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Dette publique : le mirage de la catastrophe, ou comment la peur coûte plus cher que les chiffres

13. Februar 2026 um 05:02

À écouter certains discours et à parcourir certaines études, la dette serait une sentence. Un couperet suspendu au-dessus de nos têtes. Une mécanique implacable qui condamnerait les nations à l’austérité éternelle, aux sacrifices sociaux et au déclassement. À chaque publication d’un ratio, à chaque décimale supplémentaire, le même réflexe : l’alarme, la panique, l’appel aux coupes budgétaires.

Pourtant, l’histoire économique enseigne l’inverse. Les pays ne s’effondrent pas parce qu’ils sont endettés. Ils s’affaiblissent lorsqu’ils cessent d’investir, lorsqu’ils renoncent à croître, lorsqu’ils se laissent gouverner par la peur plutôt que par la stratégie.

La dette n’a jamais été une apocalypse. Elle est un outil. Et c’est la manière dont on la manie qui décide du destin d’une économie. Dans le contexte tunisien, cette nuance est décisive.

 

La grande confusion : comparer l’État à un ménage

Le débat public est souvent piégé par une analogie trompeuse : celle du « bon père de famille ». L’État devrait, dit-on, gérer ses finances comme un foyer, ne pas vivre au-dessus de ses moyens, rembourser ses dettes au plus vite. Mais un État n’est pas un ménage.

Un ménage rembourse une fois pour toutes. Un État refinance en permanence. Il étale ses échéances, émet de nouvelles obligations, rééchelonne ses maturités, s’appuie sur la durée. La dette publique est un flux continu, pas une facture à solder demain matin.

Ce qui importe réellement n’est pas le montant brut de la dette, mais sa soutenabilité : le coût des intérêts, la confiance des prêteurs, et surtout la capacité de l’économie à générer de la richesse.

Autrement dit, la question centrale n’est pas « combien devons-nous ? » mais « combien produisons-nous ? » C’est là que tout se joue.

 

Le débat public est souvent piégé par une analogie trompeuse : celle du « bon père de famille ». L’État devrait, dit-on, gérer ses finances comme un foyer, ne pas vivre au-dessus de ses moyens, rembourser ses dettes au plus vite. Mais un État n’est pas un ménage.

 

Les leçons de l’histoire : on s’endette pour construire, pas pour sombrer

Les grandes puissances économiques n’ont jamais grandi sans dette. Elles se sont endettées pour se reconstruire après les guerres, pour industrialiser, pour bâtir des réseaux ferroviaires, des systèmes éducatifs, des hôpitaux, des infrastructures énergétiques.

La dette a financé l’État-providence européen. Elle a permis les Trente Glorieuses. Elle a soutenu le miracle japonais malgré des ratios vertigineux. Elle accompagne encore aujourd’hui les États-Unis et la plupart des économies avancées.

Aucun de ces pays n’a réduit sa dette par la seule austérité. Tous l’ont diluée par la croissance. La croissance est la véritable politique de désendettement. Cette vérité simple est trop souvent oubliée dans nos débats nationaux.

 

En Tunisie, la peur budgétaire comme doctrine

En Tunisie, la dette est devenue un mot tabou, presque culpabilisant. Chaque discussion budgétaire est dominée par la même obsession : réduire, couper, geler, retarder. Contenir et/ou réduire la masse salariale. Couper l’investissement public. Reporter les projets d’infrastructures. Limiter les dépenses sociales. Le tout au nom d’une nécessaire « discipline ».

Cette logique peut sembler prudente. Elle est en réalité dangereuse. Car lorsqu’un État réduit brutalement ses dépenses productives, il freine l’activité économique. Moins de chantiers, c’est moins d’emplois. Moins de revenus, c’est moins de consommation. Moins d’entreprises dynamiques, c’est moins d’impôts collectés.

 

Chaque discussion budgétaire est dominée par la même obsession : réduire, couper, geler, retarder. Contenir et/ou réduire la masse salariale. Couper l’investissement public.

 

Le déficit ne disparaît pas. Il se déplace. Et le ratio dette/PIB peut même s’aggraver, non parce que la dette explose, mais parce que la richesse nationale stagne. L’austérité prolongée finit par ressembler à un médecin qui affaiblit son patient pour le guérir.

 

Le vrai problème tunisien : une croissance trop faible

La Tunisie ne souffre pas d’abord d’un excès de dette. Elle souffre d’un déficit de croissance.

Croissance molle, investissement privé hésitant, industrie en perte de vitesse, chômage élevé des jeunes diplômés, faible montée en gamme technologique : voilà les véritables fragilités.

Dans ces conditions, chaque dinar de dette paraît plus lourd qu’il ne devrait l’être.

À l’inverse, une économie dynamique peut absorber des niveaux d’endettement bien supérieurs sans vaciller. Parce que la richesse créée demain rend la dette d’aujourd’hui plus légère. Le poids d’une dette dépend toujours de la vigueur de l’économie qui la porte. C’est donc la croissance qui doit être la priorité stratégique, pas la contraction permanente des dépenses.

 

Dette improductive ou dette d’avenir : le choix décisif

Toute dette n’est pas égale. Une dette qui finance des dépenses courantes sans impact économique est discutable. Elle entretient le présent sans préparer l’avenir.

Mais une dette qui finance des ports modernes, des réseaux ferroviaires efficaces, des écoles performantes, des hôpitaux fonctionnels, des start-up innovantes, des énergies renouvelables, est un investissement collectif. Elle crée de la productivité, des emplois, des recettes fiscales futures. Elle se rembourse presque d’elle-même.

Pour la Tunisie, la question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non s’endetter, mais pour quoi s’endetter. L’enjeu est la qualité de la dépense publique, pas son étouffement aveugle.

 

Pour la Tunisie, la question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non s’endetter, mais pour quoi s’endetter. L’enjeu est la qualité de la dépense publique, pas son étouffement aveugle.

 

Sortir du gouvernement par la peur

À force de dramatiser la dette, on finit par légitimer toutes les régressions : moins d’État social, moins d’investissement, moins d’ambition. La peur devient une méthode de gouvernement. Or une nation ne se redresse jamais en se repliant.

Elle se redresse en investissant dans sa jeunesse, dans son capital humain, dans son appareil productif, dans sa souveraineté énergétique et technologique. Elle se redresse en croyant en son potentiel plutôt qu’en comptant ses pénuries.

La dette n’est ni une chaîne ni une malédiction. C’est un levier. Mal utilisée, elle pèse. Bien orientée, elle propulse.

 

Reconquérir l’avenir

Au fond, le débat sur la dette est un débat sur la vision du pays. Voulons-nous gérer la rareté, année après année, en compressant toujours davantage ? Ou voulons-nous préparer la richesse future en investissant intelligemment aujourd’hui ? Le courage politique ne consiste pas à rassurer les marchés par des coupes spectaculaires. Il consiste à bâtir les conditions d’une croissance durable.

Car lorsque le PIB progresse plus vite que la dette, les chiffres cessent d’effrayer. Le ratio se réduit presque naturellement, comme une ombre qui disparaît au lever du soleil.

La Tunisie n’a pas besoin d’une obsession comptable. Elle a besoin d’une stratégie de développement. La dette ne sera pas notre apocalypse. La véritable menace serait de renoncer à construire.

 

Lorsque le PIB progresse plus vite que la dette, les chiffres cessent d’effrayer. Le ratio se réduit presque naturellement, comme une ombre qui disparaît au lever du soleil.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Tunisie : l’heure d’une accalmie fragile

09. Februar 2026 um 11:00

Quand le monde ralentit, l’économie tunisienne cherche son souffle.

Il y a des périodes où les chiffres ne crient plus. Ils murmurent. Après deux années de tensions monétaires, de flambée des taux et de pression permanente sur les devises, l’économie tunisienne semble entrer dans une zone plus silencieuse, presque suspendue. Ni crise ouverte, ni véritable rebond. Une accalmie.

Les indicateurs du début février racontent cette respiration retrouvée. Les taux reculent, les réserves en devises se regarnissent, le dinar tient mieux qu’hier. Mais cette embellie ressemble moins à un tournant qu’à une halte. Comme si le pays reprenait son souffle avant la prochaine montée.

Car derrière la stabilisation financière, les fragilités structurelles demeurent intactes. Et dans un monde lui-même en transition, la Tunisie avance prudemment, consciente que la moindre bourrasque extérieure peut encore faire vaciller l’équilibre.

Le vent du large : un monde qui se détend sans vraiment guérir

L’environnement international a changé de tonalité. Les grandes économies ont cessé de lutter contre l’inflation à coups de hausses brutales de taux. Les banques centrales occidentales, après avoir serré la vis monétaire jusqu’à l’extrême, amorcent désormais un desserrement progressif. Les marchés financiers respirent mieux. Le dollar perd un peu de sa superbe. Les capitaux recommencent timidement à s’orienter vers les économies émergentes.

Pour la Tunisie, cette détente agit comme un amortisseur discret. Moins de pression sur le change, moins de tension sur les importations énergétiques, moins de nervosité sur les financements extérieurs. Le dinar retrouve une certaine stabilité face au billet vert, loin des épisodes de glissade qui avaient nourri l’inflation importée.

Mais ce répit mondial n’a rien d’euphorique. L’Europe, principal partenaire commercial du pays, avance au ralenti. Croissance molle, industrie hésitante, consommation prudente. Autrement dit, les risques systémiques se calment, mais la demande étrangère ne décolle pas. La Tunisie bénéficie d’un monde moins dangereux, pas d’un monde plus porteur.

Cette nuance change tout. Elle protège, mais ne stimule pas.

La Banque centrale desserre l’étau

Dans ce climat plus apaisé, la politique monétaire tunisienne ajuste sa posture. Le taux directeur s’établit désormais à 7 %, en recul par rapport aux niveaux d’urgence de l’an dernier. Le taux du marché monétaire suit presque mécaniquement, signe que la transmission des décisions de la Banque centrale fonctionne à nouveau correctement.

C’est un détail technique pour le grand public, mais un signal essentiel pour les professionnels : la machine monétaire retrouve de la fluidité. Les banques se prêtent davantage entre elles, les volumes interbancaires progressent, la dépendance aux injections permanentes de la BCT s’allège progressivement.

Le volume global du refinancement diminue, non parce que la liquidité abonde, mais parce que le système commence à se normaliser. La Banque centrale n’éteint plus un incendie; elle ajuste le thermostat.

Pourtant, cette normalisation reste incomplète. La circulation fiduciaire continue d’augmenter, dépassant 27 milliards de dinars. Le cash domine encore largement les comportements. Cette préférence pour le liquide traduit la persistance de l’informel et la méfiance envers l’intermédiation bancaire. L’économie avance, mais une partie demeure hors du radar.

Des devises qui reviennent, un dinar qui résiste

La véritable éclaircie vient de l’extérieur. Les avoirs nets en devises de la Banque centrale progressent sensiblement, couvrant plus de trois mois d’importations. Dans une économie dépendante de l’étranger pour son énergie, ses céréales et une large part de ses intrants industriels, ce coussin est vital. Il rassure les marchés, apaise les anticipations et soutient la monnaie.

Deux forces soutiennent ce mouvement.

Le tourisme d’abord, qui retrouve des couleurs. Les recettes progressent nettement sur un an, preuve que la destination tunisienne regagne sa place dans les arbitrages des voyageurs européens. Chaque visiteur est une injection directe de devises dans l’économie réelle.

Puis les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, en hausse marquée. Ces flux, plus stables que les investissements financiers, constituent une ancre silencieuse. Ils soutiennent la consommation, irriguent les régions et consolident la balance des paiements.

Mais cette dépendance aux recettes de services et aux remises de la diaspora rappelle aussi une vérité moins confortable : la Tunisie gagne encore trop peu de devises par sa production industrielle et ses exportations à forte valeur ajoutée. La stabilité actuelle repose davantage sur des rentes que sur une transformation productive.

Un Trésor sous discipline, une dette plus longue mais plus lourde

Du côté des finances publiques, la prudence domine. L’État réorganise sa dette plus qu’il ne la réduit. Les bons du Trésor à court terme reculent fortement, remplacés par des émissions plus longues. L’objectif est clair : éviter la pression constante des remboursements immédiats, lisser les échéances, acheter du temps.

Cette stratégie améliore la respiration budgétaire à court terme. Mais elle prolonge la charge dans le temps. La dette devient moins pressante, pas moins pesante.

La Tunisie ne règle pas encore son problème d’endettement ; elle le rend plus gérable. C’est une différence subtile, mais décisive.

Le temps gagné, le temps à ne pas perdre

À court terme, le tableau est indéniablement plus serein qu’il y a un an. Les risques de crise aiguë s’éloignent. La liquidité circule mieux. Les réserves se consolident. La monnaie tient. L’économie respire.

Mais cette respiration ne vaut que si elle est mise à profit.

Car aucune politique monétaire, aussi habile soit-elle, ne peut créer à elle seule de la richesse durable. La croissance viendra de l’investissement productif, de l’exportation, de l’innovation, de la formalisation de l’économie, de la confiance retrouvée entre l’État et les acteurs privés.

Le véritable enjeu des prochains mois n’est donc pas financier. Il est structurel. La Tunisie dispose aujourd’hui d’un luxe rare : un moment de calme relatif. Reste à savoir si ce calme sera un simple répit… ou le point de départ d’une reconstruction.

Les chiffres de février ne promettent pas encore l’élan. Mais ils offrent quelque chose de tout aussi précieux : le temps. Et, parfois, le temps est la première condition du redressement.

 

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Références :

(1) Sources principales consultées pour le contexte international : World Bank MENAAP (06/02/2026), données prix Brent / marché pétrolier (06/022026), minutes Fed / prises de position récentes, analyses Reuters sur la réaction des marchés aux tensions régionales. (Banque Mondiale)

(2) (*) https://www.bct.gov.tn/bct/siteprod/indicateurs.jsp

(**) https://www.ins.tn/

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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Quand l’orage gronde au Golfe, l’écho résonne au Maghreb

04. Februar 2026 um 06:00

Entre tensions géopolitiques, vulnérabilités économiques et quête d’autonomie stratégique, la crise USA-Iran agit comme un révélateur silencieux des fragilités et des choix à venir pour l’Afrique du Nord.

Une crise lointaine aux effets très proches

À première vue, la confrontation larvée entre les États-Unis et l’Iran semble se jouer loin du Maghreb, dans les détroits stratégiques du Golfe et les couloirs diplomatiques de Vienne ou de Washington. Pourtant, dans un monde désormais structuré par l’interdépendance et la financiarisation des risques, aucune région n’échappe aux ondes de choc des grandes rivalités. Le Maghreb, déjà éprouvé par des déséquilibres internes persistants, se retrouve exposé à une crise qu’il ne maîtrise pas, mais dont il subit les conséquences économiques, politiques et stratégiques.

La montée des tensions militaires, les menaces sur la sécurité énergétique mondiale et la polarisation accrue des alliances transforment un conflit bilatéral en un facteur systémique. Pour les économies maghrébines, cette crise agit moins comme un événement ponctuel que comme un amplificateur de vulnérabilités structurelles.

L’énergie comme premier canal de transmission

Le principal vecteur de contagion demeure le marché de l’énergie. Toute escalade entre Washington et Téhéran ravive le spectre d’une perturbation des flux pétroliers via le détroit d’Hormuz. Ce qui suffit à faire grimper les prix, même en l’absence de conflit ouvert. Pour les pays du Maghreb importateurs nets d’énergie, cette volatilité se traduit mécaniquement par une pression accrue sur les finances publiques, une détérioration de la balance commerciale et un renchérissement des coûts de production.

Dans des économies déjà confrontées à l’inflation, à la contrainte budgétaire et à la fragilité des réserves en devises, la hausse des prix de l’énergie agit comme une taxe externe, imposée sans négociation. Elle pèse sur le pouvoir d’achat, alimente les tensions sociales et réduit la marge de manœuvre des politiques économiques, notamment en matière de subventions et de soutien à l’activité.

Le Maghreb face au retour brutal de la géopolitique

Au-delà de l’économie, la crise USA-Iran rappelle au Maghreb que la géopolitique n’a jamais disparu, mais qu’elle revient aujourd’hui sous une forme plus brutale et moins prévisible. Les États-Unis cherchent à consolider leurs positions et à contenir toute extension de l’influence iranienne, y compris sur le continent africain. L’Iran, de son côté, s’inscrit dans une logique de contournement des sanctions, multipliant les ouvertures diplomatiques et économiques vers le Sud global.

Dans cet environnement polarisé, les pays maghrébins se retrouvent confrontés à un dilemme délicat : préserver leurs relations avec les partenaires occidentaux tout en explorant de nouvelles coopérations susceptibles de renforcer leur souveraineté économique et diplomatique. Cette tension entre alignement et autonomie devient un exercice d’équilibre permanent, où chaque choix comporte un coût politique implicite.

Diplomatie maghrébine : entre prudence et diversification

La réponse maghrébine à la crise se caractérise moins par des positions tranchées que par une prudence calculée. Loin des logiques d’alignement automatique, la région semble privilégier une diplomatie de diversification, cherchant à élargir son spectre de partenaires sans rompre avec les équilibres existants. Cette approche reflète une prise de conscience : dans un monde multipolaire, la dépendance exclusive à un seul pôle de puissance devient un facteur de vulnérabilité.

Toutefois, cette stratégie n’est pas sans risques. La neutralité apparente peut être perçue comme de l’ambiguïté et la diversification comme une défiance implicite. Dans le contexte de la crise USA-Iran, le Maghreb doit donc composer avec des pressions contradictoires, tout en évitant que son espace régional ne devienne un terrain indirect de rivalités extérieures.

Un révélateur des fragilités structurelles

En filigrane, la crise met en lumière les limites des modèles économiques maghrébins. Dépendance énergétique, faiblesse de l’intégration régionale, exposition aux chocs externes et faible capacité d’absorption des crises internationales : autant de failles que la confrontation américano-iranienne rend plus visibles. Ce conflit agit ainsi comme un test de résilience, révélant l’urgence de réformes structurelles longtemps différées.

La question n’est plus seulement de savoir comment réagir à la crise actuelle, mais comment se préparer aux suivantes. Car dans un ordre mondial instable, les chocs géopolitiques tendent à devenir la norme plutôt que l’exception.

Entre l’ombre des puissances et l’exigence d’une voie propre

Au final, la crise USA-Iran place le Maghreb face à une interrogation centrale : subir la géopolitique ou tenter de la maîtriser. S’il ne peut influencer directement le cours des événements, il peut en revanche renforcer sa capacité d’anticipation, de coordination régionale et de souveraineté économique. L’enjeu dépasse la simple gestion conjoncturelle des prix de l’énergie ou des relations diplomatiques ; il touche à la définition même du rôle du Maghreb dans un monde fragmenté.

 

Lorsque l’orage gronde au Golfe, le Maghreb comprend qu’il ne s’agit pas seulement d’un bruit lointain. C’est un rappel sévère : dans l’économie mondiale comme dans la géopolitique, l’éloignement géographique n’est plus une protection, et l’autonomie stratégique n’est plus un luxe, mais une nécessité.

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain D’Economie Financière (IAEF-ONG).

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