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Afrique : Washington démonte les fondations de son influence

19. Juni 2026 um 14:08

La stratégie africaine de l’administration de Donald Trump repose sur une équation complexe : privilégier les échanges commerciaux, les investissements et l’accès aux minerais stratégiques tout en réduisant, voire en supprimant, les instruments qui ont longtemps permis aux États-Unis d’exercer une influence politique sur le continent.

Quelques signaux récents montrent toutefois que certains responsables républicains ont pris conscience de cette contradiction. Frank Garcia a finalement prêté serment en tant que secrétaire adjoint d’État chargé des Affaires africaines après plusieurs mois de vacance du poste. Dans le même temps, des parlementaires ont déposé un projet de loi visant à renforcer les capacités africaines du département d’État, reconnaissant implicitement qu’une stratégie centrée sur les transactions économiques exige davantage de compétences diplomatiques, rapporte la revue Semafor.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, rappelons-le, Donald Trump a cherché à rompre avec ce qu’il considère comme une dépendance excessive à l’aide publique au développement. Cette orientation s’est notamment traduite par le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et par l’adoption d’une politique de « diplomatie commerciale » privilégiant les intérêts économiques et stratégiques américains.

Lire aussi: L’USAID va suspendre son aide sous l’ordre de Trump

Cette logique n’est pas dénuée de cohérence. Washington estime que l’avenir des relations avec l’Afrique doit reposer davantage sur les investissements et les échanges que sur l’assistance. Toutefois, l’administration américaine semble avoir sous-estimé l’importance des mécanismes d’influence qui entouraient ces relations économiques.

Pendant plusieurs décennies, les États-Unis ont proposé aux pays africains un partenariat global associant aide au développement (APD), coopération sécuritaire, programmes universitaires, échanges professionnels et dialogue diplomatique. Même lorsqu’ils contestaient certaines pressions américaines, de nombreux dirigeants africains acceptaient ce cadre en raison des avantages multiples qu’il procurait. En réduisant cette offre à sa seule dimension transactionnelle, Washington espère pourtant conserver le même niveau d’influence.

Les limites de cette approche apparaissent déjà. Plusieurs initiatives américaines destinées à sécuriser l’accès aux minerais critiques et à d’autres ressources stratégiques se heurtent à des résistances croissantes. De plus en plus de gouvernements africains refusent des accords jugés déséquilibrés. Tandis que les opinions publiques se montrent elles aussi plus méfiantes. Au Kenya par exemple, des manifestations ont ainsi éclaté contre un projet américain de centre destiné à accueillir des personnes potentiellement exposées au virus Ebola.

À cette défiance s’ajoutent plusieurs décisions américaines mal perçues sur le continent. Les restrictions de visas se sont multipliées, plusieurs centres de traitement des demandes ont été fermés ou regroupés. Tandis que les initiatives visant à transférer certains migrants expulsés vers des pays africains ont alimenté le sentiment que l’Afrique est désormais principalement considérée sous l’angle migratoire et extractif.

Or, l’un des principaux atouts de l’influence américaine résidait précisément dans l’accès qu’offraient les États-Unis : universités, réseaux professionnels, programmes d’échanges, mobilité académique et circulation légale des personnes. En limitant ces canaux, Washington affaiblit un avantage que ses concurrents peinent encore à égaler.

Paradoxalement, la diplomatie transactionnelle exige davantage d’expertise que le modèle fondé sur l’aide. Les négociations portant sur les minerais critiques, les infrastructures, les technologies ou les questions de sécurité nécessitent une connaissance fine des réalités locales, des relations de long terme et des équilibres politiques nationaux. C’est précisément pour cette raison que la nomination de Frank Garcia et les efforts de renforcement des compétences africaines au sein du département d’État revêtent une importance particulière.

L’administration Trump affirme vouloir traiter l’Afrique comme un partenaire stratégique plutôt que comme un simple bénéficiaire d’aide internationale. Mais le contexte a profondément changé. La Chine, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Turquie et d’autres acteurs multiplient leurs investissements et leurs partenariats sur le continent, offrant aux États africains un éventail de choix sans précédent. Dans ce nouvel environnement, l’influence revient souvent à ceux qui acceptent d’investir dans la durée plutôt que dans la seule logique du contrat immédiat.

Dans ces conditions, le risque pour Washington n’est pas un retrait brutal d’Afrique, mais une érosion progressive de son influence au profit de puissances concurrentes engagées dans une stratégie de plus long terme.

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Projet Savoirs éco : Trois ans pour ancrer la culture économique en Tunisie

19. Juni 2026 um 13:48

Le projet Savoirs éco, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, clôture officiellement ses activités lors d’une cérémonie organisée le 19 juin 2026 à Tunis.

Lancé en février 2023 pour une durée de 43 mois et doté d’un budget de 4,5 millions d’euros, le projet a accompagné le développement d’un écosystème plus structuré, plus inclusif et plus performant de production de savoirs économiques en Tunisie afin de contribuer à un débat public davantage fondé sur l’analyse, l’évidence et la recherche.

Cette cérémonie a réuni des représentants des institutions tunisiennes, des partenaires techniques et financiers, des structures productrices de savoirs économiques, du monde académique ainsi que des acteurs de la société civile afin de revenir sur les acquis du projet et de valoriser les dynamiques engagées au cours des trois dernières années.

Les interventions d’ouverture ont été assurées par M. Tom Ashwanden, chef de coopération de l’Union européenne en Tunisie, M. Manuel Bufala, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade de France, Mme Arbia Ben Othman, directrice des études doctorales au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que M. Mohamed El Kadri Heni, directeur général de la coopération avec l’Union européenne au ministère de l’Économie et de la Planification.

Au cours de cette cérémonie, les partenaires ont unanimement souligné le caractère « transformatif » de l’expérience, fruit de trois années de collaboration étroite entre les acteurs institutionnels et académiques. Le projet a permis de consolider des dynamiques de coopération inédites et de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse et de production de données économiques.

Au terme du projet, 24 structures productrices de savoirs économiques (SPSE), issues des institutions publiques, des centres de recherche universitaires et des think tanks de la société civile, ont bénéficié d’un accompagnement technique, méthodologique et financier destiné à renforcer leurs capacités de production, de diffusion et de valorisation de la connaissance économique.

La collaboration avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a constitué un pilier central du projet. En trois ans, l’institution a développé trois modèles économétriques, lancé une plateforme intégrée de données et organisé plus d’une dizaine de rencontres-débats dont les résultats ont été systématiquement valorisés sous forme de policy briefs. Ces réalisations ont été reconnues comme une contribution significative à la modernisation des outils d’analyse et de production de la connaissance économique en Tunisie.

Le projet a également accompagné l’Institut national de la statistique (INS) dans le renforcement de ses capacités de communication et de diffusion des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024. Un appui technique a été apporté en matière de valorisation des données statistiques et un renforcement de la coopération avec l’Insee a été opéré. Par ailleurs, des efforts conjoints ont été menés pour appuyer la réalisation et la diffusion d’enquêtes économiques, contribuant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité de l’information statistique.

À la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le projet a également soutenu l’élaboration du rapport Doing Research Assessment en Tunisie, première initiative de ce type dans la région MENA, ayant permis d’établir un diagnostic approfondi du système national de recherche en sciences sociales et économiques.

Le projet a par ailleurs contribué à structurer un écosystème plus favorable à la circulation des connaissances économiques. À travers la plateforme EcoTous, portée par l’IACE, plus de 100 contenus de vulgarisation économique ont été produits et diffusés, tandis que plusieurs espaces de dialogue ont permis de rapprocher chercheurs, décideurs publics et citoyens autour des grands enjeux économiques dans les régions de la Tunisie, notamment à Sousse, à Médenine, à Béja, au Kef et à Sfax.

Savoirs éco a également soutenu la production et la diffusion de contenus à forte valeur ajoutée. Au total, 68 policy briefs ont été élaborés dans le cadre du projet grâce notamment aux programmes de mentorat de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) et à des mécanismes d’appui compétitif destinés aux think tanks. Les travaux produits ont porté sur des thématiques stratégiques telles que la résilience macroéconomique, la gouvernance économique, la justice fiscale, le développement territorial, l’éducation, le climat ou encore le rôle des femmes dans le développement durable.

L’investissement dans le développement des compétences a constitué un axe majeur du projet. Ces actions ont accompagné le développement d’une expertise renforcée en recherche appliquée, production de connaissances et communication des résultats.

Enfin, la collaboration avec le Global Institute For Transitions (GI4T), en tant que think tank privé, a permis de renforcer les passerelles entre recherche appliquée et réflexion stratégique. Cette dynamique a abouti à la publication de l’ouvrage collectif « L’économie tunisienne 2026 : la Tunisie à l’ère des grandes ruptures », qui a proposé une lecture prospective des transformations économiques et des défis structurels du pays.

La cérémonie de clôture a donné la parole aux structures accompagnées et aux partenaires de mise en œuvre autour de trois grands axes : le renforcement de l’écosystème des producteurs de savoir économique, la production d’une connaissance rigoureuse et exploitable, ainsi que la diffusion de la recherche pour accroître son impact sur les politiques publiques.

À travers cette initiative, les partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une gouvernance publique davantage fondée sur l’évidence, la recherche et le dialogue entre institutions, experts et citoyens au service du développement économique et social de la Tunisie

 

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De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricole

19. Juni 2026 um 11:49
De l’offrande à la biologie computationnelle: Histoire d’une conscience agricolePar Par Dhia Bouktila. Professeur à l’Université de Monastir - Pendant des millénaires, les hommes ont offert des sacrifices pour obtenir la pluie. Aujourd'hui, des systèmes numériques analysent des milliards de données biologiques pour anticiper les rendements, détecter les risques sanitaires et guider les décisions agricoles. Entre ces deux réalités se déploie l'une des plus extraordinaires aventures de l'histoire humaine. Car l'agriculture n'est pas seulement une histoire de semences, de sols ou de récoltes. Elle est avant tout une histoire de la conscience humaine. Elle raconte la manière dont les sociétés ont tenté de comprendre le monde vivant, de réduire ...

Hassen Laribi : les Tunisiens à l’étranger réclament des actes, pas de nouvelles promesses !

19. Juni 2026 um 11:00

À l’approche du pic de la saison estivale, les autorités tunisiennes multiplient les annonces destinées à faciliter le retour des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE). Mais sur le terrain, ces mesures peinent encore à convaincre. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Hassen Laribi, conseiller en arbitrage et médiation internationale et président de la Fédération des travailleurs tunisiens à l’étranger (FTTE), estime que le principal problème réside dans l’absence de suivi, de concertation et de visibilité sur l’application effective des décisions annoncées.

Hassen Laribi souligne que les mesures destinées à soutenir les membres de la diaspora tunisienne devraient être préparées bien avant le début de la saison estivale. « On ne peut pas attendre les derniers moments, lorsque les Tunisiens de l’étranger commencent déjà à rentrer, pour prendre des décisions et espérer qu’elles produisent immédiatement leurs effets », affirme-t-il.

Il rappelle que la FTTE, avait déjà alerté les autorités sur cette question. Il estime d’ailleurs que les décisions relatives aux billets d’avion et aux traversées maritimes répondent en partie aux préoccupations soulevées par l’organisation et rejoignent les orientations exprimées par le président de la République ainsi que les annonces du gouvernement.

Cependant, il souligne un manque de visibilité quant à leur mise en œuvre concrète. « À ce jour, nous n’avons reçu aucun retour tangible. Aucun service social, aucun représentant officiel ne nous a contactés pour nous présenter les mécanismes mis en place ou les résultats obtenus », explique-t-il.

Une demande de transparence sur les bénéficiaires

A cet égard, Hassen Laribi estime que les autorités concernées devraient communiquer de manière transparente sur les bénéficiaires des mesures annoncées. Il appelle notamment les attachés sociaux, les représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger ainsi que le ministère des Affaires sociales à publier des données précises sur le nombre de personnes et de familles ayant réellement bénéficié des dispositifs d’aide. « Il faut pouvoir dire combien de familles ont été accompagnées, combien de Tunisiens à l’étranger ont reçu une aide concrète et dans quelles conditions. Aujourd’hui, ces informations ne sont pas accessibles », déplore-t-il.

Interrogé sur le rôle de la fédération dans le suivi et l’évaluation de ces mesures, Hassen Laribi considère que cette mission ne peut pas reposer uniquement sur les organisations de la société civile. Il estime que les consulats, les ambassades, les attachés sociaux ainsi que les responsables chargés des Tunisiens à l’étranger doivent instaurer un dialogue permanent avec les associations représentatives des communautés tunisiennes vivant en dehors des frontières nationales. « On ne peut pas atteindre efficacement ces communautés sans passer par les structures auxquelles elles font confiance », souligne-t-il.

D’ailleurs, précise-t-il, l’absence de concertation constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’efficacité des politiques publiques destinées aux Tunisiens résidant hors du pays.

À ses yeux, la création d’espaces de dialogue réunissant institutions publiques et représentants de la société civile permettrait de transformer les décisions politiques en solutions concrètes adaptées aux réalités vécues par les communautés tunisiennes à l’étranger.

Restaurer la confiance par la crédibilité

Alors, notre interlocuteur affirme que la répétition annuelle des mêmes annonces risque d’éroder progressivement la confiance de la diaspora si les résultats ne sont pas visibles. « La solution est simple : il faut de la crédibilité. Chaque annonce doit être suivie d’une application réelle et vérifiable ».

Il cite en exemple certaines plateformes numériques développées par les institutions tunisiennes, qui sont effectivement utilisées par les voyageurs et dont les bénéfices sont facilement constatables. Les Tunisiens de l’étranger communiquent régulièrement avec la fédération, que ce soit via les réseaux sociaux, les courriels ou les échanges directs. Les retours du terrain permettent donc d’évaluer rapidement l’efficacité des dispositifs mis en place, argumente-t-il. Tout en insistant sur la nécessité d’une gestion fondée sur la sincérité, le professionnalisme et le sens des responsabilités.

« Les Tunisiens de l’étranger constituent un maillon essentiel de l’économie nationale. Ils méritent un traitement fondé sur la confiance et le respect des engagements pris à leur égard », estime-t-il.

Concernant les réformes structurelles nécessaires, Hassen Laribi plaide pour une approche à long terme. La préparation des saisons estivales ne devrait pas commencer quelques semaines avant l’arrivée des voyageurs, mais plusieurs années à l’avance, fait-il remarquer. « Il faut dès maintenant travailler sur les saisons 2027, 2028 et 2029 », dit-il. Cette planification devrait porter notamment sur les capacités de transport maritime et aérien, les périodes de forte affluence ainsi que les difficultés rencontrées par certaines catégories de voyageurs.

Des politiques construites avec la diaspora

Le président de la FTTE pense également que les décisions concernant la diaspora doivent être élaborées avec les principaux intéressés. « On ne peut pas concevoir des mesures destinées aux Tunisiens de l’étranger sans consulter ceux qui vivent réellement dans les pays concernés », souligne-t-il.

D’ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler que les réalités diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. En effet, les besoins des Tunisiens établis en France ne sont pas forcément les mêmes que ceux vivant en Italie, en Allemagne, dans les pays du Golfe ou en Afrique subsaharienne. Pour cette raison, il appelle à une consultation systématique des représentants associatifs et des compétences tunisiennes établies à l’étranger avant toute prise de décision.

« Le véritable problème reste le manque de communication »

In fine, Hassen Laribi revient sur ce qu’il considère comme la principale faiblesse du dispositif actuel : l’absence de communication régulière entre les institutions tunisiennes et les représentants de la diaspora. Pour lui, les responsables en poste à l’étranger devraient développer davantage leurs relations avec les associations locales afin de mieux comprendre les attentes des communautés tunisiennes.

« Lorsqu’une décision est prise sans concertation avec les acteurs de terrain, elle risque de ne pas répondre aux besoins réels. Les réformes efficaces sont celles qui reposent sur l’écoute, l’étude préalable et la participation des personnes concernées », conclut-il.

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Sfax : inauguration officielle de la station de dessalement d’eau de mer 

19. Juni 2026 um 08:53

Le ministre de l’Agriculture Ezzeddine Ben Cheikh a présidé, jeudi 18 juin 2026, la cérémonie officielle d’inauguration de la station de dessalement d’eau de mer de Sfax.  D’une capacité initiale de production de 100.000 mètres cubes par jour, extensible à 250.000 mètres cubes par jour, cette infrastructure — réalisée dans le cadre d’un partenariat tuniso-japonais...

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