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Mesures pour pallier la pénurie d’eau en bouteille en Tunisie

02. September 2026 um 13:03

La Chambre nationale des grandes surfaces commerciales, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) a annoncé le lancement d’un programme de distribution intensive et équitable d’eau embouteillée, afin de pallier les pénuries d’approvisionnement observée ces deux dernières semaines et de répondre à la hausse de la consommation.

Le président de la Chambre, Hédi Baccour, a expliqué dans une déclaration à Diwan FM que cette distribution intensive a débuté progressivement pour couvrir les différents gouvernorats, notamment ceux du Sahel (Mahdia, Monastir et Sousse), qui ont connu une grave pénurie d’approvisionnement.

M. Baccour a confirmé une amélioration de la situation à la suite d’une réunion avec le ministère du Commerce et les producteurs d’eau minérale ; les deux parties ont convenu de rétablir le quota de distribution habituel de 20 % à l’échelle nationale, après qu’il était tombé à environ 5 % au cours de la période précédente.

Il a également indiqué que les enseignes commerciales veilleraient à répartir équitablement les quotas d’achat entre les clients afin de garantir l’accès à l’eau au plus grand nombre de citoyens, tout en se préparant à coordonner la constitution de stocks de régulation et stratégiques pour faire face à toute pénurie éventuelle lors des prochaines périodes de forte demande.

I. B.

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Crise de l’eau en bouteille : Quand le stockage des ménages aggrave la situation

02. September 2026 um 07:05

La crise des eaux en bouteille en Tunisie ne se résume plus à une rupture ponctuelle dans les rayons. Elle révèle désormais un déséquilibre beaucoup plus profond entre une consommation estivale qui explose, des capacités de production mises sous pression et une demande des ménages amplifiée par les craintes de pénurie.

Le phénomène a pris une ampleur spectaculaire au cours des dernières semaines. Selon la Chambre des propriétaires des grandes surfaces, les eaux conditionnées représentent actuellement entre 50 % et 70 % de la distribution assurée par ces enseignes, contre environ 20 % en temps normal. Plus révélateur encore : durant les quatre derniers jours, elles ont représenté entre 85 % et 90 % du total des ventes enregistrées dans les grandes surfaces.

Autrement dit, les consommateurs ne se contentent plus d’acheter davantage d’eau : ils modifient temporairement leurs habitudes d’achat, au point de faire de cette matière l’essentiel de l’activité commerciale des grandes surfaces.

Quatre fois plus d’eau consommée en juillet

À l’origine de cette tension, un choc exceptionnel de demande. Le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui, a indiqué que la consommation d’eau conditionnée avait été multipliée par quatre en juillet par rapport à son niveau habituel.

Cette explosion intervient dans un contexte particulièrement contraignant. La vague de chaleur historique a poussé les besoins en eau à des niveaux inhabituels, tandis que les interruptions de distribution d’eau potable ont incité davantage de ménages à se tourner vers les bouteilles.

À cela s’est ajouté un autre facteur : les coupures d’électricité. Plusieurs unités de mise en bouteille ont connu des perturbations de leur production, au moment même où la demande atteignait son pic.

Le résultat est un effet de ciseaux : la demande augmente brutalement alors que l’offre subit elle-même des perturbations.

Le stock de sécurité épuisé plus tôt que prévu

La conséquence la plus significative concerne le stock régulateur national. Celui-ci, qui devait normalement permettre de couvrir les besoins jusqu’à la fin du mois d’août, avait été épuisé dès la mi-juillet.

Cette situation montre surtout que les prévisions de consommation ont été dépassées par la brutalité du phénomène climatique.

La Tunisie compte aujourd’hui 31 stations de conditionnement d’eau en bouteille. Le secteur doit faire face à une concentration très forte de la demande pendant l’été : environ 40 % de la production nationale annuelle est consommée entre juin et septembre.

Lire aussi : Eau conditionnée : Plus de 12 millions de litres mobilisés pour les grandes surfaces du Grand Tunis

La consommation quotidienne passe ainsi d’environ 7 millions de litres pendant le reste de l’année à près de 10 millions de litres durant cette période. Cette saisonnalité rend le marché particulièrement vulnérable lorsqu’un épisode climatique exceptionnel vient perturber les prévisions.

Le paradoxe : plus les consommateurs stockent, plus la tension s’accentue

Face aux rayons vides ou aux difficultés d’approvisionnement, les ménages ont adopté un réflexe classique en période de pénurie : acheter davantage que leurs besoins immédiats.

Les autorités appellent pourtant à éviter le stockage domestique, affirmant que l’approvisionnement est désormais quotidien et que les unités de production ont retrouvé leur rythme normal.

C’est ici que se trouve l’un des paradoxes de la crise : la peur de manquer peut elle-même contribuer à créer le manque.

Lorsqu’un consommateur achète plusieurs packs « au cas où », il retire du marché une quantité d’eau qui aurait normalement été consommée progressivement. Si des milliers de ménages adoptent simultanément ce comportement, la demande apparente devient artificiellement supérieure aux besoins réels.

Les grandes surfaces se retrouvent alors avec des stocks qui disparaissent beaucoup plus rapidement, alimentant à leur tour la perception d’une pénurie.

Une crise amplifiée par les pratiques spéculatives

La tension sur le marché a également créé un terrain favorable aux pratiques spéculatives. Les services de contrôle économique ont saisi, au cours du mois d’août, plus de 700 000 litres d’eau conditionnée pour des infractions liées notamment à des hausses excessives des prix, à l’accaparement et à la spéculation.

Le phénomène ne relève donc plus uniquement d’un problème industriel. Il touche également la chaîne de distribution et les comportements des acteurs du marché.

La multiplication des achats dans les grandes surfaces peut d’ailleurs contribuer à déplacer la pression : lorsque l’approvisionnement y devient plus visible et plus régulier, une partie de la demande se concentre dans ces circuits, expliquant pourquoi les grandes surfaces assurent actuellement jusqu’à 70 % de la distribution dans certaines zones, contre seulement 20 % avant la crise.

Une crise de l’eau… mais aussi une crise de confiance

Au-delà des chiffres, la crise pose une question plus structurelle : pourquoi une interruption de l’eau du robinet se traduit-elle aussi rapidement par une ruée vers l’eau en bouteille ?

Les coupures répétées de l’eau potable ont contribué à renforcer le recours aux eaux conditionnées comme solution de substitution. La bouteille n’est donc plus seulement un produit de consommation estivale ; elle devient, pour une partie des ménages, une forme de sécurité face à l’incertitude de l’approvisionnement.

La crise actuelle met ainsi en évidence une double vulnérabilité : celle du système de production d’eau conditionnée face aux pics climatiques et celle des ménages face aux perturbations du réseau public.

Les autorités assurent que les capacités de production ont désormais retrouvé leur niveau normal et anticipent une amélioration importante de l’approvisionnement dans les prochains jours. Mais l’épisode de cet été pourrait laisser une question durable : si les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, le modèle actuel de consommation d’eau en bouteille pourra-t-il absorber de nouveaux pics de demande ?

La crise actuelle fournit, en quelque sorte, un test grandeur nature de la capacité de la Tunisie à gérer simultanément trois pressions : le changement climatique, la fragilité des infrastructures et l’évolution des comportements de consommation.

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Eau minérale : Plus de 700.000 litres saisis et 750 infractions recensées en août

01. September 2026 um 12:08

Le bilan définitif des contrôles menés dans le secteur des eaux minérales durant le mois d’août fait état de 750 infractions économiques et de la saisie de plus de 700.000 litres d’eau conditionnée. Selon le ministère du Commerce, 357 infractions concernent notamment les prix et les pratiques monopolistiques. Ce nouveau bilan marque une nette progression par rapport au précédent point communiqué fin août, qui faisait état de plus de 470.000 litres saisis et de plus de 550 infractions.

Plus de 700.000 litres saisis

Les opérations de contrôle se sont intensifiées au cours des derniers jours du mois d’août, portant le volume total des eaux conditionnées saisies à plus de 700.000 litres. Le précédent bilan, publié par Webdo le 27 août, faisait état de plus de 470.000 litres saisis.

Le volume saisi a donc augmenté d’au moins 230.000 litres en quelques jours, confirmant l’accélération des opérations de contrôle à l’approche de la fin du mois.

750 infractions, dont 357 liées aux prix

Les équipes de contrôle ont également relevé 750 infractions économiques dans le secteur. Parmi celles-ci, 357 infractions sont liées aux prix et aux pratiques monopolistiques.

Le nouveau bilan représente au moins 200 infractions supplémentaires par rapport aux plus de 550 infractions recensées lors du précédent point.

Ces contrôles portent notamment sur le respect des règles de commercialisation, les prix pratiqués et les conditions d’approvisionnement.

Une consommation multipliée par quatre en juillet

Le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui, a également mis en avant, aujourd’hui sur les ondes de la Radio nationale, l’ampleur de la hausse de la demande.

Selon lui, la consommation d’eau minérale aurait été multipliée par quatre au mois de juillet.

Cette forte progression intervient dans un contexte marqué par les températures élevées et les difficultés d’approvisionnement en eau potable, qui ont accru la demande en eaux conditionnées.

1,2 million de bouteilles livrées à une grande surface en trois jours

Samir Khalfaoui a également cité le cas d’une grande surface ayant reçu 1,2 million de bouteilles d’eau minérale en seulement trois jours.

Ce volume illustre l’importance des flux de distribution nécessaires pour répondre à la demande pendant cette période de forte consommation.

Malgré ces volumes, les autorités ont continué à relever des infractions liées notamment aux prix et aux pratiques considérées comme monopolistiques.

Les contrôles restent renforcés

Le ministère du Commerce poursuit ses opérations de contrôle auprès des différents intervenants du secteur.

L’objectif affiché est de lutter contre les pratiques spéculatives, les dépassements de prix et les comportements susceptibles de perturber l’approvisionnement du marché.

Le bilan du mois d’août confirme ainsi l’ampleur de la mobilisation des équipes de contrôle dans un secteur devenu particulièrement sensible durant la période estivale.

Lire aussi :

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Tunisie : derrière la pénurie d’eau minérale, le nœud du financement et des contrôles

28. August 2026 um 21:07
Dans les rayons, l’eau en bouteille manque sur l’ensemble du territoire. La canicule et les arrêts de production ponctuels liés aux coupures d’électricité expliquent en partie la tension. Mais la crise révèle aussi un effet pernicieux moins visible : depuis…

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