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Comar d’Or | Une Tunisie qui écrit pour mieux se comprendre

24. Mai 2026 um 10:22

Samedi 23 mai 2026, à la Cité de la Culture, quelque chose de précieux s’est joué. Au-delà d’une cérémonie, au-delà d’un palmarès, au-delà même de la littérature, la 30ᵉ édition du Prix Comar d’Or a laissé apparaître une scène plus profonde : celle d’une société qui se raconte à travers ce qu’elle écrit. Car un peuple qui écrit est un peuple qui refuse de disparaître dans le bruit du présent. Un peuple qui écrit nomme. Et un peuple qui nomme commence déjà, peut-être, à se comprendre. Vidéo de la soirée.

Manel Albouchi

Depuis trois décennies, le Prix Comar d’Or accompagne cette fidélité silencieuse entre la Tunisie et ses écrivains. Dans son allocution d’ouverture, Slaheddine Ladjimi, président du Conseil d’administration des Assurances Comar, a rappelé la vocation de cette manifestation devenue incontournable : reconnaître le talent, encourager la création, offrir aux romanciers tunisiens un espace de visibilité et de consécration. Ce qui était ambition est devenu tradition, et ce qui était tradition est devenu référence.

Cette année, 92 romans ont été retenus, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Ils n’étaient que treize lors de la première édition en 1997. Cette progression ne dit pas seulement une croissance quantitative. Elle dit un déplacement culturel profond : davantage de Tunisiens écrivent, et cela transforme silencieusement notre rapport au monde et à nous-mêmes.

Comar d’or du roman tunisien de langue arabe Fathi El Balti…
… et de langue française Hichem Ben Azzouz.

Une nécessité humaine de mise en récit

Ce qui frappe d’abord, c’est l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs. Près de la moitié des œuvres présentées sont des premiers romans. Des médecins, des ingénieurs, des professionnels venus d’autres horizons prennent aujourd’hui la plume. Comme si l’écriture redevenait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une nécessité humaine de mise en récit. Écrire pour comprendre. Écrire pour transmettre. Écrire pour donner forme à ce qui, sans cela, resterait diffus, non symbolisé, parfois même psychiquement encombrant.

Longtemps, les romans tunisiens ont porté les traces immédiates de nos fractures : la révolution, la précarité, les désillusions, les impasses sociales. Cette année, un autre mouvement apparaît : un retour vers l’histoire. Comme si, face à l’incertitude du présent, la littérature cherchait à descendre dans les couches profondes de la mémoire collective. Le roman devient alors plus qu’un espace d’imaginaire : il devient un lieu où passé et avenir tentent de se relier, parfois de se réconcilier.

Cette dynamique traverse les œuvres de langue française primées. ‘‘Tunis Arkana’’ de Sofiene Ben M’Rad, lauréat du Prix Découverte en langue française, propose une plongée dans la régence de Tunis au XIXᵉ siècle, entre intrigues politiques, passions et secret d’un manuscrit enfoui à La Manouba. ‘‘Une reine sans royaume’’ de Hella Feki, Prix du Jury, suit le parcours intime d’une reine malgache exilée entre Alger, Tunis et Paris, dans une écriture empreinte de déplacement intérieur et de fragilité élégante. Quant au Comar d’Or, il a été attribué à ‘‘Sangoma le guérisseur’’ de Hichem Ben Aouz, un récit initiatique traversant les paysages de Cap Angela à Cap Agulhas, mais surtout la fracture d’un jeune médecin tunisien confronté à un système qui s’éloigne de l’essentiel : le corps, la mémoire, l’humain.

Prix spécial du Jury du roman tunisien de langue arabe Mosbah Bettaieb…
… et de langue française Hella Feki.

Du côté de la littérature arabe, les distinctions confirment une sensibilité similaire. ‘‘Al Majda’’ (الماجدة) de Najoua Mkaddem explore avec finesse les tensions intérieures d’une femme prise entre amour, blessure et possibilité de départ. ‘‘Saief Assaouane’’ (سيف الصوان) de Mosbah Bettaieb reconstruit la mémoire locale et interroge l’expérience coloniale dans une langue traversée de poésie. Enfin,‘‘Dam Sayiî’’ (دم سيء) de Fathi El Balti plonge dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine, où violence, identité et désordre intérieur s’entrelacent.

Un élément s’impose cette année avec une netteté particulière : la présence du psychologique. Comme si la littérature tunisienne, après avoir longtemps raconté les événements, commençait à explorer ce qu’ils produisent à l’intérieur des sujets. Les blessures, les contradictions, les héritages invisibles. Ce déplacement est essentiel : il marque le passage d’une littérature du fait à une littérature de l’effet. Non plus seulement ce qui arrive, mais ce que cela fait à l’intérieur de celui qui vit.

Se comprendre mieux, individuellement et collectivement

Autre signe fort : plus d’un tiers des romanciers en compétition sont des femmes. Longtemps, le roman fut un espace majoritairement masculin. Écrire exige du temps, du retrait, un espace intérieur souvent contraint par les charges sociales, familiales et symboliques. Leur présence croissante signale un élargissement de la parole et une redistribution silencieuse de la légitimité à raconter. Ce n’est pas seulement un indicateur culturel, c’est une transformation du paysage psychique collectif : qui a le droit de dire le monde ?

Il faut également saluer le travail discret mais essentiel des membres des jurys, qui ont dû cette année, entre obligations professionnelles et familiales, donner d’eux-mêmes pour venir à bout d’une sélection particulièrement riche et exigeante. Leur engagement silencieux est au cœur de la crédibilité du prix, car il garantit la rigueur du choix et la continuité de cette aventure littéraire. Le jury de la langue française était présidé par Ridha Kefi, tandis que celui de la langue arabe était dirigé par Mohamed El Kadhi. Deux responsabilités assumées dans un temps fragmenté, mais avec une constance qui donne au Comar d’Or sa profondeur institutionnelle.

Prix Découverte du roman tunisien de langue arabe Najoua Mkaddem…
… et de langue française Sofiane Ben M’Rad.

Il faut également saluer le rôle des maisons d’édition tunisiennes, souvent invisibles mais décisives. Entre l’écrivain et le lecteur, elles assurent la médiation essentielle qui permet au texte d’exister socialement. Soutenir les éditeurs, c’est soutenir la possibilité même de la littérature comme bien commun. Peut-être serait-il temps d’imaginer un Prix de l’éditeur, en reconnaissance de ce travail de fond sans lequel aucune œuvre ne pourrait rencontrer son public. Certaines maisons comme Hkeyet montrent déjà combien cet espace peut devenir une véritable exigence intellectuelle et esthétique.

La soirée a également été portée par l’Orchestre symphonique de Carthage, sous la direction de Hafedh Makni. La musique n’était pas un simple accompagnement : elle fonctionnait comme un autre langage du lien, rappelant que les sociétés se racontent aussi par le rythme, la vibration, l’émotion partagée.

Dans un monde traversé par les accélérations et les fractures, la culture est souvent perçue comme un supplément. Elle est en réalité ce qui permet à une société de continuer à se penser, à se symboliser, à se relier. Elle transforme l’expérience brute en récit partageable.

Hier soir, au Comar d’Or, ce n’était pas seulement la littérature tunisienne qui était célébrée. C’était une capacité collective à transformer l’expérience en langage. Et peut-être, à travers ce langage, à commencer à se comprendre un peu mieux — individuellement et collectivement.

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Palmarès des Prix littéraires Comar d’Or 2026

24. Mai 2026 um 08:15

La cérémonie de proclamation des prix littéraires Comar d’Or pour le roman tunisien en langues arabe et française s’est déroulée, hier soir, samedi 23 mai 2026, au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture de Tunis, dans une ambiance festive où littérature et musique ont meublé une soirée exceptionnelle, avec la participation, tout en douceur et élégance, de l’Orchestre symphonique de Carthage conduit par le maestro Hafedh Makni. (Photo : Hichem Ben Azzouz, Comar d’Or du roman tunisien en langue française). Vidéo de la soirée.

Latif Belhedi

Pour la direction des Assurances Comar, qui ont lancé ces prix en 1997, ce fut une occasion pour célébrer le trentième anniversaire de ces prix qui ont impulsé la production romanesque tunisienne, aidé à l’éclosion de nombreux talents littéraires et au développement de l’activité éditoriale nationale, ce dont témoigne le nombre record de romans examinés par les jurys cette année et qui ont approché la centaine contre à peine une vingtaine il y a trente ans. D’ailleurs, ce 30e anniversaire a été une occasion pour rendre hommage à tous ceux, romanciers, critiques littéraires et éditeurs, qui ont contribué à la promotion des Prix Comar d’Or et à leur succès grandissant, en Tunisie mais aussi à l’étranger.  

Avant de proclamer le palmarès, les présidents des deux jurys se sont félicités de la qualité d’une bonne partie des romans qu’ils ont eu à examiner et dont beaucoup auraient mérité de figurer dans le palmarès de cette année. Sauf qu’ils ont dû trancher dans le vif pour ne garder que six titres, trois en arabe et trois en français dont les auteurs ont été invités à recevoir leurs prix sous les applaudissements du public présent.

Sofiane Ben M’r’Rad, Prix Découverte, et Hella Fékih, Prix spécial du jury.

Nous reproduisons ci-dessous le palmarès des Prix Comar d’Or 2026 en langue française tel que présenté par le jury.

Le Prix Découverte a été attribué à Sofiane Ben M’Rad pour son roman ‘Tunis Arkana’, paru aux éditions Sikelli.

Un roman historique au souffle épique qui raconte avec acuité la difficile accession de la Tunisie au progrès et à la modernité au cours de la première moitié du 19e siècle. Et ce à travers un récit passionnant, où se mêlent ambitions, amours et intrigues sanglantes autour d’un précieux manuscrit caché dans la bibliothèque du bey à Manouba.

Le Prix spécial du jury a été attribué à Hella Feki pour son roman ‘Une reine sans royaume’, paru aux éditions JC Lattès. 

Un roman qui retrace, avec tendresse et poésie, les pérégrinations amoureuses et intellectuelles d’une reine malgache exilée, entre Alger, Tunis et Paris, à une période charnière de l’histoire de la colonisation française.

Ce texte écrit dans une langue élégante bruissant d’images poétiques est aussi une réflexion sur l’exil, la liberté et la soif d’émancipation des peuples soumis à l’occupation étrangère.

Le Comar d’Or a été attribué à Hichem Ben Azouz pour son roman ‘Sangoma, le guérisseur’, paru aux éditions Hykeyet. 

Un roman écrit avec une sensibilité à fleur de mots et qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin tunisien en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité.

C’est aussi un voyage initiatique à travers l’Afrique, de Cap Angela en Tunisie à Cap Agulhas en Afrique du Sud, en quête de l’Homme, de sa mémoire, de sa culture et de sa sagesse ancienne. 

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Du rififi chez les chiites en Irak

17. Mai 2026 um 08:50

Le pays du Tigre et de l’Euphrate n’a pas uniquement souffert des guerres et du terrorisme, l’autre maladie chronique qu’il endure depuis 2003 est le système de gouvernance confessionnel et son corollaire la prédation affairiste. Les chiites dominent le jeu politique et chaque composition de gouvernement ressemble plus au partage d’un gâteau et les morceaux les plus importants attisent le plus la convoitise et ce, au sein même de la communauté chiite. 

Imed Bahri

Le journal londonien arabophone Al-Quds Al-arabi qui s’est livré à une lecture minutieuse de la composition du nouveau dispositif exécutif a indiqué que la répartition des portefeuilles ministériels au sein du gouvernement du Premier ministre désigné Ali Al-Zaidi a suscité une controverse chiite au sein du Cadre de coordination*, notamment concernant le ministère du Pétrole. Ce portefeuille est convoité par la coalition «État de droit» menée par Nouri Al-Maliki d’une part et par la coalition «Reconstruction et Développement» dirigée par le chef du gouvernement sortant Mohammed Shia Al-Sudani, d’autre part. Parallèlement, l’atmosphère semble plus positive du côté des forces politiques sunnites, qui ont récemment soumis leur liste de candidats au Premier ministre désigné. 

Toutes les forces politiques chiites au sein du Cadre de coordination conservent l’intégralité de leurs points (déterminés par le nombre de sièges au Parlement), qu’elles entendent utiliser comme monnaie d’échange pour obtenir des postes au sein du nouveau gouvernement. L’exception est le mouvement «Asa’ib Ahl al-Haq», dirigé par Qais Al-Khazali, qui a perdu la majeure partie de ses points en obtenant le poste de vice-président du Parlement.

Le pétrole attise les convoitises

Le ministère du Pétrole représente le principal obstacle à la finalisation de la répartition des portefeuilles ministériels entre les chiites, malgré les désaccords politiques existants concernant d’autres postes au sein du gouvernement en cours de composition.

Le député Mohammed Hadi Al-Shammari, du bloc des Services, a déclaré aux médias proches du Cadre de coordination que «le gouvernement sera présenté au Parlement cette semaine et ce dernier votera sur une partie de sa composition»

Il a expliqué que «les blocs État de droit et Reconstruction se disputent le ministère du Pétrole», ajoutant que le chef du gouvernement Ali Al-Zaidi (photo) est à la recherche de nouveaux visages. 

Selon le député irakien, les ministères de l’Industrie et de l’Éducation ont été attribués au bloc du Progrès. Il a noté que «le ministère de la Défense est disputé entre Thabit al-Abbasi, Nayef Al-Shammari et Jumaa Anad, tandis que le ministère de la Planification a été attribué à l’Alliance Azm». Il a confirmé que le ministère des Transports a été attribué au bloc Badr dirigé par Hadi al-Amiri.

Il a indiqué que «quatorze ministères ont été attribués à ce jour et l’Alliance des services brigue le ministère des Communications, pour lequel nous avons trois candidats». Il a également précisé que «les ministères des Affaires étrangères et de la Reconstruction ont été attribués au Parti démocratique du Kurdistan»

Malgré cet accord, comme l’a souligné le député Al-Shammari, le poste de ministre du Pétrole pourrait potentiellement faire dérailler tout accord conclu dans ce cadre.

Dans un contexte d’escalade politique autour du portefeuille du Pétrole, le député Alaa Al-Haidari, chef du bloc parlementaire Al-Asas, a déclaré dans une publication : «Nous rejetons catégoriquement l’inclusion du portefeuille du Pétrole dans le jeu politique, manipulé par des individus qui convoitent ce ministère, en nommant une personne corrompue ayant fui l’Irak, accusée du vol du siècle** et qui bénéficie du soutien d’une entreprise étrangère de renom», sans toutefois la nommer. Il a ajouté : «Nous ne resterons pas les bras croisés face à ce mépris flagrant des valeurs, des principes et des constantes nationales, et nous ne permettrons pas que le portefeuille pétrolier soit confié à quiconque d’autre que les habitants de Bassora. Nous disposons de personnalités compétentes et professionnelles dans le secteur pétrolier, capables de diriger ce ministère avec brio». Il a considéré cela comme «un droit acquis et non une faveur accordée par quiconque».

Bassora veut sa part du gâteau

Dans le même esprit, le député Shaker Mahmoud Al-Tamimi (Abu Turab), du bloc parlementaire Badr, affirme que si les portefeuilles des Transports et du Pétrole ne sont pas attribués à Bassora, il prendra position en tant que représentant de la province, reprenant ainsi la position des députés de Bassora. Il soutient que Bassora compte de nombreuses personnes qualifiées et expérimentées, capables de gérer ces deux ministères, et qu’il est plus approprié de privilégier les intérêts de la province.

Dans un communiqué de presse, M. Al-Tamimi a déclaré avoir informé la direction de Badr et demandé que le poste de ministre des Transports soit attribué à Bassora. Il a expliqué que l’on s’attend généralement à ce que ce ministère soit attribué à Badr, conjointement avec celui des Communications, ou que la répartition soit modifiée pour inclure les ministères des Communications et de l’Intérieur, ou encore ceux des Transports et de l’Intérieur. Il a souligné que la situation n’est pas encore totalement confirmée.

Il a précisé que la demande pour ces ministères repose sur la richesse de l’expertise, des talents et des capacités de Bassora dans les domaines des transports et du pétrole. Il a affirmé que cela renforcerait l’action du gouvernement et ne se limitait pas à une simple revendication de ces deux portefeuilles. Il a ajouté : «Des désaccords persistent concernant certains ministères, notamment l’Intérieur, le Pétrole et les Finances». Il a indiqué que «le ministère du Pétrole a été attribué au bloc Reconstruction et Développement et que la répartition des autres ministères pourrait être finalisée d’ici la fin de la semaine, mais pas entièrement. Le vote pourrait ne porter que sur 15 ministères».

La Coalition de l’État de droit, dirigée par Al-Maliki, affirme également que l’alliance rivale Reconstruction et Développement dirigée par Sudani vise l’un des deux ministères suivants : le Pétrole ou les Finances.

Le chef de la coalition, Abdul Rahman Al-Jazaeri, a déclaré que «le bloc Reconstruction et Développement a demandé le ministère du Pétrole ou celui des Finances en fonction de ses scores électoraux, en échange du ministère de l’Agriculture attribué à la Coalition de l’État de droit».

Il a souligné qu’Al-Zaidi a mis en place un mécanisme spécifique pour les comités chargés d’examiner les CV des candidats et de vérifier leur conformité aux critères de nomination.

L’Alliance conduite par Sudani insiste toutefois pour que le gouvernement d’Al-Zaidi soit formé en fonction de la force relative des blocs politiques ayant remporté les élections.

Lors d’une réunion de la direction de la coalition, tenue dimanche soir et présidée par Mohammed Shia Al-Sudani, les derniers développements politiques et la formation du nouveau gouvernement ont été abordés. Al-Sudani a passé en revue les résultats des réunions et discussions avec les blocs politiques, qui ont porté sur les mécanismes de formation du gouvernement et la répartition des ministères conformément aux droits électoraux et constitutionnels.

La réunion a réaffirmé la poursuite des consultations avec les blocs afin de parvenir à un consensus permettant la formation du gouvernement.

Dans un communiqué de presse, la coalition a souligné son engagement à garantir la formation du gouvernement conformément aux résultats des élections et à la force relative de chaque bloc, assurant ainsi un gouvernement fort, capable de répondre aux besoins de la population, de fournir des services et d’améliorer la situation du pays en poursuivant les efforts de développement et de reconstruction, en trouvant des solutions aux crises économiques et en protégeant l’Irak et son peuple de tout danger.

Parallèlement, le Conseil politique national sunnite a annoncé rejeter toute ingérence de partis ou de personnalités politiques extérieures à la communauté sunnite concernant ses prérogatives ministérielles, confirmant avoir soumis ses candidats aux portefeuilles ministériels au Premier ministre désigné.

Respecter les équilibres nationaux

Le Conseil a indiqué dans un communiqué de presse avoir tenu une réunion dimanche dernier à Bagdad chez Khamis Al-Khanjar, chef de l’Alliance de la souveraineté. Étaient présents à cette réunion Mohammed Al-Halbousi, chef du Parti du progrès, Haibat Al-Halbousi, président du Parlement, ainsi que les dirigeants des partis et alliances membres du Conseil. Muthanna Al-Samarrai, chef de l’Alliance de la détermination, était absent. L’objectif de la réunion était d’examiner les derniers développements concernant la formation du prochain gouvernement.

Le communiqué précise que la réunion a porté sur les termes de l’accord politique et ses mécanismes de mise en œuvre, garantissant le respect des exigences constitutionnelles et des équilibres nationaux. Les participants ont également discuté des moyens de soutenir le futur gouvernement et de renforcer la stabilité politique.

Le Conseil a indiqué avoir soumis ses candidats aux postes ministériels au Premier ministre désigné, dans le cadre des accords politiques en vigueur.

Les participants ont réaffirmé leur rejet catégorique de toute ingérence de personnalités ou de partis politiques extérieurs au Conseil dans les nominations ministérielles les concernant. Ils ont souligné leur engagement à gérer leurs affaires internes conformément aux accords conclus par les forces politiques. Le Conseil a également insisté sur l’importance de «respecter les équilibres politiques, d’œuvrer dans un esprit de partenariat national et de se conformer aux termes de l’accord politique afin de contribuer au succès de la formation du gouvernement».

*Le Cadre de coordination est un conseil regroupant toutes les forces politiques chiites en Irak à l’exception du courant sadriste dirigé par le clerc Muqtada Al-Sadr.

**Le vol du siècle en Irak désigne le détournement de 2,5 milliards de dollars de fonds publics, révélé fin 2022. Cette fraude massive a été orchestrée via des chèques émis par l’administration fiscale et encaissés par des sociétés écrans, illustrant la corruption endémique du pays. 

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‘‘Mort d’un pourri’’ | Un sommet du cinéma politique

17. Mai 2026 um 08:26

Je viens de revoir ‘‘Mort d’un pourri’’ (1977) de Georges Lautner, et le choc est total. Ce film m’a littéralement bluffé. C’est un chef-d’œuvre à (re)voir… Loin des comédies populaires auxquelles le réalisateur nous avait habitués, ce long-métrage s’impose comme un joyau absolu du cinéma politique français.

Mohamed Sadok Lejri *

Dès les premières minutes, on est saisi par la richesse inouïe du scénario : cherchant à protéger un ami, un député rentre en possession d’un dossier compromettant. Des tueurs se lancent à ses trousses pour les récupérer… L’intrigue est réglée comme du papier à musique : le rythme est impeccable, implacable, et le film ne souffre d’aucun temps mort.

Un casting puissant

Pour porter cette machination, le film déploie un casting d’une puissance rare, regroupant les meilleurs acteurs de l’époque : Maurice Ronet, Alain Delon, Stéphane Audran, Mireille Darc, Michel Aumont, Jean Bouise, Klaus Kinski, Julien Guiomar, Daniel Ceccaldi, Ornella Muti… Les premiers rôles y sont impériaux, mais il faut rendre un hommage vibrant aux seconds rôles, tous au sommet de leur art. Ils se révèlent aussi bons, sinon meilleurs, que les têtes d’affiche. Presque chaque personnage a droit à sa tirade de haute facture ou à sa réplique marquante.

Il faut dire que les dialogues sont ciselés par un Michel Audiard en très grande forme. Il signe ici des textes géniaux et d’une noirceur rare, s’éloignant de son registre comique habituel pour embrasser une dimension tragique et profondément politique. Ce film comporte de grands moments de cinéma qui resteront gravés dans votre mémoire : d’une part, le monologue final de Klaus Kinski, dantesque de cynisme, offre une clé de lecture saisissante sur la mentalité des oligarques qui gouvernent l’Europe aujourd’hui, et d’autre part, la confrontation finale d’une tension psychologique extrême entre Alain Delon et Michel Aumont. Chaque acteur livre une prestation d’un naturel et d’une crédibilité désarmantes.

Le film est magistralement enveloppé par la musique de Philippe Sarde, dont la bande originale, à la fois mélancolique et oppressante, colle parfaitement à la noirceur du propos.

Une troublante clairvoyance

Mais la plus grande force de ‘‘Mort d’un pourri’’ réside dans sa troublante clairvoyance. En le regardant aujourd’hui, on ne revisite pas seulement un classique du cinéma des années 70 ; on prend conscience de sa dimension prophétique.

Totalement synchrone avec les mœurs de la classe politique qu’il décrivait à l’époque, le film annonçait déjà, avec cinquante ans d’avance, la domination de l’oligarchie mondialiste et d’une élite financière cynique, hors-sol et sans frontières, sur le monde politique contemporain.

En regardant ce film, ceux qui suivent l’actualité française de près ne pourront s’empêcher de faire un parallèle avec les disparitions successives, ces dernières années, de figures politiques et d’analystes de premier plan comme Olivier Marleix, Éric Denécé ou le Général Delawarde, ou encore avec la troublante vague de suicides au sein de la DGSI ; autant d’événements survenus dans des circonstances pour le moins mystérieuses, pour ne pas dire douteuses. Même l’accent de Nicolas Tomski, incarné par Klaus Kinski, évoque inconsciemment une Europe au service du Capital et sous hégémonie allemande.

Bref, un chef-d’œuvre absolu, d’une brûlante actualité.

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Blanchiment, conspiration… Khayam Turki toujours au cœur de la tourmente judiciaire

07. Januar 2026 um 11:19

Le procès de l’activiste politique Khayam Turki pour blanchiment d’argent et infractions financières a été reporté à février par la chambre criminelle spécialisée. Déjà condamné dans l’affaire de conspiration contre la sécurité intérieure de l’État, Turki reste au cœur de plusieurs dossiers judiciaires sensibles.

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter le procès de Khayam Turki au mois de février prochain.

La décision de renvoi a été confirmée, hier, par la chambre d’accusation spécialisée de la cour d’appel de Tunis, qui avait préalablement renvoyé l’activiste devant la juridiction spécialisée pour être jugé sur des faits de blanchiment d’argent et d’autres infractions financières.

Poursuivi pour blanchiment d’argent

Khayam Turki est poursuivi dans ce dossier pour blanchiment d’argent et diverses infractions financières, qui seraient liées à l’exploitation de ses activités sociales et professionnelles. Ces accusations s’ajoutent à son dossier déjà très lourd et posent de nouvelles questions sur la gestion de ses biens et ressources dans le cadre de ses engagements politiques et associatifs.

Selon des sources judiciaires, Turki bénéficie actuellement de la liberté dans cette affaire financière, mais son statut reste compliqué par les autres procédures en cours.

Khayam Turki est actuellement incarcéré pour l’affaire dite de conspiration contre la sécurité intérieure de l’État, un dossier majeur qui avait conduit à sa condamnation à 35 ans de prison avec confiscation de ses biens. Cette condamnation fait de lui une figure centrale dans les dossiers judiciaires et politiques sensibles du pays.

Le cumul des procédures – à la fois pour des infractions financières et des accusations liées à la sécurité de l’État – illustre l’ampleur des enquêtes dont il fait l’objet et le maintient au centre de débats.

Qui est Khayem Turki ?

Né en 1969 à Paris (56 ans en 2025), Khayem Turki est un homme politique, économiste et ancien chef d’entreprise tunisien.

Il rejoint le parti Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés) après la révolution de 2011, où il occupe plusieurs responsabilités, dont secrétaire général adjoint et conseiller politique. Après une période d’activité interne marquée par les élections post-révolution, il quitte le parti en 2015.

En mai 2015, il cofonde le think tank Al-Joussour, dédié à la réflexion sur les politiques publiques, le dialogue démocratique et la gouvernance.

Proche de plusieurs cercles d’experts et de négociations politiques, il est pressenti en 2020, à la suite des législatives et des consultations de Carthage, comme possible chef de gouvernement, sans être officiellement nommé.

Depuis février 2023, Khayem Turki est incarcéré dans le cadre d’un dossier qualifié par les autorités de « complot contre la sûreté de l’État », aux côtés d’autres figures publiques.

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« El Sett » : Oum Kalthoum au cinéma, entre mythe, polémiques et émotion

27. Dezember 2025 um 09:02

Faire un film sur Oum Kalthoum n’est jamais un geste neutre. C’est toucher à une figure qui dépasse largement le cadre artistique pour relever de la mémoire collective, de l’intime, du presque sacré. Oum Kalthoum n’est pas seulement une chanteuse légendaire : elle est une présence constante, transmise de génération en génération, une voix qui accompagne des souvenirs familiaux, des moments de vie, des nuits entières. La représenter au cinéma, c’est accepter d’emblée l’idée que le film sera jugé non seulement comme œuvre, mais comme prise de position, voire comme un geste symbolique.

C’est dans ce contexte particulièrement sensible qu’est né El Sett, film ambitieux consacré à Oum Kalthoum. Présenté en première mondiale au Festival international du film de Marrakech, le film s’est immédiatement imposé comme un événement, avant même sa sortie en salles. Non seulement par son sujet, mais par l’ampleur du projet, son budget conséquent, et la volonté affichée de proposer une fresque cinématographique à la hauteur du mythe.

Son réalisateur, Marwan Hamed, occupe depuis plusieurs années une place centrale dans le cinéma égyptien contemporain. De L’Immeuble Yacoubian, qui a constitué un tournant dans le paysage cinématographique égyptien, à des productions à très gros budget devenues de véritables phénomènes publics comme Kira & El Gin, son parcours l’a installé comme un cinéaste capable de conjuguer ampleur narrative, exigence visuelle et large réception. Dans ce parcours, El Sett s’inscrit logiquement : un film porté par un réalisateur rompu aux récits collectifs et aux figures emblématiques, et conscient de ce que représente, symboliquement et culturellement, le fait de mettre en scène une icône comme Oum Kalthoum.

Avant même que le film ne soit tourné, El Sett a suscité une première polémique, la plus immédiate et la plus prévisible : celle du casting de Mona Zaki dans le rôle d’Oum Kalthoum. Cette controverse est née très en amont, avant toute image, avant toute projection, nourrie par une question aussi simple qu’insoluble : comment incarner Oum Kalthoum ? Après la série télévisée Oum Kalthoum, dans laquelle Sabrine avait livré une interprétation devenue fondatrice dans l’imaginaire populaire, toute actrice se retrouvait confrontée à une comparaison écrasante. Sabrine était devenue Oum Kalthoum pour toute une génération. Il était pourtant impensable de reprendre la même actrice pour le cinéma, précisément pour éviter toute interférence entre la série et le film.

Dès lors, quelle actrice choisir ? Mona Zaki a cristallisé les critiques, mais le débat dépasse largement sa personne. On peut raisonnablement penser que quel que soit le choix — Menna Shalaby, Amina Khalil, Hend Sabry ou toute autre — la polémique aurait existé. Parce qu’aucune actrice ne pouvait être « parfaite » face à une figure aussi absolue. Mona Zaki a fait son possible, avec ses outils, sa sensibilité, ses limites aussi. Elle a convaincu certains, pas d’autres. Et cela semblait, dès le départ, inévitable.

Après les premières projections, une deuxième vague de critiques est apparue, cette fois centrée sur le portrait d’Oum Kalthoum proposé par le film. Certains ont reproché à El Sett de montrer une femme trop dure, trop autoritaire, trop préoccupée par le pouvoir ou par l’argent, mettant en avant des traits jugés dévalorisants pour une icône nationale. Le fait de la montrer fumeuse, exigeante, parfois inflexible, a été perçu par certains comme une atteinte à son image. Comme si Oum Kalthoum ne pouvait être montrée que sous une forme idéalisée, irréprochable, presque abstraite.

Or, de manière paradoxale, d’autres reproches sont venus dire exactement l’inverse. El Sett a également été accusé de trop lisser son sujet, d’éviter les zones d’ombre, de se tenir à distance des sujets qui dérangent. Le film ne parle pas de la jalousie d’Oum Kalthoum, n’évoque pas la rumeur autour de son éventuelle implication dans le décès d’Ismahan, ne montre pas son opposition initiale à Abdel Halim Hafez. Il ne fait aucune allusion à la rumeur concernant son homosexualité et n’ébauche pas la moindre ambiguïté sexuelle. Rien de tout cela n’est abordé, même de manière indirecte. Le silence est total sur ces questions.

Cette contradiction est révélatrice. Comment reprocher à un film de porter atteinte à l’image d’Oum Kalthoum tout en lui reprochant simultanément de trop la protéger ? El Sett se retrouve ainsi pris dans une tension insoluble, sommé de tout dire sans jamais déranger, d’humaniser sans jamais désacraliser.

Une autre polémique a concerné l’usage des images d’archives. Certains spectateurs ont estimé que leur présence répétée donnait parfois l’impression que le film basculait vers le documentaire, au détriment de la fiction. Personnellement, j’ai ressenti exactement l’inverse. Ces images — affiches, coupures de journaux, archives superposées au récit — ont renforcé mon immersion. Elles donnent au film une densité particulière, rappellent que ce qui est montré s’est réellement produit. Oum Kalthoum a réellement porté ces vêtements, réellement occupé ces espaces, réellement vécu ces événements. Loin de rompre l’illusion, ces archives lui donnent de l’ampleur. La reconstitution des décors et des costumes participe du même mouvement : ancrer le film dans une réalité tangible. Cela suppose un budget conséquent, et le film l’avait. Cette ambition visuelle est l’un de ses atouts.

Le film a également été critiqué pour la présence de nombreuses grandes stars du cinéma égyptien dans de petits rôles ou des caméos. Là encore, il s’agit d’un choix de mise en scène. Peut-être Marwan Hamed a-t-il voulu créer un écrin collectif, un hommage partagé, réunissant autour d’Oum Kalthoum plusieurs figures du cinéma égyptien. Personnellement, ces présences ne m’ont pas dérangée. Leur absence n’aurait pas été remarquée non plus. Elles ne sont pas nécessaires, mais elles ne portent pas préjudice au film.

El Sett

C’est donc avec toutes ces polémiques en tête que je suis allée voir El Sett. Et pourtant, dès les premières minutes, la magie a opéré. Le film s’ouvre sur le concert historique de l’Olympia, en novembre 1967. Devant le théâtre parisien, la foule s’agglutine. Des spectateurs venus d’Europe, d’Afrique du Nord, des pays du Golfe, parfois même de plus loin, attendent Oum Kalthoum. J’ai eu immédiatement le sentiment d’entrer avec eux dans la salle, et par là même dans le film, d’être moi-même à l’Olympia, au milieu de ce public qui criait « Souma, Souma », ivre de bonheur à l’idée de rencontrer enfin Kawkab El Charq.

Ce concert est un moment historique, non seulement pour Oum Kalthoum, mais pour l’Olympia lui-même, qui n’a jamais connu un tel phénomène, ni avant ni après elle. En regardant ces scènes, je me suis rappelée les nombreuses interviews de Bruno Coquatrix, directeur général de l’Olympia à ce moment-là, racontant son étonnement face à l’ampleur du succès, sa sidération devant un public venu de partout, de toutes les classes sociales, de toutes les religions, uni par une même ferveur. Cette mémoire, construite depuis longtemps, a sans doute renforcé mon immersion. Très vite, l’émotion a pris le dessus. À plusieurs reprises, j’ai eu du mal à retenir mes larmes.

Bien sûr, El Sett survole une vie immense et intense. Trois heures ne suffisent pas à contenir un tel destin. Mais ce que le film montre est essentiel : une femme venue d’un trou perdu de la campagne égyptienne, dotée d’une grande voix, mais surtout d’un courage, d’une intelligence et d’une capacité à comprendre le monde qui l’entoure. Une femme qui sait négocier, saisir les opportunités, apprendre, se cultiver. Une femme qui, au-delà de la musique, crée un magazine, y écrit, impose un point de vue féminin, et parvient à présider un syndicat. Tout cela dans les années 1920, 1930 et au-delà, à une époque où la majorité des femmes arabes étaient encore cantonnées à l’espace domestique.

Tous ces débats ont pourtant tendance à occulter l’essentiel, El Sett devait surtout réussir une chose essentielle : susciter l’émotion. Et en ce qui me concerne, cette mission est pleinement remplie. Ce film, par son sujet même, ne pouvait pas plaire à tout le monde. Oum Kalthoum appartient à notre mémoire collective, et chacun la porte en lui d’une manière différente. Chacun a sa propre image, ses propres souvenirs, ses propres attentes. Chacun aurait voulu voir certaines choses racontées, et d’autres passées sous silence. Il existe sans doute mille et une manières de faire un film sur Oum Kalthoum, et toutes seraient discutées, discutables et contestées. Marwan Hamed a fait ses choix. Il a sa manière. On y adhère ou pas. Pour ma part, j’y ai adhéré. J’y ai adhéré pour l’émotion qu’il a su créer, pour ce témoignage qu’il a rapporté. Et l’émotion, au fond, n’est-elle pas l’essentiel lorsqu’on parle d’un film sur Oum Kalthoum?

À un moment, une autre question s’est imposée, presque malgré moi : celle du regard extérieur. El Sett peut-il voyager ? Non pas au sens industriel du terme, mais au sens sensible : ce film peut-il toucher un public qui ne connaît pas Oum Kalthoum, qui n’a pas grandi avec sa voix, qui n’a pas en mémoire ces nuits où ses chansons semblent suspendre le temps, qui ne mesure pas spontanément ce que son nom représente dans l’imaginaire arabe ? Je me suis surprise à y penser parce que, pour moi, l’émotion du film ne vient pas seulement de ce qu’il raconte, mais aussi de ce qu’il réveille. Il active une mémoire déjà là, une familiarité, une histoire transmise, parfois même une forme de reconnaissance intime. Cette dimension, profondément culturelle et affective, constitue sans doute à la fois la force du film et l’une de ses limites potentielles hors de son contexte naturel.

Je ne peux pas parler à la place d’un spectateur étranger. Je n’ai pas ce recul-là, et je ne prétends pas l’avoir. Mais je me demande ce que El Sett deviendrait s’il était vu comme on découvre une artiste pour la première fois : une femme venue d’un village, devenue une star, traversant des époques, des scènes, des transformations sociales. Est-ce que l’on serait saisi par la même ferveur, par la même densité, par le même vertige ? Ou est-ce que le film susciterait autre chose : de la curiosité, de l’admiration, peut-être une distance, peut-être même un étonnement devant l’intensité quasi religieuse qu’il met en scène ? Cette question reste ouverte. Elle ne diminue pas mon expérience ; elle la souligne au contraire, en rappelant que, dans mon cas, El Sett ne se contente pas de raconter une légende : il dialogue avec une mémoire vivante.

La polémique autour de El Sett dit finalement autant de choses sur notre rapport à Oum Kalthoum que sur le film lui-même. On lui reproche à la fois de trop montrer et de ne pas montrer assez, d’humaniser et de lisser, de trahir et de sanctuariser. Cette contradiction révèle une difficulté plus profonde : comment représenter au cinéma une figure devenue, pour beaucoup, intouchable ?

El Sett n’est ni une encyclopédie, ni un tribunal, ni une hagiographie absolue. C’est un regard, situé, assumé. On peut en discuter les choix, en regretter certains, en défendre d’autres. Mais le film parvient à faire quelque chose d’essentiel : redonner chair à une trajectoire hors norme, celle d’une femme qui, dans un monde qui lui était largement hostile, a pris la parole, occupé l’espace, exercé le pouvoir et marqué durablement l’histoire culturelle et politique du monde arabe.

Peut-être est-ce là la question la plus intéressante posée par El Sett : non pas ce qu’il dit ou ne dit pas d’Oum Kalthoum, mais ce que nous acceptons, ou non, de voir lorsqu’un mythe descend de son piédestal pour entrer dans le champ du cinéma.

Neïla Driss

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150 ans du Collège Sadiki : une revue pour retracer l’héritage

Von: hechmi
21. Dezember 2025 um 17:33

Collège SADIKITUNIS, 21 décembre – À l’occasion du 150ᵉ anniversaire du Collège Sadiki (1875-2025), une nouvelle publication de la revue Essadikia en langue arabe revient sur l’héritage intellectuel et éducatif de cette institution. Édité par l’Association des anciens élèves du Collège Sadiki, ce numéro commémoratif met en lumière la place du collège dans l’histoire nationale, à travers des textes historiques, des témoignages, des archives photographiques et des analyses consacrées à une mémoire toujours active.

Un numéro spécial au cœur de la mémoire sadikienne

Le 70ᵉ numéro spécial de la revue, fondée en 1920 et daté de décembre 2025, rassemble des contributions retraçant les grandes étapes de l’histoire du Collège Sadiki et de son environnement éducatif. Les auteurs y soulignent le rôle de l’établissement dans la formation de générations de penseurs, de responsables et d’acteurs de la vie publique tunisienne, sans élargir le propos à des données extérieures.

Figures marquantes et débats éducatifs

Plusieurs textes en langue arabe reviennent sur des personnalités associées à l’institution, dont Cheikh Mohamed Taher Ben Achour. Le numéro aborde également des débats éducatifs fondateurs, à travers une contribution consacrée à l’obligation de l’éducation des jeunes filles musulmanes, un thème présenté comme révélateur de la modernité qui a marqué l’histoire du collège.

Correspondances et échanges historiques

D’autres contributions s’intéressent à la mosquée d’Essadikia, à des correspondances historiques et à des échanges entre figures de l’époque. Sont notamment évoqués les échanges entre Kheireddine Pacha et Mohamed Larbi Zarrouk, alors directeur du collège, ainsi que ceux entre Habib Bourguiba et Mustapha Kaak, président de l’Association des anciens élèves à l’époque.

Activités de l’association et contributions en français

Le numéro propose par ailleurs un aperçu des activités culturelles de l’Association des anciens du Collège Sadiki prévues pour l’année 2025 et consacre un espace à la mémoire de figures et pionniers de l’établissement. Deux contributions en langue française complètent la publication, dont un dossier de classement historique du collège préparé par l’historienne et urbaniste tunisienne Jamila Binous, ainsi qu’un texte intitulé « Le modèle sadikien : un symbole de réussite », consacré à l’esprit et à la singularité de cette institution.

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Décès de Naïm Briki à Kairouan : des ONG dénoncent la violence policière

16. Dezember 2025 um 12:25
Décès de Naïm Briki à Kairouan : des ONG dénoncent la violence policière

La mort de Naïm Briki à Kairouan, survenue après une intervention policière violente, a suscité une vive indignation parmi plusieurs organisations tunisiennes de défense des droits humains. Dans un communiqué commun publié le 16 décembre 2025, des associations telles que le FTDES, la LTDH, Damj et Al Bawsala ont exprimé leur solidarité avec la famille […]

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Comment dites-vous kaki en français ou en italien ?

16. Dezember 2025 um 11:47

Vous êtes-vous déjà demandé quelles pouvaient être les origines de nos kakis? Qu’ils soient en forme d’anneaux ou de bâtonnets, de dés ou plus rarement de galettes, ces kakis sont un incontournable, aussi bien pour les enfants que les adultes.

Le marchand de kakis avec sa corbeille qu’il trimbale devant les écoles tombe sous le sens. C’est l’un des personnages qui, de tous temps, hante les villes tunisiennes. Et, de nos jours encore, les marchands de kakis sont au coin de chaque rue.

Dans les quartiers de Tunis, quelques fours continuent à cuire les kakis dans de grands plateaux noirs. Et certaines enseignes sont les spécialistes incontestés du kaki, à l’image de la boulangerie Jeannot Memmi, dont on dit que ses kakis sont les meilleurs de Tunis. D’ailleurs, on vient de loin pour les acheter au kilo, juste dorés à point et croustillants à souhait.

D’où nous viennent ces kakis? En toute hypothèse, ils sont la déclinaison tunisienne des Taralli italiens qui sont préparés à Turin et dans les Pouilles, avec de l’huile d’olive ou de l’anis.

En Italie, ils sont aussi désignés par les termes de « stirato » ou « stiratini » qui veulent dire étiré comme les ficelles ou les bâtonnets de kaki.

Les Français nomment les kakis soit « cressins » ou « gressins ». Ils sont faits à partir de farine de blé tendre rehaussée de sel et de levain. En Espagne, l’équivalent de nos kakis se nomme « rosquilletas ».

Il est ainsi clair que quelque soit leur nom, ces kakis de l’autre rive sont une variante des nôtres qui en sont inspirés.

Historiquement, l’origine de ces mets remonte au quatorzième siècle et on continue à les déguster aussi bien en en-cas qu’à l’apéritif.

Pas plus long qu’un crayon ou bien plus allongés, de forme arrondie ou en cubes, les kakis font partie de notre quotidien même si les recettes tendent à se perdre.

En effet, nos kakis ne sont plus que l’expression minimale de ce qu’ils furent. Une simple pâte de pain avec du gros sel, cuite au four jusqu’à ce qu’elle devienne croquante et croustillante.

Au contraire, dans les autres pays où le kaki se nomme cressin, taralli ou stirato, il est préparé selon des recettes ancestrales qui, parfois font appel à quelques gouttes de vin blanc et certaines épices et fines herbes, sans oublier l’usage de l’huile d’olive.

Dès lors, c’est de toutes autres saveurs qu’il s’agit lorsqu’on goûte à ces kakis de l’autre rive qui sont vendus chez certains boulangers ou bien conditionnés et en sachets de 250 grammes.

Comme quoi, il serait temps de revisiter la recette de nos kakis, de s’inspirer de l’ancêtre turinois et retrouver une saveur qui se perd.
Un challenge pour les chefs qui désireraient sortir ces pains de farine de l’anonymat et les remettre à l’honneur du goût véritable !

Lire aussi

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Quand la fille de Marzouki s’invite dans le débat politique tunisien depuis l’étranger

14. Dezember 2025 um 10:59


L’intervention récente de Myriam Marzouki sur la chaîne européenne ARTE n’est pas passée inaperçue. Invitée de l’émission 28 minutes, la metteuse en scène franco-tunisienne a livré une lecture sévère de la situation politique et des libertés en Tunisie, à l’occasion d’un débat consacré à l’héritage de la révolution de 2011. Une prise de parole qui soulève des interrogations sur la frontière entre engagement artistique et ingérence politique.

Connue avant tout pour son travail théâtral, Myriam Marzouki s’exprimait officiellement en tant qu’artiste, venue présenter une création inspirée de l’histoire récente de la Tunisie. Toutefois, son discours a largement dépassé le cadre culturel. Elle a évoqué un rétrécissement des libertés publiques, affirmé que l’opposition politique était aujourd’hui muselée et dressé un tableau sombre du climat politique tunisien, devant un public européen. « On est revenu aux années Ben Ali », a-t-elle meme dénoncé.

Cette posture interroge d’autant plus que Myriam Marzouki n’est pas une intervenante neutre dans le débat tunisien. Elle est la fille de Moncef Marzouki, ancien président de la République et figure centrale de la transition post-2011, aujourd’hui opposant au pouvoir en place. Dès lors, sa prise de position sur une chaîne étrangère peut difficilement être dissociée de cet héritage politique, même si elle s’en défend implicitement.

Internationaliser un débat politique sensible ?

La question n’est pas tant celle du droit à la critique, légitime dans toute démocratie, que celle du lieu et du cadre de cette critique. S’exprimer sur un plateau européen, face à un public peu familier des complexités internes tunisiennes, contribue à internationaliser un débat politique sensible. Cela pose la question du regard porté de l’extérieur sur la Tunisie, souvent résumé à travers le prisme des libertés et des reculs démocratiques, au détriment d’analyses plus nuancées.

Certains observateurs estiment que ce type de discours participe à une forme de surplomb moral, où la Tunisie est constamment jugée depuis l’étranger, sans prise en compte suffisante de ses contraintes économiques, sociales et institutionnelles. D’autres y voient une continuité entre engagement artistique et militantisme politique, assumée mais rarement interrogée dans l’espace médiatique européen.

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Marzouki à Rabat pour relancer le projet de l’UMA

02. Dezember 2025 um 07:38

L’ancien président Moncef Marzouki, s’est exprimé récemment à Rabat lors d’une conférence organisée par le Front des Forces Démocratiques (FFD), réaffirmant la nécessité de relancer l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Il a estimé que le maintien du statu quo dans la région — marquée par des divisions persistantes — « pèse lourdement » sur les peuples maghrébins.

Marzouki a appelé la société civile maghrébine à jouer un rôle de premier plan dans ce processus, notamment en consolidant les libertés de circulation, de travail et de résidence entre les pays du Maghreb. Il a également plaidé pour l’implication des parlements des États maghrébins dans l’élaboration d’une vision commune, qu’il considère comme une étape fondamentale vers un espace régional unifié.

Dans le même contexte, Marzouki ne s’est pas limité à l’appel à l’unité régionale. Il a ouvertement critiqué la position du régime algérien concernant la question du Sahara. Selon lui, l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de Sécurité des Nations unies — qui consacre le plan d’autonomie du Maroc comme base pour le règlement du conflit — marque un tournant. Il considère que cette décision a fait tomber les arguments qu’il qualifie de « récits artificiels », et déclare que les Sahraouis dans les camps de Tindouf sont « otages » d’une politique de blocage menée depuis des décennies.

Marzouki remet en cause le récit algérien

Appelant à une « réconciliation historique » entre le Maroc et l’Algérie, Marzouki affirme que seul un dialogue sincère, fondé sur la confiance et le bon voisinage, pourra ouvrir la voie à une nouvelle ère maghrébine.

Pour Moncef Marzouki, une UMA rénovée doit garantir aux citoyens maghrébins cinq libertés fondamentales : liberté de circulation, liberté de résidence, liberté de travailler, liberté de propriété, et liberté de participer aux élections locales. Ces droits — à la fois civiques et sociaux — sont, selon lui, le socle d’une intégration réelle et durable entre les peuples de la région.

Lire aussi : Marzouki en référence à Ghannouchi : « Libérez-le, si vous voulez du bien pour vous-même ! »

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Tunisie – Antidopage : De la crise à la reconnaissance internationale

06. November 2025 um 20:56

Trois ans après l’affaire Hambli, la Tunisie retrouve une place de choix dans la gouvernance mondiale de la lutte antidopage

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé l’élection de la Tunisienne Hala Kouki au sein de sa Commission consultative des experts, représentant le continent africain. Une désignation qui consacre le retour de la Tunisie sur la scène internationale, après plusieurs années de turbulences institutionnelles dans le secteur de l’antidopage.

De la crise Hambli à la normalisation

En 2023, la Tunisie avait traversé une crise ouverte avec l’AMA, après l’arrestation du directeur général de l’Agence nationale antidopage (ANAD), Mourad Hambli.
L’organisation mondiale avait alors réagi avec fermeté, dénonçant une « injustice » et réclamant sa libération immédiate, estimant que cette détention portait atteinte à l’indépendance du système antidopage tunisien.

Le différend trouvait son origine dans une décision de non-conformité prononcée contre l’ANAD par l’AMA, reprochant à la Tunisie de ne pas respecter certains standards internationaux du Code mondial antidopage.
Cette sanction avait conduit à la suspension provisoire de certains droits sportifs du pays — dont l’interdiction de faire flotter le drapeau tunisien lors d’un tournoi de natation à Radès — avant d’entraîner le limogeage de Hambli et sa détention préventive, dans un contexte institutionnel tendu.

Depuis, l’affaire a été close, Mourad Hambli a été libéré, et la Tunisie a procédé à une réorganisation complète de son agence antidopage.
L’ANAD a retrouvé sa conformité, et ses relations avec l’AMA se sont normalisées, ouvrant la voie à une coopération renouvelée.

Une représentante tunisienne à l’échelle mondiale

L’élection de Hala Kouki à la Commission consultative des experts de l’AMA marque un tournant symbolique.
Candidate de la Tunisie pour l’Afrique, elle a obtenu 8 voix, devançant l’Égyptienne Iman Gomaa (7 voix), tandis que les représentants d’Afrique du Sud et du Cap-Vert ont obtenu chacun 5 voix.

Cette commission, composée de dix membres élus pour trois ans représentant les cinq zones continentales, a pour mission de formuler des recommandations techniques et stratégiques à l’AMA, afin d’améliorer la coordination entre agences nationales.

Lire aussi:

Tunisie : L’AMA réclame la libération immédiate de l’ex-patron de l’antidopage 

Tunisie : Libération de l’ex-patron de l’antidopage 

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Krise bei Tunisair: Besma Loukil Yaacoubi neue Vorsitzende im Verwaltungsrat (Update)

Von: Redaktion
05. Juli 2025 um 16:26

Besma Loukil Yaacoubi ist laut Verkehrsministerium am Montag, den 7. Juli 2025 zur Vorsitzenden des Verwaltungsrats der staatlichen Fluggesellschaft Tunisair gewählt worden. Sie ersetzt damit Mehr

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Dig-e-Farm – KI-basierte Bewässerungssysteme für die tunesische Landwirtschaft

Von: Redaktion
05. Dezember 2024 um 17:30

Das Institut für neue Energie-Systeme (InES) freut sich über die Förderung eines zukunftsweisenden Projekts: Dig-e-Farm, ein KI-gestütztes Bewässerungssystem für die tunesische Landwirtschaft. Professor Wilfried Zörner, Mehr

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THW: Eröffnung neuer Zentralwerkstatt in Tunesien

Von: Redaktion
20. April 2024 um 13:50

Die Zusammenarbeit zwischen THW und seinem tunesischen Projektpartner „Office National de la Protection Civile“ hat einen weiteren Meilenstein erreicht. Am 18. April 2024 wurde im Mehr

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Fortschritte beim Grenzschutz – Gerhard Karner eröffnet Ausbildungszentrum

Von: Redaktion
17. November 2023 um 14:49

Österreichs Innenminister Gerhard Karner hat während eines Arbeitsbesuchs in Tunesien am 17. November 2023 das neue Ausbildungszentrum des tunesischen Grenzschutzes in Nefta eröffnet. Beim Arbeitsgespräch Mehr

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Fortschritte beim Grenzschutz – Gerhard Karner eröffnet Ausbildungszentrum

Von: Redaktion
17. November 2023 um 14:49

Österreichs Innenminister Gerhard Karner hat während eines Arbeitsbesuchs in Tunesien am 17. November 2023 das neue Ausbildungszentrum des tunesischen Grenzschutzes in Nefta eröffnet. Beim Arbeitsgespräch Mehr

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