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Tunisie : Douimis, Mellègue 2, Raghai… ces barrages en construction qui pourraient changer la donne hydraulique

06. August 2026 um 07:21

Après plusieurs années marquées par une pression exceptionnelle sur les ressources hydriques, la Tunisie compte sur la mise en exploitation prochaine de plusieurs grands barrages pour renforcer sa sécurité hydrique. Alors que le pays reste confronté aux effets du changement climatique, à l’irrégularité des précipitations et à la baisse des réserves des barrages, une nouvelle génération d’ouvrages pourrait apporter un souffle nouveau au système hydraulique national.

Parmi les projets les plus attendus figure le barrage de Douimis, dans le gouvernorat de Bizerte. Selon le chargé de la gestion de la Direction générale des barrages et des grands travaux hydrauliques, Faïcel Khemiri, cet ouvrage devrait entrer en exploitation avant la fin de l’année 2026. Il permettra de mobiliser près de 45 millions de mètres cubes d’eau, qui seront transférés vers le barrage de Sajnane à travers le réseau de transfert des eaux du Nord. Cette infrastructure doit contribuer à renforcer l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation dans plusieurs régions, notamment Bizerte, le Grand Tunis, le Cap Bon, le Sahel et Sfax.

Les travaux du barrage de Douimis sont désormais dans leur phase finale, avec l’installation des équipements hydromécaniques, les opérations de consolidation du corps du barrage et les travaux de protection du déversoir. Les autorités ont appelé les entreprises en charge du projet à maintenir le rythme afin de garantir une entrée en exploitation dans les délais annoncés.

Mellègue 2 : près de 200 millions de mètres cubes supplémentaires attendus

Autre chantier stratégique : le barrage supérieur de Mellègue, dans le gouvernorat du Kef. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a récemment appelé à accélérer les travaux, qui ont atteint environ 90 % d’avancement. La mise en exploitation de cet ouvrage est prévue pour le 15 septembre 2026.

Avec une capacité de stockage estimée à près de 200 millions de mètres cubes, Mellègue 2 représente l’un des projets majeurs de renforcement des capacités hydrauliques du pays. D’un coût estimé à 276 millions de dinars, il remplacera l’ancien barrage de Mellègue-Nebeur et permettra de mieux mobiliser les eaux du bassin de la Medjerda.

Lire aussi : Tunisie : Barrage de Raghai, le chantier de 250 millions de dinars entre dans une phase décisive

Au-delà du stockage, l’ouvrage doit également avoir un impact économique et agricole important. Il permettra notamment de créer de nouvelles zones irriguées couvrant près de 13 000 hectares dans les délégations de Sakiet Sidi Youssef, Thala et Kef Ouest, tout en contribuant à la protection de plusieurs villes du Nord-Ouest contre les risques d’inondation.

Les autorités veulent également profiter de la prochaine saison des pluies pour commencer rapidement le remplissage de la retenue. L’enjeu est donc de finaliser les dernières étapes du chantier avant l’arrivée des précipitations afin de valoriser pleinement les apports hydriques.

Raghai et les autres projets : compléter le maillage hydraulique national

Dans le gouvernorat de Jendouba, le barrage de Raghai fait également partie des projets suivis de près par les services du ministère de l’Agriculture. Une visite de terrain a permis d’évaluer l’état d’avancement du chantier et d’appeler au renforcement de la coordination entre les différents intervenants afin de surmonter les difficultés et respecter les délais contractuels.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer le rôle du Nord-Ouest comme principal réservoir hydraulique du pays. La région concentre une grande partie des ressources en eau de surface, mais ces ressources doivent être mieux stockées et transférées vers les zones où la demande est la plus forte.

Lire aussi : Tunisie : Un nouveau barrage de grande capacité bientôt exploitable

D’autres ouvrages participent également à cette dynamique, notamment les barrages de Kalaâ Kebira à Sousse et Khalled à Béja, ainsi que des projets d’extension et de réhabilitation d’infrastructures existantes. L’objectif est d’augmenter progressivement la capacité nationale de mobilisation des eaux de surface et d’améliorer la résilience du système face aux périodes de sécheresse.

Un tournant possible, mais pas une réponse définitive à la crise de l’eau

L’entrée en exploitation simultanée de plusieurs grands barrages pourrait constituer un véritable tournant pour la Tunisie. Les volumes supplémentaires attendus devraient offrir davantage de marges de manœuvre pour l’alimentation en eau potable, l’agriculture irriguée et la gestion des périodes de stress hydrique.

Mais ces infrastructures ne représentent qu’une partie de la réponse. La Tunisie doit encore faire face à des défis structurels : la diminution des précipitations, l’évaporation accélérée liée à la hausse des températures, l’envasement des barrages existants et les pertes enregistrées dans les réseaux de distribution.

Le pays poursuit ainsi une stratégie plus large combinant mobilisation des eaux de surface, dessalement de l’eau de mer, réutilisation des eaux traitées et modernisation des réseaux. Les nouveaux barrages peuvent apporter un « sursaut hydraulique » attendu, mais leur efficacité dépendra aussi de la capacité à mieux gérer chaque ressource disponible.

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Algérie: inspection des projets hydrauliques de la zone industrielle de Toumiat

29. Juli 2026 um 09:04
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, s’est enquis, dimanche à Béchar, de l’état d’avancement des infrastructures hydrauliques destinées à assurer l’alimentation en eau de la zone industrielle de Toumiat, appelée à accueillir notamment le projet de transformation et de valorisation du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf), ainsi que des projets de renforcement de […]

JORT: les banques vont ouvrir une nouvelle voie de financement pour les PME et les petits projets

27. Juli 2026 um 11:56

Un nouveau mécanisme de financement destiné aux particuliers, aux porteurs de projets et aux petites entreprises entre progressivement en place en Tunisie. Un décret publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) fixe désormais les règles de fonctionnement des lignes de microfinancement d’honneur, un dispositif qui repose sur des financements sans intérêts et sans garanties exigées par les banques.

L’idée est de créer une enveloppe dédiée au financement de projets de petite taille et d’activités économiques qui rencontrent souvent des difficultés pour accéder aux crédits classiques. Pour cela, chaque banque devra ouvrir dans ses comptes un compte spécifique appelé “compte de la ligne de financement d’honneur”, destiné à gérer les montants consacrés à ce mécanisme.

Ce dispositif intervient après l’affectation par les banques d’une partie de leurs bénéfices réalisés au titre de l’exercice comptable 2025, conformément aux dispositions prévues par le Code de commerce. En effet, le décret n°2026-148 du 23 juillet 2026 précise les bénéficiaires de ces financements. Sont concernés les particuliers, les porteurs de micro-projets, les PME économiques ainsi que les sociétés communautaires. Le texte définit également les catégories de projets pouvant bénéficier de ce soutien. Un micro-projet est considéré comme une activité dont le montant total d’investissement ne dépasse pas 150 mille dinars, y compris les besoins en fonds de roulement.

Pour les PME, le dispositif concerne les entreprises dont les investissements, incluant la création et l’extension, se situent entre 150 mille dinars et 15 millions de dinars. L’objectif est donc de couvrir plusieurs profils, allant du particulier cherchant un appui financier limité jusqu’à l’entreprise ayant besoin d’un soutien pour développer son activité. D’ailleurs, l’un des principaux changements apportés par ce mécanisme concerne les conditions d’accès. Les financements accordés dans le cadre des lignes de microfinancement d’honneur sont des crédits à court terme, remboursables sur une durée maximale de 2 ans, sans intérêts. Les bénéficiaires peuvent également obtenir une période de grâce pouvant aller jusqu’à 6 mois. Autre particularité, les banques ne pourront pas demander de garanties ou de sûretés, quelle que soit leur nature. Une disposition qui vise à faciliter l’accès au financement pour des porteurs de projets qui disposent rarement d’actifs suffisants pour répondre aux exigences habituelles du système bancaire.

Jusqu’à 25 mille dinars pour les PME

Le décret fixe aussi les plafonds des financements. Les PME et les sociétés communautaires pourront bénéficier d’un montant maximal de 25 mille dinars. Les porteurs de micro-projets pourront obtenir jusqu’à 10 mille dinars, tandis que les particuliers pourront accéder à un financement pouvant atteindre 5 mille dinars pour couvrir des besoins de consommation.

Pour les banques, l’effort attendu est également précisé. À l’exception des établissements dont les statuts limitent le champ d’intervention, chaque banque devra consacrer au minimum 50% des dotations disponibles aux PME et aux sociétés communautaires.

Le décret prévoit également des délais précis pour éviter que les demandes restent bloquées. Les banques devront examiner les dossiers dans un délai maximum de 10 jours ouvrables bancaires à compter de leur dépôt. La réponse devra être communiquée au demandeur par un moyen laissant une trace écrite. En cas de refus, la banque devra expliquer les raisons de sa décision. L’étude des dossiers ne pourra générer aucun frais ni commission pour les demandeurs. Le principe retenu est celui de l’antériorité et de l’équité. Les demandes seront traitées en tenant compte de l’ordre de présentation et dans le respect d’un traitement équitable entre les bénéficiaires.

Un suivi assuré par la BCT

Le dispositif prévoit également un mécanisme de contrôle. Les commissaires aux comptes des banques devront établir chaque année un rapport sur le respect des obligations liées à ces lignes de financement. Ce rapport devra être transmis au ministère chargé des Finances et à la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans un délai maximum de 3 mois. En cas de non-respect des règles fixées par le décret, la BCT pourra intervenir et appliquer les sanctions prévues par le Code de commerce.

À travers ce mécanisme, les autorités cherchent à mobiliser une partie des ressources du secteur bancaire vers des projets de petite taille, souvent considérés comme trop risqués par les circuits classiques de financement. Reste à voir comment ce dispositif sera appliqué sur le terrain et quelle sera sa capacité réelle à répondre aux besoins des entrepreneurs, des jeunes porteurs de projets et des petites entreprises.

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