Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 30. März 2026Haupt-Feeds

L’hégémonie israélienne au Moyen-Orient

30. März 2026 um 14:12

L’intervention israélienne en Iran comme au Liban relève moins d’une opération de sécurisation que d’une manifestation de puissance. Il s’agit de faire la démonstration de sa suprématie militaire et de sa capacité hégémonique au Moyen-Orient, grâce au soutien renouvelé des Etats-Unis de Trump. L’occasion de penser le sens et les limites d’une telle hégémonie.

 

L’hégémonie dans les relations internationales 

L’hégémonie se conçoit dans la capacité d’une puissance à créer un « ordre » où sa domination internationale ou régionale est acceptée, repose sur le commandement/l’obéissance, l’intérêt ou encore le principe du gain. Autrement dit, un tel ordre, consensuel, est obtenu suivant divers modes, suivant différents types d’exercice de la puissance hégémonique. La période du système unipolaire de l’après-guerre froide illustre bien le consensus des Etats autour de l’ordre international conçu par la puissance hégémonique américaine. Une acceptation qui a permis un fonctionnement plus fluide du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris pour le vote de résolutions contraignantes.

Il n’empêche, l’exercice de l’hégémonie s’avère difficile au regard des différentes périodes de l’histoire des relations internationales. Si la fin de la guerre froide fut suivie d’un bref moment unipolaire caractérisé par l’« hyperpuissance américaine », l’avènement de la mondialisation a reposé la question de l’hégémonie. Le rapport entre hégémonie et mondialisation est ambivalent, voire paradoxal. D’un côté, la mondialisation rend difficile l’hégémonie; de l’autre, la mondialisation amplifie et durcit les compétitions et les dynamiques d’hégémonie.

 

Lire aussi — Trump : une nouvelle hégémonie des Etats-Unis ?

 

L’hégémonie israélienne

L’hégémonie israélienne repose sur l’indéfectible relation américano-israélienne. Celle-ci est attestée par une série d’indices. Tout d’abord, Israël est le premier destinataire de l’aide financière, civile et militaire étrangère par tête du budget américain. Ensuite, au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, depuis des décennies, les Etats-Unis usent systématiquement de leur veto contre toute proposition de résolution condamnant les actions israéliennes (colonisation de territoires occupés, violation des conventions de Genève, opérations militaires contre les Palestiniens à Gaza ou contre des voisins arabes, comme le Liban).

Toujours sur le plan diplomatique, le 6 décembre 2017, le président D. Trump a reconnu Jérusalem capitale d’Israël et a décidé d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. Une décision confirmée par le président J. Biden, mais qui demeure isolée sur la scène internationale. La partie Est ou arabe de la « Ville sainte » (selon les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam) est en effet occupée et colonisée par Israël depuis 1967 (« guerre des Six jours »). Une annexion contraire au droit international.

Le soutien américain à Israël s’explique par des raisons d’ordre à la fois stratégique (sauvegarde des intérêts stratégiques que représentent l’accès et la sécurité des gisements pétroliers de la région) et immatériel (sentiment partagé par les deux peuples d’être liés, notamment à partir d’une lecture du monde d’inspiration biblique et mystique). Ce soutien a permis à Israël de s’imposer progressivement comme une sorte d’« hyperpuissance régionale ». Ainsi, ce petit pays (sur le plan de la superficie et du poids démographique) est doté de l’une des armées les plus puissantes et modernes au monde.

 

Lire également — Trump : une conception israélienne du monde

Il s’agit de l’unique puissance nucléaire dans la région (même si ce fait n’est toujours pas admis officiellement par les responsables israéliens). Nulle armée ou force paramilitaire de la région ne saurait représenter une menace conventionnelle sérieuse pour Israël.

C’est dans ce contexte que, fort de sa puissance militaro-technologique et du soutien inconditionnel de la première puissance mondiale, Israël est en passe d’imposer une pax israeliana au Moyen-Orient. Le choix de « la paix par la force » est la preuve de la préférence israélienne pour l’affaiblissement et de la fragmentation de son voisinage arabo-persique.

Il n’empêche, derrière la force d’Israël, la séquence risque de se clore à nouveau par une conclusion implacable : son incapacité à ériger une région pacifiée sur la base d’accords politiques.

Une pacification seule à même de faire face à des défis globaux d’une ampleur sans précédent : de la transition énergétique aux effets du dérèglement climatique pour une région caractérisée par la rareté de l’eau, la désertification avancée et les températures extrêmes.

L’article L’hégémonie israélienne au Moyen-Orient est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Golfe : les hydrocarbures sources d’insécurité

22. März 2026 um 11:09

L’escalade dans la guerre au Moyen-Orient est symbolisée par le ciblage des installations pétrolières et gazières. L’Iran, d’un côté, les monarchies du Golfe, de l’autre, en sont victimes. Une « guerre des hydrocarbures » qui se traduit par la destruction d’infrastructures énergétiques, mais aussi la fermeture du détroit d’Ormuz. Une situation synonyme de perturbation de l’offre mondiale et donc de flambée des prix. La séquence rappelle combien la région demeure un pôle de la production mondiale d’hydrocarbures, qui nourrit à la fois la puissance et la vulnérabilité de ses entités étatiques.

 

Une région façonnée par les hydrocarbures

C’est dans le courant des années 1930 que la péninsule arabique s’avère riche d’importantes ressources pétrolières. Des découvertes qui s’accompagnent rapidement de l’installation de compagnies étrangères, essentiellement américaines et anglaises.

 

Le « Pacte du Quincy » (accord historique qui tire son nom du navire de guerre américain sur lequel il a été conclu), prévoyait la garantie de l’approvisionnement des États-Unis en pétrole saoudien à des prix préférentiels en échange de la protection du royaume saoudien contre une éventuelle agression (notamment de la part de l’Irak, de l’Iran et de l’Égypte).

 

Le Golfe est « une zone d’intérêt vital » pour les États-Unis, le premier consommateur d’hydrocarbures au monde. L’emprise américaine ne remonte pas à la chute du Mur de Berlin, ni même à la fin de la Guerre froide. Dès les années 1930, les États-Unis s’emploient à contrôler l’extraction, mais également l’acheminement des ressources pétrolières. En février 1945, le président Franklin Roosevelt conclut avec le roi d’Arabie Saoudite, Ibn Saoud, le « Pacte du Quincy » (accord historique qui tire son nom du navire de guerre américain sur lequel il a été conclu), prévoyant la garantie de l’approvisionnement des États-Unis en pétrole saoudien à des prix préférentiels en échange de la protection du royaume saoudien contre une éventuelle agression (notamment de la part de l’Irak, de l’Iran et de l’Égypte). Les ressources de ce territoire énergétique ont transformé la péninsule arabique en pôle géostratégique (dont dépend largement l’économie des pays industrialisés occidentaux et asiatiques).

 

Les hydrocarbures : ressources paradoxales

Les hydrocarbures (pétrole et gaz) sont des vecteurs de puissance et de dépendance, de développement et de sous-développement, d’indépendance et d’ingérence.

Abritant parmi les plus importantes réserves pétrolières et gazières mondiales, les monarchies du Golfe sont une région vitale pour l’économie des pays industrialisés et des puissances émergentes. La plupart des États membres de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), créée en 1968, en sont issus. L’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis figurent parmi les principaux producteurs mondiaux de pétrole et de gaz. En outre, il convient de souligner que les gouvernements de Jordanie, de Syrie et d’Égypte touchent de substantielles rentes pour le passage de pipelines et des frais de transit pour le passage du Canal de Suez.

 

L’augmentation brutale du prix du baril (et son instrumentalisation) dans le contexte de la guerre israélo-arabe de 1973 a causé le premier « choc pétrolier » pour les économies occidentales. La puissance énergétique a offert un levier pour financer la militarisation des régimes afin d’assurer leur sécurisation face à une puissance iranienne perçue comme menaçante.

 

L’exportation des hydrocarbures est une source de revenus considérables. La puissance énergétique et financière offre un moyen d’influence internationale, dont les pays arabes ont pris peu à peu conscience. L’augmentation brutale du prix du baril (et son instrumentalisation) dans le contexte de la guerre israélo-arabe de 1973 a causé le premier « choc pétrolier » pour les économies occidentales. La puissance énergétique a offert un levier pour financer la militarisation des régimes afin d’assurer leur sécurisation face à une puissance iranienne perçue comme menaçante.

C’est ainsi que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a été créé par la Charte d’Abou Dhabi du 25 mai 1981. Il réunit l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman, le Qatar, le Bahreïn et les Émirats arabes unis, rejoints ensuite par le Yémen réunifié. Il s’agit d’une organisation régionale de coopération interétatique, et non d’un projet d’intégration ou de fédéralisation de cet ensemble. La raison d’être du CCG réside dans l’obsession sécuritaire qui réunit des monarchies riches, mais vulnérables.

 

Un pacte de défense commune fut scellé et une force de déploiement rapide du Golfe créée. Alors que son quartier général à Hafr-el-Batin, en Arabie saoudite, se situe à une centaine de kilomètres de la frontière koweïtienne, cette force n’a pas empêché l’invasion du Koweït par l’armée irakien, le 2 août 1990.

 

Créé en réaction à la Révolution chiite iranienne et forte de la proximité géographique, socioculturelle et politique de ces États, le CCG entend garantir la sécurité commune et la stabilité politique de ces pays par la coordination des moyens militaires et des politiques pétrolières. Un pacte de défense commune fut scellé et une force de déploiement rapide du Golfe créée. Alors que son quartier général à Hafr-el-Batin, en Arabie saoudite, se situe à une centaine de kilomètres de la frontière koweïtienne, cette force n’a pas empêché l’invasion du Koweït par l’armée irakien, le 2 août 1990. Preuve que la sécurité (des Etats) de la région demeurait dépendante de son gendarme attitré : les Etats-Unis.

Les monarchies du Golfe préfèrent une politique d’alliance-dépendance vis-à-vis des États-Unis (auxquels elles délèguent leur sécurité extérieure) à une coopération avec l’ensemble de leurs partenaires régionaux.

Or l’une des conclusions de l’actuelle guerre qui frappe la région, c’est que ni le CCG ni l’allié américain n’ont réussi à garantir la sécurité des monarchies du Golfe…

L’article Golfe : les hydrocarbures sources d’insécurité est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌