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Gestern — 06. Juni 2026Haupt-Feeds

«Appareil secret» d’Ennahdha | Un «simulacre de procès» (CRLDHT)

06. Juni 2026 um 08:58

Dans un communiqué publié ce samedi 26 juin 2026, où il commente l’issue de l’affaire dite de «l’appareil secret d’Ennahdha», le Comité pour le respect des libertés et droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) parle d’«un verdict d’une sévérité sans précédent dans l’histoire politique contemporaine de la Tunisie».

Le 2 juin 2026, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès du Tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire dite de «l’appareil secret» attribué au mouvement islamiste Ennahdha, qui était associé au pouvoir en Tunisie entre janvier 2012 et juillet 2021.

Les condamnations prononcées sont parmi les plus lourdes jamais enregistrées dans l’histoire contemporaine de la Tunisie, rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris : Mustapha Khedher a été condamné à laréclusion criminelle à perpétuitéassortie de 96 années de prison supplémentaires. Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel Aïfi ainsi que sept autres accusés ont été condamnés à la perpétuité assortie de 76 années de prison supplémentaires. Fathi Beldia écopé de la perpétuité assortie de 50 années supplémentaires, Abdelaziz Daghsnide la perpétuité assortie de 37 années supplémentaires, Kamel Bedoui de la perpétuité assortie de 32 années supplémentaires et Samir Hannachi de la perpétuité assortie de 30 années supplémentaires.

Rached Ghannouchi, président historique du mouvement Ennahdha et ancien président du Parlement, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 30 années de prison supplémentaires. Ali Larayedh, ancien chef de gouvernement, a été condamné à 42 ans de prison, Kaïs Bakkar à 48 ans, Belhassen Nakkach à 46 ans et Ali Ferchichi à 34 ans. Tous les condamnés sont en outre placés sous surveillance administrative pendant cinq années après l’exécution de leur peine.

Le CRLDHT estime, dans le même communiqué, que les chefs d’accusation graves ayant fondé ce procès n’ont pas de «lien judiciairement établi» avec les assassinats des dirigeants de gauche Chokri Belaïd (6 février 2013) et Mohamed Brahmi (25 juillet 2013).

«Contrairement à une perception largement répandue dans l’opinion publique, les personnes condamnées dans le dossier de l’‘‘appareil secret’’ n’ont pas été jugées pour avoir assassiné Chokri Belaïd ou Mohamed Brahmi, ni pour avoir ordonné directement ces assassinats», note l’Ong, en précisant que «les poursuites ont porté principalement sur l’existence présumée d’une organisation parallèle clandestine, sur des activités de renseignement et de collecte d’informations en dehors des structures légales de l’État, sur la détention et l’exploitation de documents confidentiels, ainsi que sur diverses infractions qualifiées de terroristes ou portant atteinte à la sûreté de l’État.»

«Malgré les tentatives répétées d’associer dans le débat public l’affaire de l’‘‘appareil secret’’ aux assassinats politiques de 2013, les décisions judiciaires rendues à ce jour n’ont pas consacré l’existence d’un lien pénal direct entre les personnes condamnées dans ce dossier et les auteurs matériels ou les commanditaires des assassinats», insiste le CRLDHT, qui s’interroge sur le déroulement du procès, son contexte politique et la nature même des accusations retenues. Il voit dans la «sévérité exceptionnelle» des verdicts prononcés «une volonté politique de parvenir à des condamnations exemplaires contre les principales figures d’Ennahdha.»

Le CRLDHT conclut en dénonçant «un véritable simulacre de procès, marqué par de graves atteintes aux principes fondamentaux de la justice équitable.» Etexprime sa «profonde inquiétude face à l’instrumentalisation croissante de l’appareil judiciaire comme instrument de règlement des conflits politiques.»

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Affaire appareil secret d’Ennahdha: perpétuité pour Rached Ghannouchi 

02. Juni 2026 um 19:06

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, mardi, son verdict dans l’affaire dite de l’« appareil secret » du mouvement Ennahdha. Trente-cinq accusés ont été reconnus coupables de plusieurs infractions à caractère terroriste et condamnés à des peines allant de dix ans d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité.

Parmi les principaux condamnés figure le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui a écopé d’une peine de réclusion à perpétuité assortie de 30 années de prison supplémentaires. Son ancien vice-président et ex-chef du gouvernement, Ali Laarayedh, a été condamné à 42 ans de réclusion.

Une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) assure que les accusés ont été déclarés coupables notamment de constitution d’une organisation terroriste, d’adhésion volontaire à une entente liée à des activités terroristes, ainsi que de mise à disposition de compétences et d’expertises au profit d’une organisation terroriste.

La peine la plus lourde a été prononcée contre Mustapha Khedher, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 96 années de prison supplémentaires. Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel Ayefi et sept autres accusés ont également été condamnés à la perpétuité, assortie de 76 années d’emprisonnement.

D’autres condamnations ont été prononcées, notamment la perpétuité assortie de 50 ans de prison pour Fathi Beldi, de 37 ans pour Abdelaziz Daghsni, de 32 ans pour Kamel Bedoui, ainsi que de 30 ans pour Samir Hannachi. Kaïs Bakkar a été condamné à 48 ans de prison, Belhassen Naqach à 46 ans et Ali Ferchichi à 34 ans. Trois accusés ont écopé de 18 ans d’emprisonnement, quatre autres de 12 ans et deux prévenus de 10 ans.

Le tribunal a également ordonné le placement de l’ensemble des condamnés sous surveillance administrative pendant cinq ans après l’exécution de leur peine.

Cette affaire, qualifiée de terroriste par la justice tunisienne, concerne 35 accusés, parmi lesquels plusieurs anciens responsables du mouvement Ennahdha ainsi que d’anciens cadres sécuritaires. Mustapha Khedher, déjà cité dans le dossier de la « chambre noire », figure également parmi les personnes poursuivies.

Le dossier a été relancé au début de l’année 2022 à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et par le collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés respectivement en février et en juillet 2013.

Le comité de défense des deux dirigeants politiques avait accusé le supposé « appareil secret » d’Ennahdha d’être impliqué dans ces assassinats, ainsi que dans des activités d’espionnage et d’infiltration des institutions de l’État. Il avait également mis en cause plusieurs dirigeants du mouvement, notamment Rached Ghannouchi, les accusant d’avoir dirigé et supervisé cette structure. Le mouvement Ennahdha a toujours rejeté ces accusations, les qualifiant de politiques et dénuées de fondement.

Initialement instruit par le parquet du Tribunal de première instance de l’Ariana, le dossier a été transféré en septembre 2023 au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, qui a poursuivi les investigations jusqu’au jugement rendu mardi.

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