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Un accord de paix qui tournerait à l’avantage de Téhéran ?

26. Mai 2026 um 13:55

Hilare, Donald Trump a évoqué samedi un mémorandum d’entente sur un accord de paix « largement négocié » avec l’Iran. Il l’a déjà qualifié de « formidable » avant même qu’il ne soit acté. Toutefois, les revirements presque quotidiens du président américain incitent à la plus grande prudence.

La guerre en Iran touche-t-elle à sa fin malgré les dernières escarmouches ? Alors que Washington et Téhéran ont fait état ces derniers jours de progrès dans leurs négociations en cours pour parvenir à un accord. Et en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans la guerre opposant les deux pays. L’armée américaine a annoncé hier lundi 25 mai avoir mené des frappes dans le sud de l’Iran. Elles « visent des sites de lancement de missiles et des navires qui tentaient de placer des mines ».

Justifiant ces frappes par le souci de « protéger ses troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes », le Pentagone a toutefois précisé « faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu en cours ». Un message codé à destination des dirigeants iraniens pour leur signaler que Washington ne cherche pas l’escalade ?

Un accord « formidable » ?

En effet, alors que la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran vient de dépasser sa huitième semaine, soit deux fois plus longtemps que prévu par le président américain lors du lancement de l’attaque le 28 février dernier, Donald Trump a affirmé samedi 23 mai sur son réseau Truth Social que Washington et l’Iran ont « largement négocié » un mémorandum d’entente sur un accord de paix. D’ailleurs, il ‘a déjà qualifié de «  formidable »; et ce, avant même qu’il ne soit officiellement signé par les dirigeants iraniens. Lesquels ont fait savoir que des divergences persistent sur « une ou deux clauses ».

Quid du dossier nucléaire ?

Mais que contient ce mémorandum d’entente au juste ? Selon les fuites dans la presse américaine, il s’agit d’un protocole d’entente d’une durée de 60 jours, renouvelable par consentement mutuel. Durant cette période, le détroit d’Ormuz serait ouvert sans péage et l’Iran devrait le déminer, afin de reprendre ses exportations pétrolières.

En échange, les États-Unis lèveraient leur blocus des ports iraniens pendant un certain temps et accorderaient des dérogations à quelques sanctions. Et ce, afin de permettre à l’Iran de vendre librement son pétrole. Sachant qu’une fois le détroit d’Ormuz ouvert et pleinement fonctionnel, cela pourraient générer près de 10 milliards de dollars de recettes pour le gouvernement iranien sur une période de 60 jours, selon l’agence de presse Fars.

De plus, Washington débloquerait également les avoirs gelés de l’Iran, soit 25 milliards de dollars au total. C’est une condition sine qua non imposée par Téhéran comme préalable à sa signature.

Reste la question majeure du conflit : le nucléaire iranien. Donald Trump et ses conseillers ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’accepteraient aucun accord qui n’aborderait ce dossier ultra sensible. Quant aux plans concernant le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran dont Washington exige l’abandon; ils devraient faire l’objet de négociations dans un délai de 30 à 60 jours.

Or, côté iranien, on assure que le dossier nucléaire n’est pas inclus dans le protocole d’accord. Une source iranienne de haut rang a déclaré que Téhéran n’a pas accepté de céder ses stocks d’uranium hautement enrichi. « La question nucléaire sera abordée lors des négociations en vue d’un accord définitif et ne fait donc pas partie de l’accord actuel. Aucun accord n’a été conclu concernant l’expédition hors du pays des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran », précise la même source.

Amateurisme

Alors qui y gagne et qui y perd et comment expliquer tant de précipitation de la part du président américain à conclure un accord même imparfait ?

L’explication se résume par le timing des échéances. A savoir : les élections de mi-mandat, en novembre; la Coupe du monde de football qu’il co-organise avec le Canada et le Mexique; ou encore le 250ème anniversaire de l’indépendance américaine le 4 juillet. Sans omettre le fait que la ligne du président américain crée des tensions au sein même du mouvement MAGA entre les partisans d’un isolationnisme au nom d’AMERICA FIRST et ceux qui prônent une stratégie de coercition permanente contre Téhéran.

Au final, l’accord serait à l’avantage de la République islamique, estiment de nombreux observateurs. « Si ce qui a fuité se confirme, ce serait une sorte de victoire iranienne », analyse Karim Emile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient et de la politique étrangère des États-Unis associé à l’IRIS. « L’Iran aurait obtenu un dégel des avoirs. Et la question nucléaire n’a pas été réglée et serait même repoussée aux calendes grecques ».

Et de conclure : « On peut parler d’un accord bâclé. Il y a un sentiment d’amateurisme, d’improvisation qui est assez frappant ». Le verdict est sévère, mais implacable.

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Trump-Netanyahu : Divergences ou rupture ?

23. Mai 2026 um 10:38

Washington et Tel-Aviv sont-ils au bord de la rupture ? Donald Trump veut garder ouverte l’option d’un accord avec Téhéran ; Benjamin Netanyahu estime pour sa part que la pression militaire doit continuer afin d’« écraser » les capacités nucléaires et balistiques de son ennemi héréditaire.

 

L’idylle entre « Bibi » et « le meilleur ami d’Israël à la Maison Blanche » semble avoir du plomb dans l’aile. Pourtant, pendant des années, Trump et Netanyahu ont affiché une proximité totale. Lors de son premier mandat, le président américain n’avait-il pas transféré l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem et reconnu les hauteurs du Golan comme territoire israélien ? Depuis son retour à la Maison Blanche en 2025, les deux dirigeants n’avaient-ils pas encore renforcé leur coopération, notamment autour de la bande de Gaza et de l’offensive lancée le 28 février contre l’Iran ?

Divergences

Cependant, il faut croire que leurs chemins se sont séparés, probablement parce qu’ils poursuivent des objectifs différents dans la guerre contre l’Iran. Israël veut renverser le régime des ayatollahs à la racine, tandis que Trump se concentre sur la réduction de ses capacités militaires et nucléaires.

En effet, révèle la presse américaine, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est sorti « hors de lui » et « fou de rage » à l’issue d’un entretien téléphonique extrêmement tendu, dans la soirée du mardi 19 mai, avec le président américain, Donald Trump : les deux alliés s’opposent désormais frontalement sur la gestion du conflit avec l’Iran. Le locataire de la Maison Blanche cherche une issue rapide à cette guerre par la voie diplomatique ; alors que le boucher de Gaza veut « finir le job » par l’intensification de frappes militaires massives contre l’Iran.

Selon The Wall Street Journal, l’échange de mardi a ainsi mis en lumière « les intérêts divergents des deux alliés quant à la fin de la guerre ». Ainsi, « Trump cherche à mettre un terme à un conflit économiquement coûteux et impopulaire aux États-Unis. Israël espère reprendre la campagne de bombardements là où elle s’était arrêtée […] et infliger des dégâts plus importants afin d’affaiblir un régime qu’il perçoit comme une menace existentielle », résume le quotidien américain.

Trump veut passer à autre chose

Selon la chaîne américaine CNN, Trump aurait indiqué à son allié israélien que « les médiateurs travaillaient sur une ‘lettre d’intention’ que les États-Unis et l’Iran signeraient afin de mettre officiellement fin à la guerre et d’entamer une période de négociations de trente jours sur des questions telles que le programme nucléaire iranien et l’ouverture du détroit d’Ormuz ».

Or, il était prévu une relance conjointe des attaques contre Téhéran dès mardi 19 mai. « Dimanche 17 mai, lors d’un entretien, Trump a indiqué qu’il envisageait de lancer de nouvelles frappes ciblées contre l’Iran en début de semaine ».  Vingt-quatre heures plus tard, il change d’avis et décide de la poursuite de la médiation « à la demande de ses alliés du Golfe, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis », affirme la même source.

Alors, pourquoi ce revirement brusque ? Il semble évident que Trump, en sa qualité d’ancien promoteur immobilier, « en a marre » du conflit du Moyen-Orient – un bourbier auquel il a été entraîné par son ami Bibi – et espère conclure un « deal » en vertu duquel Téhéran s’engagerait à suspendre son programme nucléaire et rouvrirait le détroit d’Ormuz. Pour déclarer triomphalement qu’il a gagné la guerre. Au suivant !

Obsession

Etouffant à peine sa colère à cause de cette énième volte-face du milliardaire républicain, Netanyahu lui aurait fait part de sa « déception », qualifiant d’« erreur » le report des frappes et insistant pour « une reprise de l’offensive militaire », rapporte CNN, ajoutant que le Premier ministre israélien, la queue entre les jambes, a souligné que bien que la guerre contre l’Iran ait été lancée en collaboration avec les États-Unis, « personne ne peut donner d’ordres à Donald Trump », qu’il a qualifié d’« homme le plus puissant du monde », insistant sur le fait que seul le président américain décide jusqu’où aller dans cette offensive et quand y mettre fin.

En effet, il faut reconnaître que le Premier ministre israélien ne lâche jamais le morceau et ne change jamais de ligne. Il affirme mordicus que l’Iran est « sur le point » de posséder l’arme nucléaire depuis plus de 30 ans. Il avait prononcé ses premiers avertissements sur une bombe iranienne imminente en 1992. Depuis, il a continuellement réduit le délai, déclarant à plusieurs reprises au fil des ans que l’Iran n’était plus qu’à « quelques mois » ou « quelques semaines » de l’objectif.

Rien d’étonnant à ce qu’il plaide depuis le début du conflit avec l’Iran pour une approche plus agressive face à Téhéran, sans cacher son objectif annoncé de renverser le régime islamique en place depuis 1979. Durant les quarante jours de guerre, il avait d’ailleurs appelé à plusieurs reprises la population iranienne à se soulever contre le pouvoir. En vain, puisqu’il a réussi, a contrario, la prouesse de rassembler le peuple iranien, y compris l’opposition, autour d’un régime autrefois honni.

Ironie du sort : désormais, c’est le régime des mollahs qui décidera de l’avenir de l’alliance « indéfectible » entre Washington et Tel-Aviv.

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Modi à Abou Dhabi : pétrole et équilibres géostratégiques

21. Mai 2026 um 09:17

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, est arrivé aux Emirats pour une visite stratégique axée sur la sécurité énergétique de l’Inde ainsi que le renforcement de l’axe New Delhi – Abou Dhabi en contrepoids à l’accord de défense mutuelle entre l’Arabie saoudite et le Pakistan.

 

Naissance d’un nouvel axe New Delhi – Abou Dhabi ? La sécurité énergétique de l’Inde, la montée des tensions régionales au Moyen-Orient et le renforcement du partenariat stratégique entre l’Inde et les Emirats arabes unis étaient au menu de la très brève visite, à peine trois heures, du Premier ministre indien, Narendra Modi, à la richissime monarchie pétrolière ; le seul pays du Moyen-Orient qu’il a visité depuis le début de la guerre en Iran avant d’entamer une tournée européenne qui le mènera successivement aux Pays-Bas, en Suède, en Norvège puis en Italie.

« Je suis venu dans ma deuxième maison », a affirmé le responsable hindou dès son arrivée à Dubaï où il a été reçu par le président émirati, Mohamed Ben Zayed qu’il a appelé son « frère » dans un message posté sur X. Au-delà des salamalecs d’usage et de la cordialité soigneusement affichée entre les deux dirigeants, que vient chercher le responsable hindou à Abou Dhabi ?

L’économie indienne dans la tourmente

D’abord sécuriser l’approvisionnement énergétique de son pays fortement perturbé par la guerre en Iran et, surtout, la fermeture du détroit d’Ormuz, avec des répercussions néfastes sur l’industrie du pays, le quotidien des ménages indiens, mais aussi sur l’inflation et la croissance économique.

En effet, le gouvernement indien vient d’augmenter de 3 % les prix de l’essence à la pompe, une première en quatre ans. Le but est de soulager les distributeurs, qui ont absorbé depuis le début de la guerre la différence entre les prix du baril sur les marchés mondiaux et les prix à la pompe, bloqués jusqu’ici par le gouvernement fédéral qui a la main sur les tarifs. Les pertes des distributeurs se chiffrent déjà en milliards de dollars. D’autant plus que l’envolée des prix du pétrole provoque également une pression inédite sur la roupie – la monnaie indienne -, qui a atteint des niveaux historiquement bas face au dollar.

La flambée de la facture énergétique met aussi sous pression la balance des paiements de l’Inde, faisant fuir les investisseurs étrangers. Une situation prise au sérieux par le gouvernement.

Ainsi, dans un message au ton solennel adressé la semaine dernière (du 11 mai 2026) au pays, Narendra Modi a demandé aux Indiens de réduire leur consommation de carburant, de limiter leurs voyages à l’étranger et d’arrêter d’acheter de l’or afin d’éviter que la roupie ne dégringole encore davantage.

Un partenaire clé

Or le petit pays du Golfe est devenu ces dernières années un partenaire clé pour l’Inde dans la région. Le commerce bilatéral s’élève à 100 milliards de dollars et les Emirats sont le deuxième marché à l’export pour les produits indiens. Sans compter une diaspora forte de 4,5 millions de travailleurs indiens qui envoie environ 21,6 milliards de dollars par an vers son pays d’origine. Cela représente près de 20 % du total annuel des fonds que l’Inde reçoit de l’étranger, faisant des Émirats la deuxième source de transferts mondiaux pour l’Inde juste après les États-Unis.

Sur le plan énergétique, le géant asiatique est le troisième pays importateur d’hydrocarbures au niveau mondial et dépend des importations pour 85 % du pétrole qu’elle consomme et 50 % pour le gaz. D’autre part, la part des Emirats arabes unis dans les importations indiennes de brut a quant à elle doublé entre 2021 et 2025, en passant de 5 % à 10 %, faisant d’Abu Dhabi le 4e fournisseur de pétrole de l’Inde après la Russie, l’Irak et l’Arabie saoudite.

Mais ce n’est pas suffisant pour New Delhi qui voudrait aller encore plus loin et acheter davantage aux Emirats, qui viennent tout juste de claquer la porte de l’Opep. Ainsi libéré des quotas imposés par l’Opep et à sa tête l’Arabie saoudite, les Emirats pourraient librement augmenter leur production de pétrole. Pour y parvenir, ils prévoient d’ailleurs de doubler la capacité du pipeline reliant les champs pétroliers de l’ouest du pays au port de Fujaïrah, pour contourner Ormuz, qu’ils savent désormais à la merci de l’Iran.

Lire aussi : Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP

Pour un Ormuz « libre »

Ensuite, assurer la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, un passage maritime vital pour l’économie indienne, puisque une grande partie du pétrole consommé en Inde y transite. Narendra Modi a appelé à un détroit d’Ormuz « ouvert et sûr » lors de sa visite éclair aux Emirats arabes unis. « Maintenir Ormuz libre, ouvert et sûr est notre plus haute priorité », a-t-il  affirmé. Tout en ajoutant que le respect du droit international était « essentiel ».

Recomposition géopolitique

Enfin, Modi cherche à renforcer l’influence de Inde dans un Golfe en pleine recomposition géopolitique, marqué à la fois par les fractures internes du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et par la confrontation ouverte entre Iran et les Émirats arabes unis.

Dans ce contexte d’insécurité régionale grandissante, New Delhi et Abou Dhabi ont scellé, lors de cette visite, les bases d’un partenariat stratégique de défense destiné à contrebalancer l’accord de défense mutuelle conclu l’an dernier entre le Pakistan, rival historique de l’Inde, et l’Arabie saoudite.

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Violences sexuelles contre les Palestiniens : le rapport qui accable Israël

19. Mai 2026 um 12:00

Le prestigieux quotidien américain, The New York Times,  donne la parole à des Palestiniens et des Palestiniennes ayant subi des actes de violences sexuelles commis par des soldats, des colons, des interrogateurs, et surtout des gardiens de prison. Interdit aux âmes sensibles.

C’est un article choc qui a provoqué cette semaine en Israël une « indignation publique et diplomatique d’une ampleur sans précédent », écrit le quotidien israélien Yediot Aharonot, un média  pourtant peu enclin à des sympathies pro-palestiniennes.

En cause, une tribune publiée le 11 mai dans The New York Times sous le titre « Le silence face au viol des Palestiniens ». Son auteur, le chroniqueur Nicholas Kristof, y décrit « un schéma généralisé de violences sexuelles commises contre des Palestiniens » par des gardiens de prison, des membres des forces de sécurité israéliennes et des colons.

Pour étayer ses accusations, le journaliste s’appuie sur 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée, théâtre d’une flambée de violences depuis le 7 octobre 2023.

Hommes, femmes et même des enfants

L’enquête de Nicholas Kristof, commentateur politique américain, célèbre pour ses chroniques engagées dans le The New York Times et récompensé par deux prix Pulitzer, décrit « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées contre des hommes, des femmes et même des enfants – commises par des soldats, des colons, des interrogateurs de l’agence de sécurité intérieure Shin Bet et, surtout, par des gardiens de prison ». Selon le journaliste, « rien n’indique que les dirigeants israéliens ordonnent des viols ».

Citant un rapport de mars 2025 des Nations unies – qui évoque la « torture sexualisée » comme l’un des « procédés standard » employés contre des détenus palestiniens et parle d’un usage systématique de violences sexuelles ou de menaces sexuelles lors des interrogatoires depuis l’attaque sans précédent du Hamas sur Israël, le 7 octobre 2023 -, l’auteur de l’article admet qu’il « est impossible » de déterminer l’ampleur des faits, mais affirme que 14 hommes et femmes lui ont décrit très précisément de nombreux sévices.

« Beaucoup ont déclaré qu’on tirait souvent sur leurs organes génitaux ou qu’ils étaient frappés aux testicules. Des détecteurs de métaux portatifs ont été utilisés pour sonder l’entrejambe nu des hommes, puis pour frapper leurs parties intimes », écrit-il. Selon des détenus libérés, les autorités israéliennes ordonnent aux prisonniers de garder le silence sur ces actes.

Témoignages glaçants

Le double prix Pulitzer cite à titre d’exemple de Sami al-Sai, journaliste freelance de 46 ans, qui raconte ainsi avoir été plaqué au sol par un groupe de gardes lors de son transfert vers une cellule, frappé, déshabillé de force, puis violé avec une matraque en caoutchouc, « sous les rires de ses agresseurs ». Il dit avoir entendu l’un d’eux demander des « carottes », avant d’être à nouveau pénétré avec un légume.

Son cas n’est pas isolé. D’autres prisonniers décrivent des schémas similaires : menaces de viol pour les pousser à collaborer avec les services de renseignement, torsions répétées des testicules, sondes et détecteurs utilisés comme instruments de torture sexuelle. Un agriculteur détenu sans inculpation raconte avoir été violé à trois reprises le même jour avec une matraque métallique, après avoir tenté de déposer plainte auprès de l’administration pénitentiaire; la demande de formulaire aurait déclenché de nouveaux sévices.

La honte

Pourquoi les victimes de violences sexuelles gardent-ils silence ? « La société arabe décourage les discussions sur ce sujet », explique l’auteur de l’enquête. « Des normes sociales conservatrices freinent également la discussion : deux victimes m’ont confié qu’un prisonnier qui reconnaîtrait avoir été violé compromettrait la capacité de ses sœurs et de ses filles à trouver un mari ». Double peine !

Déni effarouché

Et que répond le boucher de Gaza qui a toujours qualifié l’armée israélienne de « plus morale » ou « plus éthique » du monde de ces pratiques dignes de la Gestapo ? Et pourquoi la soi-disant « boussole morale » de l’Etat sioniste a-t-elle perdu le Nord ? En menaçant de lancer une « action en diffamation » contre le quotidien américain de référence et en brandissant comme à l’accoutumée l’arme de l’antisémitisme.

« Aujourd’hui, j’ai demandé à mes conseillers juridiques d’envisager l’action en justice la plus sévère qui soit contre le New York Times et Nicholas Kristof », a annoncé sur X jeudi 14 mai Benyamin Netanyahou, le Premier ministre d’Israël. « Ils ont diffamé les soldats israéliens et perpétué une accusation de sang par le viol, en cherchant à créer une fausse symétrie entre les terroristes génocidaires du Hamas et les valeureux soldats d’Israël. Sous mon leadership, Israël ne gardera pas le silence. Nous combattrons ces mensonges devant le tribunal de l’opinion publique et devant les tribunaux. La vérité triomphera ».

Jouant sur la corde de l’antisémitisme, le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé pour sa part « une calomnie antisémite remontant au moins au Moyen Age selon laquelle les juifs assassineraient des enfants non juifs pour les besoins de leur culte ». Classique.

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Et si Riyad et Abou Dhabi avaient bombardé discrètement l’Iran ?

16. Mai 2026 um 10:12

Selon plusieurs médias américains, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite auraient mené, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, plusieurs frappes ciblées contre l’Iran. Des opérations conduites dans la plus grande discrétion, tant les monarchies du Golfe restent prisonnières de délicats équilibres internes et régionaux.

 

La guerre au Moyen-Orient nous apporte chaque jour son lot de surprise. Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite auraient frappé à plusieurs reprises l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient sans pour autant rendre ces bombardements publics, ont affirmé des médias américains. Des ripostes « secrètes » qui visent à éviter un embrasement généralisé de la région.

Selon les révélations du The Wall Street Journal, lundi 11 mai, les Émirats arabes unis auraient discrètement frappé le territoire iranien à l’aide de chasseurs Mirage et F-16, sans jamais revendiquer officiellement l’opération.

D’après le quotidien américain, des appareils émiratis auraient visé, début avril, une raffinerie stratégique située sur l’île iranienne de Lavan, la mettant hors service pour plusieurs mois. L’attaque serait intervenue au moment où le cessez-le-feu venait d’être annoncé par les Etats-Unis, après cinq semaines de campagne aérienne, mais n’était pas encore entré en vigueur. Sans désigner publiquement son adversaire, l’Iran avait alors riposté par une pluie de missiles et de drones visant le territoire émirati.

Les Emirats dans la tourmente

Rappelons à cet égard que pendant la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, les Emirats arabes unis ont été le pays le plus ciblé de la région, Israël, compris avec quelque 550 missiles balistiques et de croisière et plus de 2 800 drones iraniens tirés contre lui. Des attaques qui ont totalement désorganisé la vie du richissime Etat pétrolier et écorné sérieusement son image de havre de paix, de prospérité et de stabilité.

En signe de riposte, les Emirats ont depuis renforcé leur coopération avec les Etats-Unis, et soutenu des projets de résolution aux Nations unies autorisant le recours à la force pour briser le blocus de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. Ils ont également pris des mesures contre les intérêts financiers de l’Iran, en fermant à Dubaï des écoles et des clubs liés à Téhéran et en refusant d’accorder des visas aux citoyens iraniens.

Virage stratégique

Mais, Abou Dhabi aura surtout négocié un virage stratégique en s’alignant davantage avec l’Etat sioniste : tout au long de la guerre, la coopération entre les deux pays a notamment porté sur le partage de renseignements, la détection et l’interception de missiles et de drones iraniens, ainsi que la sélection de cibles iraniennes, ont déclaré les sources.

Et ce n’est pas tout, puisque selon des responsables américains, Israël a envoyé une batterie du Dôme de fer et des soldats chargés de la faire fonctionner aux Émirats arabes unis pour aider Abou Dhabi à se défendre contre les bombardements iraniens. Une information confirmée d’ailleurs par l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz.

Et, cerise sur le gâteau, le bureau du Premier ministre israélien a créé la surprise en déclarant, mercredi 13 mai dans un bref communiqué, qu’« en plein déroulement de l’opération » militaire israélo-américaine contre l’Iran, le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu s’était rendu discrètement aux Émirats pour y rencontrer le président Mohammad ben Zayed (MBZ) » sans plus de précision sur la date du voyage.

Un communiqué démenti par Abou Dhabi mais qui n’a pas manqué de faire réagir le ministre des Affaires étrangères iranien lors du sommet des BRICS à New Delhi, ce jeudi 14 mai. « Il est désormais évident qu’ils ont participé à ces attaques, peut-être même qu’ils ont agi directement contre nous », a accusé Abbas Araghtchi à propos des Emirats.

La retenue de Riyad

D’autre part, le Financial Times avait également révélé que l’Arabie saoudite aurait répondu fin mars aux attaques iraniennes contre ses infrastructures énergétiques et civiles, envoyant ainsi un message codé à Téhéran suggérant que le royaume est capable de riposter mais  n’entendait pas pour autant se joindre à la coalition israélo-américaine.

En effet, le royaume wahhabite, qui a été frappé par des attaques qui ont réduit sa capacité de production de pétrole de 600 000 barils par jour et diminué le débit de l’oléoduc Est-Ouest de 700 000 barils par jour, a opté pour une réponse plus mesurée que son voisin émirati en informant l’Iran en amont de ses frappes.

L’Arabie saoudite a, quant à elle, « fait preuve d’une démarche beaucoup plus prudente, privilégiant les canaux diplomatiques en passant par le Pakistan, Oman et le Qatar pour bien faire comprendre qu’elle ne voulait absolument pas rejoindre une guerre aux côtés d’Israël », écrit le Financial Times . Une stratégie qui a porté ses fruits puisque le nombre d’attaques par drones et missiles contre son territoire est passé de plus de 105 lors de la semaine du 25 au 31 mars à un peu plus de 25 entre le 1er et le 6 avril.

L’ancien chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki al-Faiçal, a résumé parfaitement la position du royaume en soulignant dans une tribune publiée le week-end dernier dans le journal saoudien Arab News : « Lorsque l’Iran et d’autres ont tenté d’entraîner le royaume dans la fournaise de la destruction, nos dirigeants ont choisi d’endurer les souffrances causées par un voisin afin de protéger la vie et les biens de nos citoyens ».

Tout a été dit.

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