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Heute — 26. Januar 2026Haupt-Feeds

L’«érosion» géopolitique de l’Afrique du Nord

26. Januar 2026 um 10:45

Alors que l’opinion publique tunisienne s’émeut à juste titre de l’érosion subie par la colline de Sidi Bou Saïd en fustigeant les abus et le non-respect des normes d’aménagement et de prévention de l’érosion risquant de compromettre sérieusement un joyau architectural et touristique, la question pourrait être, dans une certaine proportion, extrapolée vers le constat de non-succès, pour ne pas dire les choses plus crûment, de l’Afrique du nord, zone géopolitique dont le bilan sur tous les plans sociaux, économiques, démocratiques, sécuritaires et diplomatiques peut à juste titre être considéré comme une sous-performance et une série d’opportunités perdues, pour le moins que l’on puisse dire. (Ph. Migrants illégaux nord-africains à Lampedusa, Italie).

Elyes Kasri *

De nombreux pays semblent pétrifiés par la nécessité de plus en plus pressante de changement de paradigme socio-économique et de mode de gouvernance en se cachant derrière ou en prenant pour alibi les risques d’instabilité que causerait la perturbation des lignes rouges qui ne sont en fait que des situations de rente calcifiées à force d’intérêts corporatistes ou parasitaires finissant par occulter l’intérêt collectif jusqu’à l’hypothéquer et entraîner tout le système dans une spirale d’inadéquation, de perte de compétitivité avec de sérieux risques de faillite et d’explosion, malgré le potentiel humain, naturel et de positionnement géographique.

Réservoir de migrants face à une forteresse assiégée

L’Afrique du nord semble particulièrement vulnérable et volatile peut être en raison d’une configuration territoriale et politique post-coloniale mal assumée et qui, après plus d’un demi-siècle, a démontré son inaptitude à honorer les promesses et attentes de stabilité, d’autodétermination et de liberté des peuples avec les prérequis de démocratie et de bien-être, faisant de cette région un réservoir de migrants de tout genre de l’économique, au politique et l’humanitaire, forçant ainsi l’Europe à s’ériger en forteresse assiégée par une vague migratoire et la hantise d’un raz-de-marée transformé en leitmotiv par une extrême droite en croissance rapide, exploitant avec succès les inadéquations, rigidités et contradictions de son flanc sud en les présentant comme atteignant des seuils alarmants frisant la perte de contrôle et l’explosion socio-sécuritaire avec les retombées migratoires et identitaires assimilées à un grand remplacement.

Remettre en question les tabous post-coloniaux

Outre des choix économiques et politiques susceptibles d’être considérés à l’origine de cet état des lieux insatisfaisant pour certains et alarmant pour d’autres, il serait judicieux de s’interroger sur les causes profondes qui pourraient émaner d’un tracé colonial des frontières mal assumé ou carrément inassumable et dont les enseignements gagneraient à être tirés d’abord dans la perception des menaces et des obstacles à la stabilité, au développement et à la démocratie, loin des hauts le cœur et des cris effarouchés des tenants du statu quo à tout prix et de la sacralité des frontières héritées de la colonisation, préférant ainsi le confort de l’échec patent sur tous les plans à la nécessité historique d’un bilan serein d’un demi-siècle de déceptions, de soubresauts et d’échecs.

Tant que l’Afrique du nord n’aura pas eu le courage de remettre en question les lignes rouges et tabous post-coloniaux à tous les niveaux y compris territoriaux et frontaliers, la perspective de la perpétuation des échecs et des menaces du demi-siècle écoulé risque d’être exacerbée à la faveur des mutations géostratégiques et des bouleversements qui se profilent à l’horizon et qui semblent destinées à fracasser le statu quo et forcer le changement qui ne laissera aux peuples que l’option de le subir à leurs dépens faute de l’avoir anticipé et assumé.

* Ancien ambassadeur.

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La Tunisie et les prérequis de sa sécurité

14. Januar 2026 um 14:00

La Tunisie n’est pas encore parvenue, malgré plus de quinze ans d’expérimentation, à forger un consensus national sur ses référents historiques les plus pertinents et ses objectifs futurs. De manière à pouvoir naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon. (Photo : Soldat tunisien à Gafsa, lors de l’attaque d’un commando armé contre la ville en janvier 2080).

Elyes Kasri *

Elle n’y est pas parvenue dans un monde en pleine mutation géostratégique, face à une accélération de l’histoire avec ses aléas et défis sécuritaires et socio-économiques, avec une scène internationale caractérisée par la fluidité, l’opacité et une mutation déconcertante des valeurs internationales, alors que le droit international établi au siècle dernier donne des signes sérieux d’inopérance et d’obsolescence.

Au cœur de la tempête

Fragilisée par une dimension géographique rognée par les vicissitude de l’histoire coloniale et une phase post révolutionnaire que certains qualifient de transe et que les indicateurs macroéconomiques pourraient assimiler à une automutilation, la Tunisie se trouve dans une situation de vulnérabilité qui rend vitale la quête de référents historiques pertinents pour l’édification d’une doctrine sécuritaire susceptible de lui permettre de naviguer avec le minimum de dégâts dans les eaux troubles de la tempête qui se profile à l’horizon.

Parmi les événements historiques pertinents a plus d’un titre figure l’attaque terroriste de Gafsa en janvier 1980 et ses dessous et péripéties locaux, régionaux et internationaux.

Apprendre de l’attaque de Gafsa

Occulter l’attaque de Gafsa, dans laquelle sont impliqués ses deux voisins immédiats : la Libye et l’Algérie **, et la classer comme un fait divers pourrait priver la Tunisie d’éléments importants de perspicacité et d’appréciation de la menace et des prérequis de la sécurité alors que le monde en général entre dans une phase d’instabilité, de mutation et de reconfiguration géopolitiques, où l’Afrique du nord ne pourra pas faire exception surtout que le facteur énergétique semble jouer le rôle de catalyseur des conflits en cours ou en vue.

Après la Yougoslavie, le Soudan, l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, le Venezuela et l’Iran, à qui sera le tour et comment se prémunir de cette déferlante qui prend l’allure d’un tsunami, telle est la question qui gagnerait à être abordée avec sérénité et sagacité en Tunisie loin de tout sentimentalisme et d’illusions motivées par des émotions dont la sincérité et les motifs mériteraient un plus grand recul et une attention particulière.

La sécurité de la Tunisie et même sa survie en dépendent.

* Ancien ambassadeur.  

** Entre le 27 janvier, date de l’attaque de la caserne de Gafsa par un commando armée infiltré d’Algérie, et le 3 février, date de la reprise en main de la situation dans la ville par l’armée tunisienne, on a enregistré 48 morts, dont 24 militaires, 21 civils et 3 assaillants Le nombre de ces derniers est estimé à environ 300.

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