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Snapshot : Passage Garibaldi au cœur de Tunis

04. Juni 2026 um 11:28

Je n’ai oublié ni la place ni le passage Garibaldi dont une plaque émaillée continue à signaler la présence feutrée. Arpenter le passage en jetant un coup d’œil subreptice aux portes des immeubles.

Aller jusqu’au bout du passage qui finit en impasse puis revenir sur la place Garibaldi et se souvenir de la rue de Rome, du lycée italien et des dizaines de boutiques où tailleurs, coiffeurs et chapeliers gagnaient leur vie.

Chaque fragment compte, chaque pièce s’emboîte avec une autre, chaque bribe de mémoire est signifiante. Je rassemble des lambeaux de sens, des scories du temps.

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Trump à Netanyahou : « Tu es cinglé, tout le monde te déteste »

03. Juni 2026 um 10:35

La tension diplomatique entre Israël et les États-Unis est montée d’un cran suite à un échange téléphonique houleux durant lequel Donald Trump aurait remonté les bretelles à Netanyahou au sujet des frappes au Liban, et notamment à Beyrouth.

 

C’est dans son langage fleuri que Donald Trump s’en est pris d’une manière violente à Benyamin Netanyahou, sans doute le dirigeant étranger le plus proche de lui. Invité à sept reprises à la Maison Blanche, le Premier ministre israélien appartient presque au premier cercle du président américain. Un lien forgé par des années de convergence politique, d’affinités idéologiques et de relations personnelles étroites.

« T’es complètement cinglé » 

Ainsi, le site américain Axios a rapporté, lundi 1er juin, une conversation téléphonique houleuse entre le président des Etats-Unis et le Premier ministre israélien. Citant un officiel américain, le média affirme que Donald Trump a vu rouge en constatant que Benyamin Netanyahou souhaitait bombarder Beyrouth, dans le cadre de l’offensive de l’armée israélienne contre le Hezbollah

« T’es complètement cinglé ! Qu’est-ce que tu fous ? Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », lui aurait lancé le milliardaire républicain, faisant référence au procès pour corruption visant le Premier ministre israélien depuis 2020.

Ce n’est pas la première fois que les échanges entre les deux dirigeants sont houleux. Le 19 mai dernier, ils avaient échangé au sujet d’un possible accord avec l’Iran lors d’un entretien téléphonique décrit comme particulièrement difficile. Selon une source citée par Axios, « Netanyahou était rouge de colère ». Le média rapporte également que Donald Trump aurait déclaré au cours de cette conversation que Benyamin Netanyahou « fera tout ce que je lui demanderai de faire » en ce qui concerne les décisions relatives à l’Iran.

L’équation libanaise

Étonnante remontrance adressée au dirigeant israélien, lui qui a su convaincre Donald Trump de s’engager dans le bourbier d’un conflit aux conséquences incertaines avec l’Iran.

Que lui reproche-t-il aujourd’hui ? De mener au Liban une offensive militaire devenue difficile à maîtriser contre la milice chiite du Hezbollah, officiellement pour assurer la sécurité des Israéliens vivant à proximité de la frontière libanaise. Depuis le 2 mars dernier, ces frappes ont fait quelque 3 400 victimes côté libanais et coûté la vie à 27 soldats israéliens. Elles ont également eu pour effet de compromettre les négociations avec l’Iran visant à mettre un terme à une guerre qui aura ébranlé l’économie mondiale et qui, localement, risque de faire perdre la majorité au locataire de la Maison Blanche alors que élections de mi-mandat approchent dans un climat économique tendu.

« A quelques mois des élections de mi-mandat, le timing n’est pas bon pour le républicain qui avait promis la destruction rapide du régime iranien », explique un analyste politique. Tout en ajoutant que « le président américain semble s’être fait avoir par la rhétorique de Netanyahou. Là où il pensait faire un bon coup géopolitique, il se retrouve embourbé dans une situation pire qu’avant avec le détroit d’Ormuz fermé, les prix de l’essence toujours aussi hauts et des mauvais sondages ».

Or le front libanais cristallise l’un des points majeurs de crispations dans les discussions : Téhéran refuse de signer tout accord avec les Américains tant que les hostilités israéliennes contre le Hezbollah libanais ne s’arrêtent pas.

Et c’est dans ce contexte explosif que Donald Trump a été contraint d’endosser le rôle de pompier. Alors que le Premier ministre israélien menaçait, le 1er juin, de frapper la banlieue sud de Beyrouth, le président américain est intervenu en urgence en annonçant sur son réseau Truth Social un cessez-le-feu, coupant court à l’opération envisagée contre la capitale libanaise. Cette intervention n’a toutefois pas infléchi la détermination de Benyamin Netanyahou, qui a aussitôt réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations militaires dans le sud du Liban, où plusieurs frappes ont encore été menées lundi 1er et mardi 2 juin.

Surenchère

Au risque de défier « le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche » ? Sous la pression de l’aile la plus radicale de sa coalition, farouchement opposée à toute ingérence américaine dans le dossier libanais, Benyamin Netanyahou ne paraît pas disposé à céder aux injonctions de Donald Trump sur le dossier libanais.

« C’est le moment de dire non à notre ami, le président Trump », a ainsi lancé le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, figure de l’extrême droite nationaliste. Cette surenchère intervient alors qu’une nouvelle session de pourparlers entre Israël et le Liban s’est tenue à Washington, le 2 juin. Dans le même temps, le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense, Israël Katz, affichent des ambitions croissantes au Liban, envisageant d’étendre la zone d’influence israélienne jusqu’au fleuve Zahrani, situé à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Se tenir par la barbichette

Alors, s’agit-il d’un simple accroc diplomatique ou du début d’une rupture durable entre Donald Trump et le sulfureux dirigeant israélien ? À ce stade, il s’agirait davantage d’un regain de tensions entre deux alliés stratégiques que d’un véritable divorce. Car malgré leurs divergences ponctuelles, les liens qui unissent Washington et Tel-Aviv demeurent profonds : Israël reste largement tributaire du soutien militaire et financier américain; tandis que les États-Unis continuent de considérer l’État hébreu comme son bras armé au Proche-Orient.

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Snapshot : Sidi Bou Said et les nouveaux stands

03. Juni 2026 um 09:17

Le tourisme à Sidi Bou Said bat son plein alors que de nouveaux stands destinés aux commerçants viennent de voir le jour.

Aux couleurs de la ville, ces stands ont été installés au grand parking qui sert de stationnement pour tous les visiteurs.

Ces stands municipaux devraient être livrés aussitôt que possible et remplacer quelques bicoques de fortune en attendant d’aménager le souk spontané qui anime le parking du village.

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Entre Alger et Rabat, la bataille se joue aussi dans les profondeurs marines

02. Juni 2026 um 11:37

Dans le contexte d’une rivalité stratégique entre les deux géants du Maghreb que sont l’Algérie et le Maroc, la marine marocaine préparerait l’achat de ses premiers sous-marins conventionnels afin de combler son retard face à son voisin algérien.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 40 milliards d’euros de dépenses militaires pour l’Algérie, contre près de 20 milliards pour le Maroc. En 2026, les deux poids lourds du Maghreb affichent les budgets de défense les plus élevés du continent africain et dominent également largement le marché des importations d’armement.

Rivalités stratégiques

Ainsi, dans un rapport publié en avril 2025, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) révèle qu’Alger et Rabat auront concentré à eux seuls 87 % des achats d’armes réalisés en Afrique du Nord entre 2020 et 2024. Une illustration frappante de la course aux armements que se livrent les deux voisins, liés par l’histoire mais opposés par de profondes rivalités stratégiques dans le contexte d’un environnement sécuritaire complexe marqué par les tensions régionales, les défis sahéliens et les mutations des alliances internationales.

Mais au-delà de leur antagonisme, Alger comme Rabat justifient toutefois ces investissements par la nécessité de moderniser leurs forces armées et de renforcer leur souveraineté stratégique.

Guerre sous-marine

C’est dans ce contexte que plusieurs médias spécialisés dans les questions de défense affirment que le Maroc étudie la possibilité d’acquérir ses premiers sous-marins militaires d’ici 2027. Le projet, qui n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle de la part des autorités marocaines, viserait à renforcer les capacités de la Marine royale dans des espaces maritimes stratégiques reliant l’Atlantique à la Méditerranée.

A cet égard, notons que le Maroc poursuit depuis plusieurs années un programme de modernisation de ses forces navales. Le royaume a donc renforcé sa flotte de surface avec de nouvelles frégates et développé ses moyens de surveillance maritime afin d’améliorer le contrôle de ses espaces maritimes. Et ce, d’autant plus que le détroit de Gibraltar, situé entre les côtes marocaines et espagnoles, constitue l’un des principaux points de passage maritimes au monde entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Ainsi, et même si les réflexions seraient encore à un stade préliminaire et qu’aucun contrat n’aurait été signé à ce jour, Rabat examinerait différentes offres internationales pour l’acquisition de trois sous-marins conventionnels et de deux patrouilleurs maritimes

Pour l’heure, le choix se porterait d’un côté sur le coréen KSS-III, porté par Hanwha Ocean, mis en avant pour ses délais de production plus rapides et ses coûts plus compétitifs face aux offres européennes. De plus, ce bâtiment est présenté comme l’un des modèles conventionnels les plus avancés actuellement disponibles, avec des capacités destinées aux missions de surveillance maritime, de renseignement et de dissuasion.

Selon les éléments relayés par la presse spécialisée, les discussions avec la Corée auraient pris de l’ampleur après une visite ministérielle marocaine à Séoul au printemps 2025. Les échanges ne porteraient plus uniquement sur les volets terrestres et de défense aérienne, notamment autour du char K2 Black Panther et du système Cheongung II, mais s’étendraient désormais au secteur naval.

De l’autre côté, le Scorpène du constructeur français Naval Group, déjà  en service dans plusieurs marines étrangères et qui est notamment utilisé pour des opérations de patrouille, de protection des espaces maritimes et de collecte de renseignements. Ce sous-marin conventionnel est réputé pour sa furtivité et sa polyvalence (lutte antisurface et anti-sous-marine, appui au renseignement).

Outre les modèles sud-coréen et français, le sous-marin russe Amour 1650 figure parmi les solutions mentionnées dans certaines publications spécialisées. Des analystes estiment toutefois que Rabat pourrait privilégier des partenariats avec des industriels européens ou asiatiques, notamment pour les questions de maintenance, de formation des équipages et de coopération technologique.

Avantage à l’Algérie

Rappelons à ce propos que l’éventuelle acquisition de sous-marins constituerait une évolution majeure pour les forces navales marocaines. Le royaume chérifien ne dispose actuellement d’aucun sous-marin opérationnel, contrairement à l’Algérie voisine.

Pour sa part, la flotte sous-marine algérienne se compose de six sous-marins d’attaque conventionnels à propulsion diesel-électrique de classe Kilo construits par les chantiers navals russes. Ces bâtiments sont reconnus pour leur redoutable discrétion acoustique, ce qui leur vaut le surnom de « trous noirs » par l’OTAN et sont équipés pour mener des missions de lutte anti-surface et anti-sous-marine. Cette capacité lui confère depuis plusieurs années une avance notable dans le domaine de la guerre sous-marine en Afrique du Nord et en Méditerranée occidentale.

Affaire à suivre…

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Siciliens, Italiens, Tunisiens : Le grand-père de Rosette Gabriele

02. Juni 2026 um 10:30

L’aventure tunisienne de la famille de Rosette Gabriele a commencé en 1920, lorsque quittant Pantelleria, son grand-père a acheté un vaste terrain à Mornag.

Tout était à faire : d’abord défricher, pour ensuite labourer et enfin semer. Pour cela, il fera venir ses enfants de Sicile, enverra ses trois filles à l’école mais pas ses quatre garçons.

Ouvriers de leur propre père

Costauds et rompus au travail de la terre, Salvatore, Fortunato, Giuseppe et Giovanni voyaient leur destin tracé un peu malgré eux. Ils seront des garçons de ferme, ouvriers de leur propre père.

Les quatre garçons grandiront entourés de métayers tunisiens, apprendront à la perfection la langue du pays et seront de parfaits modèles d’intégration. Nostalgiques des écoles dont ils ne fréquenteront pas les classes, ils apprendront à lire et écrire seuls, avec les manuels et les cahiers de leurs sœurs Maria, Anita et Adèle.

De Pantelleria à Mornag

Giovanni, le père de Rosette, est né à Pantelleria et n’arrivera en Tunisie qu’à l’âge de neuf ans. Depuis, il a toujours vécu et travaillé à la ferme. Née à Palerme, son épouse Vittoria Cusimano a quant à elle rejoint la Tunisie à l’âge de 5 ans. Tous deux, après leur mariage, se sont consacrés à leurs trois enfants dont Rosette est la cadette.

En un jour fatal, la famille Gabriele allait tout perdre. Le labeur d’un demi-siècle s’évanouira après le décret de nationalisation des terres agricoles appartenant à des étrangers. De manière indiscriminée, ce décret dépouillait aussi bien les riches colons que les agriculteurs qui possédaient des parcelles qu’ils travaillaient eux-mêmes.

Une place au soleil en Italie ?

Les Gabriele quitteront la Tunisie en 1965 pour chercher une place au soleil en Italie. Les filles devront travailler pour assurer la subsistance de la famille alors que Giovanni ne trouvera pas d’emploi. Après ces années difficiles, la sœur et le frère de Rosette iront en Sardaigne. Pour elle, le chemin de vie sera différent puisque le pays natal l’ayant aimanté, elle reviendra en Tunisie en 1998.

Née à Ben Arous, Rosette a fréquenté l’école primaire de la rue Sidi Sabeur et le lycée de la rue de Russie. Ni elle ni sa sœur n’iront au bout de leurs études à cause de la perte des terres familiales et l’exil en Italie.

Yosra et Rosette

Plus tard, celle que ses amis tunisiens ont prénommé Yosra, en éloge à sa droiture et à son maniement parfait de la langue arabe, travaillera dans une entreprise locale, assurant les tâches du secrétariat et de la traduction.

Fidèle à son pays natal, Rosette a décidé d’y vivre et a même demandé la nationalité tunisienne. Retraitée, elle maintient vive, la présence des Gabriele, pense souvent à ses parents dont les surnoms de Juanino et Fitouria lui reviennent toujours à l’esprit.

Des racines plurielles

Très bien intégrée, vivant simplement, Rosette n’oublie pas pour autant ses racines siciliennes et les membres de sa famille qui vivent en Italie. Mais pour elle, c’est le quartier tunisois de la Petite Sicile qui demeure son socle et son horizon quotidien.

Ses nombreux amis lui rendent bien sa fidélité inébranlable et attendent le jour où elle recevra sa nationalité. Alors, enfin, Rosette Gabriele sera une Tunisienne d’origine sicilienne en même temps qu’elle est une Italienne dont le cœur bat à l’unisson de son pays natal.

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Tribune – Banques publiques tunisiennes à l’horizon 2030 : le levier de la souveraineté numérique

01. Juni 2026 um 17:30

À l’heure où le Plan de Développement 2026-2030 s’apprête à être soumis au parlement, le système financier tunisien se trouve à un moment charnière de son histoire moderne. Pour les banques publiques, l’enjeu dépasse désormais la simple consolidation des équilibres comptables ou la mise à niveau technique de l’outil de travail. Il s’agit de redéfinir structurellement leur rôle dans un paysage macroéconomique en recomposition rapide, où la souveraineté numérique – définie comme la maîtrise stratégique de la donnée et des architectures d’intelligence artificielle – s’impose comme le pivot du développement national.

 

 

 

Les indicateurs de performance de l’exercice 2025 confirment la résilience et la solidité du pôle bancaire public. La progression soutenue des produits nets bancaires (PNB) de plusieurs grands établissements de la place témoigne d’un retour à des niveaux de rentabilité robustes, consacrant leur rôle historique de stabilisateurs du système financier national.

Toutefois, cette santé financière retrouvée doit aujourd’hui servir de tremplin à une inflexion stratégique majeure. À l’horizon 2030, la mission des banques publiques ne peut plus se limiter au soutien traditionnel des équilibres budgétaires de l’État. Elle doit impérativement muer vers un rôle de catalyseur direct de l’économie réelle, ciblant en priorité le tissu des TPME et l’investissement productif. Cette grande transition managériale suppose une exploitation scientifique et fine de la donnée financière, seule capable d’affiner le scoring prédictif, d’éclairer la décision de crédit et de réduire l’asymétrie d’information qui pénalise nos acteurs économiques.

 

Du système d’information à l’intelligence stratégique de l’État

Les chantiers de digitalisation menés ces dernières années – modernisation des architectures centrales (*Core Banking*), sécurisation des flux de paiement et mise en conformité réglementaire – constituent des jalons techniques indispensables. Ils ne représentent pourtant que le préambule d’une mutation beaucoup plus profonde.

L’absorption nécessaire de la dette technologique (systèmes *Legacy*) et l’augmentation mécanique des charges d’investissement qui l’accompagne ne doivent pas être appréhendées comme des coûts d’exploitation subis, mais bien comme des investissements de souveraineté. Sans une infrastructure financière nationale autonome, robuste et hautement sécurisée, le risque est réel de voir notre système bancaire relégué au rang de simple consommateur dépendant de solutions exogènes, avec toutes les vulnérables stratégiques que cela implique.

L’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies d’*Open Banking* ouvre ici une perspective décisive. Elle doit permettre de passer d’un modèle bancaire purement transactionnel à un modèle prédictif et inclusif, capable d’anticiper les risques systémiques et d’intégrer les segments de la population historiquement tenus à l’écart du circuit formel.

 

Le capital humain, condition sine qua non de la résilience numérique

Aucune trajectoire technologique ne saurait s’incarner sans une politique ambitieuse du capital humain. Le secteur public bancaire évolue désormais dans un marché des compétences mondialisé, caractérisé par une fuite des cerveaux et une concurrence féroce pour les profils hautement qualifiés (data scientists, experts cyber, ingénieurs IA).

Pour retenir ces talents, la seule politique salariale ne suffit plus ; l’enjeu réside dans la capacité des institutions publiques à proposer des projets porteurs de sens et de souveraineté nationale. L’adossement à l’écosystème des startups innovantes, l’interopérabilité des plateformes et la mobilisation de l’expertise de la diaspora sont les leviers indispensables pour bâtir une communauté de compétences. À ce prix, la banque publique tunisienne pourra achever sa mue pour devenir une « banque-plateforme », agile, interconnectée et nativement tournée vers l’utilisateur.

 

Vers un nouveau contrat technologique pour la Tunisie

L’adoption finale du Plan 2026-2030 par les institutions de la République doit acter l’émergence d’un nouveau contrat de confiance entre l’État, le régulateur, le citoyen et les institutions financières. Dans cette configuration neuve, la transformation digitale n’est plus une finalité technique, mais le bras armé de la résilience économique nationale.

À l’échéance de la décennie, la performance globale d’une banque publique ne se mesurera plus exclusivement à la croissance arithmétique de la taille de son bilan, mais à sa trajectoire de gouvernance stratégique. Sa légitimité dépendra de sa capacité à sécuriser, valoriser et mettre la donnée financière au service exclusif du développement du pays. La souveraineté numérique n’est plus une option de communication : elle est le fondement même de la pérennité du modèle bancaire tunisien.

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Note : les analyses exprimées relèvent d’une réflexion personnelle et prospective et n’engagent pas les institutions auxquelles l’auteur est rattaché.

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Le désespoir de Netanyahu

01. Juni 2026 um 12:11

Parlant de l’invasion sanglante du Liban, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé le 31 mai un « changement radical de politique. » Sur le terrain, les envahisseurs israéliens progressent de plus en plus profondément à l’intérieur du Liban, atteignant des zones situées au nord du Litani où ils ont pris d’assaut le château de Beaufort.

Construit par les Croisés au milieu du XIIe siècle, le château de Beaufort surplombe le fleuve Litani. C’est la deuxième fois que les troupes israéliennes s’emparent de cette forteresse. La première fois remonte à la guerre 1982 déclenchée par Menahem Begin et Ariel Sharon… Au temps des drones et des missiles, la prise de cette forteresse ne revêt aucune importance militaire ou stratégique pour les envahisseurs. Cela n’a pas empêché Netanyahu de se vanter que « la conquête du château prouvait qu’Israël était plus uni et plus fort que jamais. »

La réalité est que Netanyahu est dans un état désespéré. C’est ce désespoir qui le pousse à engager son pays dans le bourbier libanais dans lequel il s’est englué en 1982 et en 2006 et duquel Israël se retira défait, humilié, la mort dans l’âme et la queue entre les jambes.

De nombreuses raisons expliquent le grand désespoir qui afflige Netanyahu et le pousse à cette fuite en avant suicidaire non seulement pour lui, mais pour le pays qu’il prétend diriger et défendre.

Tout d’abord, et malgré l’étrange intervention de Trump auprès du président israélien Isaac Herzog pour obtenir que son ami soit gracié, c’est-à-dire lavé des crimes de corruption dont il est accusé, Herzog a refusé la grâce et la justice a répondu ‘niet’ à la demande de grâce formulée par le corrompu lui-même, invoquant « l’intérêt national ».

Ensuite, il ne reste que trois mois pour les élections, prévues en septembre prochain. Plus l’échéance électorale arrive, plus Netanyahu est angoissé de se voir défait et, à la suite de sa défaite hautement probable, menotté et jeté en prison.

Une autre raison du désespoir de Netanyahu est l’énorme fossé entre les nombreux fronts ouverts (Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Yémen, Iran) et une armée épuisée, au bout du rouleau et dont les stocks en matériel de guerre et en munitions se réduisent de jour en jour. Une situation décrite par le chef d’état-major israélien en ces termes : « Pour pouvoir combattre sur les fronts que nous avons ouverts, il nous faut six armées… »

Mais la principale raison du désespoir de Netanyahu vient de la tournure désastreuse pour Israël et les Etats-Unis de la guerre contre l’Iran et sur laquelle il comptait pour transformer son pays minuscule en « une grande puissance régionale » et concrétiser son rêve du « Grand Israël du Nil à l’Euphrate ».

Netanyahu rêvait depuis 40 ans de cette guerre qui, dans son monde illusoire, serait le moyen magique qui ferait disparaitre comme par enchantement tous les obstacles qui se dressent face aux folles ambitions du projet sioniste.

Et quand il a pu enfin trouver un président américain qui lui ferait sa guerre contre l’Iran, son rêve se transforma en cauchemar à deux reprises. La première fois en juin 2025, quand l’Iran riposta de manière si dévastatrice pour Israël et si inattendue par Trump et Natanyahu que celui-ci pria celui-là d’arranger un cessez-le-feu avec les Iraniens.

La deuxième fois, février-mars 2026, le cauchemar de Netanyahu est plus grand encore. Après plus de cinq semaines de combats et des conséquences dévastatrices pour les agresseurs, c’est l’Iran qui émerge de la désastreuse mésaventure israélo-américaine comme une vraie grande puissance régionale. Il utilise contre les agresseurs une arme qui s’avère plus efficace que l’arme nucléaire : le détroit d’Ormuz…

Avec un Iran plus fort et plus défiant qu’il n’a jamais été, Netanyahu, désespéré et la mort dans l’âme, voit son projet de domination du Grand-Moyen-Orient et d’expansion des frontières d’Israël « du Nil à l’Euphrate » s’effondrer comme un château de cartes.

Enfin, Netanyahu est désespéré face aux voix de personnalités influentes en Israël qui commencent à s’exprimer de plus en plus fort pour réclamer le retour à « la politique préconisée par Ben Gourioun ». D’après la presse israélienne qui se fait l’écho de ces voix, « Ben Gourioun affirmait qu’Israël est un petit pays avec une petite armée et n’a pas les moyens de conquérir d’autres terres. Il nous faut vivre à l’intérieur de nos frontières et mettre sur pied une armée défensive et non offensive. »

Ses successeurs, de Menahem Begin à Benyamin Netanyahu, ont tous pris le contre-pied du « conseil de sagesse de Ben Gourioun ». Le réveil est cauchemardesque pour le peuple israélien et ses dirigeants.

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Snapshot : Est-ce la bonne heure pour arroser l’avenue Bourguiba ?

01. Juni 2026 um 09:51

Sur l’avenue Bourguiba, les équipes municipales et un camion-citerne font leur apparition matinale autour de 8 heures.

L’arrosage du terre-plein de l’avenue est alors entamé à grande eau malgré la présence des personnes déjà installées sur les bancs publics.

De toute évidence, ce n’est pas la bonne heure et le nettoyage devrait être logiquement avancé d’une ou deux heures.

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Le PSG, outil du soft power du Qatar

31. Mai 2026 um 18:49

Le Paris Saint-Germain (PSG) est à nouveau champion d’Europe. Une victoire sportive pour la capitale française, mais aussi une victoire pour le soft power de son propriétaire étatique : le Qatar. Sa stratégie d’investissement et de communication autour du PSG s’inscrit elle-même dans une stratégie de diplomatie par le sport. Celle-ci est un succès incontestable et représente un atout non négligeable au moment où la monarchie du Golfe vit une période sous tension et au rythme de la guerre en Iran.

 

Sport, football et Soft power

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La notion de soft power théorisée par J. Nye (devenue extrêmement populaire au tournant des années 2000) traduit ainsi l’idée de pouvoir atteindre ses objectifs, sans recours à la force, par la « capacité à séduire ».

En tant que pratique internationale, le soft power inclut divers types de stratégies d’influence, dont la rétribution et la persuasion/séduction.

 

Lire aussi : Trump, un poids pour le soft power des Etats-Unis

 

Le soft power, tel que décrit par Joseph Nye, ne se confond pas avec la propagande, le lobbying et la « diplomatie publique », qui vise à convaincre du caractère fondé et juste de sa politique étrangère à travers la construction et la propagation d’un narratif. Les stratégies d’influence illustrent la sophistication et la multiplication des vecteurs de puissance.

Qu’il s’agisse d’un moyen ou d’une finalité, la puissance n’est pas réductible au déterminant traditionnel de la force militaire. La puissance internationale est le produit d’une combinaison complexe de critères, de facteurs, de déterminants ou de (res)sources, à la nature protéiforme.

Parmi les principaux vecteurs du soft power, il y a la culture, le droit, l’innovation technologique, la langue, mais aussi le sport. Celui-ci représente à la fois un marché économique florissant et un outil d’influence, comme en témoigne l’enjeu de l’organisation de grandes compétitions sportives internationales.

Le football, avec son caractère populaire et universel, est au cœur de ce phénomène. La prochaine Coupe du monde aux Etats-Unis sera un moment géopolitique qui risque d’illustrer le déclin de la capacité d’attraction et de séduction des Etats-Unis présidés par D. Trump.

 

Le PSG, outil de soft power du Qatar

En 2011, l’achat du PSG par le fonds souverain du Qatar (via sa filiale Qatar Sports Investments – QSI) s’inscrit dans la stratégie d’investissement délibérée du micro-Etat, où le sport joue un rôle croissant dans la stratégie d’influence. Une opération qui marque un tournant pour le club de football de la capitale française (opération dans laquelle le président Sarkozy a joué un rôle décisif) et pour le soft power de la monarchie du Golfe. Le montant de la transaction n’est pas officiel, mais les estimations varient entre 70 et 100 millions d’euros. Aujourd’hui, la valeur du club est estimée à 4,25 milliards d’euros. Une explosion de la valorisation du club qui témoigne de la réussite économique de cet investissement, qui prolonge ainsi la réussite sportive de ce projet.

Les victoires du PSG et la qualité de son jeu spectaculaire représentent autant de valeurs ajoutées pour l’image internationale, symbolique et médiatique du Qatar, qui se trouve désormais associée à la réussite et à l’attrait du club de la capitale emblématique du luxe mondial. Le Qatar est désormais ancré dans l’imaginaire collectif, dans le monde arabe comme dans le monde occidental. Et son image ne cesse de s’améliorer, au moment où des puissances de la région, on pense à Israël en particulier, cèdent à l’hubris et à la seule force, voient leur image mondiale plus négative que jamais…

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Snapshot : Une porte bien mystérieuse qui cachait une ambassade

31. Mai 2026 um 12:14

Cette porte est celle de la chancellerie de l’ancienne ambassade d’Italie. Elle se trouve rue de Russie, pratiquement en face des anciennes imprimeries Finzi.

Sur le chemin des écoliers, je suis passé des milliers de fois devant cette porte puis, juste à quelques pas, je me suis toujours arrêté devant les marches monumentales qui permettent d’accéder à l’ambassade.

J’ai souvent observé cette porte. À quel ébéniste fût-elle confiée et de quel bois est-elle faite ? Parfois, je la voyais s’entrouvrir et se refermer aussitôt derrière un visiteur.

Mes yeux se sont toujours posés sur la sculpture qui surmonte cette porte. Et aussi sur le treillis en fer forgé qui la coiffe. Aujourd’hui encore, lorsque je passe dans ce quartier, j’ai le même regard sur cette porte.

Mystérieuse, elle semble immobile, figée dans le bois et hors du temps. Et même si l’ambassade a déménagé depuis longtemps, cette porte m’intrigue toujours.

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Snapshot : Si Sbeitla réveillait son théâtre antique

30. Mai 2026 um 11:41

Au sud de Kairouan, au cœur de la steppe, Sbeitla se souvient encore de l’Antiquité, au temps de Sufetula, ses capitoles et ses basiliques byzantines.

Dans le site antique de cette ville du centre-ouest de la Tunisie, un théâtre somnole. Il semble rêver à ceux de Carthage et de Dougga qui accueillent des festivals internationaux réputés. Il semble attendre une initiative qui le sortirait de l’oubli et rétablirait la joie.

Délaissé, accueillant de rares manifestations culturelles, ce théâtre pourrait constituer une chance rare pour Sbeitla. Pour l’heure, il attend et peut-être songe-t-il à un destin similaire à celui de l’amphithéâtre d’El Djem devenu l’épicentre de toute une ville.

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Snapshot : Dans l’église Saint-Joseph de Djerba

29. Mai 2026 um 08:43

L’église catholique Saint-Joseph se trouve à Houmt Souk au nord de l’île de Djerba. L’origine de cette paroisse remonte au milieu du dix-neuvième siècle.

Entouré de fondouks et de commerces, cette église a été fondée à l’initiative de plusieurs membres de la forte communauté maltaise qui vivait à Djerba.

Fermée pendant un demi-siècle, cette église a été reconsacrée en 2006 et depuis, accueille de nombreux fidèles de plusieurs nationalités. À Saint-Joseph, protestants et catholiques se rassemblent fréquemment dans cette église.

Dans le temps, l’actuelle église Saint-Joseph a été dédiée à Sainte-Lucie et aussi à Pierre et Paul. Aujourd’hui, elle constitue la principale église catholique dans le sud de la Tunisie.

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Siciliens, Italiens et Tunisiens : Les passions de Rosario et Maria Claudia

28. Mai 2026 um 07:49

Ils sont mari et femme et sont nés dans des familles d’origine sicilienne qui vivent en Tunisie depuis presque deux siècles. Attachants, dévoués et profondément Tunisiens, Rosario et Maria Claudia ont grandi dans les campagnes à El Fahs et Bouargoub.

Rosario, une passion pour le fromage

Ce n’est pas un hasard si Rosario Sabatino avoue une passion pour le fromage. Enfant, dans la ferme familiale du Pont du Fahs, il a grandi alors que les soixante-dix vaches du domaine paissaient dans les près.

Rosario a ainsi vu de près, les cent et un gestes qui faisaient du lait frais naître le fromage. Aujourd’hui encore, retrouvant les mêmes secrets ancestraux, il laisse mûrir de bons fromages de chèvre qu’il débite en fines tranches ou qu’il râpe au-dessus d’un bon plat de pâtes fraîches.

Le grand-père de Rosario a quitté Petralia Soprana, dans sa Sicile natale, au milieu du dix-neuvième siècle. Il est arrivé en Tunisie à l’âge de vingt ans et avait immédiatement trouvé du travail dans une ferme près de Zaghouan.

Dans la mémoire familiale, on parle encore du travail considérable qu’il avait fallu pour débroussailler et défricher la terre. En ces années héroïques, le nonno de Rosario commença à vendre du charbon et gravira l’une après l’autre, les servitudes d’une vie paysanne.

Giuseppe, le père de Rosario, travaillera aussi à la ferme. Il épousera Angela Crescione, originaire de Syracuse et née en Tunisie. Depuis sa naissance en août 1945, Rosario n’a connu que les vastes étendues des plaines du Fahs, là où de nombreuses familles siciliennes étaient établies à l’ombre du Djebel Zaghouan.

Les aléas de la vie mèneront Rosario en Italie mais, nostalgique du pays natal, il reviendra en Tunisie où depuis près de vingt ans, il vit avec son épouse Maria Franco, originaire de Pantelleria et comme lui et leurs familles depuis plusieurs générations, née en Tunisie.

Retraité et toujours actif, le couple partage son expérience en animant des ateliers de recyclage destinés à fabriquer des objets du quotidien à partir de produits récupérés. Auprès des familles vulnérables de la Goulette, en communion permanente, Maria et Rosario donnent ainsi de leur temps, leur savoir-faire et leur vécu à un pays pour lequel leur cœur vibrera toujours.

La baraka de Maria Claudia Franco

Les trois sœurs de Maria Claudia Franco sont nées à Pantelleria et ont rejoint la Tunisie avec leurs parents. Toute la famille s’est retrouvée à Bouargoub, entre vignes et oliviers, dans un vaste domaine dont Giovanni-Batista Franco, le père de Maria Claudia était le gérant.

Née à Tunis où sa mère Francesca Gabriele, est venue accoucher, Maria Claudia a grandi à la ferme Palte où son père dirigeait plus d’une centaine d’ouvriers. Elle a gardé de son enfance de vibrants souvenirs et des amitiés solides comme celle qui la lie à Aicha, une fillette de métayers.

Maria Claudia se souvient de tant d’épisodes de sa vie à la ferme, en particulier de la baraka dont elle a hérité de sa mère qui n’hésitait jamais à recueillir et nourrir nomades et migrants. Cette baraka, elle l’accompagne depuis, comme une auréole qu’elle cultive.

Maria Claudia a longtemps vécu dans cette ferme qu’elle quittera en 1965 comme beaucoup de familles italiennes, obligées de partir après le décret de nationalisation des terres agricoles. Avec son époux Rosario Sabatino, elle ne reviendra en Tunisie qu’après le tournant du nouveau siècle.

Entre temps, ses parents sont décédés et seule une de ses sœurs a survécu : elle vit aujourd’hui à Aprilia, non loin de Rome. Le reste de la famille s’est éparpillé entre Sicile et Italie, certains choisissant même d’émigrer en Argentine.

Depuis trois ans, Maria Claudia anime un atelier solidaire dédié à la couture. Entourée de son mari et d’une dizaine de jeunes femmes de la Goulette, elle partage son savoir-faire de couturière.

Parfait cordon bleu, Maria Claudia n’a pas son pareil à la cuisine. Ses pâtes fraîches à la sauce bolognaise et ses tartes sucrées ont été plébiscitées par tout l’atelier. Ayant eu sa grand-mère Nunzia Franco pour initiatrice, Maria Claudia revit en cuisine, des souvenirs lointains.

Peut-être s’évade-t-elle alors entre Pantelleria et Bouargoub, les deux pôles de sa vie, ou bien entre Tunis et la Goulette, aujourd’hui devenus ses lieux de vie et de travail ?

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Nostalgies : Cette porte qui cache le paradis des Siciliens de Lafayette

26. Mai 2026 um 09:57

Que de fois n’ai-je remonté la rue du Ghana jusqu’à cette porte ! Un large portail à deux battants, une porte dont cinquante ans plus tard, les couleurs sont inchangées.

Nous venions jusqu’ici pour suivre des yeux, d’homériques parties de pétanque quand de toutes parts, les boules fusaient pour se frotter au cochonnet.

Passé le portail, une maison communautaire accueillait les visiteurs qui s’égayaient dans le vaste jardin à l’ombre des palmiers et d’immenses bougainvilliers multicolores.

Entre les boules, la bière et le pastis, des heures claires s’écoulaient, avec souvent les cris de joie des vainqueurs qui interrompaient les dames jouant aux cartes, les zia tout à leurs aiguilles de tricot et les nonna qui veillaient au grain.

Maintes fois, je repasse devant ce portail anonyme qui bruisse de mémoires italiennes, qui me rappelle la famille Spina dont j’accompagnais les enfants et leurs amis parmi les Vacarella, les Maglito et d’autres encore qui se souviennent de ce paradis sicilien distrait aux regards des passants de l’ancienne avenue Gambetta.

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Snapshot : Ceux qui ont arraché les ficus n’ont jamais remonté l’avenue

25. Mai 2026 um 09:40

Sans ses ficus centenaires, l’avenue Bourguiba ressemblerait à ces mornes allées qui traversent les grands axes des Berges du Lac ou des Jardins de Carthage.

Non seulement ces ficus donnent son identité à notre avenue centrale mais, l’été venu, ils donnent leur ombre généreuse aux passants.

Seulement, il y a un quart de siècle, lors des travaux d’embellissement de l’avenue, le choix a été fait d’arracher deux rangées de ficus afin d’élargir l’allée centrale.

Des passants privés d’ombre

Chaque année, dès le retour des beaux jours, le manque de pertinence de ce choix se fait ressentir. On peut aisément le constater en observant les déambulations des passants en quête d’ombre.

Comme quoi, il est probable que ceux qui ont pris cette décision ont rarement remonté l’avenue à pied lorsque le soleil darde ses rayons.

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Snapshot : Les jacarandas en fleurs sur les avenues de Tunis

16. Mai 2026 um 09:32

La floraison des jacarandas donne aux avenues de Tunis une beauté subtile qu’il convient de savourer à sa juste mesure.

Avec leur couleur mauve pâle et leurs bouquets touffus, ces fleurs ornent les arbres de plusieurs avenues, en particulier les axes gigognes des avenues de Carthage et de Paris.

Cette floraison ne durera que quelques jours et fait le bonheur des photographes et des passants. Dommage que manquent à l’appel plusieurs arbres sectionnés par des mains coupables et inconscientes.

Ainsi au milieu de l’exubérance florale, plusieurs moignons de troncs parsèment nos avenues et en disent long sur nos incuries.

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Patrimoine : Avec Dar Badia et Dar Lahbib, c’est la médina de Sousse qui renaît

15. Mai 2026 um 09:48

Dans les quartiers de la mosquée hanéfite, de Sabbat Dhalma et Sidi Bouraoui, plusieurs anciennes demeures sont en train de renaître sous la houlette de Omar Belhouane.

Longtemps délaissées, ces maisons traditionnelles retrouvent leur splendeur passée et accueillent désormais une nouvelle clientèle touristique.

Restaurées en profondeur, rénovées de manière judicieuse, Dar Lahbib et Dar Badia désenclavent tout un quartier de Sousse et de plus, mettent en valeur un patrimoine oublié.

D’autres initiatives sont à venir qui devraient rendre à la médina de Sousse tout son charme et sa vocation touristique.

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Mémoire sportive : Qui est l’architecte du stade olympique de Radés ?

14. Mai 2026 um 11:56

Édifié entre 1998 et 2001, le stade olympique de Radés aura un quart de siècle le 6 juillet prochain. En effet, cette arène sportive qui porte désormais le nom de Hamadi Agrebi a été inaugurée le 6 juillet 2021, peu avant les Jeux méditerranéens de Tunis.

Ce stade d’une capacité de 65.000 places a été conçu par l’architecte néerlandais Rob Schuurman ( 1938 – 2019 ). Ce dernier n’est autre que le concepteur de l’Amsterdam Arena qui porte aujourd’hui le nom de Johann Cruyf.

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Snapshot : L’atelier mythique d’Ivo Salerno

06. Mai 2026 um 10:10

Je ne sais comment ni pourquoi, je reviens toujours à la menuiserie d’Ivo Salerno. Son empreinte est perceptible, le désordre dans le magasin est le même et l’ombre vive d’Ivo plane sur les lieux.

Comment raconter un ami, un repère, un trésor humain ? Devant la porte de son atelier, une vie se cache dans le dédale. Je regarde au fond, dans les planches et les machines, la sciure et le vernis, la Sicile et nos quartiers.

Qui se souvient d’Yvo Salerno et de tous les Salerno, les Di Trapani, les Santonocito ? Qui se souvient des menuisiers italiens et des chefs d’œuvre qui naissaient de leurs mains ? Qui reconnaît les portes palermitaines au fil des rues de Tunis ?

La porte de l’atelier d’Yvo ne dit rien, ne répond pas, mais par-delà les siècles ou les décennies, elle ouvre sur la Sicile. Elle est ma porte de Sicile au cœur de la médina de Tunis, elle est ouverte sur des mains qui ont construit tant de villes, sur des femmes et des hommes pour lesquels la Tunisie était le seul horizon.

Cette porte signifie tant pour moi. Peut-être ouvre-t-elle à rebours, vers les quartiers siciliens où qu’ils soient, nés des mains de la signora Fasciotti ou des espoirs goulettois ou soussiens des enfants de Sicile ? Peut-être ouvre-t-elle simplement sur ce qu’Yvo nous a légué ?

Je marche dans le dédale et je reconnais une porte toujours ouverte, une porte bleue, du travail en cours et tant d’âmes qui sont Tunis, ses scories et ses marais, ses chapelles et ses ruelles, ses Arabes et ses Siciliens, ses Tunisiens tout court.

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Snapshot – Tunis : La beauté frémissante de Souk El Blat

03. Mai 2026 um 10:44

Les devantures des échoppes de Souk El Blat sont à nulles autres pareilles. Ornées d’herbes médicinales en train de sécher, ces repaires d’apothicaires traditionnels fleurent bon la madeleine de Proust et les remèdes de rebouteux.

Se promener dans le souk des herboristes permet de se ressourcer au diapason des médecines douces, des encens et de quelques superstitions vivaces. Les sens en éveil et le regard frémissant, on arpente le pavé de ces souks comme on remonterait le temps.

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