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Taux d’intérêt à long terme : anatomie d’un trend haussier

25. Oktober 2026 um 09:10

Une hausse de l’ordre de 100 points de base a touché les taux longs de tous les grands pays de l’OCDE. Un marché obligataire lourdement déstabilisé par les craintes liées aux tensions sur le prix du pétrole, les risques inflationnistes qui en résultent et les niveaux alarmants de la dette publique. La hausse des taux longs américains risque d’atteindre 6% pour la première fois en 26 ans.

La France, quant à elle, emprunte, aujourd’hui, à des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la Grèce (13 octobre 2026 : 4,83% sur l’OAT française à 10 ans contre 4,36% pour l’obligation grecque de même maturité) !? Dérapage budgétaire oblige.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des taux. Les anticipations inflationnistes alimentées par les tensions géopolitiques et leurs retombées sur le cours des hydrocarbures, la hausse de la facture des frets maritimes et la flambée des prix des produits alimentaires sont autant de facteurs qui nourrissent les anticipations inflationnistes et poussent les taux longs à la hausse.

 

L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement.

 

La montée des besoins de financement alourdit la dette. Le recours croissant aux marchés financiers, soit pour servir la dette, soit pour financer la transition écologique, génère une dégradation des ratios d’endettement et davantage de tensions sur les taux d’intérêt.

L’intelligence artificielle (IA) a aussi sa part de responsabilité. Les investissements lourds dans les data centers et la recherche en IA justifient le recours à l’endettement. Les investisseurs du secteur sont prêts à avaler toutes les couleuvres de la hausse des taux d’intérêt, du moment que les gains de productivité débouchent sur des niveaux de rentabilité élevée.

Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser. Cerise sur le gâteau, un contexte bourré d’incertitudes, obligeant les investisseurs à exiger une prime (un spread) majorant les taux d’intérêt pour accepter de prêter à long terme. De ce fait, davantage de montée des taux et de durcissement des conditions de financement pour les économies piégées dans les méandres de la soutenabilité de la dette.

 

Tant que les prix des hydrocarbures demeurent à un niveau élevé, tant que la menace inflationniste plane sur l’économie mondiale et tant que les déficits publics continuent de se creuser, les taux longs ne peuvent que progresser.

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Cette tribune est parue dans le numéro 956 de L’Economiste Maghrébin du 21 octobre au 4 novembre 2026.

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L’asphyxie financière des pays en développement face au fardeau de la dette

19. Oktober 2026 um 14:25

Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la dette publique mondiale atteint désormais des niveaux critiques, mettant en péril la stabilité et le développement des nations les plus vulnérables. En s’appuyant sur les calculs réalisés pour l’année 2026, l’institution onusienne indique que le montant global de la dette publique s’est hissé à 111 000 milliards de dollars en 2025.

Les pays en développement supportent une part particulièrement lourde de ce fardeau, avec un encours estimé à 35 000 milliards de dollars. Comme le souligne la CNUCED, cette situation est directement aggravée par la hausse ininterrompue des coûts d’emprunt et un accès de plus en plus restreint aux capitaux internationaux.

L’un des constats majeurs mis en avant par la CNUCED réside dans le caractère structurellement inégalitaire du système financier : les taux d’intérêt imposés aux économies émergentes restent nettement plus élevés que ceux appliqués aux pays développés. Cette dissymétrie a contraint les pays du Sud à verser près de 995 milliards de dollars uniquement en remboursements d’intérêts en 2025. Ce service de la dette absorbe désormais en moyenne 8,1 % de leurs recettes publiques, un poids qui a quasiment doublé depuis 2010.

Ce drainage massif de ressources entraîne un effet d’éviction dramatique pour les dépenses publiques essentielles. Le rapport de la CNUCED alerte sur le fait que 51 pays en développement consacrent aujourd’hui davantage de budget aux intérêts de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation, ce qui impacte le quotidien de près 3,7 milliards d’individus. Le continent africain est en première ligne de cette détérioration : la proportion de citoyens vivant dans des États où le service de la dette supplante les budgets éducatifs et sanitaires est passée de 24 % en 2010 à plus de 65 % aujourd’hui.

Face à cette spirale infernale, l’organe onusien appelle à une réaction internationale d’urgence. La CNUCED calcule que si les pays du Sud pouvaient emprunter aux mêmes conditions financières que les pays développés, ils économiseraient collectivement environ 500 milliards de dollars d’intérêts chaque année. Pour sortir de cette impasse, l’institution préconise d’inverser le recul de l’aide publique au développement, de renforcer la sécurité financière globale, d’accroître la capacité de prêt des banques multilatérales et de moderniser les cadres macroéconomiques nationaux.

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