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TAA fête ses 10 ans et les 60 ans de l’industrie automobile tunisienne

04. Juni 2026 um 07:42

Dans une ambiance électrifiée et un décor hollywoodien, la Tunisian Automotive Association (TAA) a célébré, mercredi 3 juin 2026, dans un hôtel de la banlieue nord de Tunis, un double anniversaire marquant : les dix ans de l’association et les soixante ans de l’industrie automobile tunisienne.

Lotfi Sahli

Placée sous le thème «60 ans d’héritage – 10 ans d’accélération», cette célébration a réuni les principaux acteurs de l’écosystème automobile national et international autour d’un hommage aux femmes et aux hommes qui ont contribué à faire de cette industrie un pilier stratégique de l’économie tunisienne et un secteur résolument tourné vers les enjeux de la mobilité de demain.

Lors de la cérémonie officielle animée par Wassim Belarbi, la présidente de la TAA, Myriam Elloumi, est revenue, dans son allocution, sur le chemin parcouru par l’association et les ambitions futures de la filière.

De l’héritage à l’accélération

    Le premier temps fort, «L’Héritage», a été marqué par la projection d’un film retraçant les grandes étapes du développement de l’industrie automobile tunisienne au cours des six dernières décennies. Entre cet acte et le suivant, la cantatrice Rawaa Ben Ammar a créé une atmosphère empreinte d’émotion en interprétant ‘‘Meguiesse’’ de Zied Gharsa, offrant au public une parenthèse artistique saluée par l’assistance.

    La cérémonie s’est poursuivie avec la séquence «Accélération», consacrée aux dix années d’existence de la TAA. Après la diffusion d’un film mettant en lumière les réalisations de l’association, le président d’honneur Nabhen Bouchaala a livré un témoignage sur les étapes clés de son développement. Un échange avec la vice-présidente Lamia Fourati a permis de revenir sur les principaux accomplissements de la TAA ainsi que sur ses projets à venir.

    Le volet «Partenaires & Distinctions» a ensuite mis à l’honneur les partenaires institutionnels et internationaux ayant accompagné la TAA dans son évolution. Plusieurs trophées de reconnaissance ont été remis à cette occasion. Ce fut un moment solennel, rendant hommage à ceux qui ont contribué à l’essor de l’industrie automobile tunisienne au cours de la dernière décennie.

    A gauche : Fatma Kolsi.

    Au moment de la remise des trophées, les personnalités distinguées se sont relayées à la tribune pour adresser quelques mots à l’assistance et témoigner de la qualité des partenariats noués avec la TAA. Parmi elles figuraient Fathi Sahlaoui, représentant du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Jalel Tabib, directeur général de la Fipa, M. Felix Sarrazin, chef de projet à la GIZ, ainsi que Hildegard Müller, présidente de la VDA (Association allemande de l’industrie automobile), qui est intervenue à travers un message vidéo enregistré spécialement pour l’événement.

    Les participants ont également pu écouter les interventions de Marius Ochel, Head of Cluster International Association Partnerships Africa & India, M. Charles Aromica, directeur général de la FIEV (Fédération des industries des équipements pour véhicules), et Markus Thill, vice-président de l’AAAM (African Association of Automotive Manufacturers). Tous ont salué les avancées réalisées par la filière tunisienne, son intégration croissante dans les chaînes de valeur internationales ainsi que le rôle fédérateur joué par la TAA dans le développement de l’écosystème automobile national.

    Cette séquence de reconnaissance a été ponctuée par un intermède artistique de la cantatrice Rawaa Ben Ammar, qui a su captiver l’auditoire grâce à une prestation alliant patrimoine musical tunisien et sonorités contemporaines, contribuant à donner à la célébration une dimension à la fois institutionnelle et culturelle.

    La dernière partie de la soirée, baptisée «Le Futur», a été consacrée aux perspectives de développement du secteur. Un film prospectif a présenté les grandes transformations attendues dans les domaines de la mobilité, de l’innovation et de l’industrie automobile. Dans son discours de clôture, Mme Elloumi a souligné l’importance de poursuivre les efforts de compétitivité, d’innovation et d’intégration technologique afin de consolider la position de la Tunisie sur les chaînes de valeur mondiales.

    La cérémonie s’est achevée par un cocktail dînatoire réunissant industriels, équipementiers, investisseurs, représentants d’institutions publiques et partenaires nationaux et internationaux. Ce moment de networking a favorisé les échanges entre les figures clés du secteur et permis de célébrer, dans une ambiance conviviale, un jalon important de l’histoire de l’industrie automobile tunisienne.

    Une industrie en pleine transformation

    En marge du cocktail dînatoire, plusieurs invités m’ont confié leurs impressions sur cette célébration historique et partagé leur vision des perspectives de l’industrie automobile tunisienne.

    M. Tabib a souligné que «l’industrie automobile est aujourd’hui une véritable fierté pour la Tunisie», rappelant que les pouvoirs publics déploient d’importants efforts pour soutenir la croissance de ce secteur stratégique et renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

    De son côté, Khelil Chaïbi, président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF), a insisté sur l’importance du cluster automobile tunisien, qu’il considère comme l’un des principaux moteurs de transformation de l’industrie nationale. Selon lui, cette dynamique constitue une opportunité majeure pour renforcer la compétitivité du tissu industriel tunisien et accélérer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

    Pour M. Bouchaala, l’industrie automobile demeure l’un des leviers de croissance les plus prometteurs pour l’économie tunisienne. Tout en affichant son optimisme quant à l’avenir du secteur, il a regretté certaines périodes de ralentissement qui ont empêché l’industrie automobile tunisienne de réaliser pleinement son potentiel de développement au cours des dernières années.

    De gauche à droite: Nabhen Bouchaala, Khelil Chaïbi et Jalel Tabib.

    Quant à Fatma Kolsi, directrice générale de la TAA, elle a estimé que l’événement représente «la consécration de l’industrie automobile tunisienne», ajoutant qu’il constitue l’aboutissement d’une vision stratégique claire menée depuis plusieurs décennies. «Cette réussite offre aujourd’hui au secteur une projection audacieuse vers l’avenir et les conditions nécessaires à un essor durable», a-t-elle déclaré.

    À travers ces témoignages, un message commun s’est dégagé : l’industrie automobile tunisienne, forte de ses soixante années d’expérience et portée par une décennie d’action structurante de la TAA, dispose des atouts nécessaires pour poursuivre sa montée en puissance et relever les défis de la mobilité, de l’innovation et de la transition industrielle des prochaines années.

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    Tunisie | Plusieurs associations s’inquiètent des poursuites visant des activistes de la société civile

    03. Juni 2026 um 22:45

    Plusieurs associations ont exprimé leur vive préoccupation face aux poursuites judiciaires ciblant plusieurs activistes suite à leur participation à un mouvement de protestation survenu le 22 juillet 2022.

    Dans les différents communiqués, les organsiations et associations à l’instar de de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) ou encoreAvocats Sans Frontières ont déploré des poursuites liées à l’exercice du droit d’expression et de rassemblement pacifique, estimant que cela est opéré dans un contexte général particulièrement inquiétant.

    « Les poursuites s’apparentent à une amplification des pressions et des harcèlements judiciaires qui ciblent les acteurs du tissu associatif et les militants des droits humains dans le pays », a encore déploré la même source.

    Réclamant l’arrêt immédiat des procédures judiciaires liées aux rassemblements pacifiques et à la liberté d’opinion, les associations appellent également au respect strict des conditions d’un procès équitable et des droits de la défense.

    Enfin, la société civile appelle aussi l’État tunisien à honorer ses engagements en matière de protection des libertés fondamentales, insistant sur le fait que « la divergence d’opinions et la contestation pacifique restent les piliers de tout espace démocratique ».

    Y. N.

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    Tunisie : La Kasbah demande la dissolution de l’association Al Khatt

    21. April 2026 um 13:55

    L’association Al Khatt comparaîtra le 11 mai 2026 devant le tribunal de première instance de Tunis, saisi d’une demande de dissolution introduite par la présidence du gouvernement. Cette procédure marque une nouvelle étape dans un différend opposant les autorités à cette organisation active dans les domaines des médias et de la société civile.

    Fondée en décembre 2013 dans le cadre du décret-loi 88 relatif aux associations, Al Khatt a développé, au fil des années, plusieurs programmes orientés vers l’intérêt général. Parmi eux, le projet « Jreidti », consacré à l’éducation aux médias dans les maisons de jeunes, ainsi que des actions d’accompagnement d’associations régionales. L’organisation est également connue pour son implication dans le champ médiatique, notamment à travers la plateforme Inkyfada, spécialisée dans le journalisme d’investigation.

    Une série de mesures

    Dans un communiqué, l’association affirme faire face, depuis la fin de l’année 2023, à « une série de mesures qu’elle qualifie de pressions administratives, bancaires et judiciaires. Elle assure avoir respecté les procédures légales en fournissant les documents requis et en exerçant ses droits de recours ».

    Al Khatt évoque notamment des blocages prolongés de financements, pourtant déclarés et soumis à des audits réguliers, ainsi que des retards dans les transferts bancaires pouvant atteindre plusieurs mois. Selon l’association, ces entraves auraient affecté son fonctionnement, entraînant des difficultés de trésorerie et des retards dans le versement des salaires.

    Sur le plan administratif, l’organisation indique avoir répondu à une demande officielle de transmission de documents émanant de la présidence du gouvernement fin 2024. Elle rappelle également qu’une décision de suspension de ses activités pour une durée d’un mois avait été prise en octobre 2025, en lien avec une question de déclaration de financement étranger, décision qu’elle avait contestée en justice.

    Investigations menées par une unité spécialisée dans les crimes financiers

    Par ailleurs, une enquête portant sur ses financements internationaux est en cours depuis janvier 2026, dans le cadre d’investigations menées par une unité spécialisée dans les crimes financiers.

    De son côté, la présidence du gouvernement n’a pas détaillé publiquement les motifs précis ayant conduit à la demande de dissolution.

    Lire aussi : La Kasbah accélère le projet de protection de la colline de Sidi Bou Saïd

    Au-delà de ce cas, l’association estime que ces développements s’inscrivent dans un contexte plus large de pression sur les acteurs de la société civile et les médias indépendants en Tunisie.

    L’audience du 11 mai devrait constituer une étape décisive dans ce dossier, aux enjeux juridiques, alors que se pose la question de l’équilibre entre contrôle institutionnel et liberté d’action des associations.

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