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La voiture électrique, opportunité ou nouvelle dépendance?

12. Mai 2026 um 12:37

Pour la Tunisie, le passage à l’électrique n’est ni un miracle, ni un piège, mais une opportunité conditionnelle. Tout dépend d’une stratégie globale intégrant renouvelables, infrastructures et industrie locale; plutôt qu’une simple importation de technologies étrangères. Reste à savoir si la voiture électrique représente vraiment une rupture pour un pays comme la Tunisie, ou si elle n’est qu’une nouvelle étape de dépendance technologique.

À cette question, Cyrine Bach Baouab, membre du bureau exécutif national de la CONECT et consultante, répond dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com : « La voiture électrique peut représenter une rupture pour la Tunisie, mais elle ne l’est pas automatiquement. Tout dépend de la manière dont cette transition est pensée. Si elle se limite à remplacer des voitures thermiques importées par des voitures électriques importées – avec batteries, bornes, logiciels et technologies également importés, alors le risque est réel : nous passerions d’une dépendance aux carburants fossiles à une nouvelle dépendance technologique. »

La vraie question porte donc sur l’écosystème autour du véhicule. Elle précise : « La voiture électrique devient une rupture lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie nationale plus large : développement des énergies renouvelables, modernisation du réseau électrique, infrastructures de recharge, formation des techniciens, maintenance spécialisée, recyclage des batteries, production locale de composants et intégration de nos entreprises dans les chaînes de valeur de la mobilité électrique. »

Sur le plan économique, l’enjeu est majeur. « Le véhicule électrique peut être moins coûteux à l’usage, car le coût de l’énergie par kilomètre est généralement inférieur à celui de l’essence ou du gasoil, et la maintenance est souvent plus simple. Mais il reste plus cher à l’achat, et son intérêt dépend fortement de la disponibilité d’une recharge fiable, du coût de l’électricité, de la capacité du réseau et du profil d’utilisation. Pour un particulier sans borne à domicile ou parcourant de longues distances, le passage immédiat au tout électrique peut être compliqué. En revanche, pour les flottes d’entreprises, les véhicules administratifs, les taxis urbains, la livraison du dernier kilomètre ou les usages réguliers en ville, l’électrique est déjà très pertinent. »

Environnementalement, l’avantage est réel, mais nuancé. « La voiture électrique réduit fortement la pollution locale, sans rejets de gaz d’échappement en ville, un bénéfice clé pour la qualité de l’air et la santé publique. Mais elle n’est pas “zéro pollution”. Son impact dépend de la production d’électricité, de la fabrication des batteries, de l’extraction des métaux, du transport des composants et du recyclage en fin de vie. Si l’électricité reste majoritairement fossile, l’avantage carbone est réduit. Adossée au solaire et aux renouvelables, elle gagne en intérêt environnemental. »

C’est pourquoi il ne faut pas opposer brutalement thermique, hybride et électrique. « Pour la Tunisie, l’hybride peut jouer un rôle de transition, en réduisant partiellement la consommation de carburant et les émissions, sans dépendre totalement d’une infrastructure de recharge encore insuffisante. Mais il ne doit pas devenir un prétexte pour retarder la transition, car il reste lié aux fossiles », ajoute-t-elle.

Ainsi, la voiture électrique peut être une rupture, mais seulement si elle devient un levier de transformation industrielle, énergétique et environnementale. Si elle reste un simple produit importé, elle risque de créer une nouvelle dépendance. Accompagnée d’une stratégie de recharge, d’énergies renouvelables, de formation, de recyclage et d’intégration industrielle locale, elle peut au contraire devenir une opportunité pour la Tunisie.

En conclusion, « pour la Tunisie, la voiture électrique n’est ni une solution miracle, ni une fausse bonne idée. Elle est une opportunité conditionnelle, pertinente si elle s’inscrit dans une stratégie globale : électricité plus propre, réseau robuste, bornes de recharge, recyclage des batteries, accompagnement des ménages et intégration de l’industrie tunisienne dans les nouvelles chaînes de valeur. À court terme, l’hybride offre une solution transitoire pragmatique; à moyen terme, l’électrique peut devenir un levier de compétitivité et de transition écologique », conclut-elle. 

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Le bain de sang automobile en Chine continue

06. Mai 2026 um 07:44

Alors que les constructeurs chinois de véhicules électriques se déchirent dans une compétition sanguinaire, les constructeurs américains, japonais et allemands n’ont plus qu’à hisser le drapeau blanc. Cet article d’Asia Times offre une plongée dans le «bain de sang» automobile chinois. Il décrit, de l’intérieur, la guerre des prix et la surenchère technologique qui opposent les constructeurs chinois sur leur propre marché. Il montre aussi comment cette bataille, loin de les affaiblir, les projette à l’assaut du monde, sous pavillon chinois ou sous des marques étrangères de plus en plus dépendantes de leurs briques technologiques.

Han Feizi

Cette analyse de terrain fait écho à ce que les analystes appellent la «BYD-isation», définie  comme une reconfiguration des règles du jeu industriel mondial, fondée sur huit mécanismes : intégration verticale, effet de ciseau, accélération des cycles, diffusion des standards chinois, substitution technologique, utilisation du marché intérieur comme tremplin, coordination avec les priorités publiques et proposition de systèmes complets. Volkswagen, Nissan, Honda et Renault adoptent ces méthodes et deviennent les vecteurs de cette nouvelle norme. Et derrière l’automobile, c’est la guerre des écosystèmes logiciels (HarmonyOS, IA embarquée, cloud, données) qui se joue. L’Europe, entre sidération technocratique et adaptation industrielle, a du mal à affronter cette lame de fond.

L’article d’Asia Times est un reportage brut sur le vécu du terrain en direct du salon automobile chinois 2026. Il décrit, sans la nommer ainsi, la «BYD-isation» en action. Les suspensions actives, les batteries flash, la conduite autonome, les intérieurs saturés d’écrans, les exportations massives, la supériorité en ingénierie : tout y est. Et sa conclusion — «maybe USA, Europe and Japan are just not meant to make cars» (Peut-être que les USA, l’Europe et le Japon ne sont tout simplement pas faits pour fabriquer des voitures) — résonne comme un diagnostic implacable.

Un salon démesuré pour une bataille sans merci

Après avoir assisté au salon Auto China 2024 à Pékin, l’auteur de ces lignes déclarait que «le sport de combat industriel était de retour – cette fois sur un ring bien plus vaste et avec des enjeux bien plus élevés. La Chine rejoue les guerres de la moto japonaise, mais avec des voitures. Ce sera sanglant et cela révolutionnera ce qu’une voiture peut être».

Le salon de Pékin 2024 s’était tenu au Centre d’Exposition International de Chine, site de Sunyi, d’une superficie de 106 800 m². L’édition 2026, qui s’est tenue à Pékin du 24 avril au 3 mai, occupe ce même site ainsi que le tout nouveau Centre International d’Exposition et de Congrès de la capitale, une surface de 210 000 m² construite juste à côté.

Déjà trop copieux pour être absorbé en une seule journée en 2024, le méga-salon de cette année s’étale sur une surface d’exposition trois fois plus grande. 1 451 véhicules sont exposés, contre environ 1 000 il y a deux ans. 181 nouveaux modèles ont été lancés, contre 117 en 2024.

Le «Battle Royale» (combat à mort) qui fait rage dans l’industrie automobile chinoise, où il faut tuer ou être tué, n’a fait que s’intensifier. Le gouvernement supprime progressivement les exonérations de la taxe à l’achat sur les véhicules électriques (VE) : réduction de 50 % en 2026 et élimination totale en 2027. Conséquence : les ventes intérieures de voitures ont chuté de 20,3 % au premier trimestre 2026, mais les exportations ont bondi de 57 %, compensant largement le manque à gagner.

Leaders chahutés, chasse aux fournisseurs

D’innombrables intrigues parcourent ce drame sanglant qu’est la première industrie automobile mondiale. Nous ne pouvons ici tirer que quelques fils. La concurrence sur le marché automobile chinois est devenue toujours plus féroce, avec pour principales armes du crime la guerre des prix et la guerre technologique. Le champ de bataille est mouvant. Les vainqueurs d’hier peuvent être dépassés, et les perdants d’aujourd’hui sont à un lancement de modèle près de ressusciter.

Ces deux dernières années, le leader du secteur BYD a trébuché, plombé par des produits peu inspirés et par l’intervention des régulateurs venus au secours de fournisseurs étranglés. Bien que possédant la chaîne d’approvisionnement la plus intégrée verticalement et la gamme de produits la plus diversifiée, les voitures BYD ont été éclipsées sur les segments premium par les offres de NIO, Xiaomi, XPeng et Huawei, et surpassées par Geely, Chery, Changan et Leapmotor dans la guerre des prix des modèles grand public.

Les régulateurs ont mis fin aux pratiques financières douteuses de BYD en exigeant que les fournisseurs soient payés sous 60 jours (au lieu de délais abusifs de 140 à 180 jours), réduisant ainsi le fonds de roulement et freinant l’expansion effrénée de l’entreprise.

BYD : l’export et la batterie comme planche de salut

Il serait bien sûr erroné d’enterrer BYD, dont les investissements stratégiques de long terme devraient bientôt porter leurs fruits. L’entreprise a investi il y a des années dans son infrastructure d’exportation avec huit navires rouliers (RoRo, roll-on/roll-off : navires spécialisés dans le transport de véhicules) lui appartenant en propre, et sept autres en construction [À titre d’exemple, les RoRo BYD Explorer No.1 et BYD Changzhou ont une capacité qui se situe entre 5 000 et 7 000 véhicules, et le BYD Shenzhen transporte jusqu’à 9 200 véhicules, NdT].

Les exportations, dont les marges sont six fois supérieures aux ventes intérieures, ont bondi de 145 % en 2025, atteignant 1,05 million de véhicules (23 % du total). Les exportations 2026 de BYD sont en passe de dépasser l’objectif de 1,5 million d’unités, avec une hausse de 60 % en glissement annuel sur janvier-avril 2026.

BYD a récemment lancé sa batterie Blade de deuxième génération, dont la recharge «flash» de 1 500 kW permet de passer de 10 % à 70 % de charge en 5 minutes et de 10 % à 97 % en 10 minutes. BYD a promis de construire 20 000 stations de recharge flash d’ici la fin de l’année. Le déploiement national de la recharge rapide éliminera l’anxiété d’autonomie pour les possesseurs de BYD, l’un des derniers points douloureux des VE.

Les batteries, qui représentent encore 30 à 50 % du prix d’un VE, demeurent une technologie de pointe offrant de multiples axes de compétition susceptibles de tout changer. La recharge rapide deviendra probablement un prérequis de base à mesure que BYD, CATL et leurs concurrents proposeront leurs propres versions.

La technologie sodium-ion de CATL pourrait réduire de moitié le prix des batteries. Les batteries tout-solide, le Saint Graal, promettent d’être non-inflammables, de doubler l’autonomie, de réduire le poids et de coûter moins cher. Les chercheurs chinois signent 66 % des articles les plus cités au monde sur les batteries. Les USA sont en deuxième position, à 12 %.

La surenchère technologique : puissance, silence, confort

En 2024, les entreprises chinoises de VE se livraient la guerre du «bling-bling» intérieur, saturant les voitures d’écrans tactiles, de sièges massants, de cuir nappa, de chargeurs sans fil et de réfrigérateurs. La guerre de la puissance suit aujourd’hui une trajectoire similaire.

Le VE moyen en Chine dispose désormais de plus de 270 chevaux, contre 150 pour les voitures à moteur thermique. L’accélération, ou «reprise», est un facteur de différenciation fondamental pour les moteurs à combustion, immédiatement perceptible au feu vert, en s’insérant dans la circulation ou en s’engageant sur l’autoroute.

Une accélération vive (environ 200 chevaux) est aujourd’hui attendue pour un VE. Les 500 chevaux, autrefois apanage de sportives européennes exotiques, deviennent une option de mise à niveau sur de nombreux modèles grand public. Les VE chinois haut de gamme proposent des puissances démentielles de 1 000 à 1 500 chevaux. Une bonne reprise instantanée, c’est agréable. Arracher le bitume avec plus de 1 000 chevaux, c’est de la surenchère, au même titre que les intérieurs bardés d’une demi-douzaine d’écrans tactiles et de systèmes karaoké.

L’accélération étant un problème «résolu», les ingénieurs automobiles chinois se sont tournés vers d’autres défis plus concrets. Les VE chinois présentent désormais un niveau de bruit, de vibration et de rudesse (NVH, pour Noise, Vibration, Harshness) nettement réduit, améliorant significativement l’expérience du conducteur et des passagers.

La course à la réduction des NVH a été lancée par Li Auto, dont les habitacles silencieux et le fonctionnement velouté ont ancré sa perception haut de gamme. Les constructeurs chinois abordent le NVH de manière globale, en scrutant chaque composant pour réduire les NVH plutôt qu’en se contentant d’une lourde isolation.

Les moteurs électriques sont conçus pour atténuer leur sifflement. Les systèmes électriques utilisent la modulation de largeur d’impulsion (PWM) pour minimiser le bruit acoustique. Les châssis sont moulés d’une seule pièce pour éliminer rivets et soudures propices aux vibrations. Les vitres font appel à du verre feuilleté multicouche intégrant du polybutyral de vinyle (PVB) pour atténuer le bruit extérieur.

Des bagues hydrauliques remplacent le caoutchouc pour réduire les chocs haute fréquence venant de la route. Les bruits intérieurs sont activement annulés par des haut-parleurs couplés à des microphones de captation. Voilà quelques-unes des prouesses d’ingénierie qui confèrent aujourd’hui aux VE chinois grand public une sensation premium de faible NVH.

Suspensions actives : la voiture qui fait des pompes

Les suspensions sophistiquées deviennent elles aussi omniprésentes. Différents niveaux de cette technologie sont disponibles, allant du contrôle continu d’amortissement (CDC) aux suspensions pneumatiques, jusqu’aux systèmes entièrement actifs. Le CDC, proposé sur des modèles grand public de BYD, Geely (via Zeekr), Dongfeng (Voyah) et Changan (Deepal) entre autres, est un amortisseur à pilotage électronique qui ajuste la force d’amortissement en temps réel pour optimiser confort, tenue de route et sécurité.

Le niveau au-dessus est la suspension pneumatique, qui utilise des coussins d’air à commande électronique à la place des ressorts mécaniques. Les suspensions pneumatiques, proposées sur la plupart des modèles premium et sur certains modèles grand public de BYD (Denza), NIO, Li Auto, XPeng et Huawei (AITO), peuvent ajuster la hauteur selon la vitesse et l’état de la route, maintenir le niveau en cas de chargement asymétrique et offrir une conduite bien plus souple.

Le nec plus ultra est la suspension entièrement active, actuellement utilisée sur les modèles amiraux NIO, BYD (YangWang) et Li Auto. Alors que le CDC et les suspensions pneumatiques sont réactifs, la suspension entièrement active utilise des circuits hydrauliques pour annuler les mouvements verticaux des roues, éliminant quasiment bosses et ondulations. Le système supprime le tangage à l’accélération, le plongeon au freinage et le roulis en virage. Il exécute aussi des facéties comme sauter par-dessus les nids-de-poule, danser en musique et faire… des pompes. Oui, des pompes.

Conduite autonome : tous les niveaux au combat

Actuellement, environ 80 % des VE chinois sont équipés d’un certain niveau de capacité de conduite autonome. 40 à 45 % proposent le niveau 2 de base (régulateur de vitesse adaptatif ACC, maintien dans la voie, freinage automatique), 20 à 25 % offrent le niveau L2+ (conduite autonome sur autoroute avec navigation NOA, changement de voie automatique, gestion des bretelles), 11 à 19 % proposent le L2++ (conduite autonome urbaine complète NOA) et deux modèles (Arcfox utilisant le système Huawei ADS et Changan avec son système propriétaire Tianji) offrent le niveau L3 (conduite « yeux décollés », la responsabilité légale incombant à la voiture) sur des voies express spécifiquement approuvées. Des robotaxis sans conducteur de niveau L4 sont testés dans plusieurs villes.

L’inévitable saignée : 40 survivants, c’est encore trop

Nous savons tous comment cette Battle Royale se terminera. Les entreprises chinoises de VE vont s’entretuer à coups de brio technologique et de guerres des prix sauvages. La vague d’élimination a déjà commencé.

Selon le Wall Street Journal, il y avait 487 constructeurs chinois de VE en 2018, au plus fort de la ruée vers l’or. La plupart n’étaient pas des acteurs sérieux et ont été rapidement éliminés. Aujourd’hui, il reste environ 40 combattants aguerris produisant des volumes significatifs. C’est probablement 30 de trop.

Avant que ces 30 ne soient éliminés, beaucoup exportent le massacre à l’étranger. La Chine a exporté 7,1 millions de véhicules en 2025 (contre 4,4 millions pour le Japon et 3,2 millions pour l’Allemagne), contre 1 million en 2020. De plus, les constructeurs chinois ont produit 900 000 véhicules dans des usines à l’étranger, contre 190 000 en 2020. Les exportations automobiles chinoises en 2026 approcheront probablement les 10 millions d’unités, avec 1,7 million d’unités supplémentaires produites dans des usines hors de Chine.

Avance chinoise : une question de rythme et d’ingénieurs

Les constructeurs chinois développent de nouveaux modèles deux à trois fois plus vite que les usaméricains, japonais et européens. Y compris Tesla, dont la gamme squelettique et dépassée a conduit l’entreprise à bouder le circuit des salons automobiles chinois ces dernières années. L’écosystème très dense de fournisseurs chinois confère également aux fabricants locaux un avantage de coût de 20 à 30 %.

Au-delà de la rapidité et du coût, les VE chinois sont tout simplement meilleurs. Ils ont fait bouger les lignes et rien de comparable ne vient du reste du monde – y compris de Tesla. Les PDG de Ford, Toyota et Honda ont déclaré que la menace posée par les constructeurs chinois de VE était existentielle. YouTube regorge de comparatifs embarrassants opposant les nouveaux VE chinois à leurs homologues allemands surclassés et deux fois plus chers.

Il est difficile de savoir ce qu’il faudrait faire. Il est difficile de savoir ce qui peut être fait. Fondamentalement, c’est une histoire de capital humain. La Chine diplôme environ 2,5 fois plus d’ingénieurs que les USA, l’UE et le Japon réunis. La main-d’œuvre d’ingénierie chinoise va au moins doubler d’ici 2050, tandis que celles des USA, de l’UE et du Japon resteront quasiment inchangées. Les emplois chez BYD, Geely, NIO et Xiaomi sont prestigieux et très convoités par les diplômés des meilleures universités chinoises. Chez Ford et GM… beaucoup moins. Les avantages de la Chine ne feront que s’accroître.

Protectionnisme sans capital humain : l’erreur fatale

Certaines économies ne sont tout simplement pas faites pour produire des voitures, pour une raison ou une autre. Les USA le prouvent depuis plus de 60 ans, leur industrie automobile étant maintenue sous perfusion : de la «chicken tax» (taxe de 25 % sur les camionnettes importées) au renflouement de Chrysler, en passant par les restrictions «volontaires» d’exportation imposées au Japon, le nouveau sauvetage de GM et Chrysler, les crédits carbone pour Tesla, jusqu’aux droits de douane de 100 % sur les voitures chinoises.

Certes, l’industrie chinoise du VE a elle aussi bénéficié de généreuses subventions publiques. La différence, c’est que les constructeurs chinois de VE ont livré des produits fabuleux à des prix en baisse continue, tandis que les USAméricains vendent les mêmes vieux tacots à des prix toujours plus élevés, les actionnaires recevant rachats d’actions et dividendes généreux.

Selon l’économie classique – que l’âme de David Ricardo repose en paix –, rien de tout cela ne pose problème. Si les USA sont surclassés dans l’automobile, ils possèdent des poches d’excellence en IA, aviation commerciale, lancement spatial et pharmacie. L’UE et le Japon excellent dans les machines-outils, la lithographie EUV, les robots industriels et les pièces de précision. Le commerce profite à tous.

Malheureusement, ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Plus malheureusement encore, les protectionnistes se trompent de cible. Les politiques industrielles protectionnistes ont fonctionné en Chine (ainsi qu’au Japon et en Corée) parce qu’elles s’appuyaient au final sur la montée en gamme du capital humain.

Des industries peuvent être hissées vers une compétitivité mondiale si le réservoir de talents existe. Les politiques protectionnistes qui n’investissent pas dans le capital humain sont contre-productives. Elles maintiennent des industries zombies juste assez en vie pour siphonner continuellement des ressources.

L’USAmérique condamnée aux pick-up hors de prix

L’Occident doit choisir ses combats et les mener avec discernement. Peut-être que l’USAmérique, l’Europe et le Japon ne sont tout simplement pas destinés à fabriquer des voitures. Peut-être que l’échelle industrielle d’un secteur automobile est cruciale pour la sécurité nationale. Quoi qu’il en soit, maintenir une industrie obsolète sous perfusion sans s’attaquer à la racine du problème est coûteux et contre-productif.

Sans un afflux massif de main-d’œuvre d’ingénierie en USAmérique, Ford, GM et ce qui reste de Chrysler continueront à clopiner dans un marché protégé des Galápagos, vendant des pick-up tape-à-l’œil et dépassés à des prix stratosphériques. La crise de l’accessibilité automobile persistera, sans offre décente en dessous de 30 000 $.

Les USAméricains attendant que l’USAmérique redevienne grande se demanderont pourquoi ils ne peuvent pas avoir de belles choses, en faisant défiler sur TikTok des vidéos de véhicules électriques chinois à transmission intégrale de 500 chevaux, bardés d’écrans tactiles, de réfrigérateurs, de suspensions pneumatiques et de conduite autonome NOA, pour 30 000 $ (Onvo L90, Lynk 10 EM-P, Voyah FREE, Starway Ex7).

Source : Asia Times. Traduction : Fausto Giudice.

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Administrations publiques : Aide de 10.000 DT par véhicule électrique acquis

07. Januar 2026 um 12:23

Le programme national de promotion des véhicules électriques dans les structures publiques entre officiellement en vigueur. Si cette initiative concrétise un objectif ancien, le projet reste confronté à des défis historiques et structurels liés à la mise en œuvre de la mobilité électrique en Tunisie.

Entré en vigueur le 31 décembre 2025, le programme national vise à promouvoir l’usage des véhicules électriques au sein des établissements publics et des collectivités locales. Doté d’un budget d’un million de dinars, il prévoit une prime de 10.000 dinars pour chaque véhicule acquis, versée par le Fonds de transition énergétique (FTE).

La mise en œuvre est confiée à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), qui s’occupera de la sélection des structures bénéficiaires, de la détermination du nombre de véhicules attribués et de l’accompagnement dans les procédures d’appel d’offres et d’exécution des contrats. Le programme s’étend sur deux ans, prorogeables si nécessaire.

L’objectif officiel est clair : renforcer la maîtrise de l’énergie et accélérer la transition vers une mobilité plus propre dans le secteur public.

Une ambition déjà ancienne, avec des limites historiques

Cependant, cette initiative n’est pas totalement nouvelle. Dès 2019, le directeur général des énergies renouvelables annonçait l’importation de 1000 voitures électriques pour les structures publiques, suivie, dans un second temps, par un projet plus ambitieux de 70.000 véhicules.

À l’époque, des acteurs publics et privés, dont la STEG, la SNDP, des syndicats et plusieurs ministères, avaient discuté de réglementation, fiscalité, infrastructure de recharge et bénéficiaires. Des tests pilotes avaient été lancés avec quelques véhicules pour évaluer rentabilité, consommation et adaptation technologique.

Malgré ces annonces, plusieurs défis subsistent :

  • Cadre législatif incomplet pour soutenir la commercialisation et l’usage des véhicules électriques.
  • Infrastructure de recharge limitée, freinant l’adoption massive.
  • Projets pilotes restés modestes, montrant la lenteur de l’exécution.

En ce sens, le programme 2026 concrétise une ambition vieille de plusieurs années, mais la Tunisie devra dépasser les étapes expérimentales et budgétaires pour réellement transformer la mobilité publique.

Un pas en avant mais beaucoup reste à faire

Si le budget et les primes annoncés constituent une avancée concrète, le succès dépendra de la capacité des structures publiques à gérer les appels d’offres, l’acquisition et l’entretien des véhicules.

Le programme ne couvre pour l’instant que le secteur public, alors que le parc privé représente une part importante de la consommation énergétique nationale. Pour une transition énergétique efficace, il faudra élargir les incitations, développer les infrastructures de recharge et créer un cadre juridique durable pour le secteur privé.

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Voitures électriques : La Tunisie face à l’exemple fulgurant de la Norvège

02. Januar 2026 um 12:24

Alors que près de 96% des voitures neuves immatriculées en Norvège en 2025 étaient entièrement électriques, la Tunisie reste à l’écart de cette révolution automobile. Entre ambitions politiques et réalité du marché, le décalage illustre les défis profonds des politiques climatiques et économiques dans les pays en développement.

Dans les rues d’Oslo ou de Bergen, presque chaque voiture neuve est électrique : en 2025, 95,9% des nouveaux véhicules immatriculés en Norvège étaient des voitures zéro émission, atteignant près de 98% en décembre dernier grâce à un système d’incitations fiscales extrêmement poussé. Ce succès spectaculaire d’un pays producteur de pétrole — pourtant longtemps associé aux énergies fossiles – montre qu’une transition rapide de la mobilité est possible quand l’État met en cohérence réglementations, aides financières et objectifs environnementaux clairs.

À l’opposé, la situation en Tunisie illustre à quel point cette transition peut être laborieuse dans un pays à revenu intermédiaire. Malgré une croissance récente du nombre de voitures électriques sur les routes tunisiennes – passant d’environ 250 en 2024 à quelque 570 à la fin du premier semestre 2025 – le parc demeure marginal. Seuls quelques centaines de véhicules électriques ont été vendus jusqu’à fin octobre 2025, sur un marché où des dizaines de milliers de voitures neuves continuent d’être importées et immatriculées chaque année.

L’énorme contraste entre la Norvège et la Tunisie tient à plusieurs facteurs. D’abord, les pouvoirs d’achat et les politiques publiques : en Norvège, les taxes élevées sur les véhicules thermiques et les exemptions pour les voitures électriques – associées à un réseau de recharge dense – rendent l’électrique compétitif économiquement. En Tunisie, malgré des mesures de réduction de TVA et d’autres avantages envisagés pour stimuler la demande, le coût d’achat reste prohibitif pour la plupart des ménages et l’infrastructure de recharge est encore embryonnaire.

Ensuite, l’environnement économique global diffère. En Norvège, la transition électrique s’inscrit dans une stratégie climatique cohérente, soutenue par une forte conscience environnementale et un soutien politique durable. En Tunisie, l’électromobilité coexiste avec des priorités multiples – maîtrise des importations, développement industriel, équité sociale – ce qui dilue les efforts en faveur de la voiture électrique. Le marché tunisien des véhicules propre est par conséquent resté anecdotique, représentant une fraction infime des immatriculations totales.

Les autorités tunisiennes ont fixé des objectifs volontaristes – viser, par exemple, plus de 125.000 véhicules électriques d’ici 2035 – mais ces cibles restent pour l’heure largement théoriques. Elles traduisent cependant une prise de conscience politique de l’importance de l’électromobilité non seulement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pour la modernisation du secteur des transports et l’indépendance énergétique.

L’histoire de l’électrique en 2026 dessine une carte mondiale contrastée : d’un côté, des champions de la mobilité propre, où la voiture électrique devient la norme ; de l’autre, des pays comme la Tunisie pour lesquels l’adoption reste embryonnaire, freinée par des obstacles structurels profonds. Cette fracture n’est pas seulement technologique, elle est aussi sociale et économique. Elle pose une question fondamentale : comment accélérer une transition équitable, qui ne laisse pas les pays en développement à la traîne alors que la planète tout entière est engagée dans la lutte contre le changement climatique ?

La réponse ne réside pas uniquement dans l’adoption de quotas ou de subventions, mais dans une stratégie globale qui combine accessibilité financière, développement d’infrastructures, formation, et intégration des réalités locales à l’architecture mondiale de la mobilité durable. Sans cela, la pleine électrification du parc automobile restera un objectif lointain pour une grande partie du monde.

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