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Heute — 29. Mai 2026Kapitalis

Un film explore les «biorégions» en Tunisie

29. Mai 2026 um 13:14

L’espace CinéMadart à Carthage convie le public des cinéphiles à la projection en avant-première de l’essai documentaire sensoriel ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, produit par Wise en collaboration avec Ecologia Media Ecosystem. La projection est prévue le samedi 6 juin 2026, à 19 heures.

Le film explore la manière dont les écosystèmes façonnent les cultures humaines et invite à repenser les territoires au-delà des frontières politiques.

À travers des voyages immersifs dans différentes régions tunisiennes, le documentaire suit des activistes et des communautés locales à la découverte des liens profonds entre nature, identité, solidarité et mémoire collective.

À la croisée du documentaire immersif et de l’essai cinématographique, ‘‘Biorégions? / حدّ الأرض’’, met en lumière des réalités souvent invisibilisées : les savoirs écologiques locaux, les pratiques de solidarité communautaire, les relations au territoire ainsi que des façons alternatives d’imaginer les espaces à travers des continuités écologiques et culturelles.

Le documentaire part d’une réflexion autour du concept de «biorégion» : une manière de penser les territoires à partir des continuités écologiques, des cultures locales et des liens entre les sociétés humaines et leurs écosystèmes.

À travers plusieurs immersions à travers la Tunisie, le film explore comment les paysages, l’eau, les reliefs, les climats ou les ressources naturelles influencent les modes de vie, les savoirs, les formes de solidarité et les identités locales.

Le documentaire s’appuie sur différentes approches liées à l’écologie politique, à la géographie humaine ou à l’anthropologie environnementale, tout en gardant une relation très ancrée dans le terrain et les expériences vécues.

La notion de «biorégion» y est abordée non comme une frontière fixe ou un modèle administratif, mais comme une autre manière de lire les territoires : à travers les continuités naturelles, les usages humains et les relations qui relient les espaces au-delà des découpages classiques.

Le film donne une place importante aux rencontres. Habitants, chercheurs, agriculteurs, militants, artistes ou acteurs locaux participent à une parole multiple, où les savoirs scientifiques croisent les mémoires, les récits personnels et les réalités du quotidien.

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Palmarès des Prix littéraires Comar d’Or 2026

24. Mai 2026 um 08:15

La cérémonie de proclamation des prix littéraires Comar d’Or pour le roman tunisien en langues arabe et française s’est déroulée, hier soir, samedi 23 mai 2026, au Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture de Tunis, dans une ambiance festive où littérature et musique ont meublé une soirée exceptionnelle, avec la participation, tout en douceur et élégance, de l’Orchestre symphonique de Carthage conduit par le maestro Hafedh Makni. (Photo : Hichem Ben Azzouz, Comar d’Or du roman tunisien en langue française). Vidéo de la soirée.

Latif Belhedi

Pour la direction des Assurances Comar, qui ont lancé ces prix en 1997, ce fut une occasion pour célébrer le trentième anniversaire de ces prix qui ont impulsé la production romanesque tunisienne, aidé à l’éclosion de nombreux talents littéraires et au développement de l’activité éditoriale nationale, ce dont témoigne le nombre record de romans examinés par les jurys cette année et qui ont approché la centaine contre à peine une vingtaine il y a trente ans. D’ailleurs, ce 30e anniversaire a été une occasion pour rendre hommage à tous ceux, romanciers, critiques littéraires et éditeurs, qui ont contribué à la promotion des Prix Comar d’Or et à leur succès grandissant, en Tunisie mais aussi à l’étranger.  

Avant de proclamer le palmarès, les présidents des deux jurys se sont félicités de la qualité d’une bonne partie des romans qu’ils ont eu à examiner et dont beaucoup auraient mérité de figurer dans le palmarès de cette année. Sauf qu’ils ont dû trancher dans le vif pour ne garder que six titres, trois en arabe et trois en français dont les auteurs ont été invités à recevoir leurs prix sous les applaudissements du public présent.

Sofiane Ben M’r’Rad, Prix Découverte, et Hella Fékih, Prix spécial du jury.

Nous reproduisons ci-dessous le palmarès des Prix Comar d’Or 2026 en langue française tel que présenté par le jury.

Le Prix Découverte a été attribué à Sofiane Ben M’Rad pour son roman ‘Tunis Arkana’, paru aux éditions Sikelli.

Un roman historique au souffle épique qui raconte avec acuité la difficile accession de la Tunisie au progrès et à la modernité au cours de la première moitié du 19e siècle. Et ce à travers un récit passionnant, où se mêlent ambitions, amours et intrigues sanglantes autour d’un précieux manuscrit caché dans la bibliothèque du bey à Manouba.

Le Prix spécial du jury a été attribué à Hella Feki pour son roman ‘Une reine sans royaume’, paru aux éditions JC Lattès. 

Un roman qui retrace, avec tendresse et poésie, les pérégrinations amoureuses et intellectuelles d’une reine malgache exilée, entre Alger, Tunis et Paris, à une période charnière de l’histoire de la colonisation française.

Ce texte écrit dans une langue élégante bruissant d’images poétiques est aussi une réflexion sur l’exil, la liberté et la soif d’émancipation des peuples soumis à l’occupation étrangère.

Le Comar d’Or a été attribué à Hichem Ben Azouz pour son roman ‘Sangoma, le guérisseur’, paru aux éditions Hykeyet. 

Un roman écrit avec une sensibilité à fleur de mots et qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin tunisien en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité.

C’est aussi un voyage initiatique à travers l’Afrique, de Cap Angela en Tunisie à Cap Agulhas en Afrique du Sud, en quête de l’Homme, de sa mémoire, de sa culture et de sa sagesse ancienne. 

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Beirut Animation Nights à CinéMadart à Carthage

19. Mai 2026 um 10:33

L’événement culturel et humanitaire Beirut Animation Nights se tiendra le jeudi 21 mai 2026 à partir de 18h30 au CinéMadart à Carthage. A cette occasion, seront projetés7 courts métrages d’animation d’auteur-trices issu-e-s du monde arabe (Liban, Jordanie, Maroc et Syrie). L’intégralité de la recette de la projection et des dons seront reversée à la Croix-Rouge libanaise afin de soutenir les efforts de secours d’urgence en faveur des victimes de l’agression sioniste contre ce pays frère et ami.

En raison de l’agression militaire israélienne en cours contre le Liban, qui a fait plus de 1 450 morts — dont 126 enfants — et déplacé plus de 1,2 million de personnes, soit près de 22 % de l’ensemble de la population libanaise, Beirut Animation Nights poursuit sa mission de promotion internationale des voix de l’animation libanaise tout en affirmant sa solidarité avec les populations les plus durement touchées.

Des familles entières ont été contraintes de fuir sans aucun refuge. Des écoles ont été transformées en centres d’hébergement, et plus de 40 % des élèves au Liban ont été déplacés.

Face à cette situation, la culture demeure l’un des outils les plus puissants de résilience et de dignité.

Le Programme de tournée internationale de Beirut Animation Nights propose une sélection itinérante de courts métrages d’animation provenant du Liban et d’autres pays du monde, issus des éditions actuelles et passées du festival.

Il s’agit d’une manière de soutenir les familles déplacées du sud du Liban — en maintenant vivante la créativité libanaise sur la scène internationale tout en apportant une aide concrète à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Programme d’animation arabe (67 min)

Une sélection curatée d’œuvres d’animation d’auteur provenant du monde arabe : Liban, Jordanie, Maroc et Syrie. Ce programme explore les thèmes de la censure, de la mémoire, de l’exil, de l’amour et de la résistance. Des récits intimes et personnels aux voyages allégoriques d’envergure, il met en lumière la richesse et la profondeur de la scène contemporaine de l’animation arabe.

Il s’agit de ‘‘Downfall’’ de Rona Fayyad (3min,  Liban) ; ‘‘Shadows’’ de Rand Beiruty (14 min, Jordanie) ; ‘‘Crowman’’ de Yohan Abdelnour (7min, Liban) ; ‘‘Samt’’ de Chadi Aoun (15min,  Liban) ; ‘‘Shadow of the butterflies’’ de Sofia el Khyari (9 min, Maroc) ; ‘‘As i was a tree’’ de Jalal Maghout (17 min, Syrie) ; et ‘‘The weight of it all’’ de Melinda Mouzannar (1:55 min, Liban).

Billets disponibles au CinéMadart et en ligne sur ce lien

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Ouverture du second Institut Confucius en Tunisie

16. Mai 2026 um 13:08

L’Institut Confucius du tourisme de l’Université de Sousse (Tunisie), fruit d’une collaboration entre l’Université des études internationales de Pékin (Bisu) et l’Université de Sousse, a été inauguré officiellement jeudi 14 mai 2026, devenant ainsi le deuxième Institut Confucius de Tunisie.

L’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a déclaré lors de la cérémonie d’inauguration que l’ouverture de cet institut s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour mettre en œuvre les conclusions du Forum sur la coopération sino-africaine et du Forum sur la coopération Chine-États arabes, et pour approfondir le partenariat stratégique entre la Chine et la Tunisie.

L’ambassadeur a souligné que cet institut marque un tournant dans l’enseignement du chinois en Tunisie, passant d’une approche traditionnelle à un modèle plus intégré, «Langue Plus», qui développe des compétences interdisciplinaires.

Li Biyou, président du Conseil universitaire de la Bisu, a indiqué que l’institut vise à former des professionnels maîtrisant à la fois le chinois et possédant une expertise dans le tourisme, afin de soutenir le développement culturel et touristique des deux pays.

Lotfi Belkacem, recteur de l’Université de Sousse, a déclaré que la création de cet institut marque une étape importante dans l’approfondissement du partenariat entre les deux pays, exprimant l’espoir que l’institut servirait de pont pour renforcer la compréhension mutuelle, promouvoir les échanges entre les peuples et contribuer à l’élargissement de la coopération bilatérale.

Le premier Institut Confucius de Tunisie, créé conjointement par l’Université des langues étrangères de Dalian (Chine) et l’Université de Carthage (Tunisie), a ouvert ses portes en 2019.

I. B. (D’après Xinhua).

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‘‘La Saga Massyle’’ | Aux confins de Carthage, au cœur de la Tunisie

16. Mai 2026 um 09:22

Haut fonctionnaire, puis essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la politique tunisienne dont il connaît bien les arcanes pour y avoir été mêlé lui-même d’assez près, Ridha Ben Slama vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc en publiant son premier roman, ‘‘La Saga Massyle’’ (éditions Arabesques, Tunis, 2026, 285 pages), qui revisite une page lointaine et méconnue de l’histoire tunisienne.

Ridha Kefi  

Comme son titre l’indique, ‘‘La Saga Massyle’’ est une fresque historique où l’auteur a cherché à redonner vie à une période importante de l’histoire de la Tunisie qui s’étend de la fin du IVe siècle jusqu’à l’an 46 avant J.-C., et qui a vu une dynastie autochtone (comme on dit aujourd’hui) régner sur un immense territoire s’étendant des frontières occidentales et méridionales de Carthage jusqu’aux profondeurs des Aurès, soit une grande partie du territoire algérien actuel, avec pour «capitale» Thougga, la Dougga actuelle, site antique situé dans le nord-ouest de la Tunisie, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1997.

Quand on parle de l’histoire antique de la Tunisie, on a tendance à la réduire à celle de Carthage, empire maritime et commercial qui a régné sur la Méditerranée entre les IXe et IIe siècle av. J.-C. et dont les guerres menées contre Rome ont marqué l’histoire de l’humanité à cette époque. On évoque aussi les noms de Hanon, Magon, Hamilcar et autres Hannibal, et on oublie qu’au faîte du règne de la cité punique, un autre empire partageait le même territoire, l’empire Massyle, fondé par l’Aguellide (ou chef) Zelalsen (308-227 avant J.-C.) et qui fut longtemps l’allié de Carthage, protégeant ses frontières terrestres et lui fournissant les guerriers dont il avait besoin pour sécuriser ses navires sillonnant la Méditerranée, tout en l’approvisionnant en divers produits : blé, huile, bois, etc.

C’est ce roi Massyle dont la descendance a régné pendant plus de deux siècles à Thougga (et les immenses territoires que cette cité contrôlait par alliances tribales) que Ridha Ben Slama met en scène à travers un récit tout de bruits et de fureurs, où l’humaine condition apparaît dans toute sa complexité, entre courage et lâcheté, fidélité et trahison, amour et haine.

Et comme dans tout récit historique, ‘‘La Saga Massyle’’ reconstitue la vie quotidienne à cette époque lointaine avec une précision et un grand souci du détail qui sont le fruit d’un long travail de documentation historique effectué par l’auteur pendant plusieurs décennies. Car les historiens antiques, qui étaient très braqués sur les conflits ayant opposé Carthage et Rome, ont accordé peu d’intérêt aux autres peuples qui, à cette même époque, ont joué un rôle important, y compris dans l’issue de ces conflits.

Face à la rareté des sources, Ridha Ben Slama a dû faire un double travail : celui d’historien, pour reconstituer une époque et redonner corps et vie à un peuple marginalisé et presque oublié par l’histoire, puis celui de romancier en déclinant le fuit de ses recherches sous forme romanesque, le but étant de rapprocher les personnages du commun des lecteurs et de permettre à ces derniers de s’identifier à eux, à leurs faits et gestes, à leurs triomphes et infortunes, à leurs héroïsmes et déchéances. Et l’on peut dire qu’au final, le romancier n’a rien à envier à l’historien, puisque ‘‘La Saga des Massyles’’ se laisse lire avec autant d’intérêt (pour la découverte d’une page méconnue de notre histoire) que de plaisir (celui de suivre les péripéties d’une saga dont les personnages nous ressemblent tant).

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Tunisie au Mondial 2026 | Liste des 26 joueurs retenus

Von: Yusra NY
15. Mai 2026 um 20:27

En prévision de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur des Aigles de Carthage Sabri Lamouchi a dévoilé, ce vendredi 15 mai 2026, la liste des 26 joueurs convoqués.

Gardien:

  • Aymen Dahmène;
  • Sabri Ben Hassan;
  • Mouhib Chamekh;

Défenseurs

  • Monatassar Talbi;
  • Dylan Bronn;
  • Omar Rekik;
  • Adem Arous;
  • Raed Chikhaoui;
  • Yan Valery;
  • Moutaz Neffati;
  • Mohamed Amine Ben Hamida;
  • Ali Abdi;

Milieux:

  • Ellyes Skhiri;
  • Mohamed Hadj Mahmoud;
  • Hannibal Mejbri;
  • Rani Khedhira;
  • Anis Ben Slimane;
  • Mortadha Ben Ouannes;
  • Ismael Gharbi;

Attaquants:

  • Khalil Ayari;
  • Sébastien Tounekti;
  • Elias Achouri;
  • Firas Chaouat;
  • Hazem Mastouri;
  • Elias Saad;
  • Rayan Elloumi.

Pour rappel, les Aigles de Carthage évolueront dans le groupe F et se lanceront dans la Coupe du monde 2026 face à la Suède le 15 juin.

Y. N.

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Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé

10. Mai 2026 um 14:02

Ibn Khaldoun (1332-1406) n’a jamais évoqué l’Algérie comme entité politique au sens moderne du terme dans ses écrits. Il a plutôt parlé de l’Ifriqiya, région géographique et souveraine dont Tunis, sous la dynastie hafside, était la capitale et le cœur battant. Et il était convaincu que la stabilité de toute la région dépendait de celle de l’Ifriqiya… (Image : Statue d’Ibn Khaldoun au centre de Tunis).

Sami Jallouli *

L’implication d’une station de radio privée tunisienne dans la diffusion d’une distorsion flagrante de l’histoire et de l’identité tunisiennes, et dans l’attribution par l’un de ses intervenants d’Ibn Khaldoun à un pays autre que le leur, est extrêmement dangereuse…

Ibn Khaldoun était un savant tunisien. Né, élevé et instruit en Tunisie, il a évolué au sein de son contexte géographique, culturel, social et politique.

A propos d’un vol culturel et historique

L’affirmation selon laquelle l’Algérie aurait exercé une influence fondamentale sur ses écrits et, notamment, sa ‘‘Muqaddimah’’ relève non seulement d’une erreur historique, mais constitue une projection délibérée visant à attribuer le patrimoine intellectuel d’une nation à une autre. On pourrait le faire parfois par simple courtoisie, mais cela ne saurait devenir un fait d’histoire.

La spécialisation professionnelle de l’intervenant, qu’il soit vétérinaire ou historien, m’importe peu. Ce qui compte pour moi, c’est la rigueur intellectuelle et la neutralité éthique.

Les faits historiques ne sauraient être soumis aux caprices personnels. Le royaume de Numidie relevait historiquement de la sphère d’influence, tant territoriale que souveraine, de l’empire carthaginois. Saint Augustin, bien que né à Souk Ahras, a passé ses années de formation intellectuelle à Carthage, sachant que ces régions sont restées sous influence tunisienne pendant des siècles.

Ironie de l’Histoire, les Tunisiens, fondateurs du Caire et d’Al-Azhar, et qui ont posé les fondements de l’université Al-Qarawiyyin de Fès, n’ont pas organisé des séminaires pompeux pour tirer profit de ces réalisations pour pour s’approprier l’histoire d’autrui.

L’histoire instrumentalisée à des fins de propagande

Nul ne s’oppose à l’ouverture culturelle, mais la raison nous dicte de rejeter la falsification de l’histoire et sa transformation en outil de propagande pour se forger une légitimité illusoire au détriment de l’identité d’autrui. L’histoire est une science qui s’appuie sur les documents, non sur de simples récits fabriqués.

La Tunisie est fortement présente même à travers les symboles partagés. La grande combattante pour la liberté algérienne, Jamila Bouhired, dont j’ai eu l’honneur de parler lors d’un événement organisé par la Faculté de droit de Sousse, alors que j’étais étudiant, n’était pas considérée comme tunisienne, bien qu’elle fût de mère tunisienne originaire de Sfax. L’État tunisien l’a décorée de l’Ordre de la République en reconnaissance de son engagement. Nombre de figures de la révolution algérienne ont été accueillies par la Tunisie ou y sont nées, pourtant personne ne les a revendiqués comme tunisiens ni ne les a rattachés à la Tunisie. Nous mentionnons ces faits uniquement pour réfuter les fausses allégations.

Si l’on suivait cette logique, on dirait que les orientalistes qui ont écrit sur la Tunisie étaient tunisiens, on attribuerait le peintre suisse Paul Klee à la Tunisie parce qu’il y aurait découvert la lumière et les couleurs, selon ses dires, et on prétendrait que Farid Al-Atrash était tunisien parce qu’il avait chanté la Tunisie dans son fameux tube «Bissat Errih» !

De même, personne n’a osé qualifier de suisse le romancier libyen Ibrahim Al-Koni, qui a écrit ses chefs-d’œuvre dans la tranquillité de la Suisse et y a remporté de nombreux prix, car la résidence est certes un lieu d’inspiration, mais elle ne confère pas l’identité…

L’histoire est un ensemble de faits prouvés

L’appartenance, l’origine et le cœur sont une chose, et le simple fait de voyager en est une autre… L’histoire n’est pas un désir, mais un ensemble de faits prouvés et consignés…
Il convient de noter que la présence de personnalités officielles ou militaires, même retraitées, à des programmes médiatiques doit s’accompagner d’une grande précision et d’une prudence verbale exemplaire, afin d’éviter toute instrumentalisation politique de bonnes intentions…

L’Algérie est un beau pays, et je ne crois pas qu’elle ait besoin de construire son histoire aux dépens de ses voisins. Elle possède déjà suffisamment d’atouts pour bâtir une histoire et une identité locales fortes…

* Conseiller juridique et blogueur.

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