Normale Ansicht

Grève dans les banques : les jours d’arrêt de travail seront déduits des salaires et des primes

23. Juni 2026 um 09:01

Le Conseil bancaire et financier (CBF) a estimé, lundi soir, que la grève annoncée dans le secteur bancaire pour les 23, 24 et 25 juin 2026 est « non justifiée », affirmant que l’ensemble des banques et établissements financiers ont déjà appliqué les augmentations salariales prévues au titre de l’année 2026.

Dans un communiqué publié à la suite de l’appel à la grève lancé par la Fédération générale des banques et des établissements financiers, le CBF précise que ces augmentations ont été versées conformément aux dispositions du décret n°68 du 30 avril 2026 relatif à la fixation des hausses salariales.

Le Conseil souligne que ce mouvement social intervient durant une période sensible, marquée notamment par le versement des salaires et des pensions, le paiement des factures ainsi que la réalisation de diverses opérations financières. Il appelle, à ce titre, les responsables syndicaux à privilégier l’intérêt général et à contribuer à la préservation de la stabilité du système financier national.

Le CBF insiste également sur la nécessité de garantir la continuité des services essentiels, notamment les opérations de retrait aux guichets et aux distributeurs automatiques de billets, l’exécution des ordres de paiement et des transactions bancaires, ainsi que les services de transport de fonds et l’approvisionnement des agences en liquidités, conformément aux recommandations de la Banque centrale de Tunisie.

Enfin, le Conseil rappelle que les dispositions légales encadrant l’exercice du droit de grève seront appliquées. Celles-ci prévoient notamment la retenue des jours de grève sur les salaires, les primes et les différents avantages accordés aux employés participant au mouvement.

L’article Grève dans les banques : les jours d’arrêt de travail seront déduits des salaires et des primes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Pouvoir d’achat : 3 000 dinars par mois, un minimum vital en Tunisie ?

31. März 2026 um 14:51

Le député Hassan Jarboui a récemment affirmé, dans des déclarations médiatiques, que tout citoyen percevant moins de 3 000 dinars par mois devrait bénéficier de subvention de l’État. Une déclaration qui intervient dans un contexte de pression croissante sur le pouvoir d’achat et qui relance le débat sur le niveau de revenu nécessaire pour vivre dignement en Tunisie.

Car derrière cette prise de position, une interrogation essentielle s’impose : à partir de quel salaire peut-on réellement couvrir ses besoins sans basculer dans la précarité ?

Ecart significatif entre les revenus et le coût de la vie

En l’état actuel, les données disponibles montrent un écart significatif entre les revenus et le coût de la vie. Le salaire moyen en Tunisie est généralement estimé entre 900 et 950 dinars mensuels, avec des variations selon les secteurs. Le salaire minimum interprofessionnel garanti, lui, tourne autour de 528 dinars brut. Ces niveaux restent largement en deçà du seuil évoqué par le député.

Dans le même temps, plusieurs analyses économiques récentes indiquent qu’une personne seule a besoin d’au moins 1 200 dinars pour couvrir ses dépenses essentielles, tandis qu’une famille en milieu urbain doit mobiliser entre 3 000 et 3 500 dinars pour maintenir un niveau de vie relativement stable. Le seuil d’une vie jugée « décente » est souvent situé autour de 4 000 dinars, en tenant compte du logement, de l’alimentation, du transport, de la santé et de l’éducation.

Lire aussi : Tunisie – Majorations salariales : Un député dévoile un taux en deçà des attentes

Un revenu de 2 000 dinars permet une relative autonomie

Une simulation simple permet de mieux saisir cette réalité. Avec un revenu proche du SMIG, soit environ 600 dinars net, il devient extrêmement difficile de subvenir seul à ses besoins, notamment en raison du coût du logement. À 1 000 dinars, niveau proche de la moyenne nationale, un individu peut couvrir ses dépenses de base, mais reste très exposé au moindre imprévu. Un revenu de 2 000 dinars permet une relative autonomie pour une personne seule, sans pour autant garantir une réelle sécurité financière, surtout en cas de charges familiales.

Ce n’est qu’à partir de 3 000 dinars qu’un ménage commence à atteindre un certain équilibre, bien que la capacité d’épargne demeure limitée. Au-delà de 4 000 dinars, le niveau de vie devient plus confortable et correspond davantage aux standards d’une vie décente tels que définis par plusieurs études.

Dans ce contexte, la déclaration du député Hassan Jarboui apparaît moins comme une exagération que comme le reflet d’un décalage profond entre les revenus réels des Tunisiens et les exigences économiques quotidiennes. Elle met en évidence une classe moyenne fragilisée et une large frange de la population confrontée à des arbitrages permanents.

Au-delà de la controverse, cette prise de position pose une question centrale pour les politiques publiques : celle de la redéfinition des mécanismes de soutien social. Si le seuil de 3 000 dinars devient une référence, cela signifie que l’essentiel des salariés pourrait être concerné par des formes d’aide, révélant ainsi l’ampleur des tensions économiques qui traversent le pays.

L’article Pouvoir d’achat : 3 000 dinars par mois, un minimum vital en Tunisie ? est apparu en premier sur webdo.

❌