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Libye : 40 milliards de dollars pour le secteur pétrolier

18. August 2026 um 13:29

La Libye veut attirer jusqu’à 40 milliards de dollars d’investissements pour développer ses ressources pétrolières et gazières et porter sa production de brut à 2 millions de barils par jour d’ici 2030. Mais des obstacles existent.

La Libye cherche à mobiliser entre 30 et 40 milliards de dollars d’investissements pour développer ses ressources en pétrole et en gaz, a déclaré Masoud Suleman, président de la National Oil Corporation (NOC), dans un entretien accordé  au Financial Times.

L’objectif est ambitieux : porter la production libyenne de brut, actuellement autour de 1,4 million de barils par jour, à environ 2 millions de barils par jour à l’horizon 2030.

La NOC affirme disposer encore de nombreuses ressources inexploitées. Plus de 60 champs pétroliers resteraient notamment à développer, offrant à la Libye un potentiel considérable d’augmentation de sa production.

Mais le manque de capitaux constitue l’un des principaux freins au développement du secteur. Après des années de conflit et de fragmentation politique, les infrastructures pétrolières ont souffert d’un sous-investissement chronique…

Le pays voudrait donc attirer davantage de capitaux étrangers et améliorer les conditions offertes aux investisseurs. Dans ce cadre, la NOC pourrait notamment privilégier des mécanismes contractuels permettant aux compagnies étrangères d’assumer une part plus importante des coûts initiaux de développement.

La Libye reste confrontée à un environnement particulièrement difficile. La rivalité entre les autorités de Tripoli et les forces de l’est, les problèmes de sécurité, la corruption et la contrebande de carburant compliquent les efforts visant à attirer durablement les investisseurs…

Pour Tripoli, l’enjeu dépasse cependant la seule production pétrolière. Les hydrocarbures constituent la principale source de revenus et de devises du pays. Une augmentation durable de la production permettrait de renforcer les finances publiques et de financer les infrastructures.

Le pari libyen reste ainsi considérable : transformer des ressources pétrolières abondantes mais sous-exploitées en investissements massifs, dans un pays où la stabilité politique et la sécurité demeurent les principales inconnues.

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La Tunisie et la Libye relancent leur coopération énergétique

18. August 2026 um 10:47

La Tunisie et la Libye relancent leur coopération énergétique en Méditerranée grâce à un nouvel appel d’offres international portant sur l’exploration d’une zone offshore d’environ 3 000 kilomètres carrés et sur la mise en valeur du gisement de pétrole et de gaz de Zarat, à cheval sur la frontière maritime entre les deux pays. Cette initiative est portée par Joint Oil, une coentreprise tuniso-libyenne active depuis 1988.

S’appuyant sur des informations communiquées par Joint Oil et son conseiller stratégique, Moyes & Co, Energy-Pedia a dévoilé le calendrier de l’opération : le processus débute le 7 septembre et s’achève le 31 décembre 2026, les entreprises intéressées devant soumettre leurs offres au plus tard le 8 janvier 2027. Le résultat sera annoncé le 26 février, et l’attribution définitive des contrats pour le 30 avril.

Le projet comprend deux volets distincts. Le premier concerne le «bloc Joint Oil», une zone d’environ 3 000 kilomètres carrés située dans le bassin offshore Gabès-Tripoli, par des profondeurs d’eau allant de 80 à 120 mètres. Le partenaire sélectionné devra poursuivre l’exploration de nouvelles structures pétrolières et gazières dans le cadre d’un accord de partage de production.

Environ 6 500 kilomètres de données sismiques 2D et 1 900 kilomètres carrés de relevés 3D sont déjà disponibles pour cette zone, auxquels s’ajoutent les données issues de cinq puits d’exploration forés entre 1976 et 2010.

Le second volet porte sur Zarat, un gisement avéré s’étendant de part et d’autre de la frontière maritime tuniso-libyenne ; Joint Oil entend le développer comme une ressource pétrolière et gazière unique, via des accords de développement, d’unification («unitization») et de gestion conjointe.

La zone se trouve également à proximité d’infrastructures et de gisements déjà en production — notamment Bouri, Al Jurf et Bahr Essalam côté libyen, ainsi qu’Ashtart, Miskar, Didon et Hasdrubal côté tunisien — une proximité susceptible de réduire les coûts de traitement et de transport des nouveaux hydrocarbures.

Joint Oil est détenue conjointement par des entreprises publiques des deux pays : l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) pour la Tunisie et Ola Energy Holdings pour la partie libyenne.

La société a chargé le groupe américain Moyes & Co. de rechercher des partenaires internationaux expérimentés dans le développement offshore.

Cette nouvelle démarche marque la relance d’un projet présenté au marché en 2023, mais qui n’avait pas suscité un intérêt suffisant de la part des investisseurs.

Le calendrier annoncé au printemps — qui prévoyait initialement le lancement de l’appel d’offres au 1er août — a depuis été reporté au mois de septembre.

Pour Tunis, cette initiative revêt une importance particulière compte tenu du déclin continu de la production nationale. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’énergie, la production tunisienne de pétrole brut a reculé de 6 % en glissement annuel à fin juin 2026, tandis que le taux d’indépendance énergétique du pays est tombé à 34 %, contre 38 % à la même période en 2025.

Toutefois, cet appel d’offres ne signifie ni l’annonce d’une nouvelle découverte ni le démarrage immédiat de la production. À ce stade, l’objectif est de sélectionner des opérateurs et de réunir les capitaux nécessaires pour transformer le potentiel de la zone offshore partagée — ainsi que la découverte de Zarat, déjà identifiée — en un projet industriel économiquement viable.

Il convient de rappeler dans ce contexte que lors d »une visite, le 16 mars 2023, à l’Etap, le président de la république Kaïs Saïed avait déclaré que dans l’affaire du partage du plateau continental avec la Libye, «la Tunisie a reçu des miettes». Et à réclamer un partage du gisement pétrolier d’El Bouri et du plateau continental à parts égales entre les deux voisins. Selon lui, avec ses 23 000 barils par jour, le gisement, situé à 120 kilomètres des côtes libyennes, peut couvrir les besoins de la Tunisie et au-delà.

I. B.

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