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Quand le port en eau profonde d’Enfidha verra-t-il le jour ?  

24. September 2026 um 11:44

Ils sont forts nos ministres quand il s’agit de tirer des plans sur la comète et d’annoncer à cor et à cri des projets délirants auxquels les médias locaux accolent une foison de superlatifs. Quant à les réaliser ensuite, il ne faut tout de même pas trop leur demander à ces chers planificateurs ! Espérons qu’avec le projet du vaste pôle portuaire doté d’une zone logistique de 2 000 hectares, un hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique, selon les termes du ministre des Transports, Rachid Amri, nous serions cette fois démentis. Quoique nous n’aimons pas nous bercer d’illusions…

C’est du fameux grand pôle portuaire en eau profonde d’Endidha, dans le gouvernorat de Sousse, dont on annonce la réalisation depuis la fin des années 1990 et qui tarde à sortir des cartons, qu’il s’agit encore une fois. Les Tunisiens s’ennuient et ils n’ont rien à se mettre sous la dent, alors on leur sort ce serpent de mer pour les faire rêver debout et oublier les pénuries quotidiennes qu’ils subissent.

M. Amri, qui parlait lors de l’ouverture à Tunis des «Seaports Days», organisées les 22 et 23 septembre 2026, en collaboration avec l’ambassade des États-Unis, a indiqué, au cas où on l’aurait oublié, que ce vaste pôle portuaire sera adossé à une zone de services logistiques de plus de 2 000 hectares et relié aux réseaux ferroviaire et autoroutier du pays. Ce ne sera pas le Port de Jebel Ali à Dubaï ou Tanger Med au Maroc, mais ça leur ressemblera un peu. Enfin on l’espère bien !

Selon les ministère des Transports, ce programme de développement des infrastructures portuaires vise à «renforcer la position de la Tunisie en tant que plateforme logistique régionale en Méditerranée et porte d’entrée vers les marchés africains.» Pas moins !

Les sept ports maritimes commerciaux tunisiens assurent actuellement environ 98 % du volume des échanges commerciaux du pays avec l’étranger, pour un trafic total de l’ordre de 30 millions de tonnes par an.

Le projet de port en eau profonde d’Enfidha, dont la réalisation a pris plus de vingt ans de retard, est présenté comme l’une des grandes infrastructures prévues dans le Plan de développement 2026-2030. Ce «hub régional entre la Méditerranée et l’Afrique» sera-t-il donc opérationnel dans quatre ans ?

Que le ministre Amri nous pardonne : nous avons appris, dans ce pays où tout semble à l’arrêt depuis 2011, à ne plus croire aux miracles ni aux coups de baguette magique. Nous ne pensons pas qu’il est capable de faire mieux que la vingtaine de ministres qui l’ont précédé au poste et qui ont tous pris la peine de présenter ce projet aux hypothétiques investisseurs étrangers, avec les résultats que l’on sait.

Espérons qu’avec nos amis Américains, qui ont des problèmes avec les détroits d’Ormuz et de Bab El Mandeb, les choses iront beaucoup plus vite !

I. B.

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Tunisie – USA : vers l’innovation pour moderniser les infrastructures portuaires

22. September 2026 um 12:53

Annoncé dès les années 1990, étudié à partir de 2008, jamais construit : le projet de port en eau profonde d’Enfidha symbolise à lui seul les ambitions inabouties de la Tunisie en matière d’infrastructures.

Le congrès « Seaports Days » a réuni ce mardi 22 septembre 2026 des experts, des responsables tunisiens et des acteurs du secteur portuaire et du transport maritime. Y participaient également des représentants du secteur privé américain et d’institutions financières américaines et internationales.

Étaient aussi présents lors de cette conférence le ministre des Transports, Rachid Amri, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie Bill Bazzi  ainsi que des responsables de plusieurs institutions tunisiennes concernées par le secteur du transport maritime et des ports, notamment la Direction générale du transport maritime du ministère des Transports, l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP), la Société du port de Nabeul (SPE), la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) et bien d’autres…

Le ministre des Transports, Rachid Amri, a identifié plusieurs chantiers structurants. Il a cité à cet égard la modernisation des sept ports commerciaux (Radès, Bizerte, Sousse, Sfax, Gabès, Zarzis et La Goulette), le développement des zones logistiques qui leur sont associées, ainsi que le renforcement des liaisons ferroviaires et routières. L’objectif étant de mieux désenclaver les plateformes portuaires. À cela s’ajoutent la digitalisation et le verdissement des opérations portuaires. L’ensemble de ces projets est ouvert à la coopération internationale, que ce soit en matière d’expertise technique que de financement.

Pour sa part, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que « la Tunisie a une vision pour le développement et la modernisation du secteur maritime et a besoin de partenaires dans ce domaine ».

Interrogé sur ce que peuvent apporter les institutions et les experts américains, il a répondu : « Les entreprises américaines disposent d’infrastructures de pointe. Nombre d’entre elles réalisent d’importants projets d’infrastructure, tant aux États-Unis qu’à l’international. Ces entreprises excellent non seulement dans la construction de ports et de navires, mais elles respectent aussi les normes internationales, notamment les normes de qualité et la souveraineté nationale. Elles proposent également des financements et soutiennent les projets de modernisation. »

 

Projet du port d’Enfidha : des entreprises américaines envisagent d’y participer

A cet égard, on peut noter la participation de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation). « Lors de cet atelier, l’ambassade a réuni des entreprises américaines intéressées par les ports, notamment les ports en eaux profondes, ainsi que des institutions financières prêtes à apporter leur soutien dans ce domaine. Elles possèdent une longue expérience et sont disposées à la partager avec leurs partenaires locaux » a rappelé M. Bazzi.

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les solutions qui façonnent le secteur portuaire, l’ambassadeur Bill Bazzi a déclaré : « J’ai mentionné certaines de ces entreprises. Elles sont très expérimentées dans les projets d’infrastructures de très grande envergure, qu’il s’agisse de construction que de reconstruction ».  Tout en ajoutant : « Les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie un package complet associant ingénierie de pointe, respect des normes internationales et solutions de financement adaptées, notamment pour les projets structurants comme le port en eaux profondes d’Enfidha et la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès. »

 

 

Expertise technique : construction, rénovation et gestion portuaire

Ainsi, les États-Unis disposent d’un réseau portuaire dense et diversifié (Atlantique, Pacifique, Grands Lacs, fleuves intérieurs), avec des entreprises spécialisées dans la construction et la reconstruction d’infrastructures portuaires (quais, zones logistiques), la gestion de projets en eaux profondes, qu’il s’agisse de grands que de petits chantiers, ainsi que l’intégration de technologies avancées (systèmes de manutention automatisés, digitalisation des opérations, sécurité et sûreté portuaire). Ces entreprises sont habituées à travailler selon des normes internationales strictes (qualité, sécurité, environnement) et à s’adapter aux exigences locales, tout en respectant la souveraineté nationale.

Sur le plan financier, la DFC est active en Tunisie et peut accompagner les projets portuaires via des prêts garantis et des lignes de crédit  ainsi que des mécanismes de partenariats public-privé (PPP) et de financement de projet (project finance). D’autres institutions financières américaines sont également prêtes à proposer leurs services aux partenaires tunisiens, avec une volonté claire de soutenir la modernisation des infrastructures portuaires.

Projet d’Enfidha : un champ d’opportunités pour les acteurs américains

Les estimations avancées des années 2020 du coût du projet  de port en eaux profondes d’Enfidha, étaient autour de 5 milliards de dinars tunisiens. En 2026, ce chiffre doit être révisé à la lumière de l’inflation, des évolutions technologiques et des nouveaux standards environnementaux. Plus encore, un tel projet pourrait servir de plateforme intermédiaire sur les routes maritimes internationales, générant des retombées indirectes pour l’économie tunisienne. Mais une chose est certaine : il faut penser “système de transport” dans son ensemble. Même si  la Tunisie a investi dans le transport aérien, notamment via la multiplication des aéroports à Monastir et Enfidha, le transport de marchandises repose toujours sur le maritime et le ferroviaire. 

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