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Ridha Chkoundali décrypte la notation Fitch de la Tunisie

02. Februar 2026 um 11:04

L’universitaire et économiste Ridha Chkoundali décrypte la décision de Fitch Ratings du 28 janvier 2026, qui maintient la notation souveraine à long terme de la Tunisie à B- avec perspective stable. Loin des promesses futures, l’agence scrute les options financières concrètes et alerte sur les fragilités du budget 2026, où équilibres internes, gouvernance et financement extérieur pèsent lourd.

Concernant la décision de l’agence Fitch Ratings en date du 28 janvier 2026, relative au maintien de la notation souveraine de long terme de la République Tunisienne au niveau B-, avec perspective stable, Ridha Chkoundali livre une analyse détaillée de cette note et de son impact.

1. Tout d’abord, la décision de Fitch ne repose pas sur des intentions ou des promesses futures, mais sur une évaluation directe des choix financiers existants et de la capacité de l’État tunisien, dans le cadre du budget 2026, à préserver ses équilibres financiers et extérieurs.
2. Ensuite, la notation B- signifie, en termes simplifiés, que la Tunisie est considérée comme un État présentant un risque de crédit élevé, tout en restant capable d’honorer ses engagements tant que le déficit est maîtrisé, qu’un minimum de financement extérieur est assuré et qu’une relative stabilité des réserves en devises est maintenue.
D’ailleurs, le maintien de cette notation, plutôt qu’une dégradation, reflète l’appréciation de l’agence selon laquelle le budget 2026, malgré les pressions qu’il comporte, n’a pas entraîné de détérioration supplémentaire par rapport à ce que Fitch anticipait.
3. Parmi les nouveaux éléments de cette décision figure l’adoption par Fitch d’une méthodologie intégrant ce que l’on appelle la notation de recouvrement, dans le cadre de laquelle les instruments de dette souveraine tunisienne se sont vu attribuer la note RR4. Cela signifie que l’agence suppose que, si l’État rencontrait de sérieuses difficultés dans le remboursement de sa dette, les créanciers ne perdraient pas l’intégralité de leurs fonds, mais n’en récupéreraient pas non plus la totalité. Ils n’en recouvreraient qu’une partie, à travers des mécanismes tels que le rééchelonnement de la dette ou l’ajustement des échéances et des conditions de remboursement. En d’autres termes, Fitch n’anticipe pas un scénario d’effondrement total, mais considère également que l’État ne dispose pas d’éléments solides garantissant une forte protection des créanciers, tels que des réserves financières importantes, des actifs souverains clairement identifiés ou un cadre institutionnel complet de gestion de la restructuration de la dette.
4. Dans ce contexte, cette évaluation peut également être comprise à la lumière des options alternatives de gestion de la dette extérieure, notamment la conversion d’une partie de la dette en investissements.
Dans ce type de mécanismes, le recouvrement des créanciers ne s’effectue pas par un remboursement monétaire direct, mais par la réaffectation de leurs créances à des projets d’investissement ou à des partenariats de long terme au sein de l’économie tunisienne. Cela leur permet de préserver une part significative de la valeur, tout en allégeant la pression sur les réserves en devises et sur la balance des paiements. Cette orientation est cohérente avec ce que Fitch considère comme un « recouvrement moyen et ordonné ».
5. S’agissant des finances publiques, l’évaluation de Fitch reflète une approche prudente du budget 2026, notamment en ce qui concerne la persistance d’un niveau élevé des besoins de financement et le poids de certaines rubriques de dépenses publiques.
L’agence n’évalue pas uniquement le niveau du déficit annoncé, mais également la capacité de l’État à s’y tenir effectivement tout au long de l’année, sans recourir à des solutions conjoncturelles susceptibles d’aggraver ultérieurement les tensions financières.
6. Fitch accorde également une importance majeure à la question du financement extérieur, estimant que la notation souveraine actuelle de la Tunisie demeure extrêmement sensible à l’évolution des réserves en devises. Plus le financement extérieur est clairement identifié et durable, plus la confiance dans la capacité de l’État à exécuter son budget sans pressions excessives sur le taux de change ou sur les équilibres extérieurs se renforce.
7. Au-delà des indicateurs financiers, Fitch s’appuie de plus en plus sur l’évaluation des facteurs dits ESG, à savoir les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’agence attribue des scores d’impact allant de 1 à 5, la note 5 indiquant que le facteur concerné a une influence directe et déterminante sur la notation souveraine.
8. Dans le cas de la Tunisie, Fitch accorde un niveau d’impact élevé au facteur de gouvernance, c’est-à-dire à la stabilité politique, à l’État de droit, à la qualité des institutions et à la clarté des politiques publiques. Cela signifie que l’agence estime que la faible prévisibilité des politiques et la difficulté à évaluer la capacité de mise en œuvre des réformes affectent directement la crédibilité du budget et la confiance des créanciers; et ce, même lorsque les chiffres financiers paraissent, en apparence, acceptables.
9. Fitch prend aussi en considération le facteur social, estimant que la fragilité sociale et la forte sensibilité de la paix sociale limitent la marge de manœuvre de l’État dans la mise en œuvre de réformes financières profondes, en particulier en matière de subventions ou de dépenses sociales.
Quant aux facteurs environnementaux, tels que la rareté des ressources en eau ou les effets du changement climatique, ils sont pris en compte dans l’évaluation, mais ne constituent pas, à ce stade, un facteur déterminant de la notation.
Il conclut : « La décision de Fitch reflète une situation souveraine délicate. Si le budget 2026 n’a pas entraîné de dégradation supplémentaire de la notation, il n’offre pas non plus une large marge de sécurité. La stabilité de la notation demeure conditionnée à la capacité de l’État à exécuter le budget tel qu’adopté, à gérer ses équilibres financiers et extérieurs et à améliorer la qualité de la gouvernance, dans un contexte régional et international particulièrement sensible. »

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Afreximbank rompt avec Fitch Ratings

26. Januar 2026 um 15:46

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a mis fin à sa relation avec Fitch Ratings suite à des divergences profondes sur la classification de ses expositions souveraines. Ce clash révèle des tensions structurelles entre institutions multilatérales africaines et agences mondiales.

Fitch avait dégradé Afreximbank à BBB- fin 2024, estimant son ratio de prêts non performants (PNP) à 7,1 % (Ghana 2,4 %, Soudan du Sud 2,1 %, Zambie 0,2 %), dépassant son seuil critique de 6 %. La banque conteste vigoureusement, revendiquant 2,3 % de PNP hors ces cas, protégés par son traité fondateur ratifié par ses États membres.

Ce bras de fer remet en cause l’application des grilles souveraines classiques aux banques de type treaty-based, compromettant l’accès de l’Afrique à des financements abordables. Afreximbank défend avec vigueur son modèle robuste, étayé par des garanties actionnariales solides, face aux restructurations de dettes.

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Fitch passe la Turquie en perspective positive

24. Januar 2026 um 14:00

L’agence de notation américaine, Fitch Ratings, évoque des réserves de change plus importantes, une situation extérieure améliorée et le maintien de politiques restrictives.

L’agence de notation Fitch Ratings a relevé vendredi 23 janvier ses perspectives concernant la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères de la Turquie, les faisant passer de stables à positives, tout en confirmant la note à « BB- ».

Fitch a expliqué que sa décision reflète « une nouvelle réduction des vulnérabilités externes », grâce à une croissance des réserves de change plus rapide que prévu, à une meilleure qualité des réserves, à une baisse des engagements conditionnels en devises étrangères et au maintien de politiques macroéconomiques relativement restrictives.

Il a été noté que les réserves brutes de change étaient passées de 155 milliards de dollars fin 2024 à 205 milliards de dollars mi-janvier, tandis que les réserves nettes, hors swaps, avaient rebondi à 78 milliards de dollars, contre -66 milliards de dollars en mars 2024.

Fitch a également souligné l’amélioration de la situation financière extérieure, prévoyant une hausse des liquidités extérieures à près de 100 % en 2027, contre 80 % fin 2024, grâce à l’expérience du pays en matière d’accès durable au financement extérieur et à un secteur bancaire résilient.

L’agence de notation a déclaré que l’économie vaste et diversifiée de la Turquie et son faible niveau d’endettement public continuent de soutenir sa notation.

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Banques tunisiennes : Fitch Ratings alerte sur un environnement toujours “difficile”

29. Oktober 2025 um 19:14

Malgré la stabilité retrouvée des indicateurs macroéconomiques, les banques tunisiennes restent confrontées à une combinaison défavorable de taux d’intérêt élevés, de croissance molle et de pression sur la rentabilité, selon l’agence de notation Fitch Ratings.

Une reprise crédit en panne

Dans un commentaire relayé mardi par l’agence TAP, Fitch Ratings estime que le secteur bancaire tunisien évolue toujours dans un environnement « difficile », marqué par la lenteur de la croissance du crédit, évaluée à 0,6 % sur les cinq premiers mois de 2025.
Cette stagnation traduit à la fois une demande de financement limitée et une forte mobilisation des ressources bancaires au profit de l’État, au détriment des autres secteurs économiques.

Autrement dit, la politique de financement public, bien qu’indispensable à la stabilité budgétaire, pèse indirectement sur la capacité des banques à soutenir l’investissement privé.

Des risques maîtrisés, mais persistants

Si Fitch Ratings a relevé en septembre dernier la note souveraine de la Tunisie à “B-” avec perspective stable, cette amélioration « ne devrait pas se traduire par une amélioration notable des conditions d’exploitation des banques ».
L’agence rappelle que l’environnement opérationnel demeure contraint : inflation forte, croissance atone, taux directeurs élevés et coût du risque en hausse.

Le taux des créances douteuses (NPL) a atteint 14,7 % fin mars 2025, soit son plus haut niveau depuis quatre ans. Une part importante de ces créances reste cependant « héritée de périodes antérieures », laissant espérer une amélioration progressive à moyen terme.

Rentabilité sous tension

Entre 2022 et le premier trimestre 2025, le rendement moyen des capitaux propres (ROE) s’est établi à 10,6 %, confirmant la modération de la rentabilité du secteur.
Au premier semestre 2025, les résultats nets cumulés des dix principales banques ont certes progressé de 13 % en glissement annuel, mais cette hausse a été amputée par la flambée du coût du risque (+21 %) et des charges d’exploitation (+8 %).

Liquidité : un équilibre fragile mais stable

Fitch relève néanmoins que les conditions de liquidité restent satisfaisantes.
Les dépôts de la clientèle – principale source de financement des banques – ont progressé de 3 % sur les cinq premiers mois de 2025 (contre +10 % en 2024), tandis que les encours de crédit n’ont augmenté que de 0,6 %.
Le refinancement auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) représentait 5 % du passif total à fin mai 2025.

Ces conditions devraient se maintenir en 2026, soutenant une exposition accrue des banques à la dette souveraine, estime Fitch, « compte tenu de la faible demande de crédit privé et de rendements publics attractifs ajustés au risque ».

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