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Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien

26. Mai 2026 um 09:22

Il y a soixante-dix ans, presque jour pour jour, la Tunisie indépendante faisait ce que beaucoup de nations n’osent pas : elle s’attaquait à la terre. Pas avec une pioche, mais avec un décret. Le 31 mai 1956, à peine deux mois après l’indépendance, Bourguiba et ses juristes liquidaient la Djemaïa des Habous. Un an plus tard, le décret du 18 juillet 1957 abolissait définitivement les habous privés et mixtes. Environ un million d’hectares fut ainsi remis dans le circuit économique.

Moktar Lamari, Ph.D

Grande ambition. Beau geste. Et pourtant, soixante-dix ans après, une large partie de la terre tunisienne reste figée, stérile, et invisible aux yeux des marchés. La terre promise n’a pas tenu toutes ses promesses.

Terres collectives, terres en friche

Pour comprendre ce paradoxe, il faut d’abord saisir ce qu’était le habous — ce système juridico-religieux par lequel une personne se dépouillait d’un bien foncier, le consacrait à perpétuité à une œuvre pieuse ou charitable, et le sortait irrémédiablement du marché. Baux perpétuels (l’enzel), locations à rente variable (le kirdar), terres figées dans une mainmorte séculaire — voilà le décor. Les habous représentaient plus du tiers des terres cultivables en Tunisie au moment de leur abolition.

En langage économique contemporain, on appellerait cela un gigantesque problème d’allocation inefficiente des ressources, illustré par le théorème de Coase : quand les droits de propriété sont flous ou aliénés, les transactions mutuellement bénéfiques n’ont pas lieu, et la richesse collective en pâtit.

La réforme de 1956-1957 avait donc une logique imparable. Parmi les réformes visant à libérer les forces vives du pays et à booster l’économie figuraient en bonne place l’abolition du régime des terres habous, aux côtés du Code du statut personnel, de la création de la Banque centrale et du dinar tunisien.

Les errements du juridisme a-économique

C’était un projet de modernisation global, cohérent, presque vertigineux. À juste titre, l’économiste Hernando de Soto aurait reconnu là les prémices de sa thèse centrale : transformer le capital mort en capital vif, donner un titre, une valeur marchande, une capacité de levier à des actifs qui dormaient dans le silence juridique.

Et pourtant. L’État tunisien, en absorbant les terres habous dans son domaine, n’a pas seulement libéré la terre — il l’a changée de prison. D’une mainmorte religieuse, on est passé à une mainmorte étatique, bureaucratique, lente, et parfois corrompue.

La superficie des terres agricoles en Tunisie est estimée à 10 millions d’hectares répartis entre propriété privée, terres domaniales (dites amiri) d’un demi-million d’hectares, et terres collectives tribales d’environ 3 millions d’hectares.

Terres dominicales, un crime d’État

Au cours des deux dernières décennies, la mauvaise gestion des terres agricoles domaniales s’est aggravée.

L’État a cessé de vendre, a commencé à louer sans stratégie, et les terres les plus fertiles ont été confiées à des locataires dont la priorité était rarement l’investissement à long terme.

Mais le vrai scandale économique — le serpent de mer du foncier tunisien — ce sont les terres collectives. Celles-ci constituaient un casse-tête chronique pour l’État jusqu’à ce qu’il décide de tenter d’y répondre par une loi d’août 2016 réglementant leur système primaire de gestion. Néanmoins, cette loi n’a pas abordé les questions en profondeur et n’a pas fourni de solutions claires dans les cas complexes.

3 millions d’hectares dans l’indivision

Trois millions d’hectares, soit 30 % de l’ensemble du foncier agricole tunisien, restent dans l’indivision tribale, soumis à des droits collectifs flous, non immatriculés, non cessibles, non mobilisables comme garantie bancaire. Trois millions d’hectares qui baillent aux corneilles, pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.

En termes économiques, l’indivision est l’ennemi juré de l’investissement. Quand une parcelle appartient à une collectivité de cent héritiers disséminés entre Tunis, Paris et Montréal, nul ne peut décider d’y planter des oliviers, d’y forer un puits ou d’y construire un hangar agricole.

C’est la tragédie des communs revisitée par Garrett Hardin, augmentée d’un contentieux successoral et d’une administration foncière sous-staffée.

L’insuffisance de la mise en valeur des exploitations due à l’existence de conflits inhérents à la copropriété et à l’indivision, et l’absence d’une législation permettant de préserver le capital foncier des unités de production et d’éviter le morcellement, constituent des facteurs de blocage du développement des exploitations.

Une équation cruelle

Morcellement + indivision + insécurité foncière = investissement nul.  L’équation est cruelle, mais elle est vraie.

Les chiffres donnent le vertige. Le secteur agricole contribue à hauteur de 9 % du PIB, représente 7,5 % du total des investissements, 8 % des importations et 9 % des exportations totales.

Pour un pays disposant de 10 millions d’hectares de terres agricoles, c’est une performance anémique. Environ 75 % des terres agricoles exploitées ont une superficie inférieure à 10 hectares. Les petits agriculteurs constituent l’épine dorsale du secteur, mais sont les plus pauvres et les moins capables d’obtenir des fonds.

Et pendant ce temps, la croissance tunisienne plafonne à 1,4 % en 2024, avec un chômage des jeunes de moins de 25 ans culminant à 40,5 % — des jeunes qui, pour beaucoup, vivent dans des régions rurales entourées de terres qui ne leur appartiennent pas, ne leur rapportent rien, et ne peuvent pas être mobilisées pour financer leur avenir.

La brèche et les incohérences

On dira que la réforme de 1956 fut une nécessité historique — et c’est vrai. En brisant la mainmorte religieuse, Bourguiba a ouvert une brèche dans une immobilité séculaire. Mais la brèche s’est refermée d’elle-même, faute d’avoir été prolongée par une politique foncière cohérente, courageuse et continue.

Malgré les campagnes organisées pour encourager l’immatriculation, la moitié des terres seulement ont été immatriculées. L’État a été plutôt lent dans la privatisation des terres collectives. Soixante-dix ans de lenteur, c’est un luxe que la Tunisie ne peut plus se payer.

Que faire ? Cinq chantiers s’imposent, sans délai.

1- Premier chantier : accélérer l’apurement foncier. Environ 340 000 hectares à vocation arboricole n’ont pas encore été attribués à titre individuel, sans compter les terres pastorales collectives.

Un programme national d’immatriculation accéléré, doté de moyens humains et budgétaires réels, doit être lancé — non pas comme vœu pieux dans un Plan d’Action Annuel, mais comme priorité de l’exécutif.

2- Deuxième chantier : créer un mécanisme de sortie d’indivision simplifié. Dans de nombreux pays méditerranéens, des procédures judiciaires ou administratives allégées permettent à une majorité qualifiée d’indivisaires de décider d’une mise en valeur ou d’une cession. La Tunisie a besoin d’un équivalent : pragmatique, encadré, respectueux des droits de chacun.

3- Troisième chantier : permettre la mobilisation du foncier comme garantie bancaire. Une terre immatriculée mais non mobilisable est un capital mort de Soto : elle existe sur le papier, elle ne produit rien dans la réalité. Ouvrir l’accès au crédit agricole par une réforme des sûretés réelles foncières est une condition sine qua non de la modernisation agricole.

4- Quatrième chantier : redonner à la société civile et aux collectivités locales un rôle dans la gestion des terres collectives, en sortant de la logique purement centralisatrice héritée de 1956. Les conseils de gestion des terres collectives existent sur le papier ; il faut leur donner une autonomie réelle, des ressources, et une obligation de résultats.

5- Cinquième chantier : lancer une fiscalité du foncier agricole non exploité. En France, en Espagne, au Maroc, des mécanismes fiscaux pénalisent la mise en jachère délibérée des terres arables. En Tunisie, ne rien faire avec sa terre ne coûte rien. Cela devrait changer.

Casser une institution sans la remplacer

Il faut ici rendre justice à Bourguiba et aux juristes de 1956 : ils ont eu l’audace rare de trancher dans le vif d’une institution millénaire. Mais l’économie du développement enseigne une vérité têtue — il ne suffit pas de casser l’ancienne cage pour que l’oiseau s’envole. Il faut encore lui apprendre à voler dans un espace ouvert, balisé, sécurisé.

Soixante-dix ans après le décret libérateur, des millions d’hectares tunisiens attendent encore que quelqu’un leur tende cette main- là. Ni mainmorte religieuse, ni mainmorte étatique — une main vivante, investisseuse, citoyenne.

La terre est là. Elle est fertile. Elle est tunisienne. Il ne lui manque qu’un titre, un droit, et une décision politique digne de 1956.

* Economiste universitaire.

Blog de l’auteur: E4T.

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Omar Sharif | Une nuit orientale à Marseille

20. Mai 2026 um 09:55

Jeudi 21 mai 2026 à 21h30, le Mucem de Marseille accueillera, sur le Fort Saint-Jean, une création littéraire et scénique pensée comme une traversée des mémoires méditerranéennes. Présentée dans le cadre du festival ‘Oh les beaux jours !’, la soirée intitulée ‘‘Omar Sharif, ma grand-mère et moi” ne sera jouée qu’une seule fois.

Au centre de cette proposition, la figure d’Omar Sharif agit comme un fil conducteur reliant récits intimes, imaginaires familiaux et mémoire culturelle du monde arabe et méditerranéen.

Star née en Égypte, icône du cinéma international, il devient ici un point de passage entre histoires personnelles et héritages partagés.

Mais au-delà de cette présence centrale, la soirée accorde une place marquée à la Tunisie et à ses résonances historiques et contemporaines.

La figure de Habib Bourguiba traverse le spectacle comme celle d’un fondateur essentiel et controversé. Architecte de la Tunisie moderne, entre mythe national et fin de règne, il incarne une mémoire politique toujours active, interrogée à travers les récits et les écritures de la soirée.

La création met également en lumière la voix de l’écrivaine Amira Ghenim, dont les textes explorent les tensions entre mémoire intime, histoire sociale et héritages politiques dans l’espace tunisien et maghrébin.

Autour de cet axe tunisien gravitent d’autres figures majeures du monde arabe et méditerranéen : Warda Al-Jazairia, icône de la chanson engagée en Algérie ; Assia Djebar, grande voix littéraire du Maghreb ; ou encore Berlanti Abdelhamid, figure du cinéma égyptien.

Mise en scène par Amine Adjina, la soirée réunit également Marwan Chahine, Maya Ouabadi, Nassera Tamer et Abdellah Taïa, autour de textes inédits mêlant récits personnels et figures de mémoire.

Dans le décor du Fort Saint-Jean, face à la mer, cette création compose une cartographie sensible où la Méditerranée devient espace de circulation des voix, des histoires et des héritages. Une seule soirée. Le jeudi 21 mai à 21h30.

Djamal Guettala 

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Khalifa Chater | Un parcours académique et culturel bien rempli

15. Mai 2026 um 09:24

Le mercredi 13 mai 2026, l’université tunisienne perd un de ses fondateurs, le professeur d’histoire qui a marqué plusieurs générations à la Faculté des lettres et des sciences humains de Tunis, feu Khalifa Chater, qui s’est éteint à l’âge de 90 ans. Le cortège funèbre du défunt quittera aujourd’hui, jeudi 14 mai 2026, de sa maison sise au n° 2, rue Lorca, El Manar 1, Tunis, vers le cimetière de Jellaz après la prière du Dhohr. Retour sur une carrière académique et culturelle bien remplie.

Adel Ben Youssef *

Né le 12 mai 1936 à cité Errbat à Monastir dans une famille destourienne modeste. Après des études à l’école franco-arabe de la ville, il obtient son certificat de fin d’études primaires en juin 1948. En octobre de la même année, il rejoint le Collège de Sousse en tant qu’élève interne où il obtient son bac lettres session 1954.

Cinéphile depuis son jeune âge

Parallèlement à ses études, Khalifa Chater a évolué au sein la Jeunesse scolaire destourienne et au Ciné-club de Sousse, avec plusieurs élèves de sa génération, dont entre autres, Moncef Charfeddine, Abdeljelil Béhi, Mustapha Nagbou, Moncef Ben Ameur, Hédhili Chaouache et surtout Nouri Zanzouri, qui tous deviennent des cinéphiles «mordus».

Il collaborera ensuite à la revue ‘‘7ème art’’, lancée en 1964 par le ministère de la culture et dirigée par son camarade d’étude, feu Mustapha Nagbou.

Dès sa nomination en tant que professeur d’histoire-géo à Sfax, il prendra part aux activités du Ciné-club de Sfax dirigé depuis 1951 par le professeur d’arabe, feu Tahar Cheriâa. Il sera, aux côtés de ce dernier, parmi les fondateurs des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), ce rendez-vous arabo-africain du septième art né officiellement à Tunis en 1966, grâce aux efforts de Tahar Cheriâa et de ses camarades parmi les anciens du Ciné-club de Sousse.

Un très riche parcours académique

En 1960, Khalifa Chater a été nommé professeur d’enseignement secondaire au lycée secondaire route de Gabès à Sfax, où il a enseigné jusqu’à sa mutation au lycée Alaoui, à Tunis, puis en tant qu’assistant- chercheur en histoire moderne et contemporaine à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Tunis à partir de 1972, puis maitre-assistant, maître de conférences, professeur d’enseignement supérieur et enfin professeur émérite au sein de la même institution.

En 1981, il a soutenu une thèse de doctorat d’Etat es-lettres, à Paris-Sorbonne IV, sous la direction du Pr. Dominique Chevalier, intitulée : ‘‘Dépendance et mutations précoloniales : La régence de Tunis de 1815 à 1857’’, qui a été publiée en 1984.

Il a encadré des dizaines de thèses et de mémoires de fin d’études (CAR, DEA, Masters) et fut membre de plusieurs jurys de soutenance au sein de l’université tunisienne et d’universités étrangères et de commissions nationales de recrutement et de promotion aux différents grades d’historiens-chercheurs.

Responsabilités académiques et culturelles

A côté de l’enseignement, Pr. Khalifa Chater a occupé de nombreux postes culturels, académiques et scientifiques. Il a ainsi été directeur du Centre culturel international de Hammamet en 1978 ; directeur de l’Institut supérieur de documentation (de 1987 à 1996) ; directeur général de la Bibliothèque nationale (de 1997 à 2002).

Il a été co-fondateur, secrétaire général et vice- président de l’Association des études internationales (AEI) aux côtés de Rachid Driss de 1980 à 2010, avant de la présider de 2010 à 2012 : et président de Comité national de stratégie de la traduction pour la promotion de la présence culturelle tunisienne sur la scène culturelle mondiale, rattachée à l’Institut de traduction de Tunis (depuis 2008).

Producteur d’émissions radiophoniques

A l’instigation du président Habib Bourguiba, le producteur d’émissions historiques à la Radio Nationale, Pr. Moncef Chennoufi a fait appel à l’historien Khalifa Chater pour donner plus d’éclat à son émission ‘‘Safahat min tarikhina alwatani’’ (Pages de notre histoire nationale) depuis le début des années 1980, puis  »Al-Hayat Athaqafia » (La Vie culturelle). De 1991 à 1996, il a été producteur d’émissions historiques à Radio Monastir, entre autres ‘‘Fi tarikhina alwatani’’ (Notre histoire nationale). Dans ses émissions historiques, Pr. Khalifa Chater a vulgarisé la connaissance historique et passé en revue toutes les périodes du mouvement national tunisien (de 1881 à 1956), puis les grandes phases de la construction du l’Etat tunisien moderne à partir de 1956.

Travaux académiques et publications

Parallèlement à son travail de professeur d’enseignement secondaire, Khalifa a commencé des recherches en histoire moderne sous la direction de l’éminent Pr Jean Ganiage, alors sommité de la Sorbonne, couronnées par la soutenance d’une thèse de doctorat de troisième cycle intitulée ‘‘Insurrection et répression dans la Tunisie du XIXe siècle : la Mhalla de Zarrouk au Sahel (1864)’’ où il a disséqué avec précision la révolte d’Ali Ben Ghedhahem en 1864 et les fatalités exercées par le général Ahmed Zarrouk sur les populations du Sahel tunisien entre 1864 et 1865.

Dans sa thèse d’Etat soutenue en 1984 à Paris IV, sous la direction de Dominique Chevalier, intitulée ‘‘Dépendance et mutations précoloniales La Régence de Tunis de 1815 à 1857’’, le chercheur Khalifa Chater a examiné les différentes mutations de l’État tunisien avant le protectorat français. Dans cette thèse incontournable, il ne s’est toutefois pas limité aux archives du XIXe siècle, mais il a également recouru aux sources littéraires, européennes et tunisiennes sur cette période cruciale de notre histoire.

Il a aussi consacré une part importante de sa carrière à l’histoire immédiate et aux grandes figures nationales, notamment le leader Habib Bourguiba, à qui il a consacré un ouvrage intitulé ‘‘L’ère Bourguiba’’ (AC éditions, Tunis 2021), posant un regard critique nuancé sur la construction de l’État moderne et l’exercice du pouvoir par le premier président tunisien.

Dans ‘‘La dynastie husseinite (1705-1957)’’, l’un de ses plus importants ouvrages, paru en 2025, il a fait la synthèse de plus de deux siècles d’histoire de la dernière monarchie tunisienne.

Il est aussi l’auteur d’une biographie : ‘‘Tahar Ben Ammar 1889-1985’’, publiée par les Editions Nirvana à Tunis, en 2010.

Les 5 volumes de ‘‘La Tunisie, à travers l’histoire’’, édités à Tunis par Ceres, en 2005, sont une œuvre collective d’histoire tunisienne préparée sous sa direction par une équipe de 24 professeurs. Il y, également, assuré la rédaction de deux chapitres sur «Le projet réformateur tunisien XIXe siècle».

En plus de ces livres de référence, sa production intellectuelle compte de nombreux articles académiques et chroniques publiés dans des revues tunisiennes et étrangères : Les Cahiers de Tunisie, Maghreb Review, Revue de la Méditerranée, Etudes Internationales, Revue d’Histoire Maghrébine et Acta, en Tunisie, en Suisse, aux Etats-Unis, au Canada, en Egypte, etc.

Dans la revue française Cahiers de la Méditerranée, il a publié, notamment, «Commerce transsaharien et esclavage au XIXe siècle, dans les régences de Tunis et de Tripoli’’ (n° 65,  2002) ; ‘‘La perception de ‘l’Autre’ en Egypte et en Tunisie au XIXe siècle : l’émergence d’un nouveau paradigme’’ (n° 66, 2003) ; ‘‘Changements politiques et exclusion lors de la décolonisation : le cas du Makhzen en Tunisie (1954-1959)’’ (n° 69, 2004) ;‘‘La Franc-maçonnerie en Tunisie à l’épreuve de la colonisation (1930-1956)’’ (n° 72, 2006) ; ‘‘Pensée en exil et décolonisation : le cas maghrébin’’ (n° 82, 2011).

Khalifa Chater a également contribué dans plusieurs magazines tunisiens notamment Réalités et L’Economiste Maghrébin où il offrait à ses lecteurs des chroniques d’une précieuse richesse sur les questions d’ordres économique et géopolitique.

Nous ne pouvons passer en revue dans cet article nécrologique la riche contribution du défunt aux publications scientifiques collectives et les nombreuses préfaces qu’il a rédigées aux ouvrages de ses collègues, mais nous devons citer les prix et distinctions qu’il a reçus, notamment le Doctorat honoris causa de l’Université de Montpellier-Paul Valéry (France) en 1993 et le Prix national des lettres et des sciences Humaines (Tunisie) en 1997.

Il était très attaché à sa ville natale

Malgré sa résidence à Tunis, feu Pr. Khalifa Chater restait fidèle à sa ville natale où il fréquentait tous les étés les membres de sa famille, ses camarades d’étude primaire et secondaire en tant qu’invité pour assister aux manifestations culturelles officielles ou celles  organisées par des associations de la société civile, surtout après 2011, pour donner des conférences au siège de Nadi Al Ajial ou bien dans la grande salle de réunions à la municipalité de Monastir où j’ai l’honneur de présenter, sur sa demande, son ouvrage ‘‘L’ère Bourguiba’’, le 3 août 2022. 

Que Dieu tout puissant le bénisse et le couvre de sa grâce infinie et accorde patience, force et consolation à sa femme Souad Jedidi (ancienne PDG de l’Office national du planning familial jusqu’en 1984) et les membres de sa famille, notamment madame Hafidha Chekir et Mr. Khaled Châabane dans ces moments de difficile épreuve.

* Université de Sousse.

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