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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

21. Juli 2026 um 08:52

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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ZOOM – Revue hebdomadaire 13-17 juillet 2026 : marchés en quête de repères

21. Juli 2026 um 07:48

La semaine du 13 au 17 juillet 2026 a été remarquée : à chaque hausse d’indice et à chaque variation du dollar ou chaque mouvement du pétrole, se cache une interrogation silencieuse. Jusqu’où peut-on encore repousser les incertitudes ?

Les écrans des salles de marché ont continué de clignoter, les analystes ont commenté les statistiques, les banques centrales ont scruté les courbes de l’inflation et des taux d’intérêt. Mais derrière cette mécanique financière se trouve une réalité beaucoup plus humaine : celle d’un monde économique qui cherche simplement à retrouver un peu de stabilité après plusieurs années de crises successives.

Car depuis la pandémie, les guerres, les tensions énergétiques et le retour brutal de l’inflation, une nouvelle psychologie s’est installée dans l’économie mondiale. Les ménages hésitent avant de consommer, les entreprises réfléchissent davantage avant d’investir, les États surveillent leurs déficits, et les investisseurs avancent avec une prudence nouvelle. Les marchés n’ont pas seulement besoin de croissance. Ils ont besoin de confiance.

Wall Street : la grande machine américaine continue de séduire, mais les doutes grandissent

Aux États-Unis, la semaine aura encore été dominée par une fascination presque intacte pour la technologie et l’intelligence artificielle. Dans les tours de verre de la Silicon Valley comme dans les bureaux des grands fonds d’investissement, une conviction demeure : l’intelligence artificielle représente peut-être la prochaine grande révolution économique. Elle promet d’améliorer la productivité, de transformer les entreprises et de créer de nouveaux secteurs d’activité.

Mais derrière cet enthousiasme se glisse une question que les marchés commencent à poser avec davantage d’insistance : combien vaut réellement cette promesse ? La finance connaît bien ces moments d’euphorie collective où une innovation devient un symbole d’avenir. L’histoire économique a connu l’arrivée du chemin de fer, de l’électricité, d’Internet. À chaque époque, une technologie nouvelle a porté un immense espoir, parfois justifié, parfois exagéré.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle nourrit une confiance comparable. Mais les investisseurs savent aussi qu’une grande révolution technologique n’empêche pas les corrections financières. Le véritable sujet n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle changera le monde. La réponse est probablement oui. La question est plutôt de savoir si les marchés n’ont pas déjà intégré trop rapidement cette réussite future.

Dans le même temps, la politique monétaire américaine continue de peser sur les décisions. Pour autant, les taux d’intérêt élevés rappellent une réalité simple : l’argent a un prix. Après plus d’une décennie où les banques centrales ont rendu le crédit presque abondant et bon marché, les économies doivent désormais apprendre à fonctionner dans un environnement financier plus exigeant.

Le dollar, miroir des inquiétudes du monde

Sur le marché des changes, le dollar continue de jouer son rôle paradoxal. Il est à la fois la monnaie d’une économie américaine puissante et le refuge d’un monde inquiet. Lorsque les tensions augmentent, les investisseurs se tournent naturellement vers le billet vert. Mais lorsque les interrogations portent sur la dette américaine ou la politique future de la Réserve fédérale, cette confiance devient moins automatique. Le dollar raconte ainsi une histoire plus profonde : celle d’un système financier mondial toujours dominé par les États-Unis, mais progressivement confronté à de nouvelles interrogations.

L’euro, de son côté, reste prisonnier d’une équation complexe. L’Europe possède des atouts considérables, une industrie de qualité, un marché intérieur immense et un savoir-faire technologique reconnu. Mais elle souffre d’un problème majeur : elle avance avec une croissance insuffisante. Pour les entreprises européennes, le défi est quotidien. Il ne s’agit plus seulement de conquérir de nouveaux marchés, mais de survivre dans un environnement où l’énergie coûte cher, où la concurrence internationale s’intensifie et où les consommateurs restent prudents.

Le pétrole : cette vieille dépendance qui revient toujours hanter l’économie mondiale

Il suffit parfois d’un événement géopolitique pour rappeler une vérité que l’économie moderne tente souvent d’oublier : le pétrole reste le sang de l’économie mondiale. La semaine écoulée a une nouvelle fois montré combien l’énergie demeure au cœur des équilibres internationaux.

Lorsque le prix du pétrole augmente, ce ne sont pas seulement les grandes compagnies énergétiques qui sont concernées. Ce sont les familles qui voient leurs factures progresser, les transporteurs confrontés à des coûts supplémentaires, les agriculteurs qui subissent la hausse des intrants, et les entreprises qui doivent absorber des charges plus lourdes.

L’inflation énergétique possède une dimension particulière : elle pénètre progressivement tous les secteurs de l’économie. C’est pourquoi les banques centrales observent le pétrole avec autant d’attention. Une inflation provoquée par une demande excessive peut être combattue par les taux d’intérêt. Mais une inflation provoquée par un choc énergétique est beaucoup plus difficile à traiter. Augmenter les taux pour combattre une hausse du pétrole revient parfois à ralentir davantage une économie déjà fragilisée. C’est ce vieux cauchemar économique qui revient : la stagflation.

L’or et la recherche d’une protection dans un monde incertain

Dans ce climat d’incertitude, l’or conserve son pouvoir symbolique. Depuis des siècles, il représente une forme d’assurance collective. Lorsque les sociétés doutent, lorsque les monnaies inquiètent ou lorsque les tensions géopolitiques augmentent, l’or retrouve naturellement sa place. Mais même ce refuge historique n’échappe pas aux nouvelles règles financières. La remontée des taux d’intérêt rend les obligations plus attractives et réduit mécaniquement l’attrait d’un actif qui ne procure pas de rendement.

Cette contradiction résume parfaitement l’époque actuelle : les investisseurs cherchent simultanément la sécurité et la performance, la protection et la rentabilité. Or, ces deux objectifs deviennent de plus en plus difficiles à concilier.

La Tunisie face aux vents contraires de l’économie mondiale

Pour la Tunisie, ces mouvements internationaux ne sont jamais de simples événements observés à distance. Une hausse du pétrole signifie une pression supplémentaire sur les finances publiques et sur la balance commerciale. Un dollar plus fort renchérit les importations. Une remontée des taux internationaux complique l’accès au financement.

Derrière les tableaux statistiques se trouve une réalité quotidienne : celle des entreprises tunisiennes qui cherchent à investir malgré les contraintes, des ménages qui tentent de préserver leur pouvoir d’achat, et des jeunes qui attendent encore des perspectives économiques plus solides. La stabilité monétaire demeure un acquis important. La Banque centrale de Tunisie (BCT) poursuit une politique prudente afin de préserver les équilibres financiers et contenir les tensions inflationnistes.

Mais la stabilité n’est jamais une finalité. Elle doit être le point de départ d’une transformation économique plus profonde. Car une économie ne peut pas vivre éternellement dans la gestion de la rareté. Elle doit retrouver l’ambition de produire davantage, d’innover, d’exporter et de créer des emplois. Le véritable défi tunisien n’est donc pas uniquement financier. Il est économique, social et humain.

Le monde financier attend toujours une réponse à la grande question

Précisément, la semaine du 13 au 17 juillet 2026 aura finalement été une semaine d’attente. Attente des prochaines décisions des banques centrales. Attente de la trajectoire de l’inflation. Attente d’une stabilisation géopolitique. Attente d’un nouveau souffle pour l’économie mondiale. Les marchés financiers ressemblent aujourd’hui à une société entière qui cherche ses repères. Ils reflètent les espoirs mais aussi les inquiétudes des millions d’acteurs économiques qui prennent chaque jour des décisions : acheter ou attendre, investir ou économiser, embaucher ou reporter.

Derrière les milliards échangés chaque jour sur les places financières, il y a toujours une histoire humaine. Celle d’un entrepreneur qui hésite avant d’embaucher : Celle d’un salarié qui regarde ses dépenses augmenter : Celle d’un investisseur qui cherche à protéger son avenir ; Celle d’un État qui tente de préserver ses équilibres… Les marchés ne sont donc pas seulement des machines à calculer. Ils sont le reflet des sociétés qu’ils traversent.

Et cette semaine encore, ils ont raconté l’histoire d’un monde qui avance, mais qui avance avec prudence, comme un marcheur dans le brouillard, conscient que le chemin existe, mais incapable encore d’en distinguer clairement l’horizon.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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