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Bâle III, IFRS 9 et fintech : le secteur financier tunisien à l’épreuve du grand écart réglementaire

21. Mai 2026 um 14:10

Entre l’impératif de robustesse prudentielle imposé par les nouvelles normes internationales et l’urgence de financer une économie dont 60 % des acteurs restent en dehors du système bancaire, le secteur financier tunisien se trouve à un carrefour historique. C’est l’équation vertigineuse dont ont débattu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, les participants au panel intitulé « IFRS 9, Bâle III finalisé et disruption fintech : le secteur financier tunisien entre conformité et compétitivité ». Une heure de débat dense, tendu mais constructif, au cours de laquelle régulation, digitalisation, inclusion financière et compétitivité se sont entrechoquées avec une franchise rare.

C’est Karim Hajjaji, Global Chief Operating Officer Corporate & Investment Banking, qui a posé le cadre analytique avec la rigueur d’un praticien rompu aux grandes géographies financières mondiales. Bâle III et IFRS 9 ne sont pas deux réformes parallèles : elles produisent ensemble un effet de ciseau redoutable sur les bilans bancaires. D’un côté, Bâle III exige une augmentation substantielle des fonds propres, avec une mesure bien plus sophistiquée du risque, notamment à travers le ratio de levier et les exigences en capital. De l’autre, IFRS 9 introduit le concept de pertes attendues – l’expected loss – qui oblige les banques à provisionner non plus les pertes constatées, mais celles anticipées selon des modèles statistiques avancés.

Résultat mécanique : la pression simultanée sur le capital et sur la rentabilité réduit théoriquement la capacité de distribution de crédit.

Pour les banques tunisiennes, cet effet est amplifié par des vulnérabilités structurelles bien identifiées. Karim Hajjaji a pointé la relative faible profondeur du marché, la dépendance aux ressources courtes et la rareté des capacités de refinancement à long terme. Mais c’est l’éléphant dans la salle qu’il a nommé sans détour : la concentration massive des engagements bancaires sur les entreprises publiques, qui représentent environ 25 % du portefeuille de crédit. Une exposition qui capte une part disproportionnée des capacités du système, au détriment des petites et moyennes entreprises, pourtant véritables moteurs de la prospérité nationale.

Ses recommandations ont été aussi précises que pragmatiques. D’abord, piloter la transition de manière graduée et concertée entre régulateur et établissements. Tout en évitant un choc trop brutal sur les bilans. Ensuite, investir massivement dans la gouvernance des données et les infrastructures informatiques. Sans lesquelles les modèles avancés d’évaluation du risque resteront lettre morte. Enfin, explorer des pistes de mutualisation entre banques – compétences, systèmes, infrastructures – à l’image de ce qui s’est développé dans d’autres marchés, notamment dans l’industrie du paiement.

Le private equity comme levier de “dérisquage“ et d’inclusion

Thameur Chagour, Managing Director de Capsa Capital Partners, abondera dans le sens d’une transition progressive tout en enrichissant le débat d’une perspective souvent absente des discussions prudentielles. A savoir celle du capital-investissement comme réponse structurelle aux impasses du financement bancaire.

Le constat est sévère mais documenté. Avec un taux de bancarisation qui peine à dépasser 40 % et une concentration du crédit sur les entreprises publiques, les particuliers solvables et les grandes corporates, le système laisse de côté des pans entiers de l’économie réelle. Les TPE et PME en phase d’amorçage ou de croissance, faute de garanties réelles et d’historique de crédit formalisé, se heurtent à un mur systémique.

Face à cela, Thameur Chagour met en avant le rôle du private equity comme fournisseur de fonds propres, multiplicateur de financement bancaire ultérieur et vecteur de professionnalisation des entreprises financées. En injectant des capitaux propres, les fonds de private equity “dérisquent la relation bancaire future et préparent une bancarisation plus massive.

Il a également défendu avec conviction le développement des solutions de scoring partagé (à l’échelle des bureaux de crédit) pour permettre une appréciation plus fine du risque des entreprises qui ne disposent d’aucun bilan formalisé. Une condition préalable, a-t-il insisté, à toute ambition sérieuse d’inclusion financière.

Sur le volet de la titrisation, sujet qu’il a abordé en dialogue avec Karim Hajjaji, Thameur Chagour rappelle la logique d’allègement du bilan : en transférant tout ou partie du risque de crédit à des investisseurs externes (assureurs, fonds, véhicules ad hoc), les banques récupèrent de l’oxygène en capital pour financer de nouveaux projets. Une mécanique vertueuse, mais qui suppose un cadre réglementaire adapté. Or, depuis 2005, à peine deux opérations de titrisation ont été lancées en Tunisie, la législation restant peu incitative. La réforme de ce cadre devrait constituer, estime-t-il, l’un des chantiers prioritaires pour fluidifier le financement de l’économie.

La technologie au service de la confiance : le regard de l’assureur

Laurent Thuillier, DG de STAR Assurances, a apporté au débat la perspective d’un secteur souvent perçu comme distinct mais profondément solidaire du système bancaire. Avec 35 ans d’expérience sur des marchés aussi variés que la France, le Royaume-Uni, la Roumanie ou la Grèce, il a d’emblée replacé la question technologique sous l’angle de la mission fondamentale : créer de la confiance en tenant ses engagements au moment du sinistre.

Le taux de pénétration de l’assurance en Tunisie – 2,5 % du PIB, contre 10 % en France – illustre selon lui non pas un retard de développement économique, mais un déficit de confiance et de lisibilité. C’est là que la technologie joue un rôle décisif, non comme fin en soi, mais comme instrument au service de trois principes d’action qu’il a formulés avec clarté : être prédictible, être fiable, être simple. Prédictible, c’est être capable d’annoncer à l’avance le déroulement d’un processus de sinistre. Fiable, c’est honorer ce qu’on a promis (jusqu’à garantir, par exemple, un versement d’acompte d’expertise dans les cinq jours pour un sinistre majeur). Simple, c’est rendre l’expérience client fluide et accessible.

Laurent Thuillier met toutefois en garde contre une illusion fréquente : investir dans la technologie sans stratégie préalable revient à se faire plaisir. Les systèmes d’information dans l’assurance coûtent cher, s’amortissent sur le long terme et ne pardonnent pas les erreurs d’orientation. D’où son plaidoyer pour une approche agile, illustrée par l’initiative du Starlab de STAR Assurances – un incubateur interne permettant de tester des solutions avec des startups sur des périmètres précis, comme le scoring des agents commerciaux ou la gestion des challenges de performance. Une manière de conjuguer prudence industrielle et ouverture à l’innovation.

La fintech comme miroir de l’économie informelle

C’est Adriana Mironescu, DG de Glovo Tunisie, qui a introduit dans le débat une perspective radicalement différente, nourrie par six mois d’immersion dans la réalité économique tunisienne et par une carrière construite au carrefour du conseil et de la technologie.

Son diagnostic est éclairant : les plateformes de livraison travaillent quasi exclusivement avec des petites et moyennes entreprises dont l’existence numérique commence précisément avec elles. Ces commerçants, souvent localisés en zones rurales ou périurbaines, ne disposent d’aucun historique de crédit formalisé, d’aucun bilan audité, d’aucune des garanties traditionnellement exigées par les banques. Pourtant, ils génèrent une masse de données comportementales d’une richesse inédite : volumes de commandes, gestion des pics de demande, régularité des livraisons, réactivité aux variations du marché, fidélisation de la clientèle. Autant d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs que l’intelligence artificielle est désormais capable de transformer en signaux de solvabilité, ouvrant ainsi la voie à un scoring de crédit fondé sur des données jusqu’alors invisibles pour le système financier formel.

Adriana Mironescu a également décrit avec précision les frictions qui freinent l’adoption des paiements numériques. Les vendeurs qui basculent vers les solutions dématérialisées ont besoin de trois certitudes : comprendre les mécanismes en place; avoir la garantie que leur argent est protégé; et disposer d’un interlocuteur concret lorsqu’un problème survient. En l’absence de cette troisième garantie, le réflexe est imparable : dès que le paiement par carte échoue, les transactions se rapatrient vers le cash. Or le cash, a-t-elle rappelé, est opaque, imprévisible et coûteux, pour le vendeur comme pour l’économie. Accélérer la transition numérique suppose donc un effort d’éducation financière autant qu’un effort technologique.

Paiement, microfinance, convertibilité : l’horizon des opportunités

Les échanges ont également ouvert des perspectives sur trois leviers d’inclusion insuffisamment exploités. Le développement des moyens de paiement numériques, d’abord, avec un plaidoyer pour l’émergence d’établissements de paiement pure player, indépendants des banques, capables d’embarquer des populations non bancarisées dans le système formel par une porte d’entrée plus accessible.

Laurent Thuillier a évoqué à ce titre la possibilité de paiements différés sur trois ou six mois pour des dépenses importantes – une innovation qui contribuerait simultanément à l’inclusion et à la construction d’un historique de scoring.

La microfinance, ensuite, dont le taux de croissance en Tunisie témoigne d’une demande réelle et d’une capacité à créer de la valeur, même à des taux apparemment élevés. Thameur Chagour a insisté sur la nécessité de lui fournir des ressources continues et substantielles, notamment via les compagnies d’assurance et les banques, pour démultiplier son impact.

Enfin, la question de la convertibilité du dinar et de l’ouverture régionale a été abordée comme horizon stratégique. La diaspora tunisienne, dont l’appétit pour investir dans le pays d’origine est réel, constitue un réservoir de capitaux et de compétences que les rigidités actuelles empêchent de mobiliser pleinement.

Karim Hajjaji a conclu sur une note volontariste : le combat pour la compétitivité financière se joue à l’échelle mondiale. Et la Tunisie ne peut pas se permettre de laisser passer le train de la transformation numérique et de l’ouverture.

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Tunisie : L’Ordre des ingénieurs victime d’une vaste attaque de piratage sur Facebook

13. Dezember 2025 um 21:30

L’Ordre des ingénieurs de Tunisie a révélé, samedi 13 décembre 2025, qu’il subit une vaste opération de piratage ciblant sa présence sur Facebook. Dans un communiqué officiel, l’organisation explique que ses équipes informatiques ont détecté pas moins de 479 pages frauduleuses créées pour diffuser de fausses informations et porter atteinte à l’image de l’Ordre ainsi […]

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Un vaccin contre la COVID pourrait aider à combattre le cancer : une piste médicale révolutionnaire

27. Oktober 2025 um 11:22

Des chercheurs américains ont observé un phénomène surprenant : les vaccins à ARNm utilisés contre la COVID-19 pourraient stimuler le système immunitaire de façon à aider l’organisme à attaquer certaines tumeurs cancéreuses. Les résultats, encore préliminaires, ouvrent une nouvelle voie dans la lutte contre le cancer.

Un effet inattendu observé après la vaccination

L’étude, publiée dans la revue Nature Biomedical Engineering (groupe Nature), a été menée conjointement par des chercheurs de l’Université de Floride (College of Medicine, Gainesville) et du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas à Houston, deux institutions de référence mondiale dans la recherche sur le cancer.

« Ces vaccins produisent de puissantes réponses immunitaires anti-tumorales associées à des améliorations massives de la survie », explique le chercheur Brian Grippin, co-auteur de l’étude.

Les chercheurs ont également testé le principe sur des souris atteintes de tumeurs. En injectant le vaccin directement dans la tumeur, ils ont observé une réaction immunitaire accrue : les cellules dendritiques, chargées de détecter les anomalies, sont devenues plus actives et ont appelé les cellules T à la rescousse pour attaquer les cellules cancéreuses.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Les vaccins à ARNm (comme ceux de Pfizer-BioNTech ou Moderna) entraînent le corps à reconnaître une protéine du virus — ici, la protéine « spike ».

Mais ce mécanisme pourrait aussi rendre le système immunitaire plus vigilant face aux cellules anormales, comme les tumeurs.
Autrement dit, le vaccin ne crée pas de nouvelles cellules tueuses, mais réveille les défenses existantes et les oriente mieux.

De l’espoir, mais pas encore de traitement miracle

Les chercheurs restent prudents :

  • Il ne s’agit pas d’un vaccin contre le cancer, mais d’un effet secondaire bénéfique observé dans certains cas.
  • Tous les patients ne réagissent pas de la même manière.
  • Les essais cliniques de phase III vont commencer pour confirmer les résultats avant toute application médicale.

« Ce n’est qu’un début, mais les implications sont extraordinaires : cela pourrait révolutionner tout le champ de la cancérologie », estime le Dr Elias Sayour, qui prépare un essai clinique élargi.

Un tournant possible pour la médecine

Si les résultats se confirment, ce type de vaccin pourrait devenir un adjuvant — un renfort de l’immunothérapie — et peut-être, à terme, un vaccin “universel” contre le cancer, capable de relancer les défenses immunitaires de tous les patients, sans traitement personnalisé.

Pour l’instant, cette découverte représente surtout un formidable espoir scientifique : celui de transformer une arme développée contre un virus mondial en outil thérapeutique contre l’une des plus grandes causes de mortalité au monde.

Lire aussi:

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Lancement à Tunis du premier Club IA Tunisie–France

24. Oktober 2025 um 11:58

L’Ambassade de France en Tunisie a accueilli, mercredi 22 octobre, le lancement officiel du Club IA France–Tunisie, première structure du genre à voir le jour au sein du réseau diplomatique français. Cette initiative, portée par Business France, la French Tech Tunis et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), ambitionne de renforcer la coopération technologique entre Paris et Tunis dans le domaine de l’intelligence artificielle.

En présence de S.E. Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, Philippe Garcia, directeur Afrique du Nord de Business France, Neila Benzina, présidente de la French Tech Tunis, et Nejija Gharbi, directrice générale de la CDC, le Club IA a réuni une trentaine d’acteurs du numérique issus des deux pays : startups, entreprises industrielles et grands groupes internationaux.

L’objectif est clair : favoriser la création de passerelles technologiques et économiques entre les deux rives de la Méditerranée. Ce club se veut un espace d’échanges, de networking et de coopération où les acteurs de l’IA pourront partager expériences, projets et opportunités. Il s’inscrit dans la volonté commune de bâtir une relation d’innovation durable, en phase avec les transformations industrielles et sociétales à venir.

Vers un écosystème méditerranéen de l’IA

Le lancement du Club IA constitue également une étape préparatoire au Forum Méditerranéen de l’Intelligence Artificielle (FMIA), prévu en novembre à Tunis, après une première édition réussie à Marseille. Ce grand rendez-vous rassemblera près de 600 acteurs du numérique venus des deux rives. Business France y pilotera un programme dédié aux rencontres B2B et à la valorisation des innovations franco-tunisiennes.

Enfin, le Club IA France–Tunisie a vocation à s’élargir à d’autres pays du Maghreb et du bassin méditerranéen, avec pour ambition de créer une communauté régionale de l’intelligence artificielle, capable de répondre collectivement aux défis économiques, éthiques et technologiques de demain.

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Ooredoo Tunisie obtient la certification ISO 22301:2019

Von: Webdo
09. Oktober 2025 um 19:22

Premier opérateur en Tunisie à recevoir cette reconnaissance internationale en continuité d’activité

Ooredoo Tunisie est fière d’annoncer l’obtention de la certification ISO 22301:2019, la norme internationale de référence en matière de système de management de la continuité d’activité (SMCA).

Avec cette distinction, Ooredoo devient le premier opérateur télécom en Tunisie à obtenir cette reconnaissance internationale, confirmant son engagement envers la résilience opérationnelle, la gestion proactive des risques et la garantie d’un service de qualité ininterrompu pour ses clients.

La norme ISO 22301:2019 établit les exigences permettant aux organisations de planifier, mettre en œuvre, surveiller et améliorer un SMCA. Elle aide à anticiper et gérer efficacement les perturbations majeures tout en assurant la continuité des activités critiques.

Cette certification s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue et vient consolider les engagements de Ooredoo en matière de gouvernance, sécurité et fiabilité. Elle illustre la capacité de l’entreprise à protéger ses infrastructures essentielles et à maintenir la disponibilité de ses services même en période de crise.

À cette occasion, Mansoor Rashid Al-Khater, CEO de Ooredoo Tunisie, a déclaré : « L’obtention de la certification ISO 22301:2019 est une étape majeure qui reflète notre détermination à rester à la pointe de l’excellence opérationnelle et de la gestion des risques. Elle confirme notre rôle de leader technologique et réaffirme notre responsabilité envers nos clients, nos partenaires et l’ensemble de l’écosystème numérique tunisien. Chez Ooredoo, nous nous engageons à garantir une connectivité fiable et sécurisée, quelles que soient les circonstances. »

Cette reconnaissance internationale vient renforcer les nombreuses initiatives stratégiques de Ooredoo visant à consolider sa position de leader sur le marché tunisien et régional, tout en adoptant les meilleures pratiques mondiales en matière de sécurité, qualité et résilience.

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