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Le Rapport UE 2025 alerte sur les droits humains en Tunisie

29. August 2026 um 14:23

Le Rapport annuel 2025 de l’Union européenne (UE) sur les droits de l’Homme et la démocratie dans le monde présente, d’une part, des évolutions positives observées à l’échelle mondiale (transferts de pouvoir pacifiques, mobilisations citoyennes, avancées vers l’abolition de la peine de mort dans plusieurs pays) et, d’autre part, des reculs significatifs dans certains contextes et pays, dont la Tunisie.

Pour la Tunisie, le rapport relève une détérioration continue de la situation des droits humains et de l’État de droit : restrictions accrues à la liberté d’expression, d’association et de réunion ; recours à la détention arbitraire et à des poursuites pénales contre des journalistes, des avocats, des défenseur·euse·s des droits humains et des opposants politiques ; et fermeture de l’Instance nationale d’accès à l’information en août 2025. Le classement de la Tunisie dans l’indice de la liberté de la presse de Reporters sans frontières a reculé de 11 places en 2025, à la 129e position sur 180.

Le document signale également une répression renforcée contre les migrants, demandeurs d’asile et réfugiés, en particulier subsahariens, avec des arrestations et détentions arbitraires, des expulsions collectives et des allégations de mauvais traitements, dans un contexte d’absence de système national d’asile et de suspension des enregistrements par le HCR. Des protestations sociales et environnementales, notamment à Gabès, sont mentionnées.

Sur le plan de la coopération Tunisie-UE, le rapport s’inscrit dans un contexte marqué par le mémorandum d’entente de 2023 sur la migration, qui a conduit l’UE et ses États membres à mobiliser environ 105 millions d’euros pour le contrôle des frontières et les interceptions en mer, tandis que des ONG (dont Amnesty International et Human Rights Watch) appellent à plus de transparence et, dans certains cas, à la suspension de financements liés à la sécurité frontalière en l’absence de garanties crédibles sur le respect des droits humains.

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Tunisie | Les autorités ne communiquent pas le nombre de morts liées à la canicule

29. August 2026 um 13:01

L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé le gouvernement à déclarer l’état d’urgence sanitaire, mettant en garde contre la pression croissante sur les services d’urgence des hôpitaux publics en raison de la hausse des températures.

Dans un communiqué publié samedi 28 août 2026, l’organisation a indiqué que les services d’urgence connaissent, selon ses estimations, une augmentation qualifiée d’«inédite» du nombre d’hospitalisations et de décès liés aux coups de chaleur et aux températures élevées.

Elle a également fait état de décès survenus parmi des détenus au sein de plusieurs services d’urgence, coïncidant avec ce qu’elle a décrit comme un état d’«épuisement extrême» du personnel médical et infirmier, sous l’effet d’une pression dépassant, selon elle, les capacités du système de santé.

L’organisation a indiqué que les services compétents du ministère de la Santé avaient, selon ses informations, recensé les données relatives aux décès et aux cas d’insolation, ainsi que celles concernant la capacité d’accueil des services de réanimation, tout en précisant que ces chiffres n’avaient pas encore été officiellement publiés.

L’OTJM a réclamé la déclaration immédiate de l’état d’urgence sanitaire, appelant à soutenir les professionnels de santé et à prendre les mesures nécessaires pour faire face aux répercussions de la vague de chaleur et en limiter les risques pour les citoyens.

Le ministère de la Santé, pour sa part, préfère ne pas communiquer sur cette question ni donner des statistiques sur le nombre des décès dans les hôpitaux publics, comme si c’était un secret d’Etat. Une position inexplicable et qu’on ne saurait justifier, au moment où, dans les hôpitaux publics, les gens pleurent leurs morts dont les annonces de décès se multiplient sur les réseaux sociaux.

Le directeur régional de la santé de Sfax, le Dr Hatem Cherif, reconnaît, néanmoins, que le service des urgences du CHU Habib Bourguiba connaît une forte pression, particulièrement en cette période marquée par une augmentation des cas d’insolation et par l’afflux de nombreux patients venus des gouvernorats voisins pour se faire soigner.

Intervenant dans Diwan FM, le Dr Cherif a expliqué que cette pression s’explique par le fait que l’hôpital dispose d’un service d’urgences de niveau 3 couvrant l’ensemble de la région, tout en soulignant l’engagement des équipes médicales à prodiguer des soins à tous les patients, quelle que soit leur zone de résidence. Il s’est cependant gardé d’avancer les chiffres de décès enregistrés par cet établissement en lien avec la canicule de ces derniers jours. C’est à croire que les responsables du secteur ont reçu des instructions strictes à ce propos.

I. B.

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Pénurie d’eau: rayons vides, patience épuisée

29. August 2026 um 11:01

La Tunisie n’a jamais assisté à une telle situation, même pendant la pandémie de Covid-19. À l’époque, la crise était mieux gérée. Aujourd’hui, tous les Tunisiens sont concernés, abandonnés à eux-mêmes. Plusieurs voix s’élèvent pour le dire, qu’il s’agisse d’experts ou d’universitaires.

Des files d’attente interminables et des rayons vides : on n’en entendait parler que dans les théories économiques, et certains pays d’Europe de l’Est ont déjà connu cette situation par le passé…

Ridha Chkoundali, dans un post sur Facebook, dénonce les files d’attente interminables et les rayons vides qui se multiplient en Tunisie de 2026, une situation qu’il n’avait pas connue depuis les années 1960. Il raconte avoir patienté deux heures pour acheter deux bouteilles d’eau, avec encore une heure d’attente prévue pour les remplir.

Il pointe du doigt un gouvernement lent et une administration pléthorique qui assistent, impassibles, à la dégradation des conditions sociales jour après jour. Il évoque également les coupures répétées d’électricité et d’eau — jusqu’à quatre fois par jour et la misère dans laquelle vivent les citoyens, privés même de sommeil.

Il compare la Tunisie à l’Égypte qui, malgré ses 113 millions d’habitants et des finances publiques épuisées, n’en est pas arrivée à une telle situation. Il interpelle donc le gouvernement : avec moins de 12 millions d’habitants et des problèmes dont le diagnostic et les solutions font l’unanimité parmi les experts, qu’attendez-vous pour agir ?

 

Lire aussi: La Tunisie fait la queue pour boire !

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La Tunisie fait la queue pour boire !

29. August 2026 um 10:41

Où va la Tunisie ? Ruée vers « l’ô ! » Il est un peu plus de 8 heures, ce samedi 29 août 2026, devant le centre commercial Carrefour de La Marsa. La scène a quelque chose d’absurde : une file d’attente qui part du rond-point et s’enfonce jusque dans les rayons du magasin, non pas pour un nouveau smartphone ou un solde de rentrée, mais pour un pack d’eau minérale – pardon deux packs. Le spectacle, presque surréaliste, résume à lui seul l’état d’un pays où l’accès à une ressource aussi élémentaire que l’eau en bouteille est devenu un parcours du combattant.

« On n’a jamais connu une situation pareille en Tunisie », soupire Omar, 65 ans, arrivé parmi les premiers. Autour de lui, les langues se délient et les mêmes questions reviennent en boucle : « C’est ça la Tunisie aujourd’hui ? Voilà où on en est arrivés. » Certains sont là depuis 6h45, d’autres 7h00, 7h23, chacun égrène son heure d’arrivée comme on compterait les jours d’un siège.

Rien ne laisse penser que la scène soit isolée. Les mêmes files, les mêmes rayons dégarnis, les mêmes supputations se répètent vraisemblablement ce matin devant d’autres enseignes du pays : Monoprix, Magasin Général, Géant, signe que le phénomène dépasse largement La Marsa.

Une pénurie qui dure depuis un mois

Contrairement à l’image d’une crise soudaine que donne cette file, la pénurie d’eau embouteillée n’a rien d’un accident de dernière minute. Dès le 25 juillet, plusieurs grandes surfaces présentaient déjà des rayons entièrement vides ou fortement dégarnis, certaines limitant le nombre de packs vendus par client. Depuis près de quatre semaines, cette pénurie est présentée comme temporaire, mais sa fin recule au gré des déclarations officielles : la chaleur, les coupures électriques, les achats de précaution, l’épuisement des stocks, le plastique et la spéculation ayant tour à tour été désignés comme responsables. Le 17 août, le président de la Chambre nationale des commerçants de produits alimentaires en gros évoquait un retour à la normale « dans une dizaine de jours », soit aux alentours du 27 août – un délai visiblement non tenu, comme le confirme la file de ce matin.

Le paradoxe est saisissant : le pays compte 31 usines d’embouteillage tournant à plein régime, pour une capacité théorique de 520 000 bouteilles par heure, et pourtant les rayons restent vides. La canicule, les coupures de la Sonede, les pannes électriques, la pression sur les stocks et les tensions sur le plastique utilisé pour fabriquer les bouteilles se superposent pour produire cet embouteillage logistique en pleine terre… d’eau.

La spéculation s’invite dans la crise

Face à des rayons vides plusieurs jours de suite, le civisme cède parfois la place à la débrouille… et à l’abus. L’Organisation tunisienne de défense du consommateur (ODC) a dû appeler les citoyens à cesser de stocker l’eau de manière compulsive, tandis que certains petits commerces profitaient de la pénurie pour limiter les achats et revendre ensuite les bouteilles fraîches sous le manteau, moyennant une « taxe de réfrigération » totalement illégale. Devant cette dérive, le ministère du Commerce a fini par imposer, le 19 août 2026, un plafonnement des prix : la bouteille d’1,5 litre est désormais fixée à 850 millimes maximum, avec une marge brute bridée à 15 % pour les grossistes et détaillants. Un plafond que beaucoup, sur le terrain, continuent visiblement d’ignorer.

 

Lire aussi : Tunisie – Consommation : les citoyens vivent sur la planète Terre, le ministère du Commerce sur une autre

 

Sonede, Steg : les symptômes d’un mal plus profond

Interrogé dans la file, un homme d’un certain âge résume ce que beaucoup pensent tout bas : « On entend les gens s’en prendre à la Sonede, à la Steg. Ils n’ont pas complètement tort, mais quand on analyse la situation, la responsabilité première et dernière revient à l’État, qui n’a pas su – ou voulu – donner à ces entreprises les moyens financiers d’investir et d’entretenir leurs infrastructures. »

Le constat n’a rien d’anecdotique. Le réseau de distribution d’eau potable, vieillissant, cumule les avaries : à Menzel Temime, Kelibia et Hammam Ghezez, une panne sur une conduite principale de 600 mm a provoqué, début août, une coupure majeure de plusieurs jours ; à Mahdia et à Sfax, une coupure d’électricité à la station de pompage de Kerker a interrompu la distribution dans une dizaine de délégations ; et à Borj Er-Ras, dans la région de Mahdia, des habitants sont restés privés d’eau pendant près de vingt jours, la Sonede ne parvenant à assurer qu’une à deux heures d’approvisionnement quotidien. Un réseau qui, selon certains observateurs, semble condamné à un éternel rafistolage plutôt qu’à une véritable rénovation des canalisations.

C’est précisément cet enchaînement (eau du robinet peu fiable, réseau électrique fragile, chaîne d’approvisionnement en bouteilles sous tension) qui transforme une contrainte structurelle en scène de pénurie visible, devant un supermarché, un samedi matin d’été…

Pendant ce temps, à Tunis, des rassemblements organisés notamment par le collectif Nafas ont exprimé le mécontentement populaire face aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité et à la cherté de la vie.

Ce matin-là, devant Carrefour La Marsa, ce n’est donc pas seulement une file d’attente que l’on observe, mais le symptôme visible d’une crise structurelle : sous-investissement dans les réseaux publics, dépendance à un marché de l’eau embouteillée lui-même fragilisé, et une confiance citoyenne dans les services de base qui s’érode un peu plus chaque semaine.

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Drame de Ben Guerdane | Rassemblement à Paris en solidarité avec les familles des victimes

29. August 2026 um 08:48

Après le drame de Ben Guerdane, des activistes tunisiens en France organisent un rassemblement de solidarité avec les familles des victimes sous le slogan «De Ben Guerdane à Paris : nos vies ont la même valeur», et ce, le dimanche 30 août à 14heures à la Fontaine des Innocents, Châtelet, Paris.

Quinze jeunes ont pris la mer à la recherche d’un avenir. Douze corps ont été retrouvés, deux jeunes sont toujours portés disparus et un seul a survécu, après deux jours et deux nuits en Méditerranée. 

Derrière ces chiffres, il y a des vies, des familles, des rêves et une jeunesse qui demande simplement le droit de vivre dignement et d’espérer. 

Cette mobilisation est une initiative citoyenne de Tunisiennes et Tunisiens résidant à l’étranger «Tunisiennes et Tunisiens contre le Racisme». Elle n’appartient à aucun parti et ne se place sous aucune bannière politique.

«Nous refusons de rester silencieux. Nous nous rassemblons pour défendre les droits humains, la dignité, l’égalité et le droit à la vie, et pour dire clairement notre refus de toutes les formes de racisme, de discrimination et de déshumanisation des personnes migrantes, quelles que soient leur origine, leur nationalité ou la couleur de leur peau», affirment les organisateurs dans un appel au rassemblement. Ils ajoutent : «Nous refusons que la Méditerranée continue d’être un cimetière. Nous refusons que la migration soit traitée uniquement à travers les frontières, les contrôles, les bateaux et les accords sécuritaires. Nous demandons des politiques qui donnent aux jeunes des perspectives : emploi, développement, dignité et voies de mobilité sûres et légales.»

«La responsabilité est partagée. La Tunisie comme l’Europe doivent assumer leurs responsabilités. La protection des frontières ne peut jamais avoir plus de valeur que la protection des vies humaines», affirment-ils encore, tout en appelant les Tunisiennes et Tunisiens de France, mais aussi toutes les citoyennes et tous les citoyens de Paris et de ses alentours qui partagent ces valeurs, les associations, les syndicats, les défenseurs des droits humains et toutes les personnes refusant le racisme et l’indifférence, à les rejoindre lors du rassemblement prévu dans la capitale française. «Parce qu’une vie tunisienne, africaine, européenne ou d’ailleurs a exactement la même valeur. Nos jeunes rêvent d’avenir : Tunisie et Europe, ne les condamnez pas à mourir. De Ben Guerdane à l’Europe, que la Méditerranée relie nos vies, qu’elle ne les engloutisse plus», concluent-ils.

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