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Pour mieux gérer les coupures de courant : les panneaux solaires peuvent atténuer l’effet, mais à certaines conditions 

Von: tmps
23. Juli 2026 um 10:15

La question se pose toujours à chaque coupure de courant. L’énergie des panneaux solaires, vous protège-t-elle d’éventuelles coupures de courant ?  Avec ces panneaux, est-il possible d’avoir de l’électricité alors que la STEG en arrête l’exploitation ? 

En ces temps de canicule, le pays est concerné par de possibles délestages pour faire face aux économies d’énergie. C’et quoi un délestage? Il s’agit de la suppression momentanée et volontaire du courant électrique pour un certain nombre de foyers. Le but est d’éviter une éventuelle saturation qui conduirait à un black-out. S’il peut sembler lointain, le spectre d’une panne de courant généralisée n’est pas impossible. Un tel phénomène s’est produit en Tunisie en 2023, et il a été plus évident en 2006, déconnectant 10% des clients sur tout le continent européen. L’Europe a frôlé le black-out !

Du coup, certains pensent à l’usage des panneaux solaires qui pourraient constituer une solution très pratique à ces coupures. Est-ce possible ?

Malgré son caractère inépuisable et gratuit, l’énergie solaire récoltée par les panneaux photovoltaïques et transformée en courant irrigue le réseau électrique. À ce titre, les propriétaires d’installations solaires sont concernés : l’énergie de vos panneaux solaires vous protège-t-elle d’éventuelles coupures de courant ? Une installation photovoltaïque continue-t-elle à fonctionner en cas de coupure de courant ?

La réponse risque de décevoir beaucoup d’usagers des panneaux solaires. En cas de panne générale sur le réseau électrique, si votre installation est composée de panneaux solaires traditionnels, elle se met automatiquement en veille et l’énergie solaire cesse d’être récoltée et injectée. Votre système photovoltaïque se met au point mort. Un système de découplage des onduleurs coupe tout fonctionnement (c’est la loi !), afin de protéger les biens et les personnes. En cas de panne, pas de danger d’électrocution.

Lorsque le courant fonctionne de nouveau sur le réseau, votre système photovoltaïque se remet en marche tout seul, sans nécessiter la moindre manœuvre de votre part. 

Pour résumer, il faut rappeler que l’essor de l’énergie solaire résidentielle en Tunisie repose sur un mécanisme technique éprouvé : l’injection directe sur le réseau de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG). Dans cette configuration, l’électricité générée par les modules photovoltaïques est instantanément déversée dans le réseau public, tandis que le foyer continue de s’approvisionner de manière conventionnelle. La STEG opère ensuite une compensation comptable entre l’énergie injectée et l’énergie soutirée.

Si ce cadre réglementaire a permis de démocratiser l’accès au solaire en valorisant financièrement chaque kilowattheure produit, il repose sur une dépendance technique absolue. L’usager reste tributaire de la stabilité du réseau national, transformant le producteur d’énergie en simple spectateur dès que le système central vacille.

Cette absence de dispositif d’«îlotage» coupe le flux solaire vers l’habitation. Résultat : le ménage équipé se retrouve plongé dans le noir, au même titre que n’importe quel abonné démuni de panneaux. Ce garde-fou technique, indispensable à la stabilité globale, met en exergue les limites intrinsèques d’une transition énergétique pensée uniquement à travers le prisme de la centralisation. N’est-ce pas, STEG ?

Des batteries pour avoir de l’électricité

Toutefois, certaines installations photovoltaïques contiennent une batterie en plus de l’onduleur, ce qui permet alors de stocker de l’énergie. C’est pourquoi, avant tout achat, il convient de bien choisir son installation solaire auprès d’un professionnel.

Les avantages d’une batterie de stockage solaire consistent à renforcer son indépendance énergétique et à produire votre propre énergie photovoltaïque et l’utiliser en différé. Choisir une batterie de stockage, c’est aussi protéger la planète en divisant vos émissions de CO² par 3 : une alternative écolo au vieux groupe électrogène fonctionnant au fioul.

D’autres alternatives à encourager

Le Groupement professionnel des énergies renouvelables a appelé à accélérer la finalisation des cadres technique et réglementaire nécessaires à l’adoption des systèmes de stockage d’électricité à domicile. Cette mesure permettrait aux citoyens et aux entreprises de stocker l’énergie produite par les panneaux solaires, considérant cette orientation comme une étape stratégique pour soutenir l’autoproduction énergétique et renforcer la sécurité énergétique en Tunisie.

Dans un communiqué, le groupement a salué les déclarations du directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafeh  Bakri, concernant l’orientation vers l’adoption de solutions de stockage d’électricité dans les habitations. Il a appelé l’ANME et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à accélérer la mise en œuvre de ce système.

Le groupement a précisé que les installations d’autoproduction équipées de batteries de stockage contribueraient à réduire l’impact des coupures électriques, à alléger la pression sur le réseau national, notamment lors des périodes de forte demande, et à améliorer la qualité de l’approvisionnement en électricité.

Il a également appelé à mettre en place des mesures incitatives pour encourager les citoyens à investir dans ces systèmes, notamment à travers la réduction ou l’exonération des droits de douane sur les batteries de stockage et la révision des taxes appliquées aux panneaux solaires.

Kamel ZAIEM

 

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Situation paradoxale dans l’enseignement : les résultats s’améliorent, mais le niveau général reste bas

Von: tmps
23. Juli 2026 um 09:20

Les très bonnes notes sont de plus en plus banalisées dans nos écoles. Les résultats positifs observés chaque année chez nos élèves du primaire et du secondaire reflètent-ils vraiment leur valeur réelle ? Nos élèves sont-ils devenus des génies ? Les enseignants font-ils preuve de largesse en attribuant de bonnes notes ? Y a-t-il un dysfonctionnement au niveau de l’évaluation des élèves ? Sans doute d’autres causes sont-ils à l’origine du malaise éducatif en Tunisie.

Cependant, tout le monde parle du niveau scolaire qui baisse d’une année à l’autre. Pourtant, les chiffres officiels disent que les résultats ne cessent de s’améliorer chez nos élèves, à en juger par les chiffres fournis chaque fin d’année scolaire par le ministère de l’Education. Des élèves qui passent aux niveaux supérieurs avec 18/20 et 19/20 de moyenne et des candidats au bac qui obtiennent des moyennes hors normes. Alors que jadis, il fallait suer sang et eau pour atteindre l’excellence ou même l’optimum. La situation semble tenir du paradoxe. D’une énigme même ! Aussi faut-il chercher les paramètres nécessaires pour expliquer ce phénomène, l’élucider. 

Des résultats scolaires pas toujours fiables 

Les données officielles du ministère de l’Éducation tunisien pour l’année scolaire 2024-2025 montrent des statistiques précises sur les taux de réussite aux différents niveaux scolaires (primaire, collège, lycée). Le taux global de réussite varie selon les cycles scolaires, avec une amélioration progressive observée dans plusieurs régions du pays. Au niveau primaire, on parle, selon les dernières statistiques, de 93,5% de réussite. Au collège (enseignement de base) on compte 79,2% et au niveau de l’enseignement secondaire, on recense 78,8% de réussite. Quant à l’enseignement privé (collèges et lycées réunis), il s’agit de 79,2% de réussite. Ces chiffres nous montrent que le nombre des élèves qui passent à la classe supérieure est en croissance constante, tous cycles confondus. Sans parler des élèves du primaire où les bonnes notes se donnent à la pelle. Or, ces bons résultats ne reflètent pas toujours un bon niveau de nos élèves. 

A quoi est due cette boulimie de bonnes notes ?             

Sur ce point, les idées divergent : il y a ceux qui pensent que les élèves d’aujourd’hui ne sont pas plus bêtes que ceux d’antan et qu’il suffit de voir les taux élevés de réussite enregistrés chaque année dans nos écoles pour conclure que le niveau de nos élèves est dans l’ensemble satisfaisant. Toujours est-il que le système éducatif actuel, avec toutes ses insuffisances et ses faiblesses, est à l’origine de cette boulimie de bons résultats scolaires et cette envie des parents de voir leurs enfants exceller dans leurs études. Conséquence : le niveau réel de l’élève se mesure ainsi à l’aune du seul score réalisé à l’examen. Mais, il faut signaler que d’autres facteurs sont entrés en jeu dans les vingt dernières années. D’abord, la banalisation des 20/20 obtenus aisément par les élèves dans toutes les matières, ensuite le système d’évaluation des enseignants devenus de plus en plus indulgents, généreux, voire complaisants. Ajoutons à cela, le recours de la part de certains élèves à des procédés illicites, notamment la fraude lors des examens, une pratique qui se développe grâce aux technologies modernes, le téléphone portable par exemple. Outre le rachat accordé souvent automatiquement ou arbitrairement aux élèves ayant obtenu 9/20 de moyenne annuelle pour leur permettre d’accéder à la classe supérieure. Enfin et surtout, le recours aux cours particuliers, devenus presqu’une condition sine qua non à tout succès scolaire. Sans compter le gonflement des notes octroyées aux élèves des établissements privés où le taux de réussite a toujours été élevé. A l’école publique comme à l’école privée, les notes sont souvent supérieures aux efforts fournis par les apprenants, ce qui contribue sans doute à la baisse du niveau de nos élèves. Avec tous ces inconvénients dont souffre notre système éducatif, on se targue encore aujourd’hui, au niveau des autorités de tutelle, de dire que notre éducation est en bonne santé.

Un système d’évaluation à réviser 

Pourtant, ni les conditions de travail dans nos écoles ni l’infrastructure précaire et dégradante dont souffre la majorité des établissements scolaires, ne favorisent ces succès scolaires qu’on enregistre chaque année. Aussi peut-on remarquer pendant plus d’une décennie, et surtout depuis la Révolution, une sorte de laisser-aller dans nos établissements scolaires où se multiplient actes de violence entre élèves et contre le corps enseignant ou membres de l’administration, menant à un état chaotique dans pas mal d’établissements scolaires. La conjoncture politique, économique et sociale y était certainement pour quelque chose. Ici, on agresse un(e) enseignant(e), là, on violente un directeur de collège ou de lycée, là encore, des énergumènes font irruption dans l’enceinte de l’école, à mains armées, semant la terreur parmi les élèves et les enseignants ! Une situation on ne peut plus délicate, fâcheuse et embarrassante pour la bonne marche des études et le bon fonctionnement des établissements scolaires, ce qui déteint négativement sur le bon déroulement de la scolarité des élèves et sur leurs résultats. 

Et dire qu’aucune mesure efficace n’a été prise par les autorités compétentes depuis l’organisation de la consultation nationale sur l’éducation en Tunisie (dont les résultats sont restés lettre morte) pour mettre fin à ce chaos sévissant dans la majorité de nos écoles, dans toutes les régions du pays. Dans de telles circonstances et à ce rythme, on va certainement y laisser des plumes. La situation va empirer encore, même si on continue d’octroyer des 20/20 aux copies des élèves et qu’on se retrouve en fin d’année scolaire avec des scores très élevés. Ce n’est là que la partie submergée de l’iceberg : notre système éducatif est en péril, il faut le sauver ! Une Révolution a eu bien lieu dans le pays, cela doit absolument influer sur l’école, l’éducation et la formation des hommes de demain. Des voix s’élèvent partout (parents, enseignants, pédagogues, syndicats…) pour exiger de nouvelles réformes scolaires qui prennent en considération l’équilibre entre formation et résultat, pour redorer l’image du système éducatif tunisien et remettre en valeur le diplôme obtenu par nos élèves.

Hechmi KHALLADI

 

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Plan de développement 2026-2030 : souveraineté économique, restructuration de la dette et défis de la mise en œuvre

Von: tmps
23. Juli 2026 um 08:27

Par Mondher AFI

 Dans les économies en transition, la planification constitue un instrument essentiel de gouvernance. Elle permet de fixer les priorités nationales, de coordonner l’action des institutions et d’orienter les ressources vers les objectifs de développement. Toutefois, la portée d’un plan de développement dépend de plusieurs facteurs : la disponibilité des financements, la capacité administrative, la qualité de la gouvernance et l’efficacité des mécanismes de suivi et d’évaluation.

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a réuni, le 20 juillet au palais de Carthage, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri.

Cette réunion a été consacrée à l’examen de la loi récemment promulguée portant approbation du Plan de développement 2026-2030, appelé à constituer le principal cadre stratégique de l’action publique au cours des cinq prochaines années. Les échanges ont porté sur les conditions de mise en œuvre du plan ainsi que sur les principaux défis économiques et financiers qui l’accompagnent.

La question de la dette publique a constitué l’un des principaux thèmes abordés lors de la réunion présidée par le président de la République, Kaïs Saïed. Les échanges ont porté sur l’évolution de l’endettement au cours des dernières décennies ainsi que sur son impact dans le financement des politiques publiques et du développement économique.

Selon les éléments présentés au cours de la réunion, une partie des emprunts contractés n’aurait pas produit les effets économiques et sociaux escomptés. Cette lecture distingue le volume des ressources mobilisées des résultats effectivement obtenus en matière d’investissement, d’amélioration des infrastructures ou de développement des services publics. Elle renvoie plus largement à la question de l’efficacité de l’utilisation de l’endettement comme instrument de financement de l’action publique.

Dans le même temps, il a été rappelé que la Tunisie a continué à honorer ses engagements financiers en assurant le remboursement des échéances prévues. Cette précision met en évidence deux dimensions distinctes de la politique d’endettement : d’une part, le respect des obligations contractuelles de l’État vis-à-vis de ses créanciers, d’autre part, l’évaluation de la contribution réelle des emprunts aux objectifs de développement.

Les discussions ont également porté sur l’hypothèse d’une réorientation d’une partie de la dette vers des investissements consacrés à la réhabilitation des infrastructures publiques. Cette orientation s’inscrit dans une réflexion portant sur les modalités de financement du développement et sur les instruments susceptibles d’accroître la capacité d’investissement de l’État tout en limitant les contraintes liées au poids de la dette.

Sur le plan économique, une telle démarche implique toutefois plusieurs conditions. Elle suppose l’existence de mécanismes financiers adaptés, un cadre juridique compatible avec les engagements en vigueur ainsi que, selon les situations, des négociations avec les partenaires et les créanciers concernés. Sa faisabilité dépend également des marges budgétaires disponibles, des conditions des marchés financiers et des dispositifs institutionnels permettant d’assurer le suivi des investissements financés.

Au-delà de l’orientation annoncée, la mise en œuvre d’un tel mécanisme soulève des questions relatives à la sélection des projets prioritaires, à l’évaluation de leur rentabilité économique et sociale, aux modalités de gouvernance ainsi qu’aux procédures de contrôle et de transparence. Ces éléments sont généralement considérés comme des facteurs déterminants pour apprécier la capacité d’une politique de réorientation de la dette à produire des effets durables sur le développement économique et la qualité des services publics.

 

Les conditions institutionnelles de la mise en œuvre

L’adoption d’un plan de développement constitue une première étape dans la conduite de l’action publique. Sa traduction en résultats concrets dépend toutefois de la capacité des institutions à transformer les orientations stratégiques en programmes opérationnels, dotés d’objectifs clairement définis, de ressources identifiées et d’un calendrier d’exécution réaliste.

Dans cette perspective, la réussite d’un plan national ne repose pas uniquement sur la définition des priorités. Elle suppose également l’existence d’une gouvernance fondée sur la planification, l’anticipation et l’évaluation. Les expériences internationales montrent que les stratégies de développement les plus performantes s’appuient sur une articulation permanente entre la décision politique, la programmation administrative, la gestion budgétaire et le suivi des résultats.

La mise en œuvre implique également une répartition explicite des responsabilités entre les différentes institutions de l’État. Cette clarification favorise la cohérence de l’action publique, limite les chevauchements de compétences et facilite la coordination des interventions à chaque étape du cycle des politiques publiques, depuis la conception des projets jusqu’à leur évaluation.

Par ailleurs, la réalisation des objectifs annoncés dépend de plusieurs facteurs complémentaires : la disponibilité des ressources financières, la qualité des capacités administratives, la simplification des procédures, la maîtrise des délais d’exécution et la continuité de l’action publique malgré les contraintes conjoncturelles. À ces éléments s’ajoute la nécessité de disposer de mécanismes réguliers de suivi, d’indicateurs de performance et d’évaluations périodiques permettant de mesurer les écarts entre les objectifs fixés et les résultats effectivement obtenus.

Dans cette approche, la gouvernance ne se réduit pas à une coordination entre institutions. Elle renvoie à un mode de gestion fondé sur la responsabilité, la transparence, l’allocation efficiente des ressources, la capacité d’adaptation aux évolutions économiques et l’amélioration continue des politiques publiques. C’est généralement l’articulation de ces différents facteurs qui détermine, à moyen et à long terme, la capacité d’un plan de développement à produire des effets durables sur la croissance, les infrastructures et les services publics.

Une stratégie inscrite dans la durée

Les orientations retenues pour la période 2026-2030 s’inscrivent dans une démarche de planification à moyen et à long terme, visant à donner une plus grande cohérence à l’action publique. Au-delà de la définition d’objectifs stratégiques, cette approche repose sur la transformation des priorités nationales en programmes opérationnels, accompagnés de mécanismes de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation.

Dans cette perspective, la portée d’un plan de développement ne se mesure pas uniquement à l’ambition des orientations qu’il énonce, mais à sa capacité à produire des résultats observables sur les plans économique, social et territorial. L’efficacité de la planification dépend ainsi de la traduction des projets programmés en réalisations concrètes, susceptibles de générer des effets durables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures, les services publics et les conditions de vie de la population.

Le cadre retenu repose également sur une logique de programmation progressive. Les objectifs définis pour l’horizon 2030 sont appelés à être déclinés en étapes successives, permettant d’ajuster les interventions publiques en fonction de l’évolution de la conjoncture économique, des capacités de financement, des contraintes budgétaires et des résultats effectivement obtenus au cours de l’exécution du plan. Cette démarche traduit une conception dynamique de la planification, fondée sur l’adaptation plutôt que sur la rigidité.

Par ailleurs, la conception du plan accorde une place importante à l’identification des besoins exprimés à l’échelle des territoires afin d’intégrer les réalités locales dans la programmation nationale. Une telle approche vise à renforcer la cohérence entre les priorités nationales et les attentes des différentes régions, tout en recherchant une répartition plus équilibrée des investissements publics.

Les objectifs annoncés couvrent plusieurs dimensions complémentaires du développement. Ils portent notamment sur le renforcement du rythme de croissance, l’amélioration du niveau de revenu, la réduction des disparités sociales, la consolidation des équilibres des finances publiques, le développement des ressources propres de l’État, l’amélioration de la performance des institutions publiques, l’accélération de la transformation numérique ainsi que l’intégration progressive de l’activité économique informelle dans les circuits formels.

D’un point de vue analytique, cette approche correspond aux principes contemporains de la planification stratégique, selon lesquels la réussite d’un plan national repose moins sur l’énoncé des objectifs que sur la capacité des institutions à assurer leur exécution, à mesurer périodiquement les résultats obtenus et à adapter les politiques publiques aux évolutions du contexte économique et social.

Enjeux de mise en œuvre et points de vigilance

L’ambition affichée par le Plan de développement 2026-2030 dépasse la seule définition d’orientations stratégiques. Son principal défi réside dans sa capacité à transformer les ressources mobilisées et les projets programmés en réalisations concrètes produisant des effets mesurables sur la croissance, l’emploi, les infrastructures et la qualité des services publics. Dans cette perspective, la question centrale n’est pas uniquement celle du financement, mais celle de l’exécution des politiques publiques.

L’expérience des politiques de développement montre qu’un nombre important de projets publics connaissent des retards, des révisions ou des coûts supplémentaires en raison d’obstacles administratifs, techniques, fonciers ou procéduraux. Ces difficultés réduisent l’efficacité de l’investissement public et retardent les bénéfices attendus pour les populations. Dès lors, la réussite du nouveau plan dépendra moins de l’ampleur des engagements annoncés que de la capacité des institutions à maîtriser l’ensemble du cycle des projets, depuis leur préparation jusqu’à leur achèvement.

Dans cette logique, l’amélioration de la gouvernance des projets constitue un enjeu majeur. La programmation doit être précédée d’études de faisabilité suffisamment approfondies afin d’identifier, avant le lancement des travaux, les contraintes juridiques, financières, techniques, environnementales et foncières susceptibles d’affecter leur exécution. Une planification fondée sur l’anticipation permet généralement de réduire les interruptions de chantier, de limiter les dépassements de coûts et de mieux respecter les délais initialement prévus.

La qualité du pilotage dépend également de la mise en place d’outils permanents de suivi. Les pratiques contemporaines de gestion publique privilégient des dispositifs numériques capables de centraliser les données relatives à l’avancement physique et financier des projets, d’identifier précocement les facteurs de blocage et de fournir des indicateurs permettant une intervention rapide avant que les retards ne deviennent structurels. Cette approche favorise une gestion davantage orientée vers les résultats que vers le seul respect des procédures administratives.

L’efficacité du Plan de développement dépendra largement de la capacité à transformer les ressources financières en réalisations concrètes. Cela suppose une réforme des mécanismes de la commande publique fondée sur la rapidité, la transparence et l’évaluation rigoureuse des capacités des entreprises chargées des projets. Les financements disponibles ne garantissent pas, à eux seuls, la réussite d’une stratégie de développement, ils doivent être accompagnés d’une gouvernance efficace, d’un suivi permanent et d’une évaluation des résultats. Au final, la pertinence du plan sera mesurée par ses effets réels sur les territoires : amélioration des infrastructures, qualité des services publics, réduction des disparités régionales, soutien à l’investissement et création d’emplois. Sa crédibilité dépendra donc de sa traduction effective dans le quotidien des citoyens.

 

 

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Après les coupures répétées : la Tunisie face au défi du stockage de l’énergie solaire

Von: tmps
22. Juli 2026 um 19:01

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

 

La Tunisie possède une richesse naturelle exceptionnelle : un soleil présent une grande partie de l’année, généreux, abondant et capable de produire une énergie propre. Depuis plusieurs années, l’énergie solaire est présentée comme une réponse aux difficultés énergétiques du pays, à la hausse des coûts de l’électricité et à la nécessité de réduire notre dépendance aux sources d’énergie importées. Cette orientation semble logique, car notre pays dispose d’un potentiel solaire considérable. Pourtant, une question fondamentale demeure souvent oubliée dans les débats publics : que faisons-nous de cette énergie lorsque le soleil disparaît ou lorsque le réseau électrique national rencontre une panne générale ?

Produire de l’électricité solaire est une avancée importante, mais produire seulement au moment où le soleil brille ne suffit pas à répondre aux exigences d’une société moderne. Les citoyens ont besoin d’électricité le jour comme la nuit, en été comme en hiver, pendant les périodes normales comme lors des situations exceptionnelles. L’énergie solaire offre une production variable, alors que la consommation électrique exige une disponibilité permanente. C’est précisément à ce niveau que le stockage devient un enjeu majeur.

La Tunisie a longtemps considéré la question énergétique sous l’angle de la production. Il fallait produire davantage pour accompagner le développement économique et répondre à une demande croissante. Aujourd’hui, cette vision doit évoluer. Il ne suffit plus d’installer des panneaux solaires dans différentes régions du pays. Il faut également penser à la manière de conserver cette énergie afin de pouvoir l’utiliser lorsque les besoins deviennent plus importants ou lorsque la production naturelle diminue.

Une panne générale d’électricité révèle brutalement les limites d’un système qui dépend uniquement de la production instantanée. Les hôpitaux, les entreprises, les commerces, les administrations et les foyers sont alors confrontés aux conséquences d’une interruption qui peut perturber profondément la vie quotidienne. Le soleil tunisien peut produire une grande quantité d’électricité pendant la journée, mais sans moyens efficaces de stockage, une partie de cette énergie ne peut pas être utilisée au moment où elle serait la plus utile.

 

Le stockage, la clé oubliée de la révolution solaire

Le stockage de l’électricité représente aujourd’hui l’un des grands défis de la transition énergétique mondiale. Les batteries modernes permettent de conserver l’énergie produite pendant les heures d’ensoleillement et de la restituer lorsque la production solaire baisse. Elles jouent ainsi un rôle essentiel dans l’équilibre entre l’offre et la demande.

Dans un pays comme la Tunisie, le développement des batteries pourrait changer profondément notre rapport à l’énergie. Une centrale solaire équipée d’un système de stockage pourrait continuer à fournir de l’électricité après le coucher du soleil. Un bâtiment public pourrait disposer d’une réserve énergétique en cas de coupure. Une exploitation agricole pourrait mieux gérer ses besoins sans dépendre totalement des fluctuations du réseau.

Cependant, il faut éviter de présenter les batteries comme une solution simple et immédiate. Leur coût reste élevé, particulièrement pour les installations de grande capacité. Leur fabrication nécessite des matériaux spécifiques et pose des questions environnementales. Leur remplacement après plusieurs années représente également une contrainte économique. La solution ne consiste donc pas à installer des batteries partout sans réflexion, mais à développer une stratégie intelligente adaptée aux moyens du pays.

La Tunisie doit également explorer d’autres formes de stockage, comme les stations de transfert d’énergie par pompage, certaines technologies thermiques ou encore les systèmes hybrides associant plusieurs sources d’énergie. La diversité des solutions permettra de réduire la dépendance à une seule technologie et d’adapter les choix aux réalités géographiques et économiques nationales.

Le débat sur l’énergie ne doit pas être limité aux spécialistes. Il concerne directement chaque citoyen. Derrière les questions techniques de capacité, de puissance et de rendement, il y a une réalité quotidienne : pouvoir conserver une énergie produite localement afin d’éviter une interruption brutale du service électrique.

 

Une nouvelle vision pour l’indépendance énergétique tunisienne

La Tunisie ne manque ni de soleil ni de compétences humaines. Ce qui manque encore, c’est une vision globale qui associe production, stockage, consommation et innovation. Le développement du solaire doit être accompagné par une modernisation du réseau électrique afin de rendre celui-ci plus flexible et plus capable d’intégrer les nouvelles sources d’énergie.

L’avenir énergétique ne sera probablement pas construit uniquement autour de grandes centrales éloignées des villes. Il reposera aussi sur une multiplication des installations locales : maisons équipées de panneaux solaires, entreprises produisant une partie de leur propre électricité, bâtiments publics capables de fonctionner avec une autonomie partielle. Cette évolution pourrait transformer les consommateurs traditionnels en acteurs de la production énergétique.

Mais pour réussir cette transformation, il faudra dépasser plusieurs obstacles. Le premier concerne le financement. Les équipements solaires avec batteries représentent encore un investissement important pour de nombreux Tunisiens. Des mécanismes d’accompagnement financier pourraient permettre à davantage de familles et d’entreprises d’accéder à ces technologies.

Le deuxième obstacle concerne l’information. Beaucoup de citoyens connaissent l’existence des panneaux solaires, mais ignorent encore les possibilités offertes par le stockage. Une meilleure sensibilisation permettrait de mieux comprendre les avantages et les limites de ces systèmes.

Le troisième défi concerne la formation. Les nouvelles technologies énergétiques nécessitent des ingénieurs, des techniciens et des chercheurs capables de concevoir, installer et entretenir ces équipements. Investir dans la formation est donc aussi important qu’investir dans les infrastructures.

Il faut également éviter une erreur fréquente : croire que l’énergie solaire permettra à elle seule de résoudre toutes nos difficultés. Le solaire est une partie de la solution, mais il doit être intégré dans une politique énergétique plus large comprenant l’efficacité énergétique, la réduction du gaspillage et une meilleure organisation de la consommation.

 

L’autonomie énergétique commence aussi au niveau des citoyens

La question du stockage ne concerne pas seulement les grandes décisions nationales. Elle concerne aussi les particuliers. Dans plusieurs pays, les installations solaires domestiques accompagnées de batteries permettent aux familles de mieux gérer leur consommation et de disposer d’une réserve en cas de problème sur le réseau.

En Tunisie, cette approche pourrait progressivement se développer. Les maisons individuelles, les écoles, les petites entreprises et certaines structures publiques pourraient devenir des espaces de production et de stockage énergétique. Une école équipée de panneaux solaires pourrait réduire ses dépenses et continuer certaines activités essentielles lors d’une coupure. Une ferme agricole pourrait sécuriser son alimentation électrique pour ses équipements indispensables.

Cette évolution demande cependant une politique claire. Il ne suffit pas d’encourager l’achat de panneaux solaires. Il faut créer un environnement favorable au stockage, avec des normes adaptées, des dispositifs financiers accessibles et une réglementation capable d’accompagner les changements.

L’énergie de demain sera probablement plus proche des citoyens. Elle ne viendra pas uniquement de grandes installations centralisées, mais aussi d’un réseau composé de nombreux producteurs locaux. Cette organisation rendra le système plus résistant et permettra une meilleure utilisation des ressources disponibles.

Le soleil tunisien est une richesse nationale. Mais une richesse naturelle n’a de valeur que si elle est transformée en bénéfice concret pour la population. Produire de l’électricité lorsque le soleil brille est une première étape. Être capable de conserver cette énergie pour les moments difficiles représente l’étape décisive.

 

Construire aujourd’hui l’énergie de demain

La Tunisie se trouve devant un choix stratégique. Elle peut continuer à développer l’énergie solaire sans résoudre entièrement la question de la disponibilité électrique, ou elle peut franchir une nouvelle étape en plaçant le stockage au cœur de sa politique énergétique.

Les pannes générales nous rappellent une réalité simple : une énergie que l’on ne peut pas utiliser au moment nécessaire reste une énergie partiellement exploitée. Le véritable progrès ne consiste pas seulement à produire davantage, mais à maîtriser cette production et à la rendre disponible lorsque la société en a besoin.

Le défi est important, mais il est à la portée du pays. La Tunisie possède le soleil, des espaces adaptés, des compétences et une population capable d’accompagner cette évolution. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est une volonté politique durable et une vision dépassant les solutions immédiates.

Le stockage de l’électricité solaire n’est pas seulement une question technique. C’est une question de souveraineté, de sécurité et de préparation de l’avenir. En apprenant à conserver l’énergie que la nature nous offre chaque jour, nous pourrons transformer une simple ressource solaire en véritable force nationale.

Le soleil tunisien est déjà là. Le défi n’est plus de le trouver, mais de savoir garder son énergie pour les jours où nous en avons le plus besoin.

 

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La voix puissante et apaisante de Big Daddy Wilson au festival d’Hammamet

Von: farhat
22. Juli 2026 um 16:09

La voix exceptionnelle de Big Daddy Wilson se fait très rapidement remarquer et adopter par le public tunisien au festival d’Hammamet  .Cette voix inoubliable de miel accompagne une écriture originale sur une musique blues, funk, soul et reggae. A 22h00,Big Daddy Wilson et sa troupe investissent la scène. Un bluesman dont le répertoire relève aussi bien de la soul que du gospel, et qui fait illusion le temps d’une poignée de morceaux (signés de lui-même ou d’Eric Bibb) La prestation de l’artiste  est renforcée par une tenue vestimentaire élégante, des lunettes de soleil, un costume classique. Tout un symbole du blues traditionnel a brillé pendant au moins 100 minutes de prestation.

Il enchaîne en anglais des histoires personnelles qu’il étale en chantant. Il puise dans un répertoire folk Soul et blues rythmé, épousant ainsi l’esprit de sa tournée « Back To the Roots ». Une immersion dans l’enfance, dans les méandres des souvenirs familiaux, des premiers amours, des personnes marquantes et des villes qui ont bercé sa jeunesse et sa vie bien remplie. Ses morceaux racontent les prolétaires, la classe pauvre et moyenne, toute une frange de la société américaine, l’atmosphère des territoires américains du sud. Une certaine douceur de vivre. « She don’t love me no more » raconte la brutalité d’une rupture amoureuse. Une chanson douce – amère qui fait rire et adoucit malgré son propos sérieux.

Même dans les histoires tristes, l’espoir et la beauté restent solaires dans les paroles de Wilson. « He cares for me » possède une empreinte spirituelle, hymne au divin. « Texas Boogie » évoque ses premiers émois liés à la musique blues et à une présence féminine marquante : Le physique imposant d’une femme, sa prestation scénique, son talent e son apparence ont influencé les paroles d’une chanson. « Hello Josephine » raconte son béguin pour l’amie de sa sœur.Du charisme, sa voix profonde  à la fois puissante et apaisante, rauque et douce  passe par tous les états qui permettent d’installer un climat permanent de tension et détente, garant d’une sensation blues intense. Big Daddy Wilson est la force tranquille du blues. Décontraction, sourire, gentillesse, tout semble naturel et facile pour lui. Il est souvent comparé à des légendes comme B.B. King et Muddy Waters. « Dès que vous entendez la voix de Big Daddy Wilson », explique Eric Bibb, fan de la première heure, « vous entendez ses racines ».

                            Kamel Bouaouina

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Canicule et coupures d’électricité : sécuriser l’alimentation électrique, un enjeu de santé publique

Von: tmps
22. Juli 2026 um 10:15

La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie depuis plusieurs jours, met à rude épreuve les infrastructures nationales. Dans plusieurs régions du pays, les températures ont dépassé les 49°C, entraînant une consommation d’électricité sans précédent. Face à cette situation, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a été contrainte de procéder à des coupures de courant tournantes afin d’éviter un effondrement généralisé du réseau électrique national.

Sur le plan technique, cette décision peut se comprendre. Les gestionnaires du réseau sont confrontés à une demande qui atteint des niveaux historiques sous l’effet de l’utilisation massive des climatiseurs, des systèmes de réfrigération et des équipements électriques indispensables durant cette période de canicule. Dans un tel contexte, les délestages programmés constituent parfois le seul moyen d’éviter un black-out national dont les conséquences seraient encore plus graves. Mais si ces coupures peuvent se justifier au regard des impératifs de sécurité du réseau, leurs conséquences humaines soulèvent une tout autre question. Car derrière les chiffres de la consommation électrique se trouvent des vies humaines menacées. Une coupure de courant peut provoquer l’arrêt d’un appareil d’assistance respiratoire et aboutir même au décès de son utilisateur. Les coupures d’électricité ne représentent pas uniquement un désagrément pour les ménages ou une gêne passagère pour les activités économiques. Pour certains malades, elles constituent une menace directe pour la vie.

Contraintes techniques et protection des personnes

Ainsi, plusieurs patients auraient été victimes de situations difficiles, nécessitant des interventions d’urgence ou leur transfert vers des établissements hospitaliers afin de rétablir une assistance respiratoire. Ces événements posent une question fondamentale : comment, en 2026, des personnes dont la survie dépend d’un appareil électrique peuvent-elles encore être exposées à un tel risque ? Cette interrogation dépasse largement la seule responsabilité de la STEG.

Le véritable problème réside dans l’absence d’un dispositif national coordonné destiné à protéger les personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques. Dans de nombreux pays, les opérateurs d’électricité disposent de registres recensant les patients sous assistance respiratoire ou nécessitant des équipements vitaux. Lorsqu’une coupure programmée est envisagée, ces personnes sont identifiées afin que des solutions particulières soient mises en place. En Tunisie, un tel système demeure encore insuffisamment développé. Il est pourtant possible de concilier les contraintes techniques du réseau électrique avec la protection des personnes les plus vulnérables.

Equipements électrogènes

Plusieurs structures sanitaires du pays ont fini par réagir face à la multiplication des coupures de courant qui menacent la vie des patients sous oxygène à domicile. Dans diverses délégations du pays, des hôpitaux locaux ont annoncé être prêts à accueillir en urgence les malades dépendantes de concentrateurs d’oxygène dès lors qu’une interruption de courant les empêche d’utiliser leur matériel chez eux. Ces établissements invitent les patients concernés, ou leurs proches, à contacter sans délai le service des urgences en cas de besoin, afin de garantir une prise en charge rapide et sécurisée.

Les établissements hospitaliers constituent également un maillon essentiel de cette chaîne de sécurité. La plupart des hôpitaux disposent certes de groupes électrogènes destinés à assurer la continuité des soins en cas de panne, mais les événements récents montrent que ces dispositifs ne couvrent pas toujours l’ensemble des besoins ou ne permettent pas une alimentation instantanée de tous les équipements vitaux. Au-delà des groupes électrogènes classiques, les progrès technologiques offrent aujourd’hui des solutions beaucoup plus performantes. Les alimentations électriques sans interruption (UPS), capables de prendre immédiatement le relais sans la moindre coupure, sont désormais utilisées dans la plupart des services hospitaliers modernes. Elles permettent de maintenir en fonctionnement les respirateurs, les moniteurs, les équipements de réanimation ou les appareils d’assistance respiratoire durant les quelques secondes nécessaires au démarrage des groupes électrogènes. Les batteries médicales autonomes, les concentrateurs d’oxygène équipés d’accumulateurs de longue durée ou encore les systèmes hybrides associant batteries et panneaux photovoltaïques représentent également des solutions fiables pour garantir une continuité des soins. Le coût de ces équipements demeure évidemment important. Mais il doit être comparé au prix inestimable d’une vie humaine.

Registre national des personnes dépendantes d’équipements électriques

Les patients soignés à domicile constituent une autre catégorie particulièrement exposée. De plus en plus de personnes souffrant d’insuffisance respiratoire chronique vivent aujourd’hui chez elles grâce à des concentrateurs d’oxygène fonctionnant exclusivement à l’électricité. Ces malades ne disposent généralement d’aucune alimentation de secours. Lorsqu’une panne survient durant plusieurs heures, leur état peut rapidement devenir critique. Cette réalité impose la mise en place d’une véritable stratégie nationale. Les autorités sanitaires pourraient, en collaboration avec la STEG, créer un registre national des personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques.

Chaque patient concerné pourrait bénéficier d’un dispositif de secours adapté à sa situation : batterie autonome, groupe électrogène individuel, bouteilles d’oxygène de réserve ou hébergement temporaire dans un établissement de santé lors des périodes de délestage prolongé.

Une meilleure coordination entre les services de santé, la Protection civile, les collectivités locales et les distributeurs d’électricité permettrait également d’intervenir beaucoup plus rapidement en cas de panne.

La communication constitue également un élément essentiel

Les coupures programmées devraient être annoncées suffisamment à l’avance afin que les familles puissent prendre les dispositions nécessaires. Une application mobile, des SMS ciblés ou des appels automatisés pourraient informer les patients concernés avant toute interruption de l’alimentation électrique. Ces outils existent déjà dans plusieurs pays. Le changement climatique rend ces questions encore plus urgentes. Les épisodes de chaleur extrême devraient devenir plus fréquents au cours des prochaines années. Les besoins en climatisation continueront d’augmenter, accentuant la pression sur le réseau électrique national. Cette nouvelle réalité impose de repenser simultanément la politique énergétique et la politique sanitaire.

Modernisation des réseaux et protection des personnes fragiles

Le renforcement des capacités de production électrique, l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables, la modernisation des réseaux de transport et de distribution ainsi que le développement des systèmes de stockage de l’électricité constituent autant de priorités pour renforcer la résilience du pays. Mais ces investissements devront s’accompagner d’une réflexion tout aussi ambitieuse sur la protection des personnes les plus fragiles. Car une infrastructure énergétique moderne ne se mesure pas uniquement à sa capacité de produire davantage d’électricité. Elle se juge également à sa capacité de protéger les citoyens lorsque surviennent des situations exceptionnelles. Les drames de Médenine ne doivent donc pas être considérés comme de simples faits divers liés à une canicule exceptionnelle. Ils constituent un signal d’alerte adressé à l’ensemble des pouvoirs publics. La Tunisie dispose aujourd’hui des compétences médicales, techniques et technologiques nécessaires pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Solidarité nationale et droit à la vie

Il appartient désormais aux différents intervenants, ministère de la Santé, ministère de l’Industrie, STEG, Protection civile, collectivités locales et établissements hospitaliers, de bâtir un véritable dispositif national de prévention. Car si les coupures d’électricité peuvent parfois être inévitables pour préserver l’équilibre du réseau, aucune personne ne devrait perdre la vie faute d’alimentation électrique de secours. La protection des patients les plus vulnérables ne relève pas seulement d’une obligation technique, elle constitue un impératif de santé publique, un devoir de solidarité nationale et l’une des expressions les plus concrètes du droit fondamental à la vie.

À travers ses visites de terrain, le Président de la République Kaïs Saïed ne fait que réaffirmer que les réformes institutionnelles ne sauraient rester au stade des intentions, mais doivent produire des effets tangibles sur le quotidien des citoyens, dans le cadre de sa vision d’un État plus performant, plus responsable et davantage au service de l’intérêt général.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État 

Von: tmps
22. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Le 18 juillet 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu au complexe hydraulique de Ghedir El Golla, relevant de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avant de poursuivre sa visite dans la région de Qantara Bizerte, au sein de la délégation de Kalaat El Andalous. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux liés à la sécurité hydrique, à la préservation des infrastructures stratégiques et à la gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de sa portée institutionnelle, elle met en lumière les défis structurels auxquels la Tunisie demeure confrontée en matière de mobilisation, de sécurisation et de gouvernance de l’eau, de protection du patrimoine hydraulique national et de modernisation des équipements indispensables à la continuité du service public. Elle renvoie également aux impératifs de résilience face aux effets du changement climatique, à l’accroissement des pressions sur les ressources disponibles et à la nécessité d’une planification intégrée conciliant sécurité hydrique, développement territorial et souveraineté nationale.

L’eau ne constitue plus uniquement une ressource naturelle indispensable à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Elle est devenue un déterminant majeur de la souveraineté des États, de la sécurité nationale, de la compétitivité économique, de la cohésion territoriale et de la stabilité sociale. Dans un contexte international marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée et l’augmentation continue des besoins agricoles, industriels et énergétiques, la maîtrise des ressources hydriques s’impose désormais comme une composante essentielle des politiques publiques et de la planification stratégique. La capacité d’un État à sécuriser durablement ses ressources en eau conditionne de plus en plus son autonomie de décision, sa résilience face aux crises et la pérennité de son modèle de développement.

Pour les pays soumis à un stress hydrique structurel, la gestion de l’eau ne peut plus être réduite à une succession de mesures destinées à répondre aux situations de pénurie. Elle suppose une gouvernance anticipative fondée sur une vision de long terme intégrant les dimensions environnementales, économiques, sociales, technologiques et institutionnelles. Cette approche implique une meilleure connaissance des ressources disponibles, une planification rigoureuse des investissements, une modernisation permanente des infrastructures, une rationalisation des usages, une diversification des sources d’approvisionnement ainsi qu’une mobilisation des innovations scientifiques permettant d’améliorer l’efficacité de la gestion hydraulique.

En Tunisie, les tensions observées depuis plusieurs années autour de la disponibilité de l’eau dépassent largement les seules conséquences des épisodes de sécheresse ou de l’élévation des températures. Si la diminution des précipitations, la succession des années déficitaires, l’augmentation de l’évaporation et l’irrégularité croissante des régimes pluviométriques exercent une pression réelle sur les ressources disponibles, ces facteurs naturels ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté.

 

L’eau, un enjeu stratégique

De nombreux travaux soulignent que la crise actuelle résulte également de facteurs structurels accumulés sur plusieurs décennies. Les choix d’aménagement du territoire, l’orientation de certaines politiques agricoles vers des productions fortement consommatrices d’eau, l’exploitation croissante des nappes souterraines, le vieillissement des réseaux de transport et de distribution, les pertes importantes enregistrées au sein des infrastructures hydrauliques, les retards dans les opérations de maintenance, l’envasement progressif de plusieurs barrages ainsi que l’insuffisance des investissements consacrés aux nouvelles technologies de mobilisation et de valorisation des ressources non conventionnelles ont progressivement réduit les marges de sécurité hydraulique du pays.

À ces contraintes s’ajoutent des défis institutionnels liés à la fragmentation des responsabilités, à la complexité des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics, à la faiblesse des systèmes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’absence d’une gouvernance intégrée permettant d’articuler efficacement les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. Dans ces conditions, la gestion de l’eau tend à s’inscrire davantage dans une logique de réaction face aux urgences que dans une stratégie fondée sur l’anticipation, la prévention et la résilience.

Les interruptions récurrentes de l’approvisionnement, les difficultés rencontrées dans plusieurs régions ainsi que les tensions croissantes entre les différents usages de l’eau ne constituent donc pas uniquement des dysfonctionnements techniques ou des conséquences conjoncturelles des aléas climatiques. Elles révèlent les limites d’un modèle de gouvernance confronté à des transformations profondes de son environnement naturel, économique et démographique. La crise hydrique apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre plus global entre les ressources disponibles, les modes de consommation, les capacités d’investissement et les mécanismes de pilotage des politiques publiques.

Dans cette perspective, la question de l’eau dépasse désormais le champ des infrastructures hydrauliques pour devenir un enjeu transversal de politique publique. Elle engage simultanément la sécurité alimentaire, la santé publique, le développement industriel, la protection des écosystèmes, la justice territoriale et la souveraineté nationale. La réponse à ces défis ne repose pas uniquement sur l’accroissement des capacités de stockage ou la réalisation de nouveaux ouvrages, mais sur la construction d’un modèle de gouvernance capable d’intégrer les impératifs de durabilité, d’efficacité économique, d’équité sociale et de résilience climatique dans une vision stratégique cohérente et de long terme.

 

La gouvernance des infrastructures : entre responsabilité et coordination

La visite des installations de Ghedir El Golla met en évidence une question essentielle : la qualité d’une infrastructure dépend autant de sa conception que de son mode de gouvernance.

Les réseaux hydrauliques reposent sur une coordination permanente entre les différents niveaux de décision, les opérateurs techniques, les collectivités territoriales et les autorités publiques. Toute défaillance dans cette chaîne peut produire des conséquences importantes sur la continuité du service public.

Au milieu de cette visite, le Président Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants et sur la responsabilité des responsables en cas de manquements constatés. Cette position renvoie à un principe classique de la gouvernance publique : l’efficacité d’une politique dépend autant de la qualité des décisions que de leur mise en œuvre effective.

La visite du chantier de protection contre les inondations de l’oued Medjerda met en évidence que les politiques de l’eau ne peuvent être envisagées sous le seul angle de la gestion des pénuries. Les transformations climatiques se traduisent par une alternance plus marquée entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux de forte intensité, exposant les territoires à des risques hydrologiques de plus en plus complexes. Dans ce contexte, les ouvrages hydrauliques doivent être intégrés dans une stratégie globale associant prévention des inondations, amélioration des capacités de stockage, recharge des nappes phréatiques, valorisation des eaux pluviales et protection des espaces vulnérables. Cette approche repose sur une planification territoriale capable d’articuler adaptation climatique, gestion des risques et développement durable.

La restauration du pont historique de Qantara Bizerte, édifié en 1608, s’inscrit dans une problématique complémentaire liée à la préservation du patrimoine. Les monuments historiques ne constituent pas uniquement des témoins du passé, ils représentent des ressources culturelles, sociales et économiques contribuant à l’identité des territoires, à leur attractivité et à leur développement. Leur conservation exige une politique publique fondée sur l’entretien régulier, l’expertise scientifique, la protection juridique et la coordination entre les institutions nationales et les collectivités territoriales, afin d’assurer la transmission de ce patrimoine tout en l’intégrant aux dynamiques contemporaines de développement local.

 

Vers une nouvelle culture de la gouvernance publique

Les tensions récurrentes observées autour de l’accès à l’eau mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la question hydraulique. Elles montrent que les difficultés rencontrées ne peuvent être interprétées comme la simple conséquence d’insuffisances techniques ou de contraintes climatiques conjoncturelles. La raréfaction progressive des ressources disponibles, l’évolution des besoins des différents secteurs économiques, les disparités territoriales dans l’accès aux services publics ainsi que les effets du changement climatique confèrent à la gestion de l’eau une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre de l’ingénierie hydraulique.

Dans cette perspective, les défis actuels invitent à une réflexion plus globale sur les mécanismes de gouvernance, les modes de planification et les capacités institutionnelles mobilisés dans la gestion des ressources naturelles. La question ne se limite plus à accroître les capacités de stockage ou à renforcer les réseaux de distribution, elle renvoie également à la nécessité de développer des dispositifs de pilotage capables d’articuler les politiques de l’eau avec celles de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. L’efficacité des réponses publiques dépend en grande partie de cette capacité à dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée prenant en compte les interactions complexes entre les différentes dimensions du développement.

Les mobilisations citoyennes liées aux difficultés d’accès à l’eau révèlent des attentes qui dépassent la seule continuité du service public. Elles mettent en lumière les enjeux d’équité territoriale, de qualité de la gouvernance et de confiance institutionnelle.

L’évolution de la situation hydraulique en Tunisie dépendra moins de la mise en œuvre de réponses ponctuelles aux épisodes de pénurie que de la capacité des politiques publiques à s’inscrire dans une approche stratégique, intégrée et prospective. Une telle orientation suppose d’articuler l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’efficience des réseaux de distribution, la rationalisation des usages agricoles, le développement des ressources en eau non conventionnelles, le recours aux innovations technologiques ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle.

Dans cette perspective, l’enjeu dépasse la seule gestion opérationnelle des crises hydriques. Il concerne la capacité des institutions à anticiper les évolutions environnementales, démographiques, économiques et territoriales susceptibles de modifier durablement l’équilibre entre l’offre et la demande en eau. Cette anticipation implique le développement d’outils de planification, de systèmes d’information fiables, d’une évaluation régulière des politiques publiques et d’une gouvernance fondée sur la coordination entre les différents secteurs concernés.

À mesure que les ressources hydriques deviennent plus limitées et que leur répartition fait l’objet de tensions croissantes, la gestion de l’eau tend à s’imposer comme une question transversale mobilisant des enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique, d’aménagement du territoire, de protection des écosystèmes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, les choix relatifs à la politique de l’eau ne relèvent pas uniquement de considérations techniques ou administratives, ils constituent un domaine stratégique dont les orientations influencent, à moyen et à long terme, les trajectoires de développement et les capacités de résilience de l’État face aux transformations climatiques et environnementales.



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Bilel Saidani (Assistant Hospitalo-universitaire en Urologie)  : inciter au dépistage précoce du cancer de la vessie pour éviter des traitements lourds

Von: farhat
21. Juli 2026 um 09:00

Le Temps.news : Pourquoi le risque de cancer de la vessie est-il très élevé chez les fumeurs ?

Dr.Bilel Saidani En Tunisie, chaque année, de plus en plus de nouveaux cas sont diagnostiqués. Les raisons de cette augmentation sont à chercher du côté des habitudes de vie : les Tunisiens fument plus qu’auparavant et le tabagisme  est le premier facteur de risque de cancer de la vessie.Le tabac est le principal facteur de risque. On estime que 50% des cancers de la vessie sont liés au tabagisme. 1 tunisien sur 2 fume.Plusieurs études l’ont confirmé, le tabagisme est une cause de cancer de la vessie. Le risque croît en fonction du nombre d’années de tabagisme et de la quantité de cigarettes fumées par jour. .. Chaque année, en Tunisie, plusieurs cancers de la vessie sont détectés et la plupart sont liés au tabagisme. Pourquoi le risque de cancer de la vessie est-il très élevé chez les fumeurs ?Lorsqu’un fumeur inhale la fumée du tabac, les produits chimiques sont filtrés dans leur urine, qui est stockée dans la vessie. Ces produits chimiques seraient responsables de la transformation des cellules de la vessie en cellules cancéreuses. En effet, au fil du temps, ils peuvent endommager la paroi interne de la vessie et causer un cancer. Plus une personne fume, plus son risque augmente. Même si elle ne fume qu’une cigarette par jour, elle court toujours un plus grand risque de cancer de la vessie qu’un non-fumeur.

 L’exposition à des substances de l’environnement professionnel pourrait –il également jouer un rôle dans 5 à 25 % de ces cancers ?

Au-delà des habitudes personnelles, l’environnement professionnel peut exposer à des substances cancérogènes. Certaines activités, notamment dans les industries chimiques, textiles, du cuir, de la peinture ou du caoutchouc, impliquent la manipulation de produits tels que les amines aromatiques et les hydrocarbures polycycliques. En l’absence de protections adaptées, ces substances peuvent altérer durablement les cellules de la vessie, avec des effets qui peuvent se manifester plusieurs années après la fin de l’exposition. Ce type de cancer peut d’ailleurs être reconnu comme maladie professionnelle.

L’environnement quotidien est –il impliqué ?

Au-delà du milieu professionnel, l’exposition environnementale peut aussi intervenir. La consommation d’eau potable contenant de fortes concentrations d’arsenic est un facteur de risque établi dans plusieurs régions du monde.L’implication de certains pesticides agricoles est également étudiée, bien que les preuves scientifiques restent à renforcer. Une exposition prolongée à des substances telles que l’arsenic, les amines aromatiques, la bêta-naphtylamine, la benzidine et l’aniline peuvent favoriser le développement d’un cancer de la vessie. Ces produits sont utilisés dans les peintures professionnelles, la fabrication de caoutchouc ainsi que la production d’aluminium, de métaux, de textiles et de colorants.

L’âge et le sexe influencent –ils la survenue de la maladie ?

L’âge et le sexe influencent la survenue du cancer de la vessie. L’âge avancé reste le principal facteur de risque, la maladie apparaissant majoritairement après 65 ans. Les hommes sont affectés trois à quatre fois plus fréquemment, en raison des expositions professionnelles, des habitudes tabagiques, et de facteurs biologiques encore en cours d’étude. Par ailleurs, les femmes reçoivent souvent un diagnostic à un stade plus avancé. Les spécialistes observent, ces dernières années, la survenue de ce cancer chez des sujets plus jeunes en Tunisie. Mais rassurez-vous, le taux de guérison est élevé lorsque le cancer de la vessie est détecté tôt. Ces éléments soulignent l’importance de la prévention, de l’arrêt du tabac, de la protection des travailleurs exposés et d’un suivi médical adapté pour les patients à risque

Quels sont les symptômes ?

Le premier signe d’alarme qui doit alerter un fumeur est la coloration rouge (présence de sang) des urines. Même si ce symptôme est totalement indolore et instable (disparaît pendant plusieurs jours avant de réapparaître), il est impératif de consulter sans tarder. En effet, détecter la tumeur à ce stade encore précoce permet de guérir les tumeurs superficielles, tandis que les tumeurs avancées sont de très mauvais pronostics. A un stade un peu plus avancé, les symptômes seront plus douloureux : envies fréquentes d’uriner, difficultés à uriner, brûlures pendant la miction, spasmes de la vessie ou encore infections urinaires à répétitions.

Comment se fait le dépistage de ce cancer ?

Ce cancer ne fait pas l’objet d’un dépistage systématique dans la population générale.

En présence d’anomalies (symptômes), le médecin peut demander des examens diagnostiques (prise de sang, imagerie médicale, etc.).Si ces examens confirment la présence d’un cancer, ils seront complétés par un bilan d’extension pour préciser la nature exacte et l’étendue de la maladie. Ces informations sont indispensables pour déterminer les meilleurs traitements possibles.

Comment se fait le traitement de ce cancer ?

Les traitements les plus fréquemment appliqués en cas de cancer de la vessie sont l’opération chirurgicale ,les lavages de la vessie par chimiothérapie ou BCG, le traitement au laser, la radiothérapie, la chimiothérapie. Il faudrait distinguer deux grands axes : Les tumeurs qui n’infiltrent pas le muscle vésical c’est généralement un traitement endoscopique par résection suivi d’un BCG  alors que pour  les infiltrants,  la sanction est lourde, il faut tout simplement  enlever la vessie. En cas de cancer de la vessie à un stade avancé, l’équipe médicale incluant les chirurgiens, oncologues et radiothérapeutes au sein d’une commission réfléchit au meilleur traitement à réaliser.

Est-ce que l’immunothérapie a changé la donne ?

L’immunothérapie est validée pour des formes métastatiques et  prolonge la survie d’un patient. Il s’agit d’un traitement qui utilise le système immunitaire du patient pour éliminer les cellules cancéreuses. L’immunothérapie de dernière génération peut être proposée sur un cancer métastatique qui continue de se développer malgré une chimiothérapie (cisplatine) ou qui récidive nous espérons que cette immunothérapie se développe encore  en Tunisie. Reste la thérapie ciblée, pour traiter un cancer avancé lorsque les autres traitements n’ont pas fonctionné

Quel suivi après une tumeur de la vessie ?

À la suite du traitement du cancer de la vessie, le patient doit s’astreindre à un suivi médical régulier. Les examens (analyses de sang, cystoscopie, analyses d’urine, scanner de l’appareil urinaire) qu’il subit pendant cette période permettent d’atténuer les effets indésirables du traitement, les complications dues à l’ablation de la vessie, de constater la rémission et d’agir précocement en cas de récidive ou de rechute

                                                Kamel Bouaouina

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Urgence d’un nouveau cadre juridique pour la maltraitance animale : protéger un être vivant et non un simple bien

Von: tmps
20. Juli 2026 um 10:50

Décidément, la maltraitance à l’encontre des animaux devient de plus en plus un phénomène récurrent. Bien plus, des scènes cruelles de maltraitance sont diffusées à travers les réseaux sociaux. Des images qui ont choqué l’opinion publique. Elles ont également relancé un débat juridique qui, en Tunisie, revient régulièrement sans jamais véritablement déboucher sur une réforme de fond. Il y a quelques jours, une vidéo montrant un cheval violemment battu sur une plage à Zarzis a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

Face à l’émotion provoquée par ces images, le parquet s’est saisi de l’affaire de sa propre initiative, ordonnant l’ouverture d’une enquête, l’audition des personnes concernées ainsi que la désignation d’un vétérinaire chargé d’examiner l’animal et d’évaluer l’ampleur des blessures qu’il aurait subies.

Cette réaction rapide du ministère public a été largement saluée. Elle témoigne d’une prise de conscience croissante de la gravité des actes de maltraitance animale et de leur impact sur la société.

Mais à peine quelques jours plus tard, une autre vidéo est venue raviver l’émotion collective. Les images montraient une vache maintenue au sol, tandis que plusieurs individus lui sectionnaient la langue alors qu’elle était encore vivante. La violence de la scène, diffusée sans retenue sur les réseaux sociaux, a profondément choqué l’opinion.

Au-delà de l’horreur des faits eux-mêmes, cette succession d’affaires révèle un phénomène plus inquiétant : la banalisation de la violence envers les animaux, transformée en spectacle numérique destiné à être partagé, commenté et relayé.

Une législation héritée d’une autre époque

Ces événements posent inévitablement une question fondamentale : le droit tunisien protège-t-il réellement les animaux ? La réponse est nuancée. Le dispositif juridique actuellement en vigueur repose principalement sur deux textes anciens : le décret beylical de 1896 relatif à la protection des animaux domestiques et l’article 317 du Code pénal.

Ces dispositions ont été élaborées à une époque où l’animal était essentiellement considéré comme un bien appartenant à son propriétaire, au même titre qu’un objet de valeur économique. La philosophie du texte n’est donc pas la protection de l’animal en tant qu’être vivant, mais la protection du droit de propriété.

Autrement dit, c’est moins la souffrance de l’animal qui est sanctionnée que l’atteinte portée au patrimoine de son propriétaire.

Cette conception apparaît aujourd’hui largement dépassée au regard de l’évolution des connaissances scientifiques et des standards internationaux.

Des sanctions dérisoires

L’article 317 du Code pénal prévoit une peine de quinze jours d’emprisonnement et une amende de quatre dinars huit cents millimes (4d,800 ) pour certains actes de mauvais traitements.

Une telle sanction, inchangée depuis plusieurs décennies, apparaît totalement déconnectée de la gravité des actes pouvant être commis. Comment justifier qu’un acte de torture infligé à un animal puisse être sanctionné par une peine aussi symbolique ? Cette faiblesse des sanctions nourrit inévitablement un sentiment d’impunité. Le même texte prévoit certes une peine pouvant atteindre cinq années d’emprisonnement en cas d’empoisonnement volontaire d’un animal situé dans une propriété privée. Mais là encore, la logique juridique demeure essentiellement patrimoniale : ce qui est protégé est avant tout le bien appartenant à autrui et non l’intégrité physique ou la sensibilité de l’animal. Cette distinction montre les limites d’une législation devenue inadaptée aux réalités contemporaines.

L’animal, un être sensible

Les progrès de la science ont pourtant profondément modifié notre compréhension du monde animal. Il est aujourd’hui établi que les animaux ressentent la douleur, la peur, le stress et parfois même des formes complexes d’attachement et d’émotion. De nombreux États ont intégré cette évolution dans leur législation. La France reconnaît désormais, depuis la réforme de son Code civil de 2015, que «les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité». La Suisse, l’Allemagne, l’Autriche ou encore plusieurs pays européens ont également adapté leur droit afin de reconnaître que l’animal ne peut plus être assimilé à une simple chose. Cette évolution ne retire évidemment pas au propriétaire ses droits, mais elle impose également des devoirs envers l’animal placé sous sa responsabilité. La Tunisie gagnerait à s’inscrire dans cette évolution.

Une violence qui dépasse la question animale

Les spécialistes de criminologie soulignent depuis longtemps l’existence d’un lien entre les violences exercées sur les animaux et certaines formes de violence dirigées contre les êtres humains. De nombreuses études internationales montrent que les auteurs d’actes de cruauté envers les animaux présentent parfois des comportements violents dans d’autres sphères de leur vie.

Sans établir de relation automatique, plusieurs recherches considèrent la maltraitance animale comme un indicateur pouvant révéler des troubles comportementaux ou une banalisation de la violence. Lorsqu’un individu prend plaisir à faire souffrir un animal ou diffuse publiquement ces images pour susciter des réactions, c’est toute la société qui est interpellée.

Le problème dépasse largement la seule condition animale. Il concerne également l’éducation, la culture du respect de la vie et les valeurs collectives.

Les réseaux sociaux comme amplificateur

Les nouvelles technologies donnent désormais une dimension supplémentaire à ces violences.

Autrefois limitées à un cercle restreint, elles sont aujourd’hui filmées, diffusées et parfois mises en scène pour rechercher des réactions ou accroître la visibilité de leurs auteurs.

Le phénomène devient particulièrement préoccupant lorsque la souffrance animale est transformée en simple contenu numérique destiné à divertir ou à provoquer. Cette médiatisation contribue à banaliser des comportements qui devraient au contraire susciter une condamnation unanime. Elle pose également la question de la responsabilité des plateformes numériques dans la diffusion de contenus particulièrement choquants.

Les associations réclament une indispensable réforme

Depuis plusieurs années, les associations tunisiennes de protection animale demandent une révision profonde de la législation. Elles plaident notamment pour la reconnaissance juridique de l’animal comme être sensible, l’aggravation des peines en cas de sévices graves, la création d’infractions spécifiques sanctionnant les actes de cruauté, les mutilations volontaires, les abandons, les privations de soins ou les mauvais traitements répétés. Elles proposent également de renforcer les pouvoirs des autorités administratives afin de permettre le retrait immédiat d’un animal victime de maltraitance, ainsi que la création de structures spécialisées capables de recueillir les animaux saisis.

Au-delà des sanctions pénales, ces associations insistent sur l’importance de la prévention, de l’éducation et de la sensibilisation dès le plus jeune âge.

Les récentes affaires de Zarzis montrent que la société tunisienne ne reste plus indifférente face aux actes de cruauté envers les animaux. L’intervention rapide du parquet constitue un signal encourageant. Mais l’action judiciaire, aussi déterminée soit-elle, ne peut pallier les insuffisances d’un cadre législatif devenu obsolète. La Tunisie dispose aujourd’hui de l’occasion d’engager une réforme ambitieuse de son droit de la protection animale. Une telle réforme ne viserait pas uniquement à alourdir les sanctions. Elle traduirait surtout une évolution profonde de la conception juridique de l’animal, qui ne saurait plus être réduit au rang de simple bien patrimonial.

Reconnaître l’animal comme un être vivant doué de sensibilité constituerait une avancée conforme à l’évolution du droit comparé et aux attentes d’une société de plus en plus attachée au respect du vivant.

Car protéger les animaux, ce n’est pas seulement défendre une cause éthique, c’est aussi promouvoir une société fondée sur le respect de la vie, la responsabilité et le refus de toute forme de cruauté. Une législation moderne, assortie de sanctions réellement dissuasives contre les actes de négligence, de maltraitance, de cruauté ou de sadisme, contribuerait à faire reculer l’impunité et à affirmer que la violence envers les êtres vulnérables n’a plus sa place dans un État de droit.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Ouverture officielle de la saison de la Omra : les professionnels partent en guerre contre les intermédiaires

Von: tmps
20. Juli 2026 um 10:07

Des millions de pèlerins parcourent chaque année le globe pour visiter des sites sacrés, participer à des cérémonies ou rechercher la paix intérieure. Ce potentiel avéré témoigne de l’importance croissante de cette niche touristique unique. Pour booster cette niche, la Fédération tunisienne des agences de voyages a organisé hier la 5e édition du Salon international du tourisme et de la Omra, annonçant l’ouverture de la saison de la Omra. 

Cet événement, comme le précise Zied Felfoul, le trésorier de la Fédération tunisienne des agences de voyages, vise à promouvoir le tourisme religieux et culturel, à valoriser les produits touristiques tunisiens liés au pèlerinage et à la Omra et à améliorer la qualité des services tout en renforçant la compétitivité des prix. Le salon, auquel participent de nombreuses agences de voyages, constitue un rendez-vous incontournable pour les voyageurs désireux de découvrir les dernières tendances du secteur, les innovations et les nouvelles offres en matière de séjours, notamment ceux liés à la Omra.

Pourquoi passer par une agence de voyages ?

La saison de la Omra pour l’année 1448 de l’hégire (2026-2027) a officiellement débuté, permettant ainsi à des pèlerins tunisiens d’effectuer ce rite spirituel. Le nombre de pèlerins tunisiens accomplissant la Omra chaque année oscille entre 100.000 et 140.000. Les coûts associés à ce voyage spirituel connaissent une envolée, touchant tant les billets d’avion que l’hébergement. Les tarifs de la Omra sont déterminés par certains critères tels que le pack choisi sur les Lieux saints, l’aérien et les hôtels sur place. Sami Ben Saïdane, agent de voyage, a précisé que «les prix de la Omra ont connu une hausse de 10%. C’est un segment qui évolue énormément en fonction de l’offre et de la demande et de l’évolution du rial et du dollar. Et depuis la pandémie de la Covid-19, nous assistons à une hausse continue de ces prix, en particulier à Médine, où le prix des chambres économiques, tournant initialement autour de 350 rials, a considérablement augmenté, atteignant près de 800 rials. Le coût de la Omra varie en fonction de la qualité des services proposés. Le prix des billets d’avion représente environ 60% du coût total et varie selon les périodes : 1.750 dinars le 5 août et 2.150 dinars du 25 août au 1er septembre 2025. Le coût du visa est estimé à 650 dinars. Les prix oscillent entre 3 et 4 millions et entre 4,800 et 5,500 dinars durant Ramadan. Ces coûts varient largement selon les demandes et les exigences des clients, mais aussi selon des critères tels que la proximité des hôtels avec la mosquée al-Haram et la durée du séjour. Pour les packages luxes et autres VIP, les augmentations sont très importantes. Pour ceux qui cherchent un peu plus de confort, les offres de luxe peuvent facilement dépasser les 6.000 dinars. Tout dépend de ce que veut le client». Pour l’organisation d’un séjour, les agences de voyages peuvent s’avérer être de précieux alliés. Pourquoi passer par une agence de voyages ? L’organisation d’un voyage peut être un véritable casse-tête. Nombreux sont les voyageurs à faire appel à une agence de voyages pour planifier tous les détails d’un séjour. Mais que vous apporte réellement une agence de voyages ? Pourquoi passer par un professionnel du tourisme pour la planification et l’organisation de vos différents séjours ? Faouzi Bouguila, agent de voyage, a appelé les fidèles souhaitant accomplir la Omra à veiller à la régularité de leur démarche en concluant obligatoirement un contrat écrit avec l’agence de voyages agréée de leur choix. Cette obligation contractuelle n’est pas nouvelle. Elle a été introduite dès la libéralisation du marché de la Omra en Tunisie en 2013 et permet d’éviter de graves problèmes d’organisation et de logistique durant le pèlerinage. Cette mesure vise à protéger les droits des pèlerins comme ceux des agences, en instaurant un cadre clair et conforme aux réglementations en vigueur. Car, dit-il, «les intermédiaires et les intrus à la profession s’adonnent à des activités légalement du ressort des agences de voyages, sans avoir à supporter les frais, les obligations et les charges auxquelles ces dernières sont soumises. Ils se font passer pour des voyagistes et opèrent au vu et au su de tout le monde dans la sphère facebookienne, créant un amalgame assez grave avec les professionnels légaux qui sont, eux, soumis aux règles draconiennes en vigueur, notamment en matière d’assurance et de remboursement».

Et d’ajouter : «L’agent de voyage n’a qu’un seul objectif, garantir à chaque client un voyage de rêve pour lequel il n’a pas besoin de se soucier de quoi que ce soit. Il peut lui organiser un séjour de A à Z de manière personnalisée. Il dispose de l’expertise et de l’expérience nécessaires pour conseiller les clients sur la destination, les hébergements et les activités pour un séjour hors des sentiers battus. Il peut offrir des recommandations basées sur les préférences et les besoins spécifiques de chaque pèlerin».

Kamel BOUAOUINA

 

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Prise en charge des frais de soins par la CNAM : n’est-il pas grand temps de relever le plafond de remboursement ?

Von: tmps
20. Juli 2026 um 09:20

Deux ans seulement après la révision à la hausse du plafond annuel de remboursement des frais de soins par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), entrée en vigueur le 1er janvier 2024, la réalité économique a rattrapé, puis balayé cette décision qualifiée alors d’«historique». L’inflation galopante, conjuguée à une hausse continue des tarifs des consultations médicales et à l’explosion du prix des médicaments, a rendu les nouveaux seuils obsolètes. Pour l’assuré social tunisien, le plafond de la CNAM n’est plus un bouclier protecteur, mais une barrière dérisoire franchie dès les premiers mois de l’année. 

Pour comprendre le désarroi grandissant des assurés sociaux tunisiens, il convient de se rappeler l’enthousiasme qui avait entouré le dernier relèvement du plafond annuel de remboursement des frais de soins. L’assuré célibataire sans personne à charge avait vu son plafond de remboursement annuel passer de 300 à 450 dinars tunisiens. Pour une famille de quatre personnes à charge, le plafond de base avait bondi de 600 à 1.350 dinars. À cela s’ajoutaient des bonifications ciblées : 100 dinars par ascendant à charge, 100 dinars par enfant en situation de handicap, ainsi que des enveloppes de 150 dinars pour les soins dentaires et le suivi de grossesse. La prise en charge des lunettes médicales avait, elle aussi, été portée de 50 à 200 dinars. 

Cette réforme d’envergure, saluée à juste titre à l’époque, visait à corriger un décalage criant et intenable avec l’évolution du coût de la vie. Cependant, ce que les autorités n’avaient pas anticipé -ou du moins, n’avaient pas les moyens de contenir-, c’est que cette bouffée d’oxygène allait être quasi instantanément consumée par la spirale inflationniste interne et la révision en cascade des grilles tarifaires de santé libérale en 2025 et 2026.

L’élément déclencheur de la caducité rapide de la réforme de 2024 s’est produit dès le 1er janvier 2025. Après des années de stagnation de leurs émoluments et de négociations infructueuses, le Conseil national de l’Ordre des médecins a adopté une nouvelle fourchette d’honoraires pour le secteur libéral, entraînant une hausse brutale du coût de l’accès au cabinet médical.

La consultation chez un médecin généraliste est ainsi passée dans une fourchette allant de 40 à 55 dinars. Quant aux médecins spécialistes, leurs tarifs ont bondi pour s’établir fermement entre 55 et 80 dinars, tandis que les neuropsychiatres exigent désormais entre 60 et 85 dinars par consultation. Pour les visites à domicile ou les actes d’urgence de nuit, les prix s’envolent régulièrement au-delà de 120 dinars, voire 160 dinars. 

Dès lors, l’arithmétique devient impitoyable pour le portefeuille du contribuable. Pour un assuré social célibataire disposant du plafond de 450 DT, il suffit de consulter un médecin spécialiste quelques fois par an et d’acheter des médicaments pour épuiser l’intégralité de sa couverture annuelle. 

Si la révision des honoraires des praticiens a porté un coup sévère au budget santé des ménages, c’est au niveau des comptoirs des pharmacies que le fardeau est devenu véritablement insoutenable. Au cours des dernières années, une mise à jour tarifaire massive a touché plus de 60% des médicaments commercialisés en Tunisie, presque tous revus à la hausse.

Des ménages acculés à des choix cornéliens

Selon les données publiées récemment, la part des médicaments représente désormais 23,8% des dépenses totales de santé des ménages tunisiens, une proportion qui a pratiquement doublé en l’espace de quatre ans.

Cette «inflation pharmaceutique» s’explique principalement par la dépréciation continue du dinar tunisien face aux monnaies fortes comme le dollar américain et l’euro, qui renchérit mécaniquement les importations de matières premières actives et de molécules innovantes par la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT). À cela s’ajoute la hausse des coûts de fabrication pour l’industrie nationale des génériques, prise en étau entre la hausse des coûts d’exploitation et des marges réglementées de plus en plus étroites.

Aujourd’hui, l’insuffisance flagrante du plafond annuel de remboursement accule les familles tunisiennes à des choix cornéliens. Pour un ménage appartenant à la classe moyenne ou à faible revenu, financer des soins de base relève désormais du parcours du combattant. De nombreux patients en arrivent à différer des examens médicaux capitaux, à renoncer à des soins de prévention ou à interrompre unilatéralement la prise de traitements prescrits, faute de moyens financiers.

Ce renoncement aux soins présente un risque sanitaire majeur : il aggrave des pathologies bénignes et finit par surcharger les structures d’hospitalisation publiques d’urgence, ce qui engendre un coût économique infiniment plus lourd pour la collectivité nationale.

Le modèle à trois filières mis en place par la CNAM (filière publique, filière privée et système de remboursement des frais) est ainsi menacé d’asphyxie. Alors que les hôpitaux publics croulent sous la demande et souffrent de carences structurelles chroniques, l’alternative du secteur libéral devient inaccessible à la majorité des cotisants à cause de plafonds d’un autre temps, déconnectés de la réalité économique des cabinets et des officines.

Le constat est sans appel : le relèvement des plafonds de 2024, indispensable lors de sa mise en œuvre, a été totalement annihilé par la déferlante inflationniste de 2025 et 2026. L’appel à une nouvelle réévaluation des plafonds n’est plus une simple revendication syndicale ou un souhait de confort matériel, c’est un impératif de sauvegarde de la santé publique.

Comme l’a rappelé le président de la République, Kaïs Saïed, lors de sa réunion tenue le 2 mars 2026 avec la Cheffe du gouvernement et le ministre des Affaires sociales, l’assainissement et la réforme des caisses sociales ne doivent pas se faire au détriment des acquis des affiliés. La viabilité à long terme du modèle tunisien de la protection sociale dépend intimement du respect des principes de justice et d’équité sociale. Or, la justice sociale commence par garantir qu’un travailleur qui cotise toute sa vie puisse se soigner dignement sans basculer dans la précarité. Il est plus que jamais urgent que la CNAM mette en place un mécanisme d’indexation dynamique de ses plafonds annuels, calqué sur l’évolution réelle de l’indice des prix à la consommation et des tarifs de référence des professionnels de santé libéraux. Le temps presse car chaque jour d’immobilisme supplémentaire contraint un peu plus les citoyens à choisir arbitrairement entre préserver leur santé et subvenir aux besoins élémentaires de leur foyer. 

Walid KHEFIFI

 

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La culture, un enjeu de souveraineté : pour une refondation de la gouvernance culturelle

Von: farhat
20. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

Les orientations des pouvoirs publics tunisiens accordent à la culture une place importante dans les politiques nationales, en tant que levier de préservation du patrimoine, de consolidation de la cohésion sociale et d’affirmation de l’identité nationale. Cette orientation a été réaffirmée à plusieurs reprises par le Président de la République, Kaïs Saïed, dans le cadre de ses interventions consacrées aux enjeux culturels.

Toutefois, la traduction de ces orientations dans les politiques publiques suppose l’élaboration d’une stratégie culturelle globale, fondée sur une vision à long terme, une gouvernance institutionnelle cohérente et une articulation équilibrée entre la sauvegarde du patrimoine, le soutien à la création, la transmission des savoirs et le développement de la recherche.
Dans les sociétés contemporaines, la culture ne peut être considérée comme un secteur secondaire ou une simple succession de manifestations artistiques. Elle constitue un élément essentiel de la construction collective, un espace où une société élabore ses représentations, transmet sa mémoire et imagine son avenir. Elle participe à la formation du citoyen, au renforcement du lien social et au rayonnement international d’un pays.
Ainsi, la question fondamentale n’est pas seulement de savoir combien d’événements culturels sont organisés, mais de s’interroger sur la capacité de la politique culturelle à produire du sens, à soutenir durablement la création et à construire un environnement favorable à l’émergence des idées et des œuvres.

De la gestion culturelle à la gouvernance culturelle
Une institution culturelle ne peut être réduite à une administration chargée de gérer un calendrier de festivals, d’assurer le fonctionnement des établissements ou d’organiser des manifestations ponctuelles. Ces missions sont nécessaires, mais elles ne constituent qu’une partie de la fonction culturelle de l’État.
Dans une conception moderne de la gouvernance culturelle, le rôle des pouvoirs publics consiste également à protéger le patrimoine matériel et immatériel, encourager la création, favoriser la circulation des œuvres, développer les industries culturelles et créatives, soutenir la recherche et garantir l’accès du plus grand nombre aux biens culturels.
Lorsque l’action culturelle se concentre principalement sur la logique événementielle, le risque est de voir la culture perdre progressivement sa dimension structurante au profit d’une approche plus conjoncturelle. Les festivals et les grandes manifestations demeurent des instruments importants de visibilité et de diffusion, mais ils ne peuvent remplacer une stratégie globale capable d’accompagner les transformations profondes de la société.
La véritable question est donc celle du passage d’une culture administrée à une culture gouvernée : une culture pensée comme un écosystème où interagissent institutions publiques, créateurs, chercheurs, associations, collectivités territoriales et citoyens.

Les créateurs : acteurs du bien culturel commun
La relation entre l’institution culturelle et les créateurs constitue l’un des indicateurs essentiels de la vitalité d’une politique publique. L’écrivain, l’artiste, le chercheur, le musicien ou le cinéaste ne sont pas de simples bénéficiaires de dispositifs administratifs, ils sont des producteurs de valeur symbolique et des acteurs de la mémoire collective.
La Tunisie possède un capital humain considérable dans les domaines de la littérature, des arts, des sciences humaines et du patrimoine. Une grande partie de cette richesse repose sur l’engagement personnel, l’initiative associative et des dynamiques souvent construites avec des moyens limités.
Cette réalité pose une question fondamentale : comment garantir que ceux qui contribuent à faire vivre la culture puissent disposer d’un environnement institutionnel qui accompagne leur action plutôt que de fragiliser davantage leurs conditions d’exercice ?
Le soutien public à la création ne doit pas être envisagé comme une assistance accordée aux artistes, mais comme un investissement collectif dans un bien commun. La culture produit des effets qui dépassent largement le champ artistique : elle développe l’esprit critique, renforce la cohésion sociale, nourrit l’éducation et participe à l’attractivité d’un pays.

Quand les acteurs culturels deviennent les principaux financeurs de l’action culturelle
Les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses associations culturelles, clubs littéraires et initiatives citoyennes indépendantes mettent en évidence des enjeux structurels qui dépassent les seules contraintes organisationnelles. Elles interrogent les conditions effectives de participation des acteurs de la société civile à la production, à la diffusion et à la démocratisation de la vie culturelle.
Ces organisations ne s’inscrivent généralement pas dans une logique marchande. Leur action relève d’une mission d’intérêt général fondée sur la promotion de la lecture, l’accompagnement de la création artistique et littéraire, la valorisation des jeunes talents, la transmission des savoirs ainsi que l’animation culturelle de territoires souvent insuffisamment dotés en infrastructures et en ressources. À ce titre, elles constituent un maillon essentiel de l’écosystème culturel et contribuent au renforcement de la cohésion sociale, de la citoyenneté culturelle et de la diversité des expressions artistiques.
Dans cette perspective, les débats relatifs aux modalités d’accès aux équipements culturels publics ne sauraient être appréhendés sous le seul angle des procédures administratives ou des contraintes budgétaires. Ils renvoient à une problématique plus fondamentale touchant aux principes mêmes de la gouvernance culturelle. Il s’agit de déterminer si les infrastructures culturelles doivent être administrées selon une logique essentiellement patrimoniale et gestionnaire, privilégiant la préservation des biens publics et la maîtrise des coûts, ou si elles doivent également être conçues comme des biens communs culturels, destinés à favoriser la participation citoyenne, la création artistique, le débat intellectuel et la circulation des connaissances.
L’enjeu est donc moins celui du financement que celui du modèle de politique culturelle retenu. Une gouvernance exclusivement administrative risque de réduire les équipements culturels à de simples espaces de gestion, alors qu’une gouvernance fondée sur une approche partenariale reconnaît leur fonction de plateformes de coopération entre les institutions publiques, les créateurs, les associations et les citoyens. Dans cette approche, la valeur d’un équipement culturel ne se mesure pas uniquement à son taux d’occupation ou à son équilibre financier, mais également à sa capacité à produire du lien social, à stimuler l’innovation culturelle, à élargir l’accès aux pratiques artistiques et à favoriser l’expression de la pluralité des sensibilités.
Un espace culturel accomplit pleinement sa mission lorsqu’il dépasse sa fonction d’infrastructure matérielle pour devenir un lieu vivant de création, de réflexion critique, de dialogue intergénérationnel et de construction du capital culturel collectif. C’est précisément cette dimension immatérielle qui confère aux équipements culturels leur véritable utilité publique et qui justifie l’élaboration de mécanismes de gouvernance conciliant les exigences de bonne gestion avec les impératifs de démocratisation culturelle et de soutien à l’initiative associative.

La qualité, la diversité et les critères de légitimité culturelle
Les politiques culturelles contemporaines reposent sur un équilibre complexe entre pluralisme et exigence. La diversité des expressions artistiques constitue une richesse fondamentale, mais elle ne signifie pas l’abandon de toute référence qualitative.
Encourager la création contemporaine, soutenir de nouvelles formes artistiques et répondre aux évolutions des pratiques culturelles ne doit pas conduire à négliger les critères liés à la compétence, à la créativité, à la profondeur des œuvres et à leur contribution au patrimoine culturel.
La confiance entre les institutions et les acteurs culturels dépend largement de la transparence des mécanismes de sélection, de financement et de programmation. Une gouvernance culturelle efficace suppose des règles lisibles, des procédures équitables et une évaluation régulière des politiques mises en œuvre.

La culture comme politique publique de long terme
La communication institutionnelle constitue aujourd’hui une composante essentielle de l’action publique. Elle répond aux exigences de transparence, informe les citoyens des politiques mises en œuvre et valorise les réalisations des institutions. Toutefois, si elle participe à la visibilité de l’action culturelle, elle ne saurait, à elle seule, constituer un indicateur fiable de la vitalité culturelle d’un pays. Celle-ci dépend avant tout de la capacité des institutions à créer un environnement favorable à la production intellectuelle, à la création artistique, à la préservation du patrimoine et à la diffusion des savoirs.
Dans cette perspective, la confiance entre les institutions publiques et les acteurs culturels apparaît comme une condition fondamentale de l’efficacité des politiques culturelles. Les écrivains, les artistes, les chercheurs, les associations culturelles et les initiatives citoyennes ne sont pas de simples bénéficiaires de l’action publique, ils participent directement à la production du capital culturel national. Leur contribution dépasse largement le cadre des manifestations ponctuelles. Ils alimentent le débat public, enrichissent la mémoire collective, favorisent la circulation des idées et participent à la construction d’une conscience critique indispensable au développement démocratique et intellectuel de la société.
L’enjeu consiste donc à dépasser une approche essentiellement administrative de la gestion culturelle pour instaurer une gouvernance fondée sur le dialogue, la concertation et la reconnaissance mutuelle. Une politique culturelle durable ne se limite pas à promouvoir les activités réalisées, elle crée les conditions institutionnelles, juridiques et financières permettant l’émergence de nouvelles initiatives, la diversification des expressions artistiques et la consolidation d’un tissu culturel capable de répondre aux mutations contemporaines. La qualité d’une politique culturelle se mesure moins à la quantité des événements organisés qu’à sa capacité à renforcer durablement les institutions culturelles, à soutenir les créateurs et à garantir un accès équitable à la culture sur l’ensemble du territoire.

La culture comme investissement stratégique dans le développement de la société
Dans un contexte marqué par l’accélération des transformations technologiques, des mutations géopolitiques et de la mondialisation des échanges symboliques, la culture s’impose comme un levier stratégique du développement durable et de la souveraineté nationale. Elle ne peut plus être envisagée comme un simple secteur d’activité ni réduite à une succession d’événements, mais doit être appréhendée comme une politique publique structurante, capable de produire du sens, de renforcer la cohésion sociale et de consolider le capital symbolique de la nation.
Une telle ambition suppose une gouvernance culturelle ouverte, fondée sur la concertation permanente entre les institutions publiques, les créateurs, les universitaires, les professionnels du patrimoine, les collectivités territoriales et les organisations de la société civile. L’efficacité des politiques culturelles dépend désormais de leur capacité à mobiliser l’intelligence collective, à intégrer la diversité des expertises et à anticiper les profondes mutations des pratiques culturelles.
Les intellectuels, les écrivains et les artistes constituent une ressource stratégique pour toute nation. Leur fonction dépasse la production d’œuvres : ils élaborent les référentiels symboliques qui permettent à une société de comprendre ses transformations, de préserver sa mémoire, d’exercer son esprit critique et d’imaginer son avenir. Soutenir la création revient ainsi à investir dans le capital intellectuel et culturel du pays. À long terme, la puissance des nations se mesurera autant à leur capacité d’innover sur le plan des idées et des imaginaires qu’à leurs performances économiques, car la souveraineté culturelle demeure le fondement durable de toute souveraineté.

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« Kharouba » d’Imen Chérif : Un spectacle haut en couleurs et en harmonie à l’ouverture du festival de Nabeul

Von: farhat
19. Juli 2026 um 18:43

La chanteuse Imen Chérif a excellé lors de l’ouverture du Festival international de Nabeul avec son projet artistique « Kharouba »,  spectacle coloré qui  a réuni des jeunes musiciens ,percussionnistes et chorégraphes . A  22h15, la scène s’allume avec l’hymne national , les musiciens se mettent en place, puis le chœur et les chanteurs regagnent leur place.. Le  spectacle grandiose, à la fois spirituel, sonore, visuel et festif, réunit plusieurs artistes entre musiciens, danseurs et chanteurs qui ont interprété, quasiment à la perfection, une nouvelle lecture des traditions et pratiques rituelles et musicales, inspirées notamment du répertoire tunisien. La bal est ouvert avec le maestro Noomane Chaari .

Le public adhère vite . Imen Chérif  fait montre de maîtrise et met en avant ses capacités vocales, avec « Mahich Tatriza Fi Rouba » en chantant Djerba et en  excellant dans l’interprétation de « Kelia – Yurid ».  « Charaa l Bab » « Ya Salem Jadi ya Hemam » .Elle  plongeait  le public dans un moment de transe. Dotée de savoir-faire et de créativité, elle a donné libre cours à sa musicalité avec la complicité des musiciens  Le public réagit,chante, danse, gesticule, frétille, crie, bref la joie est partout, elle se manifeste sur les visages et les sauts répétés et les cris d’encouragement. Soufis, Stambeli, Hadhra, Nouba, Mezwed, Bangua, urban dance ,Rboukh…des styles musicaux de la chanson populaire tunisienne qui ont séduit l’assistance.La mise en scène et la scénographie  de Lamjed Guiga ont été largement orientée vers la théâtralisation de la notion de la Hadhra en tant que rituel collectif qui trouve ses origines dans le patrimoine soufi.

Cette notion novatrice ne manque pas de plaire à un public nombreux.offrant au grand public cosmopolite un patrimoine réinventé, où l’empreinte du passé se réaffirme avec la fougue du présent.Là où les percussions traditionnelles comme le “tbal” et le “bendir” battaient comme un chœur ancestral,  la guitare, la batterie et l’orgue venaient tisser une trame nouvelle, dans une parfaite alchimie musicale. Pendant près de deux heures, chants, musiques et tableaux chorégraphiques se sont enchaînés dans une harmonie saisissante, transportant tout le théâtre  dans un vertige d’émotions et de sensations.

Dans l’air flottait l’odeur entêtante de l’encens, mêlée aux cris de joie, aux claquements de mains et aux youyous fusant de partout, transformant le théâtre  en un sanctuaire où le sacré et l’art se confondaient en parfaite harmonie. Au cœur de cette fresque musicale,  Imen  changeait souvent de répertoire, se jouait des rythmes, refusait la monotonie. Elle  s’amuse sur scène en chantant de nouvelles œuvres  de son répertoire, complétant ainsi une succession de tableaux musicaux, tous plus riches les uns que les autres. Dans un mélange de styles, l’arrangement musical de Noomane Chaari   a bien servi l’authenticité des rythmes et les mélodies aux modes du terroir dont « Ya Harab » « Ya Sidi Achour » « Baba Echérif » « Chlounga » « El Borni », une nouvelle vision à la fois artistique et culturelle.Ses  paroles , puisent dans un ancien vocabulaire utilisé par les générations précédentes. Imen affirme avoir voulu « ressusciter des mots oubliés et sortir de la mémoire populaire des expressions d’une autre époque .Le spectacle ne repose pas uniquement sur le personnage de « El Borni », mais intègre également celui de « Aïchoucha », deux figures qui reflètent différentes facettes de sa personnalité artistique et humaine.

Par sa musique, sa lumière, le son, la voix,  ce  spectacle « Kharouba »    parvient à conquérir son public passionné. Imen Chérif    et son équipe sont parvenus à relever le défi amplement le temps d’une soirée en couleurs et en musique . Une communion s’est installée entre la scène et les gradins.  La fusion entre instruments orientaux et occidentaux offre des sonorités modernes un peu rock, un peu jazzy et un peu oriental .  La danse est présente avec force.  Stambali,  schlounga, banga et Bousaadia ont également habité cette performance musicale sans oublier l’urban dance avec ces jeunes qui ont fait bouger la scène du théâtre de Nabeul..Des chorégraphies inspirées des transes, des danses procurent des tonalités nouvelles et agréables.  Et quand on a un bel espace en plein air comme le théâtre de Nabeul  et qu’on y rajoute   un public impliqué corps et âme dans l’acte artistique, on obtient une soirée magique avec Imen Chérif.

                               Kamel Bouaouina

Photos Berrzagua

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La voix mélodieuse de Yara au Théâtre d’Hammamet

Von: farhat
19. Juli 2026 um 17:35

Accueillie par un tonnerre d’applaudissements sur la scène du prestigieux théâtre d’Hammamet, la chanteuse libanaise  a enchanté les mélomanes par sa prestance et son talent d’interprète, capable de maîtriser différentes gammes et styles musicaux.    L’artiste dont la variété du répertoire a suscité l’admiration du public, a créé un univers romantique avec une note mélancolique, douce et jazzy où les sentiments et les émotions s’expriment par la puissance des paroles et des notes. Elle a conquis le public en interprétant les meilleurs tubes de ses chansons romantiques.L’assistance a apprécié à sa juste valeur les tubes de la jeune star libanaise  en reprenant ses refrains et en dansant sur ses mélodieux airs orientaux.Ovationnée dès son apparition sur scène, Yara a, pendant deux heures, gratifié les spectateurs de ses chansons à succès en dialectes libanais et khalidji à l’instar de “Sodfa”, “Itwassi fia”, “Khoni Maâk” et “Jaya oua idi Ala Kheddi’’.

Elle a réussi  à mettre le feu dans le théâtre . Le public, qui l’apprécie beaucoup, a exigé d’elle l’interprétation des nouvelles chansons. Elle a répondu à leur souhait. Cette chanteuse  a une fois de plus prouvé qu’elle avait un talent immense, passant de style en style,  d’une musique à une autre. Un bonheur partagé par le public, très jeune. Téléphones portables et appareils photos étaient braqués sur elle. Tous voulaient garder un souvenir de cette agréable soirée.  La foule s’est fait plaisir, chantant les paroles à sa place. Ce soir-là Yara n’oubliera jamais sa prestation et ce public qu’elle a électrisé avec ses chants et ses rythmes. Elle  a déclaré éprouver une grande joie de participer au festival d’Hammamet et s’est dite “heureuse” du public tunisien émettant le vœu  de se reproduire à nouveau en Tunisie

                                                                               Kamel Bouaouina

Photos Berrazagua 

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Les coupures de courant se succèdent dans toutes les régions : des sacrifices mesurés pour éviter un éventuel black-out 

Von: tmps
19. Juli 2026 um 10:15

En ces temps de canicule, les coupures du courant électrique deviennent très fréquentes et n’épargnent aucune région du pays. La STEG ne s’en cache pas et affirme procéder de la sorte pour éviter un éventuel black-out qui pourrait paralyser tout le pays…

Rien que jeudi dernier, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé qu’elle allait recourir à des coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays, entre 13h00 et 16h00, afin de préserver la stabilité et la continuité du réseau électrique.

La STEG a précisé que ces coupures pourraient concerner les régions suivantes :

Grand Tunis : Hraïria, Le Bardo, La Manouba, Ezzouhour, El Menzah V, El Menzah, L’Ariana, El Manar, Mhamdia, Fouchana, Jedaïda, Sanhaja et Borj Cédria.

Nord : Hemada, Tazarka, El Mida, Zeriba, Mrezga et Somaâ.

Nord-Ouest : Ouechtata, Rouhia, Jedeliane, Oued Meliz, Bou Salem, Bouarada, Amdoun, Touiref et Medjez el-Bab.

Centre : Sahlat Bouhajla, El Khadhra, Jehina, Dar Jamaïa, Sidi Saïidane, El Jem, Sidi Messaoud, Zaâfrana et Ghouiba.

Sfax : Gremda, Menzel Chaker, Agareb, Thyna, Route de Tunis et Route de Mahdia.

Sud : Zerig, Aghir, Mareth, Tataouine, Ouedhref, Chahbania, Ghomrassen et Zarzis.

Sud-Ouest : Regueb, Lajred, Souk Jedid, Chakhar, Nasrallah, Charaïaâ, El Makarem, Hammar et Hichria.

C’est dire que toutes les régions du pays sont concernées et que tous les citoyens vont devoir composer avec ces coupures, rendues nécessaires, voire inévitables pour se prémunir contre toute éventualité de black-out total qui pourrait paralyser tout le pays avec des conséquences très fâcheuses pour tous les secteurs d’activité.

Face à cette situation, les autorités et la STEG expliquent que certaines coupures sont devenues inévitables afin de préserver la stabilité du réseau national et d’éviter un black-out généralisé. C’est ce que rappelle Fayçal Trifa, le PDG de la STEG : «La consommation d’électricité a atteint des niveaux historiques sous l’effet des températures extrêmes et du recours massif aux climatiseurs, notamment entre 13h et 17h, période où le réseau enregistre son pic de charge. À cette pression s’est ajoutée une panne technique sur une installation énergétique située dans l’Est de l’Algérie, réduisant temporairement les capacités d’échange d’électricité entre les deux pays. Or, la Tunisie dispose d’une capacité installée estimée entre 6.000 et 6.300 MW, dont plus de 90% proviennent de centrales thermiques alimentées au gaz naturel. Ainsi, pour préserver l’équilibre entre l’offre et la demande, la STEG recourt à des opérations de délestage, c’est-à-dire des coupures temporaires et ciblées destinées à empêcher un effondrement général du système électrique».

Compréhension et agacement

Ces interruptions, qui touchent différents quartiers selon une rotation, sont présentées par les responsables de la STEG et des autorités compétentes comme un mal nécessaire pour éviter un scénario de black-out similaire à celui qu’avait connu la Tunisie, rappelons-le, en septembre 2023.

Certes, une telle situation n’a rien de satisfaisant ou de rassurant, mais le contexte, avec des chaleurs anormalement élevées et une «obligation» à avoir recours aux climatiseurs, de jour comme de nuit, incitent, tout de même, à la prudence et à une consommation responsable de l’énergie électrique, avec toutes les précautions qui s’imposent. A ce titre, la STEG appelle également les citoyens à prendre les précautions nécessaires afin d’éviter d’éventuelles surtensions lors du rétablissement de l’alimentation électrique pour éviter l’endommagement des appareils et engins électriques.

Du côté du citoyen, les coupures deviennent de plus en plus gênantes, de jour comme de nuit. L’agacement est visible, mais lorsque ces mesures sont prises pour préserver l’intérêt commun du pays et de ces mêmes citoyens, la sagesse incite à se comporter de manière responsable, à condition de voir ces coupures durer le moins de temps possible. De même, on signale des interruptions prolongées de l’approvisionnement en eau potable dans certaines régions. Renseignement pris, il s’avère que les stations de pompage dépendent directement de l’alimentation en électricité et se trouvent, à leur tour, à l’arrêt à chaque fois que l’électricité manque à l’appel.

C’est dire que cette situation exceptionnelle met à nu, encore une fois, les limites d’infrastructures soumises à une demande record, dans un contexte où les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents.

Dans ce même chapitre d’agacement, de nombreux citoyens réclament davantage de transparence sur les horaires des coupures et une meilleure communication de la part des autorités, de manière à prendre plus de précautions et la STEG doit s’y plier pour éviter les mauvaises surprises et les arrêts inattendus.

La consommation a augmenté de 30% 

Jusqu’à quand ces coupures vont-elles demeurer nécessaires et inévitables ? Du côté de la STEG, on appelle les consommateurs à rationaliser leur consommation, particulièrement durant les heures de pointe, afin de réduire la pression sur le réseau électrique national. Les autorités estiment que ces mesures demeurent nécessaires tant que les températures resteront exceptionnellement élevées.

Avec des températures ayant atteint jusqu’à 47°C, et une moyenne de chaleur qui a dépassé, de loin, la normale au mois de juin, les besoins en refroidissement ont fortement augmenté. La multiplication de l’usage des climatiseurs a entraîné une pression supplémentaire sur le réseau électrique, notamment pendant les heures de pointe, entre 13h00 et 17h00, où la consommation a progressé d’environ 30% par rapport aux niveaux habituels.

Kamel ZAIEM

 

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Pourquoi, chaque été, nos champs et forêts sont menacés d’incendie ?

Von: tmps
19. Juli 2026 um 09:26

Voilà que depuis toujours, la saison estivale est marquée par ces incendies qui ravagent champs et forêts occasionnant des dégâts importants. Il est vrai que la plupart des incendies sont brusques et imprévus, mais les causes des feux de forêt sont généralement connues et attendues, surtout lorsque la température est très élevée et que la pluie vient à manquer. C’est le moment propice pour que la moindre étincelle enflamme des brindilles, puis des herbes sèches, des buissons, des arbres et enfin, la forêt tout entière. 

Des causes naturelles sont certes à l’origine des feux de forêt, mais aussi les causes humaines sont importantes, comme la malveillance et l’incivisme : un mégot de cigarette mal éteint jeté au sol, un barbecue mal maîtrisé peuvent provoquer un incendie. De plus, il y a une autre cause liée à des actes criminels puisque les feux de forêt sont souvent allumés volontairement par des pyromanes. En effet, la cadence avec laquelle les incendies se déclenchent de façon répétitive et le fait qu’ils se soient tous déclenchés dans des champs de blé, ne poussent-ils pas à croire qu’il y a quelque chose de suspect ?

Le nombre des incendies va crescendo

En 2026, la Tunisie a déjà enregistré au moins 417 incendies depuis le 1er mai, un chiffre qui est supérieur à celui de la même période de l’année dernière. De plus, entre le 1er juin et le 5 juillet 2026, une certaine augmentation du nombre d’incendies a été constatée dans des régions comme les gouvernorats du Kef, de Béja et de Jendouba. Par ailleurs, jusqu’à mi-juillet 2026, on compte déjà plusieurs centaines d’incendies déclenchés dans plusieurs régions du pays. Selon les rapports diffusés par la Direction Générale des Forêts, les données montrent une augmentation progressive du nombre d’incendies en Tunisie au fil des années, soit plus du double par rapport à avant 2010. L’on se demande si à cette époque-là, nos champs et forêts étaient plus protégés qu’aujourd’hui. Y aurait-il d’autres facteurs qui sont à l’origine de ces feux ? Serait-ce un phénomène naturel dû au réchauffement du globe et de la hausse de température en cette saison estivale ? 

Cependant, ces incendies sont souvent déclenchés suite à un comportement humain, irresponsable et irréfléchi provenant d’individus paranoïaques, qu’on appelle des pyromanes, ces personnes qui souffrent d’une impulsion incontrôlable à allumer des incendies de manière délibérée et répétée, trouvant dans cet acte criminel un soulagement et une satisfaction. Et dire que souvent, ces pyromanes perpétuent leurs actes sans être interceptés par les gardes forestiers ou la Direction Générale des Forêts ! Pourtant, les autorités tunisiennes, notamment la Direction Générale des Forêts, ont récemment procédé à des arrestations de pyromanes dans le cadre de la lutte contre les incendies. Ces actions font partie des efforts pour maîtriser les départs de feu volontaires qui contribuent à la recrudescence des incendies en Tunisie. 

Impacts néfastes sur l’agriculture et l’environnement

Il n’y a aucun doute que les incendies ont des impacts significatifs et souvent dévastateurs sur l’agriculture et l’environnement. En agriculture, les incendies détruisent directement les cultures en brûlant les plantes, ce qui entraîne une perte immédiate de la production agricole. Les pertes peuvent affecter les récoltes en cours ainsi que les plantations futures, réduisant la disponibilité alimentaire locale et nationale. Ils peuvent également détruire la matière organique du sol, essentielle à la fertilité. En outre, les incendies touchent souvent le bétail qui peut être blessé ou tué. De même, la destruction des pâturages réduit la disponibilité de nourriture pour les animaux, affectant la production laitière et la reproduction.

Quant aux impacts des incendies sur l’environnement, ils peuvent affecter la biodiversité. En effet, ils détruisent les habitats naturels, mettant en danger la faune et la flore locale. Certaines espèces peuvent être décimées localement, surtout celles qui sont endémiques ou déjà vulnérables. Dans ce cas, la régénération naturelle peut être lente, voire impossible dans certains cas. C’est qu’il faut des années entières pour reboiser une forêt incendiée.

Eviter la propagation des feux

Au cas où les incendies, causés par des facteurs naturels ou humains, seraient évidents, compte tenu des fortes chaleurs de ce mois de juillet, notre devoir serait d’éviter la propagation des feux que ce soit dans les champs ou dans les forêts. Aussi faut-il prendre les mesures préventives nécessaires afin d’éviter de grandes pertes. Nous avons certes une stratégie nationale pour la protection des forêts contre les incendies qui se base principalement sur un programme d’action pour coordonner avec toutes les parties intervenantes, l’ouverture des circuits forestiers et le contrôle des points d’approvisionnement en eau, dont le nombre s’élève à 355. Il s’agit, également, de l’adoption du système des patrouilleurs et la création de 43 centres avancés d’alerte précoce, d’information et d’intervention rapide. Mais il reste beaucoup à faire. Lors d’un incendie, il est important de maîtriser la propagation, en particulier si des habitations, des bâtiments d’élevage ou de stockage de l’engrais ou des engins se trouvent à proximité. Si le début d’incendie ne peut être arrêté par les moyens présents sur place, la Direction Générale des Forêts insiste sur la priorité qui est de prévenir pour faire évacuer tous les bâtiments.

Hechmi KHALLADI

 

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Protection contre le décrochage scolaire et inclusion des élèves en situation de handicap :  entre ambition stratégique et défis de la mise en œuvre

Von: tmps
19. Juli 2026 um 08:26

 Par Mondher AFI

La séance d’audition consacrée à la protection des enfants menacés de décrochage scolaire, à l’inclusion des élèves en situation de handicap ainsi qu’aux perspectives de réforme du système éducatif, tenue le 9 juillet 2026 devant la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et des districts, s’inscrit dans le cadre de la vision générale de réforme de l’État portée par le Président de la République, Kaïs Saïed.

Cette orientation stratégique traduit une volonté de repenser l’école non seulement comme une institution de transmission des savoirs, mais également comme un instrument de cohésion sociale, de réduction des inégalités et de consolidation du capital humain.

Cependant, comme dans toute réforme publique d’envergure, la définition d’une vision stratégique ne constitue que la première étape. La véritable mesure de son efficacité réside dans sa traduction opérationnelle. Or, les politiques éducatives révèlent souvent un décalage entre l’ambition des orientations nationales et leur concrétisation sur le terrain. Ce décalage ne remet pas nécessairement en cause la pertinence des objectifs poursuivis, il met plutôt en évidence la complexité des mécanismes institutionnels chargés de leur mise en œuvre. Les contraintes administratives, les limites des ressources humaines et financières, les disparités territoriales et la coordination parfois insuffisante entre les différents intervenants ralentissent le rythme de réalisation des réformes et réduisent leur impact sur les établissements scolaires.

Le décrochage scolaire : une problématique systémique

Les données présentées au cours de la séance témoignent d’une évolution positive grâce au renforcement des réseaux d’accompagnement, aux cellules d’écoute, au suivi psychosocial et aux Écoles de la deuxième chance. Cette approche marque une rupture avec une conception strictement curative du décrochage scolaire en privilégiant désormais l’anticipation, la prévention et l’accompagnement individualisé.

Toutefois, les recherches en sociologie de l’éducation montrent que le décrochage scolaire ne constitue jamais un phénomène exclusivement pédagogique. Il résulte d’une accumulation de facteurs économiques, sociaux, familiaux, territoriaux, psychologiques et institutionnels. Les inégalités sociales, la précarité, l’éloignement géographique, la fragilité des infrastructures, les difficultés d’apprentissage ou encore les transformations du rapport des jeunes à l’école participent simultanément à la production du risque de rupture scolaire.

Dans cette perspective, la lutte contre le décrochage ne peut être limitée au seul espace scolaire. Elle suppose une coordination durable entre les politiques éducatives, sociales, sanitaires et territoriales afin de construire un environnement protecteur autour de l’enfant. L’efficacité de cette stratégie dépendra moins de la multiplication des dispositifs que de leur articulation, de leur continuité et de leur capacité à intervenir précocement avant que les situations d’exclusion ne deviennent irréversibles.

L’intégration de plus de douze mille élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires constitue une avancée importante vers la reconnaissance du droit universel à l’éducation. Elle traduit une évolution des politiques publiques vers une approche davantage fondée sur les droits humains et l’égalité des chances.

Néanmoins, les standards internationaux rappellent que l’inclusion ne peut être assimilée à une simple présence physique dans les établissements ordinaires. Une école véritablement inclusive suppose une transformation profonde de l’environnement éducatif : accessibilité des infrastructures, adaptation pédagogique, disponibilité d’accompagnants spécialisés, formation continue des enseignants, équipements adaptés et coopération permanente entre les secteurs de l’éducation, de la santé et des affaires sociales.

Les difficultés relevées dans plusieurs régions illustrent l’écart qui peut subsister entre les principes consacrés par les textes et leur application concrète. Les contraintes budgétaires, les insuffisances organisationnelles, les disparités territoriales et les difficultés de coordination institutionnelle limitent encore l’effectivité de ce droit. Ainsi, la question centrale n’est plus celle de la reconnaissance juridique de l’inclusion, largement acquise, mais celle des capacités administratives, techniques et financières nécessaires pour la rendre pleinement opérationnelle.

 

La gouvernance comme condition de réussite

L’analyse comparée des réformes éducatives met en évidence que leur efficacité ne dépend pas exclusivement de la qualité des orientations stratégiques ou des objectifs affichés, mais repose essentiellement sur les modalités de leur gouvernance, de leur pilotage et de leur mise en œuvre. Les systèmes éducatifs qui enregistrent des progrès durables sont généralement ceux qui disposent d’institutions capables d’assurer la continuité des politiques publiques, de coordonner les différents niveaux décisionnels, de mobiliser les ressources nécessaires et d’adapter les interventions aux réalités territoriales, sociales et démographiques. La gouvernance constitue ainsi un facteur structurant qui conditionne la traduction des choix politiques en résultats observables.

Dans le contexte tunisien, l’examen des politiques éducatives fait apparaître un ensemble de contraintes principalement liées aux mécanismes d’exécution et de régulation. La complexité des procédures administratives, la dispersion des responsabilités entre les différents niveaux de décision, l’hétérogénéité des capacités institutionnelles, l’insuffisance des dispositifs de suivi et d’évaluation, ainsi que les disparités persistantes entre les régions influencent le rythme et l’efficacité de la mise en œuvre des réformes. Ces éléments témoignent moins d’une absence d’orientations stratégiques que des difficultés inhérentes à leur opérationnalisation et à leur inscription dans une logique de gouvernance intégrée.

Dans cette perspective, la consolidation des politiques éducatives suppose le développement de mécanismes institutionnels fondés sur la planification stratégique, la coordination intersectorielle, l’évaluation continue des résultats, la production d’indicateurs fiables et la clarification des responsabilités des différents acteurs. Une telle approche favorise l’ajustement progressif des politiques publiques aux évolutions du système éducatif et contribue à renforcer leur cohérence, leur efficacité et leur capacité d’adaptation aux transformations économiques, sociales et technologiques.

 

Vers une école plus équitable et plus résiliente

La prévention du décrochage scolaire et la pleine inclusion des élèves en situation de handicap constituent désormais des critères fondamentaux d’évaluation de la performance des systèmes éducatifs contemporains. Elles ne relèvent plus uniquement de considérations pédagogiques ou sociales, mais traduisent la capacité d’un État à construire un modèle de développement fondé sur la justice éducative, la cohésion sociale et la valorisation durable du capital humain. À travers ces deux enjeux se mesure la faculté des politiques publiques à garantir un accès équitable aux apprentissages, à prévenir les mécanismes de marginalisation scolaire et à offrir à chaque enfant les conditions nécessaires à la réalisation de son potentiel, indépendamment de son origine sociale, de son territoire de résidence ou de sa situation de handicap.

Au regard de ces éléments, le décrochage scolaire ne saurait être réduit à un simple abandon des études ou à une interruption ponctuelle du parcours éducatif. Il constitue l’aboutissement d’un processus cumulatif d’exclusion progressive, résultant de l’interaction complexe de facteurs individuels, familiaux, institutionnels, économiques, culturels et territoriaux.

Bien avant la rupture définitive avec l’école, apparaissent des signes précurseurs tels que l’absentéisme répété, les difficultés d’apprentissage, la démotivation, la dégradation des performances scolaires, les tensions avec l’institution éducative ou encore le sentiment de ne plus trouver sa place au sein de l’environnement scolaire. Le décrochage représente ainsi la manifestation visible de dysfonctionnements plus profonds qui affectent simultanément les politiques éducatives, les mécanismes de protection sociale et les conditions de développement des territoires.

Ses conséquences dépassent largement le cadre scolaire. Elles affectent durablement les trajectoires individuelles en limitant l’accès à l’emploi qualifié, en renforçant la précarité économique, en accroissant les risques d’exclusion sociale et en réduisant les possibilités de mobilité sociale intergénérationnelle. À l’échelle collective, le décrochage entraîne une perte considérable de ressources humaines, affaiblit la compétitivité économique, accentue les inégalités sociales et territoriales, nourrit les phénomènes de pauvreté structurelle et peut favoriser diverses formes de vulnérabilité sociale, notamment la marginalisation, la délinquance ou l’économie informelle. Il représente ainsi une forme particulièrement coûteuse de gaspillage éducatif et d’inefficience des investissements publics consacrés à l’éducation.

L’inclusion des élèves en situation de handicap s’inscrit dans la même logique de transformation des systèmes éducatifs. Elle ne peut être envisagée comme une simple mesure compensatoire ou comme une politique d’assistance destinée à des catégories spécifiques d’élèves. Elle suppose une redéfinition profonde de l’organisation scolaire afin de garantir l’accessibilité physique, pédagogique, numérique et sociale des établissements, d’adapter les méthodes d’enseignement à la diversité des besoins éducatifs, de renforcer les compétences des personnels éducatifs et de promouvoir une culture institutionnelle fondée sur la reconnaissance de la diversité comme richesse collective plutôt que comme facteur de différenciation. L’inclusion constitue ainsi un principe structurant qui interroge la capacité de l’école à accueillir tous les élèves sans discrimination et à transformer ses propres pratiques plutôt qu’à exiger des apprenants qu’ils s’adaptent à des normes rigides.

Une lecture critique conduit toutefois à dépasser les approches exclusivement centrées sur les comportements individuels des élèves ou sur les difficultés des familles. Une part importante des situations de décrochage trouve également son origine dans les insuffisances structurelles des systèmes éducatifs eux-mêmes : programmes peu adaptés aux réalités sociales, méthodes pédagogiques insuffisamment différenciées, faiblesse des dispositifs d’accompagnement personnalisé, orientation scolaire parfois inéquitable, inégalités territoriales persistantes, déficit de coordination entre les secteurs éducatif, social et sanitaire, ainsi qu’une prise en compte encore insuffisante des besoins spécifiques des élèves vulnérables. Le décrochage apparaît alors moins comme un échec individuel que comme le révélateur des limites d’un système incapable d’assurer durablement la réussite de tous.

Dans cette perspective, la lutte contre le décrochage scolaire et la promotion d’une école pleinement inclusive ne peuvent se limiter à des interventions correctives intervenant après la rupture scolaire. Elles exigent une stratégie globale fondée sur la prévention précoce, le repérage des facteurs de risque, le renforcement du partenariat entre l’école, la famille et les acteurs sociaux, l’amélioration de la qualité des apprentissages, le développement d’environnements scolaires bienveillants et la mise en œuvre de politiques publiques intégrées articulant éducation, protection sociale, santé, développement territorial et insertion professionnelle. Ce n’est qu’à cette condition que l’école pourra pleinement remplir sa mission de réduction des inégalités, de promotion de la citoyenneté et de construction d’un développement humain inclusif et durable.

Les orientations présentées témoignent d’une évolution significative des politiques publiques vers une approche plus inclusive et plus préventive. Toutefois, leur réussite dépendra principalement de la capacité des institutions à assurer une mise en œuvre continue, coordonnée et évaluée, fondée sur des ressources suffisantes et une gouvernance efficace. Le véritable enjeu ne réside donc plus dans la définition des objectifs, largement identifiés, mais dans la capacité à transformer ces orientations en résultats mesurables, durables et équitablement répartis sur l’ensemble du territoire national. C’est à cette condition que la réforme éducative pourra produire une amélioration réelle de la qualité de l’école tunisienne et renforcer son rôle comme levier de développement humain, de cohésion sociale et de réduction des inégalités.

 

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Moins d’accidents, plus de morts : pourquoi nos routes deviennent-elles plus meurtrières ?

Von: tmps
18. Juli 2026 um 08:26

Le paradoxe est aussi inquiétant que difficile à ignorer. Depuis le début de l’année, la Tunisie enregistre moins d’accidents de la route, mais davantage de morts. Autrement dit, les collisions sont moins nombreuses qu’au cours de la même période de l’année précédente, mais elles coûtent plus souvent la vie. Une évolution qui montre que le nombre total d’accidents ne suffit plus, à lui seul, à mesurer la gravité de la situation sur les routes tunisiennes. 

Les données de l’Observatoire national de la sécurité routière font apparaître une nette aggravation de la mortalité routière en 2026. Au début du mois de juillet, le nombre de décès était en hausse de près de 10% par rapport à la même période de 2025, alors même que le nombre global d’accidents reculait. L’indice de gravité, qui mesure le nombre de morts par rapport au nombre d’accidents, s’est ainsi détérioré. Chaque collision semble, en moyenne, avoir des conséquences plus lourdes. Ce constat pose une question essentielle : pourquoi les accidents deviennent-ils plus meurtriers alors qu’ils sont moins nombreux ? La réponse ne tient pas à une seule cause. Elle se trouve dans la combinaison de plusieurs facteurs déjà bien identifiés dans les statistiques officielles : vitesse excessive ou inadaptée, inattention, non-respect des priorités, traversée imprudente de la chaussée, comportements dangereux et vulnérabilité particulière des usagers des deux-roues et des piétons.

Tous les accidents n’ont pas les mêmes conséquences. Un accrochage à faible vitesse en ville peut provoquer des dégâts matériels ou des blessures légères. Une collision sur une route rapide, en revanche, laisse beaucoup moins de chances aux occupants des véhicules. C’est précisément cette différence qui permet de comprendre pourquoi une baisse du nombre d’accidents ne signifie pas automatiquement une baisse du nombre de morts. 

La vitesse transforme l’accident en drame

La vitesse joue ici un rôle central. Plus un véhicule roule vite, plus la distance nécessaire pour réagir et s’arrêter augmente. Surtout, la violence du choc devient beaucoup plus importante. Quelques kilomètres à l’heure supplémentaires peuvent suffire à transformer un accident qui aurait pu rester matériel en collision grave, voire mortelle. Les statistiques de l’Observatoire national de la sécurité routière placent régulièrement l’inattention et la vitesse parmi les principales causes des accidents et des décès. Mais ces deux facteurs sont souvent liés. Un conducteur distrait pendant quelques secondes peut parcourir une distance importante sans réellement surveiller la route. Si cette distraction se produit à grande vitesse, le temps disponible pour éviter l’obstacle devient extrêmement réduit. 

Le téléphone au volant, les écrans installés dans les véhicules, la fatigue, les conversations avec les passagers ou le simple relâchement de l’attention constituent autant de situations susceptibles de retarder la réaction du conducteur. Sur une route rapide, ce retard peut avoir des conséquences dramatiques. La période estivale accentue encore certains risques. Les déplacements sont plus nombreux, les trajets plus longs et les routes accueillent des conducteurs qui ne les empruntent pas habituellement. Les départs vers les plages, les retours tardifs, les voyages entre les régions et la circulation nocturne modifient les conditions de conduite. À cela s’ajoutent la fatigue liée à la chaleur et la tentation, sur les axes moins encombrés, d’augmenter la vitesse. La baisse du nombre d’accidents pourrait donc masquer une autre réalité : les collisions qui se produisent sont parfois plus violentes, notamment lorsqu’elles surviennent sur des axes où les vitesses pratiquées sont élevées. Le véritable enjeu n’est alors plus seulement d’empêcher les accidents, mais d’empêcher qu’ils ne deviennent mortels.

Deux-roues et piétons, les plus exposés

La gravité de la mortalité routière en Tunisie s’explique également par la forte vulnérabilité de certains usagers. Un automobiliste bénéficie d’une carrosserie, d’une ceinture de sécurité et de différents équipements de protection. Le conducteur d’une moto, d’un cyclomoteur ou un piéton ne dispose pas de cette protection. Lorsqu’un accident implique un deux-roues ou une personne à pied, les conséquences peuvent donc être beaucoup plus graves. La vitesse du véhicule impliqué, l’absence ou le mauvais usage des équipements de protection et les conditions de la route deviennent alors déterminants. La place croissante des deux-roues dans les déplacements quotidiens constitue un enjeu majeur de sécurité routière. Plus accessibles et pratiques dans les zones urbaines encombrées, motos et cyclomoteurs sont utilisés par une population de plus en plus large. Mais cette progression s’accompagne de comportements à risque : dépassements dangereux, circulation entre les files, non-respect des priorités ou encore port insuffisant d’équipements de protection. Les piétons restent eux aussi particulièrement exposés. Traverser en dehors des passages prévus, marcher sur une chaussée dépourvue de trottoir ou circuler la nuit dans une zone mal éclairée peut rapidement devenir dangereux. Mais la responsabilité ne peut pas être renvoyée uniquement aux usagers vulnérables. La conception des routes, l’éclairage, la signalisation, l’existence de passages protégés et la vitesse pratiquée par les véhicules jouent également un rôle essentiel. La gravité des accidents est ainsi étroitement liée à l’environnement dans lequel ils se produisent. Une même erreur n’a pas les mêmes conséquences sur une rue où la circulation est lente et sur un axe où les véhicules roulent à grande vitesse.

Compter les accidents ne suffit plus

Pendant longtemps, l’évolution de la sécurité routière a surtout été observée à travers le nombre total d’accidents. Une baisse était considérée comme un signe encourageant, une hausse comme une dégradation. Les chiffres de 2026 montrent les limites de cette lecture. Si les accidents sont moins nombreux mais tuent davantage, le principal indicateur à surveiller devient leur gravité. Il faut alors s’interroger sur les circonstances précises des collisions mortelles, les routes sur lesquelles elles surviennent, les catégories d’usagers concernées et les comportements qui transforment le plus souvent une erreur en drame. La prévention doit donc évoluer. Les campagnes générales appelant à la prudence restent nécessaires, mais elles ne peuvent suffire. La réduction de la mortalité passe aussi par un contrôle plus ciblé des comportements les plus dangereux, une présence renforcée sur les axes à risque et une meilleure protection des usagers vulnérables. Le port de la ceinture de sécurité reste, lui aussi, un élément essentiel. Un accident n’est pas toujours évitable, mais ses conséquences peuvent être limitées par les dispositifs de protection. La même logique vaut pour les équipements adaptés aux deux-roues. La sécurité routière ne consiste pas seulement à empêcher la collision, elle consiste aussi à réduire la probabilité qu’elle tue. Les infrastructures ont également leur part dans l’équation. L’état de la chaussée, la visibilité, l’éclairage, la signalisation et l’aménagement des intersections peuvent aggraver ou réduire le risque. Identifier les zones où se concentrent les accidents graves permettrait d’agir plus précisément, plutôt que de considérer l’ensemble du réseau routier de la même manière. 

La situation observée depuis le début de l’année 2026 envoie finalement un avertissement clair. Moins d’accidents ne signifie pas nécessairement des routes plus sûres. Tant que le nombre de morts continue d’augmenter, la baisse des collisions ne peut être considérée comme une victoire. Derrière chaque accident mortel se trouve souvent une succession de facteurs : quelques secondes d’inattention, une vitesse trop élevée, une protection insuffisante ou une route qui pardonne mal l’erreur. C’est cette chaîne qu’il faut désormais chercher à briser. Car le véritable objectif de la sécurité routière ne devrait pas être uniquement de réduire le nombre d’accidents, mais d’empêcher qu’une erreur sur la route ne se transforme, trop souvent encore, en tragédie.

Leila SELMI

 

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Sfax Green Shift 2026 : la transition vers une mobilité plus durable

Von: farhat
17. Juli 2026 um 10:44

Dans un contexte marqué par l’urgence climatique et le renforcement des mesures réglementaires et contraintes fiscales, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est devenue une priorité essentielle pour l’économie. Ainsi sous le thème «Mobilité Durable, Décarbonation et Innovation», Sfax Green Shift 2026 réunira les acteurs de la mobilité, de l’industrie, de l’innovation et du développement durable le mercredi 15 juillet 2026 au Technopole de Sfax.

Les technologies sont là (véhicules électriques, flottes connectées, intelligence embarquée), mais notre écosystème d’exploitation, d’assurance et de financement est resté cloisonné. La solution ? L’Alliance. C’est tout l’enjeu du Sfax Green Shift. Ce n’est pas un énième salon, c’est le 1er Laboratoire National de la Mobilité Intelligente. Un «Think Tank» décisif qui revient pour sa 4e édition. Ce Green Shift Festival se réinvente : nouvelles dates, nouveau lieu et une ambition intacte, celle de nourrir nos imaginaires pour nous accompagner vers un monde plus durable. Mêlant performances, discussions, projections, animations et abordant des sujets variés, la programmation du Green Shift Festival met en lumière des formes d’engagement écologique. Mohamed Nidhal Battini, organisateur de l’événement, revient sur les objectifs de cette édition, les temps forts du programme et les enjeux de la transition écologique en Tunisie. «Cette manifestation ‘’Sfax Green Shift 2026’’ vise à soutenir la transition vers une mobilité plus durable et repose sur trois piliers principaux : la mobilité durable, la décarbonation et l’innovation, avec la participation de nombreux acteurs des secteurs des transports, de l’industrie, des technologies, de la recherche scientifique et de l’investissement, ainsi que d’organisations œuvrant pour le développement durable. Le choix de Sfax repose sur une approche scientifique, la région est confrontée à des défis majeurs en matière de mobilité urbaine et rurale. La problématique ne se limite pas aux tarifs des transports, mais englobe également les aspects administratifs et réglementaires, d’où la nécessité d’améliorer les conditions de mobilité et d’accessibilité dans ce grand pôle économique».

Comment décarboner la mobilité ?
Ce forum vise à explorer des pistes pour développer des solutions de mobilité respectueuses de l’environnement, réduire les émissions de carbone et soutenir l’innovation dans le secteur, tout en renforçant le lien entre la recherche scientifique et l’industrie et en s’adaptant aux transformations mondiales dans les domaines des véhicules électriques, de la numérisation et de l’efficacité énergétique. La transition vers une mobilité durable exige une décarbonation profonde des transports, nécessitant l’adoption de technologies innovantes. Ce triptyque repose sur le report modal (transports en commun, vélo), l’électrification des flottes et le développement de services connectés intelligents. La mobilité décarbonée désigne l’ensemble des modes de transports et des solutions permettant de se déplacer en produisant peu d’émissions de gaz à effet de serre (GES). L’absence totale d’émissions semble utopique, puisque l’ensemble des véhicules entraînent des rejets à au moins une étape de leur cycle de vie, que ce soit lors de leur production, leur acheminement ou leur utilisation par exemple. De manière générale, la notion de décarbonation de la mobilité fait référence à la réduction de la consommation de carburants d’origine fossile (essence, diesel…) qui sont fortement émetteurs de dioxyde de carbone (l’un des principaux gaz à effet de serre) et l’usage d’alternatives aux véhicules thermiques (mobilités douces, transports en commun, autopartage…).
Ces transports durables sont des systèmes de mobilité visant à minimiser les émissions de gaz à effet de serre et les impacts environnementaux, tout en garantissant la sûreté et l’accessibilité financière, en améliorant l’efficacité énergétique et l’utilisation des ressources, ainsi qu’en assurant un accès équitable à la mobilité pour tous. Ils englobent une large gamme de solutions, allant des réseaux piétonniers et cyclables aux transports routiers électriques alimentés par les énergies renouvelables, en passant par la promotion des transports publics et l’adoption de carburants propres pour la navigation maritime et l’aviation. Il est également essentiel d’améliorer l’efficacité des systèmes, l’aménagement du territoire et la conception des infrastructures pour rendre les transports plus durables. Il convient de souligner que ce transport durable n’est pas une solution unique, mais repose sur une approche systématique qui intègre les technologies, les infrastructures, la planification, les politiques publiques et le changement de comportement, afin de réduire les émissions tout en renforçant la connectivité. Lorsqu’ils sont bien conçus, les systèmes de transport durables favorisent à la fois la santé, les perspectives économiques et la protection de l’environnement. Cette vision holistique s’applique à l’ensemble des modes de transport et à toutes les régions, faisant du transport un puissant catalyseur de l’action pour le climat et le développement durable. Passer de l’utilisation des véhicules privés à celle des transports publics à faibles émissions, tels que les bus électriques et les systèmes ferroviaires alimentés par l’électricité renouvelable, ou faciliter les déplacements à pied et à vélo grâce à des infrastructures sûres et inclusives, relève du transport terrestre durable. Ce type de mobilité est encouragé par un aménagement urbain adapté, un système de billetterie intégré valable pour plusieurs modes de transport, ainsi que des outils numériques de gestion de mobilité, qui contribuent à améliorer la qualité du service et réduire la congestion routière.
Ces transports durables renforcent également la résilience économique des pays. Dans un monde subissant de plus en plus la volatilité des prix de l’énergie et les pressions inflationnistes, les systèmes de transport propres offrent une stabilité à long terme. Les transports publics électrifiés, les services de mobilité partagée et la logistique efficace -terrestre, maritime, aérienne- deviennent de plus en plus rentables, d’autant plus que leurs coûts continuent de baisser à mesure que les technologies progressent et que les marchés arrivent à maturité.

Kamel BOUAOUINA

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Ouvrières agricoles : rendre visible les invisibles

Von: farhat
17. Juli 2026 um 10:05

Dans le cadre du projet Tamkin Femmes Rurales, une note a été publiée. Intitulée «Ouvrières agricoles : repenser le travail agricole féminin pour un développement rural durable et inclusif», cette note se veut examiner la situation des ouvrières agricoles dans notre pays, tout en proposant des recommandations concrètes, visant à améliorer les conditions de travail de ces ouvrières et à mieux valoriser leur contribution au secteur agricole.

«Ouvrières agricoles : repenser le travail agricole féminin pour un développement rural durable et inclusif», tel est l’intitulé d’une note de réflexion pour de nouvelles pistes d’action.

Cette note de réflexion a été rédigée dans le cadre du projet Tamkin Femmes Rurales (2025-2026), mis en œuvre suite à une collaboration entre l’Association pour la Protection de l’Environnement et du Développement Durable de Bizerte (APEDDUB), INRAT, INAT et Cirad.

Ce projet est soutenu par Savoirs éco, projet financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France qui vise à appuyer les Structures Productrices de Savoirs à vocation Économique (SPSE) dans notre pays.

L’amélioration des conditions de travail, une priorité

Il est expliqué que cette note examine la situation des ouvrières agricoles, qui représentaient 58% de la main-d’œuvre rurale en 2017, mais exercent majoritairement sans contrat ni protection sociale. Pour leur note, les auteurs ont choisi de croiser une recherche, menée sur trois gouvernorats, en 2024, dans laquelle il est indiqué qu’environ 75% des ouvrières agricoles exercent sans contrat de travail et 92% ne bénéficient pas d’une affiliation à un régime de sécurité sociale, et un atelier participatif tenu à Béja en février de cette année, pour formuler des recommandations autour de cinq axes : définir un statut officiel, rendre effective la protection sociale, améliorer rémunération et conditions de travail, sécuriser le transport et soutenir l’organisation collective des travailleuses.

Le document insiste sur le fait que le travail des ouvrières agricoles reste largement invisibilisé, sous-estimé et peu réglementé, exerçant dans un cadre informel et dans des conditions précaires.

Elles évoluent en marge des dispositifs d’action publics et leurs droits fondamentaux sont souvent négligés au profit de la rentabilité des exploitations agricoles, étant restées pendant longtemps invisibles des politiques de développement.

D’autre part, les jeunes générations se détournent du travail agricole, préférant travailler dans des usines ou en ville, ce qui pourrait menacer à terme le fonctionnement du secteur agricole dans son ensemble.

L’on peut lire dans la note que l’amélioration des conditions de travail des ouvrières agricoles est une priorité pour faire progresser le bien-être de nombreuses femmes rurales chez nous et permettre, aussi, de redonner le goût de la terre aux jeunes.

Le document rappelle que les ouvrières agricoles accèdent au travail souvent à travers des intermédiaires, assurant la mise en relation entre l’offre de travail des agriculteurs et les disponibilités de travail des ouvrières. Les ouvrières changent souvent, au cours d’une même saison agricole, de lieu de travail, en fonction des tâches à effectuer. Ce qui a pour conséquence qu’elles disposent d’un faible pouvoir de négociation, se traduisant par des rémunérations souvent très insuffisantes. Il est donné comme exemple le gouvernorat de Béja dans lequel, en 2025, certains salaires étaient compris entre 10 et 20 dinars par jour.

Pallier les transports dangereux

Outre les salaires, un autre problème se pose : les transports. Comme mentionné dans la note, les conditions de transport des ouvrières agricoles demeurent particulièrement préoccupantes : souvent transportées à l’arrière de camionnettes et de pickups dans des conditions ne respectant pas les normes minimales de sécurité. Certains intermédiaires assurent fréquemment la fonction de transporteur en dehors d’un cadre réglementaire effectif.

Pourtant, la loi n° 2019-51 du 11 juin 2019 a instauré une catégorie spécifique de «transport de travailleurs agricoles» et l’article 2 du décret-loi n° 2024-4 du 22 octobre 2024 prévoit la mise en place d’un service de transport public routier non régulier dédié aux travailleuses agricoles, qu’elles soient salariées ou non salariées. La note rappelle que ces dispositions précisent que ce service sera assuré par des personnes physiques ou morales titulaires d’une autorisation et opérant à l’échelle d’un ou de plusieurs gouvernorats.

Cependant, nombre de transporteurs n’obéit pas au mécanisme prévu par ces deux textes. Le document insiste sur le fait que les difficultés persistent, particulièrement, en raison d’insuffisance des incitations, de la régulation et de la prise en compte incomplète des réalités du terrain, comme l’état des pistes agricoles rendant souvent difficile, voire inadapté, le recours à des bus.

Afin d’améliorer les conditions des ouvrières agricoles, les auteurs de la note préconisent, entre autres, de définir un statut de l’ouvrière agricole en leur donnant un statut officiel et spécifique et en renforçant l’inspection du travail, de rendre effective la protection sociale, en accompagnant l’inscription des ouvrières à la protection sociale et en instaurant une taxe permettant un financement spécifique de la cotisation des agriculteurs employeurs.

Les auteurs préconisent, également, d’améliorer la rémunération et les conditions de travail, en créant des organisations locales d’ouvrières, qui offriront collectivement une force de travail et un pouvoir de négociation, et en mettant en place des protocoles de sécurité du travail et à disposition des équipements de protection dans les exploitations.

D’autre part, afin d’améliorer les conditions de transport des ouvrières agricoles, des incitations et des sanctions pour la mise en œuvre de la réglementation du transport agricole et l’amélioration des pistes rurales seraient de bon ton.

Enfin, pour soutenir la structuration collective des ouvrières agricoles, il faudrait la création de syndicats au niveau national.

Zouhour HARBAOUI

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