Normale Ansicht

Tunis-Carthage, lanterne rouge des aéroports mondiaux : que cache vraiment ce classement ?

14. Juni 2026 um 11:02

L’aéroport international de Tunis-Carthage vient de décrocher un titre peu enviable : dernier du monde. C’est ce que révèle le rapport annuel 2026 d’AirHelp, spécialiste de la défense des droits des passagers, qui a passé au crible 279 aéroports à travers la planète. Avec une note de 5,50 sur 10, Tunis-Carthage ferme la marche du classement mondial.

Sur quoi repose ce verdict ? AirHelp affirme s’appuyer sur trois piliers d’évaluation : la ponctualité des vols, l’expérience vécue par les voyageurs et la qualité des services et des infrastructures.

Concrètement, cela englobe le respect des horaires de départ et d’arrivée, la fluidité des procédures d’embarquement et de contrôle, le confort des espaces d’accueil, ainsi que le niveau général des équipements disponibles. L’ensemble est synthétisé en une note sur 10, qui détermine le rang de chaque aéroport dans le classement mondial.

Toutefois, vous aurez noté que ce classement AirHelp ne concerne que quelques aéroports dans le monde. Par exemple, les Etats-Unis à eux seuls en comptent plus de 100, contre 60 pour la Chine, 11 pour l’Allemagne… Autrement dit et sur le plan déontologique, – loin de nous l’idée de défendre Tunis-Carthage -, il serait préférable de préciser qu’il s’agit des « aéroports étudiés ».

L’article Tunis-Carthage, lanterne rouge des aéroports mondiaux : que cache vraiment ce classement ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Aéroports TAV Tunisie : réviser les accords aériens pour libérer Enfidha et Monastir

TAV Tunisie attend un signe fort de l’État pour libérer le potentiel de ses infrastructures aéroportuaires.

Avec une superficie de 4 300 hectares, l’aéroport d’Enfidha-Hammamet est la plus vaste infrastructure aéroportuaire d’Afrique du Nord.

Malgré cette dimension, le site enregistre un volume de trafic nettement inférieur à ses capacités techniques.

Lors d’une rencontre récente avec les médias, Mélanie Lefebvre, directrice générale de TAV Tunisie, qui gère les aéroports d’Enfidha-Hammamet et de Monastir-Habib Bourguiba, a souligné ce déséquilibre en précisant que la Tunisie dispose d’une infrastructure de haute performance dont l’exploitation actuelle se retrouve limitée à un usage minimal.

Aujourd’hui, bien que TAV Tunisie table sur une croissance de 5 % dans la conjoncture actuelle du trafic des passagers pour l’aéroport d’Enfidha, ce chiffre reste en deçà des capacités réelles de l’infrastructure.

En 2025, l’aéroport n’a accueilli que 1,5 million de passagers, alors qu’il est dimensionné pour 7 millions et jusqu’à 28 millions à terme avec les extensions prévues.

Ce décalage représente un manque à gagner colossal, particulièrement pour l’État. On estime que le plein usage de ce site pourrait rapporter à la Tunisie jusqu’à 7 milliards de dinars par an.

Le verrou des accords aériens obsolètes

Pourquoi un tel blocage ? L’un des obstacles majeurs, selon la première responsable de TAV Tunisie, réside dans les barrières administratives.

La Tunisie est encore régie par des accords bilatéraux aériens obsolètes, qui ne correspondent plus aux réalités du marché mondial, explique-t-elle.

Ces textes rigides limitent l’accès des compagnies aériennes étrangères, notamment européennes comme EasyJet, les empêchant d’ouvrir de nouvelles lignes vers Enfidha, précise encore Mélanie Lefebvre.

lefebvre-melanie
Pour TAV Tunisie, la mise à jour de ces accords est une urgence absolue. Le potentiel est là, mais les barrières administratives agissent comme un frein au développement des aéroports d’Enfidha et Monastir, affirme-t-elle.

En revanche, l’opérateur affiche une volonté claire de diversifier ses sources de revenus en allant chercher des marchés à forte valeur ajoutée tels que la Russie et les pays du Golfe.

Ce sont des régions où la demande pour la destination Tunisie est forte, mais où les liaisons peinent à se structurer faute d’une vision réglementaire moderne.

L’État gagnant

Il est crucial de comprendre la structure économique de ce partenariat entre TAV Tunisie et l’État:

Les frais aéroportuaires perçus par TAV Tunisie ne représentent que 3 % des recettes totales générées par les passagers transitant par Enfidha et Monastir. Les 97 % restants tombent directement dans l’escarcelle de l’économie tunisienne : hôteliers, restaurateurs, artisans, commerçants, etc.

Dans cette optique, l’argument d’attendre pour investir ne tient pas. Pourquoi attendre l’échéance de la fin de la concession en 2047 pour développer l’infrastructure ?

L’État a tout intérêt à ce qu’Enfidha se développe dès maintenant, considère la directrice générale. D’autant plus que récupérer, au terme du contrat, un aéroport doté de quatre terminaux actifs et dynamiques est une perspective bien plus lucrative que de reprendre un site sous-exploité avec un seul terminal fonctionnel.

De plus, bien que l’extension de l’aéroport de Tunis-Carthage nécessite du temps, Enfidha offre une solution immédiate et extensible à exploiter dès à présent.

L’appel au « signe fort »

Aujourd’hui, TAV Tunisie, qui emploie plus de 600 compétences tunisiennes et investit massivement, dont 35 millions de dinars pour la rénovation imminente de Monastir, attend un signal politique. L’opérateur ne demande pas seulement des autorisations, il demande un partenariat de vision.

Le message envoyé à l’État est clair : « Il suffit de dire que l’État est prêt à travailler avec nous », déclare Mélanie Lefebvre. Ce signe fort permettrait de débloquer des investissements supplémentaires, de résoudre les problèmes de connectivité comme la liaison ferroviaire promise et de transformer enfin cet aéroport de classe mondiale en un véritable hub méditerranéen.

Enfidha-Hammamet n’est pas un projet en attente, c’est une solution en attente.

Entre les accords à dépoussiérer et les marchés internationaux à conquérir, les leviers de croissance sont identifiés.

Il ne reste plus qu’à l’État à tendre la main pour qu’Enfidha prenne enfin son envol définitif.

Destination Tunisie 

Lire aussi à propos de l’aéroport Enfidha:
L’aéroport d’Enfidha se relance dans l’activité cargo

L’article Aéroports TAV Tunisie : réviser les accords aériens pour libérer Enfidha et Monastir est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

Une liaison ferroviaire en projet pour desservir Tunis-Carthage

Selon les données officielles, le projet sera réalisée en trois phases distinctes, couvrant un total de plus de 20 kilomètres

Dans le cadre de son Plan de développement 2026-2030, l’État tunisien a annoncé hier un projet de création d’une nouvelle ligne de transport public ferroviaire destinée à améliorer la desserte de l’aéroport Tunis-Carthage et à renforcer la mobilité dans le Grand Tunis.

La première phase prévoit la réalisation d’un tronçon de 8 km reliant l’Avenue de la République à l’aéroport, en passant par le quartier de La Perle du Lac.

La deuxième phase, longue de 10 km, prolongera la ligne depuis La Perle du Lac jusqu’à la zone économique du Kram, également connue sous l’appellation Lac 3.

Enfin, une troisième phase de 4 km permettra d’étendre le réseau vers les quartiers des Jardins de Carthage, d’Aïn Zaghouan et de Bhar Lazreg, à proximité de l’hôpital Hôpital Mongi Slim La Marsa.

Parallèlement à ces développements d’infrastructure, un appel d’offres a été lancé pour l’acquisition de 30 rames ferroviaires destinées à exploiter cette future ligne.

Ce projet s’inscrit dans une volonté de fluidifier l’accès à l’aéroport et accompagner son plan d’extension qui a également été confirmé.

Image d’illustration générée par IA

L’article Une liaison ferroviaire en projet pour desservir Tunis-Carthage est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : un choix stratégique qui interroge

Le gouvernement tunisien a officiellement tranché concernant l’avenir de l’Aéroport international de Tunis-Carthage. Il a dévoilé hier son projet d’extension, sans toutefois aborder la nature de son financement.

La décision annoncée officiellement hier en conseil des ministres a clarifié une fois pour toutes les grandes orientations de l’Etat pour ce qui concerne le futur de l’aéroport Tunis-Carthage, première porte d’entrée dans le pays par voie aérienne avec 60 % du trafic tous aéroports confondus.

Il n’y aura donc pas de nouvel aéroport à construire comme cela avait été évoqué, de même que l’option de délocalisation vers l’Aéroport international d’Enfidha-Hammamet n’est de toute évidence plus à l’ordre du jour.

Le schéma retenu est celui d’une extension des infrastructures existantes avec la réalisation d’un nouveau terminal d’une capacité de 11,5 millions de passagers, portant la capacité globale à 18,5 millions (contre une surcapacité de 7,2 de voyageurs actuellement) en plus de la rénovation de l’actuel terminal pour porter sa capacité à 7 millions de passagers.

Une orientation qui, si elle répond de toute évidence à une logique budgétaire évidente, soulève néanmoins plusieurs interrogations de fond.

Une décision avant tout économique ?

Tout porte à croire que le choix retenu repose essentiellement sur des considérations financières et des impératifs de rationalisation des dépenses publiques. L’extension apparaît comme la solution la moins coûteuse à court terme.

Mais cette approche privilégie-t-elle une vision stratégique à long terme ? Certains observateurs estiment que les conséquences des arbitrages actuels risquent d’être reportées sur les générations futures, notamment si le choix arrêté s’avérait inadapté.

Les professionnels du tourisme laissés en marge : Autre point sensible : l’absence de consultation élargie des acteurs du tourisme et du voyage. Les professionnels du secteur, en première ligne avec leurs partenaires internationaux et leurs clients, disposent pourtant d’une lecture fine des tendances du marché, des attentes des compagnies aériennes et de l’évolution des flux touristiques.

Leur expertise aurait pu enrichir le débat stratégique autour d’une consultation appelée à fixer les enjeux de compétitivité de la destination Tunisie.

La question de la gouvernance et de la qualité de service : Au-delà des infrastructures, plusieurs voix s’interrogent sur les méthodes de gestion actuelles au sein de l’aéroport. Les critiques portent notamment sur des processus jugés peu flexibles et insuffisamment orientés vers l’expérience passager.

Sans réforme structurelle de la gouvernance et des pratiques opérationnelles, une extension physique suffira-t-elle à améliorer la qualité de service ?

L’angle mort de la législation aérienne : Peu de débats publics ont également porté sur le cadre réglementaire de l’aviation civile. Or, la législation actuelle impose encore des restrictions notamment sur les droits de trafic, un facteur déterminant dans l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire.

Le dossier de l’Open Sky semble par ailleurs avoir été relégué au second plan, alors même qu’une clause prévoit que l’aéroport de Tunis-Carthage bénéficie d’une période de « protection » de cinq ans. Une situation qui continue d’alimenter les interrogations sur la stratégie d’ouverture du ciel tunisien.

Et le rôle de Tunisair dans cette nouvelle configuration ?

La question de l’adaptation de l’aéroport aux besoins spécifiques de la compagnie nationale, Tunisair, demeure également posée. Le futur terminal a-t-il été pensé comme un véritable levier de croissance pour son trafic, avec des infrastructures alignées sur la nature de son réseau et ses ambitions de développement ?

La réponse à cette question sera déterminante pour la compétitivité de la compagnie et, par extension, pour le positionnement régional de Tunis.

Les riverains face à l’augmentation du trafic

Enfin, un point majeur semble peu abordé : l’impact sur les habitants de Tunis et des zones limitrophes. Les quartiers des Berges du Lac, de La Soukra ou encore de l’Ariana, situés dans le périmètre aéroportuaire et sous les axes de servitude aéronautique (couloirs d’approche et de décollage), pourraient voir les nuisances sonores s’intensifier proportionnellement à l’augmentation du mouvement des avions.

Les riverains ont-ils été consultés ? Des mesures d’atténuation sont-elles prévues dans les plans futurs ? L’argument stipulant que les avions sont moins bruyants évoqués par certains est particulièrement maigre.

Une vision à clarifier

L’extension de l’aéroport Tunis-Carthage constitue indéniablement un choix structurant pour l’avenir du transport aérien tunisien. Mais au-delà des chiffres et des capacités annoncées, c’est une vision globale qui est attendue : gouvernance modernisée, cadre réglementaire adapté, intégration des besoins des compagnies, concertation avec les professionnels et prise en compte des impacts environnementaux.

Car un aéroport n’est pas seulement une infrastructure. C’est un outil stratégique au service d’un pays, de son économie et de ses citoyens. Et dans ce dossier, à l’heure où cet article est publié, aucune information n’a filtré sur le budget consacré et sur sa provenance. L’information officielle s’est limitée à indiquer que le projet entre dans le cadre du Plan de développement 2026-2030.

©Destination Tunisie

 

Lire dans nos archives à propos de l’aéroport:

Aéroport Tunis-Carthage: le salon Privilège change d’exploitant

Ces serpentins qui font couler beaucoup de salive

Skyrax classe Tunis-Carthage 2 étoiles

L’article Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : un choix stratégique qui interroge est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

L’aéroport d’Enfidha se relance dans l’activité cargo

L’activité cargo à Enfidha-Hammamet reprend, portée par une volonté forte du gestionnaire de l’aéroport, TAV Tunisie.

A Enfidha-Hammamet, le trafic aérien ne sera plus exclusivement charter. 9 ans après son interruption, l’activité cargo va reprendre sur le terminal. TAV Tunisie l’a annoncé officiellement le 6 février courant. Cette reprise s’amorcera dans le cadre d’un partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie du centre laquelle réaffirme son engagement à soutenir les opérateurs économiques, à faciliter l’accès des entreprises aux marchés internationaux et à promouvoir des solutions logistiques performantes au service des activités d’importation et d’exportation.

La relance de l’activité cargo repose sur un engagement clair de l’aéroport qui a signé un ensemble de protocoles d’accord avec des opérateurs spécialisés: Express World Group, Cargo Wings Express ou encore Savino Del Bene.

cargo-fret-aeroport-tunisie

Cérémonie officielle de relance de l’activité cargo à l’aéroport Enfidha-Hammamet

Mélanie Lefebvre, directrice générale de TAV Tunisie, a souligné que « la relance du terminal cargo marque une étape déterminante dans [notre] stratégie de développement » ajoutant en substance qu’il s’agit d’accompagner les entreprises tunisiennes et de renforcer le positionnement de la Tunisie en Méditerranée.

Lire aussi à propos de l’aéroport Enfidha:

Comment l’aéroport d’Enfidha adapte son offre aux attentes des charters Omra

L’article L’aéroport d’Enfidha se relance dans l’activité cargo est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

❌