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 Pr.Amira Maamri  (Psychiatre et sexologue) : la réhabilitation sexuelle des personnes atteintes d’un cancer de la prostate est considérée aujourd’hui  comme une prise en charge du couple

Von: farhat
08. Juli 2026 um 20:16

Les traitements du cancer de la prostate (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie) entraînent souvent des troubles sexuels (dysfonction érectile, éjaculation sèche/absente, baisse libido), mais des solutions adaptées permettent une récupération variable selon le traitement et le profil patient.

Les conséquences psychologiques en résultant ainsi que celles liées aux difficultés et interruptions de la vie sexuelle du couple obligent celui-ci à des efforts de dialogue, de compréhension, de complicité et, le cas échéant, à la consultation d’un psychiatre ou d’un sexologue .Le rôle de l’entourage

 ( conjoint, famille, professionnels de santé) apparaît déterminant. L’ouverture du dialogue est aussi indispensable pour reconstruire une intimité sereine. L’accompagnement contribue à briser l’isolement et  soutenir les patients confrontés à cette pathologie  comme nous l’explique  Pr Ag Amira Maamri ,Psychiatre, psychothérapeute,  sexologue au  Service des consultations externes de l’hôpital Razi, Professeur à la faculté de médecine de Tunis, coordinatrice du CEC de sexologie à la FMT, Vice présidente de la Société Tunisienne de Sexologie Clinique (STSC)

Le Temps.news : Pensez-vous que la santé sexuelle est de plus en plus prise en compte dans les parcours de soins des malades atteints du cancer de la prostate ?

Pr. Amira Maamri : : Globalement, la santé sexuelle est de mieux en mieux prise en compte dans les parcours de soins des personnes atteintes d’un cancer de la prostate, mais elle reste encore insuffisamment systématique selon les pays, les structures et les équipes.Sur le plan médical, on observe depuis une quinzaine d’années une évolution nette .Après un traitement du cancer de la prostate (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie), les troubles sexuels sont très fréquents. Les recommandations modernes (uropathologie, oncologie et sexologie) insistent donc sur le fait que la qualité de vie sexuelle fait partie intégrante de la qualité de vie globale.En pratique, les sociétés savantes internationales recommandent aujourd’hui clairement d’informer systématiquement avant traitement, d’évaluer la fonction sexuelle après traitement et de proposer une prise en charge structurée dès les premiers mois.

Mais le sujet est encore parfois peu abordé spontanément par les soignants. Les patients n’osent pas toujours en parler (tabou, gêne, priorité donnée à la survie). Les parcours de soins sont très variables. La prise en charge est souvent plus réactive que proactive (on intervient quand le problème est déjà installé). Donc oui, la tendance est positive et réelle, mais on est encore dans une phase de transition : la santé sexuelle est reconnue comme un enjeu majeur, sans être encore uniformément intégrée partout dans les parcours de soins.

Les troubles sexuels inhérents aux différents  traitements du cancer de la prostate sont plutôt courants et peuvent se traduire par une dysfonction érectile, des troubles de l’éjaculation et de la libido avec une baisse globale de la qualité de vie sexuelle des patients et un fort retentissement sur le plan psychologique. Comment se fait la réhabilitation sexuelle de ces patients ?

 La réhabilitation sexuelle après traitement d’un cancer de la prostate repose sur une prise en charge précoce, progressive et personnalisée, visant à améliorer la fonction érectile, la libido et la qualité de vie globale.Elle associe généralement plusieurs approches :Traitements médicamenteux (notamment les inhibiteurs de la PDE5 comme le sildénafil ou le tadalafil) pour faciliter les érections, des injections locales en cas d’efficacité insuffisante des comprimés et un suivi psycho sexologique, essentiel pour aider à gérer l’anxiété, l’image corporelle et les difficultés relationnelles.La prise en charge est souvent initiée dès les premières semaines après le traitement et peut s’étaler sur plusieurs mois, voire années. L’objectif est d’optimiser les chances de récupération fonctionnelle et de réduire l’impact psychologique des troubles sexuels.

 Les patients peuvent –ils retrouver le même plaisir sexuel qu’avant leur cancer ?

Après un traitement d’un cancer de la prostate, il est possible de retrouver une sexualité satisfaisante, mais le “même” plaisir sexuel qu’avant n’est pas garanti pour tous les patients.Le retour du plaisir dépend de plusieurs facteurs :le type de traitement (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie),la préservation ou non des nerfs érecteurs,l’âge et l’état de santé général et la qualité de la prise en charge de la réhabilitation sexuelle.Ce qui est fréquent : Une baisse temporaire ou durable de la qualité des érections.,une modification des sensations orgasmiques et une période d’adaptation psychologique importante.La sexualité après cancer de la prostate évolue souvent, mais elle peut rester épanouissante. L’objectif médical n’est pas toujours de revenir exactement comme avant, mais de permettre une qualité de vie sexuelle satisfaisante et adaptée à la nouvelle situation.

Le rôle du partenaire est-il déterminant dans cette réhabilitation ?

Oui, le rôle du partenaire est souvent déterminant dans la réhabilitation sexuelle après un cancer de la prostate.Sur le plan médical, la reprise de la sexualité ne dépend pas uniquement des traitements (médicaments, dispositifs, rééducation), mais aussi de facteurs relationnels et psychologiques.

Pourquoi la partenaire est importante ?Elle favorise une meilleure adhésion aux traitements de réhabilitation (prise régulière, persévérance) et aide à réduire l’anxiété de performance et la peur de l’échec. Elle permet de reconstruire la sexualité au-delà de la seule érection, en adaptant les pratiques et les attentes et  soutient la réappropriation de l’image corporelle et la confiance du patient.Les études en sexologie montrent que les couples accompagnés ont :une meilleure satisfaction sexuelle globale, une meilleure communication et une plus grande persistance dans les stratégies de réhabilitation. La réhabilitation sexuelle est aujourd’hui considérée comme une prise en charge du couple, et non uniquement du patient.L’implication du partenaire n’est pas seulement utile : elle est souvent un facteur clé du succès de la réhabilitation, en complément des traitements médicaux.

 Les psychiatres et les sexologues peuvent –ils accompagner les patients confrontés aux difficultés émotionnelles et aux troubles sexuels induits par les traitements contre le cancer ?

Les psychiatres et les sexologues jouent un rôle important dans l’accompagnement des patients traités pour un cancer de la prostate, notamment lorsqu’il existe des difficultés émotionnelles ou des troubles sexuels liés aux traitements.Le rôle principal des psychiatres est de  prendre en charge les troubles anxieux ou dépressifs, la détresse psychologique, et peuvent proposer un traitement médicamenteux si nécessaire. Quant aux  sexologues : ils aident à comprendre et à traiter les troubles de la sexualité (dysfonction érectile, baisse du désir, troubles de l’orgasme), ainsi que les difficultés relationnelles dans le couple. Ils apportent concrètement une meilleure adaptation aux changements corporels et sexuels, une réduction du stress et de l’angoisse de performance, une amélioration de la communication au sein du couple et un soutien dans la reconstruction de la vie intime. Cet accompagnement est aujourd’hui considéré comme une partie intégrante de la prise en charge globale du cancer, car les traitements peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie, au-delà de la maladie elle-même.

Kamel Bouaouina

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Dr. Mohsen Ayed (chirurgien urologue) : la meilleure solution pour attaquer le cancer de la prostate est le dépister et le prendre en charge précocement

Von: farhat
08. Juli 2026 um 20:16

Le Temps.news : Qu’est-ce que le cancer de la prostate ?

Mohsen Ayed : Le cancer de la prostate est composé d’une masse de cellules anormales (tumeur) qui se multiplient de façon anarchique. Dans la majorité des cas, les cancers de la prostate se développent très lentement. Il faut habituellement une dizaine d’années avant qu’ils ne causent des symptômes. Toutefois, certains cancers de la prostate peuvent évoluer plus rapidement. Lorsque la tumeur progresse, elle peut envahir les organes en contact direct avec la prostate comme les vésicules séminales, la vessie ou le rectum (partie terminale du gros intestin). Les cellules cancéreuses peuvent aussi s’échapper de la prostate et coloniser d’autres organes plus distants comme les ganglions lymphatiques, les os ou, plus rarement, le foie, les poumons. Elles y forment des tumeurs secondaires appelées métastases. Comme celles-ci proviennent de la prostate, elles doivent être traitées de la même manière que le cancer de la prostate.

Quels sont ses symptômes ?

Le cancer de la prostate s’accompagne  de symptômes ou signes spécifiques :jet d’urine plus faible ou interrompu, difficulté d’uriner,des fuites urinaires, besoin plus fréquent d’uriner même pendant la nuit, sensation de douleur ou de brûlure lorsqu’on urine,des mictions fréquentes, De telles perturbations sont fréquentes chez les hommes . Mais  elles sont souvent  la conséquence d’un adénome prostatique (adénome bénin) qui n’est ni un cancer, ni un facteur de risque du cancer de la prostate.Quand la  prostate prend du volume, on appelle ça  l’hypertrophie bénigne de la prostate. Cette augmentation anormale du volume de l’organe en question ne concerne pas la même zone qui est concernée par le cancer. Cette hypertrophie a des signes, à savoir  d’uriner beaucoup la nuit, ou encore quand on a une urgence d’aller d’uriner, ou aussi d’avoir  des difficultés à uriner. L’autre signe est le fait d’avoir  la sensation que la  vessie ne se vide pas même après avoir uriné. L’hypertrophie est une maladie et non pas le cancer de la prostate

Comment se fait son diagnostic ?

Une augmentation du volume de la prostate n’implique pas nécessairement la présence d’un cancer. Ce n’est que lorsque les cellules de celle-ci se développent de façon anormale et forment une tumeur que l’on parle de cancer. Pour savoir exactement ce qu’il en est, le médecin procédera à un examen clinique – toucher rectal et/ou échographie qui lui permettra d’évaluer la taille et la consistance de la prostate. Il prescrira souvent aussi une prise de sang pour connaître le taux de PSA (Antigène Prostatique Spécifique) du patient. S’il dépasse les 6 ng/ml, il peut indiquer le développement d’un cancer de la prostate, mais pas toujours : il peut également s’agir d’une prostatite ou d’une tumeur bénigne. Il est essentiel que chacun puisse se faire diagnostiquer à temps en cas de doute. Et si le cancer est avéré, qu’il puisse participer en toute connaissance de cause au choix de son traitement en concertation avec son médecin. La meilleure solution pour attaquer le cancer de la prostate est le dépister et le prendre en charge précocement

Quel est le rôle de l’intelligence artificielle dans le dépistage des cancers de la prostate ?

L’intelligence artificielle trouve de plus en plus d’applications dans le domaine de la santé, et en particulier dans les techniques diagnostiques. . L’IA  se révèle une nouvelle technologie prometteuse pour aider les professionnels de santé à mieux dépister et détecter les tumeurs, et notamment les tumeurs prostatiques. Cet outil innovant peut constituer une aide majeure pour les médecins, avec plusieurs avantages importants : Un dépistage des cancers de la prostate; une estimation de la charge tumorale, une détection des tumeurs, parfois non identifiées par les autres tests de dépistage  et une meilleure identification du grade de la tumeur.

Quels sont les différents traitements ?

Le choix parmi la panoplie de traitements disponibles s’effectue en fonction des caractéristiques du cancer et, par conséquent, de l’objectif visé :Si la croissance du cancer est très lente, on peut se contenter d’une surveillance active de l’évolution de la taille de la tumeur. Ceci permet de retarder le traitement et même de s’en passer totalement. L’hormonothérapie est destinée à ralentir la croissance des cellules cancéreuses pendant un certain temps.La radiothérapie externe vise avec précision la zone à traiter en épargnant autant que possible les cellules saines et organes à proximité.Autre solution, radicale : la prostatectomie totale, c’est-à-dire l’ablation de la prostate par intervention chirurgicale.

Peut-on vivre sans prostate ?

Vivre sans prostate (prostatectomie totale) est tout à fait possible, mais cela entraîne des conséquences directes sur l’organisme. Les deux séquelles principales sont les troubles de l’érection et aussi l’incontinence urinaire c’est-à-dire des fuites urinaires qui sont fréquentes après l’opération. Elles sont généralement temporaires et s’améliorent avec des séances de rééducation périnéale chez un kinésithérapeute.

                                              Kamel Bouaouina 

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La saison des noyades a commencé : SOS sauveteurs !

Von: tmps
08. Juli 2026 um 10:15

Les examens sont terminés et les familles profitent déjà des vacances pour effectuer leur ruée annuelle sur les plages et les lieux de détente estivale au bord de la mer. Toutefois, c’est durant les mois de juillet et de septembre que l’on compte un nombre important de cas de noyade. D’ailleurs, on annonce déjà quelques cas, et le risque de voir ce phénomène se reproduire est très sérieux si nos jeunes et leurs parents ne se plient pas à certaines mesures de prudence.

Commençons par les chiffres de l’année passée. D’après les données officielles publiées par l’Office national de la protection civile et le ministère tunisien de l’Intérieur pour l’année 2025, 31 décès par noyade ont été recensés sur les plages tunisiennes durant la saison estivale (juin à octobre 2025). Ce chiffre représente une légère baisse par rapport à 2024, année qui avait enregistré 34 décès.

Selon les mêmes chiffres de l’été 2025, les unités de la protection civile ont effectué des milliers d’interventions pour secourir et assister les baigneurs, avec une moyenne d’environ 24 interventions par heure au plus fort de la saison estivale (août 2025), pour divers incidents, dont essentiellement des noyades ou des risques pouvant entraîner des noyades. 

 

Attentions aux bouées gonflables !

Concernant les jeunes enfants, voire les bébés, certains cas ont eu lieu en l’absence de prudence de la part des parents ou des proches des victimes. La semaine passée, on a déjà relevé un cas dans une plage du Sahel avec une très jeune fille dont la bouée gonflable a été poussée par le courant d’eau vers une zone profonde et les tentatives de sauvetage ont échoué puisque la fille a basculé dans l’eau et s’est noyée avant l’arrivée des baigneurs qui ont essayé de la sauver.

Le drame n’est pas passé sous silence et lors d’une intervention médiatique, Sami Mheni, l’expert en sciences de la mer, a lancé un avertissement aux parents pour ne plus voir de telles scènes dramatiques se reproduire dans nos plages. L’expert a affirmé que les bouées et flotteurs commercialisés sur le marché ne respectent pas les normes de sécurité en vigueur. Face à ce constat, il a appelé les parents à faire preuve de la plus grande vigilance, insistant sur la nécessité d’assurer une surveillance visuelle continue de leurs enfants pendant la baignade et de maintenir scrupuleusement une distance de sécurité.

Les principaux risques liés à l’usage de ces équipements pneumatiques sont multiples, selon Mheni. Le premier danger réside dans le retournement soudain de la bouée, qui peut se retrouver la tête en bas, bloquant l’enfant sous l’eau sans qu’il puisse se redresser. Il existe également un risque de glissement vers le bas, les jeunes enfants pouvant facilement passer à travers les ouvertures de la bouée et chuter dans la mer.

De plus, la légèreté de ces structures les expose au phénomène de dérive par les courants, le vent et les mouvements marins pouvant les entraîner très rapidement vers le large. Enfin, le risque de crevaison demeure entier puisqu’une simple micro-perforation suffit à faire perdre à la bouée son équilibre et sa flottabilité.

Précautions à prendre

Pour revenir aux moins jeunes et aux adultes, le nombre de noyades est là pour nous révéler que nos baigneurs ne respectent pas certaines règles à suivre, surtout dans des zones peu sûres. D’ailleurs les spécialistes appellent toujours à respecter une série de règles. Tout d’abord, pour minimiser le risque de noyade, il faut rentrer dans l’eau progressivement pour éviter toute hydrocution, qui survient lorsque le corps se trouve confronté à un changement brutal de température. Il est aussi conseillé de prévenir un proche et d’éviter la consommation de nourriture et de boissons alcoolisées avant d’aller se baigner.

Les baigneurs doivent également prendre en considération que certaines plages tunisiennes, notamment au nord et au cap Bon, cachent des fosses profondes et des courants d’arrachement qui épuisent rapidement les nageurs.

Il faut également savoir que les courants très fréquents en période estivale, sont très dangereux. Ils sont extrêmement puissants et peuvent emporter un baigneur vers le large en moins de deux minutes. Le premier conseil est de ne pas lutter contre le courant, de se laisser porter, pour économiser de l’énergie avant d’essayer de se maintenir à la surface et de reprendre l’effort pour quitter cette zone dangereuse. 

 

Pour plus de maîtres-nageurs

Si les baigneurs doivent respecter certaines règles et éviter de s’aventurer, l’on se demande, souvent, comment certaines plages connues pour être «dévoratrices» de baigneurs ne disposent pas d’un effectif suffisant de maîtres-nageurs. Nous savons que le recrutement de 350 maîtres-nageurs sauveteurs, pour opérer dans les plages des gouvernorats de Tunis, Ariana, Nabeul, Béja et Jendouba, dans le cadre de mesures préventives visant à assurer la sécurité de leurs plages et piscines municipales durant la saison estivale 2026, a été lancé, mais jusqu’à présent, on ne note pas une présence renforcée de ces agents capables de sauver beaucoup de vies et d’imposer une certaine discipline chez les baigneurs.

C’est dire que les baigneurs, comme les chargés de leur sécurité, sont appelés à faire encore plus pour éviter des drames qui se poursuivent fatalement sur nos plages.

Kamel ZAIEM

 

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Concours d’accès aux collèges pilotes : légère amélioration du taux de réussite 

Von: tmps
08. Juli 2026 um 09:29

Joie, surprise, soulagement, pleurs et déception. Comme chaque année, toutes les émotions sont au rendez-vous pour les élèves du primaire après l’annonce des résultats du concours d’accès aux collèges pilotes (appelé couramment sixième). Admis ou recalé ? Le verdict est tombé hier matin.

Les résultats du concours national d’entrée aux collèges pilotes (sixième année primaire) pour l’année 2026 ont été dévoilés par le ministère de l’Education. 17.710 élèves ont obtenu une note de 10/20 ou plus, soit un taux de réussite de 35,66%. Parmi les admis, 5.317 élèves ont été admis en sixième. Sur les 62.497 élèves inscrits à l’examen, 49.661 se sont présentés. Le ministère de l’Éducation a précisé que 5.317 candidats admis ont été orientés vers des écoles préparatoires. Les deux meilleurs élèves sont Yosri Souissi, de l’école primaire Hay El Mostakbal de Sfax 1, et Salma Faïdi, de l’école primaire Menzel Mehiri de Kairouan, tous deux ayant obtenu la note de 19,20 sur 20. Les deux admis n’ont pas cessé de rendre hommage à leurs parents, à l’administration de l’école et à leurs enseignants qui les ont accompagnés et encouragés tout au long de l’année. Ce taux de réussite est en légère augmentation par rapport à 2025 où, sur les 64.079 élèves inscrits, seuls 51.584 se sont présentés aux épreuves. Parmi les présents, 17.703 candidats ont obtenu une moyenne supérieure ou égale à 10 sur 20, soit un taux de réussite de 34,32%. Toutefois, seulement 2.683 élèves ont été orientés vers les collèges pilotes.

Phobie de la «sixième»?

Pourquoi un taux de réussite aussi réduit cette année encore ? Quelles sont les origines et les explications de ce taux d’échec dans cette session ? Des questions qui s’imposent d’elles-mêmes, qui préoccupent les premiers concernés et qui ouvrent un débat sur ce taux faible. Chacun a son propre angle de vision, des responsables administratifs, des professeurs et des élèves que nous avons rencontrés. Le taux de réussite est en baisse, il a même atteint 42% en 2017 et 2018, 50.35% en 2019, 45,44% en 2020, 36.15% en 2023 et 39,67% en 2024. La sixième restera un diplôme important. Mais il ne doit plus être considéré comme l’aboutissement du système. Il doit devenir une étape dans un parcours cohérent, construit progressivement et tourné vers l’avenir. La réussite éducative ne se mesure pas uniquement à la sortie de l’école primaire. Elle se mesure à la capacité d’un jeune à transformer ses talents en projet de vie. Face à un échec scolaire, il est essentiel de comprendre d’où il provient. L’enfant est en souffrance et il faut savoir pourquoi. Il va avoir tendance à se décourager rapidement s’il ne réussit pas malgré ses efforts. Les problèmes peuvent être divers et variés : difficultés d’apprentissage, manque de concentration, anxiété de performance, peur de l’échec, manque de confiance en soi. Ces facteurs peuvent entraver la capacité de l’enfant à mobiliser ses ressources. Il est important de ne pas se baser sur des interprétations mais sur des faits. Faire un bilan pour comprendre ce qu’il se passe est une étape cruciale. Il y a toujours une raison à l’échec scolaire que rencontre l’enfant. Réussir à identifier les signes de l’échec scolaire peut être un processus délicat. Certains signes peuvent être évidents, comme un manque d’intérêt pour l’école. Il y a d’autres signes moins patents. Ils incluent des changements dans le comportement de l’enfant, le refus de parler de l’école, l’impact du milieu familial et l’affichage de stress ou d’anxiété. Il est important d’être attentif à ces signes pour repérer les signes de l’échec scolaire chez l’élève. Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, précise que la principale explication réside dans le choix de nombreux élèves de ne pas participer au concours, notamment lorsqu’ils estiment ne pas avoir le niveau requis pour accéder aux collèges pilotes. Il a rappelé que le concours de la sixième n’est pas obligatoire, mais constitue une voie d’accès aux établissements préparatoires pilotes. Cette situation, selon lui, pousse certains élèves à renoncer à l’examen, soit parce qu’ils pensent ne pas pouvoir réussir, soit parce qu’ils préfèrent éviter de confronter leur niveau réel à une évaluation nationale, précisant que l’obligation de passer cette épreuve permettrait d’évaluer le niveau des classes et des établissements éducatifs, en faisant du concours un outil de diagnostic du système scolaire tunisien.

 Le privé fait-il mieux que le public ?

Lorsque l’on considère évaluations nationales et examens, les écoles privées affichent de meilleurs résultats que les écoles publiques. Est-ce le simple reflet de leur composition sociale plus favorisée ? Ou faut-il y voir un «effet» propre à ces établissements ? Pour Nadia, enseignante dans une école privée, « les élèves du privé bénéficient d’un encadrement plus renforcé, de cours de soutien, d’un environnement social plus favorable, de diverses ressources pour leurs apprentissages». Samia, enseignante, estime que «les écoles privées enregistrent de meilleurs résultats que les établissements publics. D’importantes différences sont observées dans les résultats d’apprentissage entre les secteurs public et privé. Les écarts sont tout particulièrement marqués en français et en mathématiques.»

Toutefois, l’école publique occupe une place importante dans l’imaginaire collectif des Tunisiens. 50% des personnes sondées ne sont pas prêtes à abandonner l’école publique, même si elles possèdent les moyens financiers pour inscrire leurs enfants dans le secteur privé. En dépit des efforts quantitatifs, le système éducatif tunisien souffre encore de défaillances qualitatives majeures qui persistent. Le passage d’une classe à une autre dans le primaire sans tenir compte des exigences de possession des compétences des élèves a impacté la qualité de l’apprentissage, ce qui a augmenté artificiellement la qualité de l’enseignement. Le ministère de l’éducation devra ainsi revoir les méthodes et programmes d’enseignement, la formation des enseignants, la pédagogie, les cours de soutien, l’enseignement préscolaire, etc. dans le cadre d’une réforme globale dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement dans le public.

Kamel BOUAOUINA

 

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Viandes rouges et fourrages : des prix en forte hausse sur la période 2010-2026

Von: tmps
08. Juli 2026 um 08:29

L’Office de l’élevage et des pâturages (OEP) a publié ses statistiques sur la conjoncture des prix des bétails et des fourrages grossiers couvrant la période 2010-2026. Ces données portent notamment sur la variation des prix de vente des fourrages grossiers. Par ailleurs, les statistiques détaillent l’évolution des prix moyens de vente des viandes rouges selon les différentes régions.

S’agissant des prix moyens de vente des viandes rouges (en dinars par kilogramme vif) dans l’ensemble des catégories de bétail, les tableaux statistiques de l’Office révèlent une progression continue.

En janvier 2010, le kilogramme vif s’échangeait à 5,3 dinars pour l’agneau, 4,9 dinars pour l’antenais, 4,5 dinars pour le caprin, 3,9 dinars pour le taurillon maigre et 3,7 dinars pour le taurillon engraissé.

Au cours de la période 2010-2020, les prix ont évolué à un rythme relativement modéré. À partir de 2022, la hausse s’est toutefois fortement accélérée, culminant en mai 2026, où des niveaux records ont été enregistrés, avec 35,1 dinars/kg vif pour l’agneau, 33,5 dinars pour l’antenais, 30 dinars pour le caprin, 22,5 dinars pour le taurillon maigre et 22,4 dinars pour le taurillon engraissé.

En juin 2026, les prix ont légèrement reflué, tout en demeurant à des niveaux élevés. Ils s’établissaient à 30,3 dinars/kg vif pour l’agneau, 28,9 dinars pour l’antenais, 27 dinars pour le caprin, 21,9 dinars pour le taurillon maigre et 21,8 dinars pour le taurillon engraissé.

 

Brebis : entre 260 et 300 dinars en 2010 et 2.500 dinars en 2026

Quant aux brebis, les tableaux de l’Office indiquent qu’elles suivent la même tendance. Les statistiques montrent que les prix moyens de vente ont fortement progressé dans toutes les régions du pays entre 2010 et 2026.

En février 2010, une brebis se négociait entre 260 et 300 dinars selon les régions, 260 dinars dans le Nord et le Sahel, contre 300 dinars dans les régions du Centre et du Sud.

En janvier 2026, les prix ont été multipliés par près de huit à neuf. Ils atteignaient 2.200 dinars par tête dans le Nord, 2.250 dinars dans les régions du Centre et du Sud et culminaient à 2.500 dinars dans le Sahel, qui enregistre le niveau de prix le plus élevé. 

La balle de foin passe de 6 dinars en 2010 à 28 dinars en 2023, puis à 14 dinars en 2026

En outre, les fourrages grossiers n’échappent pas à la hausse. Les données relatives aux balles de foin montrent une augmentation significative des prix au cours de la même période, ponctuée par un pic exceptionnel en 2023.

En novembre 2010, le prix maximal d’une balle de foin s’établissait à 6 dinars dans le Nord et à 5,5 dinars dans les régions du Centre-Sud et du Sahel.

La flambée des prix a atteint son pic en décembre 2023, où les prix maximaux ont atteint 18 dinars dans le Nord et 28 dinars aussi bien dans les régions du Centre-Sud que dans le Sahel, soit des niveaux près de cinq fois supérieurs à ceux observés au début de la période.

En janvier 2026, les prix se sont repliés par rapport à ce pic, tout en restant nettement supérieurs à ceux de 2010. Ils s’établissaient à 10 dinars la balle dans le Nord, 12 dinars dans le Sahel et 14 dinars dans les régions du Centre et du Sud.

 

Marché des ovins : vers un programme national de régulation pour la campagne 2026-2027 

La régulation des prix s’impose aujourd’hui comme l’une des priorités du gouvernement. Ce sujet a été abordé à plusieurs reprises par le président de la République ainsi que par les différentes parties prenantes concernées.

Dans ce cadre, plusieurs pistes de solution ont été proposées. Récemment, le 1er juillet 2026, l’Office de l’Élevage et des Pâturages a organisé une séance de travail consacrée au lancement de l’élaboration d’un programme national de régulation du marché des ovins. 

L’Office a expliqué que les grandes orientations ainsi que les objectifs stratégiques du programme visent à organiser le marché des ovins de l’Aïd, à améliorer la performance de la filière de l’élevage et à renforcer la sécurité alimentaire, à travers la mise en place de mécanismes d’intervention publique à la fois équilibrés et efficaces.

«Le programme repose sur plusieurs principes fondamentaux, notamment le soutien lié à la production, la gouvernance contractuelle et le suivi numérique des différentes étapes de sa mise en œuvre. Ces mécanismes permettront d’assurer un meilleur équilibre entre les coûts de production et le pouvoir d’achat des citoyens, de lutter contre les pratiques spéculatives et de renforcer la transparence ainsi que l’efficacité du système de commercialisation», a souligné Haïkel Hochlef, chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

Le chef de cabinet a également souligné l’importance de cette démarche, qu’il a qualifiée d’étape fondatrice dans l’élaboration des premières orientations du programme. «Cette initiative s’inscrit dans une approche structurelle et durable visant à organiser le marché des ovins de l’Aïd et à garantir l’approvisionnement dans les meilleures conditions, grâce à un ensemble d’avantages et d’incitations destinés aux éleveurs, afin de soutenir la production nationale et de renforcer la stabilité du marché», a-t-il affirmé.

Nouha MAINSI



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Diminution des surfaces, hausse des coûts…  les producteurs de tomates voient rouge 

Von: tmps
07. Juli 2026 um 10:13

Les effets des dérèglements climatiques et des restrictions phytosanitaires se font déjà sentir dans les champs des tomates. Les premières estimations laissent entrevoir une production nationale totale d’environ 800.000 tonnes, soit une baisse d’environ 200.000 tonnes par rapport à la saison précédente. Le Cap Bon, principal bassin de production des tomates, traverse une période difficile. Touchées par des conditions climatiques extrêmes durant l’été, les exploitations agricoles peinent à produire les volumes habituels. Dans ce contexte, Mohamed Ben Hassan, secrétaire général de l’Union régionale des producteurs de tomates de transformation de Nabeul, a confirmé que la campagne actuelle est confrontée à de nombreuses difficultés et à un démarrage lent. Les facteurs naturels et climatiques ralentissent le rythme des récoltes, qui devraient se dérouler par étapes, sans le pic de production habituel des années précédentes, précisant que la superficie cultivée cette année atteint 4.500 hectares au niveau régional et environ 15.000 hectares au niveau national. Selon les premières estimations, le rendement moyen ne dépassera pas 55 tonnes par hectare, un faible taux principalement dû aux conditions météorologiques défavorables de mars et avril. Les récentes vagues de chaleur ont eu un impact direct et négatif sur les cultures de tomates tardives (semées en avril), tandis que les cultures précoces (semées début mars) ont été épargnées et ont connu une production stable. Certains producteurs dénoncent, en effet, une hausse continue des coûts de production, alors que le prix de référence reste fixé à 270 millimes le kilogramme pour la quatrième saison consécutive. L’augmentation du coût des produits phytosanitaires et le manque de main-d’œuvre pèsent sur les revenus des agriculteurs, en l’absence de contrôle économique sur les points de vente des intrants. Par ailleurs, le rythme de collecte demeure lent en raison de l’existence d’un stock de concentré jugé suffisant pour couvrir la demande nationale pendant deux ans.

Concernant les difficultés structurelles et les revendications de longue date des agriculteurs, Mohamed Ben Hassan a dénoncé le gel du prix de référence de la tomate à 270 millimes le kilogramme pendant plus de quatre années consécutives, malgré l’augmentation annuelle vertigineuse des coûts de production, qui ont progressé de 30 à 40% par an. «Nous avons demandé à plusieurs reprises, par l’intermédiaire des structures fédérales et de la Fédération régionale, une révision de ce prix qui ne couvre plus les dépenses des agriculteurs, mais malheureusement, nos appels sont restés vains», a-t-il déploré.

Assurer la pérennité de la filière

Les voyants sont au rouge au sein de la filière de la tomate. Tel est le cri d’alarme lancé par le Groupement interprofessionnel des légumes qui dresse un tableau inquiétant, menaçant la disponibilité de ce fruit rouge en quantités suffisantes sur le marché local. Anis Kharbach, vice-président du Groupement, confirme une baisse de la production d’au moins 15% et un stock de concentré de 50.000 tonnes. Il estime que les producteurs constituent le maillon le plus fragile de la chaîne, en raison de l’envolée des coûts, de l’absence de revalorisation du prix de référence et des difficultés de financement. Par conséquent, il appelle à mieux associer les agriculteurs aux travaux du groupement professionnel des industries des conserves et à ouvrir un dialogue entre producteurs et industriels. Il exhorte les autorités de tutelle à intervenir d’urgence pour préserver l’avenir de l’agriculture en créant un environnement propice qui encourage les jeunes, soutient la production et offre les garanties nécessaires. Il a averti que le maintien de la situation actuelle menace l’ensemble du système agricole et le plonge dans l’incertitude. Face à cette situation, l’Union régionale appelle les agriculteurs à boycotter cette culture lors des prochaines campagnes tant que des solutions aux problèmes structurels n’auront pas été apportées. En sus, elle plaide pour une mobilisation des parties prenantes afin d’examiner les revendications des producteurs et d’assurer la pérennité de la filière. 

Kamel BOUAOUINA



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L’eau sous pression :  l’été met à l’épreuve les ressources hydriques 

Von: tmps
07. Juli 2026 um 09:30

Avec l’arrivée des fortes chaleurs, la consommation d’eau augmente inévitablement en Tunisie. Douches plus fréquentes, arrosage des jardins, remplissage des piscines, nettoyage des terrasses, activité touristique et besoins agricoles : durant les mois d’été, la demande atteint ses niveaux les plus élevés. Cette hausse saisonnière, longtemps considérée comme un phénomène ordinaire, prend aujourd’hui une dimension beaucoup plus préoccupante dans un pays confronté à un stress hydrique structurel. Même si les pluies enregistrées au cours des derniers mois ont permis une nette amélioration du niveau des barrages, la question de l’eau reste l’un des défis majeurs de l’été 2026.

Les indicateurs sont certes plus rassurants que ceux des années précédentes. Au début du mois de juin, les réserves des barrages étaient estimées à près de 1,4 milliard de mètres cubes, avec un taux de remplissage supérieur à 60%. Quelques semaines auparavant, au début du mois de mai, ce taux avait même atteint environ 67%, grâce à des apports cumulés estimés à 1,56 milliard de mètres cubes depuis le début de l’année hydrologique. Cette amélioration offre une marge de sécurité appréciable après plusieurs années particulièrement difficiles. Elle ne signifie toutefois pas que la Tunisie peut relâcher ses efforts. Car l’équilibre reste fragile et la pression exercée sur les ressources augmente précisément au moment où les températures grimpent et où les besoins se multiplient. 

Une consommation qui s’envole avec les températures

L’été modifie profondément les habitudes de consommation. Dans les foyers, l’eau est davantage utilisée pour l’hygiène, le rafraîchissement et le nettoyage. Dans les zones touristiques, l’arrivée des vacanciers entraîne une hausse brutale de la population présente et, par conséquent, des besoins en eau potable. Hôtels, restaurants, cafés, maisons de location et résidences secondaires sollicitent davantage les réseaux de distribution. Dans certaines régions côtières, cette demande saisonnière se concentre sur quelques semaines et peut mettre les infrastructures à rude épreuve.

À cette consommation domestique et touristique s’ajoutent les besoins du secteur agricole. L’été correspond à une période particulièrement sensible pour l’irrigation, alors que l’évaporation augmente sous l’effet de la chaleur. Les mêmes ressources doivent ainsi répondre à plusieurs besoins essentiels : fournir de l’eau potable aux habitants, soutenir l’agriculture, accompagner l’activité économique et répondre à la demande touristique. Cette concurrence entre les usages devient plus difficile à gérer lorsque les vagues de chaleur se prolongent.

La pression ne vient donc pas uniquement de la quantité d’eau disponible dans les barrages. Elle dépend également de la capacité des réseaux à transporter et distribuer cette eau au moment où la demande atteint son maximum. Une région peut disposer de ressources suffisantes à l’échelle nationale tout en connaissant localement des perturbations, notamment en raison d’équipements vieillissants, de capacités de pompage insuffisantes ou de réseaux qui ne parviennent pas à absorber les pics de consommation. Les autorités ont d’ailleurs reconnu que la rareté des ressources, le vieillissement de certaines infrastructures et la hausse de la demande figurent parmi les principales causes des difficultés d’approvisionnement observées dans plusieurs régions. 

La question du gaspillage devient, dans ce contexte, particulièrement sensible. Chaque été, certains usages non essentiels se multiplient précisément aux heures où la demande est la plus forte. La Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux a déjà appelé les citoyens à rationaliser leur consommation lors des périodes de forte demande. À l’occasion de l’Aïd al-Adha, qui a coïncidé cette année avec une hausse des températures, elle avait notamment recommandé de reporter certains usages secondaires au-delà de 18 heures afin de réduire la pression sur le réseau et de préserver un approvisionnement plus équitable. 

Des moyens importants mobilisés pour éviter les perturbations

Face au risque de tensions estivales, le gouvernement a mis en place un programme d’urgence destiné à sécuriser l’approvisionnement en eau potable durant l’été 2026. Ce plan comprend 81 projets, dont 35 étaient déjà en cours de réalisation au mois de juin, pour un coût global estimé à 58 millions de dinars. Il prévoit notamment le forage et le raccordement de 38 puits profonds, la maintenance ou la rénovation de 26 stations de pompage ainsi que des interventions sur 22 réseaux de distribution.  Les zones rurales constituent un autre point sensible. Un programme de 147 millions de dinars porte sur 187 systèmes hydrauliques destinés à près de 248.000 habitants. Il prévoit l’amélioration de dizaines d’installations existantes, la remise en exploitation de systèmes à l’arrêt, la création de nouveaux puits et la mobilisation de camions-citernes pour les zones montagneuses ou difficiles d’accès. La Sonede a également annoncé avoir réalisé 56 projets, pour un coût global de 81 millions de dinars, notamment dans les régions confrontées à un déficit hydrique. Ces investissements montrent que la gestion de l’eau en été ne se résume plus à attendre le niveau des barrages. Elle nécessite une surveillance permanente des équipements, une maintenance préventive et une capacité d’intervention rapide. À la mi-juin, une réunion de coordination a d’ailleurs été consacrée à l’état des installations hydrauliques et électriques en prévision du pic de consommation estivale. 

Au-delà de l’été, un changement de modèle devenu indispensable

Les pluies récentes ont apporté un répit, mais elles ne peuvent constituer une réponse durable. La Tunisie reste exposée à une forte variabilité des précipitations et aux conséquences du changement climatique. Une bonne saison hydrologique peut améliorer temporairement les réserves sans résoudre les problèmes structurels : pertes dans les réseaux, surexploitation de certaines nappes, infrastructures vieillissantes et demande croissante. C’est pourquoi la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050 prévoit des investissements considérables, estimés à 74,5 milliards de dinars. Plus de la moitié des investissements programmés doivent être consacrés à la valorisation des ressources non conventionnelles, notamment le dessalement et la réutilisation des eaux usées traitées, mais aussi à la modernisation des réseaux, à la collecte des eaux pluviales et à l’amélioration de la gestion des ressources. 

Le développement des eaux usées traitées pourrait notamment jouer un rôle majeur dans les prochaines décennies. Le ministère de l’Agriculture envisage 120 projets destinés à valoriser, à l’horizon 2050, jusqu’à 450 millions de mètres cubes de ces ressources. Une partie pourrait être consacrée à l’irrigation agricole, aux espaces verts, à l’industrie et aux zones humides, réduisant ainsi la pression exercée sur l’eau conventionnelle. Mais les investissements publics ne suffiront pas à eux seuls. La gestion de l’eau dépend également d’un changement durable des comportements. Réparer rapidement les fuites domestiques, éviter de laisser couler l’eau inutilement, limiter les lavages excessifs et privilégier des méthodes d’arrosage plus économes sont autant de gestes qui prennent une importance particulière lorsque des millions de consommateurs augmentent simultanément leurs besoins.

L’été 2026 s’ouvre donc dans une situation moins alarmante que les précédents, grâce à des réserves de barrages plus confortables. Mais cette amélioration ne doit pas créer une illusion d’abondance. Le véritable défi n’est plus seulement de disposer de suffisamment d’eau après une période pluvieuse, mais d’apprendre à gérer une ressource limitée dans la durée. À mesure que les températures augmentent et que les usages se multiplient, chaque été rappelle que la sécurité hydrique de la Tunisie dépendra autant des grands projets d’infrastructure que d’une nouvelle culture de consommation.

Leila SELMI

 

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L’enfance tunisienne : ce miroir fragile de notre avenir

Von: tmps
07. Juli 2026 um 08:26

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il est des sujets que l’on croit connaître parce qu’ils nous accompagnent depuis toujours. L’enfance en fait partie. Chacun de nous a été enfant, chacun de nous croise chaque jour des enfants dans la rue, à l’école, dans les transports, dans les familles, dans les cafés, devant les écrans ou aux portes des établissements scolaires. Pourtant, l’enfance reste souvent la grande absente de notre débat public. On parle d’économie, de politique, de prix, de salaires, de dettes, de crise sociale, mais rarement de l’enfant comme centre de gravité de la nation. Or, si l’on veut comprendre l’état réel d’un pays, il ne suffit pas d’écouter les discours officiels ni de lire les indicateurs économiques. Il faut regarder comment vivent ses enfants, comment ils dorment, comment ils mangent, comment ils apprennent, comment ils jouent, comment ils espèrent et parfois comment ils se taisent.

En Tunisie, l’enfance porte à la fois une mémoire de progrès et une inquiétude profonde. Le pays a longtemps été fier de son école publique, de la scolarisation massive, de la place accordée à la santé, de la protection juridique de l’enfant et de cette idée, longtemps partagée, selon laquelle chaque génération devait vivre un peu mieux que la précédente. L’enfant tunisien était alors le symbole d’une promesse, celle d’une société qui avançait par le savoir, la famille, l’effort et l’ascension sociale. Mais cette promesse semble aujourd’hui fragilisée. Elle n’a pas disparu, mais elle est devenue moins évidente, moins sûre, parfois même moins crédible pour une partie des familles qui regardent leurs enfants grandir avec tendresse, mais aussi avec une forme d’inquiétude qu’elles n’osent pas toujours nommer.

L’enfance n’est pas seulement une période douce que l’on évoque avec nostalgie. Elle est une fondation. Ce que l’on donne ou ce que l’on refuse à un enfant devient plus tard une attitude, une confiance, une blessure, une réussite ou une révolte. Une société qui néglige ses enfants ne voit pas immédiatement les conséquences de cette négligence. Elles apparaissent plus tard, dans l’échec scolaire, dans la violence sociale, dans le découragement des jeunes, dans la perte du goût de l’effort, dans le sentiment d’abandon ou dans cette fatigue morale qui traverse parfois les familles les plus ordinaires. C’est pourquoi parler de l’enfance tunisienne, ce n’est pas ouvrir un dossier secondaire, c’est interroger, avec gravité, le futur même de notre pays.

L’école, promesse nationale en perte de souffle

L’école demeure le premier lieu où se joue le destin de l’enfant tunisien. Elle a été, pendant des décennies, le grand passage vers la dignité sociale. Dans beaucoup de familles modestes, elle représentait presque une religion civile : apprendre pour sortir de la pauvreté, réussir pour honorer les parents, obtenir un diplôme pour ne pas revivre les difficultés des générations précédentes. Cette croyance dans l’école a construit une grande partie de la Tunisie moderne. Elle a permis à des enfants nés dans des villages pauvres, dans des quartiers discrets ou dans des familles sans relations, d’entrer dans l’université, dans l’administration, dans la médecine, dans l’enseignement, dans l’ingénierie, dans la culture et dans la vie publique.

Mais l’école actuelle ne rassure plus comme avant. Elle accueille encore, mais elle ne retient pas toujours. Elle enseigne encore, mais elle ne convainc pas toujours. Elle promet encore, mais elle ne garantit plus. Les classes surchargées, la fatigue des enseignants, les inégalités entre régions, la dépendance excessive aux cours particuliers, l’usure des bâtiments, le manque d’activités artistiques et scientifiques, ainsi que le décrochage progressif de nombreux élèves ont changé le rapport des familles à l’institution scolaire. Pour certains enfants, l’école reste un espace d’ouverture. Pour d’autres, elle devient un lieu de découragement, où l’on se sent perdu, jugé, dépassé ou simplement invisible.

Le problème n’est pas seulement scolaire. Il est social. Un enfant qui arrive en classe sans petit-déjeuner suffisant, sans soutien familial, sans espace calme pour étudier, sans transport régulier ou sans confiance en lui ne part pas avec les mêmes chances qu’un autre. L’égalité proclamée par l’école se heurte alors à l’inégalité vécue dans les maisons, les quartiers et les régions. La réforme de l’école ne peut donc pas se limiter aux programmes, aux examens ou aux horaires. Elle doit considérer l’enfant dans son ensemble : son corps, sa santé, sa langue, son environnement familial, son rapport à la lecture, son besoin de jeu, son besoin d’être encouragé et reconnu.

Quand la pauvreté vole l’insouciance

La pauvreté des enfants est probablement l’une des réalités les plus dures à regarder. Elle ne se limite pas au manque d’argent. Elle signifie parfois une alimentation moins équilibrée, des soins reportés, des vêtements insuffisants, des fournitures scolaires achetées avec peine, des loisirs absents, une chambre partagée, du bruit, de l’angoisse et cette sensation précoce que le monde n’offre pas les mêmes portes à tous. Il y a des enfants qui apprennent très tôt à ne pas demander, à ne pas réclamer, à comprendre les silences des adultes, à deviner qu’un cahier, un médicament, une paire de chaussures ou un simple trajet peuvent devenir des problèmes.

L’enfant pauvre comprend souvent la difficulté avant même de savoir la nommer. Il voit la fatigue du père, l’inquiétude de la mère, la tension autour des dépenses, les calculs répétés à la fin du mois. Cette conscience précoce peut fabriquer des enfants trop vite sérieux, trop vite silencieux, parfois trop vite adultes. On croit parfois que l’enfant ne comprend pas, parce qu’il joue encore, parce qu’il sourit, parce qu’il court dans la rue. Mais l’enfant enregistre tout. Il enregistre les humiliations discrètes, les comparaisons, les privations, les promesses reportées, les regards des autres et les petites blessures de l’inégalité.

Une société qui laisse ses enfants grandir dans le sentiment d’exclusion prépare ses propres fractures de demain. Soutenir un enfant, ce n’est pas faire de la charité, c’est prévenir l’échec scolaire, la marginalisation, la violence, la maladie, le chômage et la reproduction de la pauvreté. La Tunisie ne manque pas seulement de ressources, elle manque parfois d’une vision claire de l’enfance comme investissement prioritaire. On construit des routes, on discute des budgets, on annonce des projets, mais l’enfant reste trop souvent placé à la périphérie des décisions. Pourtant, chaque dinar investi dans la petite enfance, dans la santé scolaire, dans les bibliothèques, dans les cantines, dans le transport, dans les clubs de quartier et dans l’accompagnement familial est un dinar investi dans la stabilité future du pays.

Protéger l’enfant, au-delà des textes

La Tunisie dispose d’institutions, de lois et de mécanismes destinés à protéger les enfants. C’est un acquis qu’il ne faut pas minimiser. Mais la protection réelle ne dépend pas seulement de l’existence des textes, elle dépend de leur application, de la proximité des services, de la formation des intervenants, de la capacité des familles à demander de l’aide et de la rapidité des réponses lorsqu’un enfant est en danger. Dans beaucoup de situations, le problème n’est pas l’absence totale de cadre, mais la distance entre le cadre annoncé et la réalité vécue.

La violence reste une question sensible. Elle existe dans certains foyers, dans certaines écoles, dans la rue, parfois même dans le langage quotidien. Elle peut être physique, mais aussi verbale, psychologique et symbolique. On humilie un enfant, on le compare, on le menace, on le réduit au silence, puis on s’étonne plus tard qu’il manque de confiance, qu’il se replie sur lui-même ou qu’il reproduise la brutalité qu’il a reçue. Une société qui banalise la violence éducative finit par fragiliser son propre lien humain. L’autorité n’a pas besoin de brutalité pour exister, elle a besoin de cohérence, de patience, de limites claires et de respect.

Il faut aussi parler des enfants invisibles : ceux qui vivent dans les zones rurales éloignées, ceux qui quittent l’école, ceux qui travaillent trop tôt, ceux qui portent un handicap, ceux qui vivent dans des familles éclatées, ceux qui subissent la négligence, ceux qui se taisent parce qu’ils ne savent pas à qui parler. L’enfance vulnérable n’est pas toujours spectaculaire, elle est souvent discrète, cachée derrière une porte, un silence, une absence répétée en classe, un regard fatigué ou une agressivité que personne ne prend le temps de comprendre. Protéger l’enfant, c’est donc apprendre à voir ce qui ne crie pas encore.

Grandir à l’âge des écrans

L’enfant tunisien d’aujourd’hui grandit dans un monde traversé par les écrans. Le téléphone portable, les réseaux sociaux, les vidéos courtes, les jeux en ligne et les images permanentes occupent une place immense dans son quotidien. Le numérique peut ouvrir des horizons formidables : apprendre, découvrir, communiquer, créer, écouter une autre langue, regarder une expérience scientifique, visiter un musée lointain sans quitter sa chambre. Mais il peut aussi enfermer, isoler, exposer à la violence, au harcèlement, à la comparaison sociale et à une forme de fatigue mentale continue.

Le danger n’est pas l’écran en lui-même, mais l’absence d’accompagnement. Beaucoup d’enfants sont techniquement connectés, mais affectivement seuls devant ce qu’ils voient. Ils naviguent dans un monde d’images rapides, de modèles artificiels, de désirs fabriqués et de violences banalisées, sans toujours disposer des outils pour comprendre, trier, résister ou se protéger. Là encore, la famille et l’école doivent apprendre à dialoguer avec l’enfant au lieu de se contenter d’interdire ou de laisser faire. Interdire sans expliquer produit souvent la ruse. Laisser faire sans guider produit l’abandon. Entre les deux, il existe une éducation au numérique, patiente et humaine, qui apprend à l’enfant à rester libre dans un monde qui cherche sans cesse à capter son attention.

La culture, le sport, la lecture, le théâtre, la musique, les clubs scientifiques et les espaces publics sûrs sont essentiels. Un enfant ne grandit pas seulement avec des manuels scolaires, il grandit avec des expériences, des rencontres, des jeux, des émotions, des modèles, des lieux où il peut découvrir ce qu’il aime et ce qu’il peut devenir. Priver l’enfant de culture, c’est réduire son imaginaire. Or un pays qui réduit l’imaginaire de ses enfants réduit aussi son propre avenir. Il ne suffit pas de demander à l’enfant de réussir, il faut lui donner des raisons d’aimer la vie, d’aimer apprendre, d’aimer créer, d’aimer appartenir à une communauté qui le reconnaît.

Il faut donc replacer l’enfance au centre de notre réflexion collective. Non pas dans les slogans, mais dans les décisions concrètes. Chaque budget, chaque réforme scolaire, chaque politique sociale, chaque choix urbain, chaque programme culturel devrait poser une question simple : qu’est-ce que cela change pour les enfants ? Les protège-t-on mieux ? Les instruit-on mieux ? Les écoute-t-on davantage ? Leur donne-t-on une chance plus juste de grandir ? Une ville sans trottoirs sûrs, sans jardins, sans bibliothèques, sans terrains de sport accessibles, sans transports réguliers et sans espaces de rencontre n’est pas seulement une ville inconfortable, c’est une ville qui dit aux enfants qu’ils ne sont pas sa priorité.

L’enfance tunisienne n’est pas seulement une catégorie d’âge. Elle est notre miroir. Elle nous renvoie ce que nous sommes devenus et ce que nous refusons parfois de voir. Si nos enfants doutent trop tôt, se taisent trop souvent, quittent l’école trop vite ou grandissent avec le sentiment d’être oubliés, alors le problème n’est pas seulement le leur. Il est le nôtre. À l’inverse, si nous savons les protéger, les instruire, les écouter et leur ouvrir des chemins, alors la Tunisie retrouvera peut-être ce qui lui manque le plus aujourd’hui : une confiance profonde dans son avenir. Car un pays ne se relève jamais seulement par ses chiffres. Il se relève par la manière dont il prend la main de ses enfants et leur dit, avec des actes plus qu’avec des discours : vous comptez, vous êtes attendus, et l’avenir a besoin de vous.



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Parler au quotidien : le dialecte tunisien perd-il ses repères ?

Von: tmps
06. Juli 2026 um 19:13

Il nous arrive parfois, sous nos cieux et au fil des jours, de nous retrouver contraint de traduire une expression dans notre même langue parlée. Face à des interlocuteurs qui n’ont rien pigé de ce qu’on leur avait raconté ! En effet, un petit mot, qui n’existe pas dans leur lexique linguistique, leur avait interrompu la conversation. Il s’agit du mot «Yassek», du turc «Yassak», qui veut dire «Interdit». Si bien qu’à partir de ce mot, nous avons créé un verbe, celui d’«Iyassak» (Il nous interdit.) Nous pourrons citer également  l’exemple de «Tozzina» qui, au départ, était «Dozzena», en langue italienne, c’est-à-dire le chiffre douze. Les temps ont certes changé mais pas au point de ne plus se comprendre aujourd’hui mutuellement entre les habitants d’un même pays ! Une langue, qu’elle soit littéraire ou parlée, évolue en se renouvelant. Mais ce qui arrive malheureusement à notre dialecte tunisien, c’est qu’il s’effrite de jour en jour, après avoir été d’une richesse sans pareille du temps de nos aïeux. Il contenait, en effet, des mots dont l’origine provenait de pas moins de six pays méditerranéens, sans compter les pays arabes, l’Italie, particulièrement du côté de ses régions du Sud, la France, l’Espagne, la Turquie, Malte, la Grèce. Et nous en oublions, car il est des mots contenus dans notre dialecte et dont l’origine est russe et également turque, comme «Gaouri» qui veut dire mécréant ou infidèle. C’est dire l’influence accrue de la présence des communautés de ces pays en Tunisie sur la langue parlée tunisienne depuis la fin du dix-huitième siècle, le dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième siècle. Cela lui a été d’un grand enrichissement. Une manne de mots qui constitue un trésor, mais que les nouvelles générations rejettent étrangement en choisissant d’emprunter plutôt des mots puisés dans la langue anglaise qu’ils considèrent aujourd’hui comme la meilleure langue pour évoluer et réussir leur vie, en plus de la langue arabe littéraire. Mais le pire, c’est quand ils ne reconnaissent aucune autre langue ! Et c’est là, une autre paire de manches. L’arabe littéraire a remplacé notre langue parlée qui est, de ce fait, devenue élaborée. Cela ne colle pas parfaitement à l’ouïe, du fait qu’une expression en arabe littéraire glissée dans le dialecte tunisien pourrait donner un sens tout à fait différent et contraire à son sens premier. Nous pensons à : «moumarridh» (infirmier qui soigne un patient). Ce mot a été changé de «fermli», émanation d’infirmier en langue française, à «moumarridh». Dans le dialecte tunisien, cela équivaut à : «rendre malade !»

Des pièges à éviter

Plusieurs mots écartés de la langue parlée tunisienne font tomber leurs utilisateurs dans le piège de l’amalgame du sens à travers leur même prononciation. D’un autre côté, notre dialecte tunisien reste très riche d’une région à l’autre de notre pays. Mais il faudrait prendre garde à ne pas utiliser certains mots qui ne donnent pas le même sens, d’une région à l’autre. Le réalisateur d’origine italienne Bernardo Bertolucci avait dit un jour que «le dialecte d’une langue change tous les vingt-cinq kilomètres». C’est dire la grande richesse linguistique dont nous parlons. Dans un coin du Sud tunisien et quand une femme dit à une autre  femme «win jiti ?», cela n’a pas du tout le sens de «où est-ce que tu es arrivée ?», mais «comment vas-tu ?» Et c’est là que la traduction dans la même langue s’impose, comme nous le disions au début de notre article.

Lotfi BEN KHELIFA



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Fierté tunisienne à l’échelle mondiale :  la dermatologue Asmahane Souissi brille à Guadalajara

Von: tmps
05. Juli 2026 um 11:15

 La Journée internationale des droits de la femme est une belle occasion pour rendre hommage aux femmes d’exception qui ont tracé un parcours professionnel réussi. C’est le cas de Dr Asmahane Souissi, dermatologue tunisienne exerçant à l’hôpital des Forces de sécurité intérieure de La Marsa, qui a reçu le prix «Jeune Dermatologue pour une Réussite Internationale» 2027 décerné par la Société Internationale de Dermatologie pour la région Afrique. Cette distinction fait suite à une candidature soumise par la Société Africaine de Dermatologie et de Vénéréologie, approuvée par le Conseil d’administration de la Société Internationale lors de sa réunion du 20 juin 2026, après examen d’un nombre record de candidatures cette année. Une distinction qui couronne des années de labeur et de recherches.

Dr Souissi devrait recevoir son prix lors de la cérémonie d’ouverture   du Congrès Mondial de Dermatologie, qui se tiendra à Guadalajara, au Mexique, du 21 au 26 juin. Ce prix lui a procuré une joie énorme. «Je suis profondément honorée et ravie d’annoncer que j’ai été sélectionnée comme récipiendaire du prestigieux prix ILDS Young Dermatologist for International Achievement Award 2027 pour la région Afrique», écrit-elle sur son post facebook.  Et d’ajouter : «Je tiens à exprimer ma sincère gratitude au comité des prix ILDS et au conseil d’administration pour cet immense honneur. Recevoir cette prestigieuse reconnaissance de la Ligue internationale des sociétés dermatologiques est un jalon important dans ma carrière. Non seulement cela valide mes efforts passés, mais constitue aussi une source d’inspiration formidable pour poursuivre mon travail et mon engagement à améliorer les soins dermatologiques et la recherche. Je voudrais exprimer ma profonde gratitude au président de la Société Africaine de Dermatologie et Vénéréologie, Dr Moez Ben Salem, pour m’avoir nommée. Je dédie fièrement ce prix à mon pays bien-aimé, la Tunisie. Je suis profondément fière de représenter la dermatologie tunisienne sur la scène internationale et de mettre en lumière le dévouement et l’excellence de notre communauté médicale. Ce prix n’est pas seulement une réussite personnelle, mais une grande motivation à continuer à travailler dur, à faire avancer les soins dermatologiques en Afrique, et finalement à avoir un impact positif dans le monde de la dermatologie.»

Il est incontestable que ce prix dépasse la reconnaissance individuelle. «Remporter cette distinction  est un honneur immense et une fierté pour moi et notre pays. Elle prouve que la Tunisie peut rivaliser avec les grandes nations dans l’innovation», a-t-elle déclaré. En remportant ce prix prestigieux, Dr Souissi  confirme son rôle moteur dans la valorisation de la recherche scientifique et affirme la position de la Tunisie sur la carte mondiale de la science et de la dermatologie.

Kamel Bouaouina

 

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Incendie dévastateur à Nebeur : urgence d’une vraie politique de prévention dans les zones agricoles

Von: tmps
05. Juli 2026 um 10:15

Un important incendie s’est déclaré dimanche 28 juin 2026 dans la délégation de Nebeur, relevant du gouvernorat du Kef, causant d’importants dégâts aux terres agricoles de la région. Le sinistre, attisé par des vents violents et des conditions climatiques particulièrement favorables à la propagation des flammes, a ravagé près de 120 hectares de superficies cultivées, infligeant de lourdes pertes matérielles aux agriculteurs locaux.

Ce nouvel incendie remet une fois de plus en lumière la grande vulnérabilité des zones agricoles tunisiennes face aux feux de récolte, un phénomène devenu récurrent durant la période estivale, particulièrement dans les régions céréalières du Nord-Ouest, telles que Le Kef, Siliana et Jendouba. Chaque année, avec l’arrivée des fortes chaleurs, la combinaison de températures élevées, de vents violents, de sécheresse prolongée et la présence massive de matières hautement inflammables -blé sur pied, chaumes, paille et broussailles-, ces zones sont transformées en véritables foyers à haut risque.

Fragilité structurelle de certaines zones agricoles

Le problème ne réside pas uniquement dans les conditions climatiques, mais aussi dans la fragilité structurelle de nombreuses zones agricoles. L’absence d’entretien régulier des pistes agricoles, l’accumulation de broussailles et d’herbes sèches sur les accotements, le manque de bandes coupe-feu entre les parcelles, ainsi que l’insuffisance des équipements de première intervention aggravent considérablement les risques.

Dans plusieurs régions, les agriculteurs comme les autorités locales dénoncent depuis des années le manque d’équipements adaptés : bulldozers pour le débroussaillage, citernes d’eau mobiles, points d’eau de proximité, camions d’intervention en nombre suffisant et moyens logistiques capables de répondre rapidement à ce type de sinistre.

Ainsi, les incendies agricoles ne relèvent plus uniquement du fait accidentel ou du hasard. Ils traduisent également des insuffisances persistantes en matière de prévention, de préparation et d’anticipation. Chaque sinistre met en évidence les limites des dispositifs existants et rappelle l’urgence d’une stratégie plus efficace fondée sur la prévention, l’entretien des zones à risque et le renforcement des moyens d’intervention sur le terrain.

Il suffit d’une étincelle…

En effet, la moindre étincelle, qu’elle provienne d’un engin agricole, d’un véhicule, d’un mégot de cigarette ou d’un simple incident accidentel, peut suffire à déclencher un incendie de grande ampleur en quelques minutes seulement. La rapidité de propagation des flammes rend alors les interventions particulièrement complexes, surtout lorsque les moyens de prévention et d’intervention font défaut.

Intervenant mardi 30 juin 2026 sur les ondes d’une radio de la place, la membre du conseil local de Sidi Khiar, Rim Nasr, est revenue en détail sur les circonstances du sinistre, son lourd bilan ainsi que les difficultés rencontrées pour circonscrire les flammes. Selon ses déclarations, l’incendie se serait déclaré au moment où des habitants transportaient des bottes de foin à proximité d’un oued. Une étincelle accidentelle aurait alors suffi à provoquer un départ de feu, rapidement aggravé par des rafales de vent particulièrement fortes. En quelques minutes, les flammes se sont propagées à une vitesse inquiétante, rendant l’intervention particulièrement difficile. Le bilan des dégâts est considérable. D’après les premières estimations, près de 70 hectares de blé sur pied ont été totalement détruits, ainsi qu’environ 50 hectares de chaumes. À cela s’ajoute la perte de quelque 1.500 bottes de paille, représentant un préjudice économique majeur pour plusieurs exploitants agricoles de la région. Pour de nombreux agriculteurs, ces pertes surviennent à un moment particulièrement critique de la saison, alors que les récoltes constituent l’aboutissement de plusieurs mois de travail, d’investissement et d’efforts.

Défaillance structurelle et manque de moyens 

Cet incendie affecte durablement l’équilibre économique de nombreuses familles rurales dépendant directement de l’activité agricole. Une fois le feu maîtrisé, un drone a été mobilisé afin d’évaluer précisément l’étendue des dégâts et de cartographier les zones touchées. Rim Nasr a précisé que cet équipement n’a pas été utilisé dans le cadre de l’intervention opérationnelle contre les flammes, mais uniquement pour établir un constat précis des pertes agricoles. Cet outil technologique a permis de mieux délimiter les parcelles sinistrées et de fournir une estimation plus rigoureuse des superficies ravagées. Parallèlement, les autorités locales, les unités de la Garde nationale ainsi que les services compétents ont ouvert une enquête afin de déterminer les causes exactes de l’incendie et de vérifier les circonstances du départ de feu. Selon Rim Nasr, les investigations sont toujours en cours. Mais au-delà de l’origine immédiate du sinistre, cet événement met en lumière des défaillances structurelles plus profondes concernant les moyens de prévention et de lutte contre les incendies agricoles dans la région. Rim Nasr a notamment dénoncé le manque criant d’équipements et de moyens logistiques dans la délégation de Nebeur. Elle a particulièrement insisté sur l’absence d’un bulldozer fonctionnel, indispensable pour entretenir les pistes agricoles, nettoyer les accotements et débroussailler les zones sensibles avant la saison des moissons. Selon elle, cet engin est hors service depuis plusieurs mois, ce qui a favorisé l’accumulation de broussailles, d’herbes sèches et de végétation inflammable le long des routes et des pistes agricoles.

Moyens d’intervention largement insuffisants

Autant d’éléments qui constituent de véritables foyers potentiels de propagation du feu. «Nous avons alerté à plusieurs reprises les autorités locales, régionales ainsi que le ministère concerné sur la nécessité de disposer de cet équipement, mais nos demandes sont restées sans suite», a-t-elle regretté. L’élue a également souligné l’insuffisance des moyens d’intervention de la Protection civile. La délégation de Nebeur ne disposerait actuellement que d’un seul camion d’intervention, auquel s’ajoute un véhicule relevant des services forestiers. Des moyens jugés largement insuffisants au regard de l’étendue du territoire, qui couvre neuf secteurs administratifs et de vastes zones agricoles exposées à des risques élevés en période estivale. Cette réalité soulève une problématique récurrente dans plusieurs régions de l’intérieur du pays : le déséquilibre entre l’ampleur des risques et les capacités réelles d’intervention sur le terrain. Face à cette situation, un renforcement des mesures de prévention avant chaque saison des récoltes est indispensable. Parmi les actions prioritaires, elle préconise un entretien régulier des pistes agricoles, le nettoyage systématique des accotements ainsi qu’un débroussaillage renforcé des zones à haut risque. Elle appelle également les agriculteurs à adopter davantage de mesures préventives au niveau de leurs exploitations. Cela inclut notamment l’aménagement de bandes coupe-feu entre les parcelles afin de limiter la propagation des flammes ainsi que l’équipement des tracteurs en citernes d’eau pour permettre une intervention rapide dès les premiers signes de départ de feu.

La prévention, premier rempart contre les catastrophes

De telles mesures permettraient de réduire considérablement l’ampleur des dégâts causés par les incendies agricoles. L’incendie de Nebeur rappelle avec force que la prévention demeure le premier rempart contre ce type de catastrophe. Dans un contexte marqué par des épisodes de chaleur intense, des vents fréquents et des conditions climatiques de plus en plus extrêmes, la protection des zones agricoles devient un enjeu stratégique majeur. Au-delà de l’urgence de réparer les pertes subies par les agriculteurs sinistrés, la priorité reste désormais d’agir sur les causes structurelles de ces incendies afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Quand la Tunisie ne se marie plus : un crédit mariage pour rouvrir l’horizon

Von: tmps
05. Juli 2026 um 09:26

Par Zouhaïr Ben Amor (Universitaire)

Il y a des silences qui finissent par devenir plus bruyants que les cris. En Tunisie, l’un de ces silences porte aujourd’hui un nom simple, ancien, presque familier : le mariage. On n’en parle plus avec la même évidence. On n’y entre plus avec la même confiance. On ne le prépare plus avec la même sérénité. Dans les familles, on fait semblant de sourire, on dit que les jeunes prennent leur temps, qu’ils veulent d’abord réussir, voyager, travailler, se construire. Tout cela est vrai, en partie. Mais derrière cette explication polie, il y a une réalité plus dure : beaucoup de jeunes ne se marient plus parce qu’ils ne peuvent plus se le permettre, parce qu’ils ne voient plus devant eux une route praticable, parce que l’idée même de fonder un foyer est devenue, pour beaucoup, un projet lourd, presque intimidant.

Ce constat n’est pas seulement sentimental. Il est social, économique, psychologique et même démographique. Lorsque les mariages diminuent, ce n’est pas uniquement le nombre de fêtes qui baisse. C’est une partie de l’espérance collective qui se contracte. C’est une société qui hésite à se reproduire, à transmettre, à installer ses enfants dans la confiance. Les chiffres de l’état civil et du chômage ne disent pas tout, mais ils indiquent une direction inquiétante : moins de contrats de mariage, plus de prudence, plus de reports, plus de célibats prolongés, plus de divorces aussi. Le mariage, qui fut longtemps une institution presque naturelle, est devenu un calcul, parfois un pari, souvent un risque.

 

Quand l’amour se heurte au coût de la vie

Il serait injuste d’accuser les jeunes d’individualisme facile ou de manque de courage. Beaucoup d’entre eux aimeraient se marier, bâtir une maison, partager une vie, avoir des enfants. Mais entre le désir et le passage à l’acte, il y a désormais un mur de charges. Louer ou acheter un logement, meubler un appartement, organiser une cérémonie, assurer les dépenses quotidiennes, payer les crédits, anticiper l’arrivée d’un enfant, supporter les imprévus de santé et de transport, tout cela demande une stabilité que beaucoup n’ont pas. Dans un pays où le chômage reste élevé, où les diplômés eux-mêmes peinent à trouver un emploi digne de leur formation, où les salaires progressent moins vite que les prix, le mariage devient moins une promesse qu’une équation impossible.

Il faut dire les choses simplement : on ne fonde pas une famille avec des slogans. On ne rassure pas une épouse, un époux, des parents, des enfants à venir avec des discours abstraits. Le foyer a besoin de tendresse, certes, mais il a aussi besoin d’un toit, d’un revenu, d’une visibilité minimale. Or la visibilité est devenue rare. Le jeune homme qui n’arrive pas à se prendre en charge seul hésite à demander la main d’une jeune femme. La jeune femme diplômée, brillante, active ou en attente d’emploi, refuse à juste titre de s’engager dans une aventure sans base réelle. Les familles qui autrefois aidaient discrètement, sont elles-mêmes fragilisées par la hausse du coût de la vie. Ainsi, chacun attend. Et à force d’attendre, les années passent.

Ce report permanent produit une souffrance intime que l’on minimise trop souvent. On parle du mariage comme d’un événement mondain, alors qu’il est aussi une structure affective. On parle des robes, des salles, des traiteurs, des bijoux, alors qu’il faudrait parler de solitude, de dignité, de sécurité, de confiance. Dans beaucoup de maisons tunisiennes, il y a des filles et des garçons qui ont étudié longtemps, qui ont sacrifié des années, qui ont obtenu des diplômes respectables, mais qui se retrouvent devant une étrange impasse : trop formés pour accepter n’importe quelle vie, trop précaires pour construire la vie qu’ils méritent.

 

La solitude des diplômés et le départ des compétences

Notre société aime célébrer les réussites scolaires. Elle applaudit les médecins, les ingénieurs, les enseignants, les chercheurs, les informaticiens. Mais que deviennent ces réussites lorsque le pays ne leur offre plus les conditions d’une vie normale ? Une partie s’en va. Une autre reste, mais avec le sentiment de se battre contre un plafond bas. Les médecins partent vers d’autres horizons, parfois après des années d’études éprouvantes. Les ingénieurs cherchent ailleurs les salaires, la reconnaissance et les perspectives qu’ils ne trouvent plus ici. Ceux qui restent portent le poids d’une double attente : réussir leur vie professionnelle et sauver en même temps leur vie familiale. C’est beaucoup demander à une génération déjà éprouvée.

Dans ce contexte, le célibat n’est plus seulement un choix personnel. Il devient parfois la conséquence directe d’un déséquilibre national. Une jeune femme diplômée peut être admirée pour son parcours, mais ne recevoir aucune proposition sérieuse, parce que les hommes de sa génération hésitent, calculent, reculent, partent ou se sentent incapables d’assumer. Un jeune homme sérieux peut aimer sincèrement mais se taire, parce qu’il sait que son salaire ne couvrira pas les dépenses d’un foyer. Alors les sentiments existent, mais ils restent suspendus. Les rencontres existent, mais elles ne débouchent pas. Les familles s’inquiètent, les voisins commentent, les réseaux sociaux amplifient les frustrations, et chacun finit par croire que son cas est individuel, alors qu’il s’agit d’un phénomène collectif.

Le plus grave est peut-être là : nous avons transformé un problème national en série de drames privés. On dit à la fille d’être patiente. On dit au garçon d’être courageux. On dit aux parents de ne pas se mêler. On dit aux professionnels des événements de s’adapter. On dit à l’État que ce n’est pas son affaire. Mais lorsque l’économie bloque le social, lorsque le social alourdit le psychologique, lorsque le psychologique se transforme en découragement général, l’État ne peut pas rester spectateur. La famille n’est pas une affaire secondaire. Elle est l’un des piliers invisibles de la stabilité du pays.

 

Un secteur festif qui devient un baromètre social

Les professionnels des événements le sentent avant les autres. Les salles de fêtes, les traiteurs, les décorateurs, les photographes, les musiciens, les coiffeuses, les maquilleuses, les loueurs de robes, les artisans, les fleuristes, les pâtissiers, les transporteurs, tout un écosystème vit autour du mariage. Quand les cérémonies diminuent, ce n’est pas seulement une tradition qui s’efface, c’est une chaîne économique qui tremble. On croit parfois que la fête est un luxe. Mais dans notre pays, la fête est aussi un emploi, un savoir-faire, une saison de travail, une circulation d’argent entre petites entreprises et familles.

Bien sûr, il ne faut pas défendre l’excès pour l’excès. Il y a eu, dans nos pratiques, des dépenses inutiles, des compétitions absurdes, des mariages transformés en vitrines sociales, des familles endettées pour impressionner des invités qui oublient tout le lendemain. Il faut avoir le courage de le dire : certaines dépenses doivent être réduites, certaines habitudes doivent être simplifiées, certains rituels doivent retrouver leur sens. Le mariage ne doit pas devenir une foire de prestige où l’on mesure l’amour au nombre de plats, de robes ou de caméras. Mais la solution ne peut pas être la disparition progressive du mariage. La solution doit être un retour à la mesure, à la dignité, à l’aide intelligente.

C’est pourquoi la question mérite un débat public. Nous ne pouvons pas nous contenter de constater que les jeunes se marient moins, que les naissances reculent, que les divorces augmentent, que les compétences partent, que les familles s’inquiètent, que les métiers de l’événementiel souffrent. Tout cela forme une même toile. Tirer un fil, c’est faire bouger l’ensemble. Le mariage n’est pas uniquement un acte privé entre deux personnes, il est aussi un signal de confiance dans l’avenir. Quand ce signal faiblit, il faut se demander ce que le pays a cessé de promettre à sa jeunesse.

 

Un crédit mariage pour rouvrir l’horizon

C’est dans cet esprit que je romps l’omerta et que j’ose proposer une idée simple : un emprunt ou crédit mariage encadré, raisonnable, accessible, avec une aisance réelle dans le remboursement. Il ne s’agit pas d’encourager les dépenses folles ni de pousser les jeunes à s’endetter pour une nuit de fête. Il s’agit d’accompagner un projet de vie. Un crédit mariage pourrait être conçu comme un crédit social, plafonné, transparent, réservé aux couples qui construisent effectivement un foyer, avec une période de grâce, un taux préférentiel, un remboursement long et léger, et pourquoi pas une bonification partielle de l’État pour les revenus modestes et moyens.

Ce crédit ne devrait pas financer la vanité, il devrait financer l’installation : le logement, les meubles essentiels, les frais administratifs, une cérémonie raisonnable, les premiers équipements du foyer. Les banques pourraient y participer, mais l’État devrait en garantir une partie, car l’enjeu dépasse la rentabilité bancaire. On aide parfois les entreprises parce qu’elles créent de l’emploi. Pourquoi ne pas aider les foyers qui créent de la stabilité ? On finance des secteurs économiques parce qu’ils portent la croissance. Pourquoi ne pas soutenir l’union familiale lorsqu’elle porte la cohésion sociale ?

Pour éviter les abus, il faudrait des règles claires. Le montant doit être plafonné. Le remboursement doit être compatible avec le revenu du couple. Les dépenses éligibles doivent être précisées. Les fournisseurs doivent être déclarés, afin que l’argent circule dans l’économie formelle. Les couples doivent être protégés contre le surendettement. Et surtout, il faut accompagner ce crédit d’une réforme culturelle : apprendre à organiser des mariages beaux, dignes, sobres, sans humiliation financière. Le bonheur a un prix, oui, mais ce prix ne doit pas devenir une punition.

On dira peut-être que l’État a d’autres priorités. C’est vrai. Mais une nation qui ne regarde plus sa jeunesse fonder des foyers avec confiance doit s’interroger sur ses priorités profondes. Le mariage n’est pas une simple fête du samedi soir. Il est un acte de foi dans demain. Il dit qu’un homme et une femme acceptent de construire, malgré l’incertitude. Il dit que les familles continuent de croire à la transmission. Il dit qu’un pays reste habitable, non seulement pour travailler, mais pour aimer, élever des enfants, vieillir entouré.

Nous devons donc sortir de la gêne. Parler du mariage, ce n’est pas être passéiste. Défendre la famille, ce n’est pas nier la liberté individuelle. Proposer un crédit mariage, ce n’est pas acheter le bonheur, c’est reconnaître que le bonheur a besoin d’un minimum de conditions matérielles pour ne pas s’épuiser avant même de commencer. La Tunisie a toujours su inventer des compromis entre tradition et modernité. Elle doit aujourd’hui inventer une politique familiale adaptée à son temps, respectueuse des jeunes, consciente des réalités économiques, mais assez courageuse pour dire que le célibat subi, la précarité affective et la peur de fonder une famille ne sont pas des détails.

Le péril en la demeure n’est pas seulement que les jeunes ne se marient plus. Le péril est que nous nous habituions à cette situation, que nous la commentions avec fatalisme, que nous la rangions parmi les choses normales du temps présent. Rien n’est normal lorsqu’une société cesse progressivement d’offrir à ses enfants les moyens de construire une maison, au sens matériel comme au sens moral. Il est encore temps d’agir. Il est encore temps de simplifier les rites, de soutenir les couples, de protéger les métiers liés au mariage, de retenir les compétences, de donner aux jeunes une raison de rester et de bâtir. Une société qui aide ses enfants à se marier ne finance pas seulement une cérémonie. Elle investit dans sa propre continuité.



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Point de presse du directeur du Festival International de Hammamet : le programme, l’affiche, les ventes en ligne

Von: tmps
05. Juli 2026 um 08:26

 Le festival international d’Hammamet aura lieu du  11 juillet au 13 août 2026. Il fêtera Hammamet cet été sa 60ème édition anniversaire. Le public pourra profiter des rendez-vous nocturnes, autour de la musique du monde, de la danse et du théâtre, a souligné Néjib Kesraoui, directeur du festival international d’Hammamet lors d’un point de presse organisé vendredi 3 juillet au centre culturel d’Hammamet « Depuis 1964, le FIH n’a cessé de briller et porte toujours aussi bien sa touche internationale, en attirant des artistes des quatre coins du monde, et qui arborent différents genres musicaux comme le Jazz, le Blues, le Fado, le Rock Alternatif, la musique africaine, le Tarab, les sonorités cubaines ou électroniques, en passant par l’arabe contemporain et les projets inédits. 32 spectacles sont programmés, avec une pléiade d’artistes venus de 12 pays : la Tunisie, le Liban, la Palestine, les USA, le Mali, l’Espagne, le Portugal, Cuba, la Turquie, le Maroc, l’Algérie et l’Italie. Une programmation éclectique a été minutieusement établie. Elle s’ouvre sur une sélection accrue d’artistes à succès.Fidèle à sa tradition, le FIH s’ouvrira avec la création théâtrale tunisienne « Les Fugueuses » de Wafa Taboubi et se clôturera le 13 août avec Sofia Sadok lors de la journée de la femme tunisienne. C’est une manifestation culturelle mais aussi touristique qui boostera toute une économie locale voire nationale» dit-il 

Plusieurs spectacles affichent sold-out !

Le  festival international d’Hammamet draine un public habitué à un programme bien spécifique et juste sur mesure… Des artistes du monde entier viennent enchanter un public qui cherche la diversité et l’originalité. Les artistes tunisiens, toute génération confondue, s’appliquent à présenter leurs spectacles et concerts avec bonheur. Néjib Kasraoui est revenu sur  l’organisation et la programmation au complet de l’édition 60 Il s’agit d’une occasion annuelle et estivale attendue qui vise à renouer avec le public distingué de la ville de Hammamet.. Multidisciplinaire et riche culturellement, le programme est inclusif, diversifié et varié, avec une considération importante pour les nouveautés artistiques qui rythment la scène tunisienne.  Ce festival est avant tout un lieu de rencontres magiques : rencontres d’âmes venues de rivages lointains, dialogues entre générations passionnées, toutes animées par la conviction que le théâtre, la musique, la danse et les arts vivants sont des langages universels, des portes ouvertes sur la diversité, des miroirs de l’âme humaine. Au programme, précise Néjib Kasraoui : 32 spectacles dont 13 tunisiens, 11 arabes, 7  internationaux et un spectacle marocain-tunisien. Cet évènement annuel brille par son ouverture mondiale sur le monde arabe et occidentale.La vente des billets se fait exclusivement via le site officiel du festival. Un grand engouement malgré les prix élevés de certains spectacles qui ont beaucoup fait parler sur les réseaux.  Plusieurs  spectacles sont vendus en ligne en trois heures et affichent sold-out. Les organisateurs ont laissé éclater leur joie : « Un grand  engouement… C’est juste incroyable » disait le directeur du festival qui appelle le public à éviter tout recours au marché parallèle, avertissant que toute personne impliquée dans la vente ou l’achat de billets hors du circuit officiel s’expose à des poursuites judiciaires, conformément à la législation en vigueur.

Affiche de la 60éme édition : Palette et ambiance

 

A propos de l’affiche de cette 60éme édition contestée sur les réseaux sociaux, , Néjib Kesraoui a indiqué que son ambition n’a jamais été de représenter le festival de manière illustrative ou figurative, mais de proposer une abstraction visuelle et graphique de son « âme ». « Nous avons  choisi une palette de couleurs intenses, contrastées, presque électrisantes : rouge, bleu, vert, jaune, fuchsia… Ces teintes expriment la diversité des formes artistiques et leur vitalité. Le fond bleu nuit vient équilibrer cet éclat. Il ancre la composition dans l’atmosphère propre au festival : celle des représentations en plein air, sous un ciel nocturne. Ce bleu, profond et enveloppant, agit comme une respiration visuelle qui met en valeur le mouvement et la lumière.La forme abstraite peut s’adapter, se déplacer, se recomposer : elle incarne un lien vivant, une circulation d’énergies, un espace de rencontre plutôt qu’un cadre figé.Les formes, les cercles, les couleurs ont été conçus pour être animés, transformés, réutilisés sur divers supports : déclinaisons pour chaque spectacle, visuels numériques, objets promotionnels, formats vidéo ou signalétique. Cette flexibilité assure une cohérence d’ensemble tout en permettant au visuel de s’adresser à différents publics, dans différents contextes. C’est une identité qui respire, qui s’adapte, qui vit. Une identité visuelle, à la fois contemporaine et fluide, qui symbolise le festival dans ce qu’il a de plus essentiel : ce lien vibrant qu’il construit entre les artistes, les spectateurs, et la ville de Hammamet.

                                     Kamel Bouaouina

Photos Berrazagua

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L’impunité administrative : cette panne silencieuse qui coûte cher à la Tunisie

Von: tmps
04. Juli 2026 um 10:16

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il y a des scènes banales qui, à force de se répéter, finissent par raconter tout un pays. Un citoyen se rend à la mairie pour récupérer un papier annoncé comme prêt. Il a pris sa matinée, parfois un taxi, parfois il a laissé son travail, parfois il a demandé à un voisin de garder un enfant ou à un parent de l’accompagner. On lui avait dit : revenez tel jour, votre document sera prêt. Le jour arrive, mais le papier n’est pas là. La formule tombe, légère, presque mécanique : revenez demain. On ne s’excuse pas vraiment. On n’explique pas clairement. On ne mesure pas le temps perdu. On oublie que, pour l’administration, ce n’est qu’un dossier parmi d’autres, mais pour le citoyen, c’est une démarche, une attente, parfois une urgence, souvent une fatigue.

Le plus inquiétant n’est pas seulement le retard. Le plus inquiétant est l’habitude du retard. Ce qui choque n’est pas uniquement qu’une imprimante manque de papier ou qu’un appareil soit en panne. Ce qui choque, c’est que cette panne puisse devenir normale, acceptée, presque intégrée au paysage administratif. Dans une société qui aspire à la modernité, il n’est pas normal qu’un service public dépende du hasard d’une ramette de papier, de l’humeur d’un agent ou de la disponibilité approximative d’un responsable. Un document promis pour le jour J doit être prêt le jour J. Le lendemain n’est pas un détail, c’est une rupture de confiance.

Dans beaucoup de nos administrations, le citoyen ne se plaint pas seulement d’une lenteur. Il se plaint surtout d’une absence de conséquence. Quand un comportement irrégulier est signalé à la hiérarchie, on espère naturellement une vérification, une écoute, une correctionet, lorsque les faits sont établis, une sanction proportionnée. Or très souvent, la plainte disparaît dans les couloirs. Elle devient un papier de plus, un bruit de plus, une gêne de plus. L’agent mis en cause, au lieu d’être rappelé à l’ordre, se sent parfois protégé par l’inertie du système. Il comprend que rien ne lui arrivera. Et quand l’impunité s’installe, le comportement fautif cesse d’être une anomalie : il devient une méthode.

Quand la plainte s’égare dans les couloirs

Le citoyen tunisien connaît cette impression pénible : il parle, mais personne n’écoute vraiment. Il écrit une réclamation, mais elle ne provoque aucun mouvement visible. Il signale un abus, mais l’abus continue. Il dénonce une négligence, mais la négligence revient le lendemain, identique, parfois plus arrogante encore. Cette expérience est destructrice, car elle enseigne au citoyen que la règle existe dans les textes, mais qu’elle se fatigue dans la pratique. Elle lui apprend que l’administration peut être forte devant le faible, mais faible devant ses propres défaillances.

Une hiérarchie qui ne réagit pas affaiblit son autorité. Elle croit parfois préserver la paix interne en évitant le conflit avec l’agent fautif. En réalité, elle nourrit un conflit plus profond avec l’ensemble des citoyens. Elle protège momentanément un individu, mais elle abîme durablement l’institution. Car l’administration n’est pas faite pour protéger les agents contre les usagers, elle est faite pour protéger le service public contre les abus, d’où qu’ils viennent. Un responsable qui enterre une réclamation ne calme pas la situation, il fabrique la prochaine crise.

Il faut aussi sortir d’une confusion très répandue : demander des comptes à un agent public n’est pas une attaque personnelle. Ce n’est pas une vengeance, ce n’est pas une humiliation, ce n’est pas une chasse aux sorcières. C’est simplement le fonctionnement normal d’un service qui doit rendre des comptes. Dans une école, un hôpital, une municipalité, une recette des finances, un bureau d’état civil ou une administration régionale, l’agent n’est pas propriétaire de son poste. Il exerce une mission au nom de la collectivité. Cette mission lui donne des droits, mais aussi des devoirs. Le premier de ces devoirs est le respect du citoyen.

Le petit désordre qui fabrique la grande défiance

On a parfois tendance à sourire devant les petites pannes : pas de papier, pas de toner, pas de signature, pas de cachet, pas de connexion, pas de responsable, pas de réponse. On les traite comme des anecdotes. Pourtant, ce sont précisément ces petites pannes qui fabriquent la grande défiance. Le citoyen n’a pas toujours accès aux grands dossiers de l’État. Il ne voit pas tous les budgets, il ne lit pas tous les décrets, il ne participe pas à toutes les réunions. Mais il voit très bien si l’agent au guichet le respecte, si le document est prêt, si la file avance, si la réponse est claire, si l’horaire est respecté.

L’administration se juge souvent dans ces instants ordinaires. Une imprimante sans papier dans une mairie n’est pas seulement une imprimante sans papier. C’est le symbole d’un système qui n’a pas prévu l’évidence. C’est le signe d’une chaîne de responsabilité rompue : qui devait vérifier les stocks ? Qui devait signaler la panne ? Qui devait acheter le papier ? Qui devait organiser une solution provisoire ? Qui devait informer le citoyen ? Lorsque personne ne répond à ces questions, c’est que tout le monde est responsable en théorie et que personne ne l’est en pratique.

Cette culture du flou est dangereuse. Elle permet à chacun de se réfugier derrière une excuse. L’agent dit que ce n’est pas lui. Le chef de service dit qu’il n’était pas au courant. Le responsable dit qu’il manque de moyens. Le citoyen, lui, rentre chez lui avec son problème non résolu. Bien sûr, nos administrations ont parfois de vrais manques : manque de personnel, manque de matériel, surcharge, budgets limités, procédures anciennes. Il serait injuste de nier ces difficultés. Mais la pauvreté des moyens ne doit jamais devenir un permis de négligence. Quand les moyens sont limités, l’organisation doit être plus rigoureuse, non plus désordonnée.

Le dysfonctionnement répété a un coût invisible. Il coûte des heures de travail perdues, des déplacements inutiles, de l’essence, de la fatigue, de la colère, de la méfiance. Il pousse certains citoyens vers les passe-droits, car ils finissent par croire que la voie normale ne fonctionne pas. Il encourage les relations, les interventions, les coups de téléphone, les connaissances. Et c’est ainsi que la petite panne administrative finit par ouvrir la porte à une grande maladie sociale : l’idée que le droit seul ne suffit pas, qu’il faut toujours connaître quelqu’un pour obtenir ce qui devrait être obtenu simplement.

Sanctionner n’est pas humilier, c’est protéger le service public

Une administration en règle n’est pas une administration qui punit pour punir. C’est une administration qui sait distinguer l’erreur, la faute, la négligence répétée et la fraude. L’erreur peut se corriger par la formation. La faute doit être rappelée. La négligence répétée exige une sanction. La fraude doit être traitée avec fermeté. Si ces niveaux sont confondus, l’injustice apparaît. Mais si rien n’est traité, l’impunité gagne. Le citoyen n’a pas besoin d’une administration brutale, il a besoin d’une administration sérieuse.

Il faut donc mettre en place des mécanismes simples, lisibles et obligatoires. Chaque réclamation doit recevoir un numéro, une date, un délai de réponse et un responsable identifié. Le citoyen ne doit pas déposer une plainte dans le vide. Il doit pouvoir savoir où elle se trouve, qui l’examine et quand une réponse lui sera donnée. La hiérarchie doit être obligée de répondre, même lorsque la plainte n’est pas fondée. Une réponse claire vaut mieux qu’un silence méprisant. Le silence administratif est l’un des plus grands producteurs de colère civique.

Il faut également que les sanctions existent réellement. Une remarque écrite, un avertissement, un déplacement, une suspension, une procédure disciplinaire : tout cela doit être prévu, encadré, contrôlé et appliqué avec justice. Mais il faut surtout que les sanctions soient visibles dans leurs effets, sans nécessairement exposer les personnes à la vindicte publique. Le citoyen n’a pas besoin de connaître tous les détails du dossier disciplinaire, il a besoin de constater que le comportement dénoncé ne se répète plus. La meilleure sanction est parfois celle que l’on ne commente pas, mais dont on voit le résultat : le service fonctionne enfin.

La protection des lanceurs d’alerte internes est également indispensable. Dans chaque administration, il existe des agents honnêtes qui voient les abus, qui souffrent du désordre, qui veulent travailler correctement, mais qui se taisent par peur des représailles ou par découragement. Il faut les protéger. Il faut leur donner des canaux sûrs pour signaler les irrégularités. Une administration saine n’est pas celle où tout le monde se tait, c’est celle où la vérité peut remonter sans que celui qui la dit soit puni à la place de celui qui triche.

Remettre l’administration au service du citoyen

Réformer l’administration ne signifie pas seulement numériser les guichets ou installer des plateformes. Le numérique peut aider, bien sûr, mais il ne remplacera jamais l’éthique du service. Une plateforme peut recevoir une demande, mais elle ne garantit pas à elle seule le respect du délai. Un ordinateur peut imprimer un document, mais il ne remplace pas la conscience professionnelle. La modernisation ne doit pas être un décor, elle doit être une culture, celle du délai respecté, de la réponse claire, de la responsabilité assumée.

Chaque service public devrait afficher des engagements simples : délai de traitement, documents nécessaires, responsable du service, procédure de réclamation, recours possible. Ces informations doivent être visibles, compréhensibles et respectées. Le citoyen ne doit pas venir trois fois pour apprendre à la troisième visite qu’il manque une pièce. Il ne doit pas découvrir au guichet une règle inventée le matin même. Il ne doit pas dépendre du ton d’une personne pour accéder à un droit. La règle doit être écrite, stable, publique et la même pour tous.

Il faut aussi réhabiliter la notion de chef. Un chef de service n’est pas seulement une personne qui signe. C’est une personne qui organise, contrôle, anticipe, corrige. Il doit savoir si l’imprimante fonctionne, si le papier existe, si les agents sont présents, si les citoyens attendent trop longtemps, si les réclamations s’accumulent. La hiérarchie ne peut pas se contenter d’être une décoration administrative, elle doit être une responsabilité quotidienne. Là où il n’y a pas de contrôle, il y aura tôt ou tard du laisser-aller. Là où il n’y a pas de conséquence, il y aura tôt ou tard de l’abus.

La Tunisie n’a pas seulement besoin de grandes réformes annoncées dans les discours. Elle a besoin de petites rigueurs appliquées chaque jour. Elle a besoin d’une administration qui arrive à l’heure, qui répond, qui s’excuse lorsqu’elle se trompe, qui corrige lorsqu’elle faillit, qui sanctionne lorsqu’il le faut. Elle a besoin de responsables qui ne confondent pas solidarité de corps et complicité passive. Elle a besoin d’agents respectés, mais aussi responsables. Elle a besoin de citoyens patients, mais non humiliés.

Le service public est une promesse. Quand cette promesse est tenue, le citoyen retrouve confiance. Quand elle est trahie, même pour une simple feuille de papier, c’est l’État qui se réduit aux yeux de ceux qu’il devrait servir. Une administration digne n’est pas celle qui ne commet jamais d’erreurs, c’est celle qui refuse de les laisser se répéter. C’est celle qui comprend qu’un papier prêt le jour J, une imprimante fonctionnelle, une réclamation suivie et un agent rappelé à l’ordre ne sont pas des détails techniques. Ce sont les gestes élémentaires d’un pays qui se respecte.

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Après le bac, l’orientation universitaire :  peser le pour et le contre avant de choisir

Von: tmps
04. Juli 2026 um 09:30

Sans doute l’orientation universitaire revêt-elle une importance capitale dans l’accompagnement des élèves appelés à choisir leur parcours après le baccalauréat. Toutefois, les nouveaux étudiants sont tenus de faire leur choix en se basant sur les critères précisés par le guide d’orientation qui vient d’être publié par le ministère de l’Enseignement supérieur, en formulant des informations fiables et complètes, loin des pressions familiales, des influences extérieures ou des données non vérifiées. C’est que le choix d’une spécialité après le baccalauréat ne doit pas être une décision émotionnelle, aléatoire ou ne correspondant pas aux compétences et aux vocations de l’étudiant. 

Il s’agit donc d’un processus qui nécessite un véritable accompagnement, ainsi qu’un accès clair aux informations relatives aux offres de formation, aux conditions d’accès et aux perspectives futures de chaque spécialité. L’objectif est de permettre au candidat de construire son choix sur des bases solides et de mieux anticiper son parcours universitaire et professionnel. Il va sans dire qu’une orientation réussie repose sur un équilibre entre le souhait de l’élève, ses capacités, ses résultats effectifs et les exigences de la formation choisie.

Une étape décisive

En réalité, cette tâche doit être strictement réservée aux seuls nouveaux bacheliers, sans l’intervention d’autrui, mêmes leurs parents. Il s’agit là d’une affaire tout à fait personnelle qui ne concerne que le nouveau bachelier. C’est lui seul qui est le plus habilité à choisir les études supérieures qu’il aimerait le plus pour exercer le métier qu’il préfèrerait faire plus tard. Un jour, quand il sera médecin, ingénieur ou pilote de l’air et durant toutes les années que durera sa carrière, il sera heureux d’avoir accompli le bon choix puisqu’il exercera son métier avec amour, plaisir et dévouement. 

Si, en revanche, le choix de l’orientation est fait sous des contraintes pour satisfaire les caprices des uns et des autres, le nouveau bachelier entamera ses études universitaires, la mort dans l’âme, sans goût ni motivation. Même s’il réussit à déclencher son diplôme universitaire, c’est avec beaucoup d’amertume qu’il s’engagera dans la vie active, regrettant souvent de ne pas avoir fait les études qu’il aurait souhaitées. Les conséquences seront encore plus désastreuses si le diplôme obtenu demeure sans débouchés. C’est pourquoi le nouveau bachelier doit peser le pour et le contre, jauger ses capacités personnelles, intellectuelles et physiques, avant d’effectuer son choix de la filière universitaire qu’il compte suivre et qui lui permettra un jour d’exercer le métier de son rêve. Laissons-les donc agir à leur guise et selon leurs vocations et prédilections. Qu’ils soient capables de faire le bon choix et d’être responsables de leurs propres actes. Le temps est révolu où le père ordonnait à son fils : «Tu feras médecine !» ou «Tu seras ingénieur !» ou encore : «Tu dois intégrer telle ou telle faculté !» Les jeunes d’aujourd’hui veulent se sentir plus responsables de leur avenir. L’expérience a montré que beaucoup d’entre eux se disent désorientés ou mal orientés et cela se manifeste dès la première année des études supérieures où on enregistre des centaines d’abandons et d’échecs, ce qui engendre un coût important pour la société.

 

Etre responsable de son choix

Il va sans dire que la réussite ou l’échec dans les études universitaires dépendra en grande partie de la filière qu’on aura choisie. Ce choix est d’autant plus important qu’il relève d’une bonne connaissance de la part du candidat à plusieurs niveaux : les critères indiqués dans le guide d’orientation concernant chaque filière, les capacités personnelles et les prédispositions intellectuelles, physiques et psychiques nécessaires à toute intégration dans la vie estudiantine. De même, ce choix décisif est soumis à un compromis entre ses désirs, ses préoccupations et ses centres d’intérêt d’une part, et les exigences des études et des formations à acquérir dans la filière envisagée d’autre part. Il ne suffit donc pas de répondre à certains critères scientifiques pour opter pour telle ou telle filière universitaire, mais il faut prendre en considération plusieurs facteurs. D’ailleurs, rien ne sert de courir ! Il faut prendre son temps pour se renseigner et avoir de plus amples renseignements sur l’opération de l’orientation et sur le profil de la filière à choisir. Des professeurs spécialisés dans l’orientation scolaire et universitaire sont aux secours de ces bacheliers pour les conseiller et les orienter vers les filières les plus adéquates. 

D’ailleurs, une rencontre nationale d’information à l’intention des nouveaux bacheliers s’est tenue récemment à la Cité des Sciences où Ahlem Chater, directrice des affaires estudiantines au ministère de l’Enseignement supérieur, a précisé toutes les informations et les conditions relatives au déroulement de l’orientation universitaire, et ce, pour éclairer les nouveaux étudiants sur plusieurs questions concernant l’orientation, la formation, les métiers et les débouchés assurés par les différentes filières. Pour entamer de bon pied le cycle supérieur et bien réussir ses études universitaires, il faut effectuer le choix qui prenne en considération les motivations et les aspirations mais aussi les capacités intellectuelles et physiques de l’intéressé, sans pour autant être influencé par l’entourage qui pourrait induire le nouveau bachelier en erreur. Rappelons que la session principale de l’orientation universitaire 2026 se déroulera du 27 juillet au 3 août ; les résultats seront publiés le 7 août 2026. Bonne chance à tous !

Hechmi KHALLADI



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Tunisie-COMESA :  L’intégration régionale, levier de repositionnement géostratégique dans une Afrique en mutation

Von: tmps
04. Juli 2026 um 08:26

Par Mondher AFI

La rencontre tenue le 30 juin 2026 à Tunis entre le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, et la Secrétaire générale du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), Chileshe Mpundu Kapwepwe, intervient dans un contexte où la politique étrangère tunisienne accorde une attention croissante à son environnement africain. Cette dynamique s’inscrit dans les orientations générales de l’État définies par le Président de la République, Kaïs Saïed, qui placent la diversification des partenariats et le renforcement de la présence tunisienne en Afrique parmi les axes de l’action extérieure.

Toutefois, réduire cette rencontre à une séquence protocolaire constituerait une lecture incomplète de ses véritables enjeux. Elle traduit une évolution plus profonde des logiques diplomatiques contemporaines, où les organisations régionales ne sont plus seulement des cadres institutionnels de coopération, mais deviennent des instruments de puissance, de résilience économique et de projection stratégique. Dans un système international marqué par la fragmentation des chaînes de valeur, la rivalité croissante entre les grandes puissances et la régionalisation des échanges, les communautés économiques africaines apparaissent désormais comme des espaces de sécurisation des intérêts économiques autant que des vecteurs de stabilité politique. Comme le souligne Yves Lacoste : «La géographie, cela sert d’abord à faire la guerre.»

Au-delà de sa formulation devenue classique, cette réflexion rappelle que l’espace constitue avant tout un facteur de puissance. Dans le contexte actuel, cette puissance ne s’exprime plus uniquement par les moyens militaires, elle repose également sur la capacité des États à organiser les flux commerciaux, les infrastructures, les réseaux numériques et les corridors logistiques.

L’évolution du COMESA illustre parfaitement les transformations que connaît aujourd’hui l’intégration africaine. Initialement conçu comme un mécanisme destiné à favoriser les échanges commerciaux entre ses membres, il s’est progressivement affirmé comme un acteur majeur de la gouvernance économique régionale.

Avec plus de six cents millions d’habitants, représentant près d’un tiers de la population africaine, le COMESA constitue désormais un marché d’une ampleur considérable, mais surtout un espace d’expérimentation de nouvelles politiques publiques en matière d’intégration économique. L’organisation développe simultanément des mécanismes de facilitation du commerce, des programmes d’interconnexion des infrastructures, des plateformes numériques de paiement, des stratégies industrielles régionales et des politiques communes en matière énergétique.

Cette mutation traduit un changement de paradigme. L’intégration économique ne consiste plus uniquement à réduire les barrières douanières, elle vise désormais à construire un espace de production intégré, capable de renforcer la compétitivité du continent face aux grands pôles économiques mondiaux.

À cet égard, la pensée de Jean Monnet conserve toute son actualité : «Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions.»

Le COMESA illustre précisément cette idée selon laquelle les institutions régionales deviennent des multiplicateurs de puissance collective lorsqu’elles sont capables d’organiser des politiques communes de long terme.

 

La géoéconomie au cœur de la nouvelle diplomatie africaine

L’un des enseignements majeurs de cette rencontre réside dans la place accordée aux infrastructures physiques et numériques. Les discussions ont porté sur le développement des liaisons maritimes, l’amélioration des corridors commerciaux, la modernisation des infrastructures frontalières, la facilitation de la circulation des opérateurs économiques ainsi que sur la création de nouvelles plateformes numériques destinées à fluidifier les échanges.

Ces priorités traduisent une transformation profonde des rapports de puissance.

Les ports, les réseaux ferroviaires, les plateformes logistiques, les systèmes numériques de paiement et les câbles de télécommunications constituent désormais des infrastructures stratégiques comparables aux ressources énergétiques ou aux capacités industrielles du siècle précédent.

Autrement dit, la compétition internationale tend progressivement à se déplacer du champ militaire vers celui des échanges économiques, des investissements, des technologies et de la maîtrise des flux commerciaux. Dans cette perspective, les infrastructures ne sont plus seulement des équipements, elles deviennent des instruments de souveraineté économique.

 

La connectivité régionale : une nouvelle architecture de la puissance

L’engagement tunisien en faveur du renforcement des connexions maritimes avec les États membres du COMESA mérite une attention particulière.

Dans les approches contemporaines des relations internationales, la connectivité constitue l’un des principaux indicateurs de la capacité d’un État à s’insérer dans les réseaux mondiaux de production. Plus un territoire est connecté, plus il attire les investissements, facilite les exportations et réduit les coûts logistiques.

Cette logique rejoint les analyses du géographe britannique Peter Taylor, selon lesquelles la mondialisation ne supprime pas les territoires, elle les réorganise autour des réseaux.

Ainsi, les routes commerciales, les plateformes portuaires, les hubs logistiques et les infrastructures numériques deviennent les véritables nœuds de la puissance économique mondiale.

Dans cette perspective, la Tunisie cherche à consolider sa position d’interface entre l’espace méditerranéen, l’Afrique subsaharienne et les marchés européens, en mobilisant sa proximité géographique, son expertise technique et ses infrastructures portuaires.

 

Le numérique comme facteur d’intégration régionale

Les références répétées au commerce électronique, à la gouvernance numérique, aux systèmes régionaux de paiement et à l’intelligence artificielle responsable témoignent d’une évolution significative des priorités africaines.

L’économie numérique modifie profondément les mécanismes traditionnels de l’intégration régionale. Les barrières géographiques perdent progressivement de leur importance au profit des infrastructures digitales, des données, des plateformes de paiement et des normes technologiques communes.

Selon Manuel Castells, «le pouvoir réside dans les réseaux qui organisent les flux d’information.» Cette observation trouve aujourd’hui une traduction concrète dans les politiques du COMESA. La compétitivité ne dépend plus uniquement de la production industrielle mais également de la capacité à maîtriser les flux numériques, les paiements électroniques et les échanges de données.

 

L’énergie, la sécurité alimentaire et les nouvelles interdépendances stratégiques

La coopération envisagée dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture intelligente et de la sécurité alimentaire traduit une vision stratégique qui dépasse le cadre des relations économiques classiques pour répondre aux nouveaux déterminants de la puissance et de la résilience des États. Face à la multiplication des crises géopolitiques, climatiques et économiques, les politiques de développement s’articulent désormais autour de trois impératifs majeurs : la transition énergétique, la souveraineté alimentaire et la sécurisation des approvisionnements stratégiques.

Les perturbations des marchés de l’énergie, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les effets croissants du changement climatique ont mis en évidence la nécessité de renforcer l’autonomie des économies nationales. Dans ce contexte, la sécurité énergétique et la résilience alimentaire sont devenues des composantes essentielles de la sécurité nationale et du développement durable.

Cette évolution explique l’accélération des investissements dans les énergies propres. De nombreux États diversifient aujourd’hui leur mix énergétique en développant les énergies renouvelables, le gaz naturel comme énergie de transition, les carburants à faible émission de carbone et l’hydrogène vert. Cette stratégie répond à la fois aux exigences climatiques et à la recherche d’une plus grande autonomie stratégique, tout en s’inscrivant dans la dynamique internationale de transition vers des modèles énergétiques plus durables.

Parallèlement, l’intégration entre transition énergétique, agriculture intelligente et sécurité alimentaire s’impose comme un levier majeur de résilience. Les innovations technologiques, l’optimisation de la gestion des ressources naturelles et la modernisation des systèmes agricoles permettent d’améliorer la productivité tout en renforçant la capacité des États à faire face aux chocs économiques et environnementaux.

Ainsi, la coopération dans ces secteurs stratégiques dépasse la simple logique de développement sectoriel. Elle participe à l’émergence d’un modèle de croissance fondé sur l’innovation, la durabilité et la résilience, où sécurité énergétique, souveraineté alimentaire et compétitivité économique constituent désormais des dimensions indissociables des stratégies contemporaines de développement.

Comme l’affirme Joseph Nye : «L’intégration régionale apparaît ainsi comme un mécanisme permettant de réduire les vulnérabilités extérieures tout en renforçant l’autonomie stratégique des États africains.»

 

La diplomatie des compétences : un nouveau registre de l’influence

L’offre tunisienne de partager son expertise dans les domaines de la formation, de la gouvernance, de la numérisation ou des infrastructures traduit une évolution qualitative de son action diplomatique.

L’influence internationale ne repose plus exclusivement sur les ressources financières ou militaires, elle dépend également de la capacité à diffuser des compétences, des normes administratives, des savoir-faire techniques et des modèles institutionnels.

Cette approche rejoint les travaux de Joseph Schumpeter : «L’innovation est le moteur fondamental du développement économique.»

Le transfert de connaissances devient ainsi un facteur d’influence durable, particulièrement dans les espaces régionaux en pleine transformation.

 

Une gouvernance régionale fondée sur la confiance institutionnelle

L’annonce de la création d’une commission mixte chargée d’assurer le suivi des engagements constitue probablement l’un des résultats les plus significatifs de cette rencontre.

Dans les processus d’intégration régionale, les mécanismes permanents de coordination sont souvent plus déterminants que les déclarations politiques elles-mêmes. Ils permettent d’assurer la continuité des projets, de mesurer les progrès réalisés et de réduire les coûts institutionnels de la coopération.

Cette démarche traduit une évolution vers une gouvernance davantage fondée sur l’évaluation, la planification et la coordination technique.

Dans cette perspective, les engagements exprimés par la partie tunisienne s’inscrivent dans la continuité des orientations de politique étrangère définies au niveau de l’État sous l’autorité du Président de la République, Kaïs Saïed, notamment en ce qui concerne le développement des partenariats africains et le renforcement de la présence tunisienne dans les organisations régionales.

La visite de la Secrétaire générale du COMESA à Tunis revêt une portée qui dépasse largement le cadre d’un échange diplomatique ordinaire. Elle s’inscrit dans une dynamique continentale marquée par la montée en puissance des organisations régionales comme acteurs centraux de l’intégration économique, de la coordination des politiques publiques et du renforcement de la résilience des États africains face aux mutations de l’environnement international. Dans un contexte où les défis liés à la sécurité alimentaire, à la transition énergétique, à la transformation numérique et aux changements climatiques se multiplient, les espaces régionaux deviennent des plateformes privilégiées pour mutualiser les ressources, développer des infrastructures intégrées et favoriser les investissements.

Le renforcement de la coopération entre la Tunisie et le COMESA s’inscrit pleinement dans cette évolution. Il ouvre des perspectives nouvelles dans les domaines du commerce, de la connectivité, des énergies renouvelables, de l’innovation, des systèmes de paiement régionaux et de la mobilité des compétences. Au-delà de la coopération institutionnelle, ce partenariat participe à la recomposition de la géoéconomie africaine, où l’intégration régionale s’affirme progressivement comme un levier essentiel de compétitivité, de souveraineté économique et de développement durable.



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Vers une Tunisie 100% énergie renouvelable : réalité ou utopie ?

Von: tmps
02. Juli 2026 um 10:15

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

La question de la transition énergétique en Tunisie dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple débat technique. Elle touche directement à la souveraineté du pays, à sa stabilité économique et à sa capacité à s’adapter aux bouleversements climatiques mondiaux. Dans un contexte où la planète entière accélère sa mutation vers des systèmes énergétiques décarbonés, la Tunisie se trouve face à une équation complexe : comment réduire une dépendance encore forte aux énergies fossiles tout en exploitant un potentiel naturel exceptionnel en solaire et en éolien?

L’idée d’une Tunisie alimentée à 100% par des énergies renouvelables suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme. Enthousiasme, car le pays bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés du bassin méditerranéen, estimé entre 2.800 et 3.200 heures par an selon les régions. Scepticisme, car la réalité énergétique actuelle reste dominée par le gaz naturel, qui représente plus de 90% de la production électrique nationale, dont une part importante est importée. Entre ces deux extrêmes, la transition s’impose comme un chemin long, exigeant et progressif.

Une dépendance énergétique structurelle lourde à transformer

La Tunisie consomme chaque année environ 8 à 10 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), dont une part importante est couverte par des importations énergétiques. Cette dépendance dépasse parfois 50% de la consommation nationale, selon les années et la production locale de gaz. Cette situation fragilise directement l’économie nationale, notamment à travers la pression sur les réserves en devises.

La production d’électricité repose majoritairement sur le gaz naturel, avec une contribution marginale des énergies renouvelables qui reste encore inférieure à 10-12% du mix électrique, malgré les objectifs officiels plus ambitieux fixés pour la prochaine décennie. Cette lente progression montre l’écart entre les stratégies annoncées et leur mise en œuvre réelle.

Le coût énergétique constitue également un fardeau important. Les subventions publiques à l’énergie représentent plusieurs centaines de millions de dinars par an, ce qui limite la capacité de l’État à investir massivement dans les infrastructures vertes. Ainsi, la transition énergétique ne peut être dissociée de la question plus large de la réforme économique.

Un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés de la région

La Tunisie possède pourtant un avantage naturel indéniable. Le potentiel solaire exploitable est estimé à plus de 60.000 MW, alors que la capacité installée actuelle reste largement inférieure, autour de quelques centaines de mégawatts seulement. Cela signifie que moins de 5% du potentiel solaire est aujourd’hui exploité, ce qui révèle un écart considérable entre ressources disponibles et valorisation réelle.

Dans certaines régions du Sud tunisien, l’irradiation solaire dépasse les 2.200 kWh/m²/an, un niveau comparable à certaines zones du désert du Sahara considérées comme idéales pour les mégaprojets solaires. Par ailleurs, le potentiel éolien est également significatif, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud du pays, avec des vitesses moyennes de vent dépassant 7 m/s dans certaines zones favorables.

Des projets comme les centrales solaires de Tozeur ou les parcs éoliens de Bizerte et de Sidi Daoud montrent que la transition est techniquement possible. Cependant, leur capacité cumulée reste encore insuffisante pour transformer profondément le mix énergétique national.

Les freins économiques, techniques et institutionnels

Malgré ce potentiel, plusieurs obstacles ralentissent fortement la transition. Le premier est économique. Les investissements nécessaires pour atteindre une transition énergétique significative sont estimés à plusieurs milliards de dollars sur les prochaines décennies. À titre d’exemple, le développement d’un parc solaire de 1 GW peut nécessiter entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars, selon la technologie utilisée.

Le deuxième frein est technique. L’intermittence des énergies renouvelables impose la mise en place de systèmes de stockage avancés. Or, les capacités de stockage en Tunisie restent encore limitées, ce qui oblige à maintenir une forte dépendance aux centrales thermiques pour stabiliser le réseau électrique.

Le troisième frein est institutionnel. Les procédures administratives, la complexité des autorisations et le manque de coordination entre les acteurs publics et privés ralentissent l’exécution des projets. Même si des réformes ont été engagées, le rythme de mise en œuvre reste inférieur aux besoins réels de la transition.

Enfin, le réseau électrique national nécessite une modernisation importante. Les pertes techniques et non techniques peuvent atteindre jusqu’à 15% de l’électricité produite, ce qui représente un gaspillage significatif et réduit l’efficacité globale du système énergétique.

Vers une transition progressive plutôt qu’une rupture totale

Face à ces contraintes, l’idée d’une Tunisie 100% énergie renouvelable à court terme apparaît difficilement réalisable. Aucun pays au monde n’a encore atteint une indépendance totale en énergies fossiles à grande échelle, même parmi les nations les plus avancées dans ce domaine.

Cependant, la Tunisie peut viser un objectif plus réaliste et stratégique : atteindre une part de 35 à 40% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2035, comme le suggèrent certaines stratégies nationales. Une telle évolution permettrait déjà une réduction significative des émissions de CO₂ et de la dépendance énergétique extérieure.

La transition doit également s’accompagner d’une transformation des usages. Le secteur du transport, par exemple, représente près de 30% de la consommation énergétique finale, et constitue donc un levier majeur de décarbonation. Le développement des véhicules électriques, encore marginal aujourd’hui, pourrait jouer un rôle clé dans cette évolution.

Sur le plan économique, la transition énergétique représente aussi une opportunité de création d’emplois. Selon certaines estimations internationales, chaque mégawatt installé dans les énergies renouvelables génère entre 5 et 10 emplois directs et indirects, ce qui pourrait dynamiser le marché du travail tunisien.

Ainsi, la question initiale -réalité ou utopie- trouve une réponse nuancée. Une Tunisie 100% renouvelable dans un avenir proche reste un objectif extrêmement ambitieux. Mais une Tunisie en transition rapide, exploitant progressivement son potentiel solaire et éolien, est non seulement possible, mais nécessaire.

La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si cet objectif est atteignable immédiatement, mais plutôt de déterminer à quelle vitesse la Tunisie est prête à transformer son modèle énergétique. Car dans ce domaine, le retard n’est pas seulement technique, il est aussi stratégique, économique et environnemental.

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Les salles de sport en plein essor : simple effet de mode ou véritable changement de mode de vie ?

Von: tmps
02. Juli 2026 um 09:26

Pendant longtemps, les salles de sport étaient principalement fréquentées par des passionnés de musculation ou des sportifs confirmés. Aujourd’hui, leur public s’est considérablement diversifié. Étudiants, cadres, retraités, femmes au foyer ou encore adolescents franchissent désormais les portes des clubs de fitness avec des objectifs très variés. Certains souhaitent perdre du poids, d’autres améliorer leur condition physique, réduire leur stress ou simplement adopter un mode de vie plus sain. Cette évolution s’observe également en Tunisie, où de nombreuses salles ouvrent leurs portes chaque année et où les abonnements connaissent une demande croissante. Cette popularité traduit-elle un simple phénomène de mode ou annonce-t-elle un changement durable des habitudes de vie ?

Une nouvelle culture du bien-être

La pratique sportive n’est plus seulement associée à la recherche d’un physique parfait. Depuis plusieurs années, les professionnels de la santé rappellent les nombreux bénéfices d’une activité physique régulière sur l’organisme. Le sport contribue à prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité et certaines pathologies chroniques. Il améliore également le sommeil, réduit le stress, diminue les symptômes de l’anxiété et favorise une meilleure santé mentale. Cette prise de conscience s’est largement diffusée grâce aux campagnes de prévention, aux réseaux sociaux et à la multiplication des contenus consacrés au bien-être. Les coachs sportifs, les nutritionnistes et les médecins insistent désormais davantage sur l’importance d’intégrer l’exercice physique dans le quotidien plutôt que de rechercher uniquement des performances sportives ou esthétiques. En Tunisie, cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes actifs, souvent confrontés à un mode de vie sédentaire marqué par de longues heures passées devant un ordinateur. Après une journée de travail, la salle de sport apparaît comme un moyen de se défouler, de retrouver de l’énergie et de préserver sa santé.

Des salles qui se réinventent pour séduire un public plus large

Face à cette demande croissante, les salles de sport ont profondément transformé leur offre. Les établissements ne proposent plus uniquement des appareils de musculation. Les cours collectifs occupent désormais une place centrale avec des disciplines variées comme le yoga, le Pilates, le cycling, le CrossFit, la danse fitness, les entraînements fonctionnels ou encore les séances de renforcement musculaire adaptées à tous les niveaux. Certaines salles vont plus loin en proposant un accompagnement global. Bilans corporels, programmes nutritionnels, coaching personnalisé, applications mobiles de suivi des performances et espaces de récupération permettent aux adhérents de bénéficier d’un encadrement complet. Les femmes représentent aujourd’hui une part importante de cette clientèle. Beaucoup recherchent un environnement rassurant où elles peuvent pratiquer une activité physique adaptée à leurs objectifs, qu’il s’agisse de remise en forme, de tonification musculaire ou simplement de bien-être. Plusieurs établissements proposent d’ailleurs des espaces réservés aux femmes ou des cours spécialement conçus pour elles.

Les réseaux sociaux, moteur de motivation mais aussi de pression

Impossible d’évoquer le succès des salles de sport sans parler de l’influence des réseaux sociaux. Ces derniers regorgent de vidéos d’entraînement, de conseils nutritionnels et de transformations physiques spectaculaires. Les influenceurs spécialisés dans le fitness partagent quotidiennement leurs séances et encouragent leurs abonnés à adopter un mode de vie plus actif. Cette visibilité contribue incontestablement à démocratiser la pratique sportive. Beaucoup de personnes franchissent le pas après avoir découvert des exercices accessibles ou des témoignages inspirants. Les salles de sport elles-mêmes utilisent les réseaux sociaux pour présenter leurs installations, promouvoir leurs offres ou mettre en avant les réussites de leurs adhérents. Cependant, cette exposition permanente peut aussi générer une certaine pression. Les images de corps parfaitement sculptés ou les défis sportifs parfois irréalistes peuvent décourager certaines personnes qui comparent leurs résultats à ceux affichés en ligne. Les spécialistes rappellent pourtant que chaque individu évolue à son propre rythme et que la priorité reste la santé plutôt que la recherche d’un idéal esthétique.

Une pratique qui résiste malgré les contraintes économiques

Le contexte économique actuel pourrait laisser penser que les dépenses consacrées au sport seraient les premières à être supprimées du budget des ménages. Pourtant, de nombreux adhérents choisissent de maintenir leur abonnement malgré l’augmentation du coût de la vie. Cette fidélité s’explique en partie par le fait que la salle de sport est désormais perçue comme un investissement dans la santé plutôt qu’une simple activité de loisirs. Beaucoup considèrent qu’une activité physique régulière permet de prévenir certains problèmes médicaux et d’améliorer durablement leur qualité de vie. Les établissements se sont également adaptés en proposant des abonnements plus flexibles, des forfaits mensuels ou encore des promotions saisonnières afin de toucher un public plus large. Cette diversification de l’offre contribue à maintenir l’attractivité du secteur malgré les difficultés économiques.

Un changement qui semble s’installer durablement

Si certaines personnes s’inscrivent encore dans les salles de sport par effet de mode ou à l’approche de l’été, la tendance générale semble beaucoup plus profonde. Les habitudes évoluent progressivement vers une meilleure prise en compte de la santé physique et mentale. Le sport s’intègre désormais dans le quotidien au même titre qu’une alimentation équilibrée ou qu’un sommeil de qualité. Les entreprises encouragent également cette évolution en mettant en place des programmes de bien-être pour leurs salariés, tandis que les professionnels de santé recommandent de plus en plus souvent une activité physique régulière comme complément aux traitements médicaux.

En Tunisie, cette dynamique devrait continuer à se développer avec l’arrivée de nouveaux concepts, l’ouverture de salles plus spécialisées et l’intérêt grandissant des jeunes générations pour le bien-être. Le défi sera désormais de rendre cette pratique accessible au plus grand nombre, notamment dans les régions où les infrastructures restent insuffisantes. L’essor actuel des salles de sport ne semble donc pas être un simple phénomène passager. Il reflète une évolution plus profonde des mentalités, où prendre soin de sa santé devient une priorité. Si l’esthétique continue de motiver une partie des pratiquants, elle n’est plus la seule raison qui pousse les Tunisiens à enfiler leurs baskets. La recherche d’un meilleur équilibre de vie, d’une meilleure condition physique et d’un bien-être durable apparaît désormais comme le véritable moteur de cette transformation. Si cette dynamique se confirme dans les années à venir, les salles de sport pourraient devenir, au même titre que les centres de santé ou les espaces culturels, des lieux incontournables du quotidien.

Leila SELMI

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« Chants du Troubadour Eloquent », nouveau recueil de Jalal El Mokh

Von: farhat
01. Juli 2026 um 19:20

« Chants du Troubadour Eloquent » est l’un des derniers recueils de poésie parus en juin 2025 aux Editions « Dar Al Thakafia » Rappelons que Jalal El Mokh, poète et écrivain prolifique, a à son actif plus d’une cinquantaine de livres écrits dans les deux langues (arabe, français) et dans des genres différents (poésie, roman, essai, traduction)

Ce recueil de poésie est une œuvre où les poèmes sont organisés de manière chronologique, chaque poème correspondant à un jour précis, et tous écrits au cours d’un seul mois (mars 2025). Ce type de structure nous donne une dimension intime et temporelle à l’œuvre, comme si nous étions en train de lire le journal intime du poète, nous permettant ainsi de suivre l’évolution des pensées, des émotions ou des événements du poète jour après jour. En effet, ce caractère quotidien peut créer une proximité avec le poète, comme un partage intime.

Ce type de recueil, caractérisé par la progression jour par jour, crée un rythme régulier et une continuité narrative et émotionnelle. Le lecteur peut percevoir les changements d’humeur, d’inspiration ou de contexte au fil des jours, sachant que les thèmes abordés sont multiples et variés. Ecrire un poème par jour pendant un mois est un défi créatif qui suppose une imagination débordante et fertile et une inspiration intarissable de la part du poète. Cela reflète aussi une période intense de création vécue par le poète, liée à ce mois (mars 2025).

Cette structure aura certainement un effet sur le lecteur qui s’invite à une lecture séquentielle, jour après jour, pour ressentir la progression. Mais elle peut aussi permettre une lecture fragmentée, où chaque poème est une unité autonome et où les thèmes sont variés (personnels, lyriques, sociaux, existentiels…)

Il n’est pas possible ici d’analyser tous les poèmes de ces recueils ; nous nous bornerons à en citer seulement trois parmi les treize poèmes qui constitue le recueil..

Le poème d’ouverture s’intitule « Mort clinique », dont le thème central est la perte temporaire de l’inspiration poétique, mais suivie d’une renaissance créative. Le poème explore la crise de la création poétique, symbolisée par une « mort clinique », une métaphore forte qui évoque un état d’arrêt, d’inaction, voire de paralysie intérieure. Le poète se sent incapable d’écrire, dénué de toute inspiration, comme s’il était « mort » à sa propre créativité. Cette image traduit une souffrance profonde, un vide existentiel où la parole poétique semble impossible. Mais le poème se termine sur une note d’espoir, avec la renaissance de la verve poétique, la réapparition de la flamme créatrice. Ainsi « la mort clinique » de l’inspiration finit une résurrection poétique. Le poème « Mort clinique » est une méditation profonde sur la crise créative et la puissance de la renaissance poétique. Sa structure chronologique, ses images fortes et son ton contrasté permettent au lecteur de ressentir intensément ce combat intérieur, et d’en sortir avec un sentiment d’espoir et de renouvellement.

Le poème « Face à la mer » (P : 11) évoque un souvenir que le poète garde de la mer d’Hammam-Lif, sa ville natale. Ce poème explore un thème universel et profondément humain : la mémoire du passé et la nostalgie qui en découle. La mer, vaste et intemporelle, devient un miroir où le poète projette ses souvenirs, ses émotions anciennes, et la mélancolie liée au temps qui passe. Face à la mer, le poète se retrouve dans un espace propice à la réflexion, à la remémoration. La mer agit comme un pont entre les souvenirs enfouis et la conscience actuelle. « Face à la mer » est un poème qui mêle habilement souvenirs personnels et symboles universels pour exprimer la nostalgie. Par sa structure, ses images et son ton, il invite le lecteur à une méditation sur le temps qui passe, la mémoire et la beauté fragile des instants vécus. La mer, omniprésente, devient le témoin silencieux de cette émotion profonde.

Le dernier poème porte le même titre que celui du recueil : « Chants du troubadour Eloquent » (P : 108). Dans ce poème, l’auteur prend la défense du troubadour, non en tant que chanteur ambulant du Moyen-Âge qui chantait l’amour courtois ; mais en tant qu’un chanteur qui critique le pouvoir en place par ses chants, à travers ses chansons satiriques ou sa poésie engagée. En effet, il met l’accent sur ces troubadours qui composaient des œuvres souvent destinées à la cour, non pour les glorifier et les encenser, mais aussi pour exprimer des critiques sociales et politiques pour ébranler la cour royale et tous les courtisans, généralement formés de profiteurs, de vils flatteurs et de lèche-bottes.

Hechmi KHALLADI

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Avec les canicules attendues et un El Niñotoujours aussi menaçant : il fera encore plus chaud cet été

Von: tmps
01. Juli 2026 um 10:18

C’est le bulletin saisonnier publié par l’INM qui le révèle. En Tunisie, on s’attend à un été torride avec des températures plus chaudes que les normales saisonnières pour la saison juillet-août-septembre 2026 et un risque sérieux de voir le phénomène El Niño faire son apparition…

D’après ce bulletin émis par l’Institut national de la météorologie, la saison estivale (juillet-août-septembre) correspond normalement à la période la plus chaude de l’année en Tunisie. Elle est caractérisée par des températures élevées sur l’ensemble du territoire, particulièrement dans les régions du Centre et du Sud. Quant aux précipitations, elles sont irrégulières et généralement faibles.

Selon les normales climatologiques de référence (de 1991 à 2020), les températures moyennes saisonnières varient entre 25,5°C et 27,5°C dans le Nord du pays et les régions côtières, et entre 27°C et 32°C dans les régions du Centre et du Sud. Les températures les plus basses sont observées à Thala, où les moyennes saisonnières sont de l’ordre de 24°C.

Quant à la pluviométrie, le scénario d’une légère augmentation des précipitations par rapport aux normales pour la saison juillet-août-septembre 2026 est privilégiée sur la Tunisie. Toutefois, les variations régionales demeurent possibles en raison de la forte variabilité spatio-temporelle des précipitations estivales.

Les cumuls saisonniers pour la période en question varient globalement entre 59 et 99 mm dans les régions du Nord, entre 41 et 81 mm dans le Centre du pays et deviennent inférieurs à 34 mm dans la plupart des régions du Sud, avec des valeurs inférieures à 10 mm dans l’extrême Sud.

Juillet 2026 : le mois le plus sec de la saison

Les températures moyennes normales de ce mois varient généralement entre 26°C et 30°C dans le Nord et le Centre, et entre 28°C et 33°C dans le Sud. Juillet constitue le mois le plus sec de la saison. Les cumuls des précipitations dépassent rarement 15 mm dans le Nord et le Centre, tandis qu’elles sont presque nulles dans le Sud.

Août 2026 : augmentation sensible des précipitations

Les températures moyennes normales du mois, calculées sur la période de référence 1991-2020, varient entre 25°C et 30°C au Nord et au Centre, et entre 27°C et 33°C dans le Sud du pays. Le mois d’août enregistre une augmentation sensible des précipitations sur plusieurs régions du pays par rapport au mois de juillet. Les cumuls pluviométriques normaux, qui varient entre 15 et 30 mm sur les régions ouest du Nord et du Centre, demeurent inférieurs à 8 mm dans les régions du Sud et dépassent rarement 18 mm dans le reste du territoire.

Septembre 2026 : épisodes orageux de fin d’été

Les températures moyennes climatologiques de septembre, calculées sur la période de référence 1991-2020, oscillent entre 21°C et 27°C sur les régions du Nord et du Centre, et entre 26°C et 29°C dans le Sud du pays. Les précipitations augmentent par rapport aux mois précédents sous l’effet des épisodes orageux de fin d’été. Les cumuls pluviométriques normaux varient généralement entre 38 et 80 mm au Nord et au Centre, alors qu’ils restent plus modestes dans le Sud de la Tunisie, où ils se situent entre 9 et 34 mm.

Comme on le constate, le bulletin évoque une météo estivale ordinaire, mais avec ce qui se passe actuellement, chez nous comme dans la plupart des pays européens, les moyennes citées pourraient bien sauter de manière plus qu’inquiétante car, avec des températures qui avoisinent les 40 degrés en juin, on doit s’attendre au pire durant les mois de juillet et d’août 2026.

Ainsi, les prévisions météo pour la Tunisie en juillet 2026 annoncent, selon certains spécialistes, un temps caniculaire très sec et ensoleillé sur l’ensemble du territoire. Les températures devraient dépasser les normales de saison, avec des moyennes oscillant entre 26°C et 30°C au Nord et au Centre, et pouvant grimper de 33°C à plus de 40°C dans le Sud et à l’intérieur des terres.

Le climat se décline selon les spécificités régionales suivantes :

Régions côtières et Nord (Tunis, Bizerte, Sousse, Djerba) : les températures maximales restent généralement comprises entre 33°C et 36°C. Une brise marine viendra atténuer la sensation de chaleur, avec une température de l’eau idéale pour la baignade (environ 25°C).

Régions intérieures et Sud (Kairouan, Tozeur) : le thermomètre franchira fréquemment la barre des 40°C. Une chaleur étouffante est à prévoir, nécessitant une bonne hydratation et une protection adaptée.

Précipitations : le temps sera quasi désertique. Il ne pleut pratiquement jamais en juillet, avec une moyenne de zéro à un jour de pluie sur l’ensemble du mois.

El Niño risque de s’inviter !

Pour l’été 2026, les prévisions confirment le développement officiel d’un nouvel épisode du redoutable El Niño. Ce phénomène entraîne un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial qui, en se superposant au changement climatique, menace de faire de 2026-2027 l’une des périodes les plus chaudes jamais enregistrées.

Pour ce qui est des prévisions, les modèles climatiques de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) prévoient une montée en puissance continue du phénomène tout au long de la saison, avec un risque accru d’épisodes caniculaires durables. En Europe et en Afrique du Nord, l’été se caractérise par des températures supérieures à la normale et des vagues de chaleur prolongées.

Qu’en sera-t-il pour la Tunisie ?

Notre pays, comme ceux du bassin méditerranéen, fait face à des risques climatiques accrus en raison de l’intensité de ce phénomène, considéré comme l’un des plus puissants des dernières décennies. Ainsifaut-il s’attendre à des vagues de chaleur plus longues et plus intenses que la normale, avec des températures locales dépassant souvent les moyennes saisonnières, assorties de nuits caniculaires.

Kamel ZAIEM

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