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Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine

13. Juli 2026 um 13:23

Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… (Photo : Que reste-t-il de l’industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)

Moktar Lamari *

On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.

Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.

Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.

Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.

De l’industrie industrialisante à la rente de services

Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.

Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.

Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.

Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui «sauvent» la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.

La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.

Un travail récent publié sur Les Échos, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.

Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.

Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.

Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.

Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir

Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.

Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.

Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.

Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.

Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.

L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.

Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.

Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude :

– primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu ;

– secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de «particulièrement exposé aux chocs externes» ;

– tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins ;

– quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.

De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique

Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.

On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.

Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.

Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.

Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.

Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.

Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.

 * Economiste universitaire.

Bloc de l’auteur: E4T.

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Tunisie – Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ?

13. Juli 2026 um 09:01

Quelque 21 100 projets pour un montant global de 102 milliards de dinars. Pas moins ? Une cheffe de gouvernement qui appelle à la mobilisation générale pour accélérer la réalisation. Le Parlement qui délibère sur les hypothèses macroéconomiques. Et pendant ce temps, la vraie question reste posée sans réponse : la Tunisie a-t-elle l’appareil administratif capable de transformer cette ambition en réalités livrées ?

Abdelwaheb Ben Moussa *

Autres questions légitimes : Combien d’autres ambitions proclamées haut et fort à l’occasion de précédents plans de développement n’ont-elles pu être réalisées ? A-t-on cherché à comprendre les raisons des échecs accumulés au fil des ans (et des plans) et des obstacles rencontrés, ainsi que des moyens à mettre en œuvre pour les surmonter ? Economiquement, cela s’appelle évaluation et politiquement, reddition des comptes. Et cela ne fait malheureusement pas partie de nos mœurs politiques. 

Le débat public évoque régulièrement la souveraineté énergétique, numérique, alimentaire. Une autre forme de souveraineté reste absente : la souveraineté d’exécution — la capacité d’un État à transformer une décision politique en réalisations concrètes, dans les délais prévus, au coût maîtrisé, avec l’impact attendu.

Un État peut disposer d’une vision pertinente, de financements importants et d’une volonté politique affirmée. Si son appareil administratif ne parvient pas à concrétiser cette ambition, la souveraineté reste inachevée. C’est précisément la situation que la Tunisie a vécue dans ses plans précédents — et que le Plan 2026-2030 risque de reproduire si la question de la capacité d’exécution n’est pas traitée avec la même rigueur que celle des enveloppes budgétaires.

Dans des tribunes précédentes, j’avais nommé ce risque « dette d’exécution » — cette accumulation silencieuse de projets annoncés mais non livrés, qui érode la confiance des investisseurs, des partenaires internationaux et des citoyens. La dette d’exécution ne figure dans aucun bilan. Elle n’a pas de ligne comptable. Mais son coût politique et économique, sur dix ans, dépasse souvent celui de la dette financière.

Le vrai goulot d’étranglement

Depuis des décennies, la Tunisie produit des stratégies et des plans souvent bien conçus. Le problème n’a jamais été l’absence d’idées. Il réside dans la difficulté structurelle à conduire simultanément des milliers de projets complexes.

Les causes sont connues : procédures administratives longues, fragmentation des responsabilités, insuffisance des compétences en gestion de projets, rotation excessive des cadres, faiblesse des dispositifs de pilotage, complexité des marchés publics, blocages fonciers récurrents. Pris séparément, chacun semble gérable. Réunis sur un portefeuille de 21 100 projets, ils deviennent un risque systémique d’une ampleur inédite.

L’appel de la cheffe du gouvernement à accélérer les réalisations traduit implicitement cette réalité. La difficulté n’est plus d’annoncer les projets. Elle consiste à les livrer. Et dans l’histoire des plans tunisiens, les taux d’exécution effectifs ont systématiquement décroché des taux programmés — non par manque de financements, mais par manque de capacité d’exécution.

Sortir de l’État procédurier

L’administration tunisienne demeure largement organisée autour du respect des procédures. C’est une culture héritée — elle a ses mérites en matière de traçabilité. Mais elle produit un biais systématique : on mesure les moyens engagés plutôt que les résultats obtenus.

Les théoriciens de l’État développeur — de Chalmers Johnson à Mariana Mazzucato — ont en commun une conviction : un État n’est pas développeur parce qu’il investit massivement. Il est développeur parce qu’il exécute efficacement, apprend de ses erreurs et rend compte des résultats. Le véritable indicateur de performance n’est plus le nombre de marchés lancés — ce sont les routes livrées, les hôpitaux opérationnels, les plateformes numériques effectivement utilisées par les citoyens.

Cette transformation culturelle doit être engagée maintenant — pendant que le Plan est encore en débat parlementaire, pas après que les premiers retards soient devenus visibles.

L’IA accélère mais ne remplace pas

L’intelligence artificielle ouvre des perspectives réelles : détecter les retards en amont, anticiper les dérives budgétaires, automatiser le reporting, signaler les goulots d’étranglement avant qu’ils ne deviennent des blocages. Mais elle ne remplacera jamais une gouvernance efficace.

Un système de pilotage numérique sophistiqué branché sur une administration dont les processus sont fragmentés produira des tableaux de bord précis sur des retards que personne n’aura le mandat de corriger. C’est le risque du vernis numérique — que j’ai déjà nommé dans ces colonnes : la digitalisation de la façade sans réingénierie de la profondeur.

La vraie révolution est organisationnelle : professionnaliser la gestion de projet dans l’administration, créer des PMO ministériels dotés d’une autorité réelle, simplifier les marchés publics pour les projets structurants, mettre fin à la rotation excessive qui prive les projets de leur mémoire institutionnelle.

La question que le Parlement devrait poser avant de voter

Au-delà des milliards annoncés et des taux de croissance projetés, une question mérite d’être posée avant que le vote final n’intervienne : sommes-nous en train de construire un État capable d’exécuter les ambitions qu’il se fixe ?

Les commissions parlementaires ont la légitimité de conditionner leur approbation à des engagements mesurables : création de PMO ministériels avec mandats et échéances, indicateurs de taux d’exécution trimestriels rendus publics, mécanismes de redevabilité nominale sur les projets structurants. Non pas des promesses générales de réforme administrative — des engagements précis, datés et vérifiables.

Un pays ne se transforme pas grâce à ses plans. Il se transforme grâce à sa capacité à les réaliser. La véritable souveraineté ne consiste pas seulement à décider librement. Elle consiste à pouvoir exécuter efficacement ce que l’on décide. Et c’est cette souveraineté d’exécution — absente de tous les débats — qui conditionnera la réussite ou l’échec de tout le reste.

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Mondial Fifa 2026 | Quelque chose de pourri au royaume du football

13. Juli 2026 um 07:23

Les nouvelles normes arbitrales imposées par la Fifa apparaissent n’avoir d’autre motivation qu’accroître son contrôle sur le cours du jeu, en particulier lors des matchs internationaux, pour favoriser certaines équipes aux dépens d’autres. On en eu la preuve lors de ce Mondial, et surtout lors des matches impliquant l’équipe de l’Argentine, largement favorisée par les arbitres.

Dr Mounir Hanablia *

La Coupe du monde le prouve, le foot est un sport de plus en plus soumis aux influences exogènes, mis à part celle de Donald Trump obtenant l’annulation de la suspension d’un match de rigueur après un carton rouge contre un joueur américain.

Ainsi la «pause fraîcheur» en a fait un sport en quatre quart temps tout comme le basketball de la NBA parce que probablement la publicité américaine possède des habitudes et des exigences auxquelles la Fifa n’a d’autres choix que de se soumettre.

Il est encore trop tôt pour en mesurer l’impact sur le jeu. Mais il ne s’agit pas que de cela. L’évolution technologique que représente la VAR a donné lieu à de nouvelles contraintes, matérielles par les dispositifs qu’elle nécessite, et arbitrales imposées par les instances supérieures de la Fédération.

On pourra toujours discuter du bien-fondé de nouvelles normes dans le jeu, quels équilibres internes au sein de l’organisation internationale elles peuvent refléter et dans quelles mesures elles ne faussent pas le déroulement des rencontres.

Des incidents qui interrogent

Les récents incidents survenus lors de deux rencontres de quart de finale de la Coupe du Monde apportent la preuve qu’il ne s’agit pas là que de débats théoriques. Au cours du match Angleterre-Norvège, alors que les Anglais, malmenés, étaient menés au score, le ballon sur un dégagement du gardien norvégien semble avoir heurté un câble soutenant les caméras dominant l’aire du jeu avant d’atterrir sur un pied anglais au départ de l’action ayant conduit au but égalisateur. L’arbitre n’a pas donné suite aux réclamations des Norvégiens, soutenu en cela par la Fifa.

Au cours de la même soirée, la Suisse a été réduite à 10 face à l’Argentine, en accord avec une nouvelle règle d’arbitrage, celle dite de «l’erreur d’identité», qui après revue de la VAR, frappe le véritable auteur de la faute, de la même sanction que celle que l’arbitre, par erreur, a initialement décrétée contre un autre joueur de l’équipe adverse. Cela n’excuse pas le joueur suisse auteur d’une simulation. Néanmoins, ayant déjà été averti, il a été expulsé parce que le joueur argentin avait été sanctionné par l’arbitre d’un carton jaune sur l’action considérée, avant d’être exonéré par la VAR ; une décision totalement injustifiée selon le staff helvétique, la faute en question du joueur argentin n’étant pas justiciable d’avertissement.

Des règles plus arbitraires qu’arbitrales

Il est incontestable que l’incident a constitué le tournant du match qui a permis à l’Argentine, jusque-là dominée, de s’ouvrir les portes de la finale après avoir évolué pendant plus d’une heure en supériorité numérique.

Ce qui est contestable dans cette règle arbitrale, c’est son caractère apparemment moral destiné à sanctionner les tricheurs et qui n’est qu’hypocrisie.

En effet, dans un match, lorsque l’attaquant se retrouve régulièrement soumis aux brutalités physiques du défenseur, souvent sournoises et loin de l’action, sans susciter les réactions adéquates de l’arbitre, on peut concevoir qu’il recoure à la simulation pour imposer à son vis-à-vis plus de retenue et de prudence. Dans ce cas, cette règle ne fait pas de distinction entre le coupable et la victime et apparaît plus arbitraire qu’arbitrale.

Par ailleurs, cette règle n’établit pas de gradation dans la gravité de la faute. Ainsi une simulation est-elle sanctionnée par un carton de la même manière qu’un tacle dangereux, une manchette, ou un coup de genou dans le dos. Or l’une des plus grandes carences de l’arbitrage en football, c’est l’absence d’expulsion temporaire, présente dans d’autres sports. Ainsi un joueur paraguayen a été suspendu parce qu’il s’était couvert la bouche pour s’adresser à un adversaire alors que son équipe auteur d’actes d’anti jeu et de brutalités multiples n’avait eu aucun avertissement. 

Tout compte fait, les normes arbitrales imposées par la Fifa apparaissent n’avoir d’autre motivation qu’accroître son contrôle sur le cours du jeu, en particulier lors des matchs internationaux. Si on ajoute aux tribulations bien connues de l’équipe d’Argentine en Coupe du Monde celles de sa fédération, soupçonnée de corruption et de détournement de fonds, on ne pourra qu’en conclure que décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume du ballon rond.  

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