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La vigilance s’impose

16. März 2026 um 06:27

Le pire était à craindre et le pire s’est produit sans qu’on y prenne garde à force de nous polariser sur nos points de friction tuniso-tunisiens. Les frappes américano-israéliennes sur l’Iran au mépris du droit international rappellent celles, de triste souvenir, de l’effondrement de l’Irak. Elles ont provoqué une déflagration mondiale dont on a peine à mesurer les conséquences. Même prétexte fallacieux, même narratif mensonger. Seule certitude : le droit de la force s’est substitué à la force du droit. L’empire américain, sur le déclin, est devenu l’otage d’Israël, plus sûr et plus dominateur que jamais, assuré de surcroît de la complicité européenne. Donald Trump, en maître absolu du monde, n’a jamais fait mystère de son désir de détruire l’Iran. La question était de savoir quand, à quel jour de la semaine et à quelle heure, pour ne pas paniquer les marchés financiers, il déclenchera le pire scénario de l’horreur, la destruction massive de l’Iran.

Le pays des mollahs, qui n’est pas dupe des manœuvres israélo-américaines, laissait entendre qu’en cas d’agression, il s’en prendrait aux bases américaines, qu’il étendrait le brasier à l’ensemble de la région. Et qu’il fermerait le détroit d’Ormuz par où transitent 20% des exportations mondiales de pétrole et d’engrais chimiques. Dans cette guerre asymétrique, l’Iran se sert du choc pétrolier comme seule arme de dissuasion, avec pour principal effet : un vrai désastre économique en perspective.

« Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production ».

 

Les marchés ont réagi aussitôt. Les banques centrales se font déjà moins accommodantes pour prévenir les risques d’inflation. Au quatrième jour de la guerre, le prix du baril a bondi de 60 à plus de 90 dollars. Il n’est pas exclu, il est même probable qu’il s’élève à des niveaux jamais atteints, au grand dam des pays importateurs de carburant. La fermeture du détroit d’Ormuz va contraindre les navires à un détour par la corne de l’Afrique, avec les conséquences que l’on devine. Allongement de la durée de livraison, envol des coûts de transport et des frais d’assurance. A quoi s’ajoute la désorganisation du commerce mondial, au grand désarroi des pays à faibles revenus, voire à revenus intermédiaires, enlisés pour beaucoup dans les sables mouvants de l’endettement. Les répercussions sur l’ensemble des secteurs d’activité sont instantanées, mécaniques. L’envolée du prix du carburant se propage partout et touche tous les produits.

La Tunisie, déjà sous haute pression budgétaire, n’y échappe pas. Elle serait même plus durement impactée par l’explosion des prix du pétrole, en l’absence de stock stratégique qui lui permette d’atténuer le choc pétrolier en attendant une détente sur les marchés. Nous payons le prix de nos errements de ces quinze dernières années, en laissant dépérir notre activité pétrolière. Pas ou peu de permis de recherche accordés, absence d’exploration et de forage de nouveaux puits, pas de maintenance non plus, ne serait-ce que pour limiter la baisse tendancielle de la production. De 100 000 barils par jour – c’est proche de l’autosuffisance -, on est tombé à près de 20 000 barils/jour. Notre dépendance énergétique n’a jamais été aussi grande. Elle explique à elle seule une grande partie de l’étendue des déficits jumeaux – budget de l’Etat et balance commerciale. Le solde des échanges extérieurs qui était au rouge va passer au rouge vif. D’autant que dans la foulée, il faut s’attendre à une hausse généralisée à l’import du cours des matières premières, des prix des céréales et des biens de consommation.

« L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale ».

L’inflation, à peine relativement maitrisée (5% en 2025), repartira de nouveau à la hausse. Et peut-être aussi le taux directeur de la BCT, gardien de la stabilité des prix. Le spectre de la récession pourrait être de retour. L’hypothèse d’une croissance pas loin de zéro (+2.5 % en 2025) parait assez probable si le conflit perdure. Les effets se font déjà sentir au sein de l’UE, notre principal partenaire, de surcroît en butte aux nouveaux droits dé douane américains. On sait ce qui nous attend en retour. Car quand l’UE éternue, la Tunisie a une poussée de fièvre, du fait de nos interactions et de notre interdépendance.

Les nuages qui planaient sur l’économie nationale se sont à peine dissipés que, déjà, il faut nous préparer à une nouvelle cure d’austérité et craindre une rechute de la production, de l’emploi et des revenus. L’éclaircie aura été de très courte durée. L’Etat social tant promis ne sera pas pour aujourd’hui et sans doute aussi pas pour demain. Si la guerre livrée contre l’Iran s’éternise sans qu’il y ait un cessez-le-feu et dans l’hypothèse où le prix du pétrole s’envole à n’en pas finir, il est à craindre que des jours sombres se profilent à l’horizon. Une nouvelle flambée des prix sur fond de stagnation économique – stagflation – pourrait alourdir le climat social, déjà hautement inflammable en raison de la dégradation de l’emploi et du pouvoir d’achat. Les pénuries et files d’attente pourraient refaire leur apparition, si rien n’est fait pour les prévenir. Elles seraient d’une tout autre échelle et d’une tout autre gravité que ce que nous avons connu jusque-là. L’agression israélo-américaine sur l’Iran et l’embrasement de la région, au risque de plonger dans le chaos l’économie mondiale, vont couper court à notre effort de redressement amorcé en 2025. Cela va ramener à son plus bas étiage le compteur de la croissance et nous voler notre propre espoir d’expansion économique et sociale. Il faut nous préparer, en prévision de l’Aïd al Adha – qui est déjà dans tous les esprits -, à davantage de sobriété et sans doute même de sacrifice.

« Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays ».

 

On aurait souhaité un meilleur scénario de la géopolitique sans tensions mondiales, à l’heure de la mise en œuvre du plan de développement 2026-2030. L’Etat sera confronté à des choix cornéliens entre les dépenses de fonctionnement et les investissements d’avenir qui seraient une fois de plus – et sans doute davantage que par le passé – renvoyés aux calendes grecques, sous le poids de l’urgence et de la dictature de l’immédiat. Ce qui sonnera définitivement le glas de l’investissement et de la croissance. Nécessité fait loi : c’est peut-être le moment de nous réconcilier avec le FMI, de renouer le fil des discussions, de conclure un accord, de faire taire nos divergences qui n’en sont pas.

Nous nous sommes appliqués à faire du FMI sans le FMI, de manière tout aussi brutale, sans profiter des facilités de financement auxquelles on aurait eu droit. Négocier avec le FMI sur des bases saines, s’engager dans un processus de réformes structurelles que nous jugeons nous-mêmes utiles, nécessaires et in – contournables, faire entendre notre voix dans le concert des nations, n’a rien d’humiliant. C’est même le contraire. L’honneur est sauf, la dignité préservée et notre souveraineté jamais égratignée ou limitée. C’est d’une certaine manière un véritable point de passage sans lequel on ne peut, ni aujourd’hui ni demain, compter sur nous-mêmes. Au-delà des facilités de paiement et de financement du FMI à des conditions concessionnelles aux effets salutaires sur les comptes de la nation assez abîmés, sa caution nous ôte une épine du pied. Elle rassurera les marchés, les organismes financiers et jusqu’aux Etats frères et amis qui nous boudent ou font mine de s’en désintéresser. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un accord avec le FMI. Les mesures d’assainissement qu’il propose relèvent d’une vision partagée. Avec en perspective des possibilités de financement qui s’étendent jusqu’au fin fond de la planète finance islamique, dont on sous-estime l’apport au développement du pays.

L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif. Car cela se saurait et nous vaudra l’hostilité des marchés et des bailleurs de fonds institutionnels. Le recours au financement intérieur – via surtout l’Institut d’émission -, au nom du compter-sur-soi, n’aura pas un meilleur effet. L’état de santé de l’économie et de la société pourrait même empirer. Une chose est sûre : il ne résiste pas aux ondes de choc dévastatrices de l’apocalypse qui ravage le Moyen-Orient. La vigilance s’impose.

« L’endettement extérieur n’est pas condamnable en soi, ce qui l’est en revanche, c’est le mauvais usage qu’on en fait. S’endetter pour réaliser de grands projets structurants ? Oui et mille fois oui. Sinon, comment, dans l’état actuel de nos finances publiques, mener à bon port le plan de développement 2026-2030 ? Le risque serait de privilégier les dépenses courantes et le train de vie de l’Etat en sureffectif et peu productif »..

Cet édito est disponible dans le mag. de l’Economiste Maghrébin n°940 du 11 au 25 mars 2026.

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Tunisie-Météo : Grand Tunis et Cap Bon en vigilance orange

26. Dezember 2025 um 16:29

L’Institut National la Météorologie (INM) a placé, vendredi, les gouvernorats du Grand Tunis, Nabeul, Zaghouan et Sousse en vigilance orange, en raison “de pluies temporairement orageuses, parfois intenses et en quantités localement importantes attendues”. Ces pluies seront accompagnées de chute de grêle par endroits et de vents forts dépassant 60 km/h sous orages.

D’après dans la carte de vigilance de l’Institut, les fortes précipitations prévues sont susceptibles d’affecter les activités humaines. Les conditions de circulation routière peuvent également être difficiles. Par ailleurs, les cumuls importants de précipitation sur des courtes durées, peuvent provoquer des crues inhabituelles, des oueds et des fossés et dans les zones habituellement inondables.

Il met aussi en garde contre le risque de débordement des réseaux d’assainissement et des coupures d’électricité qui peuvent se produire, recommandant, ainsi, de se renseigner avant d’entreprendre un déplacement et de faire preuve de vigilance. Il a, également, appelé à la prudence face aux conditions de circulation pouvant être difficiles.

Les habitants des zones habituellement inondables, doivent prendre les précautions d’usage, se tenir informés, suivre les consignes de sécurité et ne descendre en aucun cas dans les sous-sols durant l’épisode pluvieux.

Plusieurs autres régions du pays, à savoir Bizerte, Jendouba, Béja, le Kef, Siliana, Kairouan, Mahdia et Monastir sont placées en vigilance jaune qui requiert selon l’institut, “une attention particulière en cas de pratique d’activités sensibles au risque météorologique”.

La Vigilance météorologique vise à attirer l’attention de tous sur les dangers potentiels d’une situation météorologique. Elle est, également, destinée aux services de la sécurité civile et aux autorités sanitaires qui peuvent ainsi alerter et mobiliser respectivement les équipes d’intervention et les professionnels et structures de santé.

Une carte de Vigilance est actualisée au moins deux fois par jour à 7h et 17h. Elle signale si un danger menace un ou plusieurs gouvernorats dans les prochaines 24 heures.

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