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Agriculture | Un système de distribution à réformer en profondeur 

13. Mai 2026 um 08:00

Un verdict sans détour : la chaîne qui relie le champ tunisien à la table du consommateur est grippée. Trop d’intermédiaires, trop peu de régulation, des textes juridiques dépassés et des infrastructures à bout de souffle. Trois experts ont présenté, des pistes de transformation concrètes et chiffrées. 

Latif Belhedi

Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation que traverse l’agriculture tunisienne. Le travail est là. La production aussi. Et pourtant, aux deux extrémités de la chaîne, le compte n’y est pas : celui qui cultive peine à en tirer un revenu décent, celui qui achète supporte des prix qui ne reflètent pas la réalité du coût de production. Ce paradoxe, c’est la question centrale qu’a posée Amine Ayed, président de l’IACE, en ouvrant la dixième édition du Tunisia Economic Forum mardi 12 mai 2026, au siège du think tank à Tunis. Un forum qui, depuis une décennie, s’est construit sur le postulat qu’aucune amélioration n’est possible sans l’examen lucide et collectif des défaillances propres à chaque secteur. 

Amine Ayed a tenu à replacer d’emblée le sujet dans sa juste dimension. La modernisation des filières de commercialisation agricole n’est pas une question de logistique ou d’organisation administrative. C’est un enjeu de souveraineté économique. La manière dont une économie fait circuler ce qu’elle produit détermine autant sa richesse finale que sa capacité à la générer.

Or, entre le producteur et l’acheteur final, le système tunisien laisse filer de la valeur à chaque étape : trop d’intermédiaires s’y sont incrustés, le secteur informel y a pris ses aises, la logistique y reste défaillante et les tensions spéculatives y sont récurrentes.

Une approche morcelée

Ce n’est pas un dysfonctionnement sectoriel isolé. C’est un défaut systémique qui érode l’efficacité globale de l’économie, affaiblit sa transparence et mine la confiance de ses acteurs. 

Le président de l’IACE a aussi pointé un travers méthodologique persistant. Les réponses apportées jusqu’ici à ces problèmes ont été parcellaires : les marchés de gros traités séparément des enjeux logistiques, les questions de prix dissociées de celles du commerce informel, les infrastructures pensées hors de tout cadre de gouvernance cohérent.

L’étude présentée lors de ce forum rompt avec cette approche morcelée. Elle propose une lecture d’ensemble, articulée autour de plusieurs scénarios de transformation possibles, avec pour question centrale : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ? Car la réforme, a insisté Amine Ayed, est aussi politique que technique. Elle heurte des intérêts en place, bouscule des habitudes ancrées et interroge des rapports de force territoriaux. Elle réclame non seulement des idées, mais de la cohérence dans leur mise en œuvre, une vision à long terme et la volonté effective de les exécuter. 

Trop de marchés, trop peu de contrôle 

C’est Mohamed Hédi Inoubli, à la tête de l’Unité de gestion par objectifs pour la mise à niveau des circuits de distribution des produits agricoles et de la pêche au ministère du Commerce, qui a pris le relais pour cartographier les pathologies du système. Son premier constat est géographique autant qu’institutionnel : la Tunisie compte sept fois plus de marchés que ses voisins algérien et marocain. Cette prolifération, loin d’être un signe de vitalité commerciale, génère une fragmentation qui rend tout contrôle efficace quasi impossible. Elle s’accompagne d’un phénomène de glissement généralisé : les opérateurs débordent de leurs périmètres réglementaires, les rôles se brouillent, et les pratiques monopolistiques ou spéculatives s’y développent en toute impunité. 

La complexité du secteur tient aussi à sa nature intrinsèque. La production agricole est, par définition, variable : d’une saison à l’autre, d’une région à l’autre, les volumes, la qualité et la disponibilité fluctuent de façon significative. Cette instabilité structurelle est aggravée par l’insuffisance chronique du financement agricole, qui empêche les producteurs de valoriser correctement leur récolte, d’atteindre les seuils de volume nécessaires et d’acheminer leur production vers les circuits formels de distribution. Le cadre juridique censé encadrer tout cela est, lui, figé dans le temps. Obsolète, il ne permet plus d’assurer un contrôle commercial opérationnel. 

Face à cette situation, M. Inoubli a présenté le décret n° 47 de 2022 comme le levier réglementaire central de la transformation à engager. Ce texte prévoit plusieurs mécanismes complémentaires. Il rend obligatoire la déclaration des activités commerciales, visant à faire reculer l’économie informelle. Il impose la mise en place de systèmes d’information agréés, permettant une traçabilité numérique de la filière et une connaissance en temps réel des stocks disponibles par l’administration. Il introduit une distinction formelle entre stockage de régulation et stockage spéculatif. Il prévoit enfin un renforcement substantiel des pouvoirs de contrôle et des sanctions applicables. 

Sur le terrain, l’approche repose sur une logique d’expérimentation avant généralisation. Un projet de marché de gros intégré est à l’étude à Béja, couvrant les légumes, les fruits et la volaille. À Sidi Bouzid, un projet pilote de plateforme numérique intégrée a déjà été testé et ses enseignements serviront de base aux futurs déploiements.

Par ailleurs, le système de facturation électronique développé par la Sotumag est d’ores et déjà opérationnel dans treize marchés municipaux. L’objectif est de l’étendre progressivement à l’ensemble des marchés d’intérêt national. Une refonte de la cartographie nationale des marchés est également en préparation, avec pour finalité la suppression ou la fusion des marchés dont la viabilité n’est pas démontrée. Sur ce point, M. Inoubli a rappelé une erreur récurrente des réformes passées : les chevauchements de compétences entre ministères ont souvent constitué le principal obstacle à leur concrétisation. 

Une feuille de route en trois axes 

Ahmed Ben Kheder, consultant auteur de l’étude de l’IACE «Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles», a apporté la dimension prescriptive de la journée en détaillant une feuille de route structurée. Son diagnostic préalable confirme et précise ce qui avait été exposé.

La prolifération des intermédiaires est bien la cause première des distorsions de prix, entretenue par une évasion fiscale généralisée et des blocages juridiques tenaces. Les contrats de concession accordés aux gestionnaires de marchés sont trop courts pour déclencher un investissement privé sérieux : aucun opérateur ne s’engagera dans une rénovation coûteuse si le cadre contractuel ne lui garantit pas d’en amortir le coût.

Les communes, de leur côté, manquent cruellement d’expertise technique dans la gestion des circuits de distribution agricole. Les abattoirs se sont progressivement dégradés. Et la procédure d’attribution des concessions, fondée exclusivement sur le critère financier du mieux-disant, écarte de facto les candidats les plus compétents au profit des plus offrants. 

Cette situation n’est pas sans précédent. Entre 2002 et 2008, des chantiers de réhabilitation avaient été lancés. Ils n’ont pas produit les résultats attendus. Faute d’une vision stratégique d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés, ces interventions sont restées sans lendemain. La leçon à en tirer est claire selon le consultant : une réforme parcellaire est vouée à l’échec. Seule une approche systémique et cohérente peut produire des effets durables. 

Sa proposition s’organise autour de trois axes. Le premier concerne la professionnalisation de la gestion des marchés. Il s’agit de créer des agences spécialisées et de confier leur pilotage à des gestionnaires compétents, soit par délégation de service au secteur privé, soit par une professionnalisation effective des équipes municipales.

Le deuxième axe vise la qualité des investissements et la création de valeur autour du produit agricole. Concrètement, cela suppose de substituer au critère exclusif de la capacité financière un critère de qualité de service dans la sélection des opérateurs, d’allonger la durée des contrats de concession pour rendre l’investissement attractif, et d’élaborer un cahier des charges de référence servant de socle normatif commun à tous les appels d’offres.

Le troisième axe, de nature transversale, porte sur la gouvernance institutionnelle : clarification des attributions respectives des acteurs centraux et locaux, meilleure articulation entre les niveaux de décision et adoption d’un cadre juridique unifié. 

Pour financer l’ensemble du programme, M. Ben Kheder a recommandé la création d’un fonds national dédié, abondé par les contributions des opérateurs du secteur. Le mode de calcul retenu est significatif : les cotisations seraient assises sur les volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout mécanisme inflationniste répercuté sur le consommateur final. Ce fonds serait piloté par une unité de gestion permanente, chargée d’assurer en continu le suivi de la qualité et de la pérennité des infrastructures.

Parallèlement, le consultant a plaidé pour l’émergence de petites entreprises nouvelles aux côtés des opérateurs établis, dans une logique de stimulation concurrentielle susceptible d’élever le niveau général de service. 

La dimension infrastructurelle de la réforme passe aussi par la spécialisation des marchés de gros. Plutôt que des structures généralistes, M. Ben Kheder préconise des équipements dédiés à chaque grande filière : viandes rouges, viandes blanches et produits de la mer bénéficieraient chacun d’infrastructures adaptées à leurs contraintes sanitaires et logistiques spécifiques. Cette spécialisation renforcerait la traçabilité, améliorerait les conditions d’hygiène et élèverait le niveau de professionnalisation de l’ensemble de la chaîne. 

Les effets attendus de ces transformations se déploieraient sur deux registres. Économiquement, elles permettraient de comprimer les distorsions de prix, de réduire significativement le poids du commerce parallèle et de renforcer la compétitivité des filières agricoles tunisiennes.

Socialement, elles agiraient à la fois sur la stabilité des prix à la consommation et sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de distribution. 

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Gaz domestique : Les distributeurs en colère menacent d’interruption nationale

25. Dezember 2025 um 12:44

La Chambre nationale des distributeurs de bouteilles de gaz domestique, affiliée à l’UTICA, a annoncé une interruption de distribution pour les 12 et 13 janvier 2026. Face à des problèmes financiers et réglementaires persistants, le secteur met en garde contre des perturbations possibles de l’approvisionnement des foyers tunisiens si ses revendications légitimes ne sont pas traitées.

La distribution de gaz domestique en Tunisie pourrait connaître une interruption de deux jours en janvier prochain. La décision a été officialisée par Mohamed Mnif, président de la Chambre nationale des distributeurs, à l’issue de l’assemblée générale de la chambre tenue mercredi 24 décembre 2025. Elle fait suite à des revendications anciennes restées sans réponse, malgré de multiples correspondances et études transmises aux autorités de tutelle.

Les motifs de l’interruption

Quatre points principaux motivent cette suspension temporaire de l’activité :

  • Révision du cadre réglementaire : certaines dispositions du décret conjoint du 4 mars 2022 sont jugées inapplicables, compromettant l’approvisionnement régulier en gaz domestique.
  • Prime de distribution non versée : les hausses prévues pour 2023, 2024 et 2025 n’ont pas été réglées, alors que les distributeurs ont fourni des études détaillées aux autorités.
  • Planification future des augmentations : aucune programmation pour 2026-2028 n’a été définie, mettant en péril la pérennité du secteur.
  • Litige avec la Société Agil Gaz : des retenues sur approvisionnement non résolues pour 2023-2025 aggravent la situation financière des distributeurs concernés.

Ces points illustrent la tension persistante entre le secteur privé et les autorités publiques, avec un impact direct sur la capacité à fournir cette ressource essentielle aux ménages.

Une suspension qui inquiète les consommateurs

Cette interruption pourrait affecter l’ensemble du territoire national. Mohamed Mnif insiste sur le caractère exceptionnel de cette mesure, prise après l’accumulation de pertes financières et de difficultés opérationnelles majeures.

Les distributeurs se disent prêts à reprendre leurs activités dès que les autorités réviseront le cadre réglementaire, verseront les primes dues, et résoudront les litiges financiers.

La Chambre nationale avait déjà alerté le 26 novembre 2025 sur l’absence de solutions face aux difficultés croissantes. Le secteur dénonçait notamment le non-respect du procès-verbal du 23 mars 2022, l’absence de versement des primes de transport et de distribution, et l’absence de dialogue avec les autorités.

Malgré des investissements pour moderniser les centres de remplissage et augmenter les cadences, la capacité de stockage limitée reste un point de vulnérabilité, tandis que le prix de la bouteille de gaz reste fixé à 8,8 dinars.

Lire aussi :

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Cosmétique : des entreprises tunisiennes en mission au salon Cosmoprof Worldwide Bologna 2026

Von: walid
25. Dezember 2025 um 11:32

Une mission au profit des entreprises opérant dans le secteur de la cosmétique sera organisée dans le cadre du salon « Cosmoprof Worldwide Bologna », qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Bologne (Italie).

Cette participation est organisée à l’initiative du Centre de promotion des exportations (CEPEX), en partenariat avec le Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (PAMPAT) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

Avec plus de 250 000 visiteurs professionnels, près de 3 000 exposants et des participants issus de plus de 150 pays lors de la précédente édition, ce salon constitue une plateforme de référence pour valoriser l’offre tunisienne à l’international et développer des partenariats d’affaires à forte valeur ajoutée.

Il permettra, également, aux entreprises participantes de renforcer la visibilité des marques et des innovations tunisiennes, tout en explorant les nouvelles tendances des secteurs de la cosmétique, de la beauté, de la parfumerie, des soins naturels et du bien-être.

À cette occasion, des rencontres B2B ciblées seront organisées en marge du salon afin de maximiser les opportunités de partenariat et de prospection commerciale, selon le CEPEX.

Les entreprises souhaitant prendre part à cette manifestation peuvent s’inscrire en ligne avant le 30 décembre 2025.

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Bizerte : Plus de 70 petites et moyennes entreprises participent à la 11ème édition de la foire commerciale de Bizerte

Von: walid
22. Dezember 2025 um 15:35

Le directeur de la foire commerciale de Bizerte Mehdi Bratli, a indiqué que plus de 70 petites et moyennes entreprises participent à la 11ème édition de la foire commerciale de Bizerte, qui se tient chaque année à l’espace de la foire internationale de Bizerte située dans la zone touristique de Sidi Salem.

Le responsable a souligné dans une déclaration à la TAP que cette édition, qui a été organisée en coordination avec l’Union régionale du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, sous la présidence de Hichem Cherif et le comité d’organisation des foires se poursuivra jusqu’au 5 janvier 2026.

Il a précisé que le comité d’organisation de la foire a veillé à favoriser toutes les conditions d’accueil des exposants et à offrir une opportunité renouvelée aux entrepreneurs pour promouvoir leurs activités et leurs produits, tout en permettant aux clients d’acheter de nouveaux produits à valeur ajoutée et à des prix abordable accéder à cette page.

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