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Quand Donald Trump tente de manipuler les prochaines élections de mi-mandat

07. Februar 2026 um 12:26

En appelant le gouvernement fédéral à « s’impliquer » dans le processus électoral et les républicains à « nationaliser  l’organisation du vote », le président américain, Donald Trump, cherche en vérité à peser sur les élections de mi-mandat prévues pour le mois de novembre prochain. Une manœuvre inconstitutionnelle à haut risque.

 

On ne change pas les règles du jeu au milieu de la partie. Pourtant, à neuf mois des élections de mi-mandat qu’il admet volontiers pouvoir perdre malgré sa “grande“ politique économique, le président américain ne cache plus sa volonté de contrôler ce prochain scrutin décisif. Sachant que les midterms sont des élections des deux chambres du Congrès des États-Unis qui se tiennent au milieu du mandat quadriennal du président américain. Traditionnellement, ce scrutin, qui rythme la politique intérieure américaine, est très souvent défavorable au président en place. D’où la volonté affichée de Donald Trump de ne perdre à aucun prix le Chambre des représentants et le Sénat ; quitte à tordre le coup aux règles essentielles de la démocratie dont manifestement il n’en a cure.

Une proposition « outrageusement illégale »

Ainsi, dans une émission en balado diffusé au début de la semaine du 2 février, le 47e président des États-Unis a répété que le gouvernement fédéral devrait « s’impliquer » dans les élections de certains États et appelé les républicains à « nationaliser l’organisation du vote ». Une prérogative qui appartient pourtant aux États, selon la Constitution américaine.

Des propos aussitôt condamnés par le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer : « Donald Trump a-t-il besoin d’un exemplaire de la Constitution ? », a-t-il ironisé. Avant d’ajouter : « Ce qu’il dit est outrageusement illégal ».

Interrogé sur le sens de ses propos, le locataire de la Maison Blanche, qui n’a jamais reconnu sa défaite électorale de 2020, a répondu qu’il voulait des élections « honnêtes », estimant qu’il y a beaucoup de fraudes et d’irrégularités lors des élections américaines.

Et pour garantir des élections « honnêtes », selon son expression, Trump a soutenu que le gouvernement fédéral devrait se charger des élections fédérales, même si la Constitution prévoit qu’elles soient principalement régies par les États. L’organisation du scrutin est en outre administrée par les autorités locales vu que le gouvernement fédéral aux États-Unis est l’autorité centrale nationale qui partage le pouvoir avec les 50 États fédérés. Il gère la politique étrangère, la défense nationale, la monnaie et le commerce interétatique, tandis que les États conservent une autonomie sur la santé, l’éducation et la police locale.

« Si on y pense, un État agit comme un agent du gouvernement fédéral lors des élections. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement fédéral ne s’en charge pas directement. Quand on voit certains de ces États, la façon horrible dont ils organisent leurs élections, c’est une honte », a ajouté le magnat de l’immobilier, qui continue de marteler, en dépit de l’absence de preuves, que de vastes fraudes l’ont privé de la présidence américaine, il y a un peu plus de cinq ans.

Contre-vérités

« Il y a des États qui sont tellement corrompus et ils comptent les votes. Il y a des États que j’ai remportés, mais où les résultats montrent que je n’ai pas gagné », a soutenu Donald Trump, poursuivant la litanie habituelle de se poser en vainqueur de la présidentielle de 2020.

De quels États s’agit-il ? Évidemment les États clés remportés par Joe Biden en 2020, soit la Géorgie, l’Arizona, le Nevada, le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie ; des métropoles gangrenées par une « corruption horrible », selon ses dires et qui, par hasard, ont voté pour les démocrates. Pourtant, plusieurs tribunaux avaient statué sur des dizaines de plaintes lancées par le camp républicain pour rejeter les allégations de fraudes massives.

Par ailleurs, le mois dernier (janvier), Donald Trump a déclaré dans une entrevue accordée au New York Times qu’il regrettait de ne pas avoir déployé la Garde nationale pour s’emparer de machines à voter après l’élection de 2020.

Amalgame

À noter que la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait pourtant atténué la portée de ses propos, affirmant que le président faisait simplement référence au projet de loi appelé Save Act. Le texte législatif, adopté par la Chambre des représentants l’an dernier, qui exige une preuve de citoyenneté américaine pour voter.

À ce propos, il y a lieu de rappeler qu’aux États-Unis, seuls les citoyens américains peuvent légalement voter aux élections fédérales. Pourtant, le milliardaire républicain accuse régulièrement les démocrates d’avoir utilisé les voix d’immigrés clandestins, de « laisser entrer » ou d’attirer des immigrés sans papiers pour qu’ils puissent ensuite voter et les faire gagner. Un discours destiné à stigmatiser l’immigration, présenter l’opposition comme frauduleuse ou corruptrice et ainsi à remettre en question la légitimité des résultats si son camp perdait.

« Si les républicains ne les expulsent pas (les immigrés clandestins, ndlr), on ne gagnera jamais une autre élection en tant que républicains . C’est fou comme ces gens sont amenés à voter… », a assuré le président américain.

Tout cela « fait partie d’une stratégie plus vaste pour, au minimum, jeter le doute sur les prochaines élections », commente Rick Hasen, professeur de droit à l’Université de Californie à Los Angeles.

« Dans le pire des cas, poursuit-il, cela signale que Donald Trump pourrait essayer d’utiliser le gouvernement fédéral pour s’ingérer réellement dans l’organisation des scrutins par les États en 2026 ». Implacable conclusion.

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Achat d’avions de combat russes : Alger sous la menace de sanctions américaines

05. Februar 2026 um 11:37

Washington pourrait imposer des sanctions à l’Algérie en raison de l’acquisition par le pays de plusieurs avions de combat de fabrication russe; notamment des chasseurs de 5ᵉ génération Su-57 E et d’autres appareils avancés. Explications.

Dans les couloirs feutrés du Sénat américain, l’avertissement est clair et sans détour : l’achat d’armement russe par l’Algérie pourrait déclencher des représailles américaines; et ce, en vertu des dispositions de la loi CAATSA.

Ainsi, lors d’une audition consacrée à la lutte anti-terroriste en Afrique du Nord et les efforts « visant à préserver les intérêts américains dans la région »- laquelle s’est tenue mardi 3 février 2026 devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain- Robert Palladino, chef du Bureau des Affaires du Proche-Orient au Département d’État, a indiqué que les informations faisant état de l’acquisition par Alger de chasseurs russes « étaient bien connues des autorités américaines »,  qu’elles « suscitaient des préoccupations » et que ce type d’acquisition « pourrait déclencher une procédure de sanctions ». Lesquelles ?

« C’est un exemple de situation où les États-Unis auraient un problème », a-t-il ajouté. Tout en précisant que Washington usera de son influence, « souvent en privé », pour tenter de stopper ces acquisitions jugées « inacceptables ». De quoi s’agit-il ?

Une loi scélérate

En effet, le responsable américain a brandi l’arme fatale de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA).A savoir : un cadre juridique ad hoc qui permet « de sanctionner des transactions militaires jugées significatives avec la Russie ».

A noter que cette loi fédérale- dont la cible principale est l’Iran, la Russie et la Corée du Nord- fut adoptée par le Congrès des Etats-Unis le 2 août 2017. Elle permet à l’administration américaine d’imposer des sanctions économiques et financières contre des pays qui réalisent des transactions considérées comme « sensibles », notamment dans les secteurs de la défense ou du renseignement. Pis : cette loi prévoit également des mesures telles que le gel d’avoirs, les interdictions de transactions ainsi que et les restrictions financières, afin de limiter le soutien matériel à ces secteurs stratégiques.

Soulignons que cette stratégie n’est pas une première : Washington l’a déjà utilisée contre Ankara pour l’achat de systèmes russes S-400; ainsi que contre d’autres pays pour leurs liens militaires ou énergétiques avec Moscou.

Toutefois, cette loi est considérée par plusieurs pays et acteurs internationaux comme une loi scélérate. Car elle abuse de l’extraterritorialité, impacte la souveraineté économique de pays tiers et contrevient au droit international.

Guerre de furtivité

Mais rappelons l’origine des tensions entre Washington et Alger. En février 2025, l’Algérie- qui dépend de l’industrie russe pour l’essentiel de ses équipements militaires, tels que les Su-30, MiG-29 ou systèmes de défense antiaérienne S-300/400- avait confirmé l’acquisition de chasseurs russes Su-57E. Il s’agit d’un avion de combat polyvalent furtif de cinquième génération qui se distingue notamment par son important camouflage face aux radars et aux systèmes optiques et infrarouges. Tout en laissant le pilote se concentrer sur l’accomplissement de missions tactiques.

Or, pour les États-Unis, il ne s’agit pas seulement d’un contrat entre deux armées; mais plutôt un signal politique et stratégique dans un contexte de rivalité globale avec la Russie. L’Algérie devenant ainsi le premier pays à se doter de ce modèle d’avion de chasse, le seul concurrent sérieux du mythique F 35 américain.

Enjeux géostratégiques

Notons qu’à Alger, les pressions américaines sont perçues comme une ingérence dans les affaires internes. Surtout dans un contexte où le pays cherche à équilibrer les influences extérieures entre grandes puissances. En mettant l’accent sur la souveraineté nationale en matière de défense, les autorités algériennes défendent leurs choix d’achat comme étant dictés par leurs besoins sécuritaires propres. Avec notamment la modernisation des forces armées et la capacité de dissuasion régionale; plutôt que par des alliances politiques.

Au final, ce choix reflète la volonté d’Alger de préserver sa souveraineté stratégique, tout en naviguant entre les grandes puissances, dans un environnement géopolitique de plus en plus complexe. Selon les experts militaires, l’achat d’avions de combat furtifs russes par l’Algérie constitue une décision stratégique lourde de conséquences : modernisation des capacités militaires; tensions potentielles avec les États-Unis sous la loi CAATSA; et contributions à un rééquilibrage des forces dans la région maghrébine.

Le tout dans un contexte d’escalade aérienne en Afrique du Nord, où le voisin marocain s’est engagé à son tour dans un plan d’acquisition de F-16 américains. Il s’en suit  une confrontation technologique qui positionne les deux armées de l’air rivales dans une logique de surenchère permanente pour la suprématie aérienne au Maghreb. Une course aux armements qui prend ses racines dans le conflit autour du Sahara occidental avec comme toile de fonds l’axe Alger-Moscou vs l’alliance contre nature entre Rabat, Washington et Tel-Aviv.

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Quid de l’implication présumée de Donald Trump dans l’affaire Epstein ?

03. Februar 2026 um 11:00

Le département de la justice vient de révéler une nouvelle masse de documents liés à l’affaire Epstein, le prédateur sexuel mort en prison en 2019. De Donald Trump à Elon Musk, en passant par l’ex-prince Andrew, la future reine de Norvège, Bill Gates et Bill Clinton, de nouveaux noms émergent au fur et à mesure que les médias enquêtent. Mais loin d’éclairer les zones d’ombre de ce dossier glauque, ces documents entretiennent la confusion.

Pour Donald Trump, l’année 2026 risquerait de rester dans les annales comme une annus horribilis, tant l’affaire Epstein continue d’empoisonner son deuxième mandat.

En effet, le nom du président américain est mentionné à plusieurs reprises dans les trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos liées au délinquant sexuel décédé Jeffrey Epstein. Ces   documents ont été publiés vendredi 30 janvier dernier par le ministère américain de la Justice.Et ce, après que le Congrès des États-Unis a adopté en décembre 2025 The Epstein Files Transparency Act. A savoir : une loi exigeant que le département rende publics les dossiers relatifs aux enquêtes et preuves liées à l’affaire Epstein. En vertu de cette loi, cette divulgation est intervenue six semaines après que le département a manqué le délai fixé par le président Donald Trump. Ce dernier ayant ordonné que tous les documents liés à Epstein soient rendus publics.

Soupçons

Toutefois, afin de protéger les victimes, de nombreux documents ont été caviardés. Le  département de la justice conserve encore une partie des archives, notamment tout ce qui relève de la pornographie, d’abus physiques et de morts. Une mesure qui ne peut qu’entretenir une confusion doublée d’un soupçon généralisé. Que nous cache-t-on encore, s’interrogent les Américains et même les membres du MAGA, soutiens inconditionnels du milliardaire républicain ?

Une tête couronnée impliquée ?

C’est qu’il y a lieu de s’interroger sur le degré d’implication du président américain dans cette affaire sordide qui aura récemment éclaboussé des personnages politiques et médiatiques tels que l’ex-ministre français de la Culture Jack Lang, l’ex-ambassadeur britannique aux États-Unis Peter Mandelson ou encore Sarah Ferguson, l’ex-épouse du prince déchu Andrew. Sans oublier au passage les personnalités de premier plan à l’instar de Bill Gates, Elon Musk. Ou encore le prince déchu Andrew Mountbatten-Windsor, frère du roi Charles III qui a été filmé à quatre pattes au dessus d’une jeune femme, et fait la Une des tabloïds britanniques. Et que dire de la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, dont la complicité apparente avec le prédateur sexuel choque dans le pays nordique et au delà.

Les liaisons dangereuses

Mais quelle est la nature exacte des relations qui unissent l’actuel locataire de la Maison Blanche au financier américain accusé de trafic sexuel de mineures et qui est mort par pendaison (suicide…) dans sa cellule en août 2019, avant d’être jugé ?

Les documents déclassés révèlent que la relation entre Trump et Epstein remonte au moins aux années 1990 quand tous deux étaient des figures mondaines de la jet-set new-yorkaise. Mais leurs chemins se seraient séparés bien avant les arrestations d’Epstein. Et Trump affirme qu’il avait rompu tout lien avec lui des années avant que n’éclate le scandale sur les abus sexuels et qu’il s’était éloigné dès qu’il avait entendu des rumeurs sur son comportement « inapproprié ». D’ailleurs, il rejette souvent les allégations comme de la « fake news » ou des attaques politiques partisanes. Il a même menacé de poursuites judiciaires ceux qui s’aventureraient à certaines représentations humoristiques ou médiatiques associant son nom à Epstein.

Or, des  courriels et notes internes indiquent clairement que Trump a voyagé à plusieurs reprises- au moins huit fois, des années 1993 à 1996- sur le jet privé d’Epstein, souvent surnommé le « Lolita Express ». Sur certains de ces vols, de très jeunes femmes accompagnaient Epstein, certaines étaient majeures, d’autres mineures. Mais cela n’est pas explicitement établi. Et il n’existe aucune preuve que ces vols impliquaient des activités criminelles ou des abus sexuels.

D’autres notes internes précisent que l’actuel locataire de la Maison Blanche aurait été présent dans des maisons ou à des fêtes où Epstein accueillait de jeunes femmes. Là aussi les détails restent flous et sont loin de constituer une preuve de participation à des abus.

Cependant, il y a lieu de signaler que la présence du nom du président américain ne signifie pas qu’il a commis un crime. En effet, les documents ne contiennent pas de preuves directes d’implication dans les opérations criminelles d’Epstein qui auraient mené à des accusations ou des poursuites contre Trump lui-même.

Alors, une tempête dans un verre d’eau ? S’agit-il au final d’une affaire politique et médiatique, à défaut d’être judiciaire ou pénale ? Il faut reconnaitre qu’à ce jour, rien dans les documents publiés ne permet d’affirmer, sur la base de preuves judiciaires, que Donald Trump aurait participé à des crimes sexuels ou avait été pleinement conscient du réseau d’exploitation d’Epstein. D’ailleurs, le ministère de la Justice s’est empressé de conclure qu’aucune des informations publiées ne constitue une preuve suffisante pour engager des poursuites criminelles contre Donald Trump dans cette affaire.

Mais des sondages d’opinion montrent qu’une part significative de la population pense que Trump « savait »; à défaut d’être impliqué dans les crimes d’Epstein. Que ces allégations soient vraies ou fausses, le mal est fait.

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Régularisation massive des sans-papiers, l’Espagne à contre-courant de l’Europe

31. Januar 2026 um 12:09

Alors que la plupart des pays européens “droitisent“ leur politique migratoire, le gouvernement socialiste espagnol va intégrer dans une économie en plein essor environ 500 000 migrants sans statut légal. Une mesure qui, déjà, suscite la colère et l’indignation de la droite et de l’extrême droite.

 

L’Espagne est un cas unique en Europe. À contre-courant de la droitisation de l’Europe sur la question de l’immigration, autrefois abordée surtout sous l’angle humanitaire ou économique et qui est désormais largement traitée comme une question de sécurité, d’identité et de souveraineté – et à l’opposé de la montée des partis populistes et d’extrême droite en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Suède, en France ou encore en Allemagne -, le  gouvernement de gauche espagnol vient de donner son feu vert à un décret royal ouvrant une voie exceptionnelle et accélérée vers l’obtention de titres de séjour et de travail pour environ 500 000 personnes vivant actuellement dans le pays sans statut légal.

Pour la plupart, il s’agit de migrants sans papiers travaillant sur les chantiers de construction, dans les fermes, dans les magasins et les restaurants ou chez des particuliers. Dont la majorité est issue d’anciennes colonies du pays en Amérique latine (Venezuela, Colombie, Équateur), mais aussi d’Afrique du Nord, notamment le Maroc voisin.

Invasion et théorie du Grand remplacement

Mais cette mesure historique n’est pas consensuelle en Espagne. Sans surprise, le leader du parti Vox, Santiago Abascal, est monté au créneau pour dénoncer cette régularisation massive. « Le tyran Sanchez déteste le peuple espagnol. Il veut le remplacer », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux, ajoutant que le Premier ministre espagnol voulait « accélérer l’invasion », reprenant ainsi à son compte le discours de l’extrême droite qui prône l’expulsion massive des personnes nées à l’étranger, y compris parfois des citoyens naturalisés.

Pragmatisme

Pourtant, aux yeux du gouvernement espagnol, cette mesure permettra d’offrir une protection juridique à des milliers de migrants sans papiers entrés légalement en Espagne et qui travaillent au noir ; d’apporter une bouffée d’oxygène à un système de sécurité sociale malmené par le vieillissement de la population. Enfin, de booster la croissance économique en plein essor du pays, avec un taux de 2,8 % en 2025. De quoi faire pâlir les voisins de la péninsule Ibérique.

Pour le Premier ministre, Pedro Sanchez, loin d’être un fardeau pour les services sociaux du pays comme le prétendent ses détracteurs, les migrants jouent un rôle crucial dans le maintien de l’État-providence. Selon lui, l’intégration d’un demi-million de travailleurs dans l’économie formelle ne fera que renforcer le système de sécurité sociale du pays.

L’approche du gouvernement espagnol est partagée par la Néerlandaise Jasmijn Slootjes, experte en politique migratoire, et  actuellement directrice adjointe du Migration Policy Institute (MPI) Europe. Laquelle explique que la décision de Madrid est en partie motivée par la crainte que la population espagnole vieillissante ne soit pas en mesure de fournir la main-d’œuvre dont le pays a besoin pour prospérer.

« Si l’on examine le déclin démographique, le taux de fécondité en Espagne est le plus bas d’Europe, il est vraiment très faible. Il y avait beaucoup de pénuries de compétences, de main-d’œuvre, et de facto, beaucoup de migrants en situation irrégulière travaillent, surtout dans le secteur informel. Et grâce à la régularisation, vous pouvez bien sûr obtenir plus de recettes fiscales, mais aussi obtenir également une meilleure adéquation avec leurs compétences, car les gens peuvent réellement travailler à leur niveau de compétence. C’est donc une approche très pragmatique », a-t-elle précisé.

Et de conclure : « Je pense qu’une citation du Premier ministre espagnol illustre très clairement leur approche : selon lui, l’Espagne doit choisir entre être un pays ouvert et prospère ou un pays fermé et pauvre ».

Rappelons dans ce contexte que les associations patronales ont majoritairement salué ce décret, mettant en avant les pénuries chroniques de main-d’œuvre dans l’agriculture, l’hôtellerie, la logistique et les soins aux personnes âgées. En revanche, les partis d’opposition conservateurs ont mis en garde contre un « effet d’appel » susceptible de mettre sous pression les services publics et ont annoncé leur intention de saisir le Tribunal constitutionnel.

Auberge espagnole ?

Pour autant, l’Espagne ne sera pas un espace ouvert aux quatre vents. Née d’une proposition législative soutenue par les citoyens, signée par quelque 700 000 personnes et appuyée par tous les partis, à l’exception de l’extrême droite Vox, ainsi que par des centaines d’organisations de la société civile et également l’Église catholique,  cette régularisation massive – la première en Espagne depuis plus de 20 ans -, ne concerne en vérité que les ressortissants étrangers sans casier judiciaire, arrivés avant la fin de l’année 2025 et pouvant prouver qu’ils vivent en Espagne depuis au moins cinq mois, ainsi que les personnes qui ont demandé l’asile dans le pays avant le 31 décembre 2025.

L’exception espagnole

Pour résumer, bien qu’elle eût traversé les affres de la crise financière mondiale de 2008 puis la pandémie de Covid-19, l’Espagne n’a jamais été tentée par les démons du sentiment anti-immigration qui a propulsé les partis d’extrême droite sur le devant de la scène et parfois au pouvoir à travers l’Europe et au-delà. Et c’est tout à son honneur.

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Ilhan Omar, l’ennemie jurée et bête noire de Donald Trump

30. Januar 2026 um 13:07

Ilhan Omar, l’élue démocrate d’origine somalienne, est aux antipodes du président américain. Elle défend une ligne progressiste ­- droits des minorités, accueil des immigrés, justice sociale, critique de l’islamophobie – là où Trump a bâti son discours sur le nationalisme, la fermeture des frontières, la chasse aux clandestins et la stigmatisation de certaines communautés, notamment du tiers-monde.

 

Née en Somalie, arrivée aux États-Unis comme réfugiée, musulmane voilée, membre de l’aile progressiste du Parti démocrate, défendant les droits des réfugiés et des minorités, très critique à l’égard de l’action du président républicain, Ilhan Omar, qui cristallise les tensions politiques américaines, incarne tout ce que Donald Trump déteste.

Faut-il rappeler que depuis sa première élection à la présidence des États-Unis en 2016, le milliardaire républicain n’a pas manqué une occasion de s’en prendre, face à la presse ou via les réseaux sociaux, à ses adversaires politiques, à l’instar de Hillary Clinton, Joe Biden, Nancy Pelosi, ou encore Kamala Harris. Mais Ilhan Omar, sur laquelle il fait une fixation maladive, est sa tête de Turc préférée.

« C’est un président qui n’admet même pas que sa propre mère et son grand-père étaient des immigrés, que quatre de ses enfants ont des mères qui sont des immigrées. C’est la preuve qu’il n’est pas simplement xénophobe. Il est xénophobe et raciste parce qu’en réalité, il n’aime pas juste les immigrés qui me ressemblent ». Implacable constat.

 

Acharnement

N’a-t-il pas hésité à qualifier l’élue du Minnesota d’« ordure », ajoutant que « ses amis sont des ordures, qu’ils retournent d’où ils viennent et qu’ils règlent leurs problèmes ».

En avril 2019, il fait apparaître Ilhan Omar dans une vidéo aux côtés d’images du 11-Septembre, laissant entendre qu’elle aurait encouragé les attentats. En juillet de la même année, il demande à l’élue et à trois autres démocrates de « retourner dans leur pays » alors qu’elles sont évidemment étasuniennes. Peu après, il l’accuse à tort de soutenir Al-Qaïda et d’en faire la promotion.

Septembre 2020 : « Quid d’Omar dans le Minnesota ? Elle veut nous dire comment diriger notre pays… Et toi, comment ça va dans ton pays ? Comment il allait ton pays quand tu l’as quitté ? ». En novembre de l’année suivante, il lui réclame des excuses pour avoir « abandonné » la Somalie et l’accuse d’orchestrer une « immigration de masse ».

Pourquoi tant de rancune envers l’élue démocrate ? C’est que cette femme, partie de rien et de nulle part, est au cœur du mouvement de résistance à la politique migratoire de l’administration Trump, laquelle mène une sanglante chasse aux immigrants clandestins dont certains vivent depuis des décennies aux Etats-Unis avec familles et enfants et payent leurs impôts comme tout contribuable américain.

 

Parcours de combattante

Remarquable parcours de cette femme de 43 ans. Fuyant la guerre civile en Somalie – son pays de naissance -, ayant passé son enfance dans un camp de réfugiés au Kenya avant d’être accueillie à 12 ans aux États-Unis avec sa famille, elle obtint la citoyenneté américaine en 2000 avant de gravir progressivement les échelons politiques jusqu’au Congrès où elle se fera élire à la Chambre des Représentants avec la volonté affichée de porter la voix des réfugiés et d’envoyer un message d’espoir à l’Amérique fracturée de Donald Trump. Elle  deviendra ainsi l’une des deux premières femmes musulmanes à entrer au Congrès des États-Unis avec sa consœur Rashida Tlaib.

En 2018, elle remporte la primaire démocrate dans le Minnesota avec comme mesure phare de son programme : l’abolition de l’ICE, cette police de l’immigration aujourd’hui utilisée comme milice masquée par l’administration Trump.

Mère de trois enfants, Ilhan Omar défend des positions ancrées à la gauche radicale, comme l’instauration d’un salaire minimum, ou encore la mise en place d’une assurance santé universelle. Ses détracteurs l’accusent d’antisémitisme en raison de ses critiques du lobbying pro-israélien aux États-Unis .

Pourtant, tout au long de sa carrière en politique dans l’Amérique de Trump, et même avant en 2014 – alors qu’elle n’était élue que localement -, elle a eu affaire à la violence, verbale et physique.

« Chaque fois que le président utilise une rhétorique haineuse contre moi, les menaces de mort contre ma personne explosent », a déclaré celle qui affirme recevoir le plus grand nombre de menaces de mort parmi tous les membres du Congrès ;  une situation qui l’a conduite à bénéficier d’une protection rapprochée de six agents de la police du Capitole pendant son premier mandat.

 

Résilience

La violence ? C’est son quotidien. Au cours d’une réunion publique tenue mardi 27 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota, un homme est parvenu à l’arroser d’une substance nauséabonde encore non identifiée et contenue dans une seringue, puis à la toucher, avant que la sécurité n’intervienne. Et c’est sans surprise que les enquêteurs découvrent que l’agresseur dispose d’un casier judiciaire et qu’il avait publié en ligne des messages de soutien au président Donald Trump !

Faisant montre d’un remarquable sang-froid, Ilhan Omar est restée sereine au moment de son agression. Elle a même repris son discours comme si de rien n’était. « J’ai survécu à la guerre, je survivrai certainement à l’intimidation », a-t-elle déclaré à la presse avec flegme.

Admirable.

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