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Tunisie | Louzir plaide pour des mesures en faveur de l’investissement

09. Januar 2026 um 12:33

Les mesures à caractère social ont dominé la loi de finances 2026. On y constate un très fort impact des dépenses à caractère social contre une faiblesse des mesures en faveur de l’investissement créateur de croissance, de richesses et d’emploi, a indiqué, jeudi 8 janvier 2026, à Tunis, Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF).

Intervenant lors d’une matinée d’information et d’échanges consacrée aux nouvelles dispositions de la loi de finances 2026, Louzir a précisé que les dépenses à caractère social et de subvention dépassent 19 milliards de dinars soit l’équivalent de 5 472 dinars par an pour chacune des 3 472 188 familles dénombrées en Tunisie en 2025.

«Ces aides sociales importantes sont par ailleurs, associées à un système de gestion compliqué, non efficace, à risque et présentant une complexité de chiffrage et de suivi», a-t-il ajouté, par allusion à la lourde machine bureaucratique nationale.

Louzir a, par ailleurs, évoqué le poids de la masse salariale de la fonction publique soulignant la croissance, depuis 2010, de 35% des effectifs et de 191% du salaire brut annuel moyen. «Cette augmentation des effectifs qui s’accompagne par un véritable manque de productivité, pose un vrai problème auxquelles de vraies solutions devraient être trouvées», a-t-il dit.

Le secrétaire général de la CCITF s’est en outre longuement arrêté sur la forte pression fiscale qui est des plus élevées en Afrique, précisant que celle-ci s’est établie à 33,5% du PIB en 2022. Elle devrait passer à plus de 34% à fin 2025 et se poursuivre en 2026.

«L’impôt sur les sociétés a significativement augmenté passant de 2,8 milliards en 2022 à 6 milliards en 2025, soit une augmentation de 113% en 3 ans. Cette tendance ne va pas être inversée en 2026. Trop d’impôt tue l’impôt. Cette tendance va certainement impacter négativement, les investissements», a enchaîné Louzir.

«L’autre problème en rapport avec la fiscalité en Tunisie est que le nombre de contribuables reste faible vu l’importance de l’informel qui grignote plus de 40% du PIB», a-t-il encore déploré.

Autre problème évoqué par Louzir, le poids de la dette. Face aux difficultés à lever la dette extérieure, il y a eu un asséchement du marché local par le fort financement de l’Etat au détriment de l’investissement public et privé (part de l’Etat dans le total des crédits est passé de 17% en 2020 à 33,4% en 2025), outre le financement du déficit par le recours à l’emprunt direct auprès de la Banque centrale.

S’agissant des mesures que la CCITF aurait souhaité trouver dans la LF2026, Louzir a parlé de signaux de confiance aux investisseurs publics et privés, de vraies actions de restructuration des entreprises et des administrations publiques, une orientation des fonds de la BCT vers le secteur productif plutôt que vers les dépenses de fonctionnement, une accélération de la réforme fiscale, des encouragements tangibles pour les secteurs porteurs comme l’énergie renouvelable ou l’intelligence artificielle et un maintien du dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux.

D’après Tap.

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Mohamed Louzir : « Le financement doit-il créer de la richesse ou supporter le déficit ? »

08. Januar 2026 um 12:39

Loi de finances 2026La loi de finances pour 2026 bat tous les records avec 110 articles, dont la moitié proposés par les députés eux-mêmes. Un phénomène inédit dans l’histoire du pays qui témoigne d’une approche pour le moins atypique de la gouvernance budgétaire.

Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre du commerce et de l’industrie tuniso-française (CCITF), a livré une analyse sans concession de ce texte, lors d’une journée d’information consacrée au sujet, jeudi 8 janvier 2026 à Tunis.

L’intervenant qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux. Une intrusion du législateur dans un domaine qui relève habituellement du dialogue social.

 

Mohamed Louzir qualifie cette loi de finances d’innovante… ironiquement, bien entendu. En effet, parmi les mesures les plus surprenantes, figure l’instauration d’augmentations salariales directement par voie législative, court-circuitant ainsi les mécanismes traditionnels de négociation entre partenaires sociaux.

 

Autre nouveauté de taille : la Banque centrale financera directement l’État à hauteur de 11 milliards sur quinze ans, avec trois années de grâce et sans intérêt. Cette mesure, conjuguée à l’assouplissement de la réglementation des changes permettant aux particuliers d’ouvrir des comptes en devises, marque une rupture avec les pratiques antérieures.

La loi de finances prévoit également l’instauration d’un régime de franchise en douane pour les voitures des familles tunisiennes résidant à l’étranger, sous conditions de revenus.

Par ailleurs, l’interdiction des opérations en espèces a été levée, et surtout, un impôt sur la fortune fait son apparition dans le paysage fiscal tunisien. Tout en suscitant de vives interrogations sur son rendement réel et ses modalités d’application.

Une croissance en berne

Par ailleurs, les chiffres de la croissance montrent un tableau préoccupant. Alors que l’année 2025 devait afficher une progression de 3,2 % du PIB, la réalité s’est avérée bien plus modeste. Et ce, avec un taux qui devrait s’établir à 2,4 %; après un blocage inquiétant au troisième trimestre et une croissance nulle. Cette contre-performance fait suite à une année 2024 catastrophique, où la croissance annoncée à 1,2 % n’a finalement atteint que 0,5 %.

La comparaison régionale est cruelle pour la Tunisie. Pendant que le pays peine à atteindre les 2,5 %, l’Algérie affiche entre 4 et 8 % de croissance grâce à une diversification économique ambitieuse. Le Maroc devrait terminer l’année entre 4 et 4,5 %, dépassant largement ses prévisions initiales. Même la Chine, malgré ses difficultés, maintient une croissance de 5 %.

L’inflation sous contrôle, mais à quel prix

Sur le front de l’inflation, les nouvelles sont cependant encourageantes, mais seulement en apparence. Après avoir culminé à 9 % en 2023, elle est retombée à 7 % en 2024 et devrait s’établir à 5,6 % en 2025. Toutefois, ce taux reste largement supérieur aux standards régionaux : 2,4% en Europe et 1,8 % en Algérie. La question de la maîtrise durable de l’inflation tout en relançant la croissance demeure entière.

En outre, la baisse du prix du baril de pétrole a offert une bouffée d’oxygène bienvenue, permettant de réduire le poids des subventions énergétiques. Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025. Cette vulnérabilité expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux et grève durablement les finances publiques.

 

Mais cette embellie conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle alarmante : la dépendance énergétique de la Tunisie est passée de 8,4 % en 2010 à 64,3 % en 2025.

 

Un déficit structurel inquiétant

De plus, les réalisations de l’année 2025 révèlent un paradoxe : moins de revenus, moins de dépenses, mais aussi moins de déficit. Les recettes fiscales devraient atteindre 44 milliards de dinars contre 42 milliards en 2024. Ce qui témoigne d’une pression fiscale soutenue. Les dépenses, quant à elles, ont bénéficié d’une économie d’environ un milliard sur les subventions énergétiques, grâce à la baisse des cours du pétrole.

L’analyse de l’évolution depuis 2010 dresse un constat sévère : le déficit a explosé de 743 %; tandis que les investissements n’ont progressé que de 21 %. Dans le même temps, les recettes ont augmenté de 247 %. Cette scissure révèle une dérive structurelle majeure où l’augmentation du déficit ne finance pas la croissance future mais sert essentiellement à couvrir des charges de fonctionnement.

Une fiscalité à bout de souffle

L’impôt sur les sociétés non pétrolières connaît une progression spectaculaire, passant de 2,8 milliards de dinars en 2022 à 5,9 milliards attendus en 2025. Cette performance s’explique par un durcissement des contrôles fiscaux et l’imposition à des taux élevés de secteurs comme la banque. Cependant, Mohamed Louzir avertit que le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains.

 

« Cependant, le système fiscal commence à atteindre ses limites, avec une pression fiscale désormais comparable à celle de nombreux pays de l’OCDE et largement supérieure à celle des pays africains ».

 

Pour 2026, le budget prévoit des recettes fiscales de 47,7 milliards de dinars, contre 44 milliards attendus en 2025. Cette progression repose sur un maintien de la pression fiscale et un nouveau recours à l’amnistie fiscale comme mécanisme d’urgence pour faire rentrer des liquidités.

Le scandale de la TVA non recouvrée

L’intervenant livre un calcul édifiant sur la taxe sur la valeur ajoutée. Avec un PIB marchand estimé à 132 milliards de dinars et un taux moyen de TVA de 15 %, l’État devrait théoriquement encaisser près de 20 milliards de dinars. Or, les recettes réelles de TVA plafonnent entre 11 et 12 milliards. Cette différence de 7 à 8 milliards représente un manque à gagner colossal, directement imputable aux transactions en espèces, à l’économie informelle et aux diverses formes d’évasion fiscale.

Ce chiffre prend tout son relief quand on le compare au déficit budgétaire prévisionnel de 11 milliards de dinars pour 2026. Si l’État parvenait à recouvrer ne serait-ce qu’une partie de cette TVA évadée, la question du financement monétaire direct par la Banque centrale ne se poserait peut-être même pas.

Cette situation pose également un problème d’équité majeur : ceux qui échappent à la TVA bénéficient des services publics sans y contribuer. Pénalisant d’autant les acteurs économiques qui respectent leurs obligations fiscales.

Un budget 2026 sous haute tension

Pour 2026, le déficit budgétaire devrait dépasser les 11 milliards de dinars, représentant plus de 25 % du budget total de 79 milliards de dinars. Un taux exceptionnellement élevé qui sera intégralement couvert par le financement direct de la Banque centrale. Cette solution interroge sur la soutenabilité du modèle économique tunisien : l’argent frais doit-il servir à financer l’investissement créateur de richesse ou à supporter le déficit courant et les charges de fonctionnement ?

Les remboursements de dette restent à un niveau élevé, autour de 23 milliards de dinars, comparable aux années précédentes. Conjugués à une masse salariale de 25 milliards, ces deux postes absorbent l’essentiel des ressources budgétaires, laissant peu de marge pour l’investissement productif.

Des dépenses de gestion non maîtrisées

Malgré des annonces récurrentes de maîtrise des dépenses de gestion, la réalité du terrain raconte une autre histoire. Les infrastructures vieillissantes nécessitent des entretiens coûteux qui ne sont pas correctement budgétisés. Ces dépenses se retrouvent dispersées dans divers comptes, et en cas d’urgence, comme des difficultés de trésorerie à la Pharmacie centrale ou dans les hôpitaux, les crédits initialement prévus pour l’entretien sont détournés pour payer les fournisseurs et éviter la rupture de services essentiels.

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

Les dépenses de fonctionnement représentent 75 % des recettes fiscales. Confirmant ainsi que l’essentiel de l’effort fiscal sert à financer le fonctionnement courant de l’État plutôt que son développement.

 

Cette gestion au coup par coup témoigne d’une absence de vision stratégique et d’une incapacité à hiérarchiser les priorités dans un cadre budgétaire contraint.

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