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Réduire le déficit de la CNAM : sauver les comptes sans sacrifier la dignité des citoyens

Von: farhat
27. September 2026 um 10:14

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

La question du déficit de la CNAM n’est pas simplement une question de chiffres, de colonnes comptables ou de graphiques financiers. Derrière chaque dinar perdu, derrière chaque déséquilibre budgétaire, il existe une réalité humaine qui mérite d’être regardée avec attention. Une caisse d’assurance maladie n’est pas une entreprise ordinaire qui cherche uniquement la rentabilité. Elle est une institution sociale qui porte une promesse essentielle : la maladie ne doit pas devenir une condamnation financière pour les citoyens.

Lorsque la CNAM rencontre des difficultés financières, c’est toute une relation de confiance qui est fragilisée. Le salarié qui cotise chaque mois, le retraité qui dépend de ses remboursements, la famille confrontée à une maladie chronique, le patient qui attend une prise en charge pour un traitement coûteux, tous regardent cette situation avec inquiétude. La santé n’est pas une dépense comme une autre. Elle touche à la sécurité, à la dignité et au sentiment d’appartenir à une communauté qui protège ses membres les plus vulnérables.

Réduire le déficit de la CNAM est donc une nécessité évidente. Aucun système ne peut survivre durablement avec des déséquilibres permanents. Mais la véritable question n’est pas seulement comment réduire les dépenses ou augmenter les recettes. La vraie question est : comment réformer sans casser l’idée même de solidarité qui constitue la raison d’être de cette institution ?

La facilité serait de chercher des solutions rapides : augmenter les cotisations, réduire les remboursements, limiter les prestations. Ces décisions peuvent sembler efficaces à court terme, mais elles risquent de créer de nouvelles difficultés. Une hausse excessive des charges peut décourager les travailleurs et les entreprises, tandis qu’une diminution des remboursements peut pousser certains citoyens à renoncer aux soins nécessaires. Or, un problème médical ignoré aujourd’hui peut devenir une situation beaucoup plus coûteuse demain.

Une maladie chronique mal suivie, une absence de prévention, un diagnostic retardé peuvent entraîner des hospitalisations plus longues et des traitements plus lourds. L’économie réalisée sur un instant peut ainsi devenir une dépense supplémentaire dans le futur. La véritable réforme ne doit donc pas être une politique d’austérité appliquée mécaniquement, mais une stratégie intelligente qui cherche à mieux utiliser les ressources disponibles.

Avant de demander davantage aux citoyens, il faut d’abord répondre à une question fondamentale : où va réellement l’argent de la santé ? Dans tout système complexe, les pertes ne viennent pas seulement des grandes dépenses visibles. Elles peuvent aussi provenir d’une accumulation de petits dysfonctionnements : actes inutiles, examens répétés sans justification, fraudes, procédures administratives lentes, manque de coordination entre les différents acteurs.

Chaque dérive individuelle finit par affecter la collectivité. L’argent de la CNAM n’appartient pas à une administration abstraite, il appartient aux citoyens qui contribuent au système et qui comptent sur lui lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Protéger ces ressources n’est donc pas seulement une question de gestion, mais une question de responsabilité collective.

La transparence et la modernisation au cœur de la réforme

La première grande transformation nécessaire concerne la modernisation du fonctionnement de la CNAM. La numérisation ne doit pas être considérée comme un simple projet technologique ou un effet de mode administrative. Elle doit devenir un véritable outil de contrôle, de rapidité et de justice.

Un système numérique performant permettrait de mieux suivre les dépenses, d’identifier les anomalies, de réduire les doublons et de lutter plus efficacement contre les abus. Il pourrait également améliorer la relation avec les assurés en réduisant les délais de remboursement et en facilitant les démarches. Dans un contexte où la confiance est parfois fragilisée, la transparence devient une condition essentielle de réussite.

Mais la technologie ne peut pas tout résoudre. Elle doit accompagner une réforme plus profonde de l’organisation du système de santé. La relation entre la CNAM, les hôpitaux publics et les établissements privés doit être repensée avec une vision globale.

Aujourd’hui, le système semble parfois fonctionner comme un ensemble de parties séparées, où chacun tente de répondre à ses propres contraintes. Les hôpitaux publics souffrent souvent de manque de moyens, d’équipements insuffisants ou de difficultés organisationnelles. Le secteur privé, de son côté, joue un rôle important dans l’offre de soins, mais nécessite un cadre de contrôle et de régulation capable de garantir l’équilibre entre qualité des soins et maîtrise des coûts.

La CNAM ne peut pas être uniquement un organisme qui paie les factures d’un système fragmenté. Elle doit devenir un acteur stratégique capable d’orienter les choix de santé publique. Cela implique de revoir certaines conventions, d’évaluer régulièrement les coûts réels, de renforcer les mécanismes de contrôle et surtout de donner au secteur public les moyens de remplir pleinement sa mission.

Mais une réforme durable doit également changer notre manière de penser la santé. Pendant longtemps, beaucoup de systèmes ont privilégié la réparation plutôt que la prévention. On intervient lorsque la maladie apparaît, lorsque les complications sont déjà présentes, alors qu’une partie importante des dépenses pourrait être évitée par une meilleure anticipation.

Le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires ou encore certaines pathologies liées aux habitudes de vie représentent un coût considérable. Pourtant, une politique efficace de dépistage précoce, d’éducation sanitaire et de suivi régulier pourrait réduire une partie de ces charges.

Investir dans la prévention n’est pas une dépense supplémentaire, c’est un investissement dans l’avenir. Une consultation de prévention aujourd’hui peut éviter une hospitalisation demain. Un accompagnement régulier d’un patient fragile peut éviter des complications coûteuses. Une population mieux informée devient aussi une population qui utilise mieux les ressources médicales.

La CNAM, miroir des fragilités économiques et sociales

Cependant, il serait insuffisant d’analyser le déficit de la CNAM uniquement à travers son fonctionnement interne. Une caisse sociale dépend aussi de la santé économique du pays. Lorsque l’emploi formel diminue, lorsque l’économie informelle progresse et lorsque les cotisations deviennent irrégulières, le financement collectif devient naturellement plus difficile.

Le déficit de la CNAM reflète donc également certaines fragilités économiques. Une protection sociale solide nécessite une économie capable de générer des emplois déclarés, une contribution régulière et une confiance durable entre les citoyens et les institutions.

Sauver la CNAM ne signifie pas seulement équilibrer un budget. Cela signifie renforcer une culture de responsabilité où chacun comprend que les droits sociaux reposent aussi sur des devoirs collectifs. La solidarité n’est pas un système où certains contribuent et d’autres profitent sans limites. Elle est un contrat entre les générations, entre les bien-portants et les malades, entre ceux qui travaillent aujourd’hui et ceux qui auront besoin d’aide demain.

Toute réforme devra donc être expliquée, discutée et surtout ressentie comme juste. Les citoyens peuvent accepter des changements lorsqu’ils comprennent leur nécessité et lorsqu’ils voient que l’effort demandé est équitablement réparti. En revanche, ils rejettent naturellement les solutions qui donnent l’impression que les sacrifices reposent toujours sur les mêmes catégories sociales.

La réduction du déficit de la CNAM ne doit pas devenir un prétexte pour affaiblir la protection sociale. Elle doit au contraire être l’occasion de la reconstruire sur des bases plus solides : plus de transparence, plus d’efficacité, plus de prévention et plus de responsabilité.

La question fondamentale dépasse finalement les comptes financiers. Elle concerne notre vision collective de la société. Voulons-nous une assurance maladie qui survit difficilement au fil des années ou une institution moderne capable de protéger réellement les citoyens ?

La réponse dépendra de notre capacité à comprendre qu’une bonne gestion financière et une forte solidarité ne sont pas deux objectifs opposés. Elles sont les deux conditions nécessaires d’un même projet : construire une santé publique digne, durable et accessible à tous.

 

 

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Sécurité sociale : sept milliards de dinars de déficit, l’UGTT alerte sur l’urgence des réformes

26. September 2026 um 15:01

Le déficit financier cumulé des trois caisses sociales a atteint près de 7 milliards de dinars, selon des données actualisées présentées samedi 26 septembre 2026 lors d’un atelier organisé par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Face à cette situation, des experts ont alerté sur les risques qui pèsent à la fois sur les équilibres...

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TeleHealth Connect 2026: la Tunisie accueille le directeur général de l’OMS

24. September 2026 um 15:29

La santé est en train de changer de terrain. Consultation à distance, intelligence artificielle, données médicales et outils de diagnostic connectés s’installent progressivement dans les systèmes de soins, avec une promesse forte, celle de rapprocher le patient du médecin et de rendre les parcours de soins plus fluides. Mais derrière cette transformation se posent déjà d’autres questions, moins technologiques et beaucoup plus structurantes, sur la gouvernance, la sécurité des données et l’accès aux nouvelles solutions.

C’est dans ce contexte que la Tunisie accueillera, du 29 septembre au 1er octobre 2026, le congrès international TeleHealth Connect Tunisia 2026, à l’hôtel Radisson Blu (ex Laico) à Tunis. Placée sous le haut patronage du président de la République, Kaïs Saïed, la rencontre réunira des responsables de la santé, des délégations arabes, africaines et internationales, ainsi que des experts autour des grandes mutations du secteur.

Le rendez-vous intervient alors que l’intelligence artificielle progresse plus vite que les cadres censés l’encadrer. Un constat particulièrement visible en Europe. Dans une analyse publiée en juillet 2026, l’Organisation mondiale de la santé indique que seuls 8 % des pays de sa Région disposent d’une stratégie spécifique à l’intelligence artificielle en santé, alors que près des deux tiers utilisent déjà l’IA dans le diagnostic. L’OMS relève également que moins de la moitié des pays ont évalué l’adéquation de leurs cadres juridiques à ces nouveaux usages.

Le sujet ne relève donc plus de la prospective. L’IA entre déjà dans les pratiques médicales, tandis que les systèmes de santé doivent encore définir les règles qui permettront de l’utiliser de manière sûre et responsable. C’est précisément l’un des enjeux qui traversera les discussions de TeleHealth Connect 2026.

La télémédecine figurera parmi les principaux thèmes du congrès. Plusieurs initiatives sont déjà engagées dans ce domaine, avec l’objectif de faciliter l’accès aux soins, notamment pour les patients éloignés des établissements et des spécialités médicales. Cette évolution ouvre de nouvelles possibilités pour le suivi et la prise en charge à distance, tout en posant des questions sur les infrastructures, la formation des professionnels et l’accès des patients aux outils numériques.

Les données de l’UIT illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, seulement 38 % de la population utilisait Internet en 2024, contre 68 % à l’échelle mondiale. L’écart entre les villes et les zones rurales reste particulièrement important, avec un taux d’utilisation de 57 % en milieu urbain contre 23 % en milieu rural. Dans ces conditions, la transformation numérique de la santé ne peut pas être pensée uniquement sous l’angle des technologies disponibles. Elle dépend aussi de la capacité à garantir une connexion, des équipements et des usages accessibles au plus grand nombre.

L’OMS souligne elle aussi les limites de cette transition. Dans son analyse régionale consacrée à la santé numérique et à la télémédecine, elle relève que 30 à 70 % des professionnels de santé interrogés dans différentes études déclarent ne pas disposer des compétences numériques nécessaires pour utiliser efficacement les technologies numériques. Elle constate également que les dispositifs de télémédecine restent encore insuffisamment évalués dans plusieurs pays.

Cette réalité donne une autre dimension au débat sur l’innovation. La question n’est plus seulement de savoir ce que la technologie permet de faire, mais dans quelles conditions elle peut réellement améliorer les soins.

La cybersécurité sera ainsi au cœur des discussions. À mesure que les données médicales circulent entre patients, professionnels, établissements et plateformes, leur protection devient un enjeu stratégique. Le développement de l’IA ajoute une couche supplémentaire à cette équation, avec des interrogations sur la qualité des données, les biais, la confidentialité et la responsabilité des décisions prises avec l’appui d’algorithmes.

L’OMS a d’ailleurs consacré en juin 2026 un document spécifique aux opportunités et aux risques de l’IA dans l’élaboration des politiques de santé. L’organisation met notamment en garde contre les biais liés aux données, les vulnérabilités en matière de cybersécurité et le risque que les outils numériques donnent davantage de poids aux informations facilement quantifiables au détriment de l’expérience des patients et des réalités locales.

C’est donc un débat de gouvernance autant qu’un débat technologique qui se dessine à Tunis. La santé numérique peut accélérer l’accès aux soins et améliorer certains parcours, mais elle oblige aussi les décideurs à revoir les règles, les compétences et les infrastructures qui accompagnent cette évolution.

Les bénéfices potentiels sont néanmoins considérables. Selon l’UIT, qui s’appuie sur des travaux conjoints avec l’OMS, le recours à des solutions numériques telles que la télémédecine, la messagerie mobile et les chatbots pour prévenir et prendre en charge certaines maladies non transmissibles pourrait permettre d’éviter plus de deux millions de décès et quelque sept millions d’événements aigus ou hospitalisations au cours des dix prochaines années, avec un gain économique estimé à 199 milliards de dollars.

Encore faut-il que cette promesse ne creuse pas les écarts existants. C’est là que la question de l’équité prend tout son sens. Une innovation médicale n’aura qu’un impact limité si elle reste inaccessible aux populations les plus éloignées du numérique ou aux territoires qui disposent des infrastructures les plus faibles.

L’ouverture de TeleHealth Connect Tunisia 2026 est prévue le 29 septembre à 9h, avec une allocution du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani. Dans son message, il a présenté la santé numérique comme un moyen de “make digital health a bridge that brings care closer to every person” et appelé à la construction de partenariats pratiques et durables.

Les travaux se poursuivront le 30 septembre autour des différentes sessions thématiques. Le congrès réunira notamment des représentants du monde arabe et du continent africain, dans un contexte où les expériences de transformation numérique des systèmes de santé restent très diverses.

Le dernier jour devrait donner au rendez-vous une portée internationale supplémentaire. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, est annoncé à Tunis pour la clôture du congrès, ce qui constituerait, selon les organisateurs, une première en Tunisie. Sa présence doit également coïncider avec la signature d’un accord international présenté comme majeur. Son contenu et les engagements qui en découleront n’ont pas encore été précisés dans les informations communiquées.

Au fond, TeleHealth Connect 2026 pose une question qui dépasse la seule technologie. À mesure que l’intelligence artificielle et la télémédecine entrent dans le quotidien des systèmes de soins, le véritable enjeu sera de savoir comment transformer cette puissance numérique en progrès médical accessible, sécurisé et réellement utile au patient.

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Quand la CNSS et la CNRPS siphonnent les finances de la CNAM : les créanciers et le système de santé trinquent

Von: tmps
23. September 2026 um 10:16

Les dettes de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) envers les hôpitaux publics ont dépassé 2,2 milliards à fin juin 2026, selon un bilan arrêté à fin juin 2026 par le Syndicat général des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes hospitalo-universitaires.

Ces dettes ont enregistré une forte hausse par rapport à fin 2025 (environ 1,95 milliard de dinars) et fin 2024 (près de 1,5 milliard de dinars).

Les structures sanitaires publiques dont les créances auprès de la CNAM étaient particulièrement élevées en juin dernier sont, entre autres, l’hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir (plus de 135 millions de dinars) et les hôpitaux Farhat Hached et Sahloul à Sousse, ainsi que Charles Nicolle à Tunis (entre 130 et 135 millions de dinars).

L’origine du mal remonte à 2015, lorsque le gouvernement avait fait le choix de réorienter une grande partie des cotisations sociales perçues par la CNAM vers la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) pour pallier leurs déficits et garantir le versement des pensions de retraite et autres prestations sociales, causant une grave crise de liquidités au niveau de la caisse chargée d’administrer le régime national d’assurance-maladie.

Selon le dernier rapport du ministère des Finances sur les établissements publics, publié début 2024, les dettes cumulées de la CNSS et de la CNRPS envers la CNAM atteignaient la somme colossale de 8,787 milliards de dinars à la fin de l’année 2022. Cette somme aurait augmenté considérablement au cours des dernières années. Mais l’impact de la crise de liquidités de la CNAM ne s’arrête pas au niveau des établissements publics de santé. Privés de ces fonds importants, ceux-ci rencontrent de grandes difficultés financières pour assurer leurs charges de fonctionnement, entretenir leur matériel ou régler leurs propres fournisseurs. Ainsi, une boucle de non-paiement s’est formée menaçant l’ensemble des intervenants, tels que la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), les fournisseurs d’équipements et de consommables médicaux ou encore les laboratoires pharmaceutiques locaux et étrangers. Le système de santé fonctionne comme une chaîne, dont les différents maillons sont interdépendants financièrement.

Début septembre, la Chambre syndicale nationale des entreprises de dispositifs et équipements médicaux a pressé les autorités de tutelle d’accélérer le règlement des créances accumulées par ces entreprises auprès des établissements publics de santé.

Cet appel a été lancé à l’issue d’une Assemblée générale de la Chambre syndicale consacrée au suivi des derniers développements des travaux de la commission mixte entre le ministère de la Santé et la Chambre, ainsi qu’à l’évaluation de la situation actuelle du secteur.

Lors de cette réunion, les acteurs du secteur ont fait état de tensions de trésorerie asphyxiantes liées au retard de paiement de leurs créances accumulées auprès des structures sanitaires publiques. Ils ont également indiqué que ces difficultés financières ont franchi un cap critique et commencent à se répercuter directement sur les stocks disponibles, faisant planer le spectre d’une pénurie généralisée de matériel médical au sein des établissements publics. 

Une réforme globale est plus que jamais nécessaire 

Face à ces difficultés croissantes, le gouvernement avait annoncé, fin 2025, l’octroi d’un financement exceptionnel de 290 millions de dinars destiné à soulager la trésorerie des hôpitaux publics. Cette enveloppe devait notamment leur permettre d’apurer une partie des impayés envers la Pharmacie centrale de Tunisie, afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en médicaments.

Le manque de liquidités de la CNAM donne, par ailleurs, du fil à retorde aux prestataires de soins privés. Début juillet dernier, le Syndicat tunisien des médecins libéraux (STML) a tiré la sonnette d’alarme sur un allongement inquiétant des délais de paiement de ses adhérents par la caisse dans le cadre du système du tiers payant. 

«La crise relative au système du tiers payant n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave jour après jour du fait de l’accumulation des créances des médecins du secteur privé auprès de la CNAM, lesquelles ont atteint environ 80 millions de dinars», ont précisé les représentants du syndicat lors d’une séance d’audition par la Commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées relevant de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Les représentants du STML ont également indiqué que cette situation «a provoqué une crise de liquidité aiguë pour les médecins du secteur privé, en particulier les médecins de première ligne, tout en ayant un impact négatif sur la relation entre le médecin et le patient». Auparavant, le Syndicat tunisien des biologistes privés a également interpellé récemment la caisse pour le règlement immédiat de ses arriérés de paiement, enregistrant des retards similaires de 5 à 6 mois. Ces impayés récurrents constituent, selon le syndicat, «une violation flagrante de la convention sectorielle et placent les laboratoires d’analyses dans l’incapacité d’honorer leurs engagements envers leurs fournisseurs, l’administration fiscale et les caisses de sécurité sociale, mettant en péril la qualité des soins et la sécurité des patients». 

Même constat du côté des pharmaciens d’officine, qui ont menacé à maintes reprises de suspendre le système du tiers payant, avant de trouver un accord de dernière minute avec la CNAM.  

Pour sortir de cette impasse, les prestataires de soins réclament une réforme en profondeur du régime d’assurance maladie, qui doit passer en premier lieu par le transfert direct et intégral des cotisations salariales vers la CNAM, afin de garantir une couverture sanitaire universelle effective et pérenne pour l’ensemble des citoyens.

Walid KHEFIFI

 

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L’injustice infligée par la santé publique au Dr Jalel Taktak

21. September 2026 um 10:56

Le drame que vit aujourd’hui le Dr Jalel Taktak, ex-chef de service d’ophtalmologie à l’hôpital universitaire Ibn Al-Jazzar de Kairouan, est une véritable injustice que lui inflige, à 66 ans, la santé publique qu’il avait servie quarante ans durant.  

«Après avoir consacré sa vie à soigner les autres, mon père doit aujourd’hui se battre pour obtenir son propre traitement. La CNAM refuse la prise en charge de sa thérapie ciblée sous prétexte que le médicament coûte cher», a rapporté son fils dans un post Facebook.

Firas Taktak raconte : «Mon père a servi la santé publique pendant plus de 40 ans je me souviens très bien de ses jours de consultation où il dépassait les 14h de travail continu. Il avait fait une règle :  consultation sans rendez-vous. Peu importe le nombre de patients, peu importe l’heure, il reçoit tout le monde. Je l’ai vu faire ça pendant des années. Dans une ville de près de 700 000 habitants, il dépassait parfois les 1 000 interventions chirurgicales par an, dans une spécialité aussi délicate que l’ophtalmologie. Certains diront que c’est impossible ou surhumain mais ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. Et malgré toutes les tentations, il n’a jamais voulu quitter le secteur public parce qu’il croyait profondément que la santé ne devait pas devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Aujourd’hui, il souffre d’un cancer métastatique, et c’est une réalité difficile à accepter, parce qu’il a toujours eu une hygiène de vie irréprochable : il n’a jamais fumé, jamais bu, faisait attention à son alimentation et à sa santé. Le seul facteur de risque que j’ai réellement connu dans sa vie, était ce stress permanent, cette pression quotidienne et ces années de travail intense. Après plus de 40 ans au service de la santé publique, voilà donc comment ce pays remercie ceux qui ont consacré leur vie aux autres : on transforme leur survie en calcul comptable. Il ne demande aucun privilège parce qu’il est médecin. Il demande d’être traité comme un patient, avec dignité et humanité. Mon père n’a jamais compté les patients qu’il soignait. Aujourd’hui, son pays compte le prix de sa vie.»

Beaucoup de collègues du Dr Taktak s’adressent au ministre de la Santé publique, Dr Mustapha Ferjani, médecin lui-même,  lui demandant d’intervenir personnellement pour que l’ophtalmologue chirurgien puisse disposer des médicaments dont sa santé a besoin. La balle est dans son camp…

I. B.  

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CNAM : Une révision des maladies et médicaments pris en charge se prépare

15. September 2026 um 18:21

Le dispositif de prise en charge des maladies, médicaments et produits médicaux en Tunisie pourrait prochainement évoluer. Le ministère de la Santé indique qu’une révision globale est actuellement menée avec le ministère des Affaires sociales, sous la supervision de la présidence du gouvernement, avec un enjeu direct pour les assurés sociaux.

Un dispositif en cours de réexamen

Dans une réponse officielle à une question parlementaire en date du 10 septembre, le ministère de la Santé fait état de travaux portant notamment sur la classification des maladies ainsi que sur les listes des médicaments, produits et équipements médicaux pris en charge.

Cette démarche concerne donc plusieurs composantes du dispositif actuel de couverture, sans pour autant modifier, à ce stade, les règles appliquées aux assurés de la CNAM.

Le ministère précise que les travaux sont conduits en coordination avec le ministère des Affaires sociales. La supervision de la présidence du gouvernement souligne par ailleurs que le dossier dépasse le seul cadre sanitaire et touche directement au fonctionnement de la couverture sociale.

Pas encore de nouvelles règles pour les assurés

L’annonce ne signifie toutefois pas qu’une nouvelle liste de maladies ou de médicaments est déjà arrêtée. Aucun nouveau plafond de prise en charge ni aucune date d’entrée en vigueur d’un dispositif révisé n’ont été annoncés dans la réponse ministérielle.

Pour les assurés, l’enjeu sera surtout de connaître les critères retenus pour cette révision et ses conséquences concrètes sur les soins et produits actuellement couverts.

À ce stade, plusieurs questions restent donc ouvertes : quelles pathologies seront concernées par la nouvelle classification ? Quels médicaments, produits ou équipements feront l’objet d’un réexamen ? Les niveaux de prise en charge seront-ils modifiés ? Et surtout, quand ces éventuelles évolutions pourraient-elles entrer en vigueur ?

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Apothekerverband (SPOT) stellt Direktabrechnung mit der CNAM ein

08. Dezember 2025 um 14:45

Seit heute setzt die SPOT ihre Entscheidung um, das System der Direktabrechnung für Versicherte der CNAM auszusetzen. Seit dem 8. Dezember werden Apotheken bis auf Mehr

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CNAM: Erhöhung der Höchstbeträge für die Kostenübernahme ab dem 1. Februar

15. Januar 2024 um 19:38

Ab dem 1. Februar 2024 wird die jährliche Höchstgrenze der Beträge für die Kostenübernahme von Gesundheitsdienstleistungen, die von der Nationalen Krankenversicherungskasse (CNAM) übernommen werden, offiziell Mehr

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Tunesische Krankenkasse erstattet künftig Diabetesmittel Dapagliflozin

11. November 2023 um 21:10

Die tunesische Krankenkasse (CNAM) hat beschlossen, Dapagliflozin, das zur Behandlung von Diabetes Typ 2 empfohlen wird, in die Liste der Medikamente aufzunehmen, die von der Mehr

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