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Algérie: Sonatrach dépense plus et encaisse moins en 2025

05. November 2026 um 09:46

Le bilan annuel de Sonatrach pour 2025 met en lumière un décalage entre l’accélération de l’effort d’investissement et la contraction des résultats financiers. Le groupe a ainsi consacré davantage de ressources à ses projets, tandis que son bénéfice net a reculé, affecté par la baisse des cours des hydrocarbures.

Sur le plan opérationnel, Sonatrach maintient un niveau de performance stable. Sa production primaire s’est établie à 193,7 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), enregistrant une légère hausse par rapport à 2024. Elle comprend 47,5 millions de tonnes de pétrole, 134,3 milliards de m³ de gaz naturel, 8,3 millions de tonnes de condensat et 7 millions de tonnes de GPL. Les exportations du groupe et de ses associés ont, pour leur part, diminué de 3%, pour atteindre 89 millions de TEP.

Malgré un chiffre d’affaires qui atteint 5 748 milliards de dinars, soit 42,34 milliards de dollars, dont 5 230 milliards de dinars (38,53 milliards de dollars) réalisés à l’exportation, les performances financières du groupe sont marquées par un net repli de la rentabilité. Le résultat net s’établit en effet à 603 milliards de dinars (4,44 milliards de dollars), enregistrant une baisse de 26% par rapport à 2024. Cette évolution reflète essentiellement l’effet de la conjoncture internationale sur les revenus des hydrocarbures. Le prix moyen du pétrole brut est ainsi descendu à 69,37 dollars le baril en 2025, contre 81,87 dollars l’année précédente. À cette baisse s’ajoute celle du gaz naturel, dont le prix moyen a diminué de 8%, passant de 10,36 à 9,54 dollars le MMBtu.

Pour autant, Sonatrach n’a pas revu ses ambitions à la baisse. Le groupe a même renforcé son effort d’investissement, en hausse de 29%, en privilégiant notamment le segment de l’exploration-production. Une orientation qui témoigne, selon son PDG, Noureddine Daoudi, de la «résilience» et de la «capacité d’adaptation» du groupe, lequel a su préserver sa trajectoire de développement en dépit des contraintes du contexte économique.

La valorisation des ressources reste au cœur de la stratégie de Sonatrach. Le groupe poursuit ainsi plusieurs projets industriels d’envergure, notamment la réalisation d’unités de MTBE à Arzew et de Linear Alkyl Benzène à Skikda, ainsi que la construction de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud. À Arzew, une unité d’hydrotraitement et de reforming, d’une capacité annuelle de 780 000 tonnes de naphta lourd, a également été lancée. Sa mise en service devrait permettre de porter la production annuelle d’essence de 550 000 à 1,2 million de tonnes.

Le raffinage affiche, en revanche, des résultats moins favorables. La production des raffineries a reculé de 1%, à 30 millions de tonnes, tandis que les importations de produits pétroliers ont fortement progressé, pour atteindre 1,4 million de tonnes, soit une hausse de 572% en un an. Sonatrach explique cette augmentation par l’importation de 1,07 million de tonnes de gasoil et par la progression de 42% des achats de MTBE.

Sur  le volet environnemental, Sonatrach poursuit ses efforts de réduction du torchage. Les volumes de gaz torchés ont atteint 2,61 milliards de m³, en recul de 31% par rapport à 2020.

Au-delà de ces avancées, le bilan 2025 révèle surtout le contraste entre les ambitions industrielles du groupe et ses performances financières. Sonatrach continue d’investir et maintient une production solide, mais la baisse des cours des hydrocarbures pèse sur sa rentabilité. Reste désormais à mesurer, dans les prochaines années, les retombées économiques de cet important effort d’investissement.

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Routes tunisiennes : 10% d’accidents en moins, mais 13% de morts en plus

02. November 2026 um 08:50

Les accidents de la route diminuent en Tunisie, mais ils font davantage de victimes mortelles. Au 29 octobre 2026, le pays comptabilisait 4102 accidents, soit une baisse de 9,95% par rapport à la même période de 2025. Pourtant, le nombre de décès a atteint 1141, en hausse de 13,19%, selon les dernières statistiques de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR).

133 morts supplémentaires en un an

Les chiffres de l’ONSR font apparaître un contraste marqué entre l’évolution des accidents et celle de leur gravité. Alors que le nombre d’accidents a reculé de près de 10%, celui des blessés a également diminué de 12,13%, pour s’établir à 5293 personnes.

En revanche, 1141 personnes ont perdu la vie sur les routes tunisiennes depuis le début de l’année, contre 1008 à la même date en 2025. Cela représente 133 décès supplémentaires en un an.

Depuis le précédent bilan arrêté au 8 octobre, le nombre de morts a encore augmenté de 82, tandis que la progression annuelle de la mortalité est passée de 11,71% à 13,19%.

La vitesse parmi les principales causes de mortalité

La ventilation des accidents selon leurs causes met notamment en évidence le poids de la vitesse. Celle-ci est associée à 410 décès, ce qui en fait un facteur majeur de la mortalité routière en Tunisie.

Ces données soulignent un paradoxe préoccupant : la diminution du nombre d’accidents ne se traduit pas par une amélioration de la sécurité des usagers. La gravité des accidents demeure un enjeu majeur, alors même que leur fréquence recule.

Les statistiques publiées par l’ONSR sont provisoires et arrêtées au 29 octobre 2026. Elles dressent néanmoins un constat préoccupant à l’approche de la fin de l’année : les routes tunisiennes enregistrent moins d’accidents, mais davantage de morts.

Un objectif de réduction de 50 % des victimes d’ici à 2034

Cette hausse de la mortalité routière intervient alors que la Tunisie s’est fixé des objectifs ambitieux dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle de sécurité routière 2025-2034. Celle-ci prévoit de réduire de 10% le nombre de morts et de blessés graves à l’horizon 2027, de 25% en 2030 et de 50% en 2034.

Pour y parvenir, le programme prévoit notamment le déploiement de caméras et de radars intelligents pour automatiser le contrôle des infractions, l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la sécurité des usagers et des secours, ainsi que la révision de certaines réglementations relatives aux véhicules.

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Tunisair : le ministre du Transport parle d’un héritage lourd et promet un redressement accéléré.

Face au Parlement hier, le ministre du Transport, Rachid Amri a imputé l’état du groupe Tunisair a un passif sur lequel son département est en train de travailler pour y remédier.

La situation de Tunisair continue de cristalliser les inquiétudes à la lumière des dernières déclarations du ministre du Transport. Devant les députés, le 20 avril 2026, le ton s’est voulu lucide sur l’ampleur des difficultés mais à la fois (un peu trop) optimiste sur le redressement en cours.

Le constat initial fait par le ministre a toutefois été jugé surprenant : celui-ci a soutenu avoir trouvé une compagnie dans une « situation lamentable », réduite à opérer avec seulement six à sept avions en état de service. Une configuration minimale pour une compagnie nationale, symptomatique selon le ministre d’années de gestion dégradée. Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue dans les milieux avisés qui y ont vu un dédouanement de sa part, imputant implicitement la responsabilité de la situation à l’ancien dirigeant de la compagnie.

À cela s’ajoute un endettement jugé critique, évalué à près de 2 600 millions de dinars selon le chiffre avancé à l’ARP, niveau d’endettement qui a durablement pesé sur la capacité d’investissement et de fonctionnement de l’entreprise.

Etats financiers et retards de publication

Sur le plan financier, un effort de mise à jour est en cours promet Rachid Amri. Les états financiers des exercices 2021 et 2022 ont été validés, tandis que ceux de 2023, 2024 et 2025 devraient l’être dans le courant de l’année 2026. Une étape indispensable pour restaurer la crédibilité de la compagnie, aujourd’hui jugée non bancable. « Elle ne peut pas contracter de prêt dans sa situation actuelle, mais elle va le redevenir », a-t-il assuré, évoquant un objectif de retour progressif à la confiance des partenaires financiers.

Au cœur de cette stratégie, un plan de sauvetage qualifié d’« urgent » est déployé à court terme. L’objectif : remettre rapidement en exploitation un maximum d’appareils afin de générer des revenus, tout en finançant les réparations nécessaires, notamment celles des moteurs, particulièrement coûteuses.

Flotte en cours de développement

La flotte constitue ainsi un indicateur clé de ce redressement. Actuellement, Tunisair dispose de 12 avions opérationnels, auxquels s’ajoutent deux appareils en réparation, attendus en service d’ici la fin du mois. Dès juin, la flotte devrait atteindre 16 avions grâce à l’intégration de deux appareils supplémentaires, un Airbus A320 et un Airbus A330, pour lesquels les moteurs ont été acquis et les contrats finalisés.

À horizon fin 2026, la compagnie ambitionne d’exploiter 18 avions, dont trois en location de type « dry lease », avec option d’achat selon le ministre, quoique cette affirmation soit discutable étant donné que les appareils sous ce régime sont restitués à la fin du bail.

Selon les projections présentées, un seuil de 21 appareils serait nécessaire pour atteindre l’équilibre financier, illustrant le lien direct entre capacité opérationnelle et viabilité économique.

Filiales en déficit

Le ministre a également évoqué la situation des six filiales du groupe, bizarrement toutes décrites comme fortement endettées (les résultats montrent  au contraire qu’Amadeus qu’il a citée est la seule bénéficiaire), mais engagées dans des processus d’assainissement. Un chantier parallèle, essentiel pour restaurer la cohérence et la performance globale du groupe.

Sur le plan opérationnel, des progrès ont été revendiqués concernant l’état des avions, longtemps critiqué. Le ministre a indiqué qu’un indicateur interne de sécurité et de conformité (qu’il a désigné par le terme facteur), qui atteignait auparavant des niveaux préoccupants (jusqu’à 3,5), est désormais repassé sous la barre de 1. Une amélioration qui aurait permis de lever certaines immobilisations et de renforcer les standards de sûreté et de sécurité.

Enfin, la situation de Tunisair Express a été qualifiée de « plus préoccupante encore ». Malgré des tarifs de billets jugés élevés, la filiale demeure déficitaire et dépendante de subventions. Des mesures sont toutefois prévues, avec l’exploitation d’au moins deux avions de capacité moyenne d’ici la fin de l’année, dans l’espoir de renforcer son modèle économique.

Entre diagnostic sévère hérité du passé et projections volontaristes, le discours officiel dessine une trajectoire de redressement rapide, mais encore conditionnée à la capacité de la compagnie à exécuter son plan dans un contexte financier contraint.

Le sauvetage de Tunisair s’annonce ainsi comme un test majeur de résilience pour cette entreprise dont la main-mise de l’Etat demeure encore très prononcée malgré la décision de modifier son mode de gouvernance depuis 2024 qui n’a, dans les faits, jamais été appliqué malgré la nomination d’un président de conseil.

©Destination Tunisie

 

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11 millions de touristes en Tunisie en 2025 ? Ce que disent les chiffres et comment les interpréter

La Tunisie a officiellement franchi le cap symbolique des 11 millions d’entrées de non-résidents sur son territoire au cours de l’année 2025. Mais étaient-ce vraiment tous des touristes ?

Aux différents postes frontières, au cours de l’année 2025, ce sont 11 326 711 visiteurs non résidents qui ont été comptabilisés, en progression de 10,4% par rapport à 2024. Des chiffres (encore provisoires) mais bien évidemment indiscutables puisqu’ils se basent sur les données officielles de la police aux frontières. Autre fait marquant, ils sont en conformité avec les objectifs annoncés par l’administration du Tourisme en début d’exercice.

Mais la question réside dans la lecture que l’on voudra bien donner à ce chiffre global qui catégorise la totalité de ces entrants sous l’appellation «touristes» ?

La réponse est naturellement non puisqu’il inclut à la fois TRE, commerçants transfrontaliers, visiteurs d’un jour et même opportunistes circonstanciels.

Et en l’absence d’outils de mesure tels que le compte satellite du tourisme ou autre, on ne peut que se baser sur la nationalité des passeports des visiteurs qui reste pour le moment le seul référent, aux côtés des 29.370 millions de nuitées enregistrées.

Européens: une part de marché de 28%

Les visiteurs en provenance du continent européen ont été 3,2 millions à entrer en Tunisie au cours de l’année écoulée, en hausse de 7,3% par rapport à 2024. Et comme on se plait encore à utiliser l’année 2019 comme référence de la dernière bonne saison avant Covid, là aussi, la progression est indiscutable puisqu’elle est de près de 15%.

Par nationalités, l’écart entre le premier et le second marché est énorme, confirmant que l’hexagone demeure -et de très loin- le premier marché émetteur.

Les Anglais, surfant sur les nouvelles connectivités aériennes, voient leur nombre augmenter d’année en année.

Allemands, Tchèques, Belges et Scandinaves ont pour leur part enregistré des reculs dans leurs réalisations de l’année écoulée.

Top 20 des Européens en Tunisie:

1- Français: 1,143 million (+5,7%)

2- Anglais: 447 576 (+36,6%)

3- Polonais: 325 126 (-0,2%)

4- Allemands: 318 953 (-3,9%)

5- Italiens: 160 738 (+10,4%)

6- Tchèques: 127 677 (-8,9%)

7- Belges: 103 073 (-2%)

8- Roumains: 63 891 (+3,5%)

9- Portugais: 57 261 (+15,4%)

10-Suisses: 56 550 (+11%)

11- Serbes: 38 543 (+20,1%)

12- Russes: 35 460 (+150,9%)

13- Bulgares: 34 602 (+12,9%)

14- Slovaques: 34 228 (-3,1%)

15- Néerlandais: 33 353 (+3%)

16-Espagnols: 31 574 (-1,8%)

17-Ukrainiens: 28 589 (+13,2%)

18-Scandinaves: 23 596 (-6,2%)

19-Hongrois: 23 233 (+10%)

20- Autrichiens: 22 424 (+3,8%)

Tunisiens de l’étranger: une situation ambigüe

Les arrivées de TRE ont progressé de 5% par rapport à l’année 2025 à 1,4 million d’entrées. Si ce chiffre demeure à peu près au même niveau que 2019, c’est la part de marché qui interpelle puisqu’elle est passée durant cette période de 15 à 12,4%. Pour certains observateurs, il ne s’agit pas d’une baisse concrète mais tout simplement due à l’utilisation d’un deuxième passeport pour entrer dans le pays, ce qui crée un trouble dans l’analyse des chiffres.

Maghrébins: 56,8% de part de marché

Les arrivées de visiteurs en provenance des pays du Maghreb continuent de se situer en pôle position avec 6,4 millions d’entrées, soit exactement le double de tous les Européens réunis. L’Algérie arrive en tête avec un record cette année de plus de 4 millions de visiteurs, en hausse de 14,6% (grâce notamment à l’allocation touristique de 750 Euro octroyée par leur gouvernement), suivi par les Libyens qui ont été 2,1 millions, en hausse de plus de 10%.

A noter par ailleurs que 53 172 ressortissants marocains ont été recensés au cours de l’année et 29 841 Mauritaniens.

Moyen Orient: tout juste 64.000 visiteurs

Avec moins de 65.000 visiteurs, le tourisme en provenance du Moyen Orient reste marginal. Avec des réalisations encore très modestes, Saoudiens (14 237), Egyptiens (10 685) et Irakiens (10 505) forment le trio de tête par nationalités.

Long courrier et Afrique: combien étaient-ils ?

Il est surprenant de constater que malgré l’existence d’une ligne aérienne directe Tunis-Montréal, le nombre de Canadiens ayant visité la Tunisie, même s’il est en progression, est équivalent à celui des Américains.

Concernant le profil des visiteurs subsahariens, les chiffres officiels ne les publient pas dans le détail.

-Etats-uniens: 38 717 (+5%)

-Canadiens: 38 183 (+11,3%)

-Chinois: 27 797 (+19,2%)

-Subsahariens divers: 58 954 (+2,9%)

©Destination Tunisie

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