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Démonstration de force des Évangéliques à Washington

20. Mai 2026 um 10:24

Dimanche 17 mai 2026, une foule de milliers de chrétiens conservateurs dominée par les Évangéliques -noyau dur de l’électorat trumpiste- a transformé le National Mall en un lieu de culte évangélique, lors d’un événement intitulé « Rededicate 250 » organisé dans le cadre du 250e anniversaire de États-Unis et soutenu par Donald Trump. 

Imed Bahri

Le Washington Post a estimé que cet immense rassemblement religieux tenu dans le centre de Washington, D.C., avec le soutien du président américain, ravive l’un des débats les plus anciens et les plus sensibles de la vie politique américaine : l’Amérique est-elle fondamentalement une nation chrétienne ? Et où tracer la ligne de démarcation entre l’Église et l’État ?

Le WP indique que l’évènement ayant rassemblé des milliers de participants dans une ambiance a mêlé culte évangélique et meeting politique national. Au programme : hymnes religieux, prières collectives et lectures bibliques, ainsi que des discours de hauts responsables de l’administration qui ont directement lié l’identité américaine au christianisme.

Des écrans en forme de vitraux ont diffusé tour à tour des images des pères fondateurs des États-Unis et des vidéos de responsables de l’administration Trump à l’instar du secrétaire d’État à la Guerre Pete Hegseth, du secrétaire d’État Marco Rubio, du vice-président J.D. Vance et évidemment du président Trump lui-même ! Il a lu un passage des Écritures tiré du chapitre 7 du deuxième livre des Chroniques, issu de l’Ancien Testament. Cet extrait est régulièrement cité par les personnes estimant que les États-Unis sont une nation chrétienne à l’origine et qu’elle devrait revenir à cette identité.

«Si mon peuple, sur lequel porte mon nom, s’humilie, prie, cherche mon visage et se détourne de ses travers alors je l’exaucerais depuis les cieux, je lui pardonnerais son péché et je guérirais son pays», a notamment lu Trump.

Erosion de la séparation de l’Église et de l’État

Les fils des célèbres pasteurs évangéliques Billy Graham (surnommé le Pape des Évangéliques), Jerry Falwell et Pat Robertson ont également pris la parole. Parmi les personnalités les plus en vue de la culture populaire contemporaine figuraient Sadie Robertson Huff, 28 ans, podcasteuse et star de l’émission Duck Dynasty et Jonathan Roumie, vedette de la série télévisée The Chosen qui retrace la vie de Jésus.

Si les partisans de l’événement y voyaient une réaffirmation nécessaire de l’identité spirituelle américaine, ses détracteurs y voyaient un signe inquiétant de l’érosion de la séparation constitutionnelle de l’Église et de l’État.

Le recours à ce type de discours religieux en public par de hauts responsables américains était rare dans la vie politique américaine contemporaine. Cependant, la seconde administration Trump a insisté sur la nécessité de présenter le christianisme non seulement comme une foi personnelle mais aussi comme le fondement spirituel même de l’État américain.

Cet événement révèle également l’influence croissante de ce que l’on appelle le «nationalisme chrétien» au sein du mouvement conservateur américain. Cette idéologie repose sur la conviction que les États-Unis ont été fondés comme une nation chrétienne et doivent le rester politiquement et culturellement.

Un événement religieux financé par des fonds publics

Parallèlement, des manifestants rassemblés devant le site du festival brandissaient des pancartes proclamant : «L’Amérique n’est pas un pays chrétien», exprimant leur opposition à l’utilisation de fonds publics pour financer un événement religieux de cette ampleur.

Une manifestante, Karen Irwin, a déclaré : «Je ne veux pas vivre dans un pays qui me dicte comment je pratique ma religion». Elle a décrit le festival comme «l’antithèse de ce que signifie être Américain, voire chrétien»

Le débat porte sur la Constitution américaine et le principe de la séparation de l’Église et de l’État. Bien que la Constitution garantisse la liberté de religion et interdise l’établissement d’une religion d’État officielle, les Américains sont divisés depuis des siècles sur le degré de séparation entre le pouvoir politique et les institutions religieuses.

Les partisans de cet événement ont soutenu que la reconnaissance du rôle historique du christianisme n’est pas contraire à la Constitution et les organisateurs ont souligné que nombre des Pères fondateurs des États-Unis étaient croyants.

Un récit simplifié et déformé

Cependant, des historiens interrogés par le WP ont affirmé que l’événement présentait un récit simpliste et déformé de l’histoire américaine, riche de sa diversité religieuse et culturelle. L’historien Matthew Sutton a critiqué l’utilisation par Trump de symboles bibliques, arguant que cela lui conférait une image politique quasi-sainte.

Le rassemblement a également révélé des mutations au sein du christianisme américain contemporain. Le journal américain a noté que de nombreux participants confondaient la foi évangélique avec le nationalisme américain, les théories du complot voire certaines croyances spirituelles non conventionnelles.

Ce n’était pas un simple rassemblement religieux mais une manifestation politique et culturelle d’une opinion de plus en plus répandue selon laquelle le christianisme est l’essence même de l’identité américaine. Si ses partisans y voient un projet de «renaissance morale», ses détracteurs avertissent qu’il menace l’un des fondements les plus importants de l’expérience démocratique américaine : la séparation de la religion et de l’État.

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Chine-Etats-Unis ou l’inévitable affrontement

15. Mai 2026 um 13:12

En dépit des sourires de rigueur et des déclarations soporifiques des dirigeants des deux superpuissances mondiales actuelles, la Chine adopte des positions mettant clairement en avant sa force économique, technologique et militaire, tout en se posant comme le chef de file du courant mondial contestant l’ordre unipolaire et la suprématie américaine sous toutes ses formes, y compris à travers l’énergie, le dollar et le système monétaire mondial. L’affrontement, inévitable, serait-il seulement reporté ?  (Photo : Xi Jinping a reçu Donald Trump hier à Pékin. Devinez qui est le patron !) **

Elyes Kasri *

Tête-à-tête des titans, hier, jeudi 14 mai 2026, à Pékin, entre Donald Trump et Xi Jinping, chacun croyant à sa manière à la fin du monde. Le président chinois exprimant sa ferme croyance en la fin du monde unipolaire, tandis que son homologue américain, poussé par les chrétiens évangéliques et les milieux sionistes, surfe sur la vague idéologique et religieuse de la fin du monde tout court avec l’espoir d’une rédemption et l’avènement du messie salvateur.

L’Amérique attend le retour du messie

Les chrétiens évangéliques américains, socle politique du mouvement Make América Great Again (Maga), qui a ramené Trump à la Maison Blanche, en dépit de ses scandales à répétition, sont très infiltrés et financés par les milieux sionistes mondiaux, comme l’indique le triste épisode de l’assassinat de Charlie Kirk, leader de la jeunesse chrétienne de droite et de l’organisation TPUSA. Ils croient fermement en la bataille d’Armageddon menant à l’apocalypse et au retour du messie salvateur pour un règne de mille ans à Jérusalem.

Ce n’est pas par accident si Michael Huckabee, ancien pasteur évangélique et actuel ambassadeur américain à Jérusalem, fait preuve d’une plus grande déférence à Benjamin Netanyahu et au projet du Grand Israël qu’à Trump et à la diplomatie officielle des Etats-Unis.

La Chine s’est bien réveillée

De son côté, la Chine donne tous les signes de s’être bien réveillée (référence à l’ouvrage d’Alain Peyrefitte qui se serait inspiré de Napoléon 1er qui aurait dit : «Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s’éveillera le monde entier tremblera»).

Longtemps focalisée sur son développement économique et technologique et sentant un puissant courant d’opinion aux Etats-Unis et dans certains quartiers de l’Alliance Atlantique la classant comme le rival et même l’ennemi numéro un de la Pax Americana-Judaica, la Chine adopte des positions mettant clairement en avant sa force économique, technologique et militaire en se posant comme le chef de file du courant mondial contestant l’ordre unipolaire et la suprématie américaine sous toutes ses formes y compris à travers l’énergie, le dollar et le système monétaire mondial.

Cet eschatologisme, qui empreint les deux premières puissances mondiales, a une marge très réduite de convergence et d’importantes chances de mener, même si graduellement, vers un affrontement qui déterminera la force qui dominera le XXIe siècle.

Les enjeux sont planétaires et le dénouement présente de nombreux indices de pénibilité et de dégâts collatéraux.

Les puissances moyennes et petites font face au défi existentiel de surmonter la tempête qui pointe à l’horizon et la bourrasque qui risque d’emporter les plus légers et les moins amarrés à leur réel socio politique et socle populaire et régional.

* Ancien ambassadeur.

** «Entre Xi Jinping et Donald Trump, le dominant n’est pas celui qu’on pense», titrait Alain Frachon sa chronique dans Le Monde d’hier.

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