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La startup française d’IA Mistral mobilise 3 milliards d’euros

08. September 2026 um 14:40

Mistral, une startup parisienne qui développe des modèles d’IA, a annoncé hier avoir levé des financements de 3 milliards d’euros, sous la conduite du géant des puces mémoire Samsung, alors que la startup française cherche à s’imposer comme une alternative européenne face à des rivaux tels qu’OpenAI et Anthropic.

La pépite française cherche à se positionner comme une alternative non américaine et non chinoise dans le secteur de l’IA, répondant ainsi à la volonté grandissante de l’Europe et d’autres régions de disposer d’une IA souveraine. D’ailleurs, parmi les investisseurs, figure le Scaleup Europe Fund, un fonds d’investissement soutenu par l’Union européenne. Mistral est donc valorisée (post-money) de plus de 21 milliards d’euros. Une année auparavant, elle valait 11,7 milliards d’euros. Le revenu récurrent annuel de Mistral dépassera le seuil de 1 milliard de dollars en 2026.

L’objectif de cette opération est de développer davantage d’infrastructures, y compris des centres de données, et à louer de la puissance de calcul. La société vise 200 mégawatts de capacité d’ici à 2027, et un gigawatt d’ici à 2030.

Stratégiquement, Mistral souhaite adopter une approche différente de celle d’OpenAI et d’Anthropic, en collaborant avec des entreprises individuelles afin de créer des outils d’IA sur mesure adaptés à leurs besoins et de les intégrer à leurs activités. En concrétisation de cette approche, la startup a annoncé une alliance avec Humain, l’entité saoudienne d’IA fondée sous l’égide du fonds souverain. Porté par un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, ce partenariat vise à concevoir et déployer des modèles d’IA à l’échelle régionale, avec comme priorités initiales la cybersécurité et les technologies vocales. L’accord prévoit également l’accès de Mistral aux infrastructures de calcul de son partenaire saoudien, tout en ciblant conjointement les marchés hautement régulés.

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Les startups africaines ont levé 1,920 milliard de dollars en 2026

08. September 2026 um 14:24

Selon les statistiques d’Africa : The Big Deal, 31 startups africaines ont mobilisé des fonds au mois d’août 2026, pour un montant supérieur ou égal à 100 000 dollars. Au total, les montants levés se sont élevés à 455 millions de dollars. En termes de valeur, c’est une performance par rapport à ce qui a été enregistré sur les douze derniers mois, où la moyenne mensuelle est de 220 millions de dollars. Par contre, avec seulement 31 entités concernées, le niveau d’activité s’est situé nettement en dessous de la moyenne de la même période (43 opérations par mois).

Autre caractéristique des opérations d’août 2026 : la forte concentration. En fait, 84 % des montants sont captés par les cinq transactions les plus importantes. Il s’agit de Moove (250 millions de dollars), Jumia (50 millions de dollars), Yellow Card (40 millions de dollars), Moment (22 millions de dollars) et ValU (21 millions de dollars). Par pays, le Nigeria a accaparé 364 millions de dollars, soit 80 % du total des financements.

Au niveau des sorties, Tamweely a été rachetée par l’égyptien eFinance pour un montant de 95 millions de dollars. Une seconde opération a concerné Chpter, acquise par le kényan Cloud9. Cela porte à 30 le nombre cumulé de sorties depuis le début de l’année 2026.

Le mois d’août modifie partiellement la trajectoire de l’année 2026. Sur les huit premiers mois de l’année, les startups africaines ont collecté 1,920 milliard de dollars, en repli de 9 % en glissement annuel. Les financements en fonds propres ont progressé de 23 % sur un an pour s’établir à 1,350 milliard de dollars.

Au total, 269 entités ont levé au moins 100 000 dollars depuis le début de l’année, contre 332 à la même date en 2025, tandis que le nombre d’investisseurs actifs répertoriés est passé de 368 à 288 (-22 % sur un an).

Les chiffres demeurent en demi-teinte, mais confirment que les bailleurs de fonds regardent, de plus en plus, la profitabilité en premier lieu, beaucoup plus que la croissance.

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Les entreprises étrangères, un poumon structurel de l’emploi en Tunisie

08. September 2026 um 13:07

La question de l’attractivité des investissements étrangers ne relève pas d’une simple rhétorique sur les équilibres extérieurs ou les flux de devises. Elle constitue un socle pour la stabilité du marché du travail en Tunisie.

 

Les données issues du Registre national des entreprises (RNE) apportent un éclairage quantitatif sur cette réalité. Sur un effectif global de 1 164 914 salariés recensés dans le secteur privé fin 2024, les entreprises de nationalité étrangère emploient directement 248 332 personnes. Autrement dit, plus d’un salarié formel sur cinq dépend aujourd’hui d’une entreprise étrangère établie sur le territoire national. Dans une économie fragilisée par la persistance du chômage des jeunes et l’extension du secteur informel, cette contribution fait du capital étranger un stabilisateur macroéconomique de premier plan.

 

 

Forte présence dans l’industrie et les services

Cette empreinte est marquée par une hyper-concentration dans les métiers manufacturiers et les chaînes de valeur tournées vers l’exportation. À elle seule, l’industrie absorbe 192 183 salariés sous pavillon étranger, soit plus de 77 % de l’ensemble des emplois générés par les sociétés étrangères dans le pays. Dans l’appareil productif industriel tunisien, qui compte 565 061 postes déclarés, plus d’un tiers des effectifs relève ainsi directement d’entités internationales.

Le poids des capitaux étrangers devient critique dès lors que l’on observe les segments d’intégration industrielle avancée. L’industrie des composants automobiles et matériels de transport illustre cette dépendance productive. Plus de 65 % des effectifs formels du secteur (soit 37 969 salariés sur 57 690) travaillent pour des firmes étrangères. Il en va de même dans la filière du cuir et de la chaussure, où la part étrangère atteint 55 % (14 645 postes), ainsi que dans les industries des produits électriques, électroniques et optiques, où le capital étranger revendique 46 % des emplois (46 761 salariés). Quant au textile-habillement, pilier historique de l’emploi manufacturier féminin, il abrite le plus important contingent en volume avec 66 207 salariés employés par des groupes internationaux, soit 40 % des forces vives de la branche.

À côté du secteur manufacturier, une forte présence est également observée dans le secteur tertiaire. Le cas des Technologies de l’information et de la communication (TIC) est particulièrement révélateur. Les entreprises étrangères y emploient 19 965 personnes sur un total de 39 073, contrôlant ainsi 51 % de l’emploi salarié formel du secteur.

Ce positionnement majoritaire confirme que le vivier d’ingénieurs et de profils qualifiés tunisiens constitue un facteur d’attraction déterminant pour les multinationales du numérique. La même dynamique soutient les activités de services administratifs et de soutien, qui regroupent près de 23 500 postes étrangers, ainsi que le conseil et l’ingénierie technique (7 522 postes).

 

L’économie locale n’attire pas

Par contre, et dans les secteurs régulés ou principalement orientés vers la consommation locale, la présence étrangère est marginale. La contribution dans l’emploi est inférieure à 1 % dans le commerce (1 175 emplois étrangers sur 153 439), dans l’agriculture et la pêche (126 emplois) et dans l’hôtellerie-restauration (517 emplois). Le cadre réglementaire, les barrières à l’entrée et le régime de convertibilité ont historiquement cantonné l’investisseur étranger au statut d’opérateur offshore, sans véritable porosité avec le tissu entrepreneurial local.

Ces chiffres rappellent une équation économique fondamentale. Préserver l’emploi formel et les cotisations sociales en Tunisie passe impérativement par la compétitivité du site d’accueil vis-à-vis des investisseurs internationaux. À l’heure où les exigences de transition énergétique, la taxe carbone aux frontières européennes et la concurrence régionale s’intensifient, tout signal négatif sur le climat des affaires, la logistique portuaire ou la stabilité réglementaire fait peser un risque direct non seulement sur les flux de capitaux, mais aussi sur un quart des salariés du secteur privé tunisien.

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BTE: un retour aux bénéfices, mais urgence de fonds propres

08. September 2026 um 08:08

Les états financiers de la Banque de Tunisie et des Émirats (BTE) affichent un redressement. Après avoir accusé une perte nette de 5,453 MDT au 30 juin 2025, l’établissement de crédit a clôturé les six premiers mois de l’exercice 2026 sur un résultat net bénéficiaire de 1,408 MDT (avant modifications comptables).

De même, le PNB a bondi de 25,3% en rythme annuel, totalisant 43,635 MDT. Cette amélioration trouve son explication dans les revenus du portefeuille d’investissement, qui sont passés de 9,004 MDT au premier semestre 2025 à 19,122 MDT fin juin 2026. Cette impulsion provient en grande partie de la cession de la participation détenue dans le capital de la BNA Bank, laquelle a dégagé une plus-value nette de 5,923 MDT. À l’inverse, l’activité courante de crédit demeure atone. La marge d’intérêt s’est établie à 9,573 MDT contre 8,538 MDT une année auparavant.

Sur le front des charges d’exploitation, l’effet de ciseau reste pesant. Les frais de personnel ont poursuivi leur ascension, progressant de 8,9% pour absorber 23,480 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation se sont renchéries de 11,4%, à 10,190 MDT. Le coût du risque s’est stabilisé à 6,071 MDT, permettant au résultat d’exploitation de revenir en territoire positif à 1,380 MDT.

Le bilan financier est par ailleurs grevé par les conclusions d’un contrôle fiscal approfondi couvrant la période 2021-2024 ainsi que l’exercice 2018. Ce redressement a contraint la banque à inscrire une modification comptable nette de 1,360 MDT. Le résultat effectif après modifications comptables est donc ramené à 0,048 MDT. Le montant des pertes fiscales reportables de la BTE s’élève désormais à 46,420 MDT.

La solvabilité est à un niveau critique. Le total des capitaux propres s’établit à 29,125 MDT, laminé par 158,259 MDT de résultats reportés négatifs, soit un niveau très inférieur au plancher de 50 MDT prescrit par l’article 32 de la loi bancaire n° 2016-48. Les fonds propres nets de base sont tombés à une valeur négative de -2,705 MDT, entraînant un ratio de solvabilité global et un ratio Tier 1 négatifs à -0,21%, à comparer aux seuils réglementaires minimaux respectifs de 10 et 7%.

Si le premier semestre offre un répit comptable grâce à la cession d’actifs de portefeuille, la banque a toujours besoin d’une recapitalisation substantielle et de la poursuite du perfectionnement de son modèle d’exploitation.

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