Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Gestern — 06. Juni 2026Haupt-Feeds

Déclaration de la société civile tunisienne contre le racisme

06. Juni 2026 um 07:45

Dans cette déclaration commune intitulée «La dignité humaine est indivisible», des organisations, associations et partis politiques tunisiens dénoncent «l’escalade inquiétante des discours de haine», «la banalisation croissante des actes racistes» et l’«impunité persistante, favorisée par la complaisance manifeste des institutions de l’État».

Face à l’escalade inquiétante des discours de haine, de racisme et de discrimination en Tunisie, ainsi qu’à la recrudescence des agressions et des violations visant les personnes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne et du Soudan, dans un contexte marqué par une impunité persistante, favorisée par la complaisance manifeste des institutions de l’État et la banalisation croissante des actes racistes, les organisations, associations, partis politiques et forces démocratiques et de défense des droits humains signataires de la présente déclaration expriment leur profonde indignation et leur vive colère à la suite du crime odieux révélé par une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.

Une vidéo montre un groupe d’individus pénétrant de force dans le domicile d’une famille migrante, menaçant ses membres à l’aide d’armes blanches et proférant des menaces explicites de viol à l’encontre d’une femme enceinte sous les yeux de son époux.

Cet acte criminel ne peut être dissocié du climat délétère qui s’est installé depuis le communiqué présidentiel du 21 février 2023, date qui marque le début d’une période sombre de notre histoire récente. Depuis lors, de nombreuses violations, certaines documentées et d’autres passées sous silence, ont été commises, tandis que les corps, la sécurité et jusqu’à l’existence même des personnes migrantes sont devenus la cible de discours politiques et médiatiques encourageant leur stigmatisation et légitimant les atteintes à leurs droits fondamentaux.

Depuis cette date, la Tunisie connaît une progression sans précédent des discours racistes et xénophobes. Ces discours, désormais relayés au plus haut niveau de l’État et par les soutiens du régime,présentent les migrants et migrantes comme une menace démographique, sécuritaire et sociale. Ils ne se limitent pas à justifier la discrimination : ils participent à la déshumanisation des personnes concernées et créent un terrain propice aux violences dont elles sont victimes.

Lorsqu’un groupe humain est quotidiennement pris pour cible en raison de sa couleur de peau ou de sa situation administrative, à travers des campagnes de stigmatisation, de diabolisation et d’incitation à la haine, la violence cesse d’être une exception pour devenir une conséquence prévisible. Et lorsque ces agressions restent impunies, l’absence de sanction envoie un message politique et social particulièrement grave : celui selon lequel la vie, la sécurité et la dignité de certaines personnes auraient moins de valeur que celles des autres.

Les menaces de viol proférées dans cette affaire revêtent une gravité particulière. Le viol y est utilisé non seulement comme une agression sexuelle, mais également comme un instrument d’humiliation collective, un moyen de domination et un outil destiné à briser la dignité de la victime et de sa famille. Il s’inscrit dans une logique de pouvoir qui considère le corps des femmes comme un espace de punition, de vengeance et d’affirmation de contrôle.

Cette violence ne surgit pas de nulle part. Lorsque, au sein même des institutions politiques, les crimes de viol sont tournés en dérision, minimisés ou instrumentalisés à des fins partisanes, le message adressé à la société est particulièrement dangereux. Il laisse entendre que le viol n’est plus perçu comme une atteinte fondamentale à la dignité humaine, mais comme un simple argument de polémique ou un outil de confrontation politique. La banalisation de ces crimes dans l’espace public contribue directement à normaliser les violences sexuelles et à les transformer en moyens acceptables d’intimidation et de domination.

La responsabilité ne saurait être imputée aux seuls auteurs de cette agression. Elle incombe également à toutes celles et ceux qui ont contribué à diffuser des discours racistes et haineux, à justifier les discriminations, à détourner le regard face aux violences répétées subies par les personnes migrantes ou encore à instrumentaliser la peur et le racisme à des fins politiques. Les violences auxquelles nous assistons aujourd’hui sont le résultat direct de plusieurs années de stigmatisation, de criminalisation et d’incitation à la haine.

Elles sont également la conséquence de politiques qui criminalisent la solidarité envers les migrants et les mouvements antiracistes, répriment les militants et militantes au moyen d’une justice privée de son indépendance et les érigent en boucs émissaires afin d’alimenter le récit d’un prétendu «complot de remplacement démographique» et de masquer l’alignement des autorités sur les politiques européennes d’externalisation des frontières.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces crimes répétés et considérons qu’ils témoignent d’une dégradation alarmante de la situation des droits humains en Tunisie. Nous exigeons que l’ensemble des personnes impliquées dans des actes racistes soient poursuivies et sanctionnées, que les victimes bénéficient d’une protection immédiate et effective, et que des mesures concrètes soient prises pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de rendre justice à cette famille*. Il s’agit également de défendre un principe fondamental : aucune société libre, juste et sûre ne peut être construite sur la peur de l’autre, l’exclusion ou l’injustice. De même, il est impossible de garantir le respect de la dignité humaine tant que les corps des femmes sont menacés ou instrumentalisés et que des personnes migrantes sont privées de leur pleine humanité. **

* 6 mai 2026 / Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation des individus impliqués dans une agression visant des migrants subsahariens, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant les faits. Selon le ministère, les services de sécurité ont identifié et interpellé les suspects à l’issue d’investigations approfondies.

** Les autorités tunisiennes, pour leur part, rejettent depuis longtemps les accusations de racisme et présentent leur approche comme une politique de lutte contre l’immigration irrégulière, la traite des êtres humains et les réseaux de trafic, réaffirmant que la Tunisie n’a aucune intention de devenir un pays de colonisation forcée.

Signataires

  • Campagne contre la criminalisation de l’action associative et civile
  • Association Beity
  • Organisation Al Bawsala
  • Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES)
  • Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH)
  • Avocats Sans Frontières
  • Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)
  • Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT)
  • Union des diplômés chômeurs
  • Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
  • Association tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI)
  • Intersection pour les droits et les libertés
  • DAMJ – Association tunisienne pour la justice et l’égalité
  • Al Qanounia (La Revue juridique)
  • Association Africaine
  • Association Al Khatt
  • I Watch (Ana Yaqdh)
  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
  • Réseau euro-méditerranéen des droits humains
  • Association Nashaz
  • Association tunisienne pour les droits et les libertés
  • Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
  • Union des travailleurs immigrés tunisiens  
  • Groupe Tawhida Ben Cheikh
  • Coalition tunisienne pour l’abolition de la peine de mort
  • Association Al Karama
  • Parti des Travailleurs
  • Parti Al Qotb
  • Parti Républicain
  • Parti de la Voie démocratique et sociale (Al Massar)…

L’article Déclaration de la société civile tunisienne contre le racisme est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

130 migrants illégaux transférés à El-Amra pour être rapatriés

04. Juni 2026 um 12:43

Alors que les heurts se multiplient dans plusieurs régions de la Tunisie entre les populations locales et les migrants illégaux en provenance de l’Afrique subsaharienne, les autorités tentent de renforcer les flux inverses de rapatriement volontaire de ces derniers, avec l’aide de l’OIM.  

Ce jeudi 4 juin 2026, environ 130 migrants en situation irrégulière ont été transférés au kilomètre 21 du camp de migrants d’El-Amra, dans le gouvernorat de Sfax, en vue de leur rapatriement vers leur pays d’origine.

Ce transfert s’inscrit dans le cadre du programme de retour volontaire mis en place depuis juin 2025 pour lutter contre l’immigration irrégulière, a indiqué le superviseur général du camp à Diwan FM, en précisant qu’il s’agit d’un transfert exceptionnel, comprenant 80 migrants en situation irrégulière en provenance du point de rassemblement de Tunis et 50 autres en provenance des points de rassemblement de Sousse et de Nabeul.

Le responsable a expliqué que la procédure de rapatriement pour les personnes munies d’un passeport prend entre 24 et 48 heures, tandis que pour celles qui n’en possèdent pas, elle prend environ un à dix jours au maximum, après coordination avec leurs ambassades respectives.

Des appels ont récemment été reçus de migrants subsahariens souhaitant rentrer volontairement dans leur pays d’origine, a-t-il ajouté, en exhortant les migrants sans papiers désirant rentrer chez eux à contacter les autorités compétentes via WhatsApp au 51824889 ou par téléphone au 93769546.

Beaucoup de ces migrants survivent dans des conditions très difficiles et certains se disent victimes de violence raciste de la part de la population locale, laquelle se plaint, de son côté, d’agressions physiques de la part de certains sans papiers. Dans certains quartiers de Tunis, Sousse, Mahdia ou Sfax, où une présence massive de migrants subsahariens est constatée, les heurtes deviennent fréquents.

Il convient de souligner que plus de 4 300 migrants sans papiers ont pu rentrer dans leur pays d’origine grâce au programme de retour volontaire lancé par la Tunisie en juin 2025 pour lutter contre la migration irrégulière.

I.B.

L’article 130 migrants illégaux transférés à El-Amra pour être rapatriés est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌