie, investissement, commerce, énergie, culture, enseignement supérieur et recherche. Cette dynamique a hissé la coopération bilatérale à un niveau d’exception, fondé sur le dialogue, le respect mutuel et des projets à forte valeur ajoutée.

Elle souligne lors de son allocution que la Tunisie complète actuellement l’élaboration de son plan quinquennal 2026‑2030, fruit d’une démarche ascendante et participative, de la localité jusqu’au niveau national. Ce plan vise à instaurer un modèle de développement équitable et résilient, appuyé sur un cadre institutionnel rénové et des priorités nationales claires. L’État s’emploie à améliorer le climat des affaires : modernisation du cadre législatif et institutionnel de l’investissement, simplification et digitalisation des procédures, amélioration des services publics, accès facilité aux fonciers d’investissement, formation professionnelle adaptée, et modernisation des infrastructures portuaires, douanières et logistiques.

Elle ajoute lors de son allocution que la coopération tuniso‑italienne se traduit déjà par des avancées concrètes. L’Italie demeure un investisseur majeur en Tunisie, notamment dans le secteur énergétique, et se classe au troisième rang des partenaires pour les IDE, avec plus de 1 072 entreprises à participation italienne et un stock d’investissement estimé à environ 3,7 milliards de dinars. Les échanges commerciaux ont atteint près de 20,5 milliards de dinars en 2025, poursuivant une croissance  +8% sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Le tourisme illustre aussi ce partenariat : plus de 160 000 visiteurs italiens ont séjourné en Tunisie en 2025.

Au‑delà des chiffres, des projets structurants témoignent de l’ambition commune : le projet de ligne électrique ELMED, mené par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz et TERNA, constitue la première interconnexion directe entre l’Afrique du Nord et l’Europe, renforçant la sécurité énergétique et favorisant le déploiement des énergies renouvelables. Le projet TANIT, intégré au plan Mattei pour l’Afrique, illustre par ailleurs une coopération dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau, fondée sur le partage d’expertise et le développement durable.

Malgré ces avancées, le potentiel de la relation bilatérale reste sous‑exploité. Ce forum doit servir de passerelle pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement notamment dans les énergies renouvelables, l’industrie des composants automobiles, les technologies de l’information et de la communication, et l’économie numérique. La stratégie nationale de l’industrie et du renouvellement à l’horizon 2035 vise à moderniser la gouvernance industrielle, promouvoir l’innovation et renforcer les pôles technologiques, facilitant l’intégration des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur mondiales.
Nos priorités incluent la montée en valeur ajoutée de l’industrie  mécanique, électronique, composants automobiles et aéronautiques, industries pharmaceutiques, agroalimentaires, chimiques, technologies environnementales, économie bleue et services numériques — ainsi que le soutien aux PME par des incitations à la modernisation et à l’intégration régionale.
La Tunisie et l’Italie partagent aussi des enjeux environnementaux communs : gestion des ressources naturelles, sécurité alimentaire, lutte contre l’érosion côtière et la pollution marine, adaptation agricole aux changements climatiques et préservation de la biodiversité méditerranéenne. La coopération bilatérale peut produire des solutions innovantes, depuis la gouvernance de l’eau jusqu’à l’économie bleue et la modernisation des filières agricoles.

Sur le plan régional, elle souligne que la Tunisie affirme son rôle de plateforme économique entre l’Europe et l’Afrique. Notre engagement dans la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAF) et notre adhésion à la COMESA témoignent de cette ambition. Des partenariats triangulaires réunissant savoir‑faire italien, compétences tunisiennes et opportunités africaines peuvent ouvrir des marchés importants dans les infrastructures, l’agriculture, l’eau, l’énergie, la santé, la formation et la numérisation.

La Mattei Initiative représente un cadre pertinent pour des projets respectueux des priorités nationales, de la souveraineté des États et axés sur la création de valeur locale. La Tunisie est prête à jouer un rôle actif comme plate‑forme d’investissement, de production et de formation, attirant des investissements qualitatifs afin de favoriser la création de richesse, la croissance et la justice sociale.

En conclusion, « ce forum doit s’inscrire comme une étape récurrente de dialogue et d’échanges pragmatiques entre acteurs tunisiens et italiens. Nous souhaitons qu’il contribue à concrétiser des projets communs, à approfondir une coopération stratégique et à ouvrir de nouvelles perspectives économiques, pour le bénéfice des peuples tunisien et italien ». conclut-elle.

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Climat et ozone : la Tunisie abaisse sa consommation d’HCFC de 70% (objectif zéro en 2030)

24. Juni 2026 um 12:45

La Tunisie a réduit de 70% sa consommation d’hydrochlorofluorocarbures (HCFC) d’ici la fin 2025 par rapport au niveau national de référence de 725 tonnes, évitant ainsi l’émission d’environ 917 670 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone. C’est ce qu’a révélé l’agence de presse italienne Ansa.it

Il convient de noter que les HCFC sont des gaz principalement utilisés dans les secteurs de la réfrigération et de la climatisation. Bien qu’ils aient été largement employés à des fins industrielles et domestiques pendant des années, ce sont des substances nocives pour la couche d’ozone et contributrices au réchauffement climatique.

Leur élimination progressive s’inscrit dans les engagements pris par la Tunisie dans le cadre du Protocole de Montréal, auquel le pays a adhéré en 1989, ainsi que de ses amendements successifs, y compris l’amendement de Kigali adopté en 2016 et ratifié par Tunis en 2021.

 

Selon les Nations unies, après les deux premières phases du plan lancées durant la période 2014–2026, la nouvelle phase 2026–2030 vise à porter la consommation nationale de HCFC à zéro d’ici 2030. Le programme prévoit, entre autres mesures, la récupération, le recyclage et la régénération des fluides frigorigènes, la formation de techniciens et d’opérateurs du secteur du froid, le soutien aux centres de formation professionnelle et des projets pilotes dans les filières pêche et industrie agroalimentaire.

Par ailleurs, selon l’ANSA, la transition vers des technologies de refroidissement plus efficientes et à moindre impact climatique représente l’un des défis environnementaux et économiques pour la Tunisie, où la demande en climatisation et réfrigération est appelée à croître avec l’augmentation des températures et le développement des secteurs agroalimentaire, logistique et touristique. Pour le cas de la Tunisie, la réduction des HCFC constitue donc un résultat environnemental, mais aussi une transition technologique pour adapter les entreprises et les services aux normes internationales en matière de climat, d’ozone et d’efficacité énergétique.

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Empfangen — 23. Juni 2026 Französischsprachig

Plan quinquennal 2026-2030 : entre ambition sociale et fragilité économique

23. Juni 2026 um 16:46

Le projet de plan quinquennal 2026-2030 livre un diagnostic riche. Mais il souffre d’un défaut majeur : l’absence d’une hiérarchisation claire des priorités. Dette, sécurité alimentaire, chômage structurel et transition numérique y sont traités au même niveau. Ce qui brouille la lecture stratégique et empêche d’identifier les leviers les plus déterminants pour relancer durablement l’économie. C’est ce que relève Ridha Chkoundali, expert en économie, via son post Fb. 

 En économie du développement, il est essentiel de distinguer les variables explicatives (investissement, productivité, épargne) des résultats attendus (croissance, chômage, pauvreté). 

Sur le plan macroéconomique, l’analyse de Ridha Chkoundali souligne l’usage d’hypothèses dépassées concernant le plan quinquennal 2026-2030. En effet, elle s’appuie en partie sur des projections antérieures aux récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux révisions du FMI d’avril 2026. En conséquence, les séries chiffrées, en particulier la prévision de croissance de 3,3 % pour 2026 et sa ventilation sectorielle paraissent irréalistes. D’ailleurs, elles remettant en cause l’ensemble des objectifs calibrés à partir de ces données. Il est alors légitime de se demander comment ces failles n’ont pas été détectées avant la soumission du plan aux instances de validation.

La visibilité sur le financement est un autre point faible majeur

 Pourtant, la crédibilité d’un plan de développement repose en grande partie sur la clarté de son architecture financière. A savoir que les bailleurs et les investisseurs exigent des estimations détaillées des ressources propres, des emprunts intérieurs et extérieurs, ainsi que des scénarios de mobilisation des partenariats public-privé. Élaborer un plan en situation d’incertitude financière, alors même que le texte reconnaît l’incertitude mondiale, affaiblit sa portée opérationnelle.

En outre, plusieurs objectifs paraissent trop ambitieux au regard des capacités d’exécution réelles. Doubler presque le revenu moyen par habitant d’ici 2030, réduire fortement le chômage et la pauvreté, accélérer massivement la part des énergies renouvelables ou multiplier les projets d’investissement demandent des moyens et une capacité de gestion hors de proportion avec l’expérience récente. Le taux d’achèvement des projets publics a rarement dépassé les 40 %. Et tripler la croissance de l’investissement en cinq ans exige des financements colossaux et une efficacité administrative qui ne sont pas démontrés. Sans arbitrages clairs et ressources adaptées, ces cibles risquent de rester déclaratives.

Ensuite, Ridha Chkoundali poursuit son analyse en estimant que le plan tente parallèlement de concilier deux logiques difficiles à coexister : une redistribution accrue et une création de richesse. De ce fait, il privilégie la question « comment répartir la croissance ?» plutôt que « comment générer de la richesse ? » Or, augmenter les dépenses sociales sans gain de productivité peut réduire la compétitivité. Et relever les salaires sans améliorer la productivité pèse sur l’investissement privé. 

D’ailleurs, certaines ambitions sectorielles semblent irréalistes. Les cibles de croissance sectorielle (agriculture, industrie, services), la multiplication de la production de phosphate ou la forte montée des matériaux de construction exigeraient des changements structurels profonds, une transformation de la politique monétaire et fiscale et des ressources humaines et financières considérables. De même, l’objectif d’intégrer 50 % du secteur informel semble déconnecté des mesures récentes (nouveau droit des chèques, suppression du numéraire plafonné) qui ont rendu l’informalité plus résiliente.

Le rôle accordé à l’État et aux collectivités locales est central dans le plan. Tandis que le levier de l’investissement privé, des entreprises exportatrices et de l’innovation reste moins mis en avant. L’expérience internationale montre pourtant que la soutenabilité du développement repose largement sur l’investissement privé et la compétitivité, éléments insuffisamment valorisés dans notre pays. 

Il ajoute : « Il faut relier chaque objectif à des indicateurs de résultat précis (emplois créés, productivité, attractivité des investissements) et prévoir des mécanismes de responsabilité en cas de retard ou d’échec. L’absence de scénarios alternatifs (optimiste, de référence, pessimiste) est une lacune majeure dans un pays vulnérable aux chocs externes et climatiques. »

 Dans ces conditions, les équilibres retenus pour bâtir le texte deviennent fragiles, en particulier la prévision de croissance de 3,3% pour 2026, ainsi que sa ventilation sectorielle. Pour Ridha  Chkoundali, un plan fondé sur des chiffres devenus obsolètes risque d’induire une lecture biaisée de l’ensemble des objectifs économiques.

L’un des principaux reproches concerne l’absence d’une architecture financière clairement définie. L’économiste souligne qu’un document de développement doit indiquer de façon précise les ressources propres, les emprunts intérieurs et extérieurs, ainsi que la manière dont les budgets 2026-2030 seront couverts. Or, dans un contexte marqué par l’incertitude, cette dimension apparaît insuffisamment détaillée. Pour lui, il est difficile de bâtir un plan crédible alors même que le texte reconnaît les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale. Cette contradiction réduit la lisibilité du projet pour les bailleurs, les investisseurs et les acteurs économiques.

Ridha Chkoundali insiste également sur le décalage entre les objectifs affichés et les capacités réelles d’exécution. Le plan vise un revenu moyen par habitant de 21 530,5 dinars, soit 7 424,3 dollars en 2026, ce qui reviendrait presque à doubler le niveau moyen observé en Tunisie. Il fixe aussi des cibles ambitieuses en matière de pauvreté, d’emploi, d’investissement et de transition énergétique. Mais, selon lui, ces ambitions ne sont pas accompagnées d’une démonstration suffisante des moyens nécessaires pour les atteindre. Le passage de la croissance moyenne de 2,4% sur 2021-2025 à 4,2% sur 2026-2030 lui paraît trop optimiste, de même que les projections sectorielles qui annoncent, par exemple, une progression de l’agriculture de 0,1% à 3,1%, de l’industrie de 1,8% à 5,1% et des services de 2,9% à 4,2%.

La même réserve vaut pour plusieurs secteurs jugés stratégiques. L’objectif de faire progresser le secteur minier de 8,4% à 14,3%, avec une montée de la production de phosphate d’environ 3 millions de tonnes à 11,4 millions de tonnes en 2030, est présenté comme particulièrement difficile à réaliser.  Ridha Chkoundali juge également très ambitieux le rythme attendu dans la construction et les travaux publics, avec une hausse de 1% à 8,8%, ou encore dans l’industrie des matériaux de construction, de 1,4% à 7,1%. Ces objectifs supposent, selon son analyse, des ruptures profondes dans la politique économique, la fiscalité, le financement et la capacité administrative, sans que le document n’en expose clairement les conditions.

L’économiste critique aussi le choix de privilégier la redistribution sans clarifier les arbitrages avec la création de richesse. Le plan veut simultanément réduire le chômage, les disparités régionales, la pauvreté et renforcer la justice sociale, tout en augmentant les dépenses de développement. Mais Chkoundali estime que le texte ne dit pas assez comment concilier ces objectifs parfois contradictoires. Augmenter les dépenses sociales sans gain de productivité, ou relever les salaires sans amélioration de la compétitivité, peut fragiliser l’investissement privé. À ses yeux, le document privilégie davantage la répartition  de la croissance que les conditions de production de cette richesse.

Il pointe enfin plusieurs lacunes structurelles : la place limitée accordée à l’économie informelle, à la crise des entreprises publiques, à la fuite des compétences et à la faiblesse de l’épargne nationale. Il regrette aussi l’absence de scénarios alternatifs, pourtant indispensables dans une économie exposée aux chocs externes et climatiques. Le plan est certes plus avancé que les précédents sur le suivi-évaluation, mais  Ridha Chkoundali rappelle qu’un bon dispositif ne se mesure pas au nombre de projets annoncés, mais à leur impact réel sur l’emploi, l’investissement et la productivité.

« Pour être crédible, un plan quinquennal doit clarifier ses priorités, actualiser ses hypothèses macroéconomiques, détailler son financement, proposer des scénarios alternatifs et définir des indicateurs d’impact assortis de mécanismes de reddition de comptes », conclut-il.

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Empfangen — 22. Juni 2026 Französischsprachig

Participation de Mohamed Ali Nafti au Conseil de la Ligue des États arabes

22. Juni 2026 um 17:25

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ali Nafti, participe ce lundi le 22 juin 2026 à Amman à la 165ᵉ session ordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, au niveau ministériel. La réunion devra définir les axes de l’action arabe commune et les mécanismes de renforcement de la coopération régionale, avec un accent particulier sur le soutien à la cause palestinienne et la réponse aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires actuels.

En marge du Conseil, Mohamed Ali  Nafti tiendra une série d’entretiens bilatéraux avec plusieurs ministres arabes pour faire le point sur les relations tuniso‑arabes, explorer des pistes de coopération économique et diplomatique, et coordonner les positions sur des dossiers régionaux prioritaires. C’est ce qu’a révélé le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

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Fethi Zouhair Nouri: « Le partenariat avec Afreximbank renforce la résilience de la Tunisie »

22. Juni 2026 um 14:58

La Banque centrale de Tunisie (BCT) et la Banque africaine d’import‑export (Afreximbank) ont signé une facilité de prêt à terme de 500 millions de dollars destinée au compte du ministère des Finances. C’est ce qu’a annoncé Afreximbank. La cérémonie s’est tenue au siège de la banque panafricaine, en présence de George Elombi, président d’Afreximbank, et de Fethi Zouhair Nouri  gouverneur de la Banque centrale de Tunisie.

Fethi Zouhair Nouri a salué la continuité du partenariat avec Afreximbank, en déclarant : « Nous nous félicitons de la poursuite de notre partenariat avec Afreximbank, qui apporte un soutien important à la Tunisie à un moment où l’accès au financement du commerce et aux liquidités en devises étrangères demeure essentiel. »

Le gouverneur  de la BCT a insisté sur la dimension concrète de la facilité pour garantir les importations indispensables et sur la  » valeur ajoutée des institutions financières africaines travaillant ensemble pour répondre à des priorités économiques communes et renforcer la résilience nationale ».

Cet accord s’ajoute aux 1,2 milliard de dollars déjà mobilisés par Afreximbank en faveur de la BCT. Il vise à aider la Tunisie à honorer ses échéances commerciales, financer l’importation de biens essentiels, carburants, engrais et produits alimentaires. Tout en renforçant l’accès aux liquidités en devises étrangères.

Pour sa part, George Elombi a souligné l’importance de l’initiative. A cet égard, il souligne : « Cette facilité réaffirme le ferme engagement d’Afreximbank à soutenir la Tunisie ainsi que le développement socio‑économique durable du continent. Et les institutions africaines doivent être à l’avant‑garde du développement de l’Afrique. »

Ainsi l’objectif de cet accord est de promouvoir des solutions africaines aux défis africains.

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Quand l’industrie scanne l’avenir du travail

22. Juni 2026 um 12:09

L’économie mondiale évolue rapidement sous l’effet d’une intelligence artificielle en forte progression et d’une transition écologique accélérée. Le dernier rapport de la Banque mondiale révèle que le décalage entre les compétences produites par les systèmes éducatifs et celles recherchées par le marché freine la croissance inclusive et la productivité.

Des réformes des systèmes éducatifs s’imposent. Pour être efficaces, elles doivent être révisables en temps réel et conçues en partenariat avec l’industrie. Il est donc essentiel d’encourager les employeurs à investir dans la formation continue, les stages, les certifications et les programmes conjoints avec les établissements d’enseignement.

La Banque mondiale souligne aussi la nécessité d’une régulation publique garantissant la qualité, la transférabilité et la portée des formations, en particulier pour les travailleurs informels et les petites entreprises.

Le secteur privé apporte trois atouts décisifs :

  • Sa réactivité : il détecte rapidement les compétences émergentes;
  • La clarté du signal : ses investissements montrent quelles compétences génèrent réellement productivité et emplois de qualité (par exemple, certifications AWS, Google, Microsoft);
  • Et l’envergure dont il dispose : des plateformes et des réseaux permettant de diffuser massivement des formations.

Ces contributions ont toutefois des limites et doivent être complétées par le secteur public : les formations industrielles doivent déboucher sur des certifications reconnues et atteindre les populations hors du périmètre des grandes entreprises. Le cadre européen des certifications et les microcertifications de l’UE constituent des modèles instructifs.

Des initiatives en Argentine et en Malaisie montrent que l’alignement entre formation et emploi peut créer des milliers d’emplois et étendre les bénéfices au-delà des grandes entreprises. La Banque mondiale fait de cette approche un axe stratégique, thème central de sa 10e Conférence mondiale sur l’éducation à Madrid.

En somme, combiner l’agilité et l’échelle du secteur privé avec la régulation, les standards et l’inclusion portés par le secteur public est indispensable pour réduire le déficit de compétences et saisir les opportunités économiques à venir.

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