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L’Amérique de Trump nous ramène deux siècles en arrière

05. Januar 2026 um 12:51

L’attaque-surprise a duré 45 minutes. Entre 2.00 et 2.45 du matin, des dizaines d’hélicoptères ‘’Blackhawk’’ ont bombardé Caracas, tué de nombreux militaires et civils, endommagé d’importantes infrastructures et réussi à enlever le président Maduro et sa femme, tirés de leur lit. Le président vénézuélien devrait comparaitre devant un tribunal new yorkais pour faire face aux charges dont l’accuse Donald Trump : « trafic de drogue et terrorisme ».

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a été chargée des fonctions de présidente par intérim. Sa première déclaration fut d’insister que Maduro est toujours le président légitime du Venezuela, et d’exiger sa libération et son retour dans son pays. Déclaration qui n’a pas plu au président kidnappeur qui, dans une rencontre avec la presse, l’a menacée en ces termes : « Si elle ne se comporte pas correctement, elle payera un prix très lourd, probablement plus lourd que Maduro. »

Il va sans dire que, dans l’esprit de Trump, « se comporter correctement », signifie faire ce qu’exige Washington; non ce qui est dans l’intérêt du peuple vénézuélien.

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis kidnappent un président en exercice et le jugent par un tribunal américain. En 1989, Bush père avait envoyé les forces spéciales de l’US Army au Panama pour enlever le président Manuel Noriega qui fut jugé et jeté en prison où il mourut.

Mais ce qu’a fait Trump le 3 janvier au Venezuela est autrement plus grave et plus complexe. Le kidnapping du président légitime d’un Etat souverain, que beaucoup qualifient d’ « acte de brigandage d’un pays fort contre un pays faible », s’explique pour deux raisons principales.

La première a trait au pétrole et aux richesses minières du Venezuela. Trump n’a pas fait mystère de sa volonté et de sa détermination de s’en emparer en renversant le régime de Maduro et de le remplacer par un autre qui servirait les intérêts de l’empire plutôt que ceux du peuple vénézuélien.

La seconde raison est de barrer la route de l’Amérique latine aux « pays ennemis », c’est-à-dire la Chine, la Russie et l’Iran qui ont établi des relations économiques et politiques très développées avec le Venezuela. En d’autres termes, « l’acte de brigandage » perpétré par Trump à Caracas est aussi un message à tous les pays d’Amérique latine : tout président latino-américain qui ose défier Washington en mettant les intérêts de son peuple au-dessus de ceux de l’empire, pourrait subir le même sort que Nicolas Maduro.

Les plus pessimistes n’ont pas imaginé pire début de l’année 2026 dont l’humanité entière a souhaité qu’elle soit un peu moins désastreuse que sa précédente. Que peut-on attendre d’une année qui commence par le coup de grâce au droit international, déjà fortement malmené par les prédécesseurs de Trump et leurs alliés fanatiques en Israël.

Ce qu’a fait Trump au Venezuela le 3 janvier nous ramène deux siècles en arrière quand les empires coloniaux pratiquaient la politique de la canonnière pour piller les richesses des pays qui n’avaient pas la capacité de se défendre.

Il n’y a pas beaucoup de différence entre ce que faisaient il y a deux siècles la France en Algérie et la Grande Bretagne en Inde et ce que fait aujourd’hui l’Amérique de Trump. Celles-là avaient occupé militairement et dominé politiquement les pays à piller, et celle-ci, échaudée par ses aventures catastrophiques au Vietnam, en Irak et ailleurs, cherche à imposer un régime local qui tournerait le dos à son peuple et ouvrirait le Venezuela au pillage.

Le drame est que, face à des développements de grande gravité pour la stabilité mondiale, les réactions se limitent à des condamnations verbales ou, comme en Europe, à un silence embarrassant. Sans parler de la presse des deux côtés de l’Atlantique qui traite un événement majeur comme un simple fait divers.

Imaginons un instant que Poutine a envoyé ses hélicoptères à Kiev et a ramené Zelensky pour le juger à Moscou pour terrorisme, ou la Chine a kidnappé le président taiwanais, Lai Ching-Te, pour le juger à Pékin pour trahison. Dans quel degré d’ébullition serait le monde aujourd’hui ? L’Amérique et l’Europe auraient mis la planète sens dessus-dessous, brandissant évidemment les grands principes de la morale, de la démocratie, de la liberté, de la souveraineté et autres balivernes qui sonnent comme de sinistres plaisanteries au vu de l’état dans lequel se trouve le droit international aujourd’hui.

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La rencontre inattendue de l’Etat génocidaire avec un Etat fictif

29. Dezember 2025 um 09:39

Cela fait trente cinq ans que cet « Etat » du Somaliland existe dans un anonymat international total. Et voilà que depuis le vendredi 26 décembre, il fait les gros titres de l’actualité.

Ce territoire de 175 000 km2, profitant du chaos engendré par la chute du président Siad Barre en 1991, autoproclama son indépendance de la Somalie. En trente-cinq ans d’existence aucun pays au monde n’a reconnu cet Etat autoproclamé au nord-ouest de la Somalie… Jusqu’au 26 décembre quand Netanyahu annonça la reconnaissance officielle par Israël de « l’État indépendant et souverain » du Somaliland.

Netanyahu qui tente par tous les moyens, y compris le génocide, de rayer de la carte l’Etat palestinien que la quasi-totalité des pays reconnait, défie le monde entier en reconnaissant le Somaliland qu’aucun Etat ne reconnait…

La Somalie, l’Ethiopie, Djibouti, la Ligue arabe, l’Organisation des Etats islamiques, l’Union Africaine, l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, ont condamné dans les termes les plus vifs la provocation israélienne. L’Union européenne, sans oser condamner Israël, a appelé au « respect de la souveraineté de la Somalie ».

Sans surprise, la réaction la plus virulente est venue du président somalien Hassan Sheikh Mohammed : « La reconnaissance par Israël, qui encourage les mouvements sécessionnistes dans le monde, constitue une menace pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l’Afrique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a commis la plus grande des violations contre la souveraineté de la Somalie. Nous mettons en garde Israël et son Premier ministre Netanyahu contre le transfert de ses guerres du Moyen-Orient vers la Somalie. Nous n’accepterons jamais l’expulsion par Israël de Palestiniens de Gaza au Somaliland. »

Est-ce là le secret de cette soudaine reconnaissance d’un Etat autoproclamé qui vit depuis 35 ans dans l’isolement ? Il faut rappeler ici qu’en pleine guerre génocidaire, des informations filtraient de temps à autre sur les « prospections » par Israël et les Etats-Unis, visant à trouver « un pays d’accueil » pour les Gazaouis dont le territoire totalement détruit faisait saliver Trump et les grands entrepreneurs immobiliers qui lui sont proches.

La résistance des Palestiniens et leur refus de quitter leur terre ont fini par convaincre Trump et son entourage de renoncer à leur rêve de « riviera » à Gaza, et Netanyahu et son gouvernement génocidaire de faire le constat de leur impuissance å nettoyer ethniquement l’enclave.

Pourquoi alors le Premier ministre israélien a-t-il établi des relations officielles avec un Etat fictif qui n’est reconnu par personne ? Il faut voir la carte de la région pour comprendre. Le Somaliland dispose d’une base navale à Berbera d’une importance géostratégique majeure sur le Golfe d’Aden, une voie maritime vitale pour le commerce mondial puisqu’elle relie l’océan Indien à la Méditerranée via le Canal de Suez.

De plus, la base de Berbera fait face au Yémen où vivent les Houthis, les ennemis les plus irréductibles d’Israël. L’initiative de Netanyahu de reconnaitre « l’Etat souverain » du Somaliland n’a qu’une seule explication : la base navale de Berbera.

Trump a feint la surprise, affirmant que Washington n’a pas l’intention de reconnaitre le Somaliland. Il faut être naïf pour croire que Netanyahu a pris une initiative d’une telle importance sans consultation préalable de l’allié américain. Car, si Israël finit par installer une base militaire à Berbera, ce sera un pain béni pour Washington qui, à travers son proxy israélien, renforcera sa domination dans la corne de l’Afrique, le Golfe d’Aden et contrôlera plus étroitement l’important flux du commerce mondial et… l’Iran.

Ayant largement prouvé son impuissance à faire face au déchainement militaire ravageur d’Israël depuis le 8 octobre 2023, le monde a commencé déjà à réagir par… des communiqués de condamnation des perturbations géostratégiques que ne manqueront pas de provoquer la rencontre d’un Etat génocidaire et d’un Etat fictif.

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