La Tunisie face à la tempête commerciale, selon Ridha Chkoundali
Les exportations de la Tunisie vers les États-Unis, bien que modestes, représentent un enjeu crucial dans un contexte économique mondial en mutation. Alors que la Tunisie lutte pour mobiliser des ressources financières en devise forte, l’imposition de droits de douane par les États-Unis sur ses produits pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur ses secteurs clés, tels que l’agroalimentaire et le textile. La question essentielle est donc : quels sont les défis que la Tunisie doit relever pour maintenir son équilibre économique face à ces obstacles mondiaux?
A cet effet, l’économiste Ridha Chkoundali a dressé une analyse sur les droits de douane américains. Il estime que cette guerre commerciale risque de déstabiliser non seulement l’économie tunisienne; mais aussi de provoquer une inflation mondiale, poussant les banques centrales à revoir leurs politiques monétaires.
Il part du constat que sur le plan économique global, les exportations de la Tunisie vers les États-Unis ne représentent pas un chiffre important, car elles ne dépassent pas 10 % du total des exportations. Cependant, dans un contexte où la Tunisie connaît de grandes difficultés pour mobiliser des ressources financières en devise forte, cela affecte les équilibres financiers extérieurs et les avoirs en devise forte de la Banque centrale.
En outre, il rappelle que sur le plan sectoriel, la Tunisie exporte principalement des dattes, de l’huile d’olive, ainsi qu’une partie du textile et des vêtements en cuir vers les États-Unis. Avec l’imposition de droits de douane, il estime que cela réduira la compétitivité de ces secteurs et les rendra incapables d’exporter. Ce qui poussera, en l’occurrence, certains investisseurs étrangers dans le secteur textile à chercher des espaces plus compétitifs. Et le Maroc, qui a été soumis à des droits de douane de seulement 10 %, pourrait devenir un refuge pour ces investisseurs.
Ainsi, la décision des États-Unis d’imposer des droits de douane sur toutes les nations pourrait entraîner un changement global de la carte de l’investissement étranger direct et inciter les investisseurs américains à revenir dans leur pays, où ils sont plus compétitifs sur les marchés mondiaux.
En somme, cette guerre commerciale poussera l’inflation financière vers une trajectoire ascendante, non seulement aux États-Unis mais aussi en Europe et dans d’autres pays.
Et de conclure : « Cela poussera les banques centrales à adopter à nouveau une politique monétaire prudente après l’avoir abandonnée au cours des deux dernières années. Ce qui pourrait avoir des conséquences inflationnistes en Tunisie et inciter la Banque centrale de Tunisie à relever de nouveau le taux d’intérêt directeur. Il y aura également des répercussions sur les finances publiques tunisiennes. Car l’augmentation des taux d’intérêt dans les banques centrales mondiales entraînera un coût supplémentaire pour le remboursement des dettes extérieures. »
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