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27 000 emplois d’ici 2030 : les grands chiffres du nouveau Plan de développement

02. Juli 2026 um 14:24

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a affirmé que l’État veillera, durant la période du Plan de développement 2026-2030, à garantir le droit au travail pour chaque citoyen et à réduire les taux de chômage. Il s’exprimait lors d’une séance d’audition devant l’ensemble des commissions parlementaires, consacrée à la présentation des politiques de développement inscrites dans ce projet de Plan.

Le ministre précise que cet objectif passera par la stimulation du rythme de création d’emplois au sein des entreprises, la mise en place des mécanismes nécessaires pour les encourager à recruter, l’amélioration de leur taux d’encadrement et leur incitation à garantir un travail décent et un salaire équitable fondé sur la compétence et l’équité.

Des objectifs chiffrés pour l’entrepreneuriat et le travail organisé

Dans le cadre du soutien à l’initiative privée et de la transition vers le travail organisé, le ministre a indiqué que la Tunisie s’oriente vers une augmentation progressive du nombre de bénéficiaires des cycles d’accompagnement, de 18 000 en 2026 à 26 000 à l’horizon 2030. Le nombre de projets créés bénéficiant des mécanismes d’accompagnement devrait quant à lui passer de 5 000 à 7 000.

L’octroi de crédits s’élargira également, avec un objectif de 16 000 crédits en 2026 à 18 000 crédits en 2030. Le Plan vise par ailleurs la création d’environ 27 000 postes d’emploi d’ici 2030, contre 24 000 en 2026, ainsi qu’une augmentation du nombre total d’adhérents au régime de l’entrepreneur individuel (Micro-entrepreneur), de 7 000 à 20 000 adhérents d’ici 2030.

Le capital humain, autre priorité du Plan

Le ministre de la Planification a souligné que la période du Plan connaîtra également un renforcement de l’effort réformateur pour le développement du capital humain, à travers le recours à la numérisation et aux technologies modernes. Cette démarche vise à répondre à l’évolution des connaissances, des métiers et des modes de travail futurs, ainsi qu’à renforcer l’esprit d’entreprise et l’innovation.

Il a considéré que le domaine de l’économie numérique constitue un pilier essentiel pour le développement des compétences et des aptitudes numériques avancées, notamment celles liées aux technologies de l’intelligence artificielle, à l’analyse des données, à la programmation et à la cybersécurité, dans le but de préparer les individus aux spécialités de conception, de développement et d’utilisation des solutions numériques modernes dans les différents secteurs sociaux et économiques. À cela s’ajoute l’ancrage d’une culture de l’innovation et du renouvellement, en particulier au niveau des systèmes d’éducation, d’enseignement supérieur, de formation, de santé et de services sociaux, selon ses affirmations.

Le ministre a par ailleurs affirmé que les orientations du Plan de développement consacrent le renforcement du capital humain et incarnent le rôle social de l’État, à travers un travail visant à consacrer l’égalité des chances, à développer les capacités et à valoriser la compétence de l’élément humain, afin de renforcer l’efficacité de son rôle dans la construction de la société et la promotion du développement.

Les axes du volet capital humain

Selon le projet de Plan de développement, les politiques de développement du capital humain comprennent : la mise en place d’un système éducatif renouvelé consacrant les principes de justice et d’équité ; un enseignement supérieur de qualité et de rayonnement international ; une recherche scientifique et une innovation ancrées dans leur environnement économique et social ; une formation professionnelle valorisée et répondant aux besoins du marché du travail ; une santé globale et équitable ; ainsi qu’une culture inclusive renforçant l’identité et contribuant au rayonnement du dialogue culturel, tant au niveau national qu’international.

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Les salles de sport en plein essor : simple effet de mode ou véritable changement de mode de vie ?

Von: tmps
02. Juli 2026 um 09:26

Pendant longtemps, les salles de sport étaient principalement fréquentées par des passionnés de musculation ou des sportifs confirmés. Aujourd’hui, leur public s’est considérablement diversifié. Étudiants, cadres, retraités, femmes au foyer ou encore adolescents franchissent désormais les portes des clubs de fitness avec des objectifs très variés. Certains souhaitent perdre du poids, d’autres améliorer leur condition physique, réduire leur stress ou simplement adopter un mode de vie plus sain. Cette évolution s’observe également en Tunisie, où de nombreuses salles ouvrent leurs portes chaque année et où les abonnements connaissent une demande croissante. Cette popularité traduit-elle un simple phénomène de mode ou annonce-t-elle un changement durable des habitudes de vie ?

Une nouvelle culture du bien-être

La pratique sportive n’est plus seulement associée à la recherche d’un physique parfait. Depuis plusieurs années, les professionnels de la santé rappellent les nombreux bénéfices d’une activité physique régulière sur l’organisme. Le sport contribue à prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité et certaines pathologies chroniques. Il améliore également le sommeil, réduit le stress, diminue les symptômes de l’anxiété et favorise une meilleure santé mentale. Cette prise de conscience s’est largement diffusée grâce aux campagnes de prévention, aux réseaux sociaux et à la multiplication des contenus consacrés au bien-être. Les coachs sportifs, les nutritionnistes et les médecins insistent désormais davantage sur l’importance d’intégrer l’exercice physique dans le quotidien plutôt que de rechercher uniquement des performances sportives ou esthétiques. En Tunisie, cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes actifs, souvent confrontés à un mode de vie sédentaire marqué par de longues heures passées devant un ordinateur. Après une journée de travail, la salle de sport apparaît comme un moyen de se défouler, de retrouver de l’énergie et de préserver sa santé.

Des salles qui se réinventent pour séduire un public plus large

Face à cette demande croissante, les salles de sport ont profondément transformé leur offre. Les établissements ne proposent plus uniquement des appareils de musculation. Les cours collectifs occupent désormais une place centrale avec des disciplines variées comme le yoga, le Pilates, le cycling, le CrossFit, la danse fitness, les entraînements fonctionnels ou encore les séances de renforcement musculaire adaptées à tous les niveaux. Certaines salles vont plus loin en proposant un accompagnement global. Bilans corporels, programmes nutritionnels, coaching personnalisé, applications mobiles de suivi des performances et espaces de récupération permettent aux adhérents de bénéficier d’un encadrement complet. Les femmes représentent aujourd’hui une part importante de cette clientèle. Beaucoup recherchent un environnement rassurant où elles peuvent pratiquer une activité physique adaptée à leurs objectifs, qu’il s’agisse de remise en forme, de tonification musculaire ou simplement de bien-être. Plusieurs établissements proposent d’ailleurs des espaces réservés aux femmes ou des cours spécialement conçus pour elles.

Les réseaux sociaux, moteur de motivation mais aussi de pression

Impossible d’évoquer le succès des salles de sport sans parler de l’influence des réseaux sociaux. Ces derniers regorgent de vidéos d’entraînement, de conseils nutritionnels et de transformations physiques spectaculaires. Les influenceurs spécialisés dans le fitness partagent quotidiennement leurs séances et encouragent leurs abonnés à adopter un mode de vie plus actif. Cette visibilité contribue incontestablement à démocratiser la pratique sportive. Beaucoup de personnes franchissent le pas après avoir découvert des exercices accessibles ou des témoignages inspirants. Les salles de sport elles-mêmes utilisent les réseaux sociaux pour présenter leurs installations, promouvoir leurs offres ou mettre en avant les réussites de leurs adhérents. Cependant, cette exposition permanente peut aussi générer une certaine pression. Les images de corps parfaitement sculptés ou les défis sportifs parfois irréalistes peuvent décourager certaines personnes qui comparent leurs résultats à ceux affichés en ligne. Les spécialistes rappellent pourtant que chaque individu évolue à son propre rythme et que la priorité reste la santé plutôt que la recherche d’un idéal esthétique.

Une pratique qui résiste malgré les contraintes économiques

Le contexte économique actuel pourrait laisser penser que les dépenses consacrées au sport seraient les premières à être supprimées du budget des ménages. Pourtant, de nombreux adhérents choisissent de maintenir leur abonnement malgré l’augmentation du coût de la vie. Cette fidélité s’explique en partie par le fait que la salle de sport est désormais perçue comme un investissement dans la santé plutôt qu’une simple activité de loisirs. Beaucoup considèrent qu’une activité physique régulière permet de prévenir certains problèmes médicaux et d’améliorer durablement leur qualité de vie. Les établissements se sont également adaptés en proposant des abonnements plus flexibles, des forfaits mensuels ou encore des promotions saisonnières afin de toucher un public plus large. Cette diversification de l’offre contribue à maintenir l’attractivité du secteur malgré les difficultés économiques.

Un changement qui semble s’installer durablement

Si certaines personnes s’inscrivent encore dans les salles de sport par effet de mode ou à l’approche de l’été, la tendance générale semble beaucoup plus profonde. Les habitudes évoluent progressivement vers une meilleure prise en compte de la santé physique et mentale. Le sport s’intègre désormais dans le quotidien au même titre qu’une alimentation équilibrée ou qu’un sommeil de qualité. Les entreprises encouragent également cette évolution en mettant en place des programmes de bien-être pour leurs salariés, tandis que les professionnels de santé recommandent de plus en plus souvent une activité physique régulière comme complément aux traitements médicaux.

En Tunisie, cette dynamique devrait continuer à se développer avec l’arrivée de nouveaux concepts, l’ouverture de salles plus spécialisées et l’intérêt grandissant des jeunes générations pour le bien-être. Le défi sera désormais de rendre cette pratique accessible au plus grand nombre, notamment dans les régions où les infrastructures restent insuffisantes. L’essor actuel des salles de sport ne semble donc pas être un simple phénomène passager. Il reflète une évolution plus profonde des mentalités, où prendre soin de sa santé devient une priorité. Si l’esthétique continue de motiver une partie des pratiquants, elle n’est plus la seule raison qui pousse les Tunisiens à enfiler leurs baskets. La recherche d’un meilleur équilibre de vie, d’une meilleure condition physique et d’un bien-être durable apparaît désormais comme le véritable moteur de cette transformation. Si cette dynamique se confirme dans les années à venir, les salles de sport pourraient devenir, au même titre que les centres de santé ou les espaces culturels, des lieux incontournables du quotidien.

Leila SELMI

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« Chants du Troubadour Eloquent », nouveau recueil de Jalal El Mokh

Von: farhat
01. Juli 2026 um 19:20

« Chants du Troubadour Eloquent » est l’un des derniers recueils de poésie parus en juin 2025 aux Editions « Dar Al Thakafia » Rappelons que Jalal El Mokh, poète et écrivain prolifique, a à son actif plus d’une cinquantaine de livres écrits dans les deux langues (arabe, français) et dans des genres différents (poésie, roman, essai, traduction)

Ce recueil de poésie est une œuvre où les poèmes sont organisés de manière chronologique, chaque poème correspondant à un jour précis, et tous écrits au cours d’un seul mois (mars 2025). Ce type de structure nous donne une dimension intime et temporelle à l’œuvre, comme si nous étions en train de lire le journal intime du poète, nous permettant ainsi de suivre l’évolution des pensées, des émotions ou des événements du poète jour après jour. En effet, ce caractère quotidien peut créer une proximité avec le poète, comme un partage intime.

Ce type de recueil, caractérisé par la progression jour par jour, crée un rythme régulier et une continuité narrative et émotionnelle. Le lecteur peut percevoir les changements d’humeur, d’inspiration ou de contexte au fil des jours, sachant que les thèmes abordés sont multiples et variés. Ecrire un poème par jour pendant un mois est un défi créatif qui suppose une imagination débordante et fertile et une inspiration intarissable de la part du poète. Cela reflète aussi une période intense de création vécue par le poète, liée à ce mois (mars 2025).

Cette structure aura certainement un effet sur le lecteur qui s’invite à une lecture séquentielle, jour après jour, pour ressentir la progression. Mais elle peut aussi permettre une lecture fragmentée, où chaque poème est une unité autonome et où les thèmes sont variés (personnels, lyriques, sociaux, existentiels…)

Il n’est pas possible ici d’analyser tous les poèmes de ces recueils ; nous nous bornerons à en citer seulement trois parmi les treize poèmes qui constitue le recueil..

Le poème d’ouverture s’intitule « Mort clinique », dont le thème central est la perte temporaire de l’inspiration poétique, mais suivie d’une renaissance créative. Le poème explore la crise de la création poétique, symbolisée par une « mort clinique », une métaphore forte qui évoque un état d’arrêt, d’inaction, voire de paralysie intérieure. Le poète se sent incapable d’écrire, dénué de toute inspiration, comme s’il était « mort » à sa propre créativité. Cette image traduit une souffrance profonde, un vide existentiel où la parole poétique semble impossible. Mais le poème se termine sur une note d’espoir, avec la renaissance de la verve poétique, la réapparition de la flamme créatrice. Ainsi « la mort clinique » de l’inspiration finit une résurrection poétique. Le poème « Mort clinique » est une méditation profonde sur la crise créative et la puissance de la renaissance poétique. Sa structure chronologique, ses images fortes et son ton contrasté permettent au lecteur de ressentir intensément ce combat intérieur, et d’en sortir avec un sentiment d’espoir et de renouvellement.

Le poème « Face à la mer » (P : 11) évoque un souvenir que le poète garde de la mer d’Hammam-Lif, sa ville natale. Ce poème explore un thème universel et profondément humain : la mémoire du passé et la nostalgie qui en découle. La mer, vaste et intemporelle, devient un miroir où le poète projette ses souvenirs, ses émotions anciennes, et la mélancolie liée au temps qui passe. Face à la mer, le poète se retrouve dans un espace propice à la réflexion, à la remémoration. La mer agit comme un pont entre les souvenirs enfouis et la conscience actuelle. « Face à la mer » est un poème qui mêle habilement souvenirs personnels et symboles universels pour exprimer la nostalgie. Par sa structure, ses images et son ton, il invite le lecteur à une méditation sur le temps qui passe, la mémoire et la beauté fragile des instants vécus. La mer, omniprésente, devient le témoin silencieux de cette émotion profonde.

Le dernier poème porte le même titre que celui du recueil : « Chants du troubadour Eloquent » (P : 108). Dans ce poème, l’auteur prend la défense du troubadour, non en tant que chanteur ambulant du Moyen-Âge qui chantait l’amour courtois ; mais en tant qu’un chanteur qui critique le pouvoir en place par ses chants, à travers ses chansons satiriques ou sa poésie engagée. En effet, il met l’accent sur ces troubadours qui composaient des œuvres souvent destinées à la cour, non pour les glorifier et les encenser, mais aussi pour exprimer des critiques sociales et politiques pour ébranler la cour royale et tous les courtisans, généralement formés de profiteurs, de vils flatteurs et de lèche-bottes.

Hechmi KHALLADI

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Foire aux fleurs à Ezzahra : sensibiliser à l’amour de la nature

Von: tmps
01. Juli 2026 um 09:26

Les habitants d’Ezzahra et de toutes les villes environnantes ont rendez-vous avec les fleurs et les plantes depuis quelques jours. C’est la Foire aux fleurs, organisée par la commune d’Ezzahra chaque année en début d’été. Cette année, la foire s’installe un peu en retard par rapport aux années précédentes. Depuis des années, les habitants de cette ville se sont habitués à voir cette foire se tenir chaque année fin mai et début juin, une période qui a toujours coïncidé avec la fête des Mères (fin mai) et la Journée Mondiale de l’Environnement (5 juin).

C’est une occasion offerte aux horticulteurs et à beaucoup d’autres artisans spécialisés dans le domaine du jardinage et des outillages et accessoires pour l’entretien des jardins, mais aussi une opportunité pour les gens d’acquérir à des prix promotionnels leurs besoins en plantes pour habiller leurs jardins, leurs terrasses et leurs balcons. Depuis son ouverture, la Foire a drainé un monde nombreux, passionné de plantes et de protection de l’environnement.

Cette foire est un merveilleux rendez-vous de saison, qui remporte chaque année un succès auprès des habitants de cette localité de la banlieue sud et pas mal de visiteurs viennent de partout pour s’approvisionner en fleurs, en arbrisseaux, en plantes ou encore s’enquérir auprès des vendeurs et des spécialistes sur la façon d’entretenir telle ou telle plante ou connaître aussi les noms de milliers d’espèces de plantes et de leurs origines. Les passionnés de fleurs viennent fouiller dans les végétaux exposés, à la recherche d’une plante inconnue, rare ou de collection. Les amateurs dejardinage choisissent les meilleures combinaisons de plantes pour garnir leurs jardins et leurs balcons. Il y a des clients fidèles qui viennent chaque année pour renouveler leurs espaces verts ou l’intérieur de leur appartement.

Cette foire qui se tient sur la place Ennafoura (la fontaine), située sur l’avenue principale qui mène au centre-ville, voit aussi la présence des potiers qui proposent aux clients leurs pots de fleurs ou vases en argile aux multiples dimensions et des apiculteurs qui exposent du miel d’abeilles aux goûts divers. Des producteurs végétaux, des pépiniéristes, des rosiéristes, des grainetiers, des semenciers et des paysagistes viennent de plusieurs régions environnantes pour prendre part chaque année à cette manifestation florale.

On y rencontre également d’autres activités en rapport avec les fleurs, comme la parfumerie et le commerce de l’eau de rose et de géranium et même des plantes naturelles aux vertus médicales. On y croise des exposants qui sont des habitués et qui ne ratent aucune session. Il y a aussi des clients fidèles à cette foire, des amateurs de végétation et de verdure, des amoureux des fleurs et de la nature, qui viennent choisir les meilleures combinaisons de plantes pour garnir leurs espaces verts ou renouveler leurs jardins ou l’intérieur de leurs maisons. Rien qu’à voir la foule des gens qui se précipitent sur les stands, on peut dire que le Tunisien aime le monde des fleurs et trouve du plaisir à vivre entouré de plantes. Cette foire doit certes avoir pour objectif la promotion de la vente des fleurs, des arbustes et des plantes, mais doit être avant tout une manifestation culturelle à but non lucratif, qui tend à sensibiliser les gens à l’amour des plantes et, partant, de la nature et de l’environnement.

Un manque flagrant d’activités culturelles

Cette foire aux fleurs existe depuis une vingtaine d’années. Cet événement a le mérite de créer une certaine animation tout près de la grande fontaine. L’on se demande pourtant pourquoi cette fontaine entourée d’espaces gazonnés a été, depuis quelques années, abandonnée et négligée par les autorités municipales alors qu’avant, des parents accompagnés de leurs petits enfants venaient passer des heures à se divertir sur le gazon autour de la fontaine. Nous avons donc encore une fois remarqué l’absence d’activités culturelles qui doivent accompagner cette foire, comme il se passe dans les foires semblables dans plusieurs villes du monde. Nous aurions souhaité voir cette foire concocter pour le plaisir de ses visiteurs un programme d’animation culturelle qui rime avec l’ambiance des fleurs.

En effet, un concours de dessin en plein air, destiné aux enfants et supervisé par des professeurs des Beaux-arts pourrait avoir lieu en marge de cette foire et aurait pour thème la nature et l’environnement, ce qui pourrait illustrer mieux cet événement. De même, on pourrait organiser en marge de cette foire un colloque ou une conférence où interviennent paysagistes, fleuristes et horticulteurs pour informer le public intéressé sur les nouvelles techniques et découvertes dans le domaine du jardinage et le monde des fleurs. Les organisateurs pourraient également penser à faire appel aux poètes de la région pour déclamer en public leurs poèmes sur le thème des fleurs et de la nature et aux artistes-peintres de la ville pour exposer leurs travaux sur la nature et le monde des fleurs, moyennant des prix à décerner aux meilleures productions. Les troupes musicales de la région pourraient également participer à l’animation de cette foire en donnant des spectacles en plein air. Ce ne sont là que des suggestions qui méritent d’être envisagées pour les prochaines sessions de cette foire aux fleurs dont les senteurs pourraient être plus fragrantes, plus rayonnantes !

Hechmi KHALLADI

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La diplomatie numérique tunisienne à l’épreuve de la transformation digitale africaine : lecture géopolitique et institutionnelle d’une candidature continentale

Von: tmps
01. Juli 2026 um 08:22

Par Mondher AFI

Sous l’autorisation du Président de la République, Kaïs Saïed, les autorités tunisiennes ont engagé une démarche diplomatique visant à mobiliser le soutien des États africains en faveur des candidatures tunisiennes au Conseil de l’Union africaine des télécommunications (UAT), au Conseil de l’Union internationale des télécommunications pour la période 2027-2030, ainsi qu’au poste de Secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications.

La réunion présidée conjointement par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, et le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, avec les chefs des missions diplomatiques africaines accrédités à Tunis dépasse largement le cadre protocolaire. Elle traduit une articulation entre diplomatie, politique technologique et gouvernance continentale.

Cette initiative intervient dans un contexte où le numérique constitue désormais un facteur structurant de la puissance publique. Les infrastructures numériques, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les données et les plateformes sont devenues des ressources stratégiques comparables aux infrastructures énergétiques ou aux réseaux de transport. La candidature tunisienne s’inscrit ainsi dans une dynamique institutionnelle plus large portée par la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique, élaborée afin de concrétiser les ambitions de l’Agenda 2063.

Comme l’affirmait Manuel Castells, «la technologie ne détermine pas la société, elle est la société». Cette observation rappelle que les politiques numériques ne constituent plus un secteur administratif spécialisé, mais une composante fondamentale des rapports de pouvoir, de développement économique et d‘intégration régionale.

Une diplomatie technologique au service de l’intégration africaine

La rencontre organisée à Tunis illustre l’émergence d’une diplomatie technologique. Les ministres des Affaires étrangères et des Technologies de la communication ont mobilisé le réseau diplomatique africain afin de présenter la vision tunisienne de la gouvernance numérique continentale.

Cette démarche traduit une évolution profonde de la diplomatie contemporaine. Les organisations internationales spécialisées dans les télécommunications ne constituent plus uniquement des espaces techniques, elles sont devenues des lieux où se négocient les normes relatives aux infrastructures, à la cybersécurité, aux fréquences, à la protection des données, à l’intelligence artificielle et aux standards technologiques.

Joseph Nye rappelait que le pouvoir contemporain repose autant sur la capacité d’influencer les règles internationales que sur les ressources matérielles. Dans cette perspective, l’accès aux organes décisionnels de l’Union africaine des télécommunications représente un levier permettant de participer à la définition des orientations stratégiques du continent.

L’action diplomatique tunisienne apparaît ainsi comme une tentative d’inscrire les compétences nationales dans les mécanismes de gouvernance régionale plutôt que comme une simple recherche de visibilité institutionnelle.

La transformation numérique comme projet politique continental

La stratégie africaine de transformation numérique ne réduit pas la digitalisation à un processus technique. Elle la conçoit comme un projet de transformation globale des structures économiques, administratives et sociales.

L’objectif d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030 traduit une volonté d’intégration comparable à celle observée dans d’autres espaces économiques régionaux. Le développement des réseaux numériques, des paiements électroniques, des identités numériques, des services publics dématérialisés et des infrastructures de données participe à la construction d’un espace économique intégré.

Max Weber soulignait que toute administration moderne repose sur la rationalisation des procédures. La numérisation des administrations africaines répond précisément à cette logique de rationalisation en cherchant à réduire les coûts de transaction, améliorer la transparence administrative et renforcer l’efficacité des services publics.

Cette stratégie vise également à faire du numérique un instrument de réduction des inégalités territoriales, de création d’emplois qualifiés et de diversification économique.

La souveraineté numérique comme nouvelle dimension de la souveraineté des États

L’un des concepts centraux de la stratégie africaine demeure celui de la souveraineté numérique. Celle-ci ne signifie pas l’isolement technologique, mais la capacité des États à maîtriser leurs infrastructures critiques, leurs données stratégiques et leurs capacités d’innovation.

La souveraineté numérique implique plusieurs dimensions : la maîtrise des infrastructures de télécommunications, la protection des données personnelles, la cybersécurité, l’interopérabilité des systèmes nationaux, le développement des compétences locales, l’encadrement juridique des technologies émergentes.

Michel Foucault rappelait que le pouvoir s’exerce à travers les dispositifs qui organisent les comportements. Aujourd’hui, les plateformes numériques, les algorithmes et les infrastructures de données deviennent précisément ces nouveaux dispositifs de pouvoir.

Dans ce contexte, la candidature tunisienne s’inscrit dans une réflexion plus large concernant la place des États africains dans la gouvernance mondiale du numérique.

Les fondements institutionnels de la stratégie africaine

La stratégie continentale repose sur plusieurs piliers complémentaires.

Le premier concerne l’environnement réglementaire. Les États sont appelés à harmoniser leurs législations relatives au commerce électronique, à la protection des données, à la cybersécurité et aux transactions numériques.

Le deuxième pilier porte sur les infrastructures numériques. L’accès universel au haut débit constitue un préalable indispensable à toute politique de développement numérique.

Le troisième pilier concerne les compétences humaines. La stratégie insiste sur la formation aux technologies numériques, à l’intelligence artificielle, à la programmation, à la cybersécurité, à la science des données et à l’innovation.

Le quatrième pilier concerne l’innovation entrepreneuriale. Les startups technologiques sont présentées comme des acteurs essentiels de la transformation économique. Edgar Morin rappelait que «la complexité appelle la coopération». Cette idée éclaire parfaitement la logique partenariale retenue par l’Union africaine.

Le document stratégique procède à une analyse SWOT particulièrement révélatrice.

Parmi les forces figurent la diffusion rapide des téléphones mobiles, la croissance continue d’Internet ainsi que l’existence de politiques nationales des TIC dans de nombreux États.

Les opportunités résident dans la jeunesse démographique du continent, le potentiel considérable de croissance numérique, l’essor des paiements électroniques et l’émergence d’un marché continental.

Malgré la multiplication des stratégies africaines de transformation numérique, les obstacles à leur mise en œuvre demeurent profondément structurels. Les dispositifs institutionnels souffrent d’une coordination insuffisante entre les organisations continentales, régionales et nationales, tandis que l’hétérogénéité des cadres juridiques compromet l’émergence d’un espace numérique africain cohérent. À ces limites s’ajoutent le sous-financement chronique des infrastructures, l’absence de mécanismes rigoureux d’évaluation des politiques publiques et une gouvernance souvent davantage orientée vers l’adoption de stratégies que vers la mesure de leurs effets.

Cette situation est aggravée par la faible implication de la société civile dans les processus de négociation et d’élaboration des politiques numériques. Or, les organisations spécialisées dans les droits numériques disposent d’une expertise susceptible d’améliorer la qualité des cadres réglementaires, de renforcer la transparence institutionnelle et d’exercer un contrôle indispensable sur l’action publique. Leur marginalisation prive les gouvernements d’un levier essentiel d’innovation et de redevabilité.

Par ailleurs, si les initiatives multilatérales ont favorisé une certaine convergence normative, leur impact reste limité par la fragmentation des législations nationales, les écarts de développement technologique entre les États et la persistance d’une forte dépendance à l’égard des fournisseurs et plateformes extérieurs. Les cybermenaces, les vulnérabilités financières liées aux technologies émergentes et les inégalités territoriales et sociales d’accès au numérique accentuent encore ces déséquilibres. Cette configuration illustre une modernisation inachevée, où les opportunités offertes par le numérique progressent au même rythme que les risques qu’elles engendrent, révélant les limites d’une gouvernance dont l’ambition politique demeure supérieure à ses capacités institutionnelles et opérationnelles.

La gouvernance numérique comme enjeu institutionnel

Au milieu de cette dynamique continentale, l’action des autorités tunisiennes vise à inscrire le pays dans les structures de gouvernance qui accompagneront cette transformation.

La rencontre diplomatique organisée à cette occasion traduit une compréhension stratégique selon laquelle les décisions techniques prises aujourd’hui façonneront les équilibres institutionnels de demain, faisant de la gouvernance des technologies un levier majeur de l’influence internationale.

Au cours de cette démarche, le Président de la République, Kaïs Saïed, intervient dans le cadre de ses prérogatives institutionnelles en autorisant cette mobilisation diplomatique, tandis que sa mise en œuvre est assurée par les ministères compétents chargés des affaires étrangères et des technologies de la communication. Cette répartition des responsabilités traduit le caractère interministériel de la gouvernance du numérique.

Dans cette perspective, le numérique est appréhendé comme un levier d’intégration économique à l’échelle africaine, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine. Le développement des plateformes numériques contribue à la réduction des coûts de transaction, à la facilitation des paiements transfrontaliers, à l’amélioration des chaînes logistiques et au renforcement de l’attractivité des investissements.

Les travaux de Bruno Latour soulignent que les réseaux constituent des formes d’organisation des interactions et des capacités d’action. Dans le contexte africain, les réseaux numériques remplissent une fonction d’infrastructure économique en favorisant l’interconnexion des marchés et la circulation des flux. L’enjeu dépasse ainsi la seule connectivité des individus pour s’étendre à l’intégration progressive des économies.

L’intelligence artificielle et la cybersécurité

La stratégie accorde une place importante aux technologies émergentes.

L’intelligence artificielle, les objets connectés, la blockchain, les drones, la robotique et les mégadonnées sont considérés comme des leviers capables de transformer l’agriculture, la santé, l’éducation, les services financiers et l’administration.

Toutefois, ces innovations accroissent simultanément les vulnérabilités.

Jacques Ellul soulignait que toute innovation technique produit des effets imprévus qu’il convient d’anticiper. Cette réflexion justifie l’importance accordée à la cybersécurité, à la protection des données personnelles et aux cadres réglementaires.

La confiance numérique devient ainsi une condition préalable au développement économique.

L’initiative diplomatique conduite à Tunis s’inscrit dans une évolution beaucoup plus large que la seule compétition pour des fonctions internationales. Elle témoigne de la montée en puissance des enjeux numériques dans les politiques publiques africaines et de la transformation progressive de la gouvernance continentale.

L’analyse de la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique montre que le numérique est désormais conçu comme une politique de développement, un instrument d’intégration régionale, un levier de souveraineté et un facteur de recomposition géopolitique. Les objectifs relatifs à l’harmonisation réglementaire, au développement des infrastructures, à la cybersécurité, aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle traduisent une approche systémique où les dimensions économiques, institutionnelles et technologiques sont étroitement articulées.

Dans cette perspective, les candidatures tunisiennes prennent place dans un processus collectif visant à renforcer les capacités institutionnelles africaines face aux mutations de l’économie numérique mondiale. Elles participent à une dynamique où la maîtrise des normes, des infrastructures et des technologies devient un élément essentiel de la gouvernance contemporaine. Comme l’écrivait Pierre Bourdieu, «le pouvoir réside aussi dans la capacité de définir les règles du jeu». Appliquée au numérique, cette réflexion souligne que la participation aux instances continentales constitue moins une question de représentation qu’un enjeu de contribution à la définition des règles qui structureront l’espace numérique africain au cours des prochaines décennies.

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Le textile tunisien :  laboratoire méditerranéen de la mode intelligente

Von: farhat
30. Juni 2026 um 08:26

Par Jamel BENJEMIA

Il est des industries qui ne fabriquent pas seulement des produits, elles façonnent des territoires, structurent des vies et tissent silencieusement la mémoire collective d’une nation. Le textile appartient à cette catégorie rare. Derrière chaque atelier, chaque métier à tisser, chaque bobine de fil, se cachent des générations de femmes et d’hommes, des savoir-faire transmis, des destins familiaux et une certaine idée du travail.

Pendant plus d’un demi-siècle, le textile tunisien a incarné l’une des plus grandes aventures industrielles et sociales du pays. Porté par la loi 70 et par la vision modernisatrice impulsée sous Hédi Nouira, il a permis l’émergence d’un tissu industriel dense, créateur de centaines de milliers d’emplois et profondément arrimé aux marchés européens. La Tunisie est ainsi devenue l’un des ateliers privilégiés de l’Europe, forgeant sa réputation sur la qualité de sa main-d’œuvre, sa proximité géographique et sa remarquable capacité d’adaptation.

Mais l’histoire économique ressemble à la mer Méditerranée : elle n’accorde aucun mouillage définitif. Les courants changent, les routes commerciales se déplacent, les certitudes d’hier deviennent parfois les fragilités de demain.

La mondialisation a profondément redessiné la géographie industrielle. Le Bangladesh, le Vietnam ou l’Éthiopie disputent désormais aux pays méditerranéens le terrain des coûts salariaux. Dans le même temps, les consommateurs réclament davantage de rapidité, de personnalisation, de durabilité, mais aussi d’authenticité et de sens.

Le vêtement n’est plus un simple assemblage de tissus. Il devient une expérience, une affirmation identitaire, parfois même un engagement éthique.

Dès lors, une interrogation majeure s’impose : la Tunisie doit-elle demeurer un atelier performant au service des marques étrangères ou ambitionner de devenir un laboratoire méditerranéen de la mode intelligente ?

La réponse dépasse largement le destin d’un secteur industriel. Elle engage la capacité de la Tunisie à passer du statut d’atelier performant à celui de créateur de valeur, d’idées et d’imaginaires.

Sortir du piège du bas coût

Le principal risque auquel est confronté le textile tunisien consiste à poursuivre une bataille déjà perdue, celle des coûts.

Aucune économie méditerranéenne ne pourra durablement rivaliser avec les salaires pratiqués dans certaines régions d’Asie ou d’Afrique subsaharienne. Chercher à préserver la compétitivité uniquement par la compression des coûts reviendrait à engager une course vers le moins-disant social dont personne ne sortirait vainqueur.

L’expérience asiatique mérite à cet égard d’être méditée avec attention.

La Chine, la Corée du Sud ou Taïwan ont certes débuté par la sous-traitance intensive. Mais elles ont rapidement compris qu’une nation ne s’enrichit pas durablement en cousant pour les autres ou en vendant exclusivement des heures de travail. Elles ont investi massivement dans le design, la recherche, les marques, la logistique, la technologie et la propriété intellectuelle.

La véritable richesse ne réside plus dans l’assemblage du vêtement, mais dans sa conception, son récit, son image et sa capacité à susciter le désir.

Plus encore, la maîtrise des marques, du design et de l’innovation constitue désormais un enjeu de souveraineté économique. Les pays qui abandonnent la conception aux autres finissent souvent par dépendre des décisions prises ailleurs. Or, dans un monde fragmenté par les tensions commerciales et les rivalités technologiques, produire sans concevoir revient à naviguer sans gouvernail.

Faire émerger une signature méditerranéenne

L’une des grandes faiblesses du textile tunisien demeure son invisibilité.

Chaque année, des millions de pièces confectionnées en Tunisie sont vendues en Europe sans que le consommateur final en ait conscience. Le pays produit, mais ne signe pas.

Or, dans l’économie contemporaine, la marque constitue un actif stratégique majeur.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts singuliers : héritage andalou, artisanat séculaire, diversité des influences méditerranéennes, maîtrise de la broderie, du tissage et des fibres naturelles.

Pourquoi ne pas faire émerger un label international associant élégance méditerranéenne, qualité européenne et production responsable ?

Cette ambition n’a rien d’utopique. Feu Ezzedine Alaïa, génie absolu de la haute couture, avait démontré qu’un créateur tunisien pouvait puiser dans sa mémoire intime pour élaborer un langage esthétique universel. Son célèbre col Alaïa demeure l’illustration éclatante de cette alchimie entre enracinement local et rayonnement mondial.

Le textile tunisien gagnerait ainsi à renouer avec sa géographie et son climat. Depuis des siècles, les peuples méditerranéens ont appris à vivre sous un soleil exigeant, à composer avec la chaleur, la sécheresse et l’intensité lumineuse.

Cette expérience pourrait devenir un formidable laboratoire d’innovation.

Pourquoi ne pas développer des vêtements spécialement conçus pour les régions soumises aux fortes chaleurs, capables de réguler la température corporelle, d’évacuer rapidement l’humidité ou de sécher en quelques minutes ? Pourquoi ne pas imaginer des tissus infroissables réduisant les besoins en repassage et, par conséquent, la consommation énergétique domestique ?

À l’heure où le réchauffement climatique redessine les modes de vie à l’échelle planétaire, la Tunisie pourrait devenir pionnière d’une nouvelle génération de vêtements adaptés aux climats extrêmes.

Demain, l’innovation textile ne consistera peut-être plus à suivre la mode, mais à aider l’humanité à mieux habiter une planète plus chaude.

Construire la mode intelligente

L’industrie textile mondiale entre dans une nouvelle révolution industrielle.

L’intelligence artificielle, l’analyse des données massives, la robotisation et la numérisation bouleversent déjà l’ensemble de la chaîne de valeur.

Demain, les algorithmes prédiront les tendances avant même qu’elles n’apparaissent sur les réseaux sociaux. Les logiciels anticiperont les ventes, réduiront les invendus et permettront la personnalisation des collections.

Le couturier de demain travaillera autant avec des stylistes qu’avec des data scientists.

Grâce à la qualité de ses ingénieurs, à ses compétences numériques et à la vitalité de sa jeunesse, la Tunisie dispose ici d’une opportunité historique.

Cela suppose toutefois la création d’écosystèmes associant universités, écoles de mode, centres de recherche, startups technologiques et industrielles.

Des pôles spécialisés pourraient émerger autour des textiles connectés, des fibres intelligentes, des tissus médicaux, des matériaux recyclés ou encore des vêtements destinés aux industries automobile et aéronautique.

Demain, l’aiguille dialoguera avec l’algorithme, le métier à tisser avec la donnée et l’inspiration créatrice avec l’intelligence artificielle.

Miser sur la proximité et la durabilité

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures logistiques et l’urgence climatique, la proximité redevient un avantage compétitif majeur.

L’Europe découvre aujourd’hui les limites d’une dépendance excessive à des chaînes d’approvisionnement lointaines.

La Méditerranée retrouve ainsi une centralité économique inattendue.

À quelques jours seulement des principaux marchés européens, la Tunisie dispose d’un atout géographique exceptionnel. Elle peut répondre rapidement aux commandes, produire en séries limitées et réduire considérablement les délais de livraison.

Parallèlement, les exigences environnementales remodèlent déjà l’industrie mondiale.

Les consommateurs européens ne recherchent plus seulement un vêtement, ils veulent connaître son histoire, son empreinte environnementale et les conditions humaines de sa fabrication.

En investissant massivement dans l’économie circulaire, les énergies renouvelables, le recyclage des fibres et la gestion durable de l’eau, la Tunisie pourrait devenir l’une des premières plateformes méditerranéennes de production textile décarbonée.

Coudre sa propre destinée

L’histoire économique enseigne qu’aucune nation ne progresse durablement en demeurant l’exécutante du génie des autres.

Durant plusieurs décennies, la Tunisie a admirablement rempli son rôle d’atelier manufacturier aux portes de l’Europe. Cette époque ne doit ni être reniée ni abandonnée aux poussières de l’histoire : elle a légué à la Tunisie bien davantage que des usines et des statistiques. Elle lui a transmis des gestes, des savoir-faire et cette intelligence de la main qui constitue souvent le premier visage du génie d’une nation.

Mais les grandes nations économiques sont celles qui savent transformer leurs héritages en tremplins plutôt qu’en refuges.

Le textile tunisien ne doit plus seulement confectionner des vêtements, il doit concevoir des idées, créer des marques, inventer des matières, produire de l’intelligence et exporter une vision méditerranéenne du monde.

Le véritable enjeu n’est plus de savoir combien de pièces la Tunisie peut fabriquer, mais combien d’innovation, de créativité et de sens elle peut incorporer dans chacune d’elles.

Car, au XXIᵉ siècle, les nations qui prospèrent ne sont plus nécessairement celles qui disposent des bras les moins coûteux, mais celles qui savent métamorphoser leur mémoire, leur culture et leur intelligence collective en richesse durable.

La Tunisie porte en elle cet héritage, cette intelligence de la main et cette créativité qui distinguent les peuples bâtisseurs. Il lui reste désormais à les convertir en vision industrielle, en innovation et en rayonnement international.

Pendant des décennies, elle a habillé l’Europe. Le siècle qui s’ouvre lui offre peut-être une destinée plus vaste : ne plus seulement confectionner des vêtements, mais imaginer les usages de demain, vêtir l’avenir et, fil après fil, tisser sa propre renaissance.

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